Mangouste à cou rayé

espèce de mammifères
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Urva vitticollis

Urva vitticollis
Description de cette image, également commentée ci-après
Une mangouste à cou rayé adulte dans le parc national de Nagarhole.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Urva

Espèce

Urva vitticollis
(Bennett, 1835)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 2026-07-25

Répartition géographique

Description de l'image Stripe-necked Mongoose area.png.

Synonymes

La Mangouste à cou rayé (Urva vitticollis) est une espèce de mammifères carnivores, de la famille des Herpestidés (sous-famille des Herpestinés). Cette urva originaire du sud de l'Inde et du Sri Lanka, doit son nom aux bandes sombres bien visibles qui parcourent les côtés de son cou.

Caractérisée par un pelage brun rouille à gris tiqueté et un corps robuste, c'est une espèce principalement diurne et solitaire au régime alimentaire diversifié, incluant de petits animaux, des œufs et des végétaux. Bien que son aire de répartition dans les forêts et zones broussailleuses soit relativement restreinte, elle demeure commune et s'adapte à divers types d'habitats, ce qui lui vaut d'être classée comme espèce de préoccupation mineure (LC) par l'UICN.

Dénominations

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Taxonomie

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Illustration de Mangusta Vitticollis dans Madras Journal of Literature and Science, 1839.

La première description scientifique de la mangouste à cou rayé est réalisée en 1835 par le zoologiste britannique Edward Turner Bennett dans les Proceedings of the Zoological Society of London, sous le protonyme d’ Herpestes vitticollis [4]. Bennett caractérise succinctement l'espèce par ses traits distinctifs, évoquant un animal au pelage gris ou roux, doté d'une queue rouge à la base et largement noire à l'extrémité, ainsi que de bandes noires caractéristiques s'étendant de l'oreille à l'épaule [4].

Deux sous espèces étaient distinguée par Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[5] :

Au cours des années 2000, les études phylogénétiques moléculaires ont montré que le genre Herpestes tel qu'il était défini était polyphylétique ; les mangoustes asiatiques ont ainsi été réhabilitées dans le genre Urva[7][8]. La mangouste à cou rayé n’a plus de sous-espèces valide selon ITIS ()[9].

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[10], Barycka (2005)[11] et Patou et al. (2009)[12] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[12] (Xénogale)



Genre Urva (Urvas)



Urva brachyura (Mangouste à longue queue)



Urva semitorquata (Mangouste à collier)




Urva urva (Urva)






Urva smithii (Mangouste de Smith)



Urva vitticollis (Mangouste à cou rayé)





Urva fusca (Mangouste brune)




Urva edwardsii (Mangouste d’Edwards)




Urva javanica (Mangouste de Java)



Urva auropunctata (Mangouste à points dorés)










Description

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 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 4 1 3 3 1 4 2
2 4 1 3 3 1 4 2
mâchoire inférieure
Total : 40
Dentition de la mangouste à cou rayé.

La mangouste à cou rayé possède un corps robuste, des pattes courtes et des poils de couverture longs, caractéristiques, de couleur rousse entrecoupée de gris. Une bande noire traverse latéralement les deux côtés de son cou [13],[6].

Sa queue, courte, est principalement noire, mais grise à la base. Les adultes mesurent environ 46 à 50 cm de longeur tête-corps, pour une queue d’environ 30 à 32 cm[6],[13].

Les spécimens du continent indien sont en moyenne un peu plus grands que ceux du Sri Lanka : sur le continent, les mâles peuvent peser jusqu’à 3,4 kg et les femelles jusqu’à 2,7 kg, tandis qu’au Sri Lanka, les poids maximaux enregistrés sont de 3,1 kg pour les mâles et de 1,7 kg pour les femelles[6],[13].

La tête présente une teinte allant du gris fer au brun roussâtre. La partie antérieure est rousse-jaunâtre et tachetée de brun, tandis que la partie postérieure tire davantage sur un roux rubigineux[6]. La face inférieure est globalement jaunâtre, les pattes sont brun rouille et l’extrémité de la queue est noire[6]. Sa denture compte 40 dents[6].

Répartition et habitat

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La mangouste à cou rayé possède une aire de répartition relativement restreinte, couvrant le sud-ouest de l’Inde, notamment les Ghâts occidentaux, ainsi que le Sri Lanka[14][6]. En 1911, un spécimen a également été observé dans le sud de l’Andhra Pradesh[15].

L’espèce fréquente les forêts sempervirentes et décidues, les zones marécageuses, les abords des cours d’eau ainsi que les plantations et les zones de broussailles[14][6]. Au Sri Lanka, elle colonise également les forêts sèches de basse altitude[6]. Elle se rencontre exceptionnellement à proximité des habitations ou dans les paysages intensément cultivés, mais sa présence a été relevée en montagne jusqu’à 2 133 m d’altitude (voire 2 200 m selon l’UICN)[14][6].

Bien que son aire de répartition soit limitée, l’espèce demeure assez commune et ses effectifs sont présumés importants, évoluant en outre au sein de plusieurs aires protégées[14][6]. Elle est de ce fait classée comme espèce de préoccupation mineure sur la liste rouge de l’UICN[14].

