Mangouste à cou rayé
Urva vitticollis
Statut CITES
Répartition géographique
- Herpestes vitticollis E. T. Bennett, 1835 (Protonyme) [1]
- Mungos? vitticollis W. Ogilby, 1835 [1]
- Crossarchus rubiginosus J. A. Wagner, 1841 [1]
- Viverra (Mangusta) vitticollis de Blainville, 1842 [1]
- Mangusta vitticollis E. L. Layard, 1851 [1]
- Tæniogale vitticollis J. E. Gray, 1865 [1]
- Herpestes vitticollis inornatus Pocock, 1941 [1]
- Herpestes vitticollis vitticollis Ellerman & Morrison-Scott, 1951 [1]
- Urva vitticolla Patou, McLenachan, Morley, Couloux, A. P. Jennings, & Veron, 2009 [1]
- Urva vitticollis Mammal Diversity Database, 2024 [1]
La Mangouste à cou rayé (Urva vitticollis) est une espèce de mammifères carnivores, de la famille des Herpestidés (sous-famille des Herpestinés). Cette urva originaire du sud de l'Inde et du Sri Lanka, doit son nom aux bandes sombres bien visibles qui parcourent les côtés de son cou.
Caractérisée par un pelage brun rouille à gris tiqueté et un corps robuste, c'est une espèce principalement diurne et solitaire au régime alimentaire diversifié, incluant de petits animaux, des œufs et des végétaux. Bien que son aire de répartition dans les forêts et zones broussailleuses soit relativement restreinte, elle demeure commune et s'adapte à divers types d'habitats, ce qui lui vaut d'être classée comme espèce de préoccupation mineure (LC) par l'UICN.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Urva vitticollis (Bennett, 1835) selon Mammal Diversity Database ()[1] ;
- Nom normalisé anglais : Stripe-necked mongoose ;
- Nom vulgaire typique et recommandé en français : Mangouste à cou rayé[2] ;
- Noms vernaculaires : Urva[3], Mangouste.
Taxonomie
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La première description scientifique de la mangouste à cou rayé est réalisée en 1835 par le zoologiste britannique Edward Turner Bennett dans les Proceedings of the Zoological Society of London, sous le protonyme d’ Herpestes vitticollis [4]. Bennett caractérise succinctement l'espèce par ses traits distinctifs, évoquant un animal au pelage gris ou roux, doté d'une queue rouge à la base et largement noire à l'extrémité, ainsi que de bandes noires caractéristiques s'étendant de l'oreille à l'épaule [4].
Deux sous espèces étaient distinguée par Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[5] :
- Herpestes vitticollis vitticollis (Bennett, 1835), présente dans les provinces des Ghâts occidentaux, de Coorg, du Kerala, ainsi que dans le sud-ouest de l'Inde et au Sri Lanka[6] ;
- Herpestes vitticollis inornata (Pocock, 1941), trouvée dans la province de Kanara et l'ouest de l'Inde (Karnataka)[6].
Au cours des années 2000, les études phylogénétiques moléculaires ont montré que le genre Herpestes tel qu'il était défini était polyphylétique ; les mangoustes asiatiques ont ainsi été réhabilitées dans le genre Urva[7][8]. La mangouste à cou rayé n’a plus de sous-espèces valide selon ITIS ()[9].
Phylogénie
modifierPhylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[10], Barycka (2005)[11] et Patou et al. (2009)[12] :
| Herpestinae (Herpestinés) |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
modifier| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 40 | |||||||
| Dentition de la mangouste à cou rayé. | |||||||
La mangouste à cou rayé possède un corps robuste, des pattes courtes et des poils de couverture longs, caractéristiques, de couleur rousse entrecoupée de gris. Une bande noire traverse latéralement les deux côtés de son cou [13],[6].
Sa queue, courte, est principalement noire, mais grise à la base. Les adultes mesurent environ 46 à 50 cm de longeur tête-corps, pour une queue d’environ 30 à 32 cm[6],[13].
Les spécimens du continent indien sont en moyenne un peu plus grands que ceux du Sri Lanka : sur le continent, les mâles peuvent peser jusqu’à 3,4 kg et les femelles jusqu’à 2,7 kg, tandis qu’au Sri Lanka, les poids maximaux enregistrés sont de 3,1 kg pour les mâles et de 1,7 kg pour les femelles[6],[13].
La tête présente une teinte allant du gris fer au brun roussâtre. La partie antérieure est rousse-jaunâtre et tachetée de brun, tandis que la partie postérieure tire davantage sur un roux rubigineux[6]. La face inférieure est globalement jaunâtre, les pattes sont brun rouille et l’extrémité de la queue est noire[6]. Sa denture compte 40 dents[6].
Répartition et habitat
modifierLa mangouste à cou rayé possède une aire de répartition relativement restreinte, couvrant le sud-ouest de l’Inde, notamment les Ghâts occidentaux, ainsi que le Sri Lanka[14][6]. En 1911, un spécimen a également été observé dans le sud de l’Andhra Pradesh[15].
L’espèce fréquente les forêts sempervirentes et décidues, les zones marécageuses, les abords des cours d’eau ainsi que les plantations et les zones de broussailles[14][6]. Au Sri Lanka, elle colonise également les forêts sèches de basse altitude[6]. Elle se rencontre exceptionnellement à proximité des habitations ou dans les paysages intensément cultivés, mais sa présence a été relevée en montagne jusqu’à 2 133 m d’altitude (voire 2 200 m selon l’UICN)[14][6].
