Galerella

genre de mammifères

Galerella est un genre obsolète ou un sous-genre de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Regroupant traditionnellement quatre à cinq espèces d'Afrique subsaharienne connues sous le nom de Slenders mangooses « mangoustes sveltes » en anglais. Dans la taxonomie actuelle, ce groupe est désormais considéré comme un synonyme junior du genre Herpestes.

Galerella
Description de cette image, également commentée ci-après
Herpestes sanguineus (syn. Galerella sanguinea).
11.63 –0 Ma
17 collections
Du Tortonien à l’Holocène.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae

Genre

Galerella
Gray, 1865

Répartition géographique

Description de l'image Galerella ranges.png.

Synonymes

  • Myonax O. Thomas, 1928[1]

Étymologies

modifier

Le nom Galerella dérive du grec γαλεή (galeē) ou γαλή (galē), désignant la belette (ou du genre Galera J.E. Gray, 1843), associé au suffixe diminutif latin -ella[2]. Le nom Myonax dérive du grec μυς (mus, génitif muos, la souris) et de αναξ (anax, génitif anaktos, le seigneur, le maître), traduisible par « le maître des souris »[3].

Taxonomie

modifier

Le genre Galerella est créé en 1865 par le zoologiste britannique John Edward Gray dans le cadre d'une révision des viverridés conservés au British Museum[4]. Gray définit ce groupe par un corps particulièrement élancé, des pattes courtes, une longue queue effilée à poils courts, une formule dentaire à 38 dents et une formule dactylique de 5-4, caractérisée par la présence de cinq doigts aux membres antérieurs et quatre aux membres postérieurs[5]. L'auteur note également plusieurs particularités crâniennes, notamment une boîte crânienne ventriculaire, un museau court, un front bombé et une orbite oculaire incomplète à l'arrière[5]. Lors de la diagnose originale, la mangouste ochracée (alors nommée Galerella ochracea) constitue la seule espèce incluse par Gray, ce qui en fait l'espèce type du genre par monotypie[5].

En 1930, dans le rapport de l'expédition africaine de Harvard, les zoologistes américains Glover Morrill Allen et Harold Jefferson Coolidge reclassent le taxon sous la combinaison Galerella melanura[6]. Ils y raccordent les spécimens récoltés en Libéria (sur les fleuves Junk et Farmington) précédemment attribués par Fredericus Anna Jentink à la mangouste grêle (Herpestes gracilis), décrivant une petite mangouste svelte tachetée d'ocre et de noir avec le bout de la queue foncé, distribuée de la Sierra Leone à la Côte-de-l'Or[6].

La classification classique des Herpestidae subit d'importants bouleversements au début du XXIe siècle grâce aux développements de la phylogénie moléculaire. L'étude fondatrice publiée en 2004 par Géraldine Veron et ses collaborateurs remet en question les divisions génériques traditionnelles en démontrant la polyphylie du genre Herpestes dans son acception classique ainsi que la séparation nette entre le clade des mangoustes solitaires et celui des mangoustes sociales[7]. Les analyses moléculaires ultérieures (notamment Patou et al., 2009) ont approfondi ces résultats en révélant que le genre Herpestes historique était paraphylétique. Afin de restituer des genres monophylétiques : Les espèces asiatiques ont été transférées dans le genre Urva. Les mangoustes africaines sveltes autrefois placées dans le genre Galerella forment un clade frère avec la mangouste d'Égypte (Herpestes ichneumon). En conséquence, la plupart des autorités taxonomiques modernes réintègrent la totalité des espèces de Galerella au sein du genre Herpestes[8].

Liste des espèces

modifier

Traditionnellement, le genre Galerella regroupait cinq espèces, aujourd'hui intégrées au genre Herpestes :

Liste des espèces traditionnellement rattachées au genre Galerella selon ITIS ()[9]
ImageEspèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires)Morphologie et mensurationsDistribution et habitatStatut UICN
Galerella sanguinea
(Rüppell, 1835)
Mangouste sanguine
Mangouste svelte
Corps : 27 à 34 cm
Queue : 19 à 31 cm
Poids : 277 à 789 g
Corps svelte, bout de la queue noir.

Large répartition en Afrique subsaharienne et île de Zanzibar.
(LC)
Préoccupation mineure
Galerella pulverulenta
(Wagner, 1839)
Mangouste grise du Cap
Corps : 33 à 42 cm
Queue : 20 à 34 cm
Poids : 0,5 à 1,2 kg
Pelage uniformément gris foncé.

Afrique du Sud, Lesotho et sud de la Namibie.
(LC)
Préoccupation mineure
Galerella ochracea
(J. E. Gray, 1848)
Mangouste ochracée
Mangouste d'Abyssinie[10]
Corps : 28 à 29 cm
Queue : 22 à 27 cm
Poids : ~600 g
Pelage ocre pâle adapté au milieu aride.

Corne de l'Afrique (Éthiopie, Somalie, nord-est du Kenya).
(LC)
Préoccupation mineure
Galerella flavescens
(Bocage, 1889)
Mangouste flavescente
Mangouste noire
Corps : 31 à 35 cm
Queue : 32 à 36 cm
Poids : non documenté
Pelage roussâtre à jaunâtre.

Milieux rocheux et savanes d'Angola et du nord-ouest de la Namibie.
(LC)
Préoccupation mineure

Phylogénie

modifier

Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[11], Barycka (2005)[12] et Patou et al. (2009)[13] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)



Genre Herpestes

Herpestes ichneumon[13] (Ichneumon)


Groupe Galerella

Herpestes sanguineus (Mangouste sanguine)



Herpestes pulverulentus (Mangouste grise du Cap)



Herpestes ochraceus (Mangouste ochracée)



Herpestes flavescens (Mangouste flavescente)







Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[13] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)




Caractéristiques

modifier

Les espèces attribuées à ce groupe se caractérisent par une taille petite à moyenne d’une longueur tête-corps de 27 à 42 cm, ainsi qu’un corps particulièrement allongé et svelte ; une longue queue touffue (19 à 34 cm), se terminant très souvent par une pointe noire ou sombre bien visible ; une formule dentaire comprenant généralement 38 dents ; un mode de vie strictly solitaire et diurne, contrairement à d'autres genres de mangoustes sociales comme Suricata ou Mungos.

Répartition et habitat

modifier

Ce groupe est strictly endémique de l'Afrique subsaharienne. Il occupe une grande variété de biomes, allant des savanes semi-arides, maquis et zones rocheuses jusqu'aux lisières de forêts et zones boisées.

Notes et références

modifier
  1. (en) O. Thomas, « Two new S.W. African mungooses », The Annals and Magazine of Natural History, 10e série, vol. 2, no 11, , p. 408 (DOI 10.1080/00222932808672901)
  2. (en) T. S. Palmer, « Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals », North American Fauna, vol. 23, , p. 289 (lire en ligne)
  3. (en) E. C. Jaeger, A source-book of biological names and terms, Springfield, Charles C. Thomas, , p. 17, 160
  4. (en) J. E. Gray, « A revision of the genera and species of Viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864, , p. 564 (lire en ligne)
  5. 1 2 3 Gray 1864, p. 564.
  6. 1 2 Allen et Coolidge 1930, p. 582.
  7. Veron et al. 2004.
  8. Veron et al. 2004, p. 582–598.
  9. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  10. Priscilla Barrett et Luke Hunter (trad. de l'anglais), Guide des Carnivores du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Les guides du naturaliste », , 240 p. (ISBN 978-2-603-01856-9)
  11. G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  12. E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5, , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  13. 1 2 3 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)

Bibliographie

modifier
  • (en) John Edward Gray, « A revision of the genera and species of Viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864, , p. 564 (lire en ligne)
  • (en) G. M. Allen (dir.) et H. J. Coolidge, The African Republic of Liberia and the Belgian Congo: Based on the Observations Made and Material Collected During the Harvard African Expedition, 1926-1927, vol. 2, Cambridge, Harvard University Press, (lire en ligne), « Mammals », p. 582
  • (en) Géraldine Veron, Marc Colyn, Arthur E. Dunham et Peter Jansen, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582–598 (PMID 15012942, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X)

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier