Journée internationale du fétichisme

célébration internationale soutenant la communauté fétichiste et BDSM

La Journée internationale du fétichisme (en anglais : International Fetish Day ou IFD) est une célébration internationale visant à promouvoir potentiellement tous les fétichismes sexuels . Elle est ouverte aux personnes de tous genres et toutes orientations sexuelles, ainsi qu'aux personnes non fétichistes par signe de solidarité. Cette journée a lieu chaque année le troisième vendredi de janvier (par exemple, le , « IFD27 ») et sa couleur symbolique est le violet dans toutes ses nuances[1],[2],[3],[4]. L'ancien slogan, empreint d'autodérision et désormais abandonné, était « Perverts Wear Purple », tandis que deux autres slogans non officiels, toujours d'actualité, sont « Enjoy and be proud » et « It's OK to be you ! »[5].

Presentation

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À l'occasion de la Journée internationale du fétichisme, tous les fétiches sont potentiellement dignes d'être célébrés ; le violet est adopté comme couleur thématique
Un groupe de modèles fétichistes. L'iconographie en arrière-plan illustre l'écosystème de cette culture, incluant les festivals spécialisés, la presse dédiée et les boutiques thématiques en ligne
Portrait de Nicolas Edme Restif de La Bretonne (1785). Dans son œuvre littéraire, le thème du fétichisme du pied et des chaussures féminines est si récurrent qu'il a donné naissance au terme "rétifisme".

La Journée internationale du fétichisme a pour principal objectif de sensibiliser la société à la diversité des fétichismes sexuels, à leur fonctionnement, leur prévalence, ainsi qu'à leurs fondements psychologiques. Elle vise également à distinguer ces pratiques des troubles paraphiliques (notamment le « trouble fétichiste » tel que défini par les manuels diagnostiques). Cette journée ne privilégie aucune forme de fétichisme, qu'il soit lié à des parties du corps humain ou à des objets, et célèbre les individus qui les pratiquent dans un cadre consensuel. Les personnes non fétichistes sont encouragées à rejoindre les célébrations par solidarité. Ainsi, l’objectif secondaire est de favoriser une culture de l’ouverture sexuelle ("société sex-positive"), en synergie avec le mouvement LGBTQIA+, les marches des fiertés (Fetish Pride), et des événements tels que la Journée mondiale du BDSM () ou la Journée internationale des kinks (). Enfin, elle s’inscrit dans une démarche de promotion de l'éducation sexuelle, soulignant la complémentarité entre ces différentes initiatives.

Une société ouverte à la sexualité (sex-positive) est définie comme un environnement où le dialogue sur les pratiques sexuelles n'est plus tabou, et où l'expérimentation de toute forme de sexualité consentie et légale est respectée. Dans cette optique, une culture de la « sexualité positive » vise à éradiquer la stigmatisation sociale liée aux préférences individuelles, que celles-ci soient exprimées dans la sphère privée ou partagées publiquement (en ligne comme hors ligne). Enfin, dans un tel cadre sociétal, la distinction entre pratiques « normales » et « anormales » s'efface au profit de la notion centrale de consentement mutuel, libre et éclairé.

Le violet, sous toutes ses nuances (par exemple le mauve o le pourpre), est la couleur symbolique du fétichisme. Elle est portée ou affichée par celles et ceux qui célèbrent cette journée, militent pour la reconnaissance de ces pratiques ou manifestent leur solidarité[5].

Bien que la Journée internationale du fétichisme puisse potentiellement englober tous les fétiches, ceux qui jouissent de la plus grande visibilité en raison de leur diffusion et de leur popularisation sont le fétichisme des chaussures (en particulier les chaussures à talons hauts, les bottes et les ballerines), le fétichisme des bas (par exemple, les bas autofixants, les collants, les jarretières et les chaussettes hautes), le fétichisme de la lingerie féminine (en particulier les culottes, les soutiens-gorge et les corsets) et le fétichisme du pied.

