Station Grand-Moulin
Grand-Moulin est une station du Réseau express métropolitain (REM) située dans la ville de Deux-Montagnes, au Québec. Elle dessert l'antenne Deux-Montagnes et occupe l'emplacement de l'ancienne gare de banlieue du même nom, exploitée successivement par le Canadien National, l'Agence métropolitaine de transport puis exo de 1925 à 2020.
Entrée de la station Grand-Moulin | ||||||||
| Localisation | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays | Canada | |||||||
| Ville | Deux-Montagnes | |||||||
| Province | Québec | |||||||
| Adresse | 46, rue de la Gare[1] | |||||||
| Coordonnées géographiques | 45° 32′ 17″ nord, 73° 53′ 14″ ouest | |||||||
| Caractéristiques | ||||||||
| Voies | 2 | |||||||
| Quais | 2 | |||||||
| Longueur | 80 m[2] | |||||||
| Nombre d'accès | 2 (nord et sud)[2] | |||||||
| Accessibilité | Oui | |||||||
| Zone | C (ARTM)[3] | |||||||
| Historique | ||||||||
| Construction | 2021-2025[4] | |||||||
| Mise en service | 1925 (train)[5] (REM)[6] |
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| Nom inaugural | Saint-Eustache-sur-le-Lac (1925-1962) Deux-Montagnes (1962-1994) |
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| Fermeture | (train)[7] | |||||||
| Gestion et exploitation | ||||||||
| Propriétaire | CDPQ Infra | |||||||
| Exploitant | Pulsar | |||||||
| Ligne(s) | ||||||||
| Correspondances | ||||||||
| Exo Laurentides | 222, 225, 226 | |||||||
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Contrairement à la plupart des stations de l'antenne, dont le nom renvoie à une municipalité, un secteur ou un propriétaire foncier, celui de Grand-Moulin tire son origine d'un moulin seigneurial disparu depuis plus d'un siècle : construit avant 1790 à l'embouchure du lac des Deux Montagnes, ce moulin à farine et à scie a donné son nom au chemin puis au quartier avoisinant avant d'être détruit par un incendie en 1917, soit près d'une décennie avant l'arrivée du chemin de fer dans le secteur.
Reconstruite dans le cadre du projet du REM après la fermeture de la ligne de train de banlieue le 31 décembre 2020, la station a été mise en service le , dans le cadre de l'ouverture de l'antenne Deux-Montagnes. Le secteur environnant, identifié comme aire de développement axé sur le transport collectif (TOD) dès 2013, a fait l'objet d'une controverse citoyenne portant sur la densification résidentielle permise aux abords de la gare.
Situation sur le réseau
modifierLa station Grand-Moulin est desservie par l'antenne Deux-Montagnes du Réseau express métropolitain, entre les stations Sainte-Dorothée et Deux-Montagnes, dont elle constitue l'avant-dernier arrêt en direction du terminus nord[8]. Elle se trouve à 2 700 m de Sainte-Dorothée et à 2 200 m de Deux-Montagnes[8].
Il s'agit d'une station à niveau, plutôt qu'aérienne ou en talus comme plusieurs autres stations du secteur riverain de l'antenne[9], implantée au coin de la 9e avenue et du boulevard du Lac, dans le secteur riverain de Deux-Montagnes, en bordure de la rivière des Mille-Îles[9]. Le secteur, situé entre le pont ferroviaire et l'autoroute 13, présente un caractère urbain, aquatique et historique, à proximité du vieux Saint-Eustache, sur la rive opposée[10]. Elle relève de la zone tarifaire C de l'ARTM[11], la station et sa voisine Deux-Montagnes étant les deux seules de l'antenne à s'y trouver, les autres stations riveraines relevant des zones A ou B.
Comme les autres stations du secteur riverain de l'antenne — Sunnybrooke, Pierrefonds-Roxboro, Île-Bigras, Sainte-Dorothée et Deux-Montagnes —, Grand-Moulin adopte le thème de coloration « riverain », en bleu, inspiré de la rivière des Prairies[12].
Histoire
modifierLa gare du Canadien National (1925-1995)
modifierLa ligne du tunnel sous le mont Royal est mise en service le par le Canadian Northern Railway (CNoR), à la suite du percement du tunnel, dont les lettres patentes avaient été obtenues le [13]. Le service initial ne circule toutefois qu'entre les gares Tunnel Terminal et Lazard (aujourd'hui Bois-Franc)[14]. Le service est prolongé pour une première fois jusqu'à Cartierville en février 1921, puis, en 1925, jusqu'à Saint-Eustache-sur-le-Lac et Grenville, la voie étant alors raccordée à celle du chemin de fer du Grand-Nord, qui se rendait jusqu'à Huberdeau en passant par Saint-Jérôme, Saint-Sauveur et Morin-Heights[15],[16]. C'est sous le nom de « Saint-Eustache-sur-le-Lac » que la gare — aujourd'hui Grand-Moulin — entre en service à cette occasion[Note 1]. À partir de cette gare, un embranchement est plus tard construit vers Pointe-Calumet, lieu de villégiature estivale très fréquenté[15].
La gare est reconstruite au printemps 1937, dans le cadre d'une cérémonie officielle tenue le , au cours de laquelle le maire de Saint-Eustache-sur-le-Lac, Charles Major, reçoit les clefs de la nouvelle gare des mains de W.-A. Kingsland, vice-président et directeur de la région centrale du Canadien National; le député fédéral Liguori Lacombe profite de l'occasion pour réclamer, sans succès, le prolongement de la voie jusqu'à Oka[18]. Un projet similaire, porté dès 1926 par des hommes d'affaires de Saint-Eustache-village auprès du Canadien National puis appuyé en 1931 par le député fédéral Arthur Sauvé, visant à prolonger la voie électrifiée jusqu'au village de Saint-Eustache, ne se concrétise jamais, faute de financement municipal[19].
La gare est transformée à nouveau durant les années 1960, son toit à quatre eaux étant alors remplacé par un toit plat; c'est à cette occasion qu'elle est renommée « gare de Deux-Montagnes »[15], la municipalité elle-même ayant adopté ce nom en 1963[17]. La ligne demeure à voie unique jusqu'à la modernisation des années 1990, hormis quelques voies d'évitement permettant le croisement des trains[20].
Entre 1970 et 1992, le service se dégrade considérablement : l'achalandage chute de 54 %, le nombre de départs quotidiens passant de 100 à 40; l'ancien maire de Deux-Montagnes et futur député provincial Jean-Guy Bergeron mène alors, de 1983 à 1994, une campagne pour la modernisation de la ligne, qui aboutit à l'annonce d'un investissement en 1992[21]. Cette modernisation, financée à 100 % par le gouvernement provincial, se déroule de 1993 à 1995 par phases estivales successives[22]; la ligne rouvre le pour le service de pointe[22]. Ce qui subsiste de la gare de Deux-Montagnes est alors démoli et remplacé par de simples abris de verre; elle est renommée « gare de Grand-Moulin », le nom de « Deux-Montagnes » étant désormais réservé au nouveau terminus de la ligne, plus au nord[15].
Ère AMT/exo (1995-2020)
modifierEn décembre 1995, un défaut d'isolation touchant les moteurs de traction des nouvelles voitures Bombardier force le retrait de l'ensemble du parc roulant entre le 20 décembre 1995 et le 8 janvier 1996[23]. L'Agence métropolitaine de transport (AMT), créée en décembre 1995, assume la responsabilité du réseau de trains de banlieue à compter du 1er janvier 1996[24], avant d'être remplacée par le Réseau de transport métropolitain (RTM), puis par exo à compter du 23 mai 2018[25].
Le service de train de banlieue Deux-Montagnes est interrompu le pour permettre la conversion de la ligne au Réseau express métropolitain[26].
Construction et mise en service du REM (2016–2025)
modifierCDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec créée en juillet 2015 dans la foulée de l'adoption du projet de loi 38, dévoile le les grandes lignes de son projet de Réseau express métropolitain (REM), fusionnant deux orientations distinctes soumises par le gouvernement du Québec l'automne précédent[27],[28]. Le projet prévoit la conversion de l'antenne Deux-Montagnes, incluant la station Grand-Moulin, aux exigences du métro léger; des données préliminaires de novembre 2016 projettent un achalandage quotidien de 1 042 déplacements en 2021 (1 080 en 2031) pour cette station, la plus faible de l'antenne avec Sunnybrooke, et une réduction du stationnement incitatif de 304 à 230 places[8]. Une séance de consultation publique est tenue à Deux-Montagnes dans le cadre de cette étape[29].
Les premiers travaux préparatoires touchant le secteur de Grand-Moulin débutent le par des forages géotechniques, entraînant des fermetures ponctuelles de fin de semaine dès le 27 avril; un service d'autobus express reliant Montmorency, Deux-Montagnes et Grand-Moulin est mis en place à cette occasion[30]. Le 25 juin 2018, la fermeture d'une voie sur le segment sud de la ligne entraîne l'annulation du train 952 et l'ajout d'une navette supplémentaire entre Grand-Moulin, Deux-Montagnes et le métro Montmorency[31].
L'excavation de la station débute en mars 2021, d'abord dans le mort-terrain puis dans le roc à compter d'avril[9]. Des sautages contrôlés (micro-dynamitages) sont menés à raison de deux par jour du 26 au 30 avril puis du 10 au 14 mai 2021, encadrés par un suivi vibratoire en temps réel, des inspections de propriétés et la distribution préventive de détecteurs de monoxyde de carbone aux résidents avoisinants[9]. Lors d'une rencontre de voisinage tenue le , le REM précise qu'un secteur situé entre le pont ferroviaire et le boulevard du Lac est exclu du dynamitage en raison de la proximité de la rivière des Mille-Îles, l'excavation y étant plutôt réalisée au marteau-piqueur[32]. Des citoyens y expriment aussi des préoccupations quant à la hausse anticipée de la circulation liée aux nouveaux stationnements aménagés de part et d'autre du boulevard du Lac[32]. Le viaduc du boulevard du Lac est construit de mai à août 2021[9].
La structure de la station est achevée à l'hiver 2022, les travaux d'aménagement intérieur et extérieur se poursuivant au printemps suivant; la pose des 176 poutres du nouveau pont ferroviaire franchissant la rivière des Mille-Îles est notamment prévue d'ici le printemps 2023[9]. Des essais dynamiques débutent à la mi-juin 2024 sur le segment Saint-Eustache–Sainte-Dorothée[33], tandis qu'une campagne de modélisation acoustique complémentaire mène à l'installation de murs antibruit à la station[34].
En prévision de l'ouverture de l'antenne, le réseau d'autobus exo du secteur Laurentides–Terrebonne-Ouest, dont une refonte avait été présentée en consultation publique à Deux-Montagnes en avril 2023, est mis en service le , soit une semaine avant l'entrée en service du REM[35]. La cérémonie protocolaire d'inauguration de l'antenne Deux-Montagnes se tient le , en présence notamment du premier ministre du Québec François Legault et du premier ministre du Canada Mark Carney[36]. La station ouvre au public le [37].
Toponymie
modifierLa station tire son nom du secteur environnant, lui-même issu du chemin du Grand-Moulin, ainsi nommé en référence à un moulin seigneurial aujourd'hui disparu. Un premier moulin de bois est érigé avant 1790 à l'embouchure du lac des Deux Montagnes, au rapide marquant le début de la rivière des Mille-Îles; un second moulin, construit en pièces sur pièces, s'y ajoute au début des années 1800, puis un moulin à carde et à fouler dans les années 1820[38]. En décembre 1831, le seigneur Eustache-Nicolas Lambert-Dumont loue le site à son fils Charles-Louis, qui s'engage alors à reconstruire en pierre, d'ici trois ans, le moulin rendu « en piètre état »[38].
En 1867, le site — composé du moulin à farine en pierre et d'un moulin à scie — est vendu par les héritiers de la famille seigneuriale. Acquis en 1908 par Jean-Baptiste Berthiaume, le moulin principal est converti en 1913 en usine d'électrolyse pour la production d'hydrogène. Le , un incendie causé par un fumeur détruit le moulin; le matériel, provenant d'Allemagne, ne peut alors être remplacé en raison de la guerre, et le site perd complètement sa vocation industrielle[38].
