Suricate

espèce de mammifères

Suricata suricatta

Suricata suricatta
Description de cette image, également commentée ci-après
Un Suricate à Pairi Daiza, en Belgique.
2.58–0 Ma
8 collections
Du début du Pléistocène inférieur (Gelasien) à l’Holocène (présent).
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Famille Herpestidae
Sous-famille Mungosinae

Genre

Suricata
Desmarest, 1804

Synonymes

Espèce

Suricata suricatta
(Schreber, 1776)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
  • Aire de répartition autochtone

Synonymes

Le Suricate (Suricata suricatta) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés et le seul représentant actuel du genre Suricata. Cette petite mangouste de la sous-famille des Mungosinae est présente dans les régions arides d’Afrique australe, principalement en Afrique du Sud, en Namibie, au Botswana et dans le sud-ouest de l’Angola, où elle fréquente les savanes sèches, les plaines ouvertes et les zones semi-désertiques.

Reconnaissable à son corps élancé, son pelage rayé, son masque facial sombre et sa posture dressée caractéristique, le suricate est un animal essentiellement insectivore, adapté au fouissage grâce à ses longues griffes et à diverses spécialisations anatomiques lui permettant de vivre dans les milieux désertiques. Il mène une vie strictement diurne au sein de groupes familiaux coopératifs, dont l’organisation sociale est parmi les plus élaborées des mammifères. Les individus collaborent notamment pour l’élevage des jeunes, la surveillance contre les prédateurs et l’entretien de vastes réseaux de terriers, faisant du suricate un modèle d’étude majeur en éthologie et en biologie du comportement social.

Décrit pour la première fois par Johann Christian Daniel von Schreber en 1776 sous le nom de Viverra suricatta, puis placé dans son genre actuel par Anselme Gaëtan Desmarest en 1804, le suricate possède une histoire taxonomique complexe marquée par de nombreux synonymes et changements de classification. Des fossiles attribués à l’espèce sont connus depuis le début du Pléistocène inférieur, et les analyses phylogénétiques montrent que sa lignée s’est séparée de celle des autres Mungosinés il y a environ 22 à 16 millions d’années.

Classé en catégorie « préoccupation mineure » par l’UICN, le suricate demeure globalement commun dans son aire de répartition, bien que les changements climatiques, en particulier l’augmentation des températures extrêmes et la diminution des précipitations, constituent désormais les principales menaces pesant sur certaines populations. Espèce emblématique de la faune africaine, il occupe également une place importante dans la culture populaire, notamment grâce au personnage de Timon dans Le Roi lion.

Dénominations

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Étymologies et Morphologies

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Suricate

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Le nom vernaculaire Suricate et ses variantes plus anciennes que sont Suricatte, Surikate, le nom de genre Suricata, d’espèce Suricatta et autres synonymes Surikata et Surricata, proviendraient directement d’un nom vernaculaire sud-africains pour désigner l’espèce[30]. Même si certaines sources penchent plutôt sur le fait que le mot Surikate s’était une création de Buffon à partir du mon Meerkat[31]. La graphie actuelle Suricate est apparue au XIXème siècle notament dans l’Histoire naturelle de Frédéric Cuvier en 1824[32].

Le nom prend la forme Suricato en italien. En français[29] et en italien, le nom est un substantif manculin, mais en espagnol c’est un substantif féminin.

Meerkat

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Le mot meerkat provient de la langue afrikaans. L'origine du nom est incertaine, ce qui donne lieu à plusieurs théories, notamment :

  • Le mot provincial néerlandais / familier afrikaans mier signifiant « fourmi » et kat, qui signifie « chat », d'où « chat-fourmi » en référence au fait que le suricate se nourrit de fourmis et de termites[33],[34],[35].
  • Un nom néerlandais désignant une sorte de singe, qui proviendrait du vieux haut allemand mericazza et serait apparenté au terme hindi similaire मर्कट (markat, « singe »), dérivé du sanskrit. L'origine germanique du mot précède toutefois largement toute connexion connue avec l'Inde. Le nom a été utilisé pour de petits mammifères en Afrique du Sud à partir de 1801, probablement parce que les colons néerlandais l'employaient pour désigner de nombreux animaux fouisseurs[36],[37].

