Khâmerernebty Ire était une fille de Khéops et l'une des épouses de Khéphren avec lequel elle engendra Mykérinos et Khâmerernebty II.

Khâmerernebty Ire
Image illustrative de l’article Khâmerernebty Ire
Dyade de Mykérinos et et d'une femme anonyme, autrefois identifiée à la reine Khâmerernebty II mais qui pourrait représenter Khâmerernebty Ire
Nom en hiéroglyphe
G16xamrD21
D21
Transcription Ḫˁ-mrr-Nb.ty
Période Ancien Empire
Dynastie IVe dynastie
Fonction principale Reine consort d'Égypte
Famille
Grand-père paternel Snéfrou (?)
Grand-mère maternelle Hétep-Hérès Ire
Père Khéops
Conjoint Khéphren
Enfant(s) ♂ Menkaourê
♀ Khâmerernebty II
Fratrie ♂ Djédefrê
♂ Khafrê
♂ Kaouab Ier
♂ Khoufoukhaf Ier
♂ Hordjédef
♂ Khnoumbaef
♂ Minkhâf
♂ Djaty Ier
♂ Kaemsekhem
♂ Douaenhor
♂ Mindjédef
♂ Horbaf (?)
♂ Iounou (?)
♂ Khentikai (?)
♂ Snéfrouseneb (?)
♂ Kaemâh (?)
♂ Oupemneferet (?)
♂ Babaef Ire (?)
♂ Baoufrê (?)
♀ Hétep-Hérès II
♀ Mérésânkh II
♀ Néfertkaou
♀ Mérititès
♀ Mérititès
♀ Ounshet
♀ Iabtet
♀ Sédit
♀ Néfertiabet (?)

Attestations

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La reine est attestée dans plusieurs tombes de la nécropole de Gizeh[1],[2] :

  • la tombe de sa fille la reine Khâmerernebty II, dite « tombe du Comte Galarza » ou « tombe de Galarza » et située dans la nécropole centrale de Gizeh ; elle est représentée notamment dans les reliefs à l'entrée de la tombe en compagnie de sa fille,
  • un fragment de péseshkaf découvert dans le temple funéraire de son fils Mykérinos,
  • la tombe du « directeur des prêtres-ouâb » Nymaâtrê située dans la nécropole centrale de Gizeh, près de la tombe de Khâmerernebty II[3],
  • peut-être dans les tombes de deux « chefs des prêtres du ka » d'une mère royale, nommés respectivement Akhethetep et Imby ; les deux tombes sont situées dans la nécropole centrale de Gizeh, non loin de la tombe de Khâmerernebty II et de part et d'autre d'un grand mastaba anonyme[4].

La reine porte les titres suivants[1],[5] :

  • « Fille du roi de sa chair » (sȝ.t nsw.t nt ẖt=f),
  • « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
  • « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f),
  • « Mère du Roi » (mw.t-nsw.t),
  • « Mère du Roi de Haute et Basse-Égypte » (mw.t-nsw.t-bjty),
  • « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
  • « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t),
  • « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts),
  • « Maîtresse révérée par le Grand Dieu » (nb.t jmȝḫ.t ḫr nṯr ˁȝ),
  • « Fille du Dieu » (sȝ.t nsw.t nt ẖt=f),
  • « Prêtresse de Tjasépef » (ḥm.t-nṯr Ṯȝ-sp(=f)),
  • « Prêtresse de Thot » (ḥm.t-nṯr Ḏḥwty).

Une dyade de Mykérinos et d'une femme anonyme a été découverte par George Reisner le dans le temple de la vallée de Mykérinos et est aujourd'hui conservée au Museum of Fine Arts de Boston (inv. 11.1738). Sur cette statue de 1,42 m de hauteur, la femme contraste avec la représentation du roi qui a les poings fermés et un pied en avant, en ce qu'elle présente une attitude plus naturelle, avec une main autour de la taille, dans un geste d'affection. Il s'agit d'un travail inachevé, car la base n'a pas été polie. Elle a souvent été considérée comme représentant la reine Khâmerernebty II ; cependant, cette opinion est aujourd'hui remise en cause[6],[7], notamment parce que les reines étaient habituellement représentée bien plus petites que les rois dans les statues et reliefs pendant l'Ancien Empire, contrairement aux dieux et déesses, ce qui suggère qu'il s'agit d'une déesse, notamment Hathor[7]. Il a été suggéré que cette déesse pourrait être la reine Khâmerernebty Ire, mère du roi Mykérinos, représentée comme la déesse Hathor, ce que suggère la représentation non parfaite de cette femme (seins légèrement tombants et ventre légèrement arrondie), contrairement aux représentations féminines des triades de Mykérinos[8].

