Louise Farrenc
Louise Farrenc, née Dumont le à Paris et morte le dans la même ville, est une compositrice, pianiste et professeure de piano française.
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| Nom de naissance |
Jeanne-Louise Dumont |
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Compositrice de musique classique, professeure de piano, pianiste classique, compositrice |
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| Conjoint |
Aristide Farrenc (à partir de ) |
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| Parentèle |
Ernest Reyer (neveu) |
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| Genres artistiques |
Compositrice phare de la première moitié du xixe siècle, issue d'un milieu d'artistes sur plusieurs générations, elle compose pour tous les genres instrumentaux, de la musique pour piano seul à la symphonie, en passant par la musique de chambre. Quelques œuvres vocales lui sont dues également, mais elle ne touchera jamais à l'opéra, contrairement à nombre de ses contemporains. Également pianiste, elle succède à Hélène de Montgeroult comme professeure de piano du Conservatoire national supérieur de musique et de déclamation de Paris, où la classe de piano pour femme est spécialement créée par et pour elle.
Soutenue par son mari, l'éditeur musical Aristide Farrenc, un grand nombre de ses œuvres sont publiées de son vivant. De plus, ses œuvres majeures sont toutes jouées de son vivant, à l'image de ses trois symphonies. Sa musique de chambre remporte aussi les suffrages, et elle compose autant pour les petites formations (sonates pour violon et piano ou sonate pour violoncelle et piano) que pour les grandes formations chambristes (jusqu'au sextuor et au nonette). Elle remporte deux fois le prix Chartier, symbole de l'estime que lui portent ses pairs.
Longtemps ignorée, sa musique ressurgit depuis les années 2000 et 2010, et ses symphonies sont données autant au concert qu'à l'enregistrement, de même que le reste de son répertoire.
Biographie
modifierParenté
modifierLa généalogie de Jeanne-Louise Dumont est une dynastie d'artiste[1]. Ainsi, son arrière-arrière-grand-père du côté paternel est Pierre Dumont, qui obtient une charge de sculpteur de la chapelle du roi[1]. Il travaille alors sous le triple patronage du roi, du duc d'Orléans et du duc de Lorraine Léopold II[1]. De son mariage, il a deux fils, Jacques Dumont et François Dumont, l'arrière-grand-père de la compositrice[2]. Ce dernier entre à l'Académie royale de peinture et de sculpture grâce à un marbre, Titan foudroyé, en 1712[3]. François Dumont épouse Anne-Françoise Coypel, fille en secondes noces de Noël Coypel[3]. Parmi leurs huit enfants, seul Edme Dumont survit jusqu'à l'âge adulte[4]. Edme Dumont entre lui aussi à l'Académie royale de peinture et de sculpture en tant que sculpteur, avec Milon de Crotone en 1768[5],[4]. De son mariage, il a un fils, Jacques-Edme Dumont[4]. Louise Dumont est donc la fille de Jacques-Edme Dumont et de Marie-Élisabeth-Louise Curton[6],[1]. Elle est également la sœur du sculpteur Auguste Dumont[7],[1].
Les parents de Louise Dumont résident dans un premier temps au Louvre, puisqu'ils font partie des familles d'artistes attachés à la famille royale[4]. Auguste Dumont naît au Louvre le [8]. Cependant, entre la naissance de son frère et la sienne, Napoléon transforme le Louvre en musée à sa gloire et déloge les artistes qui y résident[8]. La famille est alors relogée à la Sorbonne[8]. De fait, sur les actes de naissance de Louise Dumont en 1804 et de sa sœur Constance en 1808, on trouve comme localisation « rue et maison de la Sorbonne »[8].