Par l’influence de l’anglais, dans certaines langues, le nom Meerkat tend à supplanter l’appellation Suricata, c’est le cas en Japonais où en 2018 le nom est passé de スリカータ (Surikāta?) à ミーアキャット (Mīakyatto?)[38].

Rhyzæna

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Le nom attribué en tant que noms génériques et spécifiques Ryzaena, ainsi que ses synonymes Rizaena, Rysaena, Rhyzæna et synonymes, viendraient du grec ancien rhuzeō signifiant « grogner »[39].

Taxonomie

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Histoire pré-linéenne

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C’est le naturaliste français George-Louis Leclerc de Buffon qui publia la description du premier spécimen du suricate connu en Europe, acheté en Hollande sous le nom de « surikate ». C’était un animal agréable à vivre, mais qui mourut de froid dès le premier hiver arrivé, Buffon nota cependant que cette espèce se caractérisait par la présence de quatre doigts aux pattes[40]. Cependant, durant la première description de l’espèce, il y eut une confusion sur son origine, Buffon ayant cru à tort d'après les dires d'un marchand qu'il provenait du Suriname[41]. Par la suite, alerté par une note du naturaliste Arnout Vosmaër basée sur les informations de Ryk Tulbagh, gouverneur du Cap, Buffon corrige cette erreur en 1777 : il rectifie l'origine géographique de l'animal, qu'il attribue désormais à l'Afrique et non à l'Amérique du Sud[42]. L'explorateur et naturaliste Robert Jacob Gordon a également documenté et dessiné le suricate entre 1777 et 1786 au cours de ses expéditions en Afrique australe, consignant dans ses notes en néerlandais les premières observations notables sur son mode de vie fouisseur, ses griffes adaptées et les appellations locales de l'espèce sous le nom de « Graatje » ou « Garáa » dans la langue khoikhoi[43], mais son impact reste mineur.

Pierre Sonnerat, dans son Voyage aux Indes orientales et à la Chine (1782), contribue également à la connaissance de l'animal sous le nom de « Zénik des Hottentots », dont il livre une description anatomique détaillée et l'origine sud-africaine[28].

Histoire taxonomique

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Illustration du Suricate (Ryzæna tetradactyla) dans Histoire naturelle des mammifères avec des figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivans, tome 3, 1824.
Illustration d’un suricate tétradactylde (Suricata tetradactyla) en train de chasser un macrocélide dans l’ouvrage Brehm's Life of animals, 1895.

En 1776, Johann Christian Daniel von Schreber décrit un suricate provenant du cap de Bonne-Espérance, en lui attribuant le nom scientifique de Viverra suricatta[44]. Un an plus tard, l’auteur publie un nouveau nom sous celui de Viverra tetradactyla, s’appuyant toujours sur les travaux de Buffon[45]. Cet épithète spécifique en particulier fut extrêmement récurrent au cours de l’Histoire taxinomique de l’espèce. Pendant un temps, le Surikate (Viverra suricatta / tetradactyla) et le Zénik (Mus zenik puis Viverra zenik) furent considérés comme deux espèces distinctes, une vision que l'on retrouve chez Gmelin qui rapproche les deux taxons dans son édition du Systema Naturae de 1788 et 1793 [46].

Le suricate est d’abord classé dans le genre Ichneumon propre aux mangoustes par Daudin en 1802, mais c’est par Anselme Gaëtan Desmarest que le genre Suricata est créé en 1804 dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, en décrivant également un spécimen en provenance du cap de Bonne-Espérance. Ce genre se distingue par les caractères de sa denture et de sa morphologie. Le suricate se retrouve alors sous des dénominations telles que le suricate ou muyshund du Cap (Suricata capensis) [26].

Plus tard, en 1815, le zoologiste Johann Karl Wilhelm Illiger formalise le genre Ryzaena pour y ranger le suricate, qui sera très utilisé au cours du XIXe siècle [47]. L’auteur émet toutefois la supposition que le Viverra Zenik décrit d'après les récits erronés de Sonnerat n'est en réalité rien d'autre que le suricate lui-même (Tetradactyla) [47]. Depuis lors, l’épithète spécifique zenik se fait plus rare et est parfois associé au genre Suricata chez des auteurs comme Gray ou Sclater en 1872.