En Inde, elle est plus rare dans les secteurs nord de son aire que dans le sud, se révélant particulièrement fréquente au Kerala, sur les plateaux des Nilgiri et des Palani, ainsi que dans les massifs des Meghamalai et des Annamalai[6]. Au Sri Lanka, elle reste commune dans les régions montagneuses et collinaires, tout comme dans le sud, près du fleuve Menik Ganga, district de Moneragala, et dans le district de Kalutara[6]. Toutefois, les populations locales, en particulier sur l’île srilankaise, subissent un déclin en raison de la destruction de leurs habitats ainsi que de la chasse directe menée pour l’obtention de leur fourrure et de leur viande[6].

Écologie et comportement

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Une mangouste à cou rayé dans le parc national de Nagarhole, dans le sud de l'Inde.

L'écologie et le mode de vie de la mangouste à cou rayé restent globalement mal connus[6]. Diurne et généralement solitaire, elle s'observe parfois en couples[6]. Elle évite généralement les habitations humaines et fréquente habituellement les habitats riverains ou les environs de réservoirs abandonnés. Au Sri Lanka, elle n'est observée que rarement au sein des aires protégées telles que les parcs nationaux et les réserves, bien que des populations soient couramment observées à plus de 2 000 m d'altitude.

Son régime alimentaire est varié : elle se nourrit de grenouilles, de crabes, de chevrotains (comme le cerf souris), de lièvres à nuque noire, de petits mammifères (rongeurs), d'oiseaux et de volailles, d'œufs, de reptiles, d'insectes et d'éléments végétaux comme des racines [14][6]. Sa fréquentation des milieux aquatiques suggère qu'elle chasse également des poissons et des crustacés[6]. Elle se nourrit en outre de charognes de grands animaux, ayant notamment été aperçue en train de consommer des cerfs sambars[6].

Ses mœurs de reproduction restent peu documentées, mais des petits ont été observés à la mi-mai[13]. La mise bas semble donner naissance à une portée de deux à trois petits généralement dissimulés dans des abris naturels tels que des fentes de rochers[6]. Une durée de vie en captivité de près de 13 ans a également été relevée [14].

Menaces et conservation

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La mangouste à cou rayé est évaluée comme une espèce de préoccupation mineure (LC) par l'UICN [14]. L'espèce ne s'approche d'aucun des seuils requis pour une quasi-menace, car malgré une distribution restreinte et une taille de population globale inconnue, sa tolérance manifeste envers les habitats modifiés et sa présence fréquente dans les zones anthropisées écartent l'hypothèse d'un déclin prononcé [14].

Menaces

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À l'échelle locale, l'espèce subit une pression de chasse pour sa viande (consommée par plusieurs tribus) et pour ses poils, utilisés pour la fabrication de pinceaux, de brosses à raser et d'amulettes [14]. Elle est également régulièrement tuée par des chiens de chasse ou en représailles à des incursions dans des poulaillers, et fait l'objet d'un commerce domestique [14]. Toutefois, la fréquence de ses observations à proximité des agglomérations indique que ces activités cynégétiques ne menacent pas globalement sa survie [14]. La destruction et la fragmentation de son habitat constituent également des menaces potentielles, bien que le taux de déforestation soit aujourd'hui faible dans son aire de répartition [14].

Conservation

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En Inde, la mangouste à cou rayé est inscrite à l'annexe IV de l'Indian Wild Life (Protection) Act de 1972 et sa population est placée à l'annexe III de la CITES [14]. L'espèce est en outre présente dans de nombreuses aires protégées réparties en Inde et au Sri Lanka [14][6].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. ↑ Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, consulté le .
  3. ↑ Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, vol. 2, Paris, L. Curmer, , p. 49
  4. 1 2 Bennett 1835, p. 67.
  5. ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 (en) Gilchist J. S., Jennings A. P., Veron G. et Cavallini P., Handbook of the Mammals of the World, vol. 1: Carnivores, Lynx Edicions, , 312 p. (ISBN 978-84-96553-49-1), « Family Herpestidae (Mongooses) »
  7. ↑ Patou 2009, p. 69-80.
  8. ↑ (en) Y. Zhou, S.-R. Wang et J.-Z. Ma, « Comprehensive species set revealing the phylogeny and biogeography of Feliformia (Mammalia, Carnivora) based on mitochondrial DNA », PLOS ONE, vol. 12, no 3,‎ , e0174902 (DOI 10.1371/journal.pone.0174902)
  9. ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  10. ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  11. ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5,‎ , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  12. 1 2 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  13. 1 2 3 4 (en) Yapa A. et Ratnavira G., Mammals of Sri Lanka, Colombo, Field Ornithology Group of Sri Lanka, (ISBN 978-955-8576-32-8), p. 1012
  14. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 UICN, consulté le .
  15. ↑ (en) P. R. Allen, « Mungooses in the Eastern Ghats », The Journal of the Bombay Natural History Society, vol. 21, no 1,‎ , p. 237–238 (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) M.-L. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69–80 (DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038)

Liens externes

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