Catastrophe de Fourvière

La catastrophe de Fourvière, ou catastrophe de Lyon - Saint-Jean, est un glissement de terrain survenu dans la nuit du au sur la colline de Fourvière, à Lyon, détruisant plusieurs immeubles du quartier Saint-Jean et causant la mort de 39 personnes[1],[2], dont dix-neuf sapeurs-pompiers et quatre gardiens de la paix venus porter secours aux habitants, ensevelis par un second éboulement alors qu'ils évacuaient les victimes du premier. C'est, par le nombre de secouristes tués en une seule intervention, l'une des catastrophes les plus meurtrières de l'histoire des services de secours français.

Catastrophe de Fourvière
Catastrophe de Lyon - Saint-Jean
Image illustrative de l’article Catastrophe de Fourvière
Éventrement des immeubles entre le Chemin-Neuf et la rue Tramassac ().

Type Glissements de terrain
Pays Drapeau de la France France
Localisation Fourvière, Lyon
Coordonnées 45° 45′ 40″ nord, 4° 49′ 32″ est
Date -
Bilan
Morts 39

Géolocalisation sur la carte : Lyon
(Voir situation sur carte : Lyon)
Catastrophe de FourvièreCatastrophe de Lyon - Saint-Jean
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Catastrophe de FourvièreCatastrophe de Lyon - Saint-Jean

L'événement, dont l'enquête judiciaire se conclut par un non-lieu, trouve son origine dans la conjonction de pluies abondantes et de galeries de drainage médiévales et romaines tombées en désuétude, un risque documenté depuis plusieurs décennies mais resté sans réponse faute de financement. Il survient alors que la France suit avec enthousiasme la tournée d'amitié des aviateurs Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, les deux actualités se retrouvant juxtaposées à la une du Figaro du 14 novembre 1930.

La catastrophe suscite un vaste mouvement de solidarité nationale et internationale et donne lieu à des obsèques nationales le . Elle est aujourd'hui commémorée chaque année, le 13 novembre, rue Tramassac, à l'endroit même où elle s'est produite et qui n'a jamais été reconstruit depuis.

Avant la catastrophe

modifier

Antécédents

modifier

La colline de Fourvière est percée de nombreuses galeries de drainage, issues de l'époque romaine. D'anciennes citernes existent, sous la piste de la Sara et sous l'esplanade du lycée Saint-Just.

Des effondrements s'étaient déjà produits en et [1].

En , André Steyert mettait en garde : « Les hauteurs de Fourvière et de la Croix-Rousse sont formées d'alluvions glaciaires qui jouent pour ainsi dire le rôle d'éponges. Les eaux de pluie sont absorbées par ces terrains à travers lesquels elles filtrent et s'épanchent ensuite en une multitude de petites sources, qui coulent sur toutes les pentes de toutes les pentes des deux coteaux. Ces masses d'eau suintant de toutes parts, outre qu'elles entretiennent une humidité défavorable à la santé, finissent par dégrader le sol peu consistant qu'elles minent, et à chaque instant des blocs considérables se détachent du flanc de nos coteaux, incessamment morcelés et ruinés par cette lente dissolution. Ce fut, donc, et par mesure de salubrité et aussi de conservation, que les Romains criblèrent nos deux collines d'un réseau de canaux de drainage »[3].

Signes précurseurs

modifier

Dès le , l'adjoint technique à la Ville de Lyon remarque un ruissellement d'eau au niveau de la montée du Chemin-Neuf. Un peu plus haut, l'administrateur de l'hôpital des Chazeaux signale des affaissements sur les terrasses à l'ingénieur en chef de la Ville de Lyon (M. Chalumeau). Celui-ci se rend sur place le matin du pour évaluer la situation et prendre des mesures. Une partie de l'hôpital est évacuée et la circulation des véhicules lourds est interdite dans la montée du Chemin-Neuf[4],[1].

Déroulement des faits

modifier
Photographie de l'éboulement. Peut-être prise des hauteurs de la cathédrale Saint-Jean. Archives municipales de Lyon.

Dans la nuit du au , vers une heure du matin, un important glissement d'une partie de la colline de Fourvière détruit plusieurs immeubles. Le quartier est privé d'électricité et les secours se rendent sur les lieux. Une heure après, un autre glissement ensevelit dix-neuf sapeurs-pompiers et quatre membres des forces de l'ordre. L'Hôtel du petit Versailles, des immeubles voisins et une partie du couvent des Dames de Sion sont détruits. Vers trois heures du matin, un dernier éboulement se produit, augmentant les dégâts déjà lourds[1]. Le volume total de l'arrachement est estimé à 25 000 mètres cubes au maximum, ce qui correspond à une surface de 120 × 45 mètres[5]. sur une épaisseur d'environ cinq mètres.

Bilan humain

modifier

40 personnes trouvèrent la mort durant la catastrophe[6] : 19 pompiers, 4 gardiens de la paix ainsi que 17 habitants (immeubles situés aux nos 6, 8 et 10 de la rue Tramassac).

