Filmographie d'Alain Delon

filmographie

Cet article détaille la filmographie complète d'Alain Delon.

Parmi les acteurs français les plus célèbres à l'étranger[1],[2],[3],[4],[5], Delon est en outre considéré comme un « monstre sacré » du cinéma, toutes générations confondues[6],[7],[8],[9],[10],

Filmographie

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Acteur au cinéma

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Années 1940

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Au côté de Marie Laforêt dans Plein Soleil (1959).
Rocco et ses frères (1960) de Luchino Visconti.
Avec Claudia Cardinale et Burt Lancaster dans Le Guépard (1963).
Quelle joie de vivre en 1961.
Avec Monica Vitti dans L'Éclipse (1962).
Avec Odile Poisson dans Les Aventuriers (1967).
Clan des Siciliens (1969) à l'aéroport de Rome.
  • 1949 : Le Rapt d'Olivier Bourguignon (court-métrage muet de 22 secondes[11])

Années 1950

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Années 1960

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Années 1970

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Le Professeur en 1972.
La Veuve Couderc (1971).

Années 1980

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Années 1990

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Années 2000

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Années 2010

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Acteur à la télévision

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Réalisateur

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Producteur

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Travail d'acteur et personnalité

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Jeu d'acteur

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Alain Delon est souvent défini par contraste avec ses contemporains. Si Jean-Paul Belmondo incarne l'improvisation, l'énergie brute et la spontanéité de la Nouvelle Vague (À bout de souffle, 1960), Delon s'impose par une présence beaucoup plus intériorisée et glaciale[15]. Jean-Pierre Melville, qui fit de lui son acteur privilégié après Belmondo, résumait sa direction d'acteurs ainsi : « Ne fais rien, tiens-toi là »[15]. C'est précisément ce minimalisme qui correspond au visage « impassible » et à la beauté froide de Delon[15]. Son jeu repose ainsi moins sur l'expressivité faciale que sur la maîtrise du silence, du regard et de la posture[15]. La critique anglo-saxonne l'a souvent défini comme un « blank slate », une surface neutre sur laquelle le spectateur projette ses propres affects et fantasmes[15].

Par ailleurs, l'attention portée au costume est constante : du complet ajusté de Plein Soleil à l'ensemble devenu mythique de Le Samouraï — trench-coat, chapeau Borsalino, gants — Delon construit une grammaire visuelle de ses personnages[16].

On se souvient que Michelangelo Antonioni choisit Alain Delon pour L'Éclipse en raison de son « visage dur et impitoyable »[17]. Le jeu d'Alain Delon, notamment dans Le Samouraï de Jean-Pierre Melville (1967), s'inscrit dans une configuration singulière de la masculinité filmique[18]. Delon construit son personnage par une économie gestuelle réduite à l'essentiel : le corps est discipliné et le visage impassible[18]. La répétition mécanique de certains gestes (en particulier celui de l'ajustement du chapeau) relève d'une codification presque liturgique de la présence[18]. Ce rituel de l'apparence manifeste un narcissisme latent, proche de ce que Laura Mulvey décrit comme la projection d'un « moi idéal », fermé et autosuffisant[18]. L'usage minimal du dialogue, caractéristique du jeu de Delon, contourne le langage au profit d'une pure image de maîtrise[18]. Pourtant, cette image se fissure progressivement[18]. Le jeu de Delon met en scène une omnipotence d'abord incontestée (solitude absolue, invulnérabilité apparente), mais que le récit soumet à une série d'épreuves (profanation de l'espace intime, traque policière)[18]. La rigidité de son jeu devient alors une performance tragique : le regard échangé avec la chanteuse du club (Cathy Rosier) révèle un léger vacillement et la menace pesant sur son intégrité, la mort survenant peu après qu'il a tenté de la revoir[18]. Ainsi, le jeu de Delon a une double fonction : en plus d'incarner une virilité cinématographique, chaque geste soigneusement contrôlé révèle aussi la fragilité de cet idéal[18].

Il ne faudrait toutefois pas réduire le jeu de Delon à une froideur spectrale ou à un mutisme hiératique. Dans Le Clan des Siciliens (1968), il incarne un psychopathe séduisant : violent (la scène où il abat un poisson contre un rocher) et romantique à la fois[19]. Delon incarne ici une masculinité inquiétante, attirante et destructrice, ce qui correspond parfaitement à sa méthode : jouer sur l'ambiguïté du silence et du mystère[19]. Dans Le Gang (1976), il incarne un gangster des années 1940, mais cette fois avec une nuance nouvelle : le film montre des scènes d'ensemble chaleureuses, où Delon, affublé d'une perruque frisée, partage la camaraderie de son groupe[20] ; ce personnage détonne aussi par son exubérance et son flot d'injures[b]. Outre Le Gang, on le voit déjà dans Borsalino (1970), où la rivalité initiale avec Belmondo se transforme en amitié complice, donnant lieu à des séquences où les deux stars s'amusent avec les codes du polar[21]. L'argument policier est ici secondaire : ce qui prime, c'est l'alchimie entre deux silhouettes masculines en costume trois-pièces et chapeaux Borsalino, dans un buddy movie à la française[21].

Corps, image et rôle : la stylisation Delon

Marie Laforêt et Alain Delon (Tom Ripley) dans de René Clément, Plein Soleil (1960).
Rocco et ses frères (1961)

Le jeu de Delon s'inscrit également dans une articulation entre individu, rôle et personnage, ce que Erving Goffman conceptualisait dans Frame Analysis (1974) par la formule individu-rôle et rôle-personnage[22]. Sa beauté « féline », que Luchino Visconti met en valeur dans Rocco et ses frères (1960) et Le Guépard (1963), fonctionne d'abord comme un attribut naturel, mais la mise en scène en fait un objet érotique et statuaire, comparable à la figure de Tadzio dans Mort à Venise (Visconti, 1971)[22]. La caméra fige ainsi Delon dans une dimension à la fois désirée et distanciée[22]. Ses premiers rôles révèlent une double orientation : d'une part, le jeune premier fragile et angélique (Rocco, Tancrède), d'autre part, le « tough guy » des polars d'Henri Verneuil[22]. Mais c'est avec Melville que Delon bascule dans une stylisation extrême[22]. Dans Le Samouraï (1967), Jef Costello est défini par son mutisme et ses gestes ritualisés[22]. Le commissaire le formule : « ce n'est pas un homme normal »[22]. L'acteur efface toute psychologie au profit d'une icône du film noir[22]. Cette orientation se retrouve dans Le Cercle rouge (1970), où Corey (Delon) apparaît comme un rouage d'une mécanique criminelle[23]. Il incarne avec force le personnage solitaire, mystérieux, qui se définit par ses déplacements dans l'espace plus que par ses mots[23]. Delon sait tout autant aussi enrichir son emploi de nuances existentielles[22]. Dans Plein Soleil (1960), il incarne Ripley en jouant le mimétisme et la duplicité[22]. Dans La Piscine (1969), il exprime une jalousie enfouie et une violence latente[22]. Dans Monsieur Klein, il se mue en victime sacrificielle d'une méprise identitaire[22]. Ces variations montrent que son jeu ne se réduisent pas à l'exposition d'un corps[22].

La crise des années 1980, illustrée par Le Battant (1983), où « au lieu d'être Delon, Delon fait du Delon », révèle toutefois les limites de cet emploi[22]. L'acteur se heurte à la difficulté de renouveler son image face au temps[22]. Quelques œuvres, comme Notre histoire (1984) ou Le Retour de Casanova (1992), assument ce vieillissement, jusqu'aux campagnes publicitaires, empreintes d'ironie, jouant sur la formule : « il fut Alain Delon »[22].

Fatalité et disparition dans l'incarnation des personnages Alain Delon s'impose dans l'histoire du cinéma comme l'archétype de ce que Simber Atay appelle le « protagoniste du commencement de la fin »[24]. Son emploi, marqué par la répétition de morts spectaculaires ou de chutes inexorables, illustre une esthétique de la fatalité, où chaque rôle devient une variation autour d'une même tension : celle d'un homme en route vers sa disparition[24]. Son jeu repose sur une violence statique, comme l'analyse Gilles Deleuze : une tension intérieure, contenue et presque immobile[24]. Ce minimalisme gestuel (présence silencieuse, un regard figé, une posture impassible) transforme Delon en figure de pure intensité dramatique[24]. Dans Monsieur Klein (Joseph Losey, 1976), ce style atteint son apogée[24]. Delon incarne un homme que son identité échappe peu à peu, jusqu'à se fondre dans celle d'un autre[24]. Ce processus d'effacement, d'abord subi, devient une forme de soumission volontaire au destin[24]. Comme le soulignent Laurent Jullier et Jean-Marc Leveratto[25], cette disparition donne sens au personnage et le transfigure[24]. En ce sens, la figure de Delon ne se contente pas de représenter le hors-la-loi ou l'outsider : elle incarne une forme de rébellion contre le système, mais dont l'issue est toujours la disparition. Cette disparition est esthétique, morale, mais aussi politique. Car, comme le souligne Atay, Delon devient à partir des années 1960 une icône paradoxale : antisystème mais populaire, solitaire mais adoré, rebelle mais profondément cinégénique[24]. Delon ne cherche ni à séduire ni à susciter l'identification ; son jeu, fondé sur la retenue et la sobriété, confère à sa présence une dimension quasi mythologique[24].

Un célèbre inconnu pour la Nouvelle Vague

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Devenu un acteur de premier plan au tournant des années 1960, Alain Delon n'a quasiment pas collaboré avec les réalisateurs de la Nouvelle Vague, tels que François Truffaut, Éric Rohmer, Claude Chabrol, Jacques Rivette, Alain Resnais ou Jacques Demy[26],[27],[28]. Ces cinéastes cherchaient à rompre avec le cinéma dit « de qualité » des années 1950, qu'ils jugeaient trop académique et artificiel[29],[30]. Aux yeux de ces réalisateurs, Delon représentait justement cette industrie traditionnelle et n'était pas souhaité dans les distributions[31]. Son ascension personnelle coïncidait pourtant avec l'émergence du mouvement de la Nouvelle Vague, né à la fin des années 1950 et qui a duré jusqu'à la fin des années 1960[32],[33]. C'est bien après que Delon est sollicité par un réalisateur phrare de la mouvance : Jean-Luc Godard[34]. Celui-ci lui propose en 1990 un rôle dans Nouvelle Vague et explique cette collaboration tardive : « On a vécu la même industrie cinématographique française chacun de son côté. Pendant longtemps, ça ne s'est pas passé, et puis là, j'avais un rôle dans lequel je ne voyais que lui »[35]. Le résultat est mitigé[36]. En 1995, Delon joue son propre rôle dans Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma d'Agnès Varda, cinéaste proche du mouvement dit « Rive Gauche » contemporain de la Nouvelle Vague. En plus d'être un échec au box-office, le film reste inconnu de la filmographie de Delon[37]. L'acteur exprimera à plusieurs reprises des regrets quant à ce rendez-vous manqué : « (…) Tous ces films que je fais en France et en Italie, avec Visconti, Clément, c'est ce que la Nouvelle Vague n'aime pas. J'essaie, à l'époque, de tourner avec certains. Mais ils ont une telle aversion à mon égard… Le Delon de Rocco et ses frères, ce n'est pas pour les cinéastes de la Nouvelle Vague. Ils ont tellement cette conviction d'être le nouveau, le vrai et le seul cinéma que, pour eux, je suis un passéiste (…) »[38],[39]. Alors que Delon admirait Truffaut et souhaitait tourner sous sa direction, celui-ci aurait confié à l'acteur français : « J'ai toujours aimé votre manière de jouer, si je ne vous ai jamais contacté, c'est que vous me faisiez peur »[40].

Belmondo et Delon : trajectoires croisées de deux icônes du cinéma français

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Nés à deux ans d'intervalle (Belmondo en 1933, Delon en 1935), ils commencent leur carrière cinématographique à la fin des années 1950, apparaissant ensemble dans la comédie policière de Marc Allégret, Sois belle et tais-toi (1958)[41]. Leurs parcours illustrent deux pôles complémentaires du cinéma français des années 1960-1970, héritiers du star-system américain tout en s'inscrivant dans la tradition nationale initiée par Jean Gabin ou Eddie Constantine[42]. Ils s'imposent toutefois séparément dans le cinéma d'art et d'essai : Delon avec Rocco et ses frères et Le Guépard de Luchino Visconti ; Belmondo avec À double tour de Chabrol puis surtout À bout de souffle de Godard, où son jeu d'acteur vif, spontané et naturaliste — inspiré d'Eddie Constantine — surprend la critique[41]. Les deux acteurs se côtoient et se rencontrent dans des productions collectives : Les Amours célèbres en 1961, un film à sketches où ils apparaissent séparément, et Paris brûle-t-il ? de René Clément en 1966 (Belmondo joue un résistant et Delon est Jacques Chaban-Delmas). Par ailleurs, les deux acteurs attirent l'attention d'Hollywood dès les années 1960. En 1966, Mark Robson propose à Belmondo le rôle principal dans Les Centurions, mais face au refus, se rabat sur Delon[43]. En effet, Belmondo reçoit des offres sur le continent américain mais les refuse intégralement, préférant préserver sa liberté en France et éviter des rôles stéréotypés ; Delon est remarqué par des réalisateurs comme Vincente Minnelli ou David O. Selznick, passe des auditions comme pour Lawrence d'Arabie en 1960, signe un contrat et affine son anglais[43],[44]. Aucun ne s'installe durablement aux États-Unis.

Deux figures du polar français complémentaires Les deux acteurs se tournent rapidement vers le polar, genre qui leur permet de construire une véritable persona[41]. Belmondo collabore régulièrement avec Henri Verneuil et Georges Lautner (réalisateurs que Delon fréquente aussi, mais dans un registre distinct) et domine la comédie d'action populaire[45]. Il fonde sa persona sur l'énergie et l'exhibition physique, multipliant les cascades qu'il exécute lui-même, notamment dans Le Casse, Peur sur la ville, ou Flic ou Voyou[46]. Delon, à l'inverse, construit une figure contenue, suffisante, mutique et narcissique, perceptible dans les polars de Jean-Pierre Melville tels que Le Samouraï, Le Cercle rouge et Un flic[46]. Leur confrontation au sommet de leur popularité dans Borsalino, met en scène cette complémentarité antagoniste : Belmondo y est désinvolte, gouailleur et impulsif, Delon froid et mystérieux renforce son image de loup solitaire[47]. Le film attire près de cinq millions de spectateurs et fonctionne parce qu'il juxtapose ces deux styles sans les mélanger[47]. Si le succès est au rendez-vous, un épisode largement médiatisé inaugure l'idée d'une rivalité entre les deux stars, et marque leur relation publique[48]. Delon, producteur via sa société Adel Productions, fait apparaître son nom deux fois sur l'affiche, en contournant l'accord contractuel qui limitait son nom à une seule occurrence, devant celui de Belmondo[48]. Ce dernier boycotte la promotion, refuse d'assister à la première et porte l'affaire devant le tribunal de commerce de Paris[48]. Il obtient gain de cause, contraignant à la modification des affiches[48]. Les deux acteurs se réconcilient par la suite[49].

Par ailleurs, leur rôle dans l'essor du film policier français illustre leur complémentarité[41]. Entre les années 1960 et 1970, tous deux participent au renouvellement du genre influencé par la Série Noire : Belmondo y tourne quinze films policiers, Delon treize, soit un niveau proche de leurs contemporains Lino Ventura (14) ou Jean Gabin (11)[50]. Durant cette période, ils incarnent peu de policier (deux fois chacun), alors que Delon joue huit truands contre sept pour Belmondo, révélant une similarité de positionnement autour de figures de hors-la-loi ou d'aventuriers[50]. Delon et Belmondo deviennent rapidement les icônes du polar commercial et figurent parmi les acteurs les mieux payés et les plus populaires de la décennie[45]. Sur les cinquante plus gros succès au box-office entre 1969 et 1982, huit sont des films policiers dépassant 3,9 millions d'entrées : Delon y apparaît dans trois (Le Clan des Siciliens, Borsalino, Le Cercle rouge), Belmondo dans cinq (Le Professionnel, Borsalino, Le Casse, La Balance, Flic ou Voyou, Peur sur la ville)[45]. Autour de 1982, le paysage cinématographique est marquée par la disparition de plusieurs figures de la décennie précédente — Patrick Dewaere, Romy Schneider et Louis de Funès — et coïncide avec le ralentissement simultané de leurs carrières[51]. Delon et Belmondo se tournent davantage vers le théâtre ou vers des projets moins ambitieux[51]. Jusqu'en 1984-1985, Belmondo maintient toutefois une domination commerciale grâce à un système qu'il contrôle lui-même : acteur et producteur via Cerito Productions, il maintient une chaîne d'analogues avec des sorties annuelles fin octobre, obtenant des succès – Le Professionnel (1981) dépasse 300 000 entrées en première semaine parisienne, L'As des as (1982) atteint 463 000, et Le Marginal (1983) culmine à 468 000, avant que la mécanique ne s'effondre avec Le Solitaire et ses 127 000 entrées[52]. Delon suit une ligne rivale parallèle, avec des succès comme Trois hommes à abattre (1980) suivis d'un recul similaire, illustré par Ne réveillez pas un flic qui dort (1988)[52]. Tous deux ont tenté des reconversions dans les années 1980 (Itinéraire d'un enfant gâté (Belmondo, 1988) et Notre histoire (Delon, 1984), sans retrouver la gloire passée. Ils finissent néanmoins par être consacrés par leurs pairs en recevant chacun le César du meilleur acteur, distinction qu'aucun des deux ne jugera bon d'aller chercher[53],[54].

Jean-Paul Belmondo et Alain Delon dans une rue de Rome en 1961.

Au cinéma, leur divergence se manifeste surtout dans le style et l'image publique. Belmondo impose une présence physique marquée par l'énergie, la virilité et une aisance corporelle presque athlétique, souvent teintée d'autodérision[55]. Delon, au contraire, cultive une froideur hiératique, un jeu minimaliste où chaque infime mouvement du visage prend une valeur signifiante, jusqu'à suggérer une ambiguïté sexuelle (Plein Soleil, Rocco et ses frères, Le Guépard[56]…)[55]. Là où Belmondo incarne la vitalité populaire et une forme de spontanéité, Delon développe, notamment avec Melville dans Le Samouraï (1967) ou Le Cercle rouge (1970), une image abstraite, glacée, fondée sur l'honneur, la solitude et des objets-fétiches (le trench-coat, le chapeau (Borsalino)) qui deviennent ses attributs iconiques[57].

Fausses rivalités…

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Entre 1966 et 1985, Belmondo et Delon figurent parmi les acteurs les plus visibles du cinéma français[58]. Du point de vue des grands succès enregistrés sur cette période, Belmondo et Delon se distinguent par une longévité exceptionnelle dans les sommets du box-office, avec des carrières s'étendant sur 27 ans chacun dans les 20 premières places annuelles. En effet, l'écart entre les deux acteurs reste relativement limité et leurs trajectoires commerciales apparaissent comparables[59]. Sur les 241 films qui occupent les vingt meilleures entrées annuelles entre 1966 et 1985, Belmondo apparaît en tête dans 23 titres, Louis de Funès en deuxième position dans 21, et Delon en troisième dans 19[58]. En revanche, si l'on considère l'ensemble de leur carrière au box-office, l'écart devient plus marqué. Entre 1956 et 1990, Belmondo cumule 102,4 millions d'entrées en France, troisième derrière Louis de Funès et Bourvil, quand Delon se situe au sixième rang avec 55,8 millions, devancé également par Jean Gabin et Fernandel[60]. Il n'existe qu'une période où Delon dépasse Belmondo : entre 1965 et 1969, il se place troisième avec 22,1 millions d'entrées, devant Belmondo qui totalise 13,1 millions[60]. Dans les années 1970, leurs performances restent proches (18,8 millions d'entrées pour Belmondo contre 16,8 pour Delon entre 1970 et 1974, notamment grâce à Borsalino), mais Belmondo creuse l'écart ensuite (15,9 millions entre 1975 et 1979, contre une absence de Delon du classement) et atteint même un sommet entre 1980 et 1984 avec 25,3 millions d'entrées, porté par des succès comme Le Professionnel[60]. À Paris et sa périphérie, entre 1973 et 1993, Belmondo attire 12,8 millions de spectateurs sur 18 films, soit une moyenne plus forte que Delon (9,6 millions pour 32 films), ce qui traduit une attractivité plus concentrée pour le premier et plus dispersée pour le second[61]. Sur le plan économique, leurs cachets demeurent comparables au début des années 1990, oscillant entre 5 et 10 millions de francs, preuve d'un poids similaire dans l'industrie malgré des choix de carrière divergents[62].

