Bataille de Saint-Bily
La bataille de Saint-Bily se déroule le , lors de la Chouannerie. Elle s'achève par la victoire des républicains qui s'emparent d'un camp chouan dans les bois de Saint-Bily, à Plaudren.
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Plaudren |
| Issue | Victoire des républicains |
| • Jean-Louis Gaspard Josnet de Laviolais | • Pierre Guillemot • Jean Jan |
| 400 à 500 hommes[1],[2] | 1 500 hommes[1],[2] |
| Aucune[3] (selon les républicains) |
150 morts[2] (selon les républicains) |
Batailles
| Coordonnées | 47° 46′ 37″ nord, 2° 38′ 16″ ouest | |
|---|---|---|
Déroulement
modifierAprès l'attaque de Grand-Champ et la mort de Sébastien de Silz, une partie des chouans vaincus se replie sur le camp de Saint-Bily, situés dans les bois de la commune de Plaudren[1]. Cependant le général républicain Josnet de Laviolais se lance à leur suite et attaque Saint-Bily le 11 prairial an III ()[1],[3].
D'après les rapports du représentant en mission Louis Urbain Bruë[2],[4],[Note 1] et du procureur général du Morbihan[3],[Note 2], le combat oppose 400[1],[2],[4] ou 500[3] républicains à 1 500 chouans[1],[2],[4]. Ces derniers sont probablement menés par Pierre Guillemot[1] et Jean Jan[5]. Julien Guillemot, fils de Pierre Guillemot, évoque dans ses mémoires la présence de Georges Cadoudal à Saint-Bily[6],[Note 3], mais celle-ci n'est pas confirmée par les autres sources[1].
Moins aguerris, les chouans sont mis en déroute par les républicains, qui attaquent à la baïonnette[1],[2],[5]. Selon le journal de l'abbé Richard, les chouans s'enfuient vers Saint-Jean-Brévelay et sont poursuivis jusqu'à Bignan où un autre combat s'engage[1]. À cette occasion, les républicains sont renforcés par des dragons lorientais en garnison à Locminé[1].
Pertes
modifierLes pertes du combat sont mal connues. Selon le représentant Bruë, les pertes des chouans sont de 150 hommes[2],[4], tandis que le procureur général du Morbihan écrit au Comité de Sûreté générale que l'affaire « n'a pas dû coûté une seule goutte de sang républicain » et que « la perte des rebelles a dû être considérable »[3].
Le conseil royaliste du Morbihan affirme n'avoir « perdu que peu de monde »[7],[Note 4], mais Julien Guillemot fait mention dans ses mémoires de « grandes pertes » à Saint-Bily[6].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑
« L'affaire de Grand-Champ n'était que le prélude d'une victoire plus importante. Quinze cents Chouans campés à Saint-Bily, près la forêt de Tredion, canton d'Elven, ont été attaqués par quatre cents hommes, et mis en déroute, avec perte de cent cinquante hommes. Ces succès procurent des subsistances dont on avait si grand besoin [...] Vigueur envers les révoltés; douceur, clémence, humanité envers les soumis, voilà notre règle de conduite... Il faut des forces, si l'on veut terminer la guerre et épargner le sang. 2 000 Chouans, par leur manière de faire la guerre, peuvent occuper 6 000 hommes... Les colonnes mobiles font un très bon effet[4],[2]. »
— Lettres du représentant en mission Louis Urbain Bruë au Comité de Salut public, rédigées les 30 et 31 mai 1795 à Vannes.
- ↑
« Le 11 prairial (30 mai), l'administration avait appris par divers rapports et déclarations que les rebelles chassés de Grand Champ s'étaient ralliés dans la forêt voisine de Lanvaux où ils rencontrèrent cinq cents hommes armés qui avaient été rassemblés pour marcher à leurs secours. L'on savait qu'alors, ils se disposaient à se rendre à leur camp de Saint Bily, formé près d'un village et dans la forêt de ce nom, aux environs d'Elven. Le général Josnet, était reparti le 11 au matin. Dans son absence, l'administration fit passer les détails qu'elle avait reçus au chef d'Etat Major qu'elle requit de prendre les mesures qui pourraient être en son pouvoir pour détruire le nouveau foyer de rébellion et pour mettre à l'abri tous les cantonnements et même les districts que leur faiblesse pourrait exposer aux tentatives de l'ennemi.Elle le requit également de faire parvenir,de fait, des dépêches au général qui était présumé avoir pris la route du district de Roche des Trois afin qu'il s'occupât d'empêcher la réunion des rassemblements dirigés par De silz cadet dans la partie Est du département avec ceux qui étaient déjà formés à Saint Bily. Mais le même jour, avant dix heures du soir, le général vint lui-même annoncer à l'administration que des avis qu'il avait reçus sur sa route l'ayant déterminé à diriger sa marche sur Saint Bily, le camp des rebelles y avait été emporté par les colonnes à ses ordres. C'est à lui qu'il appartenait de rendre compte avec détail de cette opération purement militaire. Il paraît, pour ce que l'administration a pu recueillir, que les rebelles avaient aussi dans leur camp de Saint Bily divers effets et approvisionnements mais la troupe emportées par l'ardeur de la poursuite ayant été bivouaquer ailleurs, pendant la nuit tous ces objets furent enlevés et lorsqu'ensuite on a retourné au camp, on y a plus trouvé que les baraques et retranchements des rebelles qui ont été brûlées et détruites. Cette affaire au reste n'a pas dû coûté une seule goutte de sang républicain et la perte des rebelles a dû être considérable; quelques prisonniers républicains ont encore été délivrés[3]. »
— Rapport du procureur général du Morbihan au comité de Sûreté générale de la Convention. Vannes le 21 prairial an III ()
- ↑
« Après le combat, les blessés furent envoyés à Pluvigner, où ils furent traités par M. Couëlon, officier de santé, natif de Vannes. Georges Cadoudal fut passer la nuit au village de Résordoué, dans la même paroisse, et, toujours poursuivi, il se dirigea vers Lanveaux, à la tête de deux ou trois cents hommes, et ensuite à Saint-Bily, en Plaudren, où il fut surpris par une force supérieure qui lui fit essuyer de grandes pertes et dispersa tout son monde[6]. »
— Mémoires de Julien Guillemot.
- ↑
« Ne vous effrayez point des événements de Grand-Champ et de Saint-Bily: nous n'y avons perdu que peu de monde. Ils ne changent rien à nos dispositions[7]. »
— Lettre du conseil du Morbihan, le 5 juin 1795, écrite au chef de canton Eonnet et signée par De Boutouillic, Le Mercier et Syrus
Références
modifierBibliographie
modifier- François Cadic, Histoire populaire de la chouannerie, t. I, Terre de brume et Presses universitaires de Rennes, coll. « Les Œuvres de François Cadic », , 588 p. (ISBN 978-2843622069).

- Charles-Louis Chassin, Les pacifications de l'Ouest : 1794-1801, t. I, Paris, Paul Dupont, , 607 p. (lire en ligne).

- Julien Guillemot, Lettres à mes neveux sur la Chouannerie, Imprimerie Félix Masseaux, , 299 p. (lire en ligne).

- Pierre Lécuyer, Jean Jan : lieutenant de Cadoudal, Yves Salmon, , 316 p. (ISBN 978-2307092742).

- Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République, t. V, Paris, Baudoin Frères, Libraires-éditeurs, , 419 p. (lire en ligne).
