Mangouste ochracée

espèce de mammifères

Herpestes ochraceus, Galerella ochracea

Mangouste ochracée
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Illustration de la Mangouste ochracée (Herpestes ochraceus) dans Proceedings of the Zoological Society of London, 1848.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Herpestes

Espèce

Herpestes ochraceus
J. E. Gray, 1849

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Répartition géographique de la Mangouste ochracée

Synonymes

La Mangouste ochracée (Herpestes ochraceus syn. Galerella ochracea) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés.

Endémique de la Corne de l'Afrique, elle se rencontre principalement dans les zones arides et rocailleuses de la Somalie, de l'Éthiopie et du nord-est du Kenya. Proche cousine de la Mangouste sanguine, elle s'en distingue par sa taille plus modeste (environ 0,6 kg), son pelage teinté de brun-jaunâtre à rouge ocre et l'absence d'une pointe noire marquée à l'extrémité de la queue. Principalement diurne et solitaire, son régime alimentaire opportuniste se compose de petits rongeurs, d'insectes, de reptiles et d'oiseaux.

Bien que très peu documentée par la communauté scientifique, l'espèce ne semble pas faire face à des menaces immédiates pour son habitat et est classée en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN.

Dénominations

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Taxonomie

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L'espèce est décrite pour la première fois en 1848 par le zoologiste britannique John Edward Gray sous le nom binominal Herpestes ochraceus[7]. La description originale est publiée dans les Proceedings of the Zoological Society of London d'après l'examen d'un spécimen collecté en « Abyssinie » (Éthiopie)[7]. Gray lui attribue l'épithète spécifique ochraceus (« ocre ») en raison de la coloration de son pelage : un jaune-brunâtre pâle finement tiqueté de nuances plus sombres sur do, devenant jaune vif uni sur la queue avant de se terminer par une touffe terminale noire[7]. Pour justifier la création de cette nouvelle espèce, l'auteur s'appuie sur la morphologie de son crâne, étroit, allongé et présentant des orbites incomplètes sur leur bord postérieur, ainsi que sur la plante de ses pattes arrière, entièrement nue jusqu'au talon[7].

En 1939, le zoologiste américain Glover Morrill Allen réactualise la classification de l'espèce dans son ouvrage consacré aux mammifères d'Afrique[8]. Il place alors la Mangouste ochracée dans le genre Galerella, dont Herpestes ochraceus avait initialement été désigné comme l'espèce type par John Edward Gray en 1865[9]. Sous la combinaison Galerella ochracea, Allen y recense quatre sous-espèces théorisées quelques décennies plus tôt[10].

Le genre Galerella est créé en 1865 toujours par John Edward Gray dans le cadre d'une révision des viverridés conservés au British Museum[11]. Gray définit ce groupe par un corps particulièrement élancé, des pattes courtes, une longue queue effilée à poils courts, une formule dentaire à 38 dents et une formule dactylique de 5-4, caractérisée par la présence de cinq doigts aux membres antérieurs et quatre aux membres postérieurs[12]. L'auteur note également plusieurs particularités crâniennes, notamment une boîte crânienne ventriculaire, un museau court, un front bombé et une orbite oculaire incomplète à l'arrière[12]. Lors de la diagnose originale, la mangouste ochracée (alors nommée Galerella ochracea) constitue la seule espèce incluse par Gray, ce qui en fait l'espèce type du genre par monotypie[12].

En 2004, la première étude de phylogénie moléculaire de la famille basée sur le gène du cytochrome b remet en cause la validité du genre Galerella[13]. L'analyse montre que le genre Galerella n'est pas monophylétique et que la Mangouste sanguine s'insère au sein du clade des Herpestes africains, à proximité de la Mangouste d'Égypte (Herpestes ichneumon). Cette découverte conduit à l'abandon du genre séparé Galerella et à la réintégration de l'espèce sous la combinaison Herpestes ochraceus afin d'éviter la paraphylie du genre[13].

En 2005, trois sous-espèces étaient proposées par Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[14] :

  • Galerella ochracea ochracea (Gray, 1848)
  • Galerella ochracea fulvidior (Thomas, 1904)
  • Galerella ochracea perfulvida (Thomas, 1904)

Aujourd’hui, le nom Galerella ochracea mais aucune sous-espèce connue n’est conservée sur ITIS ()[2], tandis que le nom Herpestes ochraceus est utilisé par Mammal Diversity Database ()[1] et UICN ()[15].

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[16], Barycka (2005)[17] et Patou et al. (2009)[18] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)



Genre Herpestes

Herpestes ichneumon[18] (Ichneumon)


Groupe Galerella

Herpestes sanguineus (Mangouste sanguine)



Herpestes pulverulentus (Mangouste grise du Cap)



Herpestes ochraceus (Mangouste ochracée)



Herpestes flavescens (Mangouste flavescente)







Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[18] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)




Description

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La Mangouste ochracée est une petite mangouste au corps élancé et gracile, prolongé par une longue queue buissonnante[19]. Les mâles, légèrement plus grands que les femelles, affichent une masse moyenne d'environ 0,6 kg et mesurent entre 25 et 29 cm de la tête à la base de la queue[20][19].

