Bataille d'Anéfis (2026)

La bataille d'Anéfis se déroule du au , pendant la guerre du Mali. Elle oppose les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et les rebelles indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA) aux Forces armées maliennes et aux paramilitaires russes de l'Africa Corps.

Bataille d'Anéfis
Informations générales
Date -
Lieu Anéfis (Mali)
Issue Victoire russo-malienne
Belligérants
Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans
FLA
Forces en présence
Drapeau du Mali
Inconnues initialement
100 hommes en renfort[1]

Drapeau de la Russie
Inconnues initialement
200 hommes en renfort[1]

Inconnues
Pertes
Drapeau du Mali Drapeau de la Russie
Inconnues
1 hélicoptère Mi-24 détruit[2]

Inconnues

Guerre du Mali

Batailles

Coordonnées 18° 02′ 38″ nord, 0° 36′ 11″ est
Géolocalisation sur la carte : Mali
(Voir situation sur carte : Mali)
Bataille d'Anéfis
Géolocalisation sur la carte : Afrique
(Voir situation sur carte : Afrique)
Bataille d'Anéfis
Géolocalisation sur la carte : Monde
(Voir situation sur carte : Monde)
Bataille d'Anéfis

Le premier jour, les rebelles prennent la ville d'Anéfis, située entre Gao et Kidal, tandis le GSIM mène plusieurs attaques de diversion dans le centre et le sud du pays.

Cependant, les forces russo-maliennes tiennent toujours le camp militaire d'Anéfis et deux vagues de renforts partent de Gao. Le , un premier convoi est repoussé à Tabrichat, près de Tarkint, mais un second réussit à briser le blocus et à reprendre Anéfis le .

Prélude

modifier

Après l'offensive d'avril 2026, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et le Front de libération de l'Azawad tiennent les villes de Kidal et de Tessalit, tandis que l'armée malienne et l'Africa Corps contrôlent Anéfis et Aguel'hoc[3]. En mai, l'aviation malienne mène plusieurs frappes aériennes sur la ville de Kidal, mais celles-ci s'interrompent au début du mois de juin[3]. Les forces russes et maliennes effectuent également plusieurs sorties contre des campements touaregs[3]. Le 7 juin, à Intanherte, à 20 kilomètres à l'est d'Aguel'hoc, ils abattent plus de 80 chèvres, vaches et ânes, et incendient plusieurs habitations[3]. Le 17 juin, à Atchou, à 40 kilomètres au sud-ouest d'Aguel'hoc, ils enlèvent un berger, massacrent 200 moutons et en blessent une centaine d'autres[3].

De leur côté, les rebelles du FLA effectuent le 15 juin des tirs de drones kamikazes contre le camp militaire d'Anéfis[3]. La station-relais des drones de l'armée malienne est touchée[3].

Déroulement

modifier

Le , les djihadistes du GSIM et les indépendantistes du FLA lancent une nouvelle série d'attaques coordonnées contre plusieurs villes du Mali[4],[5],[6],[7],[8].

Dans le centre du pays, la ville de Konna et la caserne de Sofara, près de Sévaré, sont attaquées[5]. Des tirs sont également signalés à Gao[4]. Au sud, la prison de Kéniéroba, à 60 kilomètres au sud de Bamako, est la cible d'un raid[4],[6]. Au nord, dans la région de Kidal, la ville d'Aguel'hoc, toujours contrôlée par les Maliens et les Russes[4], est bombardée[5].

Mais le véritable objectif des rebelles est la prise de la ville d'Anéfis, située au sud de Kidal[7],[5],[8]. Celle-ci est conquise après deux heures de combats[5],[9]. Plusieurs soldats maliens sont faits prisonniers[10]. Les Maliens et les Russes tiennent cependant toujours le camp militaire[4],[10].