Au-delà des résultats commerciaux, Belmondo et Delon adoptent des stratégies de carrière qui déterminent la nature de leur succès. Belmondo concentre l'essentiel de son attractivité sur des films populaires et spectaculaires, en particulier les polars et comédies d'action[52],[63]. Un choix résolument commercial qui lui vaut des critiques de pairs comme Gérard Depardieu ou Michel Piccoli, qui l'accusent de facilité et lui valent le surnom d'« acteur commercial »[64]. Des critiques et spécialistes (Jacques Nerson, Samuel Blumenfeld, Jérôme Leroy) considèrent que Delon a mieux géré sa carrière, pris davantage de risques et évité la voie strictement commerciale[48],[65].

Sur la scène internationale, Belmondo, Delon, Jean Gabin, Brigitte Bardot et Michèle Morgan comptent parmi les noms français qui s'exportent le plus selon les périodes[66]. La construction d'un univers mythologique moderne du vedettariat, dans lequel les stars acquièrent une dimension quasi déifiée, renforce l'adhésion transnationale des publics[67]. Le succès des films français dans les années 1960 et 1970 à travers l'Europe repose en partie sur le rayonnement international de Delon — particulièrement en Russie, en Chine et au Japon — ainsi que sur celui de Belmondo, tandis que le cinéma italien met notamment en avant Sophia Loren[67]. Sur le long terme, Delon demeure l'un des rares acteurs français dont l'image et les films continuent de bénéficier d'une reconnaissance internationale, parfois plus marquée que celle de Belmondo[68],[69].

Leur rivalité, largement entretenue par la presse et par le public, a traversé les générations, jusqu'à faire d'eux les derniers grands mythes de leur époque[70]. Il est vrai que leurs collaborations à l'écran sont restées rares : trois films seulement — Sois belle et tais-toi de Marc Allégret, Borsalino de Jacques Deray et Une chance sur deux de Patrice Leconte — chacun restant fidèle à son univers artistique et à ses choix de carrière[71].

Inspirations

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Alain Delon puise son inspiration auprès de plusieurs acteurs, à commencer par Jean Gabin[72]. Il cite régulièrement John Garfield comme son acteur préféré : « C'est le premier et le seul qui m'ait fasciné comme ça. J'ai vu ses débuts quand j'étais môme, et je me disais : "Si un jour je fais du cinéma, je voudrais être John Garfield." Oh, il était extraordinaire, physiquement et dans sa façon de jouer. Aujourd'hui, les gens ne savent même plus qui c'est »[73],[74].

Il admirait également le travail de Marlon Brando, Montgomery Clift, Frank Sinatra et Robert Walker : « J'appartiens à une génération qui a appris la vie avec John Garfield, Frank Sinatra et Marlon Brando – mes professeurs d'énergie. Ces trois-là avaient atteint un rang sans pareil dans mon idée du bonheur… »[75],[c].

Vision sur lui-même

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Alain Delon pendant la 66e édition du Festival de Cannes (2013).

En 2018, il considère avoir été un « acteur » et non un « comédien ». Il différencie les deux ainsi : « Ma carrière n'a rien à voir avec le métier de comédien. Comédien, c'est une vocation. C'est la différence essentielle – et il n'y a rien de péjoratif ici – entre Belmondo et Delon. Je suis un acteur, Jean-Paul est un comédien. Un comédien joue, il passe des années à apprendre, alors que l'acteur vit. Moi, j'ai toujours vécu mes rôles. Je n'ai jamais joué. Un acteur est un accident. Je suis un accident. Ma vie est un accident. Ma carrière est un accident »[76],[77].

Par ailleurs, Alain Delon se considère selon ses propres mots ainsi : « Vous avez dit le mot “icône” mais je ne suis pas une icône. Je dis toujours : “Je suis un mythe mais vivant. […] Il faut savoir que, venu d'où je suis venu et devenir ce que je suis devenu, c'était extraordinaire. Des carrières comme la mienne, on n'en fera plus beaucoup comme ça. »[78],[79].

Projets inaboutis ou refusés

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Au cours de sa carrière, Alain Delon s'est vu proposer des rôles de plusieurs productions emblématiques, illustrant ainsi sa reconnaissance internationale[80]. Il se voit proposer en 1979 le rôle de James Bond par Albert Broccoli. Delon décline l'offre[81],[82]. L'acteur est également invité à incarner Sherif Ali dans Lawrence d'Arabie par le producteur Sam Spiegel[83],[84]. Delon refuse néanmoins de porter des lentilles de contact brunes pour le rôle et quitte le projet[85],[86]. Robert Evans a également envisagé pour Alain Delon le rôle de Michael Corleone dans Le Parrain : « Francis m'a dit : "On a un gros problème. Tu veux un type qui te ressemble, et je veux un type qui me ressemble.” Moi, je voulais Alain Delon, vous comprenez ? C'est comme cela qu'il était décrit dans le livre. Je me trompais. Francis a poursuivi : "Je veux Al Pacino, et c'est moi le réalisateur. Si tu ne le prends pas, je ne fais pas ce putain de film." J'ai répondu : "D'accord. Je l'engage, ton nabot ! »[87],[88],[89]. Delon, de son côté, écarte d'emblée la proposition : « Il fallait que j'apprenne à parler anglais avec l'accent italien. Cela ne me plaisait pas. »[90].

Projets inaboutis

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Alain Delon est envisagé à la fin des années 1950 par Luis Buñuel pour jouer le rôle d'Ambrosio, dans une adaptation du roman Le Moine de Matthew Gregory Lewis[91]. Le film n'a jamais vu le jour en raison de désaccords entre les producteurs. Le projet est repris plus tard par Ado Kyrou, mais avec Franco Nero dans le rôle principal[92]. Devenu une figure du cinéma français des années 60, Alain Delon est ensuite cité dans des projets variés[d]. Roger Vadim pense à lui pour jouer face à Brigitte Bardot dans Le Repos du guerrier[d]. Sa participation est annoncée par la presse, mais Vadim choisit finalement Robert Hossein, qu'il connaît mieux[d]. Il est aussi envisagé dans Dragées au poivre, comédie inspirée des sketches de Guy Bedos[d]. Le New York Times annonce, le , la signature d'un contrat avec la MGM pour l'adaptation du roman L'Homme à cheval de Pierre Drieu La Rochelle[e]. Delon se rend au Mexique pour effectuer des repérages, mais plusieurs éléments bloquent l'avancement du projet ; il sera finalement abandonné[f]. Un autre projet est ensuite évoqué : Ready for the Tiger, à nouveau avec Peckinpah[g]. Le scénario, signé Jack Neuman d'après un roman de Sam Ross, place l'action partiellement à Hong Kong[g]. Delon signe un contrat le mais le film ne sera pas tourné[g]. Robert Enrico projette d'adapter à l'écran Monsieur le Président, roman de Miguel Angel Asturias traitant d'une dictature sud-américaine[h]. Alain Delon est envisagé pour le rôle de « Visage d'ange », homme de confiance du dictateur[h]. Le projet stagne, puis est finalement abandonné par Robert Enrico[h]. Delon évoque un projet avec Jean-Pierre Melville : Arsène Lupin[i]. Melville renonce après avoir appris qu'un feuilleton est en préparation pour la télévision[i]. Il envisage ensuite Une saison en enfer, avec Delon en Rimbaud et Brialy en Verlaine, mais ce projet ne voit jamais le jour[i]. Pour une séquence parodiant le cinéma intellectuel, le réalisateur Jacques Baratier souhaite reformer le duo de L'Éclipse (Monica Vitti et Delon)[d]. Ce dernier étant indisponible, il est remplacé au dernier moment par Roger Vadim[d]. Après Paris brûle-t-il ?, Columbia propose à Delon un film sur la jeunesse fictive de Cervantes[j]. Il partage l'affiche avec Ava Gardner et Yul Brynner[j]. Le projet retardé, il change de distribution et la Columbia abandonne le projet[j]. Depuis Le Guépard, Luchino Visconti n'a signé qu'un seul film, Sandra[k]. Il revient vers Delon pour un projet : une adaptation de L'Étranger d'Albert Camus[k]. La réconciliation entre Visconti et Delon ne résistera pas aux divergences contractuelles avec le producteur Dino De Laurentiis ; Delon se retire et Visconti choisit Marcello Mastroianni[k]. Pour Delon, ce sera l'un de ses « plus grands regrets de carrière »[l]. Ce sera également sa dernière collaboration avec Visconti[l]. Eddie Fisher, souhaitant devenir producteur, acquiert les droits d'un roman inspiré de l'affaire de la malle à Gouffé. Il imagine Delon dans le rôle principal aux côtés de Charlie Chaplin et Elizabeth Taylor mais le film ne se concrétisera pas[m].

