Louis Dubois du Bais
Louis-Thibaut Dubois-Dubais, né le à Cambremer (Calvados) où il meurt le , est un homme politique français.
| Louis-Thibaut Dubois-Dubais | |
Portrait de Louis Dubois du Bais | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député du Calvados | |
| – (1 an et 13 jours) |
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| Gouvernement | Assemblée législative |
| Député à la Convention nationale | |
| – (3 ans, 1 mois et 21 jours) |
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| Député au Conseil des Cinq-Cents | |
| – (2 ans, 5 mois et 28 jours) |
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| Député au Conseil des anciens | |
| – (1 an, 6 mois et 30 jours) |
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| Membre du Sénat conservateur | |
| – (14 ans, 4 mois et 21 jours) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Cambremer, France |
| Date de décès | (à 91 ans) |
| Lieu de décès | Cambremer, France |
| Nationalité | |
| Parti politique | Gauche |
| Profession | Militaire |
| Distinctions | Comte de l'Empire Commandeur de la Légion d'honneur |
| députés du Calvados | |
| modifier |
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Biographie
modifierDubois-Dubais s'engage dans l'armée, où il sert pendant vingt-huit ans dans les gardes du corps et les gardes de la Manche. Capitaine de cavalerie dans la Maison du Roi et chevalier de Saint-Louis au moment de la Révolution, il s'engage en publiant une brochure intitulée : Mon opinion motivée ou Vœu d'un gentilhomme normand à la noblesse normande, dans laquelle il affirme qu'« il s'agit de régénérer un grand empire, il s'agit de réédifier l'édifice politique de la monarchie française sur une base immuable, qui fixe imperturbablement les droits du monarque et de ses sujets ».
Mandat à la Législative
modifierLa France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Louis Dubois-Dubais, alors administrateur du Calvados, est élu député du département, le deuxième sur treize, à l'Assemblée nationale législative[1].
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine[2]. Le , il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette[3].
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
Mandat à la Convention
modifierEn , Louis Dubois-Dubais est réélu député du Calvados, le deuxième sur douze, à la Convention nationale[4].
Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[5],[6] :
J'ai déclaré que Louis était coupable. Je ne me considère pas seulement comme juge, mais comme législateur. Comme juge, je dis : Louis est coupable, qu'on le mène au supplice ; mais comme législateur, je dois examiner quel degré d'utilité cette peine peut apporter à ma patrie. [...] Je demande la peine de mort, mais à condition qu'il soit sursis à l'exécution jusqu'à ce que les puissances ennemies mettent le pied sur notre territoire, ou que d'autres se joignent à elles pour nous faire la guerre.
Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le , il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[8].
Le , il est en effet envoyé en mission, aux côtés de Philippe Briez (député du Nord), de Lazare Carnot (député du Pas-de-Calais), de Pierre Delbrel (député du Lot), de Pierre Joseph Duhem (député du Nord), d'Ernest Duquesnoy (député du Pas-de-Calais), de Thomas-Augustin Gasparin (député des Bouches-du-Rhône) et de Pierre Roux-Fazillac (député de la Dordogne), auprès de l'armée du Nord. Il est rappelé à la Convention le .
Le 16 frimaire (le ), il est élu secrétaire de la Convention, aux côtés de Jean-Baptiste Girot-Pouzol (député du Puy-de-Dôme) et d’Étienne-François Le Tourneur (député de la Manche), sous la présidence de Jean-François Reubell (député du Haut-Rhin)[9].
Le 15 nivôse an III (le ), il est envoyé en mission dans les départements de l'Orne et de la Sarthe.
Mandat aux Cinq-Cents
modifierSous le Directoire, Louis Dubois-Dubais est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est initialement tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le )[10].
Mandat aux Anciens
modifierLors des élections législatives de 1798, il est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI ()[11].
Le 1er messidor an VII (le ), il est élu secrétaire du Conseil aux côtés d'André Gastaud (député des Alpes-Maritimes), de Jacques-Joseph Hubar (député de Meuse-Inférieure) et de Jacques-Xavier Violaud (député du Doubs), sous la présidence de Pierre Baudin (député des Ardennes)[12]. Le 1er thermidor (le ), il est élu président du Conseil[13].
Sous le Premier Empire et après
modifierEnvoyé en mission dans les quatre départements de la rive gauche du Rhin, il entre au Sénat conservateur le 3 nivôse an VIII (), est nommé membre de la Légion d'honneur le 9 vendémiaire an XII () et commandant le 25 prairial (), reçoit la sénatorerie de Nîmes le 2 prairial () et devient comte de l'Empire le .
En 1814, il participe à la formation du gouvernement provisoire et se rallie aux Bourbons. Pendant les Cent-Jours, il approuve l’Acte additionnel. À la Restauration, atteint par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il s’exile à Liège où il vit deux ans chez des personnes alliées à sa famille, avant d’être rappelé en 1818 par le gouvernement, qui admet que la loi ne lui est pas applicable.
Retiré dans sa propriété du Bois, près de Cambremer, il y meurt à l’âge de 91 ans.
Publications
modifierMembre de l’Athénée des Arts et de plusieurs sociétés savantes, Dubois-Dubais est l’auteur de plusieurs ouvrages publiés :
- Le Retour de l’Empereur des Français et roi d’Italie, discours, 1807
- Mémoire pour le comte Dubois-Dubais, sénateur titulaire de la sénatorerie de Nîmes à S. E. le comte de Jaucourt, etc., Paris, 1814
- Mémoire pour le comte Dubois-Dubais a une lettre que lui a écrite M. C. D. B. sur l’explication qu’il a donnée de son vote dans la malheureuse affaire du roi Louis XVI, Paris, 1814
- Réponse à la pétition présentée à M. le commissaire du roi, par plusieurs habitants de Cambrener, à l’occasion de la réparation d’un chemin reconnu vicinal, Paris, 1815
- Observation justificative sur les votes conditionnels dans la malheureuse affaire du roi Louis XVI, Paris 1816
Titres
modifierDistinctions
modifier- Légion d'honneur :
- Légionnaire (9 vendémiaire an XII : ), puis,
- Commandant de la Légion d'honneur (25 prairial an XII : ).
| Figure | Blasonnement |
| Armes du comte Dubois-Dubais et de l'Empire
D'or, au griffon de sable, armé, onglé, lampassé de gueules ; quartier des comtes-sénateurs.[14] |
Notes et références
modifier- ↑ Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 39, séance du 8 février 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794)., « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°79, « Convention nationale, séance du soir du 16 frimaire (6 décembre) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 19 frimaire an 3 ( décembre 1794) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°235, « Conseil des Anciens, séance du 22 floréal (11 mai) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 25 floréal an 6 (14 mai 1798) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°275, « Conseil des Anciens, séance du 1er messidor (19 juin) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 5 messidor an 7 (23 juin 1799) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°304, « Conseil des Anciens, séance du 1er thermidor (19 juillet) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 4 thermidor an 7 (22 juillet 1799) (consulté le ) - 1 2 « BB/29/974 page 151. », Titre de comte accordé à Louis, Thibault Dubois Dubay. Bayonne ()., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le )
Sources
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
« Dubois-Dubais (Louis-Thibaut, comte) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore], tome 2, de Dubois à Dubourg-Lancelot, p. 425-427 ;
- Pour approfondir
- H. de Jailly, « Dubois du Bais (Louis-Thibault, comte) », dans A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. II, [détail de l’édition] (BNF 37273876, lire en ligne), p. 287 lire en ligne ;
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Ministries 1700-1870