Enfance et apprentissage
modifierDès sa naissance, Louise Dumont grandit dans un milieu culturellement privilégié : logée à la Sorbonne, elle côtoie une trentaine de familles dont les membres sont peintres, graveurs ou sculpteurs[9]. Aussi, les enfants considèrent l'art comme partie intégrante de leur éducation[9]. Les parents de Louise Dumont ne se marient officiellement que le , soit bien après la naissance d'Auguste et Louise Dumont[10]. Chacun des trois enfants manifeste tôt dans leur jeunesse des qualités artistiques[10]. Si Auguste Dumont se glisse dans la lignée de ses parents et devient sculpteur, Constance Dumont étudie la peinture, notamment auprès de Charles Meynier[11]. De son côté, Louise Dumont manifeste également des talents pour la peinture et le dessin, mais se dirige finalement vers la musique[10].
Il est notable, pour l'époque, que les trois enfants reçoivent une éducation sérieuse et équitable, sans qu'il n'y ait de favoritisme ou de défaveur due à leur genre[12]. Louise Farrenc entreprend des études de piano avec sa marraine Anne-Élisabeth-Cécile Soria[13],[14]. Cette dernière a rencontré Jacques-Edme Dumont lors du séjour de ce dernier à la Villa Médicis après qu'il a remporté le Prix de Rome[14]. Anne-Élisabeth-Cécile Soria est une disciple du compositeur Muzio Clementi et une pianiste expérimentée, qui lui enseigne le piano, mais aussi le solfège et des rudiments de composition[14]. Louise Dumont montre rapidement des capacités exceptionnelles pour le piano[14]. À l'âge de quinze ans, elle souhaite approfondir ses connaissances théoriques et réussit à devenir l'élève d'Antoine Reicha[14],[7],[13],[15]. C'est par lui qu'elle apprendra l'art de la variation[16]. Il faut souligner également qu'à la Sorbonne, les soirées musicales sont nombreuses, et la jeune pianiste s'y produit autant comme soliste que comme accompagnatrice[16]. Elle suit également des cours de piano auprès d'Ignaz Moscheles et Johann Nepomuk Hummel[7].
Le mariage et les années 1820
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C'est probablement lors d'une des soirées musicales de la Sorbonne que Louise Dumont fait la connaissance d'Aristide Farrenc[17]. Si elle joue un concerto pour piano de Dussek, elle accompagne également Aristide Farrenc sur un concerto pour flûte de Benoit Tranquille Berbiguier[17]. Si Aristide Farrenc compose, il fonde néanmoins sa propre maison d'édition, s'orientant alors vers l'édition musicale bien plus que la composition[18]. Louise et Aristide Farrenc se marient le [17],[15]. Ce dernier ne cessera de louer le talent de son épouse tout au long de sa vie[18]. En témoigne une lettre adressée à Johann Nepomuk Hummel en 1833 dans laquelle il parle du succès de Louise Farrenc lors d'un séjour à Londres en 1832[18]. Aristide Farrenc soutiendra toute sa vie sa femme, malgré l'humilité de cette dernière[17]. En 1870, Marie Bobillier écrit notamment un article dans L'Art, sous le pseudonyme qu'on lui connait de Michel Brenet : « Excellent musicien, flûtiste, un peu compositeur, éditeur de musique, collectionneur zélé et connaisseur érudit, Farrenc sut deviner le talent de sa très jeune femme, l'encourager, et presque la forcer, dit-on, à produire en public des ouvrages qu'une modestie bien rare la portait à vouloir garder inédits »[19],[20]. Les leçons privées avec Antoine Reicha s'interrompent en 1821 lorsqu'elle se marie mais reprennent ensuite plus assidûment avec l'apprentissage du contrepoint, de la fugue et de l'instrumentation[21].
En 1824, Aristide Farrenc publie les premières œuvres de Louise Farrenc, les op. 2 et 4, contribuant ainsi à faire connaître et à diffuser la musique de sa femme[19]. La critique musicale d'alors présente le travail de l'une comme de l'autre d'une façon similaire : sérieux, minutie, souci de qualité éloignement de la facilité et de la mode du moment[22]. Durant les premières années qui suivent le mariage, Louise Farrenc poursuit ses études auprès d'Antoine Reicha autant qu'elle se produit en concert[23]. Son jeu est qualifié de « fin et délicat » et son exécution de « brillante et correcte »[24],[25]. Le concert a lieu chez le couple Farrenc, et le Septuor no 1 de Johann Nepomuk Hummel apparaît sur le programme, car Aristide Farrenc est son éditeur depuis 1825[25]. De plus, Louise Farrenc exécute un rondo et un adagio du même compositeur, ce dernier lui prodiguant conseils et encouragement[25]. En 1878, Antoine-François Marmontel cite Louise Farrenc parmi les plus illustres pianistes de son temps dans son ouvrage Les Pianistes célèbres[26],[27].
Le naît Victorine Farrenc, seule enfant du couple, qui devient elle aussi compositrice[26]. Les années 1825 à 1831 sont les plus fastes de la maison d'édition d'Aristide Farrenc, souvent cité dans La Revue musicale[28]. En 1829, il y annonce lui-même la première publication française de l'édition complète des œuvres pour piano de Ludwig van Beethoven[28].
Les années 1830 et la « première période »
modifierLors de la petite enfance de Victorine Farrenc, Louise Farrenc compose et joue peu[29]. Elle reprend pleinement ses activités à partir de 1832, et la publication de ses œuvres augmente drastiquement[29]. Dès 1833 paraissent les op. 9, 11, 12 et 13, publiés à Paris mais également à Londres[29]. C'est avec son op. 17, son Air russe varié, qu'elle acquiert définitivement une réputation de compositrice accomplie[29]. Cet opus sera loué par la critique, notamment par Robert Schumann[29],[30]. En 1838 sont publiées les Variations Gallenberg, op. 25[29]. Des deux manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de France, l'un des deux porte comme titre Grandes variations pour le piano avec accompagnement d'orchestre, tandis que l'autre s'appelle plus sobrement Fantaisie pour piano et orchestre[29]. En 1838, Louise Farrenc met un point final à son op. 26, Trente Études dans tous les tons majeurs et mineurs, qui sont publiés en 1839[31]. Le recueil obtient les éloges de la critique, notamment dans la Revue et gazette musicale de Paris[31]. En 1845, l'opus sera adopté par le Conservatoire, en faisant un recueil pédagogique de premier ordre[31]. Si, pendant cette décennie, Louise Farrenc se consacre essentiellement à la composition pour le piano, elle écrit notamment deux ouvertures (les op. 23 et 24) pour orchestre et plusieurs œuvres vocales[31]. Les deux ouvertures sont composées pendant l'année 1834[31]. La première ouverture est jouée au Gymnase-Musical en juin 1835[31]. La seconde ouverture est jouée le , à la Société des concerts du Conservatoire, probablement sous la direction de François-Antoine Habeneck[32].
En 1838, Louise Farrenc organise avec la maison Pleyel une matinée musicale dédiée entièrement à ses propres œuvres, qu'elle interprète elle-même au piano[33]. Cette matinée est accueillie chaleureusement par la critique musicale[33]. Ainsi, Antoine Elwart écrit dans la Revue et gazette musicale de Paris que « le style de Mme Farrenc est fort vigoureux ; mais cette face toute virile de son double talent est tempérée par un goût pur, fruit des études sévères qu'elle a faites des œuvres des maîtres de l'art »[34],[33]. De même, dans La France musicale, où la critique se fait élogieuse[35].
Les années 1840 et la « deuxième période »
modifierLa deuxième période de la compositrice voit apparaître la composition d'œuvres de musique de chambre et de musique orchestrale[36]. Les op. 30 et 31 sont issus de cette période : Quintette pour piano et cordes no 1 et Quintette pour piano et cordes no 2 sont respectivement publiés en 1842 et en 1845, bien qu'ils aient été composés en 1840[36]. La configuration est peu courante, puisque Louise Farrenc compose pour violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano[36]. Le premier quintette est entendu en 1840 au domicile même des Farrenc, avec des quatuors et trios de Ludwig van Beethoven[36]. C'est Victorine Farrenc qui tient la partie de piano, alors qu'elle n'a que quatorze ans[36]. Ainsi la Revue et gazette musicale écrit que « Mademoiselle Farrenc, âgée de treize ou quatorze ans, a dit un quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle de Beethoven avec autant de goût et de style que sa mