Hordjédef
Hordjédef (ou Djédefhor) était un prince égyptien, fils du roi Khéops. Ce prince a la particularité d'avoir été retenu dans la tradition égyptienne comme un sage, mais aussi comme un roi.
| Hordjédef | ||||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Transcription | Ḥr-ḏd=f | |||||
| Période | Ancien Empire | |||||
| Dynastie | IVe dynastie | |||||
| Fonction principale | Prince d'Égypte et Chef de tous les travaux du roi | |||||
| Famille | ||||||
| Grand-père paternel | Snéfrou (?) | |||||
| Grand-mère paternelle | Hétep-Hérès Ire | |||||
| Père | Khoufou | |||||
| Conjoint | ? | |||||
| Enfant(s) | ♂ Aouibrê | |||||
| Fratrie | ♂ Djédefrê♂ Khafrê♂ Kaouab Ier♂ Khoufoukhaf Ier♂ Khnoumbaef♂ Minkhâf♂ Djaty Ier♂ Kaemsekhem♂ Douaenhor♂ Mindjédef♂ Horbaf (?)♂ Iounou (?)♂ Khentikai (?)♂ Snéfrouseneb (?)♂ Kaemâh (?)♂ Oupemneferet (?)♂ Babaef Ire (?)♂ Baoufrê (?)♀ Hétep-Hérès II♀ Mérésânkh II♀ Khâmerernebty Ire♀ Néfertkaou♀ Mérititès♀ Mérititès♀ Ounshet♀ Iabtet♀ Sédit♀ Néfertiabet (?) | |||||
| Sépulture | ||||||
| Nom | G 7210-7220 | |||||
| Type | mastaba | |||||
| Emplacement | Nécropole de Gizeh, cimetière est du complexe funéraire de Khéops | |||||
| Découvreur | George Andrew Reisner | |||||
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Attestations
modifierAttestation contemporaine
modifierLe prince Hordjédef est connu par trois tombes situées dans la nécropole de Gizeh[1] :
- son double-mastaba, situé dans le cimetière est du complexe funéraire de Khéops, derrière le double mastaba de Kaouab Ier et de Hétep-Hérès II[1],
- la tombe de Kha de la VIe dynastie, numérotée G 7211 et située à proximité immédiate de la tombe du prince Hordjédef ; Kha indique d'ailleurs qu'il « vénère Hordjédef » (dwȝ Ḥr-ḏd=f)[2],
- la tombe de Ptahioufni de la VIe dynastie, numérotée G 4941 et située dans le cimetière ouest du complexe funéraire de Khéops ; Ptahioufni se dit « honoré par Hordjédef » (jmȝḫw ḫr Ḥr-ḏd=f)[3].
Les titres d'Hordjédef inscrits dans sa propre tombe[1] :
- « Fils du roi de sa chair » (sȝ-nsw.t nj ẖt=f),
- « Chef de la chambre » (jmj-jz),
- « Chef de tous les travaux du roi » (jmj-r kȝ[.t nb.t n.t nsw.t]),
- « Administrateur de la flotte » (ˁḏ-mr wḥˁw),
- « Pâtre de Nekhen » (mnjw Nḫn),
- « Prince » (ḥȝtj-ˁ),
- « Prêtre d'Horus qui est au milieu du Palais-ˁḥ » (ḥm-nṯr Ḥr ḥrj-[jb ˁḥ]),
- « Ami unique » (s[mr] wˁ[tj]).
Tradition historique
modifierHordjédef a la particularité d'avoir été retenu comme roi par certaines traditions ainsi que comme sage de l'Ancien Empire ; on le retrouve ainsi dans les documents suivants[1] :
- le graffito de la liste royale du Ouadi Hammamat ; il s'agit d'un graffito qui date du Moyen Empire et qui mentionne cinq noms inscrits chaucn dans un cartouche ; les noms sont ceux de Khéops, Djédefrê, Khéphren, Hordjédef(rê) et Baefrê[4],
- la liste d'Abousir, datée de l'époque ramesside et dont il ne reste qu'un fragment conservé au Musée égyptien de Berlin (inv. 1116)[5],
- le conte qui est aujourd'hui nommé Les magiciens à la cour du roi Khéops et inscrit sur le papyrus Westcar ; ce conte raconte cinq histoires successives narrées au roi Khéops, dont les quatre premières sont narrées par quatre fils de Khéops : Djédefrê, Khéphren, Baoufrê et Hordjédef,
- l'Instruction d'Hordjédef, qui fait partie du genre des sagesses de l'Égypte antique,
- d'autres textes littéraires, dont le Chant du harpiste aveugle.