Victimes

modifier

Sapeurs-pompiers

modifier
Cinq secouristes tombés en accomplissant leur devoir : en haut, de gauche à droite, l'adjudant Métral et le sergent-fourrier Allemand ; au centre, les sergents Dumas et Varal ; en bas, le caporal Robert.
  • Émile Marius Allemand (1895-1930), sergent-major, caserne de la Madeleine, mort à 35 ans. Né le à Grenoble (Isère), fils d'Émile Denis Allemand et Marie Gaudin. Entré au corps des sapeurs-pompiers le ,. Sa sœur Marthe est tuée le lors d'un bombardement allié à Saint-Martin-le-Vinoux (Isère)[7]. Marié le à Lyon avec Lucienne Piney, il est père d'une fille, Yvonne (1923-1993). Promu sergent-major de 2e classe à titre posthume[8],[S 1].
  • Antoine Berthelon (-), sapeur de 2e classe, caserne Corneille, ouvrier d'usine de profession, matricule 187, mort à 29 ans. Né le à Loché (Saône-et-Loire), fils de Pierre Berthelon et Rosalie Vessot. Marié le à Mâcon avec Jeanne Marie Clément, il est père de deux enfants. Son corps, le cinquième dégagé, fut identifié par son beau-frère grâce à sa chevelure frisée caractéristique. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Claudius Jean Marie Bouvier (-), sapeur de 1re classe, caserne de la Madeleine, mort à 37 ans. Né le à Lyon, fils d'Antoine Alexis Bouvier et Françoise Benoite Yvron. Marié le à Lyon avec Marie Jeanne Catherine Yvonne Gras, il est père d'un fils, Étienne (né en ) et frère d'Édouard Bouvier. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Édouard Bouvier (-), sapeur de 1re classe, caserne de la Madeleine, mort à 36 ans. Né le à Lyon, fils d'Antoine Alexis Bouvier et Françoise Benoite Yvron, frère de Claudius Bouvier. Marié le à Lyon avec Mathilde Rose Oran, sœur d'Émile Oran, également mort dans la catastrophe. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Marius André Cayrier (-), caporal, caserne Corneille, mort à 39 ans. Né le à Vienne (Isère). Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est fait prisonnier entre et , interné au camp de Wittemberg. Marié en à Vienne avec Félicité Thérèse Panicco, il est père d'un fils. Promu sergent de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Louis Hippolythe Émile Chamard-Bois (-), sapeur de 1re classe, caserne de la Madeleine, agriculteur de profession, mort à 37 ans. Né le à Massieu (Isère). Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est fait prisonnier le et n'est rapatrié que le . Marié en à Lyon avec Alice Henriette Jeandot, il est père de deux enfants. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Gabriel Dumas (-), sergent, caserne Corneille, mort à 45 ans. Né le à Annonay (Ardèche). Entré au corps des sapeurs-pompiers le . Marié en à Lyon avec Marie Louise Buffevant. Blessé au cours d'un incendie, il reçoit le diplôme d'honneur et la médaille d'honneur pour services exceptionnels (médaille d'argent) dès [α]. Promu sergent-major de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Paul François Joseph Genin (-), sapeur de 2e classe, caserne de la Madeleine, mort à 30 ans. Né le à Billième (Savoie), fils de Benoit Genin et Marie Bretton. Marié le à Lyon avec Germaine Joséphine Combrichon, il est père de deux fils, Paul et Roland. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Henri Guyot (-), sapeur, caserne Corneille, mort à 38 ans. Né le à Vertrieu (Isère). Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il reçoit dès la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement (médaille de bronze)[β]. Marié en à Vaux-en-Beaujolais avec Anne Marie Braillon, il est père d'un fils. Son frère, François Léon Guyot, était également sapeur-pompier à la caserne de la Madeleine. Dernier corps dégagé des décombres, le , après neuf jours de recherches. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Joseph Métral (-), adjudant de 2e classe, caserne Corneille, serrurier de profession, mort à 40 ans. Né le à Lyon. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est détaché au corps des sapeurs-pompiers le . Marié en à Lyon avec Hélène Rose Gringoz, morte l'année suivante, il est veuf au moment de la catastrophe. Promu adjudant de 1re classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse.
  • Séraphin Jean Michel (-), caporal, caserne de la Madeleine, mort à 36 ans. Né le à Allemond (Isère). Marié le à Lyon avec Marie Joséphine Geraudias, il est père d'une fille[a]. Promu sergent de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1], il est inhumé le au cimetière de Loyasse[a].
  • Claude Mortier, sapeur. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].
  • Francisque Naillod, sapeur. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].
  • Émile Oran, sapeur. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].
  • Paul Robert, caporal. Promu sergent de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].
  • Le capitaine Rochat, publié par Le Journal, n°13909, 16 novembre 1930.
    Michel Rochat, capitaine de 2e classe, originaire de Vienne (Isère), commandait le premier détachement de secours envoyé sur les lieux. Promu capitaine de 1re classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].
  • Marius Rouby, sapeur. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].
  • Louis Saintamand, sapeur. Promu caporal de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].
  • Charles Varale, sergent. Promu sergent-major de 2e classe à titre posthume, par arrêté municipal du [S 1].

Gardiens de la paix

modifier
Les agents ensevelis sous les décombres. De haut en bas : Antoine Montfagnon, Juste Ratte, François Tournafol et Paul Grison.
  • Paul Victor Grison (-), gardien de la paix stagiaire, mort à 22 ans. Né le à Mantry (Jura), fils de Constant Grison et Eugénie Paysant, issu d'une famille d'agriculteurs, célibataire, domicilié 5 quai Saint-Vincent à Lyon. Entré au corps le , affecté au poste de police de Saint-Just. Il est inhumé à Mantry dans la tombe du Souvenir français[9].
  • Antoine Montfagnon (-), officier de paix hors classe (capitaine), commandant la 2e compagnie du corps des gardiens de la paix de Lyon, basée à la caserne Molière, mort à 47 ans. Né le à Auriac-l'Église (Cantal), fils de Michel Montfagnon et Marie Gaillot. Marié en à Marguerite Marie Mary, il est père de deux fils. Entré au corps le , il avait déjà été décoré en pour un acte de courage et de dévouement. Il reçoit à titre posthume le la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Il est inhumé à Volvic (Puy-de-Dôme)[10].
  • Juste Ratte (-), gardien de la paix stagiaire, affecté à la 2e compagnie au poste de police de Saint-Just, mort à 21 ans. Né le à Pagnoz (Jura), fils d'Albert Ratte et Marie Maichaud ; célibataire, domicilié 5 quai Saint-Vincent à Lyon (même adresse que son collègue Paul Grison). Il était entré dans la police sur l'incitation de son frère Louis, lui-même policier à Lyon, le , à peine trois semaines avant sa mort. Il est inhumé à Mouchard (Jura)[11].
  • François Tournafol (-), gardien de la paix stagiaire, affecté à la 2e compagnie cycliste et cantonné à la caserne Serin (quai Saint-Vincent), mort à 23 ans. Né le à Alex (Haute-Savoie), fils d'Auguste et Louise Tournafol (née Barrucand), issu d'une famille de sept enfants ; célibataire, domicilié 97 rue Molière à Lyon. Entré au corps le , sept semaines avant sa mort. Il est inhumé à Alex[12].

Trois des quatre gardiens de la paix disparus avaient rejoint le corps depuis moins de quatre mois au moment de la catastrophe. Victimes du devoir, il sont tous les quatre cité à l'ordre de la Nation[11],[12],[10],[9],[γ].

Les employées de l’hôtel Le Petit Versailles (8 rue Tramassac)[2]

  • Alice Faye (1908-1930), bonne à l'hôtel du Petit Versailles, originaire de Saint-Chamond (Loire), morte à 21 ans. Née le à Lorette (Loire) fille de Guillaume Jean Faye et Marie Louise Larmande, sœur de Francia Faye, également victime. Paroissienne de Saint-Ennemond à Saint-Chamond, elle appartenait depuis longtemps aux œuvres de la paroisse (Ouvroir, patronage Sainte-Odile, Union Jeanne-d'Arc). Elle est inhumée le à Saint-Chamond, aux côtés de sa sœur[13].
  • Francia Faye (1907-1930), bonne à l'hôtel du Petit Versailles, originaire de Saint-Chamond (Loire), morte à 23 ans. Née le à Lorette (Loire), fille de Guillaume Jean Faye et Marie Louise Larmande, sœur d'Alice Faye, également victime. Paroissienne de Saint-Ennemond à Saint-Chamond. Elle est inhumée le à Saint-Chamond[13].

Réactions nationales et internationales

modifier

La catastrophe a un retentissement national, voire international, et suscite un fort mouvement de solidarité. Dès le , le maire de Lyon reçoit de nombreux télégrammes de condoléances d'autorités et de personnalités françaises et étrangères[14],[15],[16],[17],[18],[19], tandis que l'événement fait l'objet d'un traitement contrasté dans la presse[20].

Traitement médiatique

modifier

La catastrophe fait l'objet d'une couverture de presse contrastée, reflétant les sensibilités politiques des six quotidiens lyonnais de l'époque, comme l'a montré l'étude du chercheur Emmanuel Martinais consacrée à la construction médiatique de l'événement. Chaque titre construit sa propre réalité selon sa position dans le champ médiatique, ses orientations idéologiques et sa proximité avec le pouvoir local, faisant de la catastrophe un objet de débat et de conflits d'interprétation plutôt qu'un simple fait relaté de façon neutre[20].

Le Progrès met d'abord en scène le récit de l'éboulement à travers les témoignages des rescapés, puis la mobilisation des équipes de secours, décrivant l'affreuse tristesse du tableau de désolation qui s'offre aux regards des témoins. Cette lecture, qualifiée de « catastrophe officielle » par Martinais, est largement partagée par Le Salut public[14] — journal d'abonnés destiné à la bourgeoisie commerçante et industrielle lyonnaise —, Lyon Républicain et Le Nouveau Journal[20].

Dans les jours suivant la catastrophe, une inquiétude commune traverse plusieurs titres quant à un possible effondrement de l'hôpital des Chazeaux, jugé menacé par les infiltrations persistantes. L'Humanité prédit ainsi que l'aile gauche du bâtiment ne tardera guère probablement à s'effondrer, tandis que Le Nouveau Journal voit dans cette menace ce qui donne au travail des sauveteurs son empreinte d'héroïsme. Le Nouvelliste, quotidien catholique conservateur, se distingue en revanche nettement de cette lecture consensuelle, cherchant à s'en démarquer sur plusieurs points, notamment la description des travaux de secours[20].

L'Humanité, seul quotidien communiste national à couvrir l'événement, est également le seul titre à s'intéresser véritablement au sort des rescapés et des sinistrés, qui se comptent par milliers, et n'hésite pas à critiquer l'action des institutions religieuses locales. Le Nouvelliste, à l'inverse, se félicite de cette même action, cohérent avec ses positions plus conservatrices[20].

L'événement connaît un retentissement dépassant largement le cadre local, relayé notamment par Le Figaro[21], Le Petit Parisien[22], et à l'étranger par le Daily Mail du [23].

Une du Daily Mail annonçant la catastrophe de Fourvière du 14 novembre 1930

Autorités et personnalités françaises

modifier

Le président de la République, Gaston Doumergue, télégraphie : « Profondément ému des nouvelles qui me parviennent au sujet de la terrible catastrophe de Lyon, je vous prie de me tenir au courant d'une situation dont je suis très angoissé. Je vous fais parvenir par chèque sur la Banque de France de Lyon 10 000 francs pour premier secours aux familles des victimes »[15].

Plusieurs personnalités et maires de grandes villes françaises télégraphient également leurs condoléances :

  • Le maire de Rouen, Georges Métayer, écrit : « Apprends avec peine catastrophe qui endeuille population lyonnaise ; vous adresse expression de très vive sympathie de la municipalité de Rouen »[15].
  • Le maire de Nantes, Léopold Cassegrain, télégraphie : « Profondément ému de la terrible catastrophe qui met en deuil votre grande cité, vous envoie expression de douloureuse sympathie [de la] population nantaise et vives condoléances de la municipalité »[15].
  • L'administration municipale de Vienne fait savoir qu'elle est « profondément émue par l'épouvantable catastrophe qui vient de frapper votre ville » et prie Herriot de « recevoir l'expression de ses affectueuses condoléances et de croire à la part immense qu'elle prend à votre deuil »[15].
  • Le maire de Nevers, Émile Périn, adresse « à président Herriot, maire de Lyon, l'expression de condoléances émues de son conseil municipal et de la population nivernaise » et salue « respectueusement les familles éprouvées par la catastrophe de Fourvière »[15].
  • Le secrétaire général de la mairie de Valence se dit « douloureusement ému par la terrible catastrophe qui frappe la population lyonnaise et les services des sapeurs-pompiers et de la police », et prie « d'agréer ses bien vives condoléances et de se faire l'interprète auprès des familles des disparus et des habitants sinistrés du témoignage de sa profonde sympathie »[15].
  • Le président du Conseil municipal de Paris, Jean de Castellane, télégraphie : « Paris profondément ému [par cette] effroyable catastrophe qui a fait tant de victimes, s'associe au deuil [de la] population lyonnaise, exprime aux familles si cruellement éprouvées [ses] sentiments [de] sympathie sincèrement attristés »[15].
  • La Confédération générale du travail fait part de sa tristesse : « Apprenons avec tristesse la cruelle épreuve à laquelle vient d'être soumise la population lyonnaise. Vous assurons de notre entière sympathie dans une douleur qui est aussi la nôtre »[15].
  • Le général Bernard Serrigny, gouverneur militaire de Lyon, télégraphie : « Apprends loin de Lyon effroyable catastrophe, vous prie être mon interprète ému auprès de la population lyonnaise, des braves pompiers et agents victimes de leur devoir. Rentrerai pour être à vos côtés le jour des obsèques »[16].
  • Le député Louis Loucheur, adresse ses « plus sincères condoléances pour la grande catastrophe qui frappe votre ville »[15].
  • L'archevêque de Toulouse et plusieurs évêques réunis en congrès, ainsi que plusieurs évêques de la région lyonnaise, adressent également leurs condoléances[16].
  • Afin d'honorer les officiers et sapeurs du bataillon de pompiers de Lyon victimes du devoir, le colonel Paul Pouderoux, commandant le régiment des sapeurs-pompiers de Paris, fait procéder les 15 et 16 novembre 1930 à deux cérémonies dans toutes les casernes de sapeurs-pompiers de Paris. Lors de deux défilés consécutifs de la garde, les noms des victimes du devoir de Lyon sont appelés, tous les officiers, sous-officiers, caporaux et soldats étant préalablement réunis dans la cour en tenue de jour ou de sortie. La cérémonie se déroule selon un rituel militaire précis : le clairon ouvre le ban, la garde présente les armes, puis le chef de la garde procède à l'appel auquel répond un adjudant ; après la fermeture du ban par les clairons, une minute de silence est observée, avant que la cérémonie ne se termine par le défilé de la garde[17].
  • Les membres de la Fédération rémoise des blessés du poumon votent une adresse à Édouard Herriot exprimant leur sympathie attristée pour le deuil qui frappe ses administrés[18].