L'univers du fétichisme comprend également un groupe de femmes qui posent (modèles fétichistes ou "fetish model"), professionnelles ou amatrices. Une spécialisation très populaire est la modèle de pieds (foot model), un groupe de modèles fétichistes qui se concentre sulla mise en valeur des pieds, des bas et des chaussures. Ces modèles peuvent participer à des festivals thématiques organisés dans les grandes villes du monde entier, produire des photos et des vidéos même sans intention de les monétiser, et participer à des soirées à thème en boîte de nuit (soirées fétichistes généralistes ou spécialisées telles que les Foot Parties ou les « Foot Nights »)[6],[7]. Par conséquent, la Journée internationale du fétichisme vise également à sensibiliser le public à la figure et aux activités des modèles fétichistes et à lever la stigmatisation sociale qui les entoure.

Enfin, l'univers du fétichisme englobe aussi bien les artistes professionnels qu'amateurs qui abordent ou ont abordé les thèmes fétichistes avec une certaine assiduité ou de manière spécialisée. On peut citer en exemple les bandes dessinées érotiques d'inspiration fétichiste (par exemple, Franco Saudelli[8] et Giovanna Casotto)[9], auxquelles s'ajoutent les illustrations de l'artiste londonien Sardax[10], l'activité de photographes célèbres tels que Helmut Newton[11] et Elmer Batters[12], des créateurs de mode inspirés par l'univers fétichiste, certains chanteurs qui abordent le fétichisme et des thèmes similaires (par exemple, Måneskin et Rosa Chemical ; ces chanteurs apparaissent parfois eux-mêmes avec des vêtements inspirés du style fétichiste)[13],[14], des réalisateurs tels que Quentin Tarantino, Luis Buñuel et Alain Robbe-Grillet[15] et certains écrivains du monde entier qui traitent ou ont traité des fétichismes au cours des millénaires (par exemple, le Grec Philostrate d'Athènes[16], Nicolas Edme Restif de La Bretonne[17], Alexandre Pouchkine[18] et Jun’ichirō Tanizaki)[19]. Par conséquent, la célébration et la solidarité peuvent être étendues à tous les artistes professionnels et amateurs qui abordent ou ont abordé le thème du fétichisme et du BDSM.

Nom dans d'autres langues

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Le nom de cette célébration internationale dans certaines des principales langues du monde est :

Lingua Nome
Français Journée internationale du fétichisme
Anglais International Fetish Day (IFD)
Italien Giornata internazionale del feticismo
Espagnol Día internacional del fetiche
Portugais Dia Internacional do Fetiche
Allemand Internationaler Fetischtag
Néerlandais Internationale Fetisjdag
Russe Международный день фетиша

(Mezhdunarodnyy den' fetisha)

Grec Διεθνής Ημέρα Φετίχ (Diethnís Iméra Fetích)
Chinois 国际恋物日 (Guójì liànwù rì)
Japonais 国際フェティッシュデー (Kokusai fetisshudē)
Coréen 국제 페티시 데이 (Gugje petisi dei)
Thaï วัน เฟติช สากล (Wạn fetich s̄ākl)

Façons de célébrer et de soutenir

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L'une des manières de célébrer cette journée et de soutenir ces pratiques consiste à organiser des rencontres conviviales, telles que des munch ou des "apéritifs kinky" dans un climat de respect mutuel, convivialité et amitié.
Outre le port de la couleur violette, une autre manière de marquer cette journée consiste à explorer ou à expérimenter un fétichisme au sein du couple, favorisant ainsi la communication et l'intimité sexuelle.
Une autre manière de s'informer consiste à écouter des podcasts dédiés au fétichisme, au kink et au BDSM. Ces supports audio permettent une diffusion pédagogique de ces thématiques auprès d'un large public.

La liste la plus complète (bien que non exhaustive) de suggestions d'activités a été publiée par Checkiday, un site de référence qui recense la plupart des anniversaires et des journées internationales. Les activités possibles pour les fétichistes, leurs sympathizantes, les modèles fétichistes et les artistes qui abordent ou ont abordé le sujet du fétichisme sont bien plus nombreuses que celles initialement envisagées en 2008. Elles sont librement et individuellement choisies et incluent[20] :

  • Porter un vêtement ou un accessoire violet (par exemple une cravate, une pochette de costume, un bandeau, du vernis à ongles, etc.) .
  • Vivre une expérience sexuelle à thème fétichiste avec son ou sa partenaire .
  • Participer à un apéritif kinky ou un munch organisé par un établissement (bar, restaurant, club, etc.) .
  • Participer à une soirée fétichiste (fetish party), générale ou spécialisée (par exemple un « Foot Party » ou « Foot Night »). Ces événements peuvent être organisés pendant la semaine de la Journée internationale du fétichisme pour permettre la célébration.
  • Acheter une tenue ou des accessoires fétichistes .
  • Encourager l'ouverture d'esprit à l'égard des fétichismes et soutenir la communauté fétichiste et BDSM .
  • Faire un don à des organisations comme Backlash UK, qui défend la liberté d’expression et les relations sexuelles entre adultes consentants dans le Royaume-Uni[21].
  • Explorer des podcasts traitant de fétichisme et de BDSM, comme « Loving BDSM », hébergé sur le site web du même nom fondé par John Brownstone et Kayla Lords[22].
  • Apprendre en davantage sur les pratiques BDSM grâce à des sites web éducatifs, tels que Kink Academy, un site d'éducation sexuelle à la demande, partiellement gratuit et destiné aux adultes (en 2025, il proposait plus de 2 000 vidéos classées par thème et niveau, avec les contributions de plus de 140 experts)[23].
  • Apprendre en davantage sur les pratiques BDSM grâce à des livres sur le sujet ; parmi les ouvrages de référence , citons « Playing Well with Others: Your Field Guide to Discovering, Navigating, and Exploring the Kink », « Leather and BDSM Communities », « The New Topping Book », « The New Bottoming Book » et « 50 Shades of Kink: An Introduction to BDSM » .
  • S'inscrire et utiliser des réseaux sociaux dédiés aux fétichistes et aux adeptes de pratiques BDSM comme FetLife, un réseau social presque entièrement gratuit qui comptait plus de 12 millions de membres en 2025 et propose également de promouvoir les munches et des soirée libertine (sex party)[24]. Feeld est une autre plateforme similaire, une application orientée vers le polyamour, l'échangisme et les trios[25],[26].

Outre ces réseaux sociaux BDSM, il existe aussi des applications de rencontre et des blogs thématiques consultables en tant que simple visiteur. En Italie, l'un des plus importants blogs fétichistes est Celebrity Dream Feet , cité par le journal d'information Il Post. L'article du Post mentionne également WikiFeet, l'un des plus grands wikis collaboratifs recensant des photos de femmes adultes du domaine public. Fondé en 2008 et fréquenté par des hommes et des femmes, ce site se concentre sur la collecte de photos de pieds de célébrités et offre la possibilité de noter les pieds les plus attrayants après inscription[6] .

Les activités proposées par Checkiday n'incluent pas celles liées à la manifestation et à la représentation du fétichisme dans des productions artistiques telles que les bandes dessinées érotiques, les peintures et illustrations, les films, les chansons, les vêtements d'inspiration fétichiste (c'est-à-dire la mode qui n'a pas nécessairement de visée sexuelle), la photographie érotique ou la Littérature ancienne et moderne. Une autre façon pour les artistes de célébrer et pour le grand public de soutenir l'événement, en plus des activités mentionnées ci-dessus, consiste à publier, partager ou commenter une œuvre artistique thématique faisant explicitement référence à la Journée internationale du fétichisme (par exemple à l'aide de hashtags et de slogans). Dès 2019, Global Comments (un site web destiné aux journalistes indépendants) publiait un article présentant une série d'extraits de films contenant des éléments BDSM en l'honneur de la Journée internationale du fétichisme 2019 (IFD19)[27]. Par analogie, les modèles fétichistes, professionnels ou amatrices, peuvent célébrer et être célébrés de manière similaire.

En 2017, Metro.co.uk a publié un article présentant un quiz interactif sur le BDSM et le fétichisme en l'honneur de la Journée internationale du fétichisme (IFD17)[28].

En 2020, le Doncaster Free Press a consacré un article à la Journée internationale du fétichisme (IFD20) et a mené, à cette occasion, une enquête pour comprendre les pratiques sexuelles non conventionnelles les plus courantes au sein de la population de Doncaster (South Yorkshire). Les pratiques les plus citées incluaient le BDSM, le sexe anal, le dogging, le voyeurisme et le travestissement. Le journal a également analysé les pratiques les plus recherchées sur Google au Royaume-Uni, révélant la prédominance du BDSM, du dogging, du sexe anal, du spanking et du fétichisme du cuir (ou du latex). L’enquête a par ailleurs souligné que le dogging est plus fréquent pendant la période estivale, suggérant une tendance saisonnière pour certaines pratiques[29].

Toujours en 2020, NewsOne a publié un article célébrant la journée et a diffusé les résultats d’une enquête sur les pratiques fétichistes des célibataires noirs inscrits sur l’application de rencontre BLK. L'étude a révélé que les kinks les plus courants étaient le fétichisme du pied, le BDSM et le bondage. De plus, de nombreuses personnes interrogées se sont dites ouvertes à l'idée de fréquenter une personne ayant un fétichisme, même non partagé[30] . Enfin, la rappeuse Yung Miami (vrai nom: Caresha Romeka Brownlee) a déclaré lors d'un épisode du podcast Caresha Please être adepte de la « golden shower » (pluie dorée). Cette déclaration a été relayée par plusieurs magazines spécialisés et a suscito de vifs débats en raison du caractère perçu comme extrême de cette pratique, bien que consentie[31],[32].

En 2023, l'International Business Times (IBT) a publié un article présentant une série de citations liées au fétichisme, en l'honneur de la Journée internationale du fétichisme (IFD23)[33].

En 2026, le magazine Rolling Out a publié un article mettant en lumière les fétiches les plus courants chez les jeunes hommes afro-américains et afro-britanniques, à partir de données actualisées de l'application BLK. Bien que l'article ne fasse pas explicitement référence à la Journée internationale du fétichisme, il aborde la question des pratiques sexuelles non conventionnelles chez les jeunes générations. L'article note que, selon un sondage d'opinion, 50,3 % des utilisateurs américains et 42,3 % des utilisateurs britanniques déclarent avoir un fétiche ou une pratique sexuelle non conventionnelle. Près de 60 % des utilisateurs dans les deux pays se disent ouverts à l'exploration d'un nouveau fétiche. Enfin, 40 % des utilisateurs indiquent n'avoir aucun problème à discuter de leurs préférences dès les premiers instants d'une relation, et 80 % se disent prêts à accepter un partenaire ayant un fétiche au sein d'une relation. L'exploration sexuelle, selon les utilisateurs, est conditionnée par une communication directe, un consentement sexuel mutuel et la confiance[34].

Historique et liens avec le contexte

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Lancement en 2008

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La Journée internationale du fétichisme a été instaurée en réaction à l'adoption par le Parlement britannique d'une législation jugée restrictive à l'égard de la "pornographie extrême"

La Journée internationale du fétichisme a vu le jour en Angleterre en 2008. À cette époque, le Parlement britannique avait promulgué une loi interdisant la pornographie dite « extrême ». Cette législation correspond à l'article 63 de la loi de 2008 sur la justice pénale et l'immigration (CJIA) 2008, ou Criminal Justice and Immigration Act (CJIA) 2008[35],[36],[37], reprise en Écosse par l'article 42 de la loi de 2010 sur la justice pénale et les licences (Écosse) 2010 ou Criminal Justice and Licensing (Scotland) Act 2010[38],[39]. Les communautés BDSM et fétichistes ont protesté contre ces dispositions, arguant qu'elles visaient principalement à réprimer leurs pratiques et l'iconographie associée. La loi criminalisait la possession de tels contenus, même produits dans un cadre consensuel, faisant ainsi abstraction du contexte.

De plus, les critiques soulignaient que la loi ne tenait pas compte des protocoles de sécurité propres au BDSM, tels que le système de signaux préétablis (mots de passe, signaux sonores ou gestuels) basés sur le modèle du feu tricolore rouge/arrêt, jaune/ralentir, vert/continuer »)[5]. Selon ces communautés, la loi était donc biaisée et discriminatoire, malgré un contexte social de plus en plus ouvert marqué par l'émergence des « munches » (rencontres informelles nées en Californie dans les années 1980)[40] et de soirées spécialisées (à l'instar du site américain FootNight.com, lancé en 2002)[7]. L'esprit d'ouverture de ces rencontres, accessibles même aux néophytes, visait à favoriser le dialogue, contrastant ainsi avec l'approche restrictive du droit anglais de l'époque.

Le premier événement d'activisme et de protestation pacifique fut la Journée nationale du fétichisme 2008 (National Fetish Day, NFD08), une initiative restée locale et limitée à l'Angleterre. L'événement fut organisé par un membre de la communauté BDSM sous le pseudonyme de « Pierced Knight »[41] et annoncé sur le site web dédié « PervertsWearPurple »[5]. La manifestation eut lieu le vendredi (le troisième vendredi de janvier).

Le violet fut choisi comme couleur symbolique, car elle était déjà largement utilisée par les communautés fétichistes et BDSM. Le slogan initial, abandonné par la suite, était « Perverts Wear Purple »[5] ; le terme « perverts » (pervers) y était employé de manière auto-dérisoire dans le contexte de la protestation. Deux autres slogans non officiels figuraient sur le site web : « Enjoy and be proud » (Appréciez et soyez fiers) et « It's OK to be you! » (C'est bien d'être soi-même!). L'activité principale consistait à porter un vêtement ou un accessoire violet en signe de protestation pacifique. L'intention des organisateurs n'était pas de provoquer un changement radical immédiat, mais de sensibiliser le public (en anglais: "awareness"): « No, this simple act isn't going to change the world [...]. However, I genuinely believe that it might make participants (or even those that have heard but don't join in think about this sub-culture, what it is, what it means to us and feel a slight bit of unity » (en français: « Non, ce simple geste ne va pas changer le monde [...]. Cependant, je crois sincèrement qu'il pourrait amener les participants [...] à réfléchir à cette sous-culture, à ce qu'elle est, à ce qu'elle représente pour nous, et à ressentir un léger sentiment d'unité »[5].

Réactions et internationalisation

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Le député Ronnie Campbell, qui ne savait pas ce qu'était le « fétichisme » (il pensait que c'était synonyme de « préoccupation »), a soutenu la première Journée du fétichisme et a expliqué qu'il avait « un fétiche pour les chevaux ».
Une paire d'escarpins violets. Le fétichisme des chaussures est l'un des fétiches d'objets/matériels les plus répandus au monde, au même titre que celui des bas et des sous-vêtements.

La loi n'a pas été abrogée malgré les protestations. En 2024, la législation contre la pornographie extrême était toujours en vigueur au Royaume-Uni. Selon un précédent juridique de 2018 (Okoro [2018] EWCA Crim 1929), pour être condamné par un tribunal, il suffit qu'une personne sache avoir reçu du matériel pornographique et soupçonne qu'il s'agit de pornographie extrême, indépendamment du contenu précis de chaque image ou vidéo[36] . Toutefois, une première évolution, consécutive notamment à l'activisme de l'avocat Myles Jackman et de la productrice de films pornographiques queer Pandora Blake, a permis la levée de l'interdiction de la pornographie BDSM, de la représentation de l'éjaculation féminine (squirting) et de certaines pratiques fétichistes comme le spanking (la fessée)[42].

Par ailleurs, Ronnie Campbell, député travailliste britannique qui soutenait les deux communautés, a commis une méprise par méconnaissance du fétichisme sexuel : croyant initialement qu’il s’agissait d’une « préoccupation », il a déclaré à un journaliste : « J'en ai sûrement des milliers, mais, honnêtement, je ne saurais dire laquelle est la plus importante ; probablement les chevaux.» Le journaliste lui a alors expliqué ce qu’était le fétichisme sexuel, ce qui l’a momentanément déconcerté[43].

