Franche-comté (IGP)
Un franche-comté[note 2] est un vin français d'indication géographique protégée, produit sur les quatre départements de la partie franc-comtoise de la région Bourgogne-Franche-Comté.
Informations essentielles
| Franche-comté | |
| Type d'appellation(s) | IGP de zone |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1982 (VDP) et 2009 (IGP) |
| Pays | |
| Région parente | bassin viticole Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura |
| Sous-région(s) | Franche-Comté |
| Localisation | Doubs, Haute-Saône, Territoire de Belfort et Jura |
| Climat | semi-continental |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie plantée | 93 hectares (en 2025)[1] |
| Cépages dominants | pinot noir N[note 1], chardonnay B, poulsard N, trousseau N, savagnin B, etc. |
| Vins produits | rouges, rosés et blancs (tranquilles et mousseux) |
| Production | 4 089 hectolitres (en 2025)[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | maximum 75 hl/ha, 90 pour les mousseux[3] |
| modifier |
|
Histoire
modifierLe cahier des charges de l'IGP indique que plusieurs documents médiévaux mentionnent des vignobles sur la zone, l'évêché de Besançon se fournissant notamment sur son domaine de Gy et celui de Langres à Champlitte[3], les deux dans la partie occidentale de l'actuel département de la Haute-Saône. Au XVIe siècle, le chancelier de Charles Quint, Nicolas Perrenot de Granvelle (natif d'Ornans) était approvisionné par Vuillafans (dans la haute vallée de la Loue) quand il était dans la ville impériale de Besançon. En 1816, André Jullien indique dans son ouvrage une surface de 35 940 hectares pour les vignobles franc-comtois, dont 12 000 ha en Haute-Saône et 7 880 ha dans le Doubs[4]. La concurrence des vins méridionaux, le phylloxéra, ainsi que le drainage de la main d’œuvre vers l'industrie font quasiment disparaître le vignoble franc-omtois ; celui de Besançon disparaît au début du XXe siècle.
Au XXe siècle, ces vins locaux sont classés dans la catégorie des « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu cette production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics créent en 1968 le label « vin de pays » (VDP), une dénomination suivie du nom d'un département ou d'une zone spécifique[5]. En 1978, le « vin de pays de Franche-Comté » est créé, concernant la totalité des deux départements du Jura et de la Haute-Saône[6]. En 1982, quelques conditions sont rajoutés, sur l'encépagement (chardonnay, auxerrois, pinot noir, pinot gris et gamay noir), le rendement maximum (70 hl/ha) et le degré d'alcool (9,5° en blanc et 9° en rouge ou rosé)[7].
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[8] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[9] ; le vin de pays de Franche-Comté devient donc le l'IGP « Franche-Comté », un nom qui peut alors être suivi par celui de « Coteaux de Champlitte »[10]. Le cahier des charges est publié en , rajoutant le Territoire de Belfort et le Doubs, mais excluant à partir de 2015 la quasi totalité du vignoble du Jura[3].
Vignoble
modifierAire de production
modifier| Image externe | |
| Carte des communes concernées | |
Selon le site de la Confédération des vins IGP de France, il s'agit d'une IGP de zone (il existe sept IGP régionales, 29 départementales et 38 de zone)[11], qui peut être produite sur les départements du Doubs, de la Haute-Saône, du Territoire de Belfort et du Jura.
Dans le cas du Jura, les communes de l'aire d'appellation du côtes-du-jura (celles constituant ce qui est usuellement appelé le vignoble du Jura) sont exclues de l'aire de production du franche-comté depuis la récolte 2015 : Abergement-le-Grand, Abergement-le-Petit, Aiglepierre, Arbois, Arlay (comprenant Saint-Germain-lès-Arlay), Les Arsures, Augea, Aumont, Balanod, Baume-les-Messieurs, Beaufort-Orbagna (fusion de Beaufort et Orbagna), Bersaillin, Blois-sur-Seille, Brainans, Buvilly, Cesancey, La Chailleuse (uniquement pour la partie correspondant au territoire de l'ancienne commune de Saint-Laurent-la-Roche), Champagne-sur-Loue, La Chapelle-sur-Furieuse, Château-Chalon, Le Chateley, Chevreaux, Chille, Chilly-le-Vignoble, Conliège, Courbouzon, Cousance, Cramans, Cuisia, Darbonnay, Digna, Domblans (comprenant Bréry), L'Étoile, La Ferté, Frébuans, Frontenay, Gevingey, Gizia, Grange-de-Vaivre, Grozon, Hauteroche (pour Crançot), Ladoye-sur-Seille, Lavigny, Lons-le-Saunier, Le Louverot, Macornay, Mantry, Marnoz, Mathenay, Maynal, Menétru-le-Vignoble, Mesnay, Messia-sur-Sorne, Miéry, Moiron, Molamboz, Monay, Montagna-le-Reconduit, Montaigu, Montain, Montholier, Montigny-lès-Arsures, Montmorot, Mouchard, Nevy-sur-Seille, Pagnoz, Pannessières, Passenans, Perrigny, Le Pin, Plainoiseau, Les Planches-près-Arbois, Poligny, Pont-du-Navoy, Port-Lesney, Pretin, Pupillin, Quintigny, Revigny, Rotalier, Ruffey-sur-Seille, Saint-Amour, Saint-Cyr-Montmalin, Saint-Didier, Saint-Lamain, Saint-Lothain, Sainte-Agnès, Salins-les-Bains, Sellières, Toulouse-le-Château, Tourmont, Trenal (uniquement pour la partie correspondant au territoire de l'ancienne commune de Trenal), Les Trois-Châteaux (fusion de L'Aubépin, Chazelles, Nanc-lès-Saint-Amour et Saint-Jean-d'Étreux), Vadans, Val-Sonnette (uniquement pour la partie correspondant aux territoires des anciennes communes de Grusse, Vercia et Vincelles), Vaux-sur-Poligny, Vernantois, Le Vernois, Villeneuve-sous-Pymont, Villette-lès-Arbois et Voiteur[3].