Le choix du toponyme est directement lié à ce moulin : dans les environs, à l'époque du seigneur Dumont, on distinguait deux moulins, celui situé sur le territoire de l'actuelle ville de Deux-Montagnes — le « Grand Moulin » — et celui du territoire de Saint-Eustache, le moulin Légaré, alors désigné « Petit Moulin »[39]. Ce nom, entré dans l'usage populaire, est officialisé par la Commission de toponymie du Québec le [39]. La station reprend ce nom sans changement lors de l'annonce toponymique officielle du REM, le 13 février 2020, contrairement à d'autres stations du réseau dont le nom a alors été modifié[40].
Architecture et aménagement
modifierLa station Grand-Moulin est une station à niveau, à la différence des stations aériennes ou en talus qui caractérisent la majorité du secteur riverain de l'antenne[9]. Implantée au coin de la 9e avenue et du boulevard du Lac, elle comporte deux entrées distinctes : l'édicule atteint une hauteur de 6,7 m à l'entrée nord et de 8,8 m à l'entrée sud, les deux quais, orientés selon les deux directions du service, mesurant chacun 80 m[9]. Un passage piéton est aménagé sous le viaduc du boulevard du Lac, reliant les stationnements incitatifs à la station[9].
La reconstruction du pont ferroviaire franchissant la rivière des Mille Îles, à proximité immédiate de la station, constitue l'un des principaux ouvrages du secteur; la pose de ses 176 poutres est achevée au cours de l'année 2023[9].
Comme les autres stations du secteur riverain de l'antenne — Sunnybrooke, Pierrefonds-Roxboro, Île-Bigras, Sainte-Dorothée et Deux-Montagnes —, Grand-Moulin adopte le thème de coloration « riverain », en bleu, inspiré de la rivière des Prairies; cette teinte influence tant les céramiques et tuiles de plancher que le mobilier urbain aux abords de la station, chaque station du réseau se distinguant par son propre agencement de tuiles mates et lustrées[12].
La station est entourée par la 8e avenue, la 9e avenue, le boulevard du Lac, la rue de la Gare et la rue Saint-Jude, dans un secteur résidentiel établi de Deux-Montagnes riverain de la rivière des Mille-Îles[1],[41].
Services aux voyageurs
modifierAccès et accueil
modifierLa station est accessible à pied par la 9e avenue, la rue de la Gare et la rue Saint-Jude[1]. Elle est reliée aux pistes cyclables de la 8e avenue et du boulevard du Lac et offre 44 espaces de stationnement pour vélos, dont 32 en milieu couvert[41]. La station est universellement accessible, avec ascenseurs reliant les quais au niveau de la rue, et dispose d'un quai dédié au transport adapté[42].
Desserte
modifierLes premiers et derniers départs de la station varient selon le jour[1]. En semaine, le premier départ est à 6 h 30 en direction de Deux-Montagnes et à 5 h 32 en direction de Brossard, tandis que le dernier départ est respectivement à 1 h 44 et à 0 h 32. Le samedi, le service débute à 6 h 23 (Deux-Montagnes) et 5 h 32 (Brossard), et se termine à 2 h 14 et 1 h 1. Le dimanche et les jours fériés, le premier départ est à 6 h 23 (Deux-Montagnes) et 5 h 32 (Brossard), le dernier à 1 h 44 et 0 h 32.
La fréquence de passage est généralement de 7 à 10 minutes aux heures de pointe et de 15 minutes en dehors de ces périodes, cette fréquence pouvant toutefois varier, notamment en période estivale[43].
Intermodalité
modifierContrairement aux autres stations de l'antenne, Grand-Moulin ne comporte aucun terminus d'autobus, une caractéristique déjà prévue dès la planification initiale du réseau en 2016[8]; elle est plutôt desservie par des arrêts sur rue à proximité. Le réseau d'autobus régional exo a fait l'objet d'une refonte complète, arrimée à la mise en service de l'antenne : après des consultations publiques tenues en 2021 et 2023 — dont une séance à Deux-Montagnes le 13 avril 2023 —, le nouveau réseau entre en service le , une semaine avant l'ouverture du REM[44],[45].
Autobus
modifierLa station est desservie par trois circuits d'Exo Laurentides[46] :
| Circuit | Destinations[46] | Tracé |
|---|---|---|
| 222 | Deux-Montagnes – Sainte-Marthe-sur-le-Lac | Station Deux-Montagnes via Sainte-Marthe-sur-le-Lac[47] |
| 225 | Deux-Montagnes – Saint-Eustache (A.-Sauvé) | Station Deux-Montagnes, direction Grand-Moulin–Industriel–Deux-Montagnes[48] |
| 226 | Deux-Montagnes – Saint-Eustache (A.-Sauvé) | Station Deux-Montagnes, direction Fin Arthur-Sauvé–Industriel–Grand-Moulin–Deux-Montagnes[49] |
Mobilité partagée
modifierLe service de vélopartage BIXI est implanté à la station, sous le nom « REM Grand-Moulin », à l'angle de la 9e avenue et du boulevard du Lac, depuis le lancement du service à Deux-Montagnes et à Saint-Eustache à l'été 2025 — une expansion de 13 stations et 130 vélos, dont 65 à assistance électrique, menée en collaboration entre les deux municipalités dans le cadre d'une vision régionale de développement du vélopartage sur la Rive-Nord[50]. Le service d'autopartage Communauto exploite également une station (no 1053) dans le stationnement incitatif de la station, au même endroit[51].
Stationnement
modifierUn stationnement incitatif de 230 places est aménagé à proximité de la station, dont 151 places gratuites — incluant 2 espaces réservés à l'accès universel, 23 au covoiturage, 5 munis de bornes de recharge pour véhicules électriques, 1 pour les motos et 2 réservées à l'autopartage — et 79 places payantes, gérées par la compagnie Indigo, actives dès la mise en service de la station[52],[53]. Contrairement à d'autres stations du réseau, la date de conversion d'une partie du stationnement payant en places gratuites, annoncée en août 2026, demeure à déterminer pour Grand-Moulin[54].
Plan de relève
modifierLa station relève du plan de relève du REM; une navette STL 716 relie notamment Deux-Montagnes, Grand-Moulin et Sainte-Dorothée lorsque cette dernière devient terminus nord temporaire[55].
Controverses et enjeux
modifierDensification de l'aire TOD Grand-Moulin (2013–2019)
modifierLe secteur entourant la station est identifié comme aire de développement axé sur le transport collectif (TOD) dans le cadre du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), entré en vigueur le [56]. Avec l'aire TOD de la gare Deux-Montagnes, elle constitue l'une des deux seules aires TOD de la MRC de Deux-Montagnes, appelée à absorber environ 40 % des quelque 7 300 nouveaux ménages attendus sur le territoire de la MRC d'ici 2031[57].
Un premier plan particulier d'urbanisme (PPU) pour le secteur du chemin d'Oka et de la gare Grand-Moulin est adopté en juin 2013 sous le mandat du maire Marc Lauzon, qui ne se représentera pas aux élections municipales de novembre suivant; le règlement, prévoyant jusqu'à cinq étages dans un rayon de 100 m autour de la gare, est adopté à l'unanimité par le conseil, malgré une opposition citoyenne déjà présente à l'époque[58].
Au printemps 2018, la CMM révise à la hausse la cible de densité résidentielle applicable aux aires TOD, la faisant passer de 40 à 60 logements par hectare[57]. En réponse, la Ville de Deux-Montagnes adopte, le 12 juillet 2018, un nouveau règlement (n° 1622) actualisant le PPU du secteur Grand-Moulin en conséquence[57]. Un stationnement végétalisé est par ailleurs aménagé sur la 8e avenue, près de la gare, dans le cadre de mesures municipales visant à réduire les îlots de chaleur urbains[59].
Afin d'intégrer les préoccupations citoyennes, la Ville mandate l'organisme Vivre en Ville pour animer quatre activités participatives, tenues les 28 février, 20 mars, 23 mai et 4 juin 2019 à la salle de la Légion royale canadienne, au 141, rue Grand-Moulin[57]. Lors de ces activités, des citoyens soulèvent notamment l'enjeu des zones inondables touchant une partie du secteur, ainsi que la vulnérabilité de rues résidentielles étroites (Elm, Dieppe, Royal Park, Saint-Jude) à une hausse de la circulation; la Ville rappelle qu'elle ne peut retarder l'atteinte des cibles de densité imposées par le PMAD, quelles que soient ces contraintes[57].