Le vendredi , une nouvelle édition a été organisée afin de sensibiliser le public aux fétichismes, de favoriser le partage d'expériences e de contribuer à leur déstigmatisation (notamment à travers des événements tels que des apéritifs kinky). Contrairement à la première édition, l’événement était ouvert aux participants du monde entier, marquant ainsi la transformation de la Journée nationale en Journée internationale du fétichisme (IFD)[44].

La couleur violette a été conservée, devenant le symbole de la communauté fétichiste et BDSM. Depuis 2009, aucun slogan officiel n'a été adopté. L'expression « Perverts Wear Purple » est ainsi restée un slogan officieux exclusivement associé à la manifestation britannique de 2008. Le terme « pervers » a été définitivement écarté par les organisateurs, ces derniers ayant estimé qu'il pourrait heurter la sensibilité de certains participants ou du grand public[5] .

La même année, Symon Hill publiait dans The Guardian un article soutenant la Journée internationale du fétichisme. Il y expliquait que « tout le monde a un fétiche », à l'exception des personnes asexuelles et de celles ayant une vision « victorienne » de la sexualité — c'est-à-dire une approche à tendance rigide, moralisatrice et répressive. Le journaliste distinguait clairement les fétichismes consensuels des pratiques illégales et délétères, telles que la pédocriminalité et les violences sexuelles, pour lesquelles il préconisait la psychothérapie ou l'incarcération. Enfin, il critiquait vivement la loi britannique contre la pornographie extrême[43] . Celle-ci est finalement entrée en vigueur le et reste d'actualité en 2026.

L'article de Symon Hill souligne également qu'en 2009, les fétichismes et le BDSM étaient encore tabous en Angleterre en raison de nombreux préjugés. Il cite notamment un fait divers de 2008, au cours duquel un couple du Yorkshire (D. Graves et T. Maltby) fut expulsé d'un bus pour avoir porté des vêtements gothiques d'inspiration fétichiste ; officiellement, la compagnie de bus invoqua des « raisons de sécurité ». La même année, le journal The Sun rapportait qu'un groupe d'adeptes du BDSM avait loué une salle pour organiser une conférence de présentation suivie d'une soirée thématique.

Le journaliste rappelait par ailleurs l'échec du Parlement britannique à abroger la loi sur la pornographie extrême. Enfin, il relatait l'entretien d'une Londonienne de 32 ans ayant longtemps réprimé ses désirs de soumission en raison de sa foi chrétienne et de ses convictions féministes. Elle finit par conclure que l'acte féministe résidait dans l'acceptation enthousiaste de ses propres désirs ; de plus, un prêtre lui aurait affirmé : « Dieu est amour, et là où il y a amour, il y a Dieu. » Elle précisa enfin que ces pratiques se limitaient à l'intimité et ne constituaient pas un mode de vie permanent[43] .

Les années suivantes, plusieurs journaux ont consacré des articles à la Journée internationale du fétichisme lors de sa célébration annuelle.

Popularisations hors Journée internationale du fétichisme

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Popularisation du cuir et du latex

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La chanteuse Tamta lors de la finale du Concours Eurovision de la chanson 2019. Sa tenue illustre l'usage du latex, un matériau popularisé au-delà de la sphère BDSM grâce à l'influence de la mode, de la musique et du cinéma.

Le premier élément traditionnellement associé à la culture fétichiste est le port de vêtements en cuir et en latex ; le cuir, en particulier, est l’élément fondateur de la sous-culture du cuir. Sa popularisation, cependant, a eu lieu avant même la création de la Journée internationale du fétichisme et s’est faite grâce à la mode et à son imbrication avec le monde de la musique et du cinéma. Le port de vêtements en cuir remonte aux motards, qui se réunissaient dans des bars spécialisés dans les années 1940 ; l’usage de ces vêtements a ensuite été adopté par les homosexuels et popularisé au sein de leur culture grâce à leur présence dans les premiers clubs gays (par exemple, le Gold Coast à Chicago, fondé en 1958 par Dom Orejudos et Chuck Renslow). L'intégration de ces codes en dehors des cercles homosexuelles et fétichistes doit beaucoup au personnage de Cathy Gale dans la série télévisée « The Avengers » (1962-1964) et à l’invention du pantalon bondage (bondage pants) par Vivienne Westwood et Malcolm McLaren ; ce dernier étant un type de pantalon en cuir. Enfin, les vêtements en cuir ont fait leur apparition au cinéma (par exemple, dans Catwoman en 2004, où l'héroïne porte une combinaison moulante en cuir) et dans la musique (par exemple, chez les pionniers du punk londonien, Lady Gaga, Måneskin[45], Tamta et Rosa Chemical)[13].