Entre-temps, le groupe des Herpestina, la famille des Herpestidés et la sous-famille des Herpestinés actuels, a été créé. Bien que ce groupe ait été initialement nommé d'après son genre type, Oldfield Thomas soulignera plus tard par le principe de stricte priorité qu'elle aurait dû s'appeler Suricatinae (le genre Suricata de Desmarest, s'avérant antérieur au genre Herpestes d'Illiger, créé en 1811), estimant toutefois qu'il est trop peu judicieux et inhabituel de nommer une sous-famille d'après l'un de ses genres les plus aberrants et spécialisés [48]. Une tribu des Suricatini fera office d’équivalent par la suite, comme chez George Gaylord Simpson dans sa classification des mammifères de 1945 [49].

C'est dans ce contexte de codification des règles de nomenclature, marqué par l'application du principe de priorité de la commission internationale de nomenclature zoologique, que le nom scientifique actuel, Suricata suricatta, est utilisé pour la première fois par Oldfield Thomas et Harold Schwann en 1905. En décrivant un spécimen collecté à Wakkerstroom, ils jettent les bases de la répartition géographique intraspécifique en suggérant l'existence de plusieurs formes ou races locales, réparties du Cap à Klipfontein, ouvrant ainsi la voie à l'inventaire des différentes sous-espèces[50].

Sous-espèces

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Liste des sous-espèces de Suricate (Suricata suricatta) selon ITIS ()[51]:
Sous-espèce, nom et auteur Description et localité-type Synonymes
Suricata suricatta suricatta
(Schreber, 1776)
Présente dans le sud de la Namibie, le sud du Botswana et en Afrique du Sud. Viverra suricatta von Schreber, 1776[8]
Suricata suricatta marjoriae
(Bradfield, 1936)
Présente dans le centre et le nord-ouest de la Namibie. Localité-type : Saltpan, au nord de Swakopmund. Suricata Marjoriae Bradfield, 1936[22]
Suricata suricatta iona
(Cabral, 1971)
Présente dans le sud-ouest de l'Angola. Localité-type : Iona. Suricata suricatta iona Cabral, 1971[52]

Phylogénie et évolution

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Des fossiles de suricates datant de 2,59 à 0,01 millions d’années ont été mis au jour en divers endroits en Afrique du Sud[53]. Une étude phylogénétique de la famille des Herpestidae menée en 2009 suggère qu'elle s'est scindée en deux lignées vers le Miocène inférieur (il y a 25,4 à 18,2 millions d'années) : les Herpestinés et les Mingosinés. Le suricate appartient au clade monophylétique des Mungosinés, aux côtés des Mangues comme les Crossarches (Crossarchus), les Hélogales (Helogale), les Mungos (Mungos), ainsi que la mangouste du Libéria (Liberiictis). La lignée des Herpestidés comprend deux clades, incluant des espèces telles que la rhinogale de Meller (Rhynchogale melleri) et le Cynicte pénicillé (Cynictis penicillata). Le suricate a divergé génétiquement du reste du clade il y a 22,6 à 15,6 millions d'années[54].

Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[55], Barycka (2005)[56] et Patou et al. (2009)[57] :

Mungosinae
(Mangues)




Genre Helogale (Hélogales, Mangoustes naines)



Genre Dologale




Genre Crossarchus (Crossarches, Mangues proprement dits)





Genre Liberiictis (Mangue du Libéria)



Genre Mungos (Mungos)




Genre Suricata (Suricates)

Suricata suricatta (Suricate)



Description

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 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 3 1 3 3 1 3 2
2 3 1 3 3 1 3 2
mâchoire inférieure
Total : 36
Dentition du Suricate.
Crâne de Suricate exposé dans la collection d’ossement du Musée de Wiesbaden, en Allemagne.
Squelette de Suricate exposé au Muséum d’Ostéologie de l’Oklahoma, aux États-Unis.

Le suricate est un petit herpestidé à la construction fine, caractérisée par une tête large, de grands yeux, un museau pointu, de longues pattes, une queue pointue et un pelage moucheté[33], le plaçant parmi les plus petits représentants de sa famille à l'exception des Hélogales et potentiellement des espèces du genre Galerella[33]. Le suricate se distingue des espèces proches vivant en sympatrie comme la mangouste rayée (Mungos mungo) par sa taille plus petite, sa queue plus courte et ses yeux plus grands par rapport à la tête, et du Cynicte pénicillé par sa queue non touffue et l'absence de sous-couche de poils jaunes[58].