Le lendemain, les combats reprennent à Anéfis[10]. L'armée malienne fait sortir de Gao un convoi d'une quarantaine de véhicules pour venir en aide aux assiégés, mais celui-ci tombe dans une embuscade à Tabrichat, à une trentaine de kilomètres au nord de Tarkint, et est contraint de battre en retraite[10],[11]. Le FLA revendique la capture de sept véhicules[11]. Cinq à huit autres sont détruits[12]. Un hélicoptère Mi-24 russe est également abattu lors de l'affrontement[2],[10],[11]. Quatre autres hélicoptères tentent d'atterrir à Anéfis, mais les tirs des rebelles les contraignent à battre en retraite[11]. Aucun autre combat n'est signalé dans le centre du pays[10].

Le , le GSIM et le FLA poursuivent leurs attaques contre le camp d'Anéfis, notamment avec des tirs d'artillerie et des drones kamikazes[11]. L'armée malienne effectue quant à elle des frappes aériennes avec des chasseurs Soukhoï et des drones[11]. Le Niger fournit également un soutien aérien lors des combats[1].

La nuit du au , un nouveau convoi malien, fort d'environ 200 Russes de l'Africa Corps et de 100 militaires maliens avec 60 véhicules, sort de Gao pour faire mouvement sur Anéfis[13],[1]. Des miliciens touaregs loyalistes du GATIA et du MSA participent également aux opérations[14],[15].

Le , des soldats maliens sortent du camp d'Anéfis et reprennent pied à l'intérieur de la ville, où ils se filment en brandissant le drapeau du Mali[16]. Les images sont ensuite diffusées par l'Africa corps[16]. Le FLA déclare quant à lui s'être retiré pour concentrer ses forces sur le convoi[16].

Le matin du , le convoi est attaqué par le FLA et le GSIM à Tin Araban, à une dizaine de kilomètres de Tabankort et à une centaine de kilomètres d'Anéfis[16],[1],[17]. Les affrontements durent plusieurs heures[1], mais les forces russo-maliennes parviennent à prendre l'avantage grâce à leurs drones et à leur aviation[14]. Dans la soirée, elles atteignent la ville d'Anéfis et en reprennent le contrôle[18],[14].

Le bilan global des combats n'est pas connu. Pour le journal Libération : « à coup sûr, les deux camps minimisent leurs pertes »[15].

À Sévaré, l'armée malienne revendique la mort de 20 terroristes circulant à motos[4]. À Gao, le bilan serait d'un soldat tué et quatre blessés contre six terroristes « neutralisés » selon l'armée malienne[4].

Le , l'armée malienne revendique un bilan de 200 « terroristes » neutralisés à Anéfis, ainsi que cinq véhicules blindes, 20 pick-ups et 100 motos détruites[19]. Une source sécuritaire malienne donne également au journal Libération un bilan de près de 100 combattants rebelles neutralisés et 40 pick-up détruits lors des combats à Tabankort le 9 juillet[15].

Le soir du , le général Élisée Jean Dao, chef d'état-major général des armées maliennes, annonce un bilan d'une trentaine de militaires maliens tués et d'un soixantaine d'autres blessés à l'issue des opérations menées entre le 4 et le 9 juillet[20],[21]. Il affirme également que les pertes des « terroristes » sont de plus 1 000 hommes « neutralisés », ainsi que 14 véhicules blindés, 24 véhicules équipés d'armes lourdes, une trentaine de véhicules tactiques et environ 300 motos[21].

L'Africa Corps déclare quant à elle que 5 000 « terroristes » auraient participé à l'attaque avec un millier de véhicules et que 2 000 d'entre eux ont été tués au cours des combats dans la région d'Anéfis[21]. Le groupe paramilitaire russe revendique également la mort de Mbareck Ag Akli, « chef d’état-major et premier adjoint du chef du FLA », mais celui-ci dément l'information[22].

Le FLA ne donne pas de bilan mais affirme avoir infligé aux soldats maliens et aux paramilitaires russes « les plus lourdes pertes matérielles et humaines de leur histoire dans la région »[20]. Le groupe reconnait également avoir « perdu quelques-uns de ses meilleurs fils »[15].