Des années 70 aux années 2000, plusieurs projets s'enchaînent, parfois sans aboutir[n]. À Nice, Delon entame la préparation d'un film sur Conrad Killian, géologue saharien, mais le projet est abandonné[o]. Alain Resnais prépare Stavisky, qui relate les derniers mois de l'escroc éponyme. Bien que Delon ait été envisagé, Resnais opte pour Jean-Paul Belmondo[p]. Anne Rice pense à Delon pour son scénario Interview with the Vampire, mais le projet échoue[p]. Michel Deville, pour Le Mouton enragé, pense un temps à Delon avant de choisir Jean-Louis Trintignant[q]. Un autre projet avorté concerne une collaboration avec Claude Lelouch[r]. Une rencontre fortuite sur une route du sud de la France amène Lelouch à proposer un rôle à Delon dans Toute une vie[r]. Mais l'évolution du scénario conduit le réalisateur à choisir un acteur plus jeune, André Dussollier[r]. Un autre polar est proposé à Delon : Adieu poulet de Pierre Grannier-Deferre[s]. Patrick Dewaere est finalement choisi en raison de sa jeunesse[s]. Parallèlement, Alejandro Jodorowsky envisage Delon pour incarner Duncan Idaho dans son adaptation de Dune[t]. Le projet échoue, les droits sont revendus à Dino De Laurentiis, et le rôle revient à Richard Jordan[u]. Delon souhaite ensuite acheter les droits du L'Instinct de mort de Jacques Mesrine, mais apprend que ceux-ci ont déjà été acquis par Jean-Paul Belmondo[v]. Le projet n'aboutira pas[v]. André Téchiné prévoit de réunir à l'écran Delon et Isabelle Adjani sur l'adaptation cinématographique du roman Lunes de fiel de Pascal Bruckner[93]. Des désaccords entre les deux acteurs conduisent à l'abandon du projet et Roman Polanski porte finalement Lunes de fiel à l'écran en 1992. Michel Audiard et Norbert Saada projettent une adaptation d'On ne meurt que deux fois de Robin Cook avec Delon et Rampling mais le rôle revient à Michel Serrault[w]. Il est également envisagé pour La Doublure de Francis Veber, sans être officiellement contacté[x]. C'est Nathalie Delon qui déconseille à Veber de proposer le rôle à son ex-mari, le jugeant « ingérable » ; le réalisateur choisira finalement Daniel Auteuil[x]. Jean-Pierre Mocky imagine un long-métrage intitulé Impasse de l'espoir, réunissant Delon, Belmondo, Jane Fonda, Léa Seydoux, Jamel Debbouze et Omar Sy, autour du thème des sans-abri[y]. Delon y incarnerait un marquis ruiné vivant sous les ponts de Paris, aux côtés de Belmondo, dans le rôle d'un roi des gueux[y]. Ce projet ne verra jamais le jour[y]. En 2014, un projet de film intitulé Patient est annoncé, un drame centré sur le génocide arménien, avec Delon ou Adrien Brody dans un rôle principal[94],[95],[96]. Dustin Hoffman était également prévu à l'affiche[97]. Ce projet n'a jamais abouti.

Selon l'American Film Institute, Delon est envisagé pour jouer dans Fanny[98] de Joshua Logan (1961), Le Cher Disparu de Tony Richardson (1965), Propriété interdite[99] de Sydney Pollack (1966), La Bataille de San Sebastian[100] (1968) de Henri Verneuil (1968), et À nous la victoire[101],[102] de John Huston (1981)[103],[104].

Projets refusés

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Delon se voit offrir la reprise de Les Parents terribles de Jean Cocteau, ainsi que le rôle de Saint-Exupéry dans un projet basé sur un scénario de Jules Roy[z]. Il décline ces offres[z]. Il refuse également Main pleine de Melville[aa]. Les parcours de Delon et Brialy se croisent à nouveau lorsque Roger Vadim envisage d'adapter Château en Suède, pièce de Françoise Sagan[ab]. Delon décline en raison d'un emploi du temps surchargé et le rôle sera finalement attribué à Brialy[ab]. Il décline plus tard Opération Opium, réalisé par Terence Young[h]. Le film est une commande de l'ONU destinée à mettre en lumière son action mondiale contre le trafic d'opium[h]. Si Delon est pressenti pour incarner un détective français, l'acteur refuse « l'acte publicitaire »[h]. Il refuse à la même époque une nouvelle proposition de Melville : On a volé la Joconde[ac]. Delon mise plutôt sur des productions américaines[ac]. Plusieurs propositions arrivent, dont La Nuit de l'iguane et Propriété interdite, que Delon décline[ad]. À la fin des années 1960, Delon continue à être très sollicité[n].

Au début des années 70, Delon refuse plusieurs propositions de rôles, dont Raphaël ou le débauché de Michel Deville, Max et les ferrailleurs de Claude Sautet, et Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci, qu'il aurait accepté à condition d'en être coproducteur[ae]. Un autre rendez-vous manqué concerne La Gifle, projet initialement prévu pour réunir Delon et Ventura[af]. Delon se retire du projet, peu convaincu par le scénario[af]. Delon est également pressenti (parmi une longue liste d'acteurs) par Steven Spielberg pour incarner Claude Lacombe dans Rencontres du troisième type ; Delon refuse[s]. Delon refuse Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau, tout comme Belmondo[u]. Il décline aussi Le Cormoran de Costa-Gavras ; le projet n'aboutira pas[ag]. Bertrand Tavernier prépare La Mort en direct[ah]. Initialement, il envisage Philippe Noiret aux côtés de Romy Schneider, mais Noiret ne peut participer[ah]. Il se tourne alors vers Delon qui refuse la proposition, en raison de sa relation avec Schneider[ah]. Il refuse tout au long des années 80 plusieurs rôles : L'Addition de Denis Amar, Malone proposé par Christopher Frank, et Le Grand Frère, adapté par Francis Girod d'un roman de Sam Ross[ai]. Delon décline aussi Coup fourré de Gérard Vergez, qui deviendra Bras de fer[aj]. Il est également envisagé par Denys Granier-Deferre pour adapter Nécropolis de Herbert Lieberman, mais ne donne pas suite[aj]. Il refuse aussi un rôle dans Cotton Club, de Coppola, que Robert Evans lui propose[w]. Jean-Pierre Mocky lui propose ensuite La Machine à découdre[ak]. Delon doit pour le rôle se raser la tête ; il refuse[ak]. L'acteur refuse Charlie Dingo de Gilles Béhat, tout comme Saxo de Francis Girod, et décline également un projet des producteurs de Mireille Darc : La Barbare[al].

Au milieu des années 90, Theo Angelopoulos propose à Alain Delon le rôle principal de Le Regard d'Ulysse, mais l'acteur décline[am]. Delon refuse à nouveau une proposition de Jean-Pierre Mocky : Le Mari de Léon[an]. Sa participation au film Une chance sur deux rappelle au public sa vitalité, ce qui attire l'attention de certains réalisateurs[ao]. Il est un temps pressenti pour incarner le Zorro vieillissant dans la nouvelle adaptation du Masque de Zorro par Martin Campbell[ao]. Toutefois, il refuse, souhaitant que le public garde de lui l'image d'un Zorro en pleine force : le rôle est finalement confié à Anthony Hopkins[ao]. Jean-Pierre Mocky, de son côté, prépare le film Vidange, d'abord intitulé Mise en examen. Il s'agit d'une critique du système judiciaire français. Isabelle Huppert est intéressée par le projet, à condition que Delon joue à ses côtés : ce dernier décline[ao].

En 2009, Alain Delon est approché par le cinéaste hongkongais Johnnie To pour interpréter le rôle principal dans Vengeance, un polar tourné entre la France et Macao[ap]. L'acteur doit incarner un ancien tueur à gages reconverti dans la cuisine, venu venger le meurtre de sa fille et de ses petits-enfants[ap]. Après plusieurs mois de discussion, Delon décline l'offre[ap]. Le rôle est alors attribué au chanteur Johnny Hallyday[ap]. En parallèle, Olivier Marchal, connu pour ses polars, envisage un diptyque sur le gang des Lyonnais, avec Delon dans le rôle d'un Edmond Vidal vieillissant ; enthousiasmé par l'idée, l'acteur accepte[aq]. Le tournage est prévu pour début , mais le scénario accuse du retard[aq]. En , alors que Les Lyonnais est relancé, il annonce qu'il ne participera finalement pas au projet, évoquant des divergences de vue sur le script[aq]. La même année, le réalisateur Alexandre Astier propose à Alain Delon de tenir le rôle principal dans une comédie intitulée M. Karlsson, qui raconte l'histoire d'un « tueur à gages un peu fatigué, un peu drôle et surtout très classe »[ap]. Le film est envisagé comme un hommage à la fois au cinéma de Melville et à celui de Louis de Funès[ap]. Delon refuse finalement le rôle[ar]. Un autre projet avorté est Potiche, proposé par François Ozon[aq]. Il s'agit d'une adaptation de la pièce du même nom dans laquelle Alain Delon aurait retrouvé Catherine Deneuve[aq]. Il décline la proposition, et le rôle principal masculin revient à Gérard Depardieu[aq].

D'autres projets associent Delon à des œuvres littéraires[ab]. Sur une adaptation de Chéri de Colette, Tony Richardson souhaite Simone Signoret, Natalie Wood et Alain Delon mais le projet est abandonné[as]. Adolphe de Benjamin Constant, récit d'une relation amoureuse en déclin, est pressenti pour être porté à l'écran par Jean Delannoy, avec Jeanne Moreau et Delon dans les rôles principaux mais le projet reste sans suite[as]. Plus tard, Luchino Visconti envisage une adaptation de Marcel Proust et pense à Delon pour la narration[at]. Alors qu'il tourne Zorro, Delon profite de son séjour pour revoir Visconti[au]. Celui-ci lui propose d'interpréter un rôle dans une adaptation de L'Innocent, projet que Delon décline en raison du déclin physique du réalisateur (il s'agit du dernier film de Visconti)[au]. Par la suite, un projet autour de Docteur Justice est évoqué. Alors que le héros de la bande dessinée ait été inspiré physiquement par Delon, ce dernier décline le rôle principal : c'est John Phillip Law qui l'endossera[r]. Delon refuse par la suite Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer en raison de son aversion pour la mer, malgré un intérêt pour le scénario[av]. Sergio Leone envisage de confier à Delon Voyage au bout de la nuit, mais ne concrétise pas ce projet ni celui sur Stalingrad ; il décède le [w]. Les années 2000 voient encore affluer de nombreuses propositions. Delon envisage ensuite La Condition humaine d'André Malraux, que doit réaliser Michael Cimino[105] avec un casting prestigieux mais le projet, censé se tourner en Chine, est suspendu à l'accord des autorités locales, qui tarde à venir[aw].