La coloration de la fourrure varie considérablement selon la géographie et l'altitude, allant du gris pâle au brun foncé ou au rougeâtre ocre[20]. Les individus vivant en altitude présentent généralement un pelage plus sombre, tandis que ceux des zones basses et arides possèdent une robe plus claire et jaunâtre[20]. Son crâne se caractérise par des bulles tympaniques volumineuses, adaptation auditive facilitant la détection des proies et des prédateurs dans les milieux ouverts[20]. Elle se distingue de la Mangouste sanguine par l'absence d'une pointe noire bien marquée à l'extrémité de la queue[20].

Écologie et comportement

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Distribution et habitat

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L'espèce est endémique de la Corne de l'Afrique, occupant les zones arides de la Somalie, de l'Éthiopie adjacente et marginalement du nord-est du Kenya[20][6]. C'est une espèce principalement adaptée aux milieux arides, occupant notamment les zones collinaires du nord de la Somalie[6], les savanes denses en buissons et les zones rocailleuses sèches. Elle a été recensée jusqu'à des altitudes d'environ 600 m en Éthiopie[19][6].

Activité

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Diurne, la Mangouste ochracée s'active principalement durant la journée, parcourant son territoire à la recherche de nourriture entre les buissons et les rochers[19].

Alimentation

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Carnivore opportuniste comme la plupart des petites mangoustes, son régime alimentaire se compose essentiellement de petits rongeurs, d'insectes (notamment coléoptères et orthoptères), de reptiles et de petits oiseaux[19].

Reproduction et cycle de vie

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Il existe une grande rareté d'informations sur le comportement et l'écologie de cette espèce en milieu naturel, bien qu'il soit probablement similaire sous de nombreux aspects à celui de la Mangouste sanguine[6]. La femelle met bas ses portées dans des tanières protégées telles que des terriers abandonnés, des arbres creux ou des fissures de rochers[19].

La Mangouste ochracée et l’Homme

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Bien qu'elle soit très peu connue et nécessite des études scientifiques complémentaires, l'espèce est classée en « préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l'UICN[6]. Ce statut s'explique par sa répartition relativement large dans la Corne de l'Afrique, l'absence supposée de menaces majeures pesant sur l'espèce ou sur son habitat, ainsi qu'une présence probablement commune à l'échelle locale[6]. Sa présence au sein de zones protégées reste à ce jour inconnue[6].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. 1 2 Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  3. ↑ Jean-Charles Chenu, Encyclopédie d'histoire naturelle. Mammifères : Table alphabétique, Paris, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, (lire en ligne), p. 55–56
  4. ↑ Catalogue of Life Checklist, consulté le .
  5. ↑ (en) Amy Chernack (dir. et Project Co-ordinateur), Normand David et Michel Gosselin (French common names), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p. (ISBN 978-84-16728-66-4), p. 657
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 UICN, consulté le .
  7. 1 2 3 4 Gray 1848, p. 138.
  8. ↑ Allen 1939, p. 210-211.
  9. ↑ Allen 1939, p. 210.
  10. ↑ Allen 1939, p. 211.
  11. ↑ (en) J. E. Gray, « A revision of the genera and species of Viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864,‎ , p. 564 (lire en ligne)
  12. 1 2 3 Gray 1864, p. 564.
  13. 1 2 Veron et al. 2004, p. 587.
  14. ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
  15. ↑ UICN, consulté le .
  16. ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  17. ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5,‎ , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  18. 1 2 3 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  19. 1 2 3 4 5 6 Wilson et Mittermeier 2009, p. 316.
  20. 1 2 3 4 5 6 Kingdon 2013, p. 310.

Bibliographie

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  • (en) John Edward Gray, « Description of a new species of Herpestes, from Abyssinia », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 16, no 188,‎ , p. 138–139 (lire en ligne)
  • (en) John Edward Gray, « A revision of the genera and species of Viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864,‎ , p. 564 (lire en ligne)
  • (en) Glover Morrill Allen, « A Checklist of African Mammals », Bulletin of the Museum of Comparative Zoology at Harvard College, vol. 83,‎ , p. 210–211 (lire en ligne)
  • (en) Géraldine Veron, Marc Colyn, AE Dunham et PA Jansen, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ , p. 582-598 (DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X)
  • (en) Jonathan Kingdon, Mammals of Africa, vol. V: Carnivores, Pangolins, Equids and Rhinoceroses, Londres, Bloomsbury Publishing, , 560 p. (ISBN 978-1-4081-2255-6), p. 310
  • (en) Don E. Wilson et Russell A. Mittermeier, Handbook of the Mammals of the World, vol. 1: Carnivores, Barcelone, Lynx Edicions, , 728 p. (ISBN 978-84-96553-49-1), p. 316

Voir aussi

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Article connexe

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Liens externes

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