Mensurations et dimorphisme sexuel

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La longueur tête-corps est généralement mesurée entre 24 et 35 cm[33],[58], plus précisément de 24,5 à 29 cm pour les mâles et de 26 à 28,5 cm pour les femelles[59]. La queue mesure entre 17 et 25 cm[33], avec 20,5 à 24 cm pour les mâles et 19 à 23 cm pour les femelles[59]. La longueur des pattes postérieures est de 6,3 à 7,4 cm chez les mâles et de 6,5 à 7,4 cm chez les femelles, tandis que les oreilles, petites et arrondies, mesurent en moyenne 2,1 cm chez les mâles et 1,9 cm chez les femelles[59]. La formule dentaire est caractérisée par 3 incisives, 1 canine, 3 prémolaires et 2 molaires sur chaque mandibule, soit un total de 36 dents[58],[33].

La masse corporelle s'établit généralement entre 0,62 et 0,97 kg, soit 626 à 797 g pour les mâles et 620 à 969 g pour les femelles[33],[58],[59]. Bien qu'il n'y ait pas de variation marquée entre les sexes de manière générale, certaines femelles dominantes peuvent être plus lourdes que le reste du groupe[33],[58], affichant une moyenne de 750 g contre 710 g pour les femelles de rangs inférieurs[59]. Durant leur phase de croissance, les jeunes sevrés gagnent en moyenne 1 à 4 % de leur masse corporelle par heure chaque matin entre le 35e et le 75e jour de vie[60]. Les femelles possèdent par ailleurs six mamelles[33].

Son pelage doux est de couleur gris clair à brun jaunâtre tournant vers une sorte de beige, avec des bandes claires et sombres alternées, peu définies, sur le dos[33],[58], et des bandes dorsales sombres. Les individus de la partie sud de l'aire de répartition ont tendance à être plus foncés[33]. Les poils de garde, clairs à la base, possèdent deux anneaux sombres et sont teintés de noir ou de blanc argenté, leur alignement formant le motif du pelage[33],[61] ; ils mesurent généralement 1,5 à 2 cm de longueur, atteignant 3 à 4 cm sur les flancs[33],[61]. La tête est la plupart du temps d’une teinte blanche, surmontée d'oreilles noires et de poils plus foncés autour des yeux servant à les protéger du soleil, tandis que le dessous du corps est couvert de façon plus clairsemée d'un pelage roux-brun foncé laissant transparaître la peau d’une couleur sombre[58],[62]. Sa queue fine et d’une teinte jaunâtre se termine par une pointe noire et fait office de 5e membre pour le maintien de l’équilibre[33].

Adaptations anatomiques et sensorielles

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Digitigrade, le suricate possède quatre doigts sur chaque patte pourvus d'épais coussinets[58]. Il est parfaitement adapté au fouissage, aux déplacements dans les tunnels et à la station debout, bien qu'il soit moins apte à courir et grimper[33]. Les griffes de ses pattes antérieures, grandes, acérées, non rétractiles et mesurant environ 2 cm de long, sont légèrement plus longues que les postérieures et hautement spécialisées pour excaver efficacement la terre et le sable[33],[63] au point de pouvoir déplacer son propre poids en 20 secondes[64]. Ses oreilles noires en forme de croissant peuvent se fermer pour empêcher la poussière ou les débris d'entrer[33], et une paupière transparente protège ses yeux contre le sable[64]. Ses grands yeux, logés dans des orbites couvrant plus de 20 % de la longueur du crâne, lui confèrent une vue perçante et une vision binoculaire[33],[65].

Thermorégulation

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Pour survivre dans son habitat désertique rude, le suricate dispose d'un système de thermorégulation spécialisé : sa température corporelle suit un rythme diurne, moyennant 38,3 °C le jour et 36,3 °C la nuit[66]. Lorsque la température descend sous sa zone thermoneutre, 30 à 32,5 °C, son rythme cardiaque et sa consommation d'oxygène chutent, tandis que la transpiration augmente au-dessus de cette plage[66]. Son taux métabolique de base est remarquablement bas pour un carnivore, ce qui l'aide à économiser l'eau et à limiter la production de chaleur[33],[58],[66]. En hiver, il compense les pertes thermiques en augmentant sa production métabolique de chaleur et en pratiquant le bain de soleil[33],[58],[66].

Galerie

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Écologie et comportement

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Répartition et habitat

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Une sentinelle du désert faisant le guet au Parc National de Makgadikgadi au Botswana.