De très nombreux maires et personnalités françaises adressent leurs condoléances à Lyon, parmi lesquels : Paul Doumer, président du Sénat ; Louis Rollin, ministre de la Marine marchande ; Étienne Billières, maire de Toulouse ; Algoud, maire du Puy ; Roger Chancel, maire de Montélimar ; Corniglion, maire de Roquebillière ; Antoine Brioude, maire de Firminy ; Roger Delthil, sénateur, maire de Moissac ; le docteur Eugène Juilland, maire de Chambéry ; André Grisoni, maire de Courbevoie ; Eugène Tricoteaux, maire de Saint-Quentin ; Léon Meyer, député-maire du Havre ; Édouard Lévy-Grunwald, maire de Belfort, Benjamin Milhaud, maire de Montpellier ; Charles Hueber, maire de Strasbourg ; Désiré Delansorne, maire d'Arras ; le docteur Berthollet, adjoint au maire de Toulon ; Aimé Bourreau, maire d'Antibes ; Monnié, sénateur-maire de Courbevoie, au nom de la Fédération des municipalités radicales-socialistes ; Lapluye, maire d'Annonay ; Paul Mistral, maire de Grenoble ; le préfet du Bas-Rhin ; Victor Dalbiez, maire de Perpignan ; Jean Médecin, maire de Nice ; Eugène Hertzog, maire de Colmar ; Doucedame, maire de Vailly-sur-Aisne ; Henry Lenain, maire de Laon ; Louis Gros, député-maire d'Avignon ; Adrien Marquet, maire de Bordeaux ; Anatole Jovelet, sénateur, président du conseil général de la Somme ; Louis Gassin, président du conseil général des Alpes-Maritimes ; ainsi que les maires de Cherbourg, Béziers, Salon, Uzès, Thizy, Sélestat, Kehl-sur-Rhin, Issoudun, Boulogne-sur-Mer, Fargniers (Aisne), Prades, Fontainebleau et Clamecy ; Henri Rossignol, président de l'Union nationale des combattants ; le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France ou encore le président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers du Tarn[16],[18]

Réactions internationales

modifier

Plusieurs personnalités étrangères adressent également leurs condoléances à la ville de Lyon :

  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : Le maire (Oberbürgermeister) de Cologne, Konrad Adenauer — futur chancelier de la République fédérale d'Allemagne — écrit : « C'est avec la plus grande tristesse que j'apprends le malheur qui a frappé la population de votre ville »[15].
  • Drapeau de la Belgique Belgique :
    • Le ministre belge des Affaires étrangères, Paul Hymans, transmet, via le consul de Belgique à Lyon, les « sincères condoléances du gouvernement belge à la municipalité et aux familles victimes de la catastrophe »[15].
    • Le bourgmestre de Bruxelles, Adolphe Max, adresse par la voie de l'ordre un hommage au corps des sapeurs-pompiers et à la police de Lyon : « En se portant au secours des victimes de la catastrophe de Lyon, dix-neuf pompiers et quatre gardiens de la paix ont payé de leur vie l'héroïsme de leur dévouement. Nous nous inclinons respectueusement et avec émotion devant ces braves, certains de répondre aux sentiments de tous les membres du corps des sapeurs-pompiers et de la police de Bruxelles ». Il fait déposer des fleurs sur les cercueils des victimes lyonnaises et adresse ses condoléances à leurs familles[17].
    • Le capitaine Goossens, président de la Fédération des sapeurs-pompiers de Belgique, envoie au chef du bataillon Jean Auguste Pégout, du corps des sapeurs-pompiers de Lyon, un télégramme présentant les condoléances du service belge d'incendie et annonçant que la Fédération sera représentée aux obsèques des victimes[17],[24].
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : Le roi d'Espagne, Alphonse XIII, télégraphie au maire de Lyon : « J'apprends avec le plus profond regret la nouvelle de la catastrophe de Fourvière et je tiens à vous adresser mes condoléances les plus sincères en vous priant de vouloir bien les transmettre aussi aux familles des sinistrés et de ceux qui ont succombé en accomplissant leur devoir »[17].
  • Drapeau de l'Italie Italie : Le consul général d'Italie, Jean Salerno Mele, adresse au maire de Lyon la lettre suivante : « Je suis profondément ému de la terrible catastrophe qui a frappé si cruellement la Ville de Lyon et des nombreux deuils qu'elle a causés parmi ses serviteurs les plus dévoués. Au nom de mon gouvernement et en mon nom personnel, je vous prie d'accepter, Monsieur le Maire, l'assurance de ma douloureuse sympathie et mes condoléances les plus sincères »[19].
  • Drapeau du Portugal Portugal : L'Association commerciale de Lisbonne vote une motion exprimant son profond regret et décide de présenter ses condoléances au ministre de France[16].
  • Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni : L'ambassadeur du Royaume-Uni en France, lord Tyrrell, télégraphie : « Douloureusement ému, je partage le deuil qui vient de frapper si cruellement votre noble ville. Je m'incline respectueusement devant les victimes du devoir »[15].
  • Drapeau de la Suisse Suisse : Le conseil municipal de Genève, lors de sa séance du , rend un hommage appuyé à la ville de Lyon, « cruellement éprouvée par un cataclysme terrible qui, au milieu de la nuit, a bouleversé des édifices et entraîné des ruines importantes, causant, hélas ! de nombreux morts et de nombreux blessés », saluant en particulier « les héroïques sauveteurs, pompiers et agents de police, qui ont sacrifié leur vie en cherchant à opérer des sauvetages »[16].
  • Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie : Le ministre de Tchécoslovaquie en France exprime sa « profonde sympathie en cette cruelle circonstance qui plonge votre ville dans le deuil »[15].
  • Drapeau du Vatican Vatican : Le cardinal-archevêque de Lyon reçoit du Vatican un télégramme signé du cardinal Pacelli — futur pape sous le nom de Pie XII — au nom du pape Pie XI : « Sa Sainteté, profondément peinée [par le] cataclysme, prie pour le repos éternel des victimes et envoie paternelle bénédiction aux infortunés comme gage des célestes réconforts »[16].
  • Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie : Marc Héraut, président des « Poilus d'Orient », rentré de Belgrade où il représentait la Fédération nationale à l'inauguration du monument de reconnaissance à la France, reçoit un télégramme du colonel Radossavlievitch, président de l'Association des officiers de réserve et anciens combattants yougoslaves : « Douloureusement frappés catastrophe émouvante, prions agréer sentiments vives condoléances officiers réserve anciens combattants yougoslaves malheureux Lyonnais ». M. Héraut remercie les camarades yougoslaves de cette nouvelle marque d'affection et d'attachement pour la France[18].