Pour les neuf noms complémentaires, ils ne concernent que des aires de production beaucoup plus restreintes :
- « Buffard » concerne uniquement la commune homonyme du Doubs ;
- « Coteaux de Champlitte » la commune de Champlitte en Haute-Saône ;
- « Doubs » tout le département homonyme ;
- « Gy » les six communes haute-saônoise de Bucey-lès-Gy, Gy, Charcenne, Choye, Avrigney-Virey et Autoreille ;
- « Haute-Saône » tout le département du même nom ;
- « Hugier » les deux communes d'Hugier et de Tromarey ;
- « Motey-Besuche » la commune homonyme de Haute-Saône ;
- « Offlanges » la commune homonyme du Jura ;
- « Vuillafans » la commune homonyme du Doubs[3].
Surfaces
modifierClimatologie
modifierEncépagement
modifierLe cahier des charges de cette IGP autorise pour faire les vins tranquilles rouges et rosés d'employer le pinot noir N[note 1], le gamay N, le meunier N, le poulsard N, le trousseau N, le gamaret N, le merlot N et la syrah N.
Pour les vins tranquilles blancs, se sont le chardonnay B, l'auxerrois B, le pinot gris G, le pinot blanc B, l'aligoté B, l'arbane B, le petit meslier B, le savagnin B, le sauvignon blanc B, le sauvignon gris G, le muscat blanc à petits grains B, muscat rosé à petits grains Rs, le muscat cendré B, le muscat ottonel B, le gewürztraminer Rs et le viognier B.
Pour faire des vins mousseux, sont autorisés tous les cépages précédemment cités[3].
Vins
modifierLe cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom franche-comté la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs, ainsi que de vins mousseux dans les trois couleurs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, pour les vins tranquilles par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi que par une des neuf unités géographiques que sont « Buffard », « Coteaux de Champlitte », « Doubs », « Gy », « Haute-Saône », « Hugier », « Motey-Besuche », « Offlanges » et « Vuillafans »[3].
Volumes
modifierLes données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[2] :
| Année | franche-comté blanc | franche-comté rouge | franche-comté rosé |
|---|---|---|---|
| 2023 | 2 350 hl | 2 009 hl | 268 hl |
| 2024 | 836 hl | 526 hl | 116 hl |
| 2025 | 1 487 hl | 2 461 hl | 141 hl |
Gastronomie
modifierLa liberté laissée en termes d'encépagements et de vinifications donne des vins très différents en fonction des producteurs. Selon le cahier des charges, les franche-comtés rouges auraient des arômes les uns rappelant plutôt les fruits rouges, d'autres le sous-bois, un peu certains épices et la réglisse. Ceux issus de gamay et de poulsard sont à boire très jeunes, ceux à base de pinot noir et de trousseau ont un petit potentiel de garde[3].
Producteurs
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
Références
modifier- 1 2 « 2025 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
- 1 2 « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « FRANCHE-COMTE » » [PDF] (p. 90-96), homologué par l'« arrêté du 2 novembre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Franche-Comté » », publié au JORF no 0266 du .
- ↑ André Jullien, Topographie de tous les vignobles connus, suivie d'une classification générale des vins, Paris, Mme Huzard : L. Colas, , 566 p. (BNF 30667644), p. 137-139, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
- ↑ « Arrêté du 18 décembre 1978 portant délimitation de zones de production de différents vins de pays », publié au JORF no 0301 du p. 9938.
- ↑ « Décret du 25 janvier 1982 définissant les conditions de production des divers vins de pays », publié au JORF no 0026 du p. 1228.
- ↑ « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
- ↑ INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
- ↑ « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
- ↑ « IGP de zone », sur vinigp.fr (consulté le ).
- ↑ « 2020 - Relevé par département de la production des vins » [xls], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « 2021 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « 2022 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « 2023 - Relevé par département de la production des vins - Chiffres consolidés » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « 2024 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).