Khamsé

livre de Nizami

Le Khamsé (en persan : خمسه, « les cinq ») ou Pandj Gandj (en persan : پنج گنج, signifiant « les cinq trésors »), est le nom donné communément à cinq poèmes écrits par Nizami, s’inspirant de l’histoire de la Perse ou de légendes populaires.

Khamsé
Khosrow découvre Chirine au bain. (Miniature persane, vers 1550, Chiraz)
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Poésie
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Contenu

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  1. Le Trésor des mystères (en persan : مخزن‌ الاسرار / Makhzan-ol-Asrâr ; 1165[1] ou 1184[2]) ;
  2. Khosrow et Chirine (en persan : خسرو و شیرین / Khosrow o Chirine ; années 1180)[2] ;
  3. Leïli et Madjnoun (en persan : لیلی و مجنون / Leïli o Madjnoun ; 1188[3] ou 1192[2]) ;
  4. Les Sept Beautés (en persan : هفت‌ پیکر / Haft-Peïkar, aussi traduit par « Les Sept Figures [de beauté] », « Les Sept Idoles » ou « Les Sept Portraits ») ou le Livre de Bahram (en persan : بهرام‌ نامه / Bahrâm-Nâmé; 1197)[2] ;
  5. Livre d'Alexandre (en persan : اسکندر نامه / Eskandar-Nâmé). Sa date de rédaction est incertaine. Il serait dédié au roi Izz ad-Din Mas'ud Ier. Mais des incohérences dans les évènements rapportés incitent à identifier le dédicataire à Izz al-Din Mas'ud II, qui n'accède au trône qu'en 1211. Dans la première hypothèse, le Livre d'Alexandre serait le quatrième des cinq poèmes dans leur ordre de rédaction[2],[4].

Ces différents ouvrages sont en vers de forme masnavi (poème narratif, en couplets ou distiques rimés). L'ensemble comporte environ 30 000 distiques[2],[5].

Le premier ouvrage, Le Trésor des mystères, a été influencé par le grand poème d'inspiration soufie de Sanaï (1081-1141), intitulé Le Jardin de la vérité Hadiqat al-Haqiqa »)[6]. C'est le plus court des cinq[4]. Tandis que les quatre autres poèmes sont des épopées romanesques, le Trésor des mystères est un poème didactique qui comporte une dimension mystique. Cette dernière n'est cependant explicite que dans l'introduction. Malgré sa difficulté, il a fait l'objet de nombreuses imitations[2]. Il a été traduit en français par Djamchid Mortazavi[3].

Le fond des poèmes Khosrow et Chirine, Les Sept Beautés et le Livre d'Alexandre, traite de sujets de chevalerie médiévale propres à l'Orient.

L'évanouissement de Laylah et Majnun, période safavide style de Chiraz, XVIe siècle
L'évanouissement de Laylah et Majnun, période safavide style de Chiraz, XVIe siècle

Les poèmes Khosrow et Chirine, Bahram Gour et Alexandre le Grand qui apparaissent dans des épisodes séparés du Livre des Rois de Ferdowsi, sont ici traités par Nizami en tant que sujet principal de trois poèmes différents. Le poème Leïli et Madjnoun, quant à lui, puise sa source dans une légende arabe[2].

Le Livre d'Alexandre est constitué de deux parties : le Sharaf nameh Livre de l'honneur ») et l'Iqbal nameh Livre de la sagesse »). La première rapporte les exploits d'Alexandre le Grand, connu en Orient sous le nom d'Eskandar, lors de ses conquêtes, tandis que la seconde le présente comme un sage qui dialogue avec les philosophes[2]. C'est le plus long des cinq poèmes (environ 10 500 vers)[4].

Le Khamseh a été souvent imité, notamment par Amir Khusrau Dehlavi et Djami. La première édition critique du texte a été établie par Vahid Dastgirdi, à Téhéran, dans les années 1930[1],[3].

Manuscrits

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initialement, les cinq poèmes ne sont pas destinés à être rassemblés. c'est après la mort de Nezami qu'ils ont été regroupés sous la forme du Khamseh[4].

Au cours des siècles suivants, le Khamsé a été recopié dans de riches manuscrits illustrés de somptueuses miniatures. Beaucoup d'entre eux ont été préservés[4]. Le Khamseh et le Livre des rois de Ferdousi sont les textes de la littérature persane qui ont le plus inspiré les peintres[4],[7] : Larissa Dodhudoeva recense 245 copies enluminées du Khamseh[7]. Le manuscrit complet des cinq poèmes le plus ancien, daté de 763 AH (1361-62), se trouve à la Bibliothèque Nationale de France (supplément persan 1817)[4]. Cette dernière possède aussi un manuscrit comportant 34 peintures, réalisées entre 1619 et 1624 sous le règne d'Abbas Ier et calligraphié par ‘Abd al-Djabbar Esfahani (supplément persan 1029).

Notes et références

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  1. 1 2 (en) Kamran Talattof et Jerome W. Clinton, « Introduction », dans The Poetry of Nizami Ganjavi : Knowledge, Love, and Rhetoric, Palgrave Macmillan, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) P. Chelkowski, « NIZAMI GANDJAWI », dans Encyclopædia of Islam, vol. 8, Brill, (lire en ligne), p. 76-81
  3. 1 2 3 (tr) Mehmet Kanar, « NİZÂMÎ-i GENCEVΠ», sur TDV İslâm Ansiklopedisi, (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 (en-US) Domenico Parrello, « ḴAMSA OF NEẒĀMI », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
  5. Mohammad Hassan Rezvanian, « Biographie de NIẒĀMĪ ou NEZAMÉ DE GANDJE », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  6. (en) Charles-Henri de Fouchécour, « Iran viii. Persian Literature (2) Classical », Voir la partie Neẓāmi’s Five Treasures (Panj ganj), sur Encyclopædia Iranica Online, 2006 (last updated 2018) (consulté le )
  7. 1 2 « Un manuscrit des Cinq Poèmes de Nezâmî », sur BnF Essentiels (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Domenico Parrello, « Khamsa of Nezâmi », Première publication, 2000 ; dernière màj 2012, sur Encyclopædia Iranica Online, (consulté le )
  • Ivan Stchoukine, Les peintures des manuscrits de la « Khamseh » de Niẓâmî au Topkapi Sarayi Müzesi d’Istanbul, Beyrouth, Institut français du Proche-Orient (Ifpo), coll. « Bibliothèque archéologique et historique » (no 100), , 173 p. + 80 p. de planches NB (lire en ligne)

Liens externes

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