Khâmerernebty II
Khâmerernebty II est la sœur et épouse du roi Mykérinos.
| Khâmerernebty II | ||||||
Dyade de Mykérinos et et d'une femme anonyme, autrefois identifiée à la reine Khâmerernebty II | ||||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||||
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| Transcription | Ḫˁ-mrr-Nb.ty | |||||
| Période | Ancien Empire | |||||
| Dynastie | IVe dynastie | |||||
| Fonction principale | Reine d'Égypte | |||||
| Famille | ||||||
| Grand-père paternel | Khéops | |||||
| Grand-père maternel | Khéops | |||||
| Père | Khéphren | |||||
| Mère | Khâmerernebty Ire | |||||
| Conjoint | Mykérinos | |||||
| Enfant(s) | ♂ Khouenrê♂ Sékhemrê (?) | |||||
| Fratrie | ♂ Menkaourê♂ Nebemakhet♂ Khenterka♂ Douaenrê♂ Niouserrê♀ Shepsetkaou♂ Sékhemkarê♂ Nikaourê♂ Ânkhmarê♂ Akhrê♂ Iounmin♂ Iounrê♀ Hémetrê♀ Rekhetrê | |||||
| Sépulture | ||||||
| Nom | Pyramide au sud de la pyramide de Mykérinos, (pyramide G3a)ouMastaba G 8978 (tombe du Comte Galarza) ? | |||||
| Emplacement | Gizeh | |||||
| Découvreur | G 8978 : Comte Galarza | |||||
| Objets | Statue acéphale de Khâmerernebty découverte dans le mastaba | |||||
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Attestations
modifierLa reine est attestée dans plusieurs tombes de la nécropole de Gizeh[1],[2] :
- la tombe de la reine, dite « tombe du Comte Galarza » ou « tombe de Galarza », située dans la nécropole centrale de Gizeh ; elle est représentée notamment dans les reliefs à l'entrée de la tombe et par des statues découvertes dans la tombe,
- la tombe de son fils Khouenrê,
- la tombe rupestre voisine de celle de la reine et appartenant à Ouashptah, « chef des prêtres du ka » de la reine (fin IVe - début Ve dynastie)[3],
- le mastaba situé non loin de la tombe de la reine et appartenant à Néferhotep, également « chef des prêtres du ka » de la reine (deuxième moitié de la Ve dynastie)[4].
La reine porte les titres suivants[1],[2] :
- « Fille du roi » (sȝ.t nsw.t),
- « Fille aînée du roi » (sȝ.t nsw.t smsw.t),
- « Fille du roi de sa chair » (sȝ.t nsw.t nt ẖt=f),
- « Fille aînée du roi de sa chair » (sȝ.t nsw.t nt ẖt=f smsw.t),
- « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
- « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f),
- « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
- « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t),
- « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts),
- « Celle qui s'assoit avec Horus » (tjst-Ḥrw),
- « Directeur des bouchers de la maison de l'acacia » (ẖrp sšmtjw jmȝ.t/šntḏ.t),
- « Maîtresse révérée auprès de son père » (nb.t jmȝḫ.t ḫr jt=s),
- « Celle qui se joint au bien-aimé des Deux Maîtresses » (smȝ.st mry Nb.ty),
- « Prêtresse de Tjasépef » (ḥm.t-nṯr Ṯȝ-sp(=f)),
- « Prêtresse de Thot » (ḥm.t-nṯr Ḏḥwty).
Une dyade de Mykérinos et d'une femme anonyme a été découverte par George Reisner le dans le temple de la vallée de Mykérinos et est aujourd'hui conservée au Museum of Fine Arts de Boston (inv. 11.1738). Sur cette statue de 1,42 m de hauteur, la femme contraste avec la représentation du roi qui a les poings fermés et un pied en avant, en ce qu'elle présente une attitude plus naturelle, avec une main autour de la taille, dans un geste d'affection. Il s'agit d'un travail inachevé, car la base n'a pas été polie. Elle a souvent été considérée comme représentant la reine Khâmerernebty II ; cependant, cette opinion est aujourd'hui remise en cause[5],[6], notamment parce que les reines étaient habituellement représentée bien plus petites que les rois dans les statues et reliefs pendant l'Ancien Empire, contrairement aux dieux et déesses, ce qui suggère qu'il s'agit d'une déesse, notamment Hathor[6]. Il a été suggéré que cette déesse pourrait être la reine Khâmerernebty Ire, mère du roi Mykérinos, représentée comme la déesse Hathor, ce que suggère la représentation non parfaite de cette femme (seins légèrement tombants et ventre légèrement arrondie), contrairement aux représentations féminines des triades de Mykérinos[7].
Généalogie
modifierSes titres et les textes de sa tombe indiquent que Khâmerernebty II était la fille aînée d'un roi et de la reine Khâmerernebty Ire, l'épouse d'un autre roi et la mère du prince Khouenrê. C'est par le contexte des différents personnages que les égyptologues en ont déduits que Khâmerernebty II était la fille du roi Khéphren et l'épouse de son propre frère Mykérinos[8],[6].
