Mangouste grise du Cap
Herpestes pulverulentus, Galerella pulverulenta
Répartition géographique
- Herpestes Caffra A. Smith, 1826 [1]
- Herpestes pulverulentus J. A. Wagner, 1839 (Protonyme) [1]
- Herpestes apiculatus J. E. Gray, 1865 [1]
- Herpestes Ruddi O. Thomas, 1903 [1]
- Mungos pulverulentus A. Roberts, 1913 [1]
- Mungos pulverulentus maritimus A. Roberts, 1919 [1]
- Myonax pulverulentus Shortridge, 1934 [1]
- Myonax pulverulentus pulverulentus Shortridge, 1934 [1]
- Myonax ruddi Shortridge, 1934 [1]
- Myonax pulverulentus basuticus A. Roberts, 1936 [1]
- Calogale pulverulentus A. Roberts, 1937 [1]
- Myonax pulverulentus maritimus G. M. Allen, 1939 [1]
- Myonax pulverulentus ruddi Shortridge, 1942 [1]
- Herpestes pulverulentus basuticus Coetzee, 1971 [1]
- Herpestes pulverulentus pulverulentus Coetzee, 1971 [1]
- Herpestes pulverulentus ruddi Coetzee, 1971 [1]
- Herpestes pulverulentus Corbet & J. Edwards Hill, 1980 [1]
- Galerella pulverulenta Corbet & J. Edwards Hill, 1991 [1]
- Galerella pulverulenta basuticus Wozencraft, 2005 [1]
- Galerella pulverulenta pulverulenta Wozencraft, 2005 [1]
- Galerella pulverulenta ruddi Wozencraft, 2005 [1]
- Galerella pulverulenta basutica D. E. Wilson & Mittermeier, 2009 [1]
La Mangouste grise du Cap (Herpestes pulverulentus syn. Galerella pulverulenta), est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés.
Endémique de l'Afrique australe, elle est largement répandue dans les provinces du Cap en Afrique du Sud, dans le sud de la Namibie, au Lesotho et jusqu'à la chaîne du Drakensberg. C'est un tout petit carnivore mesurant entre 30 et 42 cm de long avec une masse variant de 490 à 1 250 g. Son pelage agouti, gris surmonté d'anneaux sombres et clairs, lui permet de se camoufler efficacement dans la végétation dense et les affleurements rocheux qu'elle affectionne.
Principalement diurne et solitaire, elle est carnivore et opportuniste : son alimentation repose majoritairement sur de petits rongeurs, mais elle consomme également des insectes, des reptiles, des oiseaux, des œufs et des charognes. Bien qu'adaptée aux milieux sauvages allant du niveau de la mer jusqu'à 1 900 m d'altitude, elle tolère très bien la présence humaine et s'observe fréquemment en zone périurbaine. Classée en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN, ses populations sont stables et ne font face à aucune menace majeure.
Dénominations
modifier- Noms scientifiques : Herpestes pulverulentus J. A. Wagner, 1839 selon Mammal Diversity Database ()[1] ou Galerella pulverulenta (J. A. Wagner, 1839) selon ITIS ()[2] ;
- Nom normalisé anglais : Cape grey mongoose ;
- Nom typique en français : Mangouste grise du Cap[3] ;
- Autres noms vulgaires ou vernaculaires : Mangouste grise, Mangouste du Cap [4], Mangouste.
Taxonomie
modifierLa Mangouste grise du Cap est décrite pour la première fois en 1839 par le zoologiste allemand Johann Andreas Wagner sous le nom binominal Herpestes pulverulentus[5]. Wagner établit cette nouvelle espèce à partir d'un spécimen adulte provenant du Cap, jusqu'alors parfois identifié à tort dans certaines collections comme un jeune individu d’une Mangouste de l’espèce Herpestes caffer ou comme Herpestes griseus[5]. Il valide le statut d'espèce distincte de H. pulverulentus en s'appuyant sur l'examen ostéologique du crâne, qui montre un effacement complet des sutures crâniennes et une usure dentaire confirmant l'âge adulte de l'animal malgré sa taille plus réduite, ainsi que sur la morphologie de sa queue, de ses pattes et la teinte de son pelage brun-noir et blanc-jaunâtre agouti (pulvérulent)[6].
L’espèce sera reclassé dans plusieurs genres, mais sera en finalement classée dans le genre Galerella sous le nom de Galerella pulverulenta par Corbet & J. Edwards Hill, en 1991[1].