Bien que son aire de répartition soit limitée, l’espèce demeure assez commune et ses effectifs sont présumés importants, évoluant en outre au sein de plusieurs aires protégées[14][6]. Elle est de ce fait classée comme espèce de préoccupation mineure sur la liste rouge de l’UICN[14].
En Inde, elle est plus rare dans les secteurs nord de son aire que dans le sud, se révélant particulièrement fréquente au Kerala, sur les plateaux des Nilgiri et des Palani, ainsi que dans les massifs des Meghamalai et des Annamalai[6]. Au Sri Lanka, elle reste commune dans les régions montagneuses et collinaires, tout comme dans le sud, près du fleuve Menik Ganga, district de Moneragala, et dans le district de Kalutara[6]. Toutefois, les populations locales, en particulier sur l’île srilankaise, subissent un déclin en raison de la destruction de leurs habitats ainsi que de la chasse directe menée pour l’obtention de leur fourrure et de leur viande[6].
Écologie et comportement
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L'écologie et le mode de vie de la mangouste à cou rayé restent globalement mal connus[6]. Diurne et généralement solitaire, elle s'observe parfois en couples[6]. Elle évite généralement les habitations humaines et fréquente habituellement les habitats riverains ou les environs de réservoirs abandonnés. Au Sri Lanka, elle n'est observée que rarement au sein des aires protégées telles que les parcs nationaux et les réserves, bien que des populations soient couramment observées à plus de 2 000 m d'altitude.
Son régime alimentaire est varié : elle se nourrit de grenouilles, de crabes, de chevrotains (comme le cerf souris), de lièvres à nuque noire, de petits mammifères (rongeurs), d'oiseaux et de volailles, d'œufs, de reptiles, d'insectes et d'éléments végétaux comme des racines [14][6]. Sa fréquentation des milieux aquatiques suggère qu'elle chasse également des poissons et des crustacés[6]. Elle se nourrit en outre de charognes de grands animaux, ayant notamment été aperçue en train de consommer des cerfs sambars[6].
Ses mœurs de reproduction restent peu documentées, mais des petits ont été observés à la mi-mai[13]. La mise bas semble donner naissance à une portée de deux à trois petits généralement dissimulés dans des abris naturels tels que des fentes de rochers[6]. Une durée de vie en captivité de près de 13 ans a également été relevée [14].
Menaces et conservation
modifierLa mangouste à cou rayé est évaluée comme une espèce de préoccupation mineure (LC) par l'UICN [14]. L'espèce ne s'approche d'aucun des seuils requis pour une quasi-menace, car malgré une distribution restreinte et une taille de population globale inconnue, sa tolérance manifeste envers les habitats modifiés et sa présence fréquente dans les zones anthropisées écartent l'hypothèse d'un déclin prononcé [14].
Menaces
modifierÀ l'échelle locale, l'espèce subit une pression de chasse pour sa viande (consommée par plusieurs tribus) et pour ses poils, utilisés pour la fabrication de pinceaux, de brosses à raser et d'amulettes [14]. Elle est également régulièrement tuée par des chiens de chasse ou en représailles à des incursions dans des poulaillers, et fait l'objet d'un commerce domestique [14]. Toutefois, la fréquence de ses observations à proximité des agglomérations indique que ces activités cynégétiques ne menacent pas globalement sa survie [14]. La destruction et la fragmentation de son habitat constituent également des menaces potentielles, bien que le taux de déforestation soit aujourd'hui faible dans son aire de répartition [14].
Conservation
modifierNotes et références
modifier- (en)/(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Stripe-necked mongoose » (voir la liste des auteurs) et en allemand « Halsstreifenmanguste » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, consulté le .
- ↑ Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, vol. 2, Paris, L. Curmer, , p. 49
- 1 2 Bennett 1835, p. 67.
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 (en) Gilchist J. S., Jennings A. P., Veron G. et Cavallini P., Handbook of the Mammals of the World, vol. 1: Carnivores, Lynx Edicions, , 312 p. (ISBN 978-84-96553-49-1), « Family Herpestidae (Mongooses) »
- ↑ Patou 2009, p. 69-80.
- ↑ (en) Y. Zhou, S.-R. Wang et J.-Z. Ma, « Comprehensive species set revealing the phylogeny and biogeography of Feliformia (Mammalia, Carnivora) based on mitochondrial DNA », PLOS ONE, vol. 12, no 3, , e0174902 (DOI 10.1371/journal.pone.0174902)
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
- ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5, , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
- 1 2 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne
) - 1 2 3 4
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 UICN, consulté le .
- ↑ (en) P. R. Allen, « Mungooses in the Eastern Ghats », The Journal of the Bombay Natural History Society, vol. 21, no 1, , p. 237–238 (lire en ligne)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) M.-L. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69–80 (DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038)
Liens externes
modifier- Ressources relatives au vivant :
- Animal Diversity Web
- ARKive
- Paleobiology Database/ex FW
- Global Biodiversity Information Facility <2026
- iNaturalist
- Interim Register of Marine and Nonmarine Genera
- Mammal Species of the World
- Paleobiology Database
- Species+
- Système d'information taxonomique intégré
- Union internationale pour la conservation de la nature
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Urva vitticolla (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Herpestes vitticollis (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Urva vitticollis (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Urva vitticollis (Bennett, 1835) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Urva vitticollis (Bennett, 1835) (consulté le )
- (en) CITES : Herpestes vitticollis (Bennett, 1835) (+ répartition sur Species+) (consulté le )