Crossarchus

genre de mammifères

Crossarches, Mangues proprement dits

Crossarchus
Description de cette image, également commentée ci-après
Le Mangue obscur (Crossarchus obscurus) dans La vie des Animaux illustrée, 1869.
3.6 –0 Ma
2 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Infra-ordre Viverroidea
Famille Herpestidae
Sous-famille Mungosinae

Genre

Crossarchus
F. Cuvier, 1825

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Répartition géographique des quatre espèces du genre Crossarchus :
  • Crossarchus obscurus
  • Crossarchus platycephalus
  • Crossarchus alexandri
  • Crossarchus ansorgei

Crossarchus, les Crossarches[1], mais plus communément désignées sous le nom de Mangues[2],[3],[4],[5], sont un genre de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Ces petites mangoustes de la sous-famille des Mungosinae, originaires d’Afrique centrale se caractérisent par une très petite taille, se rencontrent principalement dans les forêts denses et les zones marécageuses de la région.

Dénominations

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Étymologie

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Le nom générique Crossarchus trouve son origine dans le grec ancien, combinant les termes krossoi (κροσσοι), signifiant « frędzle » ou « franges », et arkhos (αρχος), désignant le rectum ou l'anus. Cette dénomination fait directement référence à la configuration anatomique remarquable de la poche anale de l'animal, qui, lorsqu'elle est ouverte et déployée, présente des replis glandulaires évoquant l'aspect d'une « fraise » plissée.

Taxonomie

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Le genre Crossarchus a été instauré en février 1825 par le zoologiste français Frédéric Cuvier, en collaboration avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, dans leur ouvrage Histoire naturelle des mammifères[7]. En décrivant pour la première fois l'espèce type Crossarchus obscurus alors désignée sous le nom vernaculaire de « Mangue », Cuvier a reconnu la nécessité de séparer ce groupe des autres mangoustes et viverridés traditionnels. Bien que sa physionomie générale rappelle celle des mangoustes ordinaires, ce nouveau genre se distingue nettement par des caractères morphologiques propres tels qu'une forme plus ramassée, une tête plus arrondie, un museau très allongé et une démarche entièrement plantigrade comparable à celle du suricate. Le trait anatomique le plus distinctif qui a motivé la création de ce genre réside dans la structure complexe de sa poche anale et de ses glandes odorantes[7]. Le genre va rester monotypique pendant la plus grande partie du XIXème siècle, de n’est qu’à la fin des années 1880 que divers auteurs comme Du Bocage[8] ou Trouessart[9] vont intégrer au genre Crossarchus les deux espèces actuelles du genre Mungos, mais aussi la nouvelle espèce décrite par Eugène de Pousargues en 1893[10]. Finalement, deux nouvelles espèces de Crossarches furent découvertes, et le principe de priorité de la Commission internationale de nomenclature zoologique rétabli le genre Mungos. Bien plus tard dans les années 80 fut décrite l’espèce de la Mangue à tête plate (Crossarchus platycephalus), mais son statut a un temps divisé auteurs, avant une étude moléculaire définitive menée en 2014.

Liste des espèces

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Tableau synthétique des espèces actuelles du genre Crossarchus selon ITIS ()[11] :
Espèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires)Répartition et descriptionStatut UICN
Crossarchus alexandri
(O. Thomas & Wroughton, 1907)
Crossarche d'Alexander
Mangue d’Alexandre
République démocratique du Congo et Ouganda.

(LC)
Crossarchus ansorgei
(O. Thomas, 1910)
Mangue d’Ansorge
Mangue d'Angola
République démocratique du Congo et Angola.

(LC)
Crossarchus obscurus
(espèce type)
(F. Cuvier, 1825)
Mangue obscur
Crossarche brune

Ghana, Côte d'Ivoire, Bénin, Liberia et Sierra Leone.

(LC)
Crossarchus platycephalus
(Goldman, 1984)
Mangue à tête plate
Mangue du Cameroun
Bénin, Cameroun et Nigeria.