Popularisation du BDSM

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Démonstration de fessée (spanking) par deux praticiennes BDSM (Mistress Vittoria et Mistress Jada). Les pratiques BDSM ont bénéficié d'une visibilité accrue et d'une normalisation progressive à travers les médias contemporains.

Le BDSM a également bénéficié d'une large diffusion à travers les médias de masse (best-sellers, films cultes, télévision, réseaux sociaux), favorisant ainsi l'exploration et l'expérimentation sexuelles. Ces facteurs médiatiques ont joué un rôle prépondérant dans la visibilité de ces pratiques, parallèlement aux journées internationales et aux initiatives d'éducation sexuelle.

En 2010, le single S&M de Rihanna, écrit par l'auteur-compositeur-interprète Ester Dean, aborde explicitement le BDSM et les pratiques fétichistes (notamment à travers les paroles : « Sticks and stones may break my bones / But chains and whips excite me »)[46]. Malgré les critiques liées à son contenu explicite, le titre a atteint la deuxième place du classement Billboard Hot 100 aux États-Unis. En 2011, la parution du premier tome de la trilogie Cinquante nuances de Grey d'E. L. James a marqué un tournant. Ce succès planétaire, suivi d'une adaptation cinématographique[47], a largement contribué de même à populariser et à normaliser une partie de l'imagerie BDSM auprès du grand public.

Aujourd'hui, certaines pratiques BDSM figurent parmi les formes de sexualité non pénétratives les plus répandues, particulièrement au sein de la Génération Z (ou "Gen Z"). Cette génération est régulièrement décrite comme la plus "kinky" (la plus ouverte aux pratiques non conventionnelles), portée par une propension à l'exploration sexuelle et une volonté d'expérimenter de nouveaux comportements[48],[49],[50].

Popularisation des fétiches populaires

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Deux pieds féminins ornés de vernis à ongles violet. Le fétichisme du pied, l'une des formes les plus répandues au monde, est largement popularisé par le paysage médiatique actuel

Deux des fétichismes les plus répandus (le fétichisme du pied et le rétifisme) ont également connu une popularisation indépendante de la Journée internationale du fétichisme (bien que la sensibilisation n'entraîne pas systématiquement une normalisation sociale). Vers le milieu du XXe siècle, les chaussures à talons hauts pour femmes ont ainsi occupé une place centrale dans l'œuvre du photographe Helmut Newton. Newton, lui-même fétichiste et inspiré par l'esthétique des talons aiguilles[11], a contribué par ses clichés à ancrer cette icône dans l'histoire de la photographie d'art.

Selon la définition de la féminité donnée par la dessinatrice et modèle de pieds Giovanna Casotto Le féminin, c'est tout ce qui appartient exclusivement aux femmes. De la sensibilité de l'âme à la cellulite. Du charme de la séduction à la grâce avec laquelle une femme se balance en marchant, pieds nus ou en talons aiguilles. Des poses de pin-up aux clins d'œil et aux sourires »), l'appréciation de l'univers féminin implique intrinsèquement celle des chaussures pour femmes[9] .