Le suricate est présent dans le sud-ouest du Botswana, l'ouest et le sud de la Namibie, ainsi que le nord et l'ouest de l'Afrique du Sud, son aire de répartition s'étendant à peine dans le sud-ouest de l'Angola[67]. Il vit dans des zones rocailleuses, souvent calcaire, dans une variété d'habitats arides et ouverts caractérisés par peu de végétation ligneuse[33],[58],[68]. On le rencontre communément dans les savanes, les plaines ouvertes et les zones rocheuses le long de rivières asséchées au sein de biomes tels que le Fynbos et le Karoo, où la pluviométrie annuelle moyenne est inférieure à 600 mm[33],[58],[68], cette moyenne de précipitations pouvant descendre entre 100 et 400 mm vers les zones nord-ouest de son aire[33],[58],[68]. Il marque une préférence pour les espaces couverts d'herbes basses et d'arbustes typiques des velds, à l'image du kameeldoring (Vachellia erioloba) en Namibie et des acacias dans le Kalahari[33],[58],[68]. Il est en revanche totalement absent des véritables déserts, des régions de montagne et des forêts[33],[58],[68]. Les densités de population varient fortement d'un site à l'autre sous l'influence directe de la pression des prédateurs et du niveau des précipitations[33],[58],[68],[69] ; une étude menée dans le Parc transfrontalier de Kgalagadi a enregistré une densité nettement plus faible qu'en ranch protégé, et une baisse de 10 % des précipitations sur une année peut faire chuter la densité de 0,95 à 0,32 individu par kilomètre carré[58].

Activité et comportement social

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Le suricate mène une vie diurne et s'organise en colonies structurées[70].

Activités d’excavation

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Un suricate en train de creuser dans la réserve de Tswalu Kalahari en Afrique du Sud.

Pour s'abriter et se protéger, les suricates creusent de vastes réseaux de terriers dans les plaines ou s'établissent dans des fissures rocheuses lorsque le terrain s'y prête[68], occupant parfois les gîtes d'autres petits mammifères comme le Cynicte pénicillé ou le Xérus du Cap (Xerus inauris). Un terrier typique mesure environ 5 mètres de diamètre et possède une quinzaine d'ouvertures (allant jusqu'à 25 sur 32 mètres et 90 entrées pour les plus grands réseaux)[33],[62]. Ces galeries souterraines s'enfoncent jusqu'à 1,5 mètre de profondeur sur deux ou trois niveaux, dotées d'entrées inclinées à 40 degrés et de « trous de fuite » pour une évacuation d'urgence[33],[62]. Durant la construction ou l'entretien, les individus s'alignent en une chaîne continue, brisant la terre avec leurs griffes antérieures et l'éjectant vers l'arrière[68]. À l'intérieur, un décalage thermique d'environ huit heures crée un microclimat stable plus frais le jour et plus chaud la nuit dont les températures varient beaucoup moins qu'en surface, ce qui réduit le besoin de thermorégulation individuelle et protège le groupe des conditions extrêmes[33],[58]. Les suricates y passent une part importante de leur temps, fuyant la chaleur de l'après-midi et s'y retirant la nuit[33],[58],[68].

Comportement intraspécifique et structure sociale

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Les groupes comptent généralement de 20 à 50 individus, ou de 2 à 30 selon les sources locales, formés de plusieurs unités familiales comprenant un couple reproducteur et leur progéniture[68],[70]. Les mâles dominants s'imposent comme les pères de la majorité des jeunes nés dans la colonie[70]. Le système social est autocratique et très rigoureux, dicté par la rudesse du milieu : la femelle dominante exerce un contrôle absolu sur la reproduction, bloquant ou éliminant les portées concurrentes et impose des tâches subalternes aux autres membres[71]. Les confrontations entre clans rivaux sont extrêmement violentes et les interactions intraspécifiques affichent un taux de mortalité très élevé, les suricates se classant parmi les mammifères les plus meurtriers en raison de la violence intra spécifiques, comprenant notament des infanticides, commis pour s'approprier les ressources ou du statut social[71],[72]. Pour limiter la consanguinité, les subordonnés évincés ou les mâles vagabonds quittent leur groupe d'origine pour former de nouvelles colonies ou en intégrer des préexistantes[58],[68]. Pour renforcer la cohésion, les membres se livrent fréquemment à des séances de toilettage mutuel[68].

Vocalisations

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Les suricates disposent d'un répertoire vocal extrêmement riche, comprenant jusqu'à 30 types de cris combinables selon le contexte : garde, soins, recherche de nourriture, agression ou repos[33],[73],[74]. Leurs cris d'alarme sont particulièrement sophistiqués : ils encodent à la fois la nature du danger, prédateur aérien ou terrestre, ainsi que le degré d'urgence, provoquant des réponses adaptées ; par exemple, s'aplatir au sol face à un rapace ou chercher un abri face à un prédateur terrestre[33],[73],[75]. Un signal continu émis par les sentinelles indique dès que la situation est sûre, permettant au reste du groupe de reprendre leurs activités habituelles[64].

Alimentation

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Le suricate est principalement insectivore, se nourrissant de coléoptères, de lépidoptères et d'autres invertébrés, tout en complétant son régime avec des lézards, de petits serpents, des scorpions, des œufs, des myriapodes, de petits mammifères et, plus rarement, des oiseaux[33],[68]. Il consomme également des bulbes, des tubercules, des « truffes » de l’espèce Kalaharituber pfeilii[76] et des Gigérine pour satisfaire ses besoins hydriques en l'absence d'eau de surface[33], bien qu'il puisse s'abreuver à l'occasion dans des flaques[64]. Dépourvu de réserves importantes de graisse sous la forme de tissu adipeux, il est contraint de passer 5 à 8 heures par jour à chasser activement[64],[68] en battant le terrain en groupe à faible distance les uns des autres. Pour dénicher ses proies sous le sable, il s'aide d'une ouïe fine et d'un odorat très développé, fouissant vigoureusement le sol[64]. Les suricates possèdent une immunité naturelle contre une grande variété de venins de serpents et de scorpions du Kalahari, bien que les piqûres restent douloureuses[77]. Pendant que la majorité du groupe fouille le sol la tête enfoncée et vulnérable, un ou plusieurs guetteurs, souvent des individus rassasiés, montent la garde en hauteur pour assurer la sécurité collective[78].

Reproduction et cycle de vie

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Les suricates sont itéropares et peuvent se reproduire toute l'année, avec des pics saisonniers coïncidant généralement avec la saison des pluies et les mois chauds, d'août à mars dans les zones méridionales[79]. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge d'un an ou deux. La femelle dominante régule l'activité reproductive du groupe et met bas jusqu'à quatre portées par an, composées en moyenne de 2 à 7 petits, selon la fréquence des pluies et les ressources alimentaires disponibles[58],[80],[79]. Après une gestation d'environ onze semaines, à savoir 60 à 70 jours, les petits naissent aveugles et sourds dans le terrier souterrain. Leurs yeux s'ouvrent au bout de 10 à 14 jours et ils effectuent leur première sortie vers l'âge de 21 jours. L'élevage est hautement coopératif : lorsque le groupe chasse, des « baby-sitters », des adultes subordonnés non reproducteurs, parfois des femelles allaitant les petits de la dominante, restent au terrier pour garder et réchauffer la progéniture au péril de leur vie[58],[81],[82]. Les jeunes apprennent à chasser et à manipuler des proies dangereuses comme les scorpions venimeux, grâce à un enseignement progressif et actif dispensé par les adultes dans un système d’« école de chasse »)[83],[84]. Ils deviennent totalement indépendants vers l'âge de 12 semaines. L'espérance de vie est généralement de 5 à 15 ans à l'état sauvage, avec une moyenne de 7 ans, et peut atteindre un record de plus de 20 ans en captivité[58],[68],[79].

Le Suricate et l’Homme

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Menaces et conservation

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Le suricate est évalué comme étant de « préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l'UICN, avec une tendance démographique globale jugée stable[67]. L'espèce ne subit pas de menaces anthropiques majeures directes, si ce n'est les aléas climatiques : de faibles précipitations peuvent provoquer la surmortalité de clans entiers, et les températures extrêmes affectent lourdement les populations du désert du Kalahari[85],[86]. L'augmentation des températures maximales de l'air est ainsi corrélée à une baisse de la survie et de la masse corporelle chez les jeunes. Cette situation résulte de plusieurs facteurs combinés : la déshydratation liée aux pertes d'eau par refroidissement évaporatif, la diminution de la teneur en eau de leur alimentation, ou encore un coût métabolique accru pour assurer leur thermorégulation lors des journées de forte chaleur [85] . De surcroît, les températures élevées accentuent la propagation de la tuberculose endémique en raison du stress physiologique (qui affaiblit le système immunitaire) et de la hausse des taux d'émigration des mâles pendant les vagues de chaleur[86].

