Mangouste velue
Helogale hirtula
Répartition géographique
- Helogale hirtula O. Thomas, 1904 (Protonyme[1])
- Helogale hirtula lutescens O. Thomas, 1911[note 1][1]
- Helogale percivali O. Thomas, 1911[note 2][1]
- Helogale hirtula ahlselli Lönnberg, 1912[note 3][1]
- Helogale hirtula annulata Drake-Brockman, 1912[note 4][1]
- Helogale hirtula powelli Drake-Brockman, 1912[note 5][1]
- Helogale percivali tenebrosa Lönnberg, 1918[note 6][1]
- Helogale hirtula hirtula : G. M. Allen, 1939[1]
- Helogale percivali percivali : G. M. Allen, 1939[1]
- Helogale hirtula percivali : Coetzee, 1971[1]
- Helogale hirtula tenebrosa : Coetzee, 1971[1]
La mangouste velue (Helogale hirtula), plus connue sous le nom de mangouste naine orientale, est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Originaire de l'Afrique de l'Est et plus particulièrement de la corne de l’Afrique, cette petite mangouste du genre Helogale, a été décrite en 1904 par le zoologiste britannique Oldfield Thomas. Elle se distingue par son pelage grisâtre et hirsute, son mode de vie diurne et grégaire, ainsi que par une écologie proche de celle de son plus proche parent, l'Hélogale mignon. L'espèce est classée comme de préoccupation mineure (LC) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)[2].
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Helogale hirtula Thomas, 1904[3][4] ;
- Nom normalisé anglais : Ethiopian dwarf mongoose ;
- Nom vulgaire recommandé en français : Mangouste velue[2] ;
- Noms vulgaires typiques en français : Mangouste naine orientale ;
- Autres noms vulgaires : Mangouste velue d'Éthiopie ;
- Noms vernaculaires : mangouste velue, mangouste naine orientale.
Étymologies
modifierTaxonomie
modifierL'espèce a été décrite pour la première fois selon les règles du binominalisme en 1904 par le zoologiste britannique Oldfield Thomas, qui l'a placée dans le genre Helogale sous le nom de Helogale hirtula[7]. Cette description a été publiée dans l'article intitulé « On a Collection of Mammals obtained in Somaliland by Major H. N. Dunn, R.A.M.C., with Descriptions of Allied Species from other Localities », paru dans la revue The Annals and Magazine of Natural History[7]. La localité type est située à Gabredarre, dans la zone de Kelafo en Éthiopie[8]. L'holotype est une femelle conservée au Muséum d'histoire naturelle de Londres, enregistrée sous le numéro de catalogue BMNH:Mamm:1904.5.9.8, collectée le 7 mars 1904 par l'officier de l'armée britannique Henry Nason Dunn[9].
Au cours du XXe siècle, plusieurs taxons infra-spécifiques ont été proposés, notamment Helogale hirtula lutescens, Helogale percivali, Helogale hirtula ahlselli, Helogale hirtula annulata, Helogale hirtula powelli et Helogale percivali tenebrosa. Certains auteurs ont ainsi distingué deux ensembles géographiques principaux : la forme nominale, présente en Éthiopie, en Somalie et au Kenya, et la forme percivali, signalée dans l'ouest et le centre du Kenya.
Toutefois, la validité de ces subdivisions reste incertaine en raison du manque de matériel comparatif suffisant et de la faible différenciation morphologique observée entre les populations. L'ouvrage de référence Handbook of the Mammals of the World considère donc actuellement Helogale hirtula comme une espèce monotypique[8], bien que plusieurs sous-espèces historiques aient été reconnues par certains auteurs, notamment H. h. hirtula, H. h. ahlselli, H. h. annulata, H. h. lutescens et H. h. powelli[10].
Phylogénie
modifierPhylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[11], Barycka (2005)[12] et Patou et al. (2009)[13] :
| Mungosinae (Mangues) |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
modifier| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 2 | 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3 | 2 |
| 2 | 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 36 | |||||||
| Dentition de la Mangouste velue. | |||||||
La mangouste velue possède une morphologie proche de celle de l'Hélogale mignon, dont elle est l'un des plus proches parents. Elle mesure entre 18 et 26 cm de longueur tête-corps, tandis que sa queue atteint généralement 12 à 20 cm[14]. Sa masse corporelle varie d'environ 200 à 350 g[14], ce qui en fait l'une des plus petites espèces de la famille des Herpestidés.
