Côtes-du-tarn
Un côtes-du-tarn[note 2], appelé vin de pays des côtes du Tarn jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) de zone du Sud-Ouest de la France, produit dans le département du Tarn.
| Côtes-du-tarn | |
| Type d'appellation(s) | IGP de zone |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1974 (VDP) et 2009 (IGP) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Sud-Ouest |
| Sous-région(s) | piémont du Massif central |
| Localisation | Tarn |
| Climat | océanique dégradé avec influence méditerranéenne |
| Superficie plantée | 2 460 hectares[1] |
| Cépages dominants | gamay N[note 1], duras N, sauvignon B, len de l'el B, mauzac B, etc. |
| Vins produits | 58 % rouges, 27 % blancs et 15 % rosés |
| Production | 182 080 hectolitres[1] |
| Rendement moyen à l'hectare | maximum 120 hl/ha ; 70 pour les surmûris[2] |
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Histoire
modifierL'histoire de ce vin possède de nombreux points communs avec celui de l'appellation gaillac : implantation dès l'époque gallo-romaine, transport du vin par gabares sur le Tarn vers Bordeaux, etc. La différence se fait sur une aire élargie par rapport à l'AOC et des critères plus laxistes. Elle reprend une partie de l'ancien vignoble du Tarn indépendant de celui de l'abbaye Saint-Michel de Gaillac grandement amoindri par le gel de 1956. Pendant la majorité du XXe siècle, ce vin était vendu comme « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu ce type de production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics ont créé en 1968 le label « vin de pays » (VDP)[3], d'où en 1974 une première délimitation du « vin de pays des côtes du Tarn », concernant une large part du département (cantons d'Albi, de Cadalen, de Castelnau-de-Montmiral, de Gaillac, de Lisle-sur-Tarn, de Rabastens et de Salvagnac, ainsi que les communes d'Amarens, Ambres, Bellegarde, Bournazel, Briatexte, Busque, Cambon, Les Cabannes, Campes, Combefa, Cordes, Cunac, Donnazac, Frausseilles, Garrigues, Giroussens, Itzac, Livers-Cazelles, Loubers, Lugan, Marsal, Mouzieys-Panens, Mouzieys-Teulet, Noailles, Orban, Poulan-Pouzols, Puybegon, Saint-Gauzens, Saint-Grégoire, Saint-Jean-de-Rives, Saint-Juéry, Saint-Lieux-lès-Lavaur, Saint-Sulpice, Saussenac, Souel, Tonnac, Labastide-Gabausse, Taïx, Vindrac-Alayrac et Virac)[4]. En 1978, l'aire est étendue à huit communes supplémentaires (Cabanès, Fiac, Graulhet, Labastide-Saint-Georges, Lavaur, Missècle, Saint-Agnan et Viterbe[5]. En 1981, quelques critères de production sont définis (aire de 116 communes, autorisation de 25 cépages, avec un rendement maximum de 80 hl/ha)[6].
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[7] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[8] ; le vin de pays des côtes du Tarn devient donc le l'IGP « Côtes du Tarn »[9]. Le cahier des charges est publié en (comprenant deux unités géographiques plus petites : « Cunac » et « Cabanes »)[10], puis modifié en (ajout du chapitre « Lien causal entre la spécificité de la zone géographique et la spécificité du produit »)[2].
Vignoble
modifierAire de production
modifier| Image externe | |
| Carte des communes concernées | |
L'IGP est présente sur le département du Tarn. 116 communes sont concernées : Albi, Alos, Amarens, Ambres, Andillac, Arthès, Aussac, Beauvais-sur-Tescou, Bellegarde, Bernac, Bournazel, Brens, Briatexte, Broze, Busque, Cabanès, Les Cabannes, Cadalen, Cagnac-les-Mines, Cahuzac-sur-Vère, Cambon, Campagnac, Carlus, Castanet, Castelnau-de-Lévis, Castelnau-de-Montmiral, Cestayrols, Combefa, Cordes-sur-Ciel, Coufouleux, Cunac, Donnazac, Fayssac, Fénols, Fiac, Florentin, Frausseilles, Fréjairolles, Gaillac, Le Garric, Garrigues, Giroussens, Graulhet, Grazac, Itzac, Labastide-de-Lévis, Labastide-Gabausse, Labastide-Saint-Georges, Labessière-Candeil, Lagrave, Larroque, Lasgraisses, Lavaur, Lescure-d'Albigeois, Lisle-sur-Tarn, Livers-Cazelles, Loubers, Loupiac, Lugan, Mailhoc, Marsal, Marssac-sur-Tarn, Mézens, Milhavet, Missècle, Montans, Montdurausse, Montels, Montgaillard, Montvalen, Mouzieys-Teulet, Mouzieys-Panens, Noailles, Orban, Parisot, Peyrole, Poulan-Pouzols, Puybegon, Puycelsi, Puygouzon, Rabastens, Rivières, Roquemaure, Rouffiac, Saint-Agnan, Saint-Beauzile, Sainte-Cécile-du-Cayrou, Saint-Gauzens, Saint-Grégoire, Saint-Jean-de-Rives, Saint-Juéry, Saint-Lieux-lès-Lavaur, Saint-Marcel-Campes, Saint-Paul-Cap-de-Joux, Saint-Sulpice-la-Pointe, Saint-Urcisse, Saliès, Salvagnac, Saussenac, La Sauzière-Saint-Jean, Senouillac, Le Sequestre, Soual, Taïx, Tauriac, Técou, Terssac, Teyssode, Tonnac, Le Verdier, Vieux, Villeneuve-sur-Vère, Vindrac-Alayrac, Virac, Viterbe et Sainte-Croix.
