Bdeogale nigripes

espèce de mammifères

Bdéogale nigripède, Bdéogale à pieds noirs

Bdeogale nigripes
Description de cette image, également commentée ci-après
Holotype de bdéogale nigripède naturalisé au Muséum national d'histoire naturelle de Paris.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Bdeogale
Sous-genre Galeriscus

Espèce

Bdeogale nigripes
(Pucheran, 1855)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Bdeogale nigripes, le Bdéogale nigripède ou Bdéogale à pieds noirs, plus connu sous le nom de Mangouste à pattes noires, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés.

Décrit pour la première fois en 1855 par le zoologiste français Jacques Pucheran, ce Galériscus se caractérise par un pelage gris-brunâtre, des canines robustes et des pattes distinctement noires. Il possède un mode de vie essentiellement solitaire et nocturne, se nourrissant principalement d'insectes et de petits vertébrés dans les forêts tropicales d'Afrique centrale. Bien qu'il subisse localement des pressions anthropiques liées à la déforestation et à la chasse, il est classée comme de « préoccupation mineure » par l'UICN en raison de sa vaste aire de répartition et de sa présence dans plusieurs aires protégées.

Dénominations

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Taxinomie

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La première description scientifique de l’espèce a été publiée en 1855 par le zoologiste français Jacques Pucheran dans la revue Revue et Magasin de zoologie pure et appliquée[7]. Dans cette note intitulée « Mélanges et nouvelles », Pucheran y dresse la diagnose originale de l'espèce à partir d'un spécimen envoyé du Gabon au Muséum d'histoire naturelle de Paris par l'explorateur Charles Eugène Aubry-Lecomte : « Bdeogale nigripes. Major; corpore albescente; caudà candidissima; artubus nigris.
Du Gabon : envoyé au Muséum de Paris par M. Aubry-Lecomte »[7].

La validité du statut générique et spécifique du nigripède, originellement décrit par Jacques Pucheran, a initialement été contestée par certains auteurs et assimilée à l’Ichneumie à queue blanche en raison de grandes similarités dans la coloration du pelage et d'un manque de matériaux d'étude suffisants. Toutefois, une analyse approfondie a été apportée par la suite grâce aux travaux d’Eugène de Pousargues en 1897, basés sur l'examen d'un spécimen femelle adulte rapporté du Congo français par le R. P. Buléon [8]. Cette étude a permis de confirmer de manière indéniable la tétradactylie de l'espèce et de lever les doutes sur son appartenance au genre des bdéogales (Bdeogale), confirmant ainsi la distinction morphologique de son crâne et de sa dentition par rapport aux autres herpestidés [8].

Cette publication n’a cependant pas empêché Glover Morrill Allen de classer l’espèce dans le genre synonyme Galeriscus en 1939[9]. Finalement ITIS ()[10] décidé de la classer dans le groupe des Galériscus, mais en tant que sous-genre des Bdéogales avec le Galériscus de Jackson. Aucune sous-espèce n’a jamais été décrite si ce n’est l’espèce nominale [2], le taxon est donc monotypique selon ITIS ()[10].

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[11], Barycka (2005)[12] et Patou et al. (2009)[13] :

Herpestinae
(Herpestinés)



Genre Bdeogale (Bdéogales)
Sous-genre Galeriscus
(Galériscus)

Bdeogale jacksoni (Galériscus de Jackson)



Bdeogale nigripes (Bdéogale nigripède)



Sous-genre Bdeogale
(Bdéogales proprement dits)

Bdeogale crassicauda (Bdéogale à queue épaisse)



Bdeogale omnivora (Mangouste de Sokoke)





Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[13] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)





Description

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 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 4 1 3 3 1 4 2
2 4 1 3 3 1 4 2
mâchoire inférieure
Total : 40
Dentition du Bdéogale à pieds noirs.
Illustration du crâne du Bdéogale nigripède dans Sur la validité générique et spécifique du Bdeogale nigripes (Puch.), 1897.

Le Bdéogale à pattes noires possède un corps allongé mesurant de 37,5 à 60 cm de long, complété par une queue de 17,5 à 37,5 cm [14]. Les adultes mesurent entre 15 et 17,5 cm de hauteur aux épaules et pèsent généralement entre 900 g et 3 kg [14]. La fourrure supérieure est longue et rêche, doublée d'un sous-poil doux et dense, avec des poils individuels généralement bandés de blanc à la base et de brun foncé à l'extrémité, donnant une teinte globale gris-brunâtre accompagnée de pattes noires [14]. Avec une longueur tête-tronc de 55 à 65 cm, un poids d'environ 2 à 3,5 kg et un pelage globalement plus clair, l'espèce se positionne comme la plus grande de son genre[15]. Ses canines supérieures sont particulièrement longues et robustes[15]. L'animal dispose de quatre doigts avec de petites palmures dotés de griffes non rétractiles, ainsi que de glandes anales [14]. Sa formule dentaire comporte de 36 à 40 dents [14].