Le dimorphisme sexuel est peu marqué, les mâles et les femelles présentant des dimensions et une morphologie comparables[14]. Son pelage, plus long et plus hirsute que celui de l'Hélogale mignon, présente une coloration générale grisâtre et grisonnante, avec des nuances roussâtres ou jaunâtres sur les parties inférieures du corps[14].
La tête est relativement courte et pointue, avec de petites oreilles arrondies[14]. Comme les autres mangoustes, elle possède une dentition adaptée à un régime carnivore opportuniste, comptant 36 dents[14]. Le corps est allongé et bas sur pattes, avec des membres courts terminés par des griffes développées adaptées au fouissage et à la recherche de proies dans la litière ou les sols meubles[14].
Écologie et comportement
modifierRépartition et habitat
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La mangouste velue possède une aire de répartition limitée à la Corne de l'Afrique. Elle est présente dans le sud et le sud-est de l'Éthiopie, le sud de la Somalie et le nord du Kenya[2]. Sa présence a également été signalée à Djibouti, bien que cette mention reste à confirmer, ainsi qu'à Mkomazi en Tanzanie, sur la base d'une observation isolée dont la validité demeure incertaine[2].
L'espèce fréquente principalement les régions de savanes, les zones boisées ouvertes, les broussailles et les maquis de montagne[14]. Elle se rencontre depuis le niveau de la mer jusqu'à environ 1 800 m d'altitude[14], même si elle ne dépasse généralement pas 600 m dans certaines régions d'Éthiopie[2].
En Éthiopie, sa répartition semble associée aux milieux de broussailles, de fourrés et de boisements décidus arbustifs dominés notamment par des végétaux appartenant aux genres Acacia, Commiphora, Grewia, Cordia, Euphorbia et Sterculia[2]. Comme l'Hélogale mignon, elle utilise fréquemment les termitières et les affleurements rocheux comme refuges et sites de repos. Elle peut également fréquenter les zones agricoles et les abords des villages, où elle tolère relativement bien la présence humaine[14][2].
Activité et comportement
modifierLa mangouste velue est une espèce diurne et sociale vivant en groupes familiaux pouvant atteindre une quarantaine d'individus[14]. Les groupes occupent généralement un domaine vital d'environ 0,3 km², qu'ils défendent contre les groupes voisins[14].
La communication entre individus repose sur plusieurs types de signaux. Elle utilise notamment des vocalisations variées, comprenant des sifflements associés aux interactions ludiques, des gazouillis exprimant l'excitation et des cris d'alerte en présence de prédateurs[14]. Elle pratique également le marquage territorial à l'aide de sécrétions issues de ses glandes faciales et anales, ainsi que le toilettage social, qui joue un rôle important dans la cohésion du groupe[14].
L'organisation sociale repose sur une structure familiale hiérarchisée proche de celle observée chez l'Hélogale mignon. Les individus vivent généralement en groupes composés d'un couple reproducteur et de descendants d'âges différents participant collectivement à l'entretien du groupe et à l'élevage des jeunes[14].
Alimentation
modifierLa mangouste velue possède un régime alimentaire essentiellement carnivore et insectivore, mais opportuniste. Elle consomme principalement des insectes et leurs larves, des scorpions, des myriapodes, des araignées, des vers, des limaces et des escargots[14].
Elle capture également des proies plus importantes, notamment des amphibiens, des petits rongeurs, des oiseaux, des œufs et de petits reptiles, tout en consommant occasionnellement des fruits[14]. La recherche alimentaire s'effectue généralement en fouillant la litière végétale, les sols meubles ou les débris accumulés autour des rochers et des termitières[14].
La chasse peut être menée individuellement ou collectivement. Les groupes sont notamment capables de coopérer pour capturer des proies plus volumineuses, comme certains rongeurs, participant ainsi à la régulation locale des populations de petits mammifères[14].
Reproduction et cycle de vie
modifierLa reproduction peut avoir lieu durant une grande partie de l'année, avec une activité accrue entre octobre et mai[14]. Dans des conditions favorables, les femelles peuvent produire plusieurs portées annuelles, parfois entre trois et cinq[14].