Climatologie
modifierEncépagement
modifierLes cépages autorisés pour faire du rouge ou du rosé sont :
- cépages de l'AOC gaillac : cabernet franc N[note 1], cabernet sauvignon N, duras N, fer servadou N, gamay N, merlot N et syrah N ;
- cépages anciens : carignan N, cinsault N, gamay de chaudenay N, gamay de Bouze N, jurançon N, mérille N, portugais bleu N et prunelard N ;
- nouveaux cépages : alicante Bouschet N, egiodola N, gamaret N, malbec N, marselan N, négrette N et tannat N.
Les cépages pour faire du blanc sont :
- cépages de l'AOC gaillac : len de l'el B, mauzac blanc B, mauzac rose Rs, muscadelle B, ondenc B, sauvignon B et sémillon B ;
- cépages anciens : ugni blanc B ;
- nouveaux cépages : chardonnay B, chasan B, colombard B, gros manseng B, petit manseng B et listan B[2].
Vins
modifierTypes de vin
modifierLe cahier des charges de l'IGP autorise la production de côtes-du-tarn rouges, rosés et blancs, ainsi que des blancs surmûris ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi que par une des deux unités géographiques plus petites que sont « Cunac » et « Cabanes »[2]. Il existe donc 21 produits différents :
- côtes-du-tarn blanc ;
- côtes-du-tarn blanc surmûri ;
- côtes-du-tarn rosé ;
- côtes-du-tarn rouge ;
- côtes-du-tarn primeur ou nouveau blanc ;
- côtes-du-tarn primeur ou nouveau rosé ;
- côtes-du-tarn primeur ou nouveau rouge ;
- côtes-du-tarn Cabanes blanc ;
- côtes-du-tarn Cabanes primeur ou nouveau blanc ;
- côtes-du-tarn Cabanes primeur ou nouveau rosé ;
- côtes-du-tarn Cabanes primeur ou nouveau rouge ;
- côtes-du-tarn Cabanes rosé ;
- côtes-du-tarn Cabanes rouge ;
- côtes-du-tarn Cabanes surmûri blanc ;
- côtes-du-tarn Cunac blanc ;
- côtes-du-tarn Cunac primeur ou nouveau blanc ;
- côtes-du-tarn Cunac primeur ou nouveau rosé ;
- côtes-du-tarn Cunac primeur ou nouveau rouge ;
- côtes-du-tarn Cunac rosé ;
- côtes-du-tarn Cunac rouge ;
- côtes-du-tarn Cunac surmûri blanc.
Gastronomie
modifierVins rouges de soif, fruités de structure légère. Ces vins ont muté depuis une trentaine d'années; les vins cépages anciens ont peu à peu été remplacés par des cépages connus pour leur qualité destinés à l'élaboration de vin de cépage.
Vins de caractère qui ne sont pas agréés en AOC. (vignes hors zone AOC, cépages non inscrits en AOC : chardonnay B et prunelard N) Ce sont des vins de niche de grande qualité parfois de culture un peu expérimentale. Le prunelard, cépage important au XIXe siècle avait disparu. Il est à nouveau cultivé par quelques vignerons désireux de l'essayer. Il donne généralement des vins puissants et complexes.
Notes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
Références
modifier- 1 2 « IGP Côtes-du-Tarn », sur vignobles-sudouest.fr.
- 1 2 3 4 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « CÔTES DU TARN » » [PDF], modifié par l'arrêté du 8 novembre 2013 publié au JORF du .
- ↑ « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
- ↑ « Arrêté du 29 janvier 1974 portant délimitation de la zone de production des plusieurs vins de pays », publié au JORF no 0030 du p. 1294.
- ↑ « Arrêté du 18 décembre 1978 portant délimitation de la zone de production du vin de pays des côtes du Tarn », publié au JORF du p. 9938.
- ↑ « Décret du 16 novembre 1981 définissant les conditions de production de divers vins de pays », publié au JORF no 0272 du numéro complémentaire.
- ↑ « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
- ↑ INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
- ↑ « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
- ↑ « Arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Côtes du Tarn » », publié au JORF no 0261 du .