Écologie et comportement

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Répartition et habitat

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Carte de répartition.

L'espèce est principalement présente dans les forêts tropicales d'Afrique centrale, s'étendant de la rivière Cross à l'ouest jusqu'au Cameroun et à la République centrafricaine, et vers le sud jusqu'à la Guinée équatoriale, au Gabon, à la République du Congo et en République démocratique du Congo, au nord du fleuve Congo et à l'est jusqu'à la vallée du Rift [16]. Des mentions ont également été relevées à l'ouest de la rivière Cross et l'espèce s'élève jusqu'à 1 000 m d'altitude [16]. Elle fréquente les broussailles denses des forêts décidues hautes et profondes et évite généralement les forêts perturbées, bien qu'elle ait été observée à travers la plupart des types d'habitats au Gabon [16].

Activité

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Le Bdéogale à pattes noires mène une vie nocturne et principalement terrestre [14]. Bien qu'il soit fréquemment aperçu en couple, les adultes affichent généralement des mœurs solitaires à l'état sauvage, tout en tolérant la captivité en groupe sans hostilité apparente [14]. Ses canaux de perception reposent sur le tact et la chimie [14].

Alimentation

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Essentiellement insectivore, il se nourrit de termites, de fourmis et de coléoptères, tout en consommant également des serpents, de petits mammifères, des charognes et des amphibiens en captivité [14]. Bien que sa structure maxillo-dentaire suggère des capacités de broyage, elle ne présente aucune spécialisation myrmécophage stricte [14]. Au Nigeria, un régime à base de vertébrés, principalement des mammifères suivis par des reptiles et des oiseaux, a également été documenté, aux côtés d'invertébrés comme des insectes et des mille-pattes [14].

Reproduction et cycle de vie

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La période de reproduction coïncide avec la saison sèche en Afrique de l'Ouest, donnant naissance à un unique petit par portée entre novembre et janvier [14]. Les jeunes naissent généralement aveugles et altriciels, soignés par la mère dans un terrier ou un nid jusqu'à ce qu'ils puissent se déplacer avec elle [14]. En captivité, la longévité de l'espèce peut atteindre 15 ans [14].

Le Bdéogale nigripède et l’Homme

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L'espèce est évaluée comme de « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN, en raison d'une large distribution dans des habitats relativement préservés, bien qu'elle subisse des pressions locales liées à la déforestation, à l'exploitation minière, à la fragmentation des habitats par l'agriculture sur brûlis et à la chasse pour la viande de brousse [16]. Considéré comme rare ou très rare par plusieurs auteurs, bien que plus fréquent dans l'est et le sud de son aire de répartition, il fait notamment l'objet de captures par les Pygmées Bambuti à l'aide de chiens dans la forêt d'Ituri en RDC [16]. Il bénéficie d'une présence recensée au sein de plusieurs aires protégées, telles que la réserve de Dzanga-Sangha en République centrafricaine et la Réserve de faune à okapis en République démocratique du Congo [16].

Notes et références

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Références

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  1. ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. 1 2 3 4 5 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  3. ↑ Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 333
  4. ↑ Muséum national d'histoire naturelle, « Archives du Muséum d'histoire naturelle », Archives du Muséum d'histoire naturelle, vol. 10,‎ 1854-1855, p. 130 (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ UICN, consulté le .
  6. ↑ Encyclopédie des sciences, Grande Encyclopédie Alpha Des Sciences Et Des Techniques, vol. 21, Grange Batelière, Éditions Atlas, Paris - Éditions Kister, Genève - Éditions Érasme, Bruxelles-Anvers, , 389 p. (lire en ligne), p. 223
  7. 1 2 Pucheran 1855, p. 111.
  8. 1 2 de Pousargues 1897, p. 201-205.
  9. ↑ Allen 1939, p. 217.
  10. 1 2 Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  11. ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  12. ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5,‎ , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  13. 1 2 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  14. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, and T. A. Dewey. The Animal Diversity Web (online). Accessed at https://animaldiversity.org, consulté le .
  15. 1 2
  16. 1 2 3 4 5 6 UICN, consulté le .

Bibliographie

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Voir aussi

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Liens externes

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