Dans la tradition, Hordjédef porte les titres suivants[1] :
- « Fils du roi » (sȝ-nsw.t),
- « Prince » (ḥȝtj-ˁ),
- « Iry-pât » (jrj-pˁt).
Généalogie
modifierLe prince est l'un des fils de Khéops, comme le suggère la localisation de sa tombe. Le nom de sa mère est cependant inconnue, bien qu'il a été proposé par Reinser qu'elle devait être Mérititès Ire. Cependant, cette hypothèse basée uniquement sur la proximité immédiate entre le double mastaba de Kaouab Ier et celui de Hordjédef. Cette hypothèse étant donc peu solide, le nom de la mère du prince est aujourd'hui considéré comme inconnue[6].
On ne connaît pas le nom de son épouse mais il aurait un fils du nom d'Aouibrê.
Sépulture
modifierLe double mastaba d'Hordjédef, qu'il devait partager avec son épouse anonyme et qui était situé dans le cimetière est du complexe funéraire de Khéops, derrière le double mastaba de Kaouab Ier. La décoration du tombeau est restée inachevée et a été partiellement détruite à une date inconnue. George Andrew Reisner, qui a fouillé la nécropole de Gizeh entre 1902 et 1939, y a vu la preuve d'une querelle entre les descendants de Khéops après sa mort. Cependant, la finesse de la sculpture des reliefs suggère que le tombeau était destiné à être réaménagé pour accueillir une autre sépulture.
La stèle fausse porte, conservée au musée des beaux-arts de Boston, montre Hordjédef respirant une fleur de lotus, acte rituel le plus souvent accompli par des prêtresses. Le texte indique : « Que la voix sorte pour lui en toute fête, chaque jour ».
Son sarcophage en granit rose se trouve désormais au Musée égyptien du Caire.
Traditions égyptiennes
modifierTradition monarchique
modifierHordjédef est un nom que l'on retrouve sur un graffito inscrit au Ouadi Hammamat, ainsi que sur un bloc qui proviendrait d'une tombe d'Abousir de l'époque ramesside[7]. Ces deux documents seraient, selon Roman Gundacker, le reflet d'une tradition héliopolitaine qui considèrent Baoufrê et Hordjédef comme deux des huit rois de la IVe dynastie[note 1], opposée à d'autres traditions, dont la tradition memphite qui considère, à la place de Baoufrê et Hordjédef, le roi réel Bakarê et le roi fictif Djédefptah[8].
Titulature
modifierTradition littéraire
modifierLes contes du papyrus Westcar
modifierLes magiciens à la cour du roi Khéops du papyrus Westcar sont une série de cinq contes narrés à la cour du roi Khéops. Ce dernier écoute ses fils lui conter des histoires de miracles. Après le récit de trois histoires du passé, Hordjédef relate l'histoire d'un sorcier encore vivant nommé Dédi. Convoqué à la cour royale, Dédi accomplit un tour de force : il décapite des animaux puis les recrache sans qu'ils ne meurent.
Instruction d'Hordjédef
modifierL'Instruction d'Hordjédef ne nous est parvenue que sous forme de fragments. D'après leur langue, le texte date clairement du Moyen Empire. Cependant, ils ne sont conservés que sur quelques ostraca du Nouvel Empire et sur une tablette de bois de la Basse Époque. Leur contenu concerne l'entretien des tombes et les rites funéraires.
Sorts du Livre des Morts
modifierLes sorts 30B, 64 et 148 du Livre des Morts égyptien contiennent une postface dans plusieurs manuscrits, qui relate leur histoire supposée. Ils sont considérés comme l'œuvre du dieu Thot et auraient été découverts par Hordjédef sous le règne du pharaon Mykérinos.
Chant du harpiste aveugle
modifierLe Chant du harpiste aveugle date de la XVIIIe dynastie et traite de ce monde et de l'au-delà. Les plaisirs de la vie terrestre y sont dépeints comme positifs et désirables. Le sort des morts, en revanche, est décrit comme sombre : plus personne ne leur offre de sacrifices et leurs tombeaux tombent en ruine. Les tombeaux en ruine d'Imhotep et d'Hordjedef y sont explicitement mentionnés.
Le Livre du Massacre du Rebelle
modifierLe Livre du Massacre du Rebelle est un traité de magie destiné à repousser les esprits des morts. Il est conservé sur un papyrus de la Bibliothèque nationale d'Athènes et datent de l'époque ramesside. Il recense les noms de 22 personnes censées leur conférer une protection magique sous la forme d'une amulette de papyrus. Parmi elles figurent des dignitaires célèbres comme Hordjedef et Imhotep, mais aussi des personnages fictifs, tels que Djadjaemânkh, un magicien issu des contes du papyrus Westcar.
Le Livre du Temple
modifierLe Livre du Temple est connu grâce à des papyrus démotiques datant de la période romaine et régit la vie quotidienne au sein du temple. Selon une note relative à sa découverte, trouvée au début du livre, le texte aurait été écrit sous le règne de Néferkasokar, durant la IIe dynastie. Toujours selon cette note, le texte aurait été retrouvé et copié plus tard par Hordjédef. Bien que ce récit soit certainement fictif, il témoigne dans une certaine mesure de la renommée du prince, même à l'époque romaine.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Six rois, cités dans la liste d'Abydos, sont systématiquement nommés dans les listes royales, quelle que soit la tradition. Il s'agit des rois Snéfrou, Khéops, Djédefrê, Khéphren, Mykérinos et Chepseskaf.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 Baud 2005, p. 522.
- ↑ Baud 2005, p. 531.
- ↑ Baud 2005, p. 450.
- ↑ (en) Peter Lundström, « Https://pharaoh.se/ancient-egypt/kinglist/other/ » [archive du ], sur pharaoh.se via Internet Archive, @PharaohSE, .
- ↑ Gundacker 2015, p. 33-67.
- ↑ Baud 2005, p. 523.
- ↑ Gundacker 2015, p. 38-41.
- ↑ Gundacker 2015, p. 51-57.
Bibliographie
modifier- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, t. 2, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, coll. « Bibliothèque d'étude » (no 126/2), , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0248-4 et 2-7247-0250-6, ISSN 0259-3823, lire en ligne) ;
- (de) Roman Gundacker, « Das Fragment Ägyptisches Museum Berlin als Teil einer bislang verkannten Königsliste: ‚Die Königsliste von Abusir‘ », Wiener Zeitschrift für die Kunde des Morgenlandes, Vienne, no 105, , p. 33-67 (lire en ligne) ;
- (de) Wolfgang Kosack, Berliner Hefte zur ägyptischen Literatur 1 - 12 : Volume I. 1 - 6/ Volume II. 7 - 12 (2 tomes). Paralleltexte in Hieroglyphen mit Einführungen und Übersetzung. Heft 6: Die Lehre des Djedefhor (Hardedef), Bâle, Verlag Christoph Brunner, (ISBN 978-3-906206-11-0) ;
- (en) George Andrew Reisner, A History of the Giza Necropolis, vol. I, Cambridge, MA, Harvard University Press, , 532 p. (lire en ligne) ;
- (en) George Andrew Reisner et William Stevenson Smith, A History of the Giza Necropolis : The Tomb of Hetep-Heres the Mother of Cheops: A Study of Egyptian Civilization in the Old Kingdom., vol. II, Cambridge, MA, Harvard University Press, , 107 p. (lire en ligne).