Mungosinae
Mangues (Lato sensu)
Une Mangouste rayée (Mungos), un Hélogale mignon (Helogale), un Mangue obscur (Crossarchus) et un Suricate (Suricata).
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Feliformia |
| Infra-ordre | Viverroidea |
| Super-famille | Herpestoidea |
| Famille | Herpestidae |
Mungosinae est une sous-famille de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Ce groupe est constitué du Suricate ainsi que de petites mangoustes au nez assez court appelées sous le nom de Mangues.
Taxonomie
modifierLe groupe a été théorisé par John Edward Gray en 1865 sous le nom de Mungosina, un sous-groupe des Rhinogaleacea, spécifiquement caractérisés comme ayant « une tête allongée, mais un museau plus court ; quarante dents, mais trois fausses dents broyeuses en haut et quatre en bas » et comprend les genres Mungos et Rhinogale (c’est-à-dire le genre Rhynchogale actuel)[8].
Pendant une grande partie de la fin du XIXème siècle et des deux tiers du XXème siècle, bien que le zoologiste Reginald Ines Pocock avant déjà théorisé la sous-famille des Mungosinae entre temps en 1916, la sous-famille des Mungosinae sera considérée comme un synonyme de Herpestinae comme dans la Checklist of Palaearctic and Indian mammals parue en 1951 par exemple[9]. Il en sera de même dans la première édition du Mammal species of the World en 1982 pour voir les mangoustes intégrer définitivement leur propre famille des Herpestidés, mais sein de ce taxon, pendant une grande partie de la fin du XIXème siècle et des deux tiers du XXème siècle, bien que le zoologiste Reginald Ines Pocock avant déjà théorisé la famille des Herpestidés entre temps en 1919[10], la sous-famille des Herpestinés sera considérée comme le groupe des mangoustes au sein de la famille des Viverridés, comme dans la Checklist of Palaearctic and Indian mammals parue en 1951. Il faudra vraiment attendre la première édition du Mammal Species of the World en 1982[11]. y sont considérés comme des synonymes[11]. La sous-famille prendra vraiment son sens à l’issue des études phylogénétiques menées dans les années 2000.
Caractéristiques
modifierLes Mungosinae sont désignées sous le nom de social mongooses car elles présentent des modes de vie et des structures sociales très intégrés, par opposition au clade des Herpestinés appelées solitary mongooses. Elles partagent en plus des conformations les rapprochant les unes des autres sur le plan ostéologique, à savoir une synapomorphie potentielle concernant la position du foramen rond[12].
Le clade des Mungosinae (les mangoustes sociales) a divergé presque simultanément de la lignée des Herpestinés au Miocène inférieur, il y a environ 18,5 à 19,1 millions d'années. Les sous-groupes internes de cette lignée se sont ensuite diversifiés au cours du Miocène, avec l'apparition de plusieurs genres (tels que Crossarchus, Helogale, Liberiictis, Mungos et Suricata) enregistrés dans le cadre de l'évolution de l'eusocialité au sein de cette famille[13].
Liste des espèces
modifier| Genre | Espèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires) | Répartition et description | Statut UICN |
|---|---|---|---|
| Mungos Mungos |
Mungos mungo (Gmelin, 1788) Mangouste (Stricto sensu) Mangouste rayée |
Habitat : Savanes et plaines herbeuses d'Afrique subsaharienne. Espèce éminemment grégaire, vivant en troupes coordonnées. Arbore une série de rayures transversales sombres sur le dos qui rompt sa silhouette. |
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| Mungos gambianus (Ogilby, 1835) Mangouste de Gambie Mangue de Gambie |
Habitat : Savanes de l'Afrique de l'Ouest (de la Gambie au Nigeria). Proche de la mangouste rayée mais dépourvue de barres transversales sur le dos, elle possède un pelage gris-brun plus uniforme. |
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| Crossarchus Crossarches |
Crossarchus obscurus Cuvier, 1825 Mangue obscur Crossarche brune |
Habitat : Sous-bois des forêts d'Afrique de l'Ouest. Petite mangouste sociale reconnaissable à son long museau pointu et mobile et à sa fourrure hirsute brun foncé. |
|
| Crossarchus alexandri Thomas & Wroughton, 1907 Crossarche d'Alexander Mangue d’Alexandre |
Habitat : Forêts tropicales humides de la RD Congo et de l'Ouganda. Plus grand que l'espèce commune, il occupe les niches écologiques d'Afrique centrale. |
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| Crossarchus ansorgei Thomas, 1910 Mangue d’Ansorge Mangue d'Angola |
Habitat : Forêts galeries et denses d'Angola et du bassin du Congo. Espèce discrète et rarement observée, partageant les mœurs collectives du genre. |
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| Crossarchus platycephalus Goldman, 1984 Mangue à tête plate Mangue du Cameroun |