En 2004, la première étude de phylogénie moléculaire de la famille basée sur le gène du cytochrome b remet en cause la validité du genre Galerella[7]. L'analyse montre que le genre Galerella n'est pas monophylétique et que la Mangouste sanguine s'insère au sein du clade des Herpestes africains, à proximité de la Mangouste d'Égypte (Herpestes ichneumon). Cette découverte conduit à l'abandon du genre séparé Galerella et à la réintégration de l'espèce sous la combinaison Herpestes pulverulentus afin d'éviter la paraphylie du genre[7].
Sous-espèces
modifierHistoriquement, trois sous-espèces principales ont été décrites[8] :
| Sous-espèce | Description | Synonymes |
|---|---|---|
| Galerella pulverulenta pulverulenta (Wagner, 1839) |
Pelage gris piqueté d’agouti alternant des anneaux noirs et blancs, aux extrémités des pattes plus sombres et au bout de la queue généralement non marqué de noir[10][8]. | Liste
|
| Galerella pulverulenta basuticus (Roberts, 1936) |
Pelage de coloration plus pâle que la forme nominale en raison de son sous-poil particulièrement laineux[10][8]. | Liste
|
| Galerella pulverulenta ruddi (Thomas, 1903) |
Pelage plus brunâtre à poils piquetés de jaunâtre, caractérisé par l'extrémité de sa queue nettement marquée de noir[10][8]. | Liste
|
Phylogénie
modifierPhylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[11], Barycka (2005)[12] et Patou et al. (2009)[13] :
| Herpestinae (Herpestinés) |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
modifierCette petite mangouste possède un corps allongé et gracile aux pattes courtes, prolongé par une longue queue buissonnante et effilée vers l'extrémité[10][8]. Sa masse corporelle s'échelonne entre 490 et 1 250 g, pour une longueur tête-corps de 296 à 425 mm et une queue de 205 à 340 mm[10][8]. Sa tête fine arbore un museau pointu ainsi que de petites oreilles arrondies longues de 15 à 36 mm, partiellement dissimulées sous des poils plus longs[10][8]. Chaque patte compte cinq doigts au premier rayon réduit, munis de griffes peu développées[10][8]. La coloration générale est généralement d'un gris tiqueté (agouti) résultant de l'alternance de quatre à six anneaux noirs et blancs sur les poils de couverture, la teinte s'assombrissant vers l'extrémité des pattes[10][8]. L'espèce présente un dimorphisme sexuel de taille, les mâles étant en moyenne 1,24 fois plus lourds que les femelles[10][8]. Le crâne d'un adulte mesure entre 62,0 et 74,0 mm de longueur[10].
Génétique
modifierSur le plan cytogénétique, la mangouste grise du Cap présente une formule chromosomique liée à une translocation du chromosome Y sur un autosome : les femelles possèdent 2n = 40 chromosomes tandis que les mâles possèdent 2n = 39 chromosomes[14].
Écologie et comportement
modifierDistribution et habitat
modifierLa Mangouste grise du Cap est une espèce endémique de l'Afrique australe[8]. Sa répartition s'étend à travers toute la province du Cap en Afrique du Sud, la partie sud de la Namibie, et se prolonge vers l'est jusqu'au Lesotho ainsi que dans la chaîne du Drakensberg, du KwaZulu-Natal occidental jusqu'à la province de Mpumalanga[10][8]. Ce carnivore fait preuve d'une grande plasticité écologique et tolère une vaste diversité de milieux, allant des zones côtières semi-arides du désert du Namib aux maquis et forêts humides, depuis le niveau de la mer jusqu'à 1 900 m d'altitude[15][8]. Elle fréquente tout particulièrement les zones de buissons denses, les affleurements rocheux et les rochers dissimulés par la végétation, évitant les espaces ouverts à herbe rase[15][8]. Elle s'adapte également très bien aux environnements anthropisés, s'observant régulièrement près des habitations, le long des routes ou tirant parti des ordures ménagères[15][8].
Activité
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Diurne, la Mangouste grise du Cap est active principalement peu après le lever du soleil jusqu'au crépuscule[16][8]. Bien que majoritairement solitaire (environ 89 % des observations sur le terrain), des paires (10 %) ou de petits groupes (1 %) s'observent parfois, en particulier durant la période estivale[14][8]. En dehors de la saison de reproduction, elle n'utilise pas de terriers permanents et dépose ses crottes de manière isolée ou en petits groupes près de ses lieux de repos[14][8]. Son domaine vital s'étend en été de 0,21 à 0,63 km², les territoires des femelles étant plus restreints que ceux des mâles, avec d'importants chevauchements inter et intra-sexuels[14][8]. Lors de ses quêtes alimentaires, elle se déplace rapidement entre les buissons, grattant le sol pour débusquer ses proies ou projetant des œufs vers l'arrière entre ses pattes postérieures contre une surface dure pour en briser la coquille[14][8]. Principalement terrestre, elle est capable de grimper aux arbres pour échapper aux menaces[14][8].