Parmi les autres projets déclinés par Alain Delon figurent L'Aîné des Ferchaux de Jean-Pierre Melville, Viva Maria ! de Louis Malle, L'Ours et la Poupée de Michel Deville[106],Taxi Driver de Martin Scorsese[107], Marie-Antoinette de Sofia Coppola[108],[109], Pardonnez-moi de Maïwenn[110], Mesrine de Jean-François Richet et Salaud, on t'aime de Claude Lelouch[111],[112],[113],[114],[115].

Box-office des films avec Alain Delon

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Par film

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Box-office des films avec Alain Delon
Film Entrées[116]
Zorro 133 469 717[117]
La Tulipe noire 85 722 159[118]
Téhéran 43 47 594 335[119]
Deux hommes dans la ville 31 117 512[120]
Trois hommes à abattre 29 562 949[121]
Les Aventuriers 29 453 449[122]
Mort d'un pourri 27 757 994[123]
Le Guépard 22 587 023[124]
Soleil rouge 18 837 669[125]
La Rolls-Royce jaune (rôle secondaire) 18 792 156[126]
Le Diable et les Dix Commandements 16 024 686[127]
Astérix aux Jeux olympiques (rôle secondaire) 15 318 678[128]
Le Clan des siciliens 15 175 091[129]
Borsalino 14 839 039[130]
Rocco et ses frères 14 432 124[131]
Texas, nous voilà 13 297 881[132]
Les Centurions 13 103 031[133]
Mélodie en sous-sol 11 682 481[134]
Le Cercle rouge 10 943 302[135]
Paris brûle-t-il ? 9 774 204[136]
Plein soleil 8 954 820[137]
Airport 80 Concorde 8 894 927[138]
Le Professeur 8 782 735[139]
L'Eclipse 8 727 641[140]
Adieu l'ami 8 099 967[141]
La Piscine 7 820 194[142]
Scorpio 7 531 446[143]
Borsalino and Co. 7 194 079[144]
Un flic 6 195 662[145]
Big Guns : Les Grands Fusils 5 628 190[146]
Christine 5 408 382[147]
Flic Story 5 338 420[148]
Le Gitan 5 296 098[149]
La Veuve Couderc 5 080 540[150]
Traitement de choc 4 113 746[151]
Les Tueurs de San Francisco 4 101 421[152]
La Race des seigneurs 3 791 537[153]
Le Samouraï 3 716 376[154]
Diaboliquement vôtre 3 698 413[155]
Quelle joie de vivre 3 636 343[156]
Le Choc 3 607 884[157]
Les Seins de glace 3 513 138[158]
Le Chemin des écoliers 3 301 405[159]
Pour la peau d'un flic 3 125 385[160]
Parole de flic 2 920 721[161]
Jeff 2 487 435[162]
Les Amours célèbres 2 399 604[163]
Doucement les basses 2 318 504[164]
Le Battant 2 215 741[165]
Les Félins 2 093 841[166]
Le Passage 2 058 377[167]
Sois belle et tais-toi (rôle secondaire) 1 938 380[168]
Le Toubib 1 787 247[169]
L'Assassinat de Trotsky 1 623 519[170]
Bonne Année, les mamans ! (rôle secondaire) 1 592 573[171]
Le Gang 1 542 860[172]
Madly 1 445 952[173]
Un amour de Swann (rôle secondaire) 1 283 782[174]
Une chance sur deux 1 227 328[175]
Notre histoire 1 185 927[176]
Comme un boomerang 1 108 912[177]
La Motocyclette 983 139[178]
Monsieur Klein 954 514[179]
Quand la femme s'en mêle (rôle secondaire) 936 880[180]
L'Insoumis 935 739[181]
Ne réveillez pas un flic qui dort 880 082[182]
Armaguedon 821 061[183]
L'Homme pressé 796 153[184]
Attention, les enfants regardent 619 472[185]
Dancing Machine 617 247[186]
Les Acteurs (rôle mineur – lui-même) 446 981[187]
Le Retour de Casanova 375 203[188]
Nouvelle Vague 150 556[189]
Le Jour et la Nuit 76 439[190]
Un crime 67 349[191]
Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma (rôle mineur – lui-même) 61 986[192]
L'Ours en peluche 9 106[193]
Total 705 861 219 entrées en rôle principal

Par Pays

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Selon les données publiées par Le Film français dans son classement des champions français du box-office (chiffres d'entrées cumulées depuis 1956), Alain Delon connaît ses meilleurs résultats entre le début des années 1960 et le milieu des années 1970. Il figure régulièrement parmi les acteurs les plus populaires et les plus performants de cette période. Par la suite, ses performances deviennent plus mitigées, sans pour autant l'empêcher de rester parmi les dix acteurs ayant attiré le plus de spectateurs en France sur l'ensemble de la période couverte par le classement, de 1956 à 1990.

  • Alain Delon apparaît d'abord pour la période 1960-1964 à la 7ᵉ place avec 16,8 millions d'entrées, loin derrière Bourvil qui domine avec 33,3 millions, suivi de Jean Marais (27,3), Louis de Funès (23,8), Jean‑Paul Belmondo (23,4), Jean Gabin (23) et Fernandel (18,4), tandis qu'il précède Lino Ventura (16,2), Francis Blanche (14,8) et Jean Richard (14,7)[60].
  • Pour la période 1965-1969, il progresse nettement et se classe 3ᵉ avec 22,1 millions d'entrées, derrière Louis de Funès qui écrase la concurrence avec 77,9 millions et Bourvil avec 45,2 millions, mais devant Jean Gabin (16,3), Jean-Paul Belmondo (13,1), Jean-Louis Trintignant (13,1), Yves Montand (11,8), Lino Ventura (11,5), Bernard Blier (8,5) et Jean Marais (7,7)[60].
  • Entre 1970 et 1974, Alain Delon occupe la 5ᵉ place ex æquo avec Bernard Blier, chacun totalisant 16,8 millions d'entrées, derrière Les Charlots (27,6), Louis de Funès (22,3), Jean-Paul Belmondo (18,8) et Yves Montand (17,4), tout en devançant Lino Ventura (12,7), Pierre Richard (9,3), Bourvil (9) et Gérard Depardieu (8,5)[60].
  • Il disparaît ensuite du classement décennal 1975-1979 dominé par Jean-Paul Belmondo (15,9) devant Louis de Funès (14,8) et Michel Galabru (11,5)[60].
  • La période 1987-2004 correspond à un recul rapide et apparemment irréversible de sa carrière au cinéma[194]. La comparaison du nombre de films tournés au cours de ces deux phases est, à cet égard, révélatrice : l'acteur participe à quarante-deux longs métrages entre 1969 et 1986, contre seulement huit entre 1987 et 2004[194]. Plus encore, la fréquentation en salles de ses films s'effondre nettement : aucun ne dépasse le million d'entrées, à l'exception de Une chance sur deux réalisé par Patrice Leconte en 1998, tandis que la plupart enregistrent des résultats très faibles, inférieurs à cinq cent mille spectateurs[194].

Sur l'ensemble 1956-1990, Alain Delon cumule 55,8 millions d'entrées et se classe 6ᵉ des champions français du box-office, derrière Louis de Funès (161,3), Bourvil (126,3), Jean-Paul Belmondo (102,4), Jean Gabin (84,1) et Fernandel (60,3), mais devant Lino Ventura (52,9), Gérard Depardieu (49,1), Jean Marais (49) et Bernard Blier (46,9)[60].

Classements et performances complémentaires
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  • Entre 1966 et 1985, Alain Delon figure sur le podium des acteurs les plus visibles du cinéma français et apparaît dans 19 des films classés parmi les vingt meilleures entrées annuelles, se situant derrière Jean-Paul Belmondo présent dans 23 titres et Louis de Funès dans 21[58].
  • Parmi les cinquante plus gros succès au box-office entre 1969 et 1982, Alain Delon apparaît dans trois des huit films policiers dépassant 3,9 millions d'entrées, à savoir Le Clan des Siciliens, Borsalino et Le Cercle rouge[45].
  • À Paris et dans sa périphérie, entre 1973 et 1993, Alain Delon totalise 9,6 millions d'entrées en 32 films et se situe autour de la 9ᵉ place des acteurs français, derrière Gérard Depardieu (24,9), Philippe Noiret (16,6), Jean-Paul Belmondo (12,8), Claude Brasseur (12,5), Michel Serrault (12,1), Jean-Louis Trintignant (10,7), Pierre Richard (10) et Michel Piccoli (9,7), mais devant Yves Montand (8,7), Jean Rochefort (8,6) et Victor Lanoux (8,1)[61].

De 1960 aux années 1980, l'acteur a également dominé le box-office international (en ce qui concerne la distribution des films français à l'étranger), devenant l'un des acteurs les mieux rémunérés de l'histoire du cinéma français[195],[196]. À cette époque, il perçoit plus d'un million de francs par film — l'équivalent d'environ un million d'euros aujourd'hui[197],[198]. Delon figure encore, fin 1992-début 1993, dans la catégorie des cachets de 5 à 10 millions de francs aux côtés de Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo et Isabelle Adjani[62].

Union soviétique

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C’est à un moment favorable aux vedettes françaises qu’Alain Delon fait son entrée sur les écrans soviétiques. Après une période de rareté (à peine 3 films français par an dans la seconde moitié des années 1940 et la première moitié des années 1950[199]), les achats montent à une moyenne de 11 films par an entre 1956 et 1968[199]. Même si le rythme ralentit après 1968 (environ 7 films par an), une reprise s’amorce au milieu des années 1970 (environ 12 sorties annuelles entre 1975 et 1985)[199]. Dans ce contexte plus ouvert aux films étrangers, Delon arrive avec une filmographie diversifiée qui passe parfois les filtres soviétiques, même si sa présence est très inégale. Certains des films les plus importants de sa carrière internationale ne sont pas accessibles au grand public soviétique : Plein Soleil, Le Samouraï, Le Cercle rouge ou Le Clan des Siciliens sont refusés, interdits ou bloqués pour des raisons étudiées plus loin[200]. À l’inverse, La Tulipe noire, Les Aventuriers et surtout Zorro forgent sa popularité en URSS[200]. Quelques classiques de la carrière de Delon parviennent néanmoins à atteindre les spectateurs soviétiques, notamment Rocco et ses frères de Luchino Visconti et L’Éclipse de Michelangelo Antonioni[200].