(LC)

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[12], Barycka (2005)[13] et Patou et al. (2009)[14] :

Mungosinae
(Mangues)




Genre Helogale (Hélogales, Mangoustes naines)



Genre Dologale



Genre Crossarchus (Crossarches, Mangues proprement dits)

Crossarchus alexandri (Mangue d’Alexandre)



Crossarchus ansorgei (Mangue d’Asorge)



Crossarchus platycephalus (Mangue à tête plate)



Crossarchus obscurus (Mangue obscur)






Genre Liberiictis (Mangue du Libéria)



Genre Mungos (Mungos)




Genre Suricata (Suricates)

Genre Suricata (Suricate)



Description et comportement

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Ce sont de petits carnivores hautement sociaux qui vivent en groupes constitués de 10 à 24 individus (regroupant une à trois familles). Diurnes, ils se déplacent constamment à travers leur territoire sans occuper de site de tanière permanent, ce qui amène les membres du groupe à transporter et à nourrir à tour de rôle les jeunes inaptes à suivre la troupe. En raison de la densité de la canopée et du sous-bois forestier, ils maintiennent le contact au sein du groupe en émettant des sifflets continus.

Écologie et comportement

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Distribution et habitat

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Les espèces de ce genre se rencontrent dans les zones marécageuses et les forêts de l'Afrique centrale et occidentale, notamment au Ghana[15], en Côte d'Ivoire, au Liberia et en Sierra Leone. Dans la plupart des régions où elles vivent, elles constituent les carnivores forestiers numériquement dominants[16].

Régime alimentaire

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Leur régime se compose d'insectes, de larves, de petits reptiles, de crabes et de baies. Ils fouissent la litière de feuilles et sondent sous les bois pourris ou les pierres à l'aide de leurs griffes et de leur museau, et n'hésitent pas à patauger dans les ruisseaux peu profonds à la recherche de crabes d'eau douce.

Reproduction

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Les femelles sont polyœstrus et peuvent connaître jusqu'à neuf cycles par an en l'absence d'accouplement. Les portées comptent généralement deux à trois petits par an. Les nouveau-nés ouvrent les yeux vers l'âge de douze jours, commencent à consommer de la nourriture solide à trois semaines et acquièrent leur pelage adulte à cinq semaines.

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 G. Roure, Animaux sauvages de Côte d'Ivoire et du versant atlantique de l'Afrique intertropicale, Abidjan, Ministère de l'Agriculture et de la Coopération, , 179 p.
  2. 1 2 Alfred Edmund Brehm (trad. Z. Gerbe), La vie des animaux illustrée : description populaire du règne animal : Les mammifères..., Paris, J. B. Baillière et fils, , p. 571
  3. 1 2 Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, vol. 2, Paris, L. Curmer, , p. 48
  4. 1 2 Henry de Varigny, Histoire et mœurs des animaux : Singes, prosimiens, chiroptères, carnivores, vol. I : Mammifères, Paris, J. Rueff, , p. 601
  5. 1 2 Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 334
  6. ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  7. 1 2 Élie Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des mammifères, avec figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivants, vol. 3 (livraison 47), Paris, Blaise, (lire en ligne), Le Mangue
  8. ↑ (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Mungos mungo (consulté le )
  9. ↑ (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Mungos gambianus (consulté le )
  10. ↑ Eugène de Pousargues, « Crossarchus Dybowskii, nova species », Bulletin de la Société zoologique de France, vol. 18,‎ , p. 53–54 (lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  12. ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  13. ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5,‎ , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  14. ↑ M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  15. ↑ (en) Amy E. Dunham, Grzimek's Animal Life Encyclopedia, vol. 1: Mammals II, Detroit, Gale, , 347 p. (ISBN 978-0-7876-5362-0), « Mongooses and Fossa (Herpestidae) »
  16. ↑ (en) J. C. Ray, African Rain Forest Ecology and Conservation: An Interdisciplinary Perspective, New Haven, Yale University Press, , 223 p. (ISBN 978-0-300-08433-7), « Carnivore Biogeography and Conservation in the African Forest: A Community Perspective »

Bibliographie

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  • Élie Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des mammifères, avec figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivants, vol. 3 (livraison 47), Paris, Blaise, (lire en ligne), Le Mangue

Voir aussi

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Liens externes

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