Alimentation
modifierCarnivore opportuniste, elle cible en priorité les petits et moyens rongeurs (notamment Otomys unisulcatus et Rhabdomys pumilio), qui représentent plus de 90 % du volume de son alimentation dans le parc national de la Côte Ouest[15][8]. Les insectes, principalement les coléoptères et termites, constituent une ressource secondaire (< 5 % du régime dans certains secteurs, mais plus importante dans d'autres étude)[15][8]. Elle consomme également des reptiles comme le boomslang (Dispholidus typus), des oiseaux, des amphibiens, des œufs, des arachnides, des crustacés, des mollusques, ainsi que des cadavres d'animaux ou des ordures[15][8].
Parmi ses prédateurs recensés figure l'Aigle martial, chez qui elle peut représenter jusqu'à 25 % des proies apportées au nid (7,4 % en moyenne)[14][8]. Elle compte sur son pelage cryptique ou s'empresse de s'abriter dans la végétation dense ou les arbres en cas de danger[14][8]. Elle héberge plusieurs ectoparasites, incluant des puces (Echidnophaga gallinacea, Ctenocephalides connatus, Ctenocephalides felis, Procaviopsylla angolensis) et des tiques (Ixodes pilosus)[14][8].
Reproduction et cycle de vie
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La saison de reproduction survient à la fin de la saison des pluies, d'août à décembre[15][8]. Les mises bas (1 à 3 petits par portée) ont lieu dans des crevasses rocheuses, des arbres creux ou des terriers abandonnés[16][8]. À la naissance, les jeunes sont couverts de poils mais gardent les yeux et les oreilles clos, restant dépendants des soins exclusifs de la femelle jusqu'au sevrage[14][8]. Les jeunes atteignent environ 85 % de la masse corporelle d'un adulte en sept à huit mois[15].
Dans la nature, sa longévité est estimée entre 8 et 9 ans[8]. En captivité, des individus ont vécu 8 ans et 8 mois (Zoo de Londres) et jusqu'à 11,7 ans[14][8].
Conservation
modifierL'espèce est classée en préoccupation mineure (LC) par l'UICN en raison de sa grande abondance, de la stabilité de ses effectifs et de sa très bonne capacité d'adaptation aux milieux modifiés par l'humain[8].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- 1 2 Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ UICN, consulté le .
- ↑ (en) Amy Chernack (dir. et Project Co-ordinateur), Normand David et Michel Gosselin (French common names), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p. (ISBN 978-84-16728-66-4), p. 657
- 1 2 Wagner 1839, p. 426.
- ↑ Wagner 1839, p. 426-427.
- 1 2 Veron et al. 2004, p. 587.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, and T. A. Dewey. The Animal Diversity Web (online). Accessed at https://animaldiversity.org, consulté le .
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Cavallini 1992, p. 1.
- ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
- ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5, , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
- 1 2 3 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Cavallini 1992, p. 3.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Cavallini 1992, p. 2.
- 1 2 Cavallini 1992, p. 2-3.
Bibliographie
modifier- (de) Johann Andreas Wagner, « Ueber die Verwandtschafts-Verhältnisse der Pharaonsratte u. », Gelehrte Anzeigen der Königlich Bayerischen Akademie der Wissenschaften, vol. 9, no 183, , p. 426–427 (lire en ligne)
- (en) Géraldine Veron, Marc Colyn, Arthur E. Dunham, Peter Jansen, Peter Catzeflis, William Paillat et Steven M. Goodman, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582–598 (PMID 15012942, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, lire en ligne)
- (en) Paolo Cavallini, « Herpestes pulverulentus », Mammalian Species, no 409, , p. 1–4 (DOI 10.2307/3504193, JSTOR 3504193, lire en ligne)
Voir aussi
modifierLien externe
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Herpestes pulverulentus (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Galerella pulverulenta
- (en) Paleobiology Database : Galerella pulverulenta (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Galerella pulverulenta (Wagner, 1839)
- (en) Animal Diversity Web : Galerella pulverulenta
- (en) NCBI : Galerella pulverulenta (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Galerella pulverulenta (Wagner, 1839)