Habitat : Forêts côtières du Bénin, Nigeria et Cameroun. Se distingue par des critères anatomiques crâniens spécifiques (boîte crânienne plus aplatie). |
||
| Helogale Hélogales |
Helogale parvula (Sundevall, 1847) Hélogale mignon Mangouste naine du Sud |
Habitat : Savanes sèches et zones de termitières d'Afrique australe et orientale. Le plus petit carnivore d'Afrique. Espèce extrêmement sociale à la structure matriarcale stricte. |
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| Helogale hirtula Thomas, 1904 Mangouste velue Mangouste naine orientale |
Habitat : Broussailles arides et steppes de la Corne de l'Afrique. Se distingue de sa cousine du Sud par un pelage plus rêche et grisâtre, adapté aux contraintes des zones désertiques. |
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| Suricata Suricates |
Suricata suricatta (Schreber, 1776) Suricate |
Habitat : Déserts du Kalahari et du Namib (Afrique australe). Célèbre pour sa posture "sentinelle" dressée sur les pattes arrière. Vit en colonies complexes hautement coordonnées. |
|
| Liberiictis | Liberiictis kuhni Hayman, 1958 Mangue du Libéria Mangouste de Kühn |
Habitat : Forêts primaires de Libéria, Guinée et Côte d'Ivoire. Découverte tardivement au XXe siècle. Espèce forestière rare, très menacée par la chasse de subsistance. |
|
| Dologale | Dologale dybowskii (Pousargues, 1894) Mangue de Dybowski Mangouste de Dybowski |
Habitat : Savanes arborées et mosaïques de forêts d'Afrique centrale. Petite mangouste discrète au pelage sombre moucheté de gris, dont les mœurs restent peu documentées. |
Phylogénie
modifierPhylogénie des Mungosinae basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[17], Barycka (2005)[18] et Patou et al. (2009)[19] :
| Mungosinae (Mangues) |
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Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 (en) J.E. Gray, « A revision of the genera and species of Viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864, , p. 509 (lire en ligne)
- ↑ (en) T.N. Gill, « Arrangement of the Families of Mammals; with Analytical Tables », Smithsonian Miscellaneous collections, vol. 11, , p. 5 (lire en ligne)
- ↑ (en) O. Thomas, « On the African mungooses », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1882, no 1, , p. 59 (lire en ligne)
- ↑ (en) E.D. Cope, « On the Systematic Relations of the Camivora Fissipedia », Proceedings of the American Philosophical Society, vol. 20, , p. 474 (lire en ligne)
- 1 2 (en) R.I. Pocock, « The classification of the mongooses (Mungotidæ) », The Annals and Magazine of Natural History, ninth series, vol. 3, no 18, , p. 515 (lire en ligne)
- ↑ (en) R.I. Pocock, « The classification of the mongooses (Mungotidæ) », The Annals and Magazine of Natural History, ninth series, vol. 3, no 18, , p. 522 (lire en ligne)
- ↑ (en) G.G. Simpson, « The principles of classification and a classification of mammals », Bulletin of the American Museum of Natural History, vol. 85, , p. 117 (lire en ligne)
- ↑ Gray 1865, p. 509.
- ↑ (en) J. R. Ellerman et T. C. S. Morrison-Scott, Checklist of Palaearctic and Indian mammals 1758 to 1946, London, British Museum (Natural History),
- ↑ (en) Reginald Innes Pocock, « The classification of mongooses (Mungotidae) », The Annals and Magazine of Natural History, 9e série, vol. 3, no 3, , p. 515-524 (DOI 10.1080/00222931908673851)
- 1 2 (en) Don E. Wilson et DeeAnn M. Reeder, Mammal Species of the World: A Taxonomic and Geographic Reference, Baltimore, Johns Hopkins University Press, (ISBN 978-0801882210, lire en ligne)
- ↑ Patou et et al. 2009, p. 69.
- ↑ Patou et et al. 2009, p. 70-71.
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ UICN, consulté le .
- ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
- ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5, , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
- ↑ M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne
)
Bibliographie
modifier- (it) Charles-Lucien Bonaparte, Catalogo metodico dei mammiferi europei, Milano, Coi Tipi di Luigi di Giacomo Pirola, (lire en ligne)
- (en) John Edward Gray, « A revision of the genera and species of viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, , p. 502-579 (lire en ligne)
- (en) Reginald Innes Pocock, « The classification of mongooses (Mungotidae) », The Annals and Magazine of Natural History, 9e série, vol. 3, no 3, , p. 515-524 (DOI 10.1080/00222931908673851)
- (en) M.-L. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69–80 (DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038)
Liens externes
modifierLiens externes
modifier- (fr + en) ITIS : Mungotinae (consulté le )

















