Station Île-Bigras
Île-Bigras est une station du Réseau express métropolitain située sur l'île Bigras, dans l'archipel des Îles-Laval, sur le territoire de la ville de Laval, au Québec. Elle dessert un secteur résidentiel isolé d'environ 250 à 380 résidences selon l'échelle considérée[Note 2], accessible depuis l'île Jésus par un unique pont routier et un lien piétonnier, tous deux régulièrement submergés lors des crues printanières de la rivière des Prairies.
Entrée de la station | ||||||||
| Localisation | ||||||||
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| Pays | Canada | |||||||
| Ville | Laval | |||||||
| Province | Québec | |||||||
| Quartier | Îles-Laval | |||||||
| Adresse | 705, chemin du Bois | |||||||
| Coordonnées géographiques | 45° 31′ 12″ nord, 73° 51′ 11″ ouest | |||||||
| Caractéristiques | ||||||||
| Voies | 2 | |||||||
| Quais | 1 | |||||||
| Longueur | 80 m | |||||||
| Accessibilité | Oui | |||||||
| Zone | B (ARTM)[1] | |||||||
| Historique | ||||||||
| Construction | 2021 - automne 2025[Note 1] | |||||||
| Mise en service | 21 octobre 1918 (halte du CN) 1995 (électrification) 17 novembre 2025 (REM)[4] |
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| Fermeture | 31 décembre 2020 (fermeture de la ligne exo pour conversion) | |||||||
| Artiste(s) | Christine Hantzo (murale de chantier) | |||||||
| Gestion et exploitation | ||||||||
| Propriétaire | CDPQ Infra | |||||||
| Exploitant | Pulsar | |||||||
| Ligne(s) | ||||||||
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Aménagée sensiblement au même emplacement qu'une halte ferroviaire ouverte en 1918 sur la ligne de Deux-Montagnes, la station reprend le nom de celle-ci conformément au principe de continuité toponymique adopté par le REM pour les dessertes existantes converties[7]. Elle se distingue par son intégration paysagère, sa proximité inhabituelle avec la station voisine de Sainte-Dorothée (à 1,2 km) et le rôle historique qu'elle a joué comme lien de secours lors des inondations récurrentes de l'archipel.
Situation sur le réseau
modifierLa station Île-Bigras est desservie par l'antenne Deux-Montagnes du Réseau express métropolitain (REM), qu'elle rejoint entre les stations Sainte-Dorothée, en direction de Deux-Montagnes, et Pierrefonds-Roxboro, en direction de Brossard via la Gare centrale[8]. Elle emprunte l'ancienne emprise de la ligne Deux-Montagnes, propriété du Canadien National jusqu'en 2014, correspondant à la subdivision Montfort[9].
La station se trouve à seulement 1,2 km de la station voisine de Sainte-Dorothée[6], une proximité inhabituelle sur le réseau qui a alimenté, à plusieurs reprises depuis les années 1990, un débat sur la pertinence de maintenir deux stations aussi rapprochées pour desservir un secteur peu peuplé[10],[11].
Histoire
modifierOrigines et halte du CN (1918-1982)
modifierLa ligne Deux-Montagnes est mise en service par le Canadian Northern Railway (CNoR) — intégré au Canadien National en 1923[12] — avec l'inauguration du tronçon montréalais le 21 octobre 1918. On présume que la halte d'Île-Bigras est établie dès cette ouverture, bien qu'aucune source ne documente une date de création qui lui soit propre, distincte de celle de la ligne[Note 3].
Avant la modernisation des années 1990, elle se présente comme une simple halte accessible par un pont-poutre métallique franchissant un premier bras de la rivière des Prairies, desservant un secteur aux habitations « fort cossues »[13]. Un reportage de La Presse publié en 1977 la décrit comme un simple « poste d'attente pour les voyageurs », comprenant l'atmosphère du secteur à celle du « vieux Far-West »; le poste d'incendie du quartier se trouvait alors juste en face[14].
La ligne demeure, tout au long de cette période, l'une des deux seules lignes de banlieue de la région montréalaise à avoir généré du développement immobilier résidentiel, avec celle du Canadien Pacifique entre Dorval et Rigaud[15]. Le secteur conserve un caractère de villégiature marqué, avec de grandes résidences unifamiliales sur lots boisés et la présence de trois terrains de golf, un héritage encore reconnu par la Ville de Laval dans sa planification d'aménagement contemporaine[16].
Prise en charge publique et modernisation (1982-1995)
modifierEn 1982, une entente entre le Canadien National et la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal (CTCUM) permet de faire passer la fréquence du service de 18 à 28 trains par jour[17]. Le CN, invoquant la vétusté de son matériel roulant, menace néanmoins d'interrompre le service dès juin 1992 si le gouvernement du Québec ne confirme pas par écrit ses intentions concernant la modernisation promise de longue date de la ligne[10].
Le rapport d'étude d'impact environnemental produit en janvier 1992 par le ministère des Transports du Québec (MTQ) dans le cadre de ce projet de modernisation prévoit initialement l'abandon des quatre stations lavalloises — Île-Bigras, Sainte-Dorothée, Laval-Links et Laval-sur-le-Lac — au profit d'une seule nouvelle « station Laval » à environ 400 m en amont de l'actuelle Sainte-Dorothée, accessible par le chemin du Bord-de-l'Eau[18]. Le rapport anticipe pour la fermeture d'Île-Bigras un impact « moyen » sur l'accessibilité piétonne des résidents des Îles-Laval, ainsi qu'un impact sonore moyen sur les secteurs adjacents à Île-Bigras et à Sainte-Dorothée en raison d'une vitesse de circulation accrue[18].
Ce projet initial se heurte cependant à une opposition municipale. En janvier 1992, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, réclame le maintien de trois gares sur le territoire de l'île Jésus plutôt que la station unique envisagée, invoquant la hausse de l'achalandage lavallois depuis la création du Conseil métropolitain de transport et l'instauration de la carte tarifaire régionale[10]. Le compromis qui en résulte préserve finalement Île-Bigras et Sainte-Dorothée, tandis que Laval-Links et Laval-sur-le-Lac ferment[11].
Les travaux de modernisation proprement dits touchant le secteur d'Île-Bigras débutent en 1995. Un premier appel d'offres du CN, lancé en mars, porte sur la réfection du béton et de l'acier de quatre ponts ferroviaires de la subdivision Montfort, aux points milliaires 7,16, 7,67, 9,28 et 9,39 — vraisemblablement les deux ponts franchissant les bras de la rivière des Prairies de part et d'autre de l'île[9]. La visite de reconnaissance obligatoire des soumissionnaires a lieu le 27 mars, avec point de rencontre à la gare Île-Bigras elle-même, ce qui confirme que la halte demeure un point de repère fonctionnel pendant les travaux de modernisation[9]. Le service électrique assuré par le CN prend fin le 2 juin 1995, dans le cadre de la transition vers l'exploitation modernisée[19].
Un second appel d'offres, publié le 26 juillet 1995, porte spécifiquement sur la « modernisation de la gare de l'île Bigras » : démolition, fourniture et mise en place de pierre concassée, de béton bitumineux, de béton de ciment et travaux électriques divers[20]. Ces travaux ne touchent toutefois pas les quais, qui ne feront l'objet d'une réfection complète que plus d'une décennie plus tard[Note 4].
À peine deux semaines après l'achèvement de la modernisation de la ligne, Bombardier retire l'ensemble de ses voitures du service en raison d'un défaut d'isolation des moteurs de traction, provoquant une interruption complète du 20 décembre 1995 au 8 janvier 1996. Durant cette période, la Société de transport de Laval relie les gares Île-Bigras et Sainte-Dorothée à la station de métro Henri-Bourassa par la ligne d'autobus 10, tandis que la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM) assure un service de remplacement équivalent pour les autres gares de la ligne[21].
Ère AMT/exo et contestation de 1999 (1996-2020)
modifierL'Agence métropolitaine de transport (AMT), créée en décembre 1995 en vertu de la loi sur l'Agence métropolitaine de transport, assume la responsabilité du réseau de trains de banlieue à compter du 1er janvier 1996[22].
En novembre 1999, le maintien d'Île-Bigras est de nouveau au cœur d'un débat, cette fois du point de vue d'un secteur voisin. Le comité des citoyens de Laval-Ouest, par la voix de son vice-président Normand Holden, relance sa campagne pour la réouverture de la gare de Laval-sur-le-Lac, fermée depuis environ 1995 après 76 années de service. Le comité invoque la saturation chronique du stationnement de Sainte-Dorothée — agrandi à deux reprises et pour lequel l'AMT prévoit alors une troisième expansion de 365 000 $ — et questionne directement la décision d'avoir maintenu Île-Bigras plutôt que Laval-sur-le-Lac : « Je ne comprends pas pourquoi avoir gardé la gare de l'île Bigras qui est située à proximité de celle de Sainte-Dorothée et d'avoir fermé la nôtre », déclare M. Holden[11]. L'AMT, par la voix de son porte-parole Bernard Théorêt, indique que le projet de réouverture demeure à l'étude, mais qu'il est subordonné au doublement d'une partie de la voie ferrée prévu en 2000-2001 afin d'augmenter la fréquence du service[11]. La gare de Laval-sur-le-Lac ne sera jamais rouverte.
Malgré la modernisation de 1995, les quais de la gare n'ont pas fait l'objet d'une réfection complète et se trouve, en 2007, dans un état de dégradation avancé selon l'AMT, qui les emprunte alors plus de 600 clients quotidiennement. Des plans et devis sont complétés en 2007 et des travaux sont annoncés pour l'été 2008, incluant la réfection du quai, des abris, du kiosque de la billetterie, des stationnements et des escaliers d'accès[23]. Ces travaux ne se concrétisent toutefois pas selon l'échéancier annoncé : le Programme triennal d'immobilisations 2015-2016-2017 de l'AMT reprend le projet de réhabilitation de la gare, alors toujours au stade de la planification et de l'ingénierie, avec un budget total de 2,25 millions de dollars dont la majeure partie demeure à engager[24].
L'achalandage de la gare demeure modeste mais stable durant cette période : 156 200 passagers annuels en 2007[25] et 163 700 passagers montants/descendants en 2014, en hausse de 3 % par rapport à 2013 — soit environ un sixième de l'achalandage de la gare voisine de Sainte-Dorothée (984 400 passagers la même année)[26]. Le stationnement, quant à lui, connaît un léger déclin de sa capacité malgré un taux d'occupation constamment proche de la saturation : 68 places en 2007 (occupation de 97-98 %)[25], puis 65 places vers 2015-2017 (occupation de 99 %, la plus élevée de la ligne)[27].
La ligne Deux-Montagnes ferme le 31 décembre 2020 pour permettre sa conversion au Réseau express métropolitain[28].
Construction du REM (2019-2025)
modifierLe projet du Réseau express métropolitain (REM), mené par CDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, prévoit dès 2016 le maintien d'une station à Île-Bigras, reprenant le site de l'ancienne halte[29]. Contrairement au projet de modernisation de 1992, qui envisageait la fermeture de la gare, celui du REM ne remet pas en question son maintien; les préoccupations des résidents portent plutôt sur le tracé et les modalités de la reconstruction, dans un secteur déjà exposé aux inondations.
Le 28 mai 2019, Le Devoir rapporte les inquiétudes de résidents de l'île quant à la localisation d'un des accès piétonniers du futur REM en zone inondable. Une résidente, Josée Morin, souligne qu'en 2017 la crue a atteint le stationnement de la gare alors existante, et qu'en 2019, l'île n'a été épargnée que grâce à une digue temporaire érigée avec l'aide de l'armée[30]. Le Comité citoyen Laval-les-Îles (CCLLI), présidé par Katia Sénécal, presse CDPQ Infra d'obtenir des garanties sur le respect des cotes de crues révisées avant la finalisation du tracé. Une rencontre d'information publique se tient à Laval le 10 juin 2019, où CDPQ Infra précise que l'emprise du REM occupera environ 10 m, dans les limites de l'emprise ferroviaire existante, et que le maintien d'un service ferroviaire pendant les travaux a été jugé trop risqué[31].
Le cas de Mario Mordente, résident de l'île depuis 1967 dont le terrain jouxte directement le nouveau pont ferroviaire (à environ 20-22 pieds de sa résidence), illustre les tensions entourant la construction. Son terrain, retiré en 2016 de la liste des expropriations potentielles puis utilisé au printemps 2019 pour ériger la digue temporaire protégeant les autres résidents, se trouve à la fois cerné par les travaux et situé dans une zone d'intervention spéciale (ZIS) décrétée en juin 2019. En réponse au bruit des travaux, NouvLR, responsable de l'ingénierie et de la construction, lui propose des rideaux phoniques et des casques d'écoute, une offre qu'il juge insultante. Le CCLLI appuie sa demande d'être exproprié[32].
En octobre 2021, La Presse documente la poursuite de cette contestation citoyenne, notant que la station projetée — d'une hauteur de 11,3 m et longue de 80 m — doit accueillir un achalandage prévu de seulement 850 embarquements quotidiens, un chiffre jugé faible par certains résidents au vu de l'ampleur des travaux[6].
La construction de la station débute en 2021[33], avec démantèlement des anciennes infrastructures amorcé dès janvier de la même année sur l'ensemble du segment Rive-Nord[34]. À compter de la mi-décembre 2021, les palissades de chantier sont ornées d'une murale interactive de 53 et 36 m installée le long des chemins du Tour et des Rocailles, mettant en scène 86 espèces animales et végétales de l'archipel accessibles par jeu à code QR. L'œuvre, réalisée par l'illustratrice Christine Hantzo — elle-même résidente de l'île —, résulte d'une collaboration entre le REM, l'organisme MU et un sous-comité du CCLLI formé de Josée Morin, de Christine Hantzo et de Claudia Laurin[35].
La station ouvre au public le 17 novembre 2025 avec l'ensemble de l'antenne Deux-Montagnes[36]. À l'été 2025, une campagne de mesures sonores complémentaires menée par CDPQ Infra identifie Île-Bigras, avec Deux-Montagnes, Saint-Laurent et Ville de Mont-Royal, comme l'un des secteurs nécessitant des mesures d'atténuation du bruit bonifiées, incluant potentiellement un mur en gabion, une première sur le réseau[37].
Toponymie
modifierSelon la Commission de toponymie du Québec, l'île est connue dès 1817 sous le nom d'« île Amesse », d'après son propriétaire de l'époque, Louis Amesse. Elle est acquise en 1890 par Émilien Bigras, qui lui donne son nom actuel. Des formes cartographiques alternatives, « île Boiret » ou « île Boisvert », circulent également à certaines époques. Bigras possédait aussi les îles voisines Pariseau, Verte et Ronde, toutes quatre annexées à la ville de Laval depuis 1965. Le toponyme « île Bigras » est officialisé le 5 décembre 1968[38].
La station reprend le nom de l'ancienne halte du CN qui occupait sensiblement le même emplacement, conformément au principe de continuité toponymique adopté par le Réseau express métropolitain pour les dessertes existantes converties[39].
Architecture et aménagement
modifierLa station est implantée entre le chemin du Mistral et le chemin des Rocailles, sur environ 720 m de tracé traversant de l'île. L'accès principal se fait par le chemin des Rocailles et par un nouveau lien routier raccordant le chemin du Bois et au chemin du Tour, sous les voies ferroviaires. Le stationnement incitatif est bordé d'un accès piéton[40].
La structure repose sur un système de talus et de murs de soutènement plutôt que sur un viaduc aérien pur, une solution retenue pour favoriser l'intégration paysagère de la station. La hauteur de ces murs varie généralement autour de 1,5 m le long des Îles-Laval, mais atteint de 2 à 6 m aux abords immédiats de la station[41]. L'édicule de la station s'élève à 11,3 m à partir de la voie publique et le quai central mesure 80 m de longueur[42].
Les deux ponts ferroviaires reliant l'île — l'un franchissant le bras de la rivière des Prairies du côté de Montréal, l'autre du côté de Sainte-Dorothée — ont été respectivement reconstruit et doublé pour accueillir le REM[43].