Au cours des décennies suivantes, plusieurs productions artistiques et culturelles (notamment les films de Quentin Tarantino) ainsi que des moments viraux sur les réseaux sociaux ont contribué à populariser, voire à banaliser, le fétichisme des pieds féminins. Ce dernier est désormais considéré comme le fétichisme corporel le plus répandu au monde[47] . Cette prise de conscience globale semble s'être opérée indépendamment de l'influence directe de la Journée internationale du fétichisme. Historiquement, l'érotisation des pieds et des chevilles est documentée dès les poèmes homériques, où la grâce des chevilles était déjà célébrée comme un attribut essentiel de la beauté féminine[16] . Bien que ce fétichisme soit le plus représenté parmi les hommes et les femmes de toutes orientations sexuelles, sa large diffusion n'a pas encore conduit à une normalisation complète, la réception du public restant polarisée entre partisans et détracteurs.

Durant la pandémie de COVID-19, les modèles de pieds (foot models), la spécialisation la plus connue parmi les modèles fétichistes (fetish models), a connu un essor. Pendant la pandémie, en raison de la distanciation sociale, les rapports sexuels ont été déconseillés ou rendus plus difficiles à obtenir ; De plus, certaines femmes ont tenté de se reconvertir en modèles pour gagner leur vie, atteignant parfois des revenus mensuels de plusieurs milliers de dollars. Les journaux en ligne (y compris les plus grands quotidiens) ont largement documenté ce phénomène et contribué à sa visibilité médiatique et popularisation[51] en remplacement de la Journée internationale du fétichisme, sans toutefois parvenir à sa normalisation complète.

Contemporanéité

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L'engagement des nouvelles générations est susceptible d'accompagner des changements sociaux, notamment à travers la promotion d'événements tels que la Journée internationale du fétichisme

En 2025, la majorité des fétichismes restaient socialement stigmatisés. Les médias ayant traité du fétichisme des pieds (pourtant l'un des plus documentés) soulignent que cette stigmatisation provient d'un clivage culturel de l'opinion publique[6],[52],[47] . L'hostilité des détracteurs peut engendrer un impact psychologique négatif chez les personnes concernées — telles que la honte, l'anxiété, le regret ou des épisodes dépressifs — menant souvent à la répression du désir et à une insatisfaction sexuelle prolongée[53].

De manière générale, les pratiques non conventionnelles sont dénigrées par certains segments de la population car elles contredisent une vision phallocentrée (ou « génitocentrée ») de la sexualité humaine. Cette approche, particulièrement ancrée chez les baby boomers, définit le sexe exclusivement par la pénétration sexuelle ; toute pratique ne se focalisant pas sur les organes génitaux est alors perçue comme une déviation ou une pathologie. À cet égard, le fétichisme est souvent classé sous le terme de « paraphilie », par opposition à une « normophilie » déterminant quelles parties du corps seraient « normales » d'apprécier. Cette génération n'a, par ailleurs, pas bénéficié de l'accès à l'expérimentation sexuelle via la pornographie en ligne[50],[54]. Enfin, le manque d'éducation sexuelle spécifique et la diffusion d'informations sensationnalistes pourraient continuer d'alimenter cette stigmatisation sociale.

Malgré ce contexte de résistance, les Zoomers (Génération Z) sont décrits comme une génération particulièrement kinky, que signifie encline aux pratiques sexuelles non conventionnelles, notamment le BDSM. La Génération Y (Milléniaux) a ouvert la voie, tant par son âge que par son utilisation précoce de la pornographie en ligne comme outil d'exploration sexuelle.

Dans ce contexte de transition générationnelle, où l'opinion publique oscille entre stigmatisation et acceptation, la Journée internationale du fétichisme ainsi que les autres initiatives de sensibilisation, de partage et de déstigmatisation conservent toute leur pertinence. Ces actions pourraient, à terme, mener à une reconfiguration des paradigmes socioculturels.

Références

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  1. (en) Aditi Ratti, « International Fetish Day 2025: From BDSM to Voyeurism, 6 Types of Sexual Fetishes and Kinks That Act As Informed Consent », sur LatestLY, (consulté le )
  2. (en) Haroon Mohsin, « International Fetish Day », sur National Today, (consulté le )
  3. (en) « International Fetish Day - January 21, 2026 | internationaldays.co », sur International Days (consulté le )
  4. (it) « https://www.anterospadova.it/international-fetish-day2022/ », sur Antéros - Associazione LGBTI Padova, (consulté le )
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Articles connexes

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