Le maire de Lyon reçoit des télégrammes de condoléances d'un grand nombre d'ambassadeurs et de ministres étrangers en poste à Paris, Alfred Chłapowski, ambassadeur de Pologne, Ileas Prioni, ministre d'Albanie, le ministre d'Égypte, Vitte, ministre d'État à Monaco, Albert Ehrensvaerd, ministre de Suède, Leopold von Hoesch, ambassadeur d'Allemagne, Cesiano, ministre de Roumanie, le ministre de Colombie, par son consul à Lyon, le ministre d'Estonie, par son consul à Lyon, Kenkichi Yoshizawa, ambassadeur du Japon, Paul Perret, syndic de Lausanne; Quiñones de León, ambassadeur d'Espagne ; Alfred Grünberger, ministre d'Autriche ; Lord Crewe, ambassadeur de Grande-Bretagne ; Moises Garcia Mella, ministre de la République dominicaine ; Dogalewski, ambassadeur de l'U.R.S.S. ; Elefthérios Venizélos ; Charilaos, président de la Chambre internationale au Pirée (Grèce) ; Mikhalakopoulos, Athènes ; Milon Nechitch, maire de Belgrade ; Karl Seitz, bourgmestre de Vienne (Autriche) ; Jules Laroche, ambassadeur à Varsovie ; Alvarez de Toledo, ambassadeur de la République Argentine ; le ministre du Danemark. L'ambassadeur d'Allemagne, le ministre d'Autriche et le ministre de Cuba font part au ministère des Affaires étrangères de l'expression des condoléances de leurs gouvernements[16],[18],[24].

Enquête judiciaire

modifier

Dès le , Édouard Herriot adresse au procureur de la République du parquet de Lyon une lettre lui demandant de faire procéder à une enquête sur la catastrophe de Saint-Jean, sur ses circonstances et sur ses causes, quelles qu'elles soient, lui assurant son concours le plus absolu[17].

Le procureur de la République désigne le juge d'instruction Vinas pour conduire l'information judiciaire, ouverte contre X pour homicide et blessures par imprudence, avec pour mission de rechercher les causes de la catastrophe et, s'il y a lieu, d'en établir les responsabilités. Dès sa désignation, le soir même, Vinas se rend sur les lieux de l'éboulement, qu'il examine longuement. Le magistrat décide de faire procéder à plusieurs expertises étendues, s'adressant à des spécialistes dont l'architecte Decœur, qui avait déjà mené l'année précédente les expertises dans l'affaire de l'épidémie de fièvre typhoïde[18].

Selon des constatations rapportées dans la presse locale, les maisons, les murs et même la voie du chemin de cette partie du quartier étaient extrêmement instables, au point que de nombreux habitants tremblaient en y songeant lorsque leurs maisons étaient secouées par le passage de lourds véhicules. Selon le témoignage d'anciens habitants du quartier, un arrêté avait par ailleurs imposé, en 1900, dans tout Lyon, pour des raisons d'hygiène, la fermeture de toutes les fontaines délivrant une eau non contrôlée ; sur les flancs du coteau, nombre de ces fontaines, au lieu d'être aménagées pour permettre l'écoulement de l'eau qu'elles recevaient d'une source, furent obstruées de façon maladroite, alors qu'il fallait laisser à cette eau un chemin, sous peine qu'elle ne se répande dans le sol, ne le désagrège et ne prépare de nouvelles catastrophes[18].

Au , l'ensemble des experts n'est pas encore définitivement désigné, et le juge n'a encore entendu aucun témoignage, se contentant de plusieurs visites minutieuses sur les lieux avec son greffier. Le lendemain, il entend plusieurs témoins, notamment M. Odet, économe de l'hôpital des Chazeaux, et la sœur supérieure de l'œuvre des Dames de Sion, qui font le récit de l'alarme nocturne et de l'horrible panique sans toutefois pouvoir donner de précision de nature à aider à établir les responsabilités[25].

Le , le juge d'instruction reçoit l'acceptation du professeur Frédéric Roman, professeur de géologie à la Faculté des sciences et successeur du doyen Charles Depéret, comme troisième expert, aux côtés de l'architecte Decœur et de l'ingénieur Condamin. Il reçoit par ailleurs les dépositions de M. Vernay, propriétaire de l'immeuble de l'hôtel du Petit-Versailles, de M. Paulet, architecte de l'œuvre de Notre-Dame de Sion, de M. Girard, ingénieur en chef de la Compagnie O.T.L., et de M. Ballet, ancien économe des hôpitaux de l'Antiquaille[26].

Le rapport de l'ingénieur subdivisionnaire, daté du , révèle qu'une excavation s'était déjà produite en juin 1930 au n°15 de la montée du Chemin-Neuf, contre le mur de soutènement, probablement due à la rupture d'une canalisation d'eau ; un sondage effectué alors jusqu'à 4,50 mètres de profondeur n'avait rien révélé d'anormal, et l'ingénieur n'avait pas jugé utile d'en référer à sa hiérarchie. Le même rapport révèle que l'ingénieur n'avait pas été informé par le cantonnier et le surveillant des suintements que ceux-ci avaient pourtant constatés, et les avait ignorés jusqu'à la date de l'éboulement. Il précise avoir dû s'absenter pour maladie du au à 6 heures du matin, ne reprenant son service que sur appel de son chef, quelques heures avant la catastrophe[27].

Le , le juge d'instruction entend M. Copier, surveillant des travaux du service d'architecture aux Hospices, M. Girard, ingénieur en chef du service des eaux de la ville de Lyon, et M. Chapelle, surveillant en chef des hôpitaux de l'Antiquaille et des Chazeaux. M. Chapelle explique au juge dans quelles circonstances il s'était aperçu des fissures apparues dans le mur de l'hôpital des Chazeaux, dans la nuit du dimanche au lundi , et comment il en avait averti les services compétents. Le lendemain, le juge interroge les témoins ayant vu, le mercredi soir, l'eau couler contre le mur de soutènement du Chemin-Neuf et ayant remarqué les boursouflures du trottoir de ce chemin[28].

Le , M. Vinas entend Lucien Besson, propriétaire de l'hôtel du Petit-Versailles, qui relate ce qui s'était passé à sa connaissance le mercredi, notamment la visite des lieux menacés effectuée par l'ingénieur en chef Camille Chalumeau. Le lendemain, le juge entend longuement le commandant Jean Auguste Pégout, des sapeurs-pompiers, qui fait le récit complet du sauvetage : depuis l'arrivée du premier piquet, les pompiers évacuent de nombreuses personnes en danger dans les maisons voisines du Petit-Versailles ; pendant que certains d'entre eux se trouvent dans la cour de l'hôtel, déjà envahie par le premier éboulement, organisant le sauvetage des personnes qui appelaient au secours, le second éboulement survient et les ensevelit[29].