Comme les autres stations riveraines de l'antenne Deux-Montagnes — Sunnybrooke, Pierrefonds-Roxboro, Sainte-Dorothée, Grand-Moulin et Deux-Montagnes —, Île-Bigras adopte un thème de couleur bleu inspiré de la rivière des Prairies, avec des motifs de céramique évoquant la fluidité et le calme[44].
L'aire TOD (transit-oriented development) d'Île-Bigras, qui chevauche celle de Sainte-Dorothée, est soumise à une densité résidentielle minimale de 40 logements à l'hectare dans un rayon d'un kilomètre en vertu du Plan métropolitain d'aménagement et de développement. La Ville de Laval y reconnaît toutefois des contraintes significatives — desserte partielle en infrastructures d'aqueduc et présence de la plaine inondable de la rivière des Prairies — et privilégie une approche d'encadrement de la transformation progressive plutôt que de densification active, dans le but de préserver le caractère de villégiature du secteur[16].
Services aux voyageurs
modifierAccès et accueil
modifierLa station comporte un quai central unique de 80 m, desservant les deux voies. Elle est universellement accessible, avec ascenseurs reliant le quai au niveau de la rue[42]. L'accès piétonnier se fait par le chemin du Tour, entre les chemins du Mistral et des Rocailles[40]. Elle offre 20 supports à vélos, dont 10 en milieu couvert, ainsi que des espaces réservés au transport adapt et aux taxis[40].
Desserte
modifierLes premiers et derniers départs de la station varient selon le jour[45]. En semaine, le premier départ est à 6 h 25 en direction de Deux-Montagnes et à 5 h 37 en direction de Brossard, tandis que le dernier départ est respectivement à 1 h 40 et à 0 h 36. Le samedi, le service débute à 6 h 18 (Deux-Montagnes) et 5 h 37 (Brossard), et se termine à 2 h 10 et 1 h 6. Le dimanche et les jours fériés, le premier départ est à 6 h 18 (Deux-Montagnes) et 5 h 37 (Brossard), le dernier à 1 h 40 et 0 h 36.
La fréquence de passage est généralement de 7 à 10 minutes aux heures de pointe et de 15 minutes en dehors de ces périodes, cette fréquence pouvant toutefois varier, notamment en période estivale[46].
Intermodalité
modifierLa station n'est pas directement desservie par la Société de transport de Laval (STL). La ligne régulière 713, qui relie les stations Sainte-Dorothée et Bois-Franc au métro Côte-Vertu du lundi au vendredi, ainsi que les lignes 26, 203 et 903, dessert néanmoins un arrêt à proximité — Bord-de-l'Eau / Dupont, situé de l'autre côté du pont d'Île-Bigras, à 450 m de la station (environ 6 minutes de marche)[47]. Les fins de semaine et jours fériés, en cas d'interruption du service du REM entre Sainte-Dorothée et Montréal, la ligne 713 assure un service de navette de remplacement, complété au besoin par les navettes 714, 715 ou 716 selon le tronçon touché[47].
Le stationnement, accessible par le chemin du Mistral entre le chemin du Tour et le croissant London, compte 45 places : 34 places gratuites (dont 3 réservées à l'accès universel, 5 au covoiturage, 1 équipée d'une borne de recharge électrique et 1 pour motos) et 11 places payantes gérées par la compagnie Indigo, offertes par abonnement mensuel ou par réservation à la journée[48].
Controverses et enjeux
modifierStationnement
modifierLe stationnement de la station illustre une tension récurrente entre la demande et l'offre d'espace de stationnement au fil des décennies. Sa capacité a diminué progressivement, passant de 68 places en 2007 (occupation de 97-98 %) à 65 places vers 2015-2017 (occupation de 99 %, la plus élevée de l'ensemble de la ligne Deux-Montagnes), avant d'être fixée à 45 places dans la conception du REM — un déclin d'environ un tiers en une quinzaine d'années, malgré un taux d'occupation demeuré constamment près de la saturation[27]. Cette réduction s'inscrit dans une tendance observée à l'échelle du réseau du REM, où le nombre total de places de stationnement incitatif prévues est passé de 15 413 à 10 011 entre l'annonce initiale du projet en 2016 et sa réalisation; des ajouts de places pourtant annoncés à des stations voisines, notamment Sainte-Dorothée (500 places) et Deux-Montagnes (721 places), ont également été annulés[49].