Khâmerernebty II a également été donnée comme la mère du « fils aîné du roi » Sékhemrê car une petite statue de ce prince a été retrouvée dans une niche de la tombe de la reine[9]. Cependant, la statue a été datée sur des critères stylistiques de la fin Ve - début VIe dynastie, ce qui exclut un lien de parenté direct entre la reine et ce prince[10].
Khâmerernebty II avait également été donnée comme la mère du « fils du roi » Kai, attesté par de la vaisselle d'offrandes à son nom découverte dans la chapelle de la pyramide de reine G3A au sud de celle de Mykérinos. Cependant, la découverte de la tombe de Kai, datée de la première moitié de la Ve dynastie, a permis de réfuter cette hypothèse car le nom de sa mère, la « fille du roi » Khen... (Khenout ?), a été inscrit dans cette tombe. Ainsi, il est plus probable que ce Kai soit en fait, par le biais de sa mère Khen..., un descendant des rois de la IVe dynastie, peut-être un petit-fils de Mykérinos[11],[10].
Ce qui est cependant certain, c'est qui l'absence systématique du titre de « mère du roi » exclut l'hypothèse que Khâmerernebty II ait été la mère du roi Chepseskaf, successeur de Mykérinos ; c'est d'ailleurs sur ce critère d'absence que les prêtres funéraires des reines Khâmerernebty et enterrés à Gizeh peuvent être distingués entre ceux au service de la première, mère du roi, et la seconde, qui ne l'a jamais été[5].
Sépulture
modifierKhâmerernebty II est mentionné dans des textes et sur une statue trouvée dans la tombe G 8978, dite tombe de Galarza dans le cimetière central à Gizeh. Cette tombe est située dans le Cimetière Central qui fait partie de la nécropole de Gizeh. La tombe peut avoir été construite à l'origine pour Khâmerernebty Ire, mais elle a été achevée pour sa fille Khâmerernebty II. Le linteau au-dessus de l'entrée de la chapelle comportait une inscription mentionnant Khâmerernebty Ire et sa fille Khâmerernebty II :
« Mère du Roi de Haute et Basse-Égypte, Fille du Roi de Haute et Basse-Égypte, Fille du Dieu, Celle qui voit Horus et Seth, Grande du sceptre-hétès, Grande des louanges, Prêtresse de Djéhouty (Thot), Prêtresse de Tjasépef, Épouse du Roi, Fille du roi de sa chair, Maîtresse révérée par le Grand Dieu, Khâmerernebty (I).
Sa fille aînée, Celle qui voit Horus et Seth, Grande des sceptre-hétès, Grande des louanges, Prêtresse de Djéhouty, Prêtresse de Tjasépef, Celle qui s'assoit avec Horus, Celle qui se joint au bien-aimé des Deux Maîtresses, Épouse du Roi, Fille du roi de sa chair, Maîtresse révérée par son père, Khâmerernebty (II). »
— Gae Callender et Peter Jánosi
Une imposante statue de la reine et de son fils Khounrê a également été retrouvée dans la tombe[12].
Un ajout ultérieur a été fait à la tombe pour la présence d'une statue du « fils aîné du roi » Sékhemrê, et tombe dans laquelle il a sans doute été inhumé[9],[10]. Il a été suggéré qu'il était soit un fils ou un petit-fils de Khâmerernebty II[13], mais il est également possible que son inhumation remonte à une période ultérieure et qu'elle soit intrusive[10].
Il a été suggéré qu'elle ait été enterrée dans la pyramide G3A (pyramides auxiliaires de la pyramide de Mykérinos)[14],[15], mais cette hypothèse est aujourd'hui réfutée car aucun élément ne vient accréditer cette thèse, alors que la tombe de Galarza a clairement été construite pour elle et qu'il semble bien qu'elle y ait été inhumée[16].
Notes et références
modifier- 1 2 Baud 2005, p. 533.
- 1 2 Callender 2011, p. 129-130.
- ↑ Baud 2005, p. 434.
- ↑ Baud 2005, p. 492.
- 1 2 Baud 2005, p. 534.
- 1 2 3 Callender 2011, p. 131-132.
- ↑ Callender 2011, p. 132.
- ↑ Baud 2005, p. 533-534.
- 1 2 Baud 2005, p. 574.
- 1 2 3 4 Callender 2011, p. 133.
- ↑ Baud 2005, p. 545 et 583.
- ↑ Callender 2011, p. 131.
- ↑ Baud 2005, p. 575.
- ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 59.
- ↑ Tyldesley 2008, p. 48.
- ↑ Callender 2011, p. 129.
Bibliographie
modifier- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
- (en) Aidan Dodson et Dyan Hilton, The complete royal families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, (ISBN 978-0-500-05128-3) ;
- Joyce Ann Tyldesley, Chronique des reines d'Égypte : Des origines à la mort de Cléopâtre, Actes Sud, (ISBN 978-2742775668) ;
- (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6).