La circulation des films avec Alain Delon reste ainsi limitée en nombre, mais leur fréquentation est considérable. Les titres recensés cumulent près de 300 millions d’entrées en URSS, et trois d'entre eux réussissent à figurer parmi les 100 films les plus vus de tous les temps en URSS. Aussi, 6 films dans lesquels il tient un rôle principal figurent parmi les 100 films français et italiens les plus populaires dans la distribution cinématographique soviétique (1945-1991).

Film Sortie Spectateurs URSS
La Tulipe noire 1970 76,7 M[201]
Zorro 1976 55,3 M[202]
Téhéran 43 1980 47,5 M[203]
Mort d'un pourri 1979 25,4 M[204]
Trois Hommes à abattre 1980 25,2 M[205]
Deux Hommes dans la ville 1975 23,7 M[206]
Les Aventuriers 1968 22,7 M[207]
Le Diable et les Dix Commandements 1964 12,4 M[208]
L'Éclipse 1966 6,6 M[208]
  • Delon s’établit aussi avec avec Le Diable et les Dix Commandements, réalisé par Julien Duvivier en 1962 et porté par une importante distribution d’acteurs principaux. Le film sort en URSS le 11 mai 1964 et attire 12,4 millions de spectateurs[208].
    • En France, le film totalise 1,8 million de spectateurs. Compte tenu de la différence démographique entre les deux pays, l’URSS comptant environ cinq fois plus d’habitants, cette performance est comparable à celle enregistrée en France[208].
  • Le premier grand succès soviétique d’Alain Delon intervient avec Les Aventuriers de Robert Enrico, dans lequel il partage notamment l’affiche avec Lino Ventura. Le film sort en URSS le 17 juin 1968 et rassemble 22,7 millions de spectateurs[207].
    • Les Aventuriers se classe 93ᵉ parmi les 100 films français et italiens les plus populaires dans la distribution cinématographique soviétique (1945-1991)[213]. Il est aussi 241ᵉ en termes d’affluence parmi les films étrangers[214].
    • Le public soviétique apprécie de ce film l’amitié masculine, l’aventure et les paysages[215]. La critique est toutefois beaucoup moins favorable et reproche notamment au film son caractère essentiellement divertissant[215].
  • Avec La Tulipe noire de Christian-Jaque, Delon connaît un succès encore supérieur. Le film sort en URSS le 1er juin 1970 et totalise 47,8 millions d’entrées au cours de sa première année[201]. Sa ressortie en 1984 lui apporte 28,9 millions d’entrées supplémentaires[201].
    • Premier triomphe populaire pour Delon, La Tulipe noire se classe 7ᵉ parmi les 100 films français et italiens les plus populaires dans la distribution cinématographique soviétique (1945-1991)[201]. Le film est 14ᵉ en termes d’affluence parmi les films étrangers[216] et occupe la deuxième place parmi ceux ayant réalisé les meilleures recettes au box-office dans les genres action et aventure[216].

Dans le même temps, si les critiques de l’URSS ridiculisent le culte des stars françaises[200] – au point d’évincer définitivement des écrans soviétiques la quasi-totalité des films de Brigitte Bardot, à l’exception du triomphant Babette s’en va-t-en guerre (22, 7 millions d'entrées[217]), afin de ne pas propager « le culte des stars » –, Bardot et Delon deviennent des modèles pour les critiques soviétiques à trouver des équivalents dans leur propre cinéma (Natalia Koustinskaïa pour l’une, Evgueni Jarikov pour l’autre)[218].

Les années 1970 marquent l’apogée de la popularité d’Alain Delon en Union soviétique. En outre, 1967-1975 sont les années les plus lucratives pour le cinéma en Union Soviétique, avec des pics de fréquentation[219]. De 1966 à 1980, par exemple, 11 films français ont attiré chacun plus de 40 millions de spectateurs, dont deux avec Delon en rôle principal : La Tulipe noire et Zorro[219]. De plus, Delon bénéficie du contexte de distribution : dans les années 1970 et 1980, environ vingt films provenant des pays « capitalistes » sont achetés chaque année, dont environ douze films français[219]. La moyenne de fréquentation de ces films français se situe autour de 17 à 18 millions de spectateurs et les œuvres les plus populaires peuvent donc atteindre des niveaux de fréquentation considérables[199]. Toutefois, leur exploitation dépend fortement de celle de leurs acteurs, mais Delon profite déjà de cette notoriété, ce que rappelle notamment le critique Ahto Vesmes à propos de Mort d’un pourri[220].

La décennie s’ouvre pour Delon le 8 septembre 1975 avec la distribution de Deux hommes dans la ville de José Giovanni, coproduction franco-italienne de 1973[206]. Le film est diffusé en noir et blanc et avec des coupes, mais il attire 23,7 millions de spectateurs[206].

  • L’œuvre est perçue comme humaniste, notamment en raison de sa critique de la peine de mort, et le duo Gabin-Delon est apprécié du public soviétique[206].

Le sommet de la carrière soviétique d’Alain Delon est atteint avec Zorro, un film quasiment inconnu de sa filmographie hors URSS, réalisé par Duccio Tessari en 1975 dans le cadre d’une coproduction italo-française[202]. Zorro sort en Union soviétique en octobre 1976 et totalise 55,3 millions d’entrées[202]. Le personnage masqué, les duels, les chevauchées et la musique font du film un véritable phénomène populaire[202].

  • Parmi les 100 films les plus vus de tous les temps au box-office soviétique, son succès est tel qu’il se classe 4ᵉ parmi les 100 films français et italiens les plus populaires dans la distribution cinématographique soviétique (1945-1991)[201]. Il est aussi 7ᵉ en termes d’affluence parmi les films étrangers de la distribution soviétique[221], et occupe la première place parmi les films étrangers ayant réalisé les meilleures recettes au box-office soviétique dans les genres action et aventure[216] .

Delon poursuit sa trajectoire avec un autre succès, Mort d’un pourri de Georges Lautner, (1977). Le film policier arrive sur les écrans soviétiques en novembre 1979 et attire 25,4 millions de spectateurs[204].

  • Il se classe 71ᵉ parmi les 100 films français et italiens les plus populaires dans la distribution cinématographique soviétique (1945-1991)[205]. Mort d’un pourri est 181ᵉ en termes d’affluence parmi les films étrangers[222].
  • La presse soviétique apprécie notamment sa critique de la corruption bourgeoise[204]. Le jeu de Delon convainc toutefois beaucoup moins les critiques[220].

La popularité de Delon se prolonge avec Téhéran 43, nid d’espions, coproduction internationale franco-helvético-soviétique dans laquelle il apparaît au sein d’une distribution importante. Le film sort en URSS le 16 juillet 1981 et rassemble 47,5 millions de spectateurs[203].

  • Record de fréquentation de l’année 1981, Téhéran 43, nid d’espions est le 64ᵉ film le plus vu de tous les temps en URSS, juste après La Tulipe noire. Il se classe premier parmi les films étrangers ayant réalisé les meilleures recettes au box-office soviétique dans les genres policier et thriller[203].

Cette performance permet à Alain Delon de voir trois films auxquels il participe figurer parmi les 100 films les plus vus de tous les temps au box-office soviétique : La Tulipe noire, Zorro et Téhéran 43, nid d’espions.

Le succès est légèrement inférieur avec Trois hommes à abattre de Jacques Deray, sorti en 1980 et dont Alain Delon est également producteur. Le film arrive sur les écrans soviétiques le 23 août 1982 et rassemble 25,2 millions d’entrées[205].

  • Trois hommes à abattre se classe 75ᵉ parmi les 100 films français et italiens les plus populaires dans la distribution cinématographique soviétique (1945-1991)[205]. Il est aussi 187ᵉ en termes d’affluence parmi les films étrangers de la distribution soviétique[223].

Le Toubib de Pierre Granier-Deferre, sorti en 1979, est également diffusé, mais les données de fréquentation ne sont pas disponibles.

À partir des années 1990, le cinéma français recule en URSS. Les films y sont moins distribués et attirent de moins en moins de spectateurs. En 1956, 71 films français dépassent encore le million de spectateurs ; ils ne sont plus que 16 en 1985, puis seulement 6 en 1987[199]. Lorsqu’intervient ce recul de la distribution française en URSS, Delon a déjà derrière lui l’essentiel de sa carrière. Plusieurs autres œuvres avec Alain Delon ne seront diffusées qu’après la disparition de l’Union soviétique (entre 1991 et 1993).

Une carrière à succès malgré la censure
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La carrière soviétique de Delon est beaucoup plus limitée en nombre de films distribués que ne pourrait le laisser supposer l’ampleur de sa popularité. Plusieurs de ses œuvres sont refusées, interdites ou repoussées jusqu’aux dernières années de l’URSS :

  • Plein Soleil de René Clément, sorti en 1960. La raison avancée tient au personnage criminel interprété par Delon, considéré comme trop séduisant[224].
  • Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, sorti en 1967. Les films de gangsters, et plus largement l’ensemble de l’œuvre de Melville, sont interdits ou restreints sur les écrans soviétiques, alors même que Delon est habitué à collaborer avec ce réalisateur et à incarner ce type de personnages[225]. Sa première diffusion n’intervient qu’à la télévision, en octobre 1994, soit après la disparition de l’URSS[226]. La première sortie en salles a lieu le 29 août 2024, quelques jours après la mort de Delon[226].
  • La Piscine de Jacques Deray, sorti en 1969, ne parvient sur les écrans soviétiques qu’en septembre 1991, après plus de vingt ans de blocage[227]. La raison est identique à celle pour Plein Soleil : le personnage criminel incarné par Delon est considéré comme excessivement séduisant[227].
  • Le Clan des Siciliens d’Henri Verneuil, est également refusé. La présence d’images représentant des criminels séduisants empêchent sa diffusion[227].
  • Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, sorti en 1970, n’est pas acheté pour plusieurs raisons. La présence d’Yves Montand pose problème, l’acteur étant devenu indésirable après ses critiques publiques consécutives à l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie[227]. À cela s’ajoute le problème plus général posé par le genre gangster, régulièrement pénalisé sur le marché soviétique[227]. Le film attend le 6 novembre 2025 pour connaître sa première sortie en salles à Moscou[228].