Le 13 juin 2019, le conseil municipal adopte le règlement 1638, qui remplace le règlement 1622 et réduit les hauteurs maximales permises : cinq étages (plutôt que huit) le long du chemin d'Oka entre le parc Moir et la rue de la Légion, avec un maximum de huit étages jusqu'à la 8e avenue; du côté est de la voie ferrée, une zone à huit étages est maintenue près du boulevard du Lac, de la 8e avenue et de la rue Cedar, le reste du secteur étant ramené à quatre étages, avec davantage de zones limitées à deux étages[60]. Les réactions demeurent partagées : certains citoyens du groupe « Les Voisins de Grand-Moulin » reconnaissent une amélioration tout en maintenant des réserves quant au développement à proximité du parc Moir, un milieu humide, et à l'absence de plan d'aménagement détaillé; d'autres citoyens saluent une « avancée significative ». Le maire Denis Martin réitère l'obligation municipale de se conformer aux orientations de densification du PMAD[60].
Stationnement et achalandage
modifierLe stationnement incitatif de la gare, fixé à 304 places à la veille du projet du REM, est réduit à 230 places dans la conception finale de la station, une diminution d'environ 24 % conforme à la tendance observée à l'échelle du réseau[8]. Le taux d'occupation du stationnement s'établissait à 96 % en 2015, l'un des plus élevés de l'ensemble de la ligne Deux-Montagnes[8].
Grand-Moulin figure par ailleurs parmi les stations les moins achalandées du réseau : les prévisions de 2016 anticipaient un achalandage quotidien de 1 042 déplacements en 2021 et de 1 080 en 2031, nettement inférieur à celui des stations voisines de Sainte-Dorothée et de Deux-Montagnes, et une contribution de seulement 0,2 % à la réduction totale du nombre de véhicules retirés du réseau routier grâce au REM — la deuxième plus faible contribution du réseau après Sunnybrooke[8].
Bruit
modifierDans le cadre de la campagne de modélisation acoustique complémentaire menée par CDPQ Infra à la suite des essais dynamiques de 2024, des murs antibruit sont installés à la station Grand-Moulin, aux côtés de ceux de Deux-Montagnes, Sainte-Dorothée et Île-Bigras[61].
Notes et références
modifierBibliographie
modifier- Pierre Barrieau, L'Évolution des trains de banlieue montréalais : 170 ans de service (1847-2017), Montréal, Université du Québec à Montréal, , 453 p. (lire en ligne)
- Michael Leduc, « Le tunnel du Mont-Royal du Canadian Northern a 100 ans », Rail canadien, no 587, (lire en ligne, consulté le )
- Ian G. MacDonald, « Le Réseau express métropolitain (REM) », Rail canadien, no 606, , p. 3-37 (lire en ligne)
Notes
modifier- ↑ Certaines sources avancent des dates différentes pour l'ouverture de la gare : la Ville de Deux-Montagnes évoque une gare dès 1917, motivant le développement villégiateur du secteur et son détachement de la paroisse de Saint-Eustache en 1921[17], tandis qu'une autre fiche situe l'instauration du service en 1923. La date de 1925, avancée par Barrieau et corroborée par la fiche technique la plus détaillée consultée, est retenue ici comme la plus documentée.
Références
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- ↑ « Construction de la station Grand-Moulin », sur Agora Montréal (consulté le ).
- ↑ Pierre Barrieau, L'Évolution des trains de banlieue montréalais, (lire en ligne), p. 127
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- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Station Grand-Moulin », sur Agora Montréal (consulté le )
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- ↑ Leduc 2018, p. 275-276.
- ↑ Barrieau 2019, p. 125-126.
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- ↑ Barrieau 2019, p. 127, 130.
- 1 2 « Site du patrimoine de l'hôtel de ville », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le )
- ↑ « Inauguration d'une gare du Canadien National à Saint-Eustache-sur-le-lac », L'Illustration Nouvelle, , p. 7 (lire en ligne, consulté le )
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- ↑ MacDonald 2022, p. 6.
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