Vidéographie

modifier

Liens externes

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 Mali : un convoi transportant des combattants russes attaqué, selon plusieurs sources, Reuters, 9 juillet 2026.
  2. 1 2 [vidéo] Laureline Savoye, Elie-Sara Couttet et Cellule Enquête vidéo, Mali : la nouvelle offensive des djihadistes et des indépendantistes en images, Le Monde, 7 juillet 2026.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 David Baché, Mali: frémissements opérationnels dans la région de Kidal, RFI, 18 juin 2026.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 Serge Daniel, Mali: des localités dans le nord et une prison dans le sud visées par des attaques coordonnées, RFI, 4 juillet 2026.
  5. 1 2 3 4 5 Attaques coordonnées au Mali : Gao, Anéfis, Sévaré et Kéniéroba visés, France 24, 5 juillet 2026.
  6. 1 2 Au Mali, des attaques menées par des djihadistes et leurs alliés dans plusieurs localités et contre une prison, Le Monde avec AFP, 4 juillet 2026.
  7. 1 2 Célian Macé, Sahel Le Mali à nouveau sous le feu des jihadistes et des indépendantistes, Libération, 6 juillet 2026.
  8. 1 2 Benjamin Roger, Au Mali, les djihadistes et les indépendantistes relancent leur offensive contre la junte et ses alliés russes, Le Monde, 4 juillet 2026.
  9. ↑ Serge Daniel, Mali: les rebelles indépendantistes du FLA ont pris position dans la localité stratégique d'Anéfis, RFI, 5 juillet 2026.
  10. 1 2 3 4 5 6 Serge Daniel, Mali: les combats ont repris dans la localité stratégique d'Anéfis, RFI, 5 juillet 2026.
  11. 1 2 3 4 5 6 David Baché, Mali: l'armée et l'Africa Corps russe tiennent le camp d'Anéfis, assiégé et bombardé, RFI, 6 juillet 2026.
  12. ↑ Mali : des mercenaires russes de l'Africa Corps assiégés dans le camp d'Anéfis, les combats se poursuivent après une nouvelle offensive coordonnée, Boursorama, 6 juillet 2026.
  13. ↑ David Baché, Mali: un convoi de l'armée a pris la route d'Anéfis pour apporter du renfort, RFI, 8 juillet 2026.
  14. 1 2 3 David Baché, Mali: le convoi de l'armée et de l'Africa Corps est arrivé à Anéfis après d'intenses combats, RFI, 10 juillet 2026.
  15. 1 2 3 4 Célian Macé, Mali : à Anéfis, six jours de combats acharnés et une guerre de propagandes, Libération, 13 juillet 2026.
  16. 1 2 3 4 David Baché, Mali: le convoi militaire en route vers Anéfis attaqué par le FLA et le Jnim près de Tabankort, RFI, 9 juillet 2026.
  17. ↑ Des séparatistes maliens attaquent un convoi russe en route vers le camp retranché d'Anéfis, France 24 avec AFP, 9 juillet 2026.
  18. ↑ Mali : l'armée et les Russes reprennent le contrôle de la ville d'Anéfis dans le Nord, Le Figaro avec AFP, 10 juillet 2026.
  19. ↑ Mali : l'armée annonce la neutralisation de plus de 200 « terroristes » à Anéfis, AA, 7 juillet 2026.
  20. 1 2 Mali: une trentaine de soldats tués lors de la bataille d'Anéfis, ville stratégique de la région de Kidal, RFI, 12 juillet 2026.
  21. 1 2 3 Amarana Malga, Mali : une trentaine de soldats tués et 60 blessés lors des attaques du 4 au 9 juillet, AA, 11 juillet 2026.
  22. ↑ Mali : Mbareck Ag Akli, le « ministre de la Défense » du FLA qu’Africa Corps a cru avoir tué, Jeune Afrique, 21 juillet 2026.