Le juge entend ensuite le témoignage du contremaître de la Coopérative des charpentiers, qui avait fait commencer, sur ordre de la voirie, le mercredi soir, des travaux d'étampage du mur de soutènement du Chemin-Neuf. C'est la chute de ce mur dans la nuit qui fut la cause immédiate de la catastrophe ; or, les travaux d'étaiement avaient été suspendus ce même mercredi soir, avant que les étais n'aient été posés contre ce mur[29]. Le juge recueille également des témoignages relatifs à l'état du Chemin-Neuf quelques semaines avant la catastrophe : des habitants des maisons écroulées ou lézardées de la partie supérieure du Chemin-Neuf avaient constaté des suintements significatifs du mur ainsi que des boursouflures du trottoir, marquant la présence, derrière le mur, d'une arrivée d'eau menaçante. Le dépôt des rapports d'experts, en raison des études considérables qu'ils nécessitent, n'est pas attendu avant plusieurs mois[29].

Le au soir, le juge entend la déposition d'Eugène Corenwinder, secrétaire général pour la police, qui se trouvait sur les lieux au moment de la catastrophe et avait failli être emporté par le second éboulement. Le lendemain, , il reçoit les déclarations d'un autre témoin ayant lui aussi échappé par miracle à l'ensevelissement, le sapeur Francisque Perret, gendre du capitaine Rochat. Dans l'après-midi, M. Vinas entend plusieurs membres du personnel des hospices attachés à l'hôpital de l'Antiquaille, qui lui donnent des détails sur les menaces qui s'étaient manifestées au bâtiment des Chazeaux l'avant-veille et la veille de la catastrophe[30].

Dans sa déposition du au matin, le commandant Pégout avait précisé, entre autres détails, qu'aucun avertissement ne lui avait été donné, ni la veille de la catastrophe ni au moment même, sur les dangers d'éboulement du terrain surmontant le lieu où il était appelé à effectuer les sauvetages. Cette absence d'avertissement n'aurait pas empêché les pompiers d'accourir comme ils l'ont fait au secours des personnes en danger, mais les sauveteurs n'étaient pas au courant de la situation du terrain sur lequel ils opéraient[30].

Le , le juge reçoit les dépositions de plusieurs pompiers et d'habitants des maisons de la montée du Chemin-Neuf[31]. La veille et le matin même du , il entend des voisins des maisons écroulées, des ouvriers ayant eu autrefois à exécuter des travaux montée du Chemin-Neuf, ainsi que plusieurs témoins de l'éboulement du 13 novembre, avant que l'instruction ne soit suspendue pendant quelques jours[32].

Quelques semaines après la catastrophe, les services municipaux enquêtent sur des poches d'eau découvertes sous les terrains de l'Antiquaille, au sud du lieu de la catastrophe, où les habitants s'inquiétaient depuis la fermeture, en décembre 1928, d'une fontaine à débit abondant du mur du Chemin-Neuf, décidée lors de l'épidémie de fièvre typhoïde. Ce n'est pas une découverte pour les archéologues instruits de l'état du sous-sol de Fourvière, connu pour ses cavernes et ses galeries recouvertes de terrains d'apport sur lesquels on a construit imprudemment. Une galerie souterraine, dont l'origine et l'étendue ne sont pas connues, existe ainsi sous les terrains situés vers le n°10 du Chemin-Neuf, alimentée jusqu'en 1928 par l'eau de la fontaine désormais fermée[33].

Le , le juge Vinas suspend de nouveau ses auditions de témoins relatives à l'enquête sur les responsabilités de la catastrophe, ayant plusieurs autres affaires à poursuivre, parmi lesquelles celle de l'explosion de la « Grande Maison »[34].

Le , Vinas clôt son information par une ordonnance de non-lieu, sur la base des conclusions d'un rapport d'experts selon lequel les indices relevés dans les jours précédant l'éboulement — affaissements à l'hôpital des Chazeaux, écoulement anormal des eaux — ne pouvaient faire prévoir l'imminence d'un tel désastre. Les experts attribuent la catastrophe aux seules forces de la nature : l'abondance des pluies de 1930 et la présence, à mi-pente, d'une source jusque-là ignorée dont le débit important affouilla le sol et provoqua des ruptures de canalisations[35],[36].

Les pluies abondantes de l'été et de l'automne sont la cause directe de la catastrophe. Mais des causes structurelles sont avancées. Entre le socle cristallin de la colline, dernier vestige du Massif central, et les marnes supérieures qui retiennent la nappe de Fourvière, une importante formation sableuse, alors encore très mal connue, constitue une part importante de la colline. Ce substrat imbibé d'eau est lui-même recouvert d'une épaisse couche de déblais, correspondant aux diverses étapes de l'occupation humaine du site, et en très forte pente (environ 30 %). C'est ce déblai qui est emporté par la liquéfaction de la couche supérieure du substrat sableux[5]. Les différentes ouvertures permettant à l'eau souterraine de s'écouler se sont progressivement obstruées avec le temps. Les eaux de pluie et des différentes sources se sont ainsi accumulées exerçant une pression de plus en plus forte sur la couche superficielle de la colline.

Le chercheur Emmanuel Martinais (École nationale des travaux publics de l'État) considère cette déshérence des galeries de drainage historiques, romaines puis médiévales, comme la cause structurelle principale de la catastrophe, davantage que les pluies elles-mêmes. La géologue Catherine Pothier (INSA Lyon) décrit la colline comme un « millefeuille » de couches d'argile, de sable et de moraines glaciaires, dont la porosité permet la formation de poches d'eau propices aux glissements. Le géographe André Allix relève par ailleurs que l'éboulement de 840 avait affecté le tiers supérieur de la colline, quand celui de 1930 en a touché le tiers inférieur[5].

Une étude avait pourtant été adressée le au maire de Lyon par le doyen Charles Depéret, de la Faculté des sciences, sur l'affaissement de la colline de Fourvière. Malgré la description précise et scientifique des risques, le coût des travaux — estimé à six millions de francs — dissuada les décideurs d'engager des travaux. Depéret meurt le , sans connaître la confirmation tragique de ses conclusions. De plus, trois mois avant le drame un rouleau compresseur s'est enfoncé dans la chaussée de la montée du Chemin-Neuf[4].