Russie post-soviétique

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Outre Monsieur Klein (1976)[229], Les Seins de glace (1974)[230], Flic Story[231] (1975) et L’Assassinat de Trotsky[232] (1972), plusieurs autres films avec l’acteur français ont été présentés en Russie :

Ses films continuent d’être rediffusés dans les salles de cinéma russes, y compris certaines œuvres qui n’avaient pas été acceptées du temps de l’URSS. À partir du 29 août 2024, date de sa ressortie survenue juste après la disparition de l’acteur, Le Samouraï attire 20 318 spectateurs[226]. Il s’agit de la première fois que le film est distribué en salles. La Piscine, ressortie le 6 mars 2025, rassemble 17 481 entrées[239]. Plein Soleil, jamais diffusé ni au temps de l’URSS ni en Russie auparavant, sort pour la première fois le 7 août 2025 et vend 14 953 entrées[240]. Le Cercle rouge, refusé à l’époque soviétique, connaît sa première sortie en salles en Russie le 6 novembre 2025 et totalise 4 063 entrées[228]. Enfin, L’Éclipse ressort en salles le 10 septembre 2026 et réalise 5 561 entrées[241].

Alain Delon a entretenu une relation privilégiée avec le cinéma italien, collaborant avec des réalisateurs de renom tels que Luchino Visconti, Michelangelo Antonioni ou encore Valerio Zurlini[242],[243],[244]. L'une de ses premières incursions dans le cinéma italien est Rocco et ses frères (1960). Visconti, convaincu par Delon, a choisi ce dernier pour incarner Rocco, déclarant : « J'avais besoin de cette candeur… Si on m'avait contraint à prendre un autre acteur, j'aurais renoncé à faire le film. D'autant qu'il a la mélancolie de qui se sent forcé de se charger de haine quand il se bat, parce que, d'instinct, il la refuse… »[245]. Le film est considéré comme un classique du cinéma européen et totalise plus de 10 millions d'entrées en Italie[246]. En 1963, Delon retrouve Visconti pour Le Guépard pour une fresque historique ou il y interprète Tancrède Falconeri, un jeune prince sicilien. Le film est considéré comme une autre œuvre importante du cinéma[247]. Par ailleurs, trois films avec Alain Delon dans un rôle principal (Rocco et ses frères, Le Guépard et L'Éclipse) figurent sur la liste des 100 films italiens à sauver, une initiative du Ministère de la Culture italien visant à préserver les œuvres qui ont « changé la mémoire collective du pays entre 1942 et 1978 ». À sa mort, l'Italie salue un acteur faisant partie intégrante de son histoire cinématographique[248],[249].

Au box-office italien, Alain Delon a classé au moins un film dans le Top 100 annuel pendant 18 saisons. Entre 1958 et 2008, 38 de ses longs-métrages ont ainsi intégré ce classement des œuvres les plus vues en Italie. En voici le détail :

Saison 1958-59[250] :

Saison 1960-61[251] :

Saison 1962-63[252] :

Saison 1963-64[253] :

Saison 1964-65[254] :

Saison 1966-67[255] :

Saison 1968-69[256] :

Saison 1969-70[257] :

Saison 1970-71[258] :

Saison 1971-72[259] :

Saison 1972-73[260] :

Saison 1973-74[261] :

Saison 1974-75[262] :

Saison 1975-76[263] :

Saison 1979-80[264] :

Saison 1980-81[265] :

Saison 1982-83[266] :

Saison 2007-08[267] :

Espagne

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Allemagne

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États-Unis

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Le parcours de Delon aux États-Unis est modeste[268]. Dans les années 1960, il s'installe à Los Angeles et tourne trois films, notamment un western parodique et Les Tueurs de San Francisco de Ralph Nelson. Ces films ne rencontrent pas le succès escompté, et Delon met fin à son contrat après environ un an, retournant en France[269]. Paradoxalement, Delon refuse de grands rôles à Hollywood, de James Bond au Parrain[270].