Pertinence de la station
modifierLa proximité d'Île-Bigras avec la station voisine de Sainte-Dorothée (1,2 km) alimente un débat récurrent sur la pertinence de maintenir deux points d'accès si rapprochés dans un secteur peu densément peuplé. Ce débat n'est pas propre à l'ère du REM : en 1992, le rapport d'étude d'impact du ministère des Transports du Québec recommandait déjà la fermeture d'Île-Bigras au profit d'une station unique desservant l'ensemble du secteur, un projet écarté à la suite de la mobilisation municipale menée par le maire Gilles Vaillancourt. En 1999, ce sont des citoyens d'un secteur voisin, Laval-Ouest, qui questionnaient à leur tour le maintien d'Île-Bigras plutôt que celui de leur propre gare, alors fermée[Note 5].
Lors de la construction du REM, l'achalandage projeté d'environ 850 embarquements quotidiens à l'horizon 2031 — un chiffre jugé faible par certains résidents au regard de l'ampleur des investissements consentis pour la station — a ravivé cette interrogation, sans toutefois remettre en cause la décision de maintenir la desserte[6].
Inondations et vulnérabilité du secteur
modifierL'archipel des Îles-Laval, et l'île Bigras en particulier, demeure exposé aux crues printanières de la rivière des Prairies, un enjeu documenté avant même l'arrivée du REM et amplifié par les débats entourant le tracé de la nouvelle infrastructure[Note 6]. La Ville de Laval reconnaît elle-même, dans sa planification d'aménagement, la présence de la plaine inondable comme une contrainte structurelle limitant le potentiel de densification du secteur autour de la station[16].
Bruit
modifierUne campagne de mesures sonores complémentaires menée par CDPQ Infra à l'été 2024 a identifié Île-Bigras parmi les secteurs de l'antenne Deux-Montagnes nécessitant des mesures d'atténuation additionnelles. Des ajustements, incluant potentiellement un mur en gabion — une solution inédite sur le réseau —, étaient en cours d'installation à l'été 2025[37].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ L'assemblée d'information du 9 mai 2022 situe le début de la construction de la station en 2021[2]; le démantèlement des anciennes infrastructures ferroviaires a débuté en janvier 2021[3].
- ↑ Josée Morin, résidente de l'île Bigras, évalue à environ 250 le nombre de résidences sur l'île elle-même, tandis que d'autres sources évoquent de 380 à 1000 habitants pour l'ensemble de l'archipel des Îles-Laval (Bigras, Pariseau, Verte et Ronde)[5],[6].
- ↑ Aucune source consultée ne permet de confirmer avec certitude que la halte existait dès l'ouverture de la ligne en 1918; cette date est présumée par continuité avec la mise en service du tronçon.
- ↑ Voir la section « Ère AMT/exo » ci-dessous pour la réhabilitation ultérieure des quais.
- ↑ Voir la section Histoire ci-dessus pour le détail de ces deux épisodes.
- ↑ Voir la sous-section « Construction du REM » ci-dessus pour le détail des inondations de 2017 et 2019 et de leurs répercussions sur le projet.
Bibliographie
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- Vincent Larin, « Île Bigras : la seule façon de sortir est en train », TVA Nouvelles, (lire en ligne, consulté le )
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Références
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- ↑ Assemblée d'information Île-Bigras, mai 2022.
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- ↑ « 3 choses à savoir sur le REM et ses travaux à Laval », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
- ↑ « Les thèmes de couleurs du REM », sur Réseau express métropolitain, (consulté le )
- ↑ « Station Île-Bigras », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
- ↑ « Horaire de service », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
- 1 2 « Info mobilité REM », sur Société de transport de Laval (consulté le )
- ↑ « Se rendre à la station Île-Bigras en auto », sur Réseau express métropolitain (consulté le )
- ↑ Thomas Gerbet, « Des milliers de stationnements disparaissent du projet de REM », sur Radio-Canada, (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la géographie :
- « Ligne Deux-Montagnes : Gare Île-Bigras », sur exo.quebec.