L'espèce bénéficie d'une protection au sein de plusieurs aires protégées, telles que le Parc transfrontalier de Kgalagadi et le pan de Makgadikgadi[58]. Les suricates font par ailleurs l'objet de recherches scientifiques approfondies, à l'instar du Kalahari Meerkat Project fondé par Tim Clutton-Brock (initialement implanté dans le parc national de Gemsbok avant d'être transféré dans la réserve de la rivière Kuruman en 1993), qui étudie sur le long terme leur comportement coopératif[87].

Relations avec l'humain et culture

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Mascotte en forme de suricate au cours de l'exposition horticole nationale de la localité de Kamp-Lintfort 2020, en Allemagne.

Bien que les suricates soient des animaux naturellement dociles[33], ils se révèlent inadaptés comme animaux de compagnie en raison de leur potentiel d'agressivité et de l'odeur corporelle marquée qu'ils dégagent, semblable à celle du putois ou du furet[88]. Dans les zones rurales d'Afrique du Sud, ils sont parfois utilisés pour éliminer les rongeurs et les lépidoptères nuisibles dans les terres agricoles. Bien qu'ils puissent théoriquement transmettre la rage ou d’autres maladies transmises par les tiques aux humains, ils s'avèrent moins prédisposés à le transmettre que d’autres mangoustes comme le Cynicte pénicillé. Certains auteurs suggèrent même que les suricates contribuent à limiter la propagation de la rage en chassant ces mangoustes aux allures de renard de leurs terriers. Plus généralement, l'espèce subit peu de persécutions en raison de son utilité dans la protection des cultures, bien qu'elle puisse être touchée indirectement par des mesures d'éradication de la rage ciblant d'autres mammifères[33].

Le suricate occupe également une place notable dans la culture populaire, renforcée par des figures médiatiques, comme le personnage de Timon dans Le Roi lion des Studio Disney, ainsi que des campagnes publicitaires. En art contemporain, en septembre 2015, le collectif italien Cracking Art Group a par exemple installé une trentaine de sculptures colorées de suricates autour de la Cathédrale Saint-Julien du Mans[89]. Cet événement a connu un écho médiatique particulier après le vol de sept de ces sculptures au cours du même mois, dont deux ont pu être restituées en février 2016[90],[91].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Graphie incorrecte.

Références

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  1. (la) J.K.W. Illiger, Prodromus systematis mammalium et avium, Berolini, Sumptibus C. Salfeld, , 134 p. (lire en ligne)
  2. H.M.D. de Blainville, Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, appliquée aux arts, à l’agriculture, à l’économie rurale et domestique, à la médecine, etc., vol. 9, Paris, Chez Deterville, , 339 p. (lire en ligne)
  3. A.G. Desmarest, Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, appliquée aux arts, à l’agriculture, à l’économie rurale et domestique, à la médecine, etc., vol. 32, Paris, Chez Deterville, , 296 p. (lire en ligne)
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    « Le zenik des hottentots. Cet animal est de la grosseur du rat d'eau. Il a le museau allongé; chacune de ses mâchoires est composée de deux dents incisives, & de seize dents canines. Il a quatre doigts à chaque pied, garnis d'ongles; les ongles des pieds de devant sont très-longs & presque droits, ceux des pieds de derrière sont petits & crochus. L'animal entier est d'un gris rougeâtre ; il y a sur le corps dix bandes noires transversales; la queue n'est pas si longue que le corps, elle est grêle & d'un roux mordoré jusqu'aux trois quarts, & noire dans le reste de sa longueur. »
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    « M. Vosmaër, dans une note, [...] fait une remarque qui m'a paru juste, et dont je dois témoigner ici ma reconnaissance. « M. de Buffon (dit M. Vosmaër) a vraisemblablement été trompé sur le nom de surikate & sur le lieu de l'origine de cet animal... Il n'appartient point à l'Amérique, mais bien à l'Afrique. »
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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie externe

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  • Claude Venault, « À la rencontre du suricate »,