La gestation dure de 49 à 56 jours et conduit à la naissance de portées comprenant généralement plusieurs petits, avec une variation allant de un à sept jeunes[14]. Comme chez les autres Hélogales, l'élevage est coopératif : les membres subordonnés du groupe participent aux soins apportés aux jeunes et certaines femelles peuvent également contribuer à leur allaitement[14].
Le sevrage intervient vers l'âge de 45 jours et les jeunes deviennent progressivement indépendants autour de six mois[14]. La maturité sexuelle est atteinte entre deux et trois ans, tandis que l'espérance de vie moyenne dans la nature est estimée à environ huit ans[14].
Menaces et conservation
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La mangouste velue demeure une espèce relativement peu étudiée et les effectifs globaux de ses populations ne font pas l'objet d'estimations précises[2]. Toutefois, elle semble localement commune dans plusieurs secteurs de son aire de répartition et aucune diminution importante de population n'est actuellement connue[2].
L'espèce peut néanmoins être affectée localement par certaines interactions avec les activités humaines. Des cas de prédation occasionnelle sur des volailles domestiques ont notamment été signalés[14]. La chasse pour la consommation de viande, bien que mentionnée dans certaines régions, reste insuffisamment documentée pour permettre d'évaluer son impact réel sur les populations[2].
L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe la mangouste velue comme une espèce de « préoccupation mineure » (LC)[2]. Cette classification repose principalement sur sa répartition relativement étendue dans la Corne de l'Afrique, sur l'absence de menaces majeures identifiées à l'échelle de l'espèce et sur sa présence probable dans plusieurs aires protégées de son territoire[2].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Localité type : environs du lac Rodolphe, Éthiopie ; holotype : immature (sygnature BMNH:Mamm:1906.11.1.19) ; étymologie : du latin lutescens (« légèrement jaunissant »).
- ↑ Localité type : vallée d'Orr, près du mont Nyiro, Kenya ; holotype : adulte (sygnature BMNH:Mamm:1912.7.1.87) ; étymologie : en l'honneur d'Arthur Blayney Percival (1874–1940).
- ↑ Localité type : Ewaso Ngiro, Kenya ; holotype : inconnu ; étymologie : non documentée.
- ↑ Localité type : Afgo, rzeka Webi w pobliżu Mogadiszu, Somalie ; holotype : adulte (sygnature BMNH:Mamm:1911.8.2.11) ; étymologie : du latin anulatus ou annulatus (« muni d'un anneau »).
- ↑ Localité type : Eil Hur, près de Hobyo, Somalie ; holotype : adulte (sygnature BMNH:Mamm:1912.12.28.16) ; étymologie : en l'honneur de H. T. Powell.
- ↑ Localité type : rivière Kerio, Kenya ; holotype : femelle adulte (sygnatura RMCA 5265) ; étymologie : du latin tenebrosus (« sombre, ténébreux »).
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Mangusteczka etiopska » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 UICN, consulté le .
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ (en) T. S. Palmer, « Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals », North American Fauna, t. 23, , p. 315 (lire en ligne)
- ↑ (en) Edmund C. Jaeger, Source-book of biological names and terms, Springfield, Charles C. Thomas, , 119, 275
- 1 2 (en) O. Thomas, « On a Collection of Mammals obtained in Somaliland by Major H. N. Dunn, R.A.M.C., with Descriptions of Allied Species from other Localities », The Annals and Magazine of Natural History, 7e série, t. 14, no 80, , p. 97–98 (lire en ligne)
- 1 2 (en) D. E. Wilson et R. A. Mittermeier, Handbook of the Mammals of the World, t. 1: Carnivores, Barcelona, Lynx Edicions, , 325 p. (ISBN 978-84-96553-49-1)
- ↑ (en) « 1904.5.9.8 », sur Data Portal, Natural History Museum (consulté le )
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
- ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5, , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
- ↑ M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, and T. A. Dewey. The Animal Diversity Web (online). Accessed at https://animaldiversity.org, consulté le .
Annexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Helogale hirtula Thomas, 1904 (consulté le )
- (en) UICN : espèce Helogale hirtula (Thomas, 1904) (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Helogale hirtula Thomas, 1904 (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Helogale hirtula Thomas 1904 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Helogale hirtula Thomas, 1904 (consulté le )
- (en) Animal Diversity Web : Helogale hirtula (consulté le )
- (en) NCBI : Helogale hirtula (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Helogale hirtula (consulté le )