Généalogie

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Les titres et les textes de la « tombe du Comte Galarza » indiquent clairement que Khâmerernebty Ire est la mère de la reine Khâmerernebty II ainsi que la fille d'un roi, l'épouse d'un autre et la mère d'un troisième. Si la découverte du nom de la reine dans le temple funéraire oriente vers le fait qu'il s'agit de la mère du roi Mykérinos, la reconstruction de la généalogie de la famille royale de la période permet de déduire que Khâmerernebty Ire était très probablement la fille du roi Khéops et l'épouse du roi Khéphren, même si, pour ces trois relations, aucun élément textuel ne permet de s'assurer de ces liens familiaux[9].

Sépulture

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La tombe G 8978, dite tombe de Galarza, dans le cimetière central à Gizeh, fut peut-être construite à l'origine pour Khâmerernebty Ire[10], bien que cela ne soit pas certain[9], mais fut en tout cas achevé pour sa fille Khâmerernebty II[10]. Ce qui est en tout cas certain, c'est que, des deux chambres funéraires initiales, seule l'une des deux fut utilisée, très probablement donc pour la reine Khâmerernebty II[11],[12]. Les inscriptions de cette tombe sont une source importante d'informations sur Khâmerernebty Ire. Le linteau au-dessus de l'entrée de la chapelle comprenait une inscription mentionnant à la fois Khâmerernebty Ire et sa fille Khâmerernebty II :

« Mère du Roi de Haute et Basse-Égypte, Fille du Roi de Haute et Basse-Égypte, Fille du Dieu, Celle qui voit Horus et Seth, Grande du sceptre-hétès, Grande des louanges, Prêtresse de Djéhouty (Thot), Prêtresse de Tjasépef, Épouse du Roi, Fille du roi de sa chair, Maîtresse révérée par le Grand Dieu, Khâmerernebty (I).
Sa fille aînée, Celle qui voit Horus et Seth, Grande des sceptre-hétès, Grande des louanges, Prêtresse de Djéhouty, Prêtresse de Tjasépef, Celle qui s'assoit avec Horus, Celle qui se joint au bien-aimé des Deux Maîtresses, Épouse du Roi, Fille du roi de sa chair, Maîtresse révérée par son père, Khâmerernebty (II). »

— Gae Callender et Peter Jánosi

La raison pour laquelle la reine n'a pas été enterrée dans la tombe de Galarza est inconnue, mais est peut-être liée à son passage au statut de « mère du roi »[13]. Deux hypothèses ont été formulées quant à la demeure finale de la reine :

  • Michel Baud a suggéré un tombeau anonyme, numéroté G 8884 et découvert par Selim Hassan au sud de la tombe de Râouer (G 8988), non loin donc de la tombe de Galarza ; cette tombe est de grande taille, taillée dans la roche et recouverte d'une superstrucre de la forme d'un mastaba ; il donne comme arguments que la tombe contenait un sarcophage en granit et que les tombes de deux « chefs des prêtres du ka » d'une mère royale nommés respectivement Akhethetep et Imby, ainsi que la tombe de Nymaâtrê, « directeur des prêtres-ouâb » de la reine, se trouvent à proximité de ce grand mastaba anonyme[14] ; Vivienne Gae Callender et Peter Jánosi s'opposent à cette identification pour diverses raisons, notamment parce que le granit n'était pas exclusif à la famille royale et parce que la localisation des tombes des prêtres funéraires et la localisation de celles dont ils ont la charge ne sont pas corrélés[13].
  • Vivienne Gae Callender et Peter Jánosi ont suggéré l'une des pyramides de reines au sud de la pyramide de Mykérinos ; ils privilégient la pyramide G3B, celle du milieu, parce que la pyramide G3A, la plus orientale, semble avoir été une pyramide de culte, avant d'être transformée en pyramide de reine quelque temps après la mort de Mykérinos, tandis que la pyramide G3C, la plus occidentale, semble avoir été construite bien après les deux autres, soit deux pyramides qui peuvent convenir pour des reines de Mykérinos plus tardives mais pas pour la mère du roi[13].

Notes et références

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  1. 1 2 Baud 2005, p. 532.
  2. ↑ Callender 2011, p. 129-130.
  3. ↑ Baud 2005, p. 476.
  4. ↑ Baud 2005, p. 400-401 et 413-414.
  5. ↑ Callender 2011, p. 116-117.
  6. ↑ Baud 2005, p. 534.
  7. 1 2 Callender 2011, p. 131-132.
  8. ↑ Callender 2011, p. 132.
  9. 1 2 Baud 2005, p. 533.
  10. 1 2 Callender 2011, p. 113.
  11. ↑ Baud 2005, p. 532-534.
  12. ↑ Callender 2011, p. 113-115.
  13. 1 2 3 Callender 2011, p. 115.
  14. ↑ Baud 2005, p. 400-401, 413-414, 476 et 533.

Bibliographie

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Articles connexes

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