Notes et références

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Références

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  116. ↑
    • - les chiffres mondiaux exhaustifs sont généralement indisponibles ;
    • - les totaux correspondent à la somme des marchés documentés ;
    • - certains territoires sont incomplets ;
    • - lorsque les sources fournissent une fourchette ou un minimum, les totaux sont calculés selon la borne disponible et doivent être considérés comme des estimations ou des minima, et non comme des chiffres définitifs.
  117. ↑
    • République populaire de Chine : 70 000 000 entrées
    • Union soviétique : 55 300 000 entrées
    • Italie : 4 299 385 entrées
    • France : 1 218 320 entrées
    • Espagne : 1 013 104 entrées
    • Allemagne : 582 573 entrées
    • Etats-Unis : 573 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 392 208 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 55 000 entrées
    • Danemark : 36 127 entrées
  118. ↑
    • Union soviétique : 76 700 000 entrées (47 800 000 entrées lors de sa sortie en 1975 + 28 900 000 entrées lors d'une reprise en 1984).
    • France : 3 107 512 entrées
    • Italie : 3 000 000 entrées
    • Hongrie : 1 470 000 entrées
    • Allemagne : 978 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 312 889 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 92 000 et 110 000 entrées
    • Grèce (Athènes) : 61 758 entrées
  119. ↑
    • Union soviétique : 47 500 000 entrées
    • France : 94 335 entrées
  120. ↑
    • Union soviétique : 23 700 000 entrées
    • Italie : 2 800 000 entrées
    • France : 2 454 112 entrées
    • États-Unis : 1 453 000 entrées
    • Espagne : 445 835 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 179 565 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 85 000 à 90 000 entrées
  121. ↑
    • Union soviétique : 25 200 000 entrées
    • France : 2 194 795 entrées
    • Italie : plus de 2 000 000 entrées
    • Espagne : 147 916 entrées
    • Danemark : 20 238 entrées
  122. ↑
    • Union soviétique : 22 700 000 entrées
    • France : 3 120 412 entrées
    • Espagne : 1 154 071 entrées
    • Suède : entre 946 000 et 1 000 000 entrées
    • Italie : 460 000 entrées
    • Allemagne : 752 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 261 966 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 59 000 et 61 000 entrées
  123. ↑
    • Union soviétique : 25 400 000 entrées
    • France : 1 854 317 entrées
    • Espagne : 213 064 entrées
    • Grèce : 127 120 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 93 493 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 70 000 et 77 000 entrées
  124. ↑
    • Italie : 12 850 375 entrées
    • États-Unis : 5 116 000 entrées
    • France : 3 649 498 entrées
    • Allemagne : 584 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 245 000 et 255 000 entrées
    • Royaume-Uni : 116 114 entrées
    • Danemark : 11 059 entrées
    • Portugal : 13 376 entrées
    • Pologne : 1 601 entrées
  125. ↑
    • Italie : 7 289 053 entrées
    • États-Unis : 4 110 000 entrées
    • France : 3 300 488 entrées
    • Allemagne : 1 974 000 entrées
    • Espagne : 1 690 813 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 264 805 entrées
    • Suède : 114 446 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 59 000 entrées
    • Danemark : 35 064 entrées
  126. ↑
    • États-Unis : entre 12 800 000 et 13 100 000 entrées
    • Italie : 4 002 000 entrées
    • Allemagne : 1 041 000 entrées
    • France : 949 156 entrées
  127. ↑
    • Union soviétique : 12 400 000 entrées
    • France : 1 812 932 entrées
    • Italie : au moins 1 445 754 entrées
    • Allemagne : 275 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 91 000 entrées
  128. ↑
    • France : 6 817 803 entrées
    • Allemagne : 1 574 238 entrées
    • Russie : 1 510 990 entrées
    • Espagne : 1 051 674 entrées
    • Pologne : 685 000 entrées
    • Belgique : 658 794 entrées
    • Italie : 588 728 entrées
    • Grèce : 442 561 entrées
    • Portugal : 438 063 entrées
    • République tchèque : 317 403 entrées
    • Autriche : 281 743 entrées
    • Hongrie : 190 170 entrées
    • Turquie : 144 944 entrées
    • Serbie : 116 859 entrées
    • Danemark : 95 690 entrées
    • Pays-Bas : 73 000 entrées
    • Norvège : 65 472 entrées
    • Finlande : 55 407 entrées
    • Croatie : 44 949 entrées
    • Lituanie : 44 105 entrées
    • Suède : 42 492 entrées
    • Roumanie : 40 575 entrées
    • Lettonie : 23 936 entrées
    • Islande : 9 298 entrées
    • Royaume-Uni : 4 784 entrées
  129. ↑
    • France : 4 821 585 entrées
    • Italie : 4 800 000 entrées
    • États-Unis : 2 677 000 entrées
    • Espagne : 992 881 entrées
    • Allemagne : 918 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 170 000 entrées
    • Algérie : au moins 100 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : au moins 558 708 entrées
    • Grèce : 106 699 entrées
    • Argentine : 30 218 entrées
  130. ↑
    • Italie : 6 688 439 entrées
    • France : 4 710 381 entrées
    • Allemagne : 1 861 000 entrées
    • États-Unis : 967 000 entrées
    • Grèce : 227 553 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 154 666 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 130 000 entrées
    • Algérie : 100 000 entrées
  131. ↑
    • Italie : 10 220 365 entrées
    • France : 2 169 890 entrées
    • Allemagne : 1 862 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 78 000 entrées
    • Royaume-Uni : 66 169 entrées
    • États-Unis : 31 000 entrées
    • Pays-Bas : 4 700 entrées
  132. ↑
    • États-Unis : 9 083 000 entrées
    • Espagne : 2 460 342 entrées
    • Allemagne : 994 000 entrées
    • France : 707 549 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 34 490 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 18 500 et 19 500 entrées
  133. ↑
    • France : 4 294 756 entrées
    • Italie : 3 000 000 entrées
    • États-Unis : 2 457 000 entrées
    • Espagne : 1 897 275 entrées
    • Allemagne : 1 276 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 178 000 entrées
  134. ↑
    • États-Unis : 3 370 000 entrées
    • France : 3 518 083 entrées
    • Italie : 2 400 000 entrées
    • Allemagne : 1 695 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 489 398 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 210 000 et 220 000 entrées
  135. ↑
    • France : 4 339 821 entrées
    • Italie : 4 342 645 entrées
    • Espagne : 1 001 846 entrées
    • Allemagne : 907 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 206 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 123 711 entrées
    • Royaume-Uni : 22 065 entrées
    • Finlande : 214
  136. ↑
    • France : 4 946 359 entrées
    • Espagne : 1 987 131 entrées
    • États-Unis : 1 800 000 entrées
    • Allemagne : 888 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 108 350 entrées
    • Argentine : 44 364 entrées
  137. ↑
    • Italie : 2 800 000 entrées
    • Allemagne : 2 588 000 entrées
    • France : 2 437 874 entrées
    • États-Unis : 1 000 000 entrées (870 000 en 1961 + 130 000 en 1996)
    • Belgique (Bruxelles) : entre 78 000 et 82 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 22 185 entrées
    • Russie : 14 953 entrées
    • Royaume-Uni : 13 808 entrées
  138. ↑
    • États-Unis : 5 378 000 entrées
    • Espagne : 1 099 755 entrées
    • France : 976 221 entrées
    • Allemagne : 650 000 entrées
    • Royaume-Uni : 367 409 entrées
    • Italie : plus de 200 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 153 542 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 70 000 et 74 000 entrées
  139. ↑
    • France : 1 095 148 entrées
    • Italie : 7 078 000 entrées
    • Espagne : 569 787 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 39 800 entrées
  140. ↑
    • Union soviétique : 6 600 000 entrées
    • France : 465 903 entrées
    • Italie : 1 607 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 45 000 et 47 000 entrées
    • Russie : 5 561 entrées
    • Royaume-Uni : 4 152 entrées
    • Islande : 25 entrées
  141. ↑
    • Italie : 3 654 000 entrées
    • France : 2 639 713 entrées
    • Espagne : 882 555 entrées
    • Allemagne : 479 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 377 699 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 67 000 entrées
  142. ↑
    • France : 2 341 721 entrées
    • Italie : 2 800 000 entrées
    • Espagne : 1 701 410 entrées
    • Allemagne : 601 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 308 054 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 50 000 entrées
    • Russie : 17 481 entrées
    • Pays-Bas : 528 entrées
  143. ↑ États-Unis : 2 441 000 entrées
    • Italie : 2 400 000 entrées
    • France : 1 052 001 entrées
    • Espagne : 1 373 483 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 183 562 entrées
    • Suède : 59 400 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 22 000 et 35 000 entrées
  144. ↑
    • Italie : 4 900 000 entrées
    • France : 1 698 380 entrées
    • Espagne : 335 621 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 180 078 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 80 000 entrées
  145. ↑
    • Italie : 2 350 000 entrées
    • France : 1 463 903 entrées
    • États-Unis : 1 428 571 entrées
    • Espagne : 723 346 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 172 242 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 57 600 et 62 800 entrées
  146. ↑
    • Italie : 3 660 000 entrées
    • France : 866 746 entrées
    • Espagne : 911 389 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 157 555 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 32 500 entrées
  147. ↑
    • France : 2 850 382 entrées
    • Allemagne : 2 488 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 70 000 entrées
  148. ↑
    • Italie : entre 2 382 920 et 2 648 191
    • France : 1 970 875 entrées
    • Espagne : 525 535 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 213 996 entrées
    • Allemagne de l'Ouest : 155 934 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 85 000 et 90 000 entrées
    • Danemark : 4 160 entrées
  149. ↑
    • Italie : au moins 2 648 191 entrées
    • France : 1 788 111 entrées
    • Espagne : 515 153 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 289 372 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 50 000 entrées
    • Danemark : 5 271 entrées
  150. ↑
    • France : 2 008 203 entrées
    • Italie : 2 500 000 entrées
    • Espagne : 490 221 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 55 000 et 70 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 27 116 entrées
  151. ↑
    • France : 1 857 450 entrées
    • Italie : 1 400 000 entrées
    • Espagne : 699 666 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 81 630 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 75 000 et 82 000 entrées
  152. ↑
    • États-Unis : 1 120 000 entrées
    • Espagne : 1 044 139 entrées
    • France : 749 282 entrées
    • Italie : 590 000 entrées
    • Allemagne : 586 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 12 000 et 21 000 entrées
  153. ↑ Italie : au moins 2 313 000 entrées
    • France : 801 704 entrées
    • Espagne : 389 895 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 253 938 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 33 000 et 40 000 entrées
  154. ↑
    • France : 1 932 372 entrées
    • Italie : 410 000 entrées
    • Espagne : 797 011 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 243 675 entrées
    • Allemagne : 253 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 60 000 et 63 000 entrées
    • Russie : 20 318 entrées
  155. ↑
    • Italie : 1 615 000 entrées
    • France : 835 942 entrées
    • Espagne : 919 784 entrées
    • Allemagne : 221 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 65 187 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 41 500 et 55 000 entrées
  156. ↑
    • Italie : 2 200 000 entrées
    • France : 1 091 343 entrées
    • Allemagne : 331 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 14 000 entrées
  157. ↑
    • France : 1 508 218 entrées
    • Italie : 1 400 000 entrées
    • Espagne : 699 666 entrées
  158. ↑
    • France : 1 462 693 entrées
    • Italie : 1 318 000 entrées
    • Espagne : 522 099 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 160 346 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 50 000 et 58 000 entrées
  159. ↑
    • France : 2 516 405 entrées
    • Italie : 750 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 35 000 et 51 000 entrées
  160. ↑
    • France : 2 377 084 entrées
    • Espagne : 298 301 entrées
    • Allemagne : 450 000 entrées
  161. ↑
    • France : 2 517 875 entrées
    • Espagne : 96 822 entrées
    • Allemagne : 214 324 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 68 000 et 75 000 entrées
    • Suisse : 23 700 entrées
  162. ↑
    • France : 1 074 600 entrées
    • Espagne : 619 809 entrées
    • Italie : 650 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 25 000 et 41 000 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 77 026 entrées
  163. ↑
    • France : 2 024 604 entrées
    • Allemagne : 275 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 100 000 entrées
  164. ↑
    • Italie : 1 150 000 entrées
    • France : 1 009 536 entrées
    • Espagne : 128 954 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 21 714 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 8 300 entrées
  165. ↑
    • France : 1 935 094 entrées
    • Allemagne : 280 647 entrées
  166. ↑
    • France : 1 414 841 entrées
    • Italie : 605 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 74 000 entrées
  167. ↑
    • France : 1 998 983 entrées
    • Suisse : 30 815 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 21 724 entrées
    • Espagne : 6 855 entrées
  168. ↑
    • France : 1 904 380 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 34 000 et 38 000 entrées
  169. ↑
    • France : 1 713 247 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 74 000 entrées
  170. ↑
    • Italie : 920 000 entrées
    • France : 561 109 entrées
    • Espagne : 102 891 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 31 519 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 8 000 et 10 000 entrées
  171. ↑
    • Russie : 1 584 097 entrées
    • Lituanie : 5 442 entrées
    • Estonie : 3 034 entrées
  172. ↑
    • France : 1 190 355 entrées
    • Espagne : 199 297 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 118 208 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 35 000 et 40 000 entrées
  173. ↑
    • Italie : 915 000 entrées
    • France : 508 452 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 22 500 et 26 000 entrées
  174. ↑
    • France : 807 611 entrées
    • Allemagne : 255 212 entrées
    • Espagne : 195 959 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 25 000 et 28 000 entrées
  175. ↑
    • France : 1 056 810 entrées
    • Hongrie : 69 955 entrées
    • Espagne : 33 303 entrées
    • Belgique : 55 164 entrées
    • Pologne : 6 410 entrées
    • Slovénie : 4 686 entrées
    • Russie : 1 000 entrées
  176. ↑
    • France : 881 592 entrées
    • Espagne : 287 335 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 17 000 et 21 000 entrées
  177. ↑
    • France : 787 208 entrées
    • Espagne : 154 734 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 123 970 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 43 000 et 54 000 entrées
  178. ↑
    • France : 626 331 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 318 721 entrées
    • Espagne : 23 587 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 14 500 et 19 500 entrées
  179. ↑
    • France : 711 752 entrées
    • Espagne : 193 782 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 20 780 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 28 200 entrées
  180. ↑
    • France : 913 880 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 23 000 et 27 000 entrées
  181. ↑
    • France : 711 339 entrées
    • Allemagne : 221 000 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 3 400 et 4 800 entrées
  182. ↑
    • France : 802 437 entrées
    • Espagne : 53 860 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 23 785 entrées
  183. ↑
    • France : 716 098 entrées
    • Espagne : 84 963 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 20 000 et 23 000 entrées
  184. ↑
    • France : 730 581 entrées
    • Japon (Tokyo et/ou villes-clés) : 32 572 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 33 000 et 38 000 entrées
  185. ↑
    • France : 457 790 entrées
    • Espagne : 136 082 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : entre 25 600 et 29 250 entrées
  186. ↑
    • France : 583 101 entrées
    • Espagne : 28 326 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 5 820 entrées
  187. ↑
    • France : 415 427 entrées
    • Espagne : 13 328 entrées
    • Belgique : 16 768 entrées
    • Russie : 1 458 entrées
  188. ↑
    • France : 356 908 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 18 295 entrées
  189. ↑
    • France : 140 356 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 10 200 entrées
  190. ↑
    • France : 73 147 entrées
    • Belgique : 3 292 entrées
  191. ↑
    • France : 66 714 entrées
    • Belgique (Bruxelles) : 635 entrées
  192. ↑
    • France : 49 150 entrées
    • Espagne : 1 731 entrées
    • Allemagne : 1 105 entrées
  193. ↑
    • France : 9 106 entrées
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Bibliographie

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