Hommages et mémoire

modifier

Décorations et honneurs

modifier

Ordre national de la Légion d'honneur

modifier

Citations à l'ordre de la Nation

modifier
  • Le bataillon de sapeurs-pompiers de la ville de Lyon est cité à l'ordre de la Nation en ces termes : « Bataillon d'un héroïsme légendaire, toujours sur la brèche et toujours prêt au sacrifice chaque fois qu'un grand danger menace la cité. Vient d'être cruellement frappé par le sacrifice sublime de dix-neuf sapeurs, dont un officier, qui ont trouvé une mort glorieuse en se précipitant au secours de la population menacée par la catastrophe de Fourvière. »[43],[37]
  • Le corps des gardiens de la paix de l'agglomération lyonnaise est cité à l'ordre de la Nation en ces termes : « Corps d'élite, animé d'un esprit d'abnégation absolu, toujours prêt à faire face aux innombrables devoirs que suscite à chaque instant la garde d'une grande cité, vient de donner une nouvelle preuve de son esprit de sacrifice, en se portant avec intrépidité au secours des sinistrés de Fourvière, et a scellé son dévouement de la mort d'un officier et de trois gardes. »[43],[37]
  • Le capitaine Michel Rochat, commandant la deuxième compagnie du bataillon de sapeurs-pompiers de Lyon, reçoit à titre individuel la citation suivante : « Officier particulièrement courageux qui, au cours de vingt-sept années de dévouement au bataillon de sapeurs-pompiers de Lyon, a procédé à dix sauvetages et a été blessé deux fois. Mobilisé pendant la campagne 1914-1918, a été blessé par éclat d'obus le 10 juin 1915. Aux armées comme à la tête de ses hommes pour la défense de la cité, a toujours montré un esprit d'abnégation absolu. Mort en service commandé le 13 novembre 1930, ensevelis sous un éboulement, alors qu'il s'efforçait de secourir la population victime de la catastrophe de Fourvière. »[43],[37]
  • Le capitaine Antoine Montfagnon, officier de paix au corps des gardiens de la paix de Lyon, reçoit à titre individuel la citation suivante : « Comme gardien de la paix, brigadier et officier de paix au corps des gardiens de la paix de Lyon, le capitaine Montfagnon a toujours fait preuve du plus grand courage et d'un dévouement total. Alerté lors de la catastrophe de Fourvière, s'est porté immédiatement avec ses hommes au secours des victimes et a été enseveli sous un nouvel éboulement. Mort en service commandé le 13 novembre 1930. »[43],[37]

Médailles et promotion spéciale

modifier

Commémoration

modifier

Une plaque commémorative a été placée dans la rue Tramassac. Il est écrit : « C'est à l'emplacement de ce jardin que dans la nuit tragique du lors de l'éboulement de la colline de Fourvière furent ensevelis sous les décombres 16 habitants de la rue Tramassac ainsi que 4 gardiens de la paix et 19 sapeurs-pompiers des casernes de Lyon qui s'étaient vaillamment portés à leur secours. Passant, souviens toi. »[46]

Travaux

modifier
Travaux de consolidation de la colline.

La colline est renforcée avec du béton armé, et les eaux d'infiltration sont drainées et servent ensuite à alimenter la fontaine située en contrebas de la basilique Notre-Dame de Fourvière qui n'a d'ailleurs apparemment pas subi de dégâts. Un hôpital tenu par des religieuses et qui menaçait de s'écrouler est démoli. Au total, 40 000 t de terre et de débris doivent être déblayées. Une indemnité de 15 millions de francs est votée par le Parlement[1].

Rumeur d'un lac sous Fourvière

modifier

À la suite de la catastrophe, la mairie de Lyon reçut de nombreux courriers attestant l'existence d'un lac sous la colline. La plus célèbre de ces lettres, datée de , provient d'une dénommée Veuve Richard, demeurant à Satillieu en Ardèche, qui affirme avoir été conduite à ce lac sur lequel se trouvait un bateau.

Le sujet est pris au sérieux par les autorités de l'époque. Le , le Salut public relate les recherches diligentées par le juge d'instruction Vinas, chargé d'enquêter sur la catastrophe de Saint-Jean. Le maire de Lyon, Édouard Herriot, avait en effet reçu, quelques jours plus tôt, un rapport signé d'un ancien ingénieur du PLM[S 2]. Son auteur, M. Roulet, était persuadé de l'existence d'une « poche d'eau, une sorte de lac » sous le cimetière de Loyasse. Il l'aurait même trouvé, lors d'une exploration de galerie, en compagnie de M. Gebhard, commissaire aux délégations judiciaires[S 2].

Quelques jours plus tard, dans son édition du , le Salut public dément finalement la présence d'un lac. Le propriétaire du terrain menant à la galerie aurait indiqué au juge que la galerie menait à un mur retenant des eaux de captage, mais en aucun cas à un lac[S 3].

Dans son édition du , le Salut public, ayant interrogé le professeur de minéralogie Henri Longchambon, finit par conclure : « Quant au lac souterrain qui aurait été découvert sous Loyasse, c'est une légende, disent les savants. De fait, personne ne peut assurer avoir canoté, pêché ou jouté sur cette pièce d'eau[S 4]. »

De nos jours, la rumeur d'un lac sous Fourvière est toujours tenace auprès des Lyonnais, entretenue parfois par la diffusion de photos de citernes souterraines (la grotte Bérelle ou celle de l'usine des eaux de Saint-Clair).

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 « , la catastrophe à Fourvière », sur archives-lyon.fr, Archives municipales de Lyon (consulté le ).
  2. 1 2 « La catastrophe de Fourvière – Musée des sapeurs-pompiers Lyon-Rhône », sur museepompiers.com (consulté le )
  3. Jacques Borge et Nicolas Viasnoff, Lyon, vingt siècles de chroniques surprenantes, Paris, Balland, , 400 p. (ISBN 2-7158-0360-5 (édité erroné) et 2-7158-0343-5), p. 14–15, extrait du texte d'André Steyert, Nouvelle Histoire de Lyon et des provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, Franc-Lyonnais et Dombes, t. 1 : Antiquité, depuis les temps préhistoriques jusqu'à la chute du royaume burgonde, Lyon, Bernoux et Cumin, , p. 125–126 [lire en ligne].
  4. 1 2 « Catastrophe de Fourvière : les coups du destin », Histoire de Lyon, sur magazine.fr (version du sur archive.org).
  5. 1 2 3 Allix 1930, p. 454–455.
  6. Patrice Béghain et Michel Kneubühler, La perte et la mémoire : vandalisme, sentiment et conscience du patrimoine à Lyon, Lyon, Fage éditions, (ISBN 978-2-84975-388-0), p. 132–133.
  7. (en) « / Giant QR Code Generator - View QR code », sur me-l.co.
  8. Arrêté du du maire de Lyon, cité dans « L'éboulement du Chemin neuf : Hier on a retiré deux corps dont celui d'un pompier », Le Salut public, 83e année, no 321, , p. 1 (lire en ligne).
  9. 1 2 « Paul Grison », sur police-actionsolidaire.fr (consulté le ).
  10. 1 2 « Antoine Montfagnon », sur police-actionsolidaire.fr (consulté le ).
  11. 1 2 « Juste Ratte », sur police-actionsolidaire.fr.
  12. 1 2 « François Tournafol », sur police-actionsolidaire.fr (consulté le ).
  13. 1 2 « RetroNews.fr - Le site de presse de la BnF », sur www.retronews.fr (consulté le )
  14. 1 2 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  15. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  16. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  17. 1 2 3 4 5 6 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  18. 1 2 3 4 5 6 7 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  19. 1 2 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  20. 1 2 3 4 5 Emmanuel Martinais, « La catastrophe comme construction du champ médiatique. L'éboulement de Fourvière (1930) à travers la presse écrite », dans Récits et représentations des catastrophes depuis l'Antiquité, Grenoble, CNRS-MSH-Alpes, , 93–114 p. (lire en ligne)
  21. « Figaro : journal non politique », sur Gallica, (consulté le )
  22. « Le Petit Parisien : journal quotidien du soir », sur gallica.bnf.fr, (consulté le )
  23. « 1930, catastrophe à Fourvière | Archives de Lyon », sur www.archives-lyon.fr (consulté le )
  24. 1 2 « Le Matin : derniers télégrammes de la nuit », sur Gallica, (consulté le )
  25. « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  26. « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  27. « 1930, catastrophe à Fourvière | Archives de Lyon », sur www.archives-lyon.fr (consulté le )
  28. « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  29. 1 2 3 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  30. 1 2 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  31. « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  32. « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  33. « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  34. « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  35. « Gallica | Vérification de sécurité », sur gallica.bnf.fr (consulté le )
  36. « Le Petit Parisien : journal quotidien du soir », sur gallica.bnf.fr, (consulté le )
  37. 1 2 3 4 5 6 « Le Salut public : journal de Lyon, politique, commercial et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  38. « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  39. « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  40. 1 2 « RetroNews.fr - Le site de presse de la BnF », sur www.retronews.fr (consulté le )
  41. « RetroNews.fr - Le site de presse de la BnF », sur www.retronews.fr (consulté le )
  42. « Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon », sur archives.rhone.fr (consulté le )
  43. 1 2 3 4 « RetroNews.fr - Le site de presse de la BnF », sur www.retronews.fr (consulté le )
  44. « Décret du  : Récompenses honorifiques accordées à des sapeurs-pompiers », Journal officiel de la République française, no 281, , p. 13196 (lire en ligne).
  45. 1 2 « Récompenses honorifiques pour actes de courage et de dévouement », Journal officiel de la République française, (lire en ligne)
  46. (en) « L'irréductible Lugdunum : La catastrophe de Fourvière », sur petitpaume.com, Le Petit Paumé, .

Dans Le Salut public, sur Gallica :

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Arrêté du du maire de Lyon, cité dans « L'éboulement du Chemin neuf : Hier on a retiré deux corps dont celui d'un pompier », Le Salut public, 83e année, no 321, , p. 1 (lire en ligne).
  2. 1 2 « La catastrophe de St-Jean », Le Salut public, 84e année, no 13, , p. 2 (lire en ligne).
  3. « À l'instruction : La nappe d'eau souterraine de Loyasse », Le Salut public, 84e année, no 21, , p. 2 (lire en ligne).
  4. « Sous-sol, savants et sourciers », Le Salut public, 84e année, no 50, , p. 3 (lire en ligne).

Sur Geneanet :

  1. 1 2 « Généalogie de Séraphin Michel », sur Geneanet.

Dans le Journal officiel de la République française, sur Gallica :

  1. « Décret du  : Récompenses honorifiques accordées à des sapeurs-pompiers », Journal officiel de la République française, no 160, , p. 7588 (lire en ligne).
  2. « Décision du  : Récompenses honorifiques pour actes de courage et de dévouement », Journal officiel de la République française, no 74, , p. 3146 (lire en ligne).
  3. 1 2 « Décret du  : Récompenses honorifiques pour actes de courage et de dévouement », Journal officiel de la République française, no 282, , p. 13250 (lire en ligne).

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • [Allix 1930] André Allix, « L'éboulement de Fourvière (note préliminaire) », Géocarrefour, vol. 6, no 4, , p. 454–455 (DOI 10.3406/geoca.1930.6375, lire en ligne [sur Persée], consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Barbier 1981] Jean-Christian Barbier, Voyage au ventre de Lyon, Lyon, éd. J.-M. Laffont, coll. « Variations », , 266 p. (ISBN 2-86368-032-3).
  • [Barbier 1994] Christian Barbier, chap. 2 « Autopsie d'une catastrophe », dans Les souterrains de Lyon, Ahun, éd. Verso (rééd. numérique Fenixx), , 221 p. (ISBN 2-903870-72-1 et 978-2-402-04477-6), p. 20–61 (lire en ligne Accès limité).
  • [Martinais 2005] Emmanuel Martinais, « La catastrophe comme construction du champ médiatique : L'éboulement de Fourvière () à travers la presse écrite », dans René Favier (dir.) et Anne-Marie Granet-Abisset (dir.), Récits et représentations des catastrophes depuis l'Antiquité (colloque Le traitement médiatique des catastrophes, entre oubli et mémoire, Grenoble, -, organisé par le LARHRA, l'UPMF et la MSH-Alpes), Grenoble, Publications de la MSH-Alpes, , 408 p. (ISBN 2-914242-18-2), p. 93–114 (HAL hal-00507145, lire en ligne [PDF]).
  • [Perrodin et Louvet 1980] Jacques Perrodin et Yves Louvet, La catastrophe de Fourvière (publié à l'occasion de l'exposition présentée à Lyon, -), Lyon, éd. La Renaissance du Vieux Lyon, , 72 p. (BNF 34689808).
  • [Rouzet 2009] Jacques Rouzet, chap. 5 « Fourvière, la colline mal inspirée », dans Les grandes catastrophes en France : au cœur des tragédies qui ont marqué le pays, Bruxelles, éd. Ixelles, , 350 p. (ISBN 978-2-87515-037-0 et 978-2-87515-333-3, lire en ligne Accès limité).

Sur la rumeur de lac :

  • [Hery et Delescluse 2006] Jean-Jacques Hery et Juliette Delescluse, « La chimère de Fourvière », L'Express, (version du sur archive.org).
  • [Martinais 2010] Emmanuel Martinais, « Risque géotechnique et activité symbolique : les habitants des collines lyonnaises en quête de sens », dans Thierry Coanus (dir.), Jacques Comby (dir.), François Duchêne (dir.) et Emmanuel Martinais (dir.), Risques et territoires : Interroger et comprendre la dimension locale de quelques risques contemporains (colloque à l'ENTPE, , organisé par l'UMR CNRS 5600, Environnement, ville, société), Paris, éd. Lavoisier (Tec & Doc), coll. « SRD, sciences du risque et du danger / Références », , XXII-480 p. (ISBN 978-2-7430-1206-9), p. 219–230 (HAL hal-00507148, lire en ligne [PDF]), en particulier § « La relation des habitants au danger : une nécessaire recherche de sens », p. 227–229.
  • [Roman 1932] Frédéric Roman, « Les légendes concernant la structure du sous-sol lyonnais », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, vol. 1, no 1, , p. 4–7 (DOI 10.3406/linly.1932.1975, lire en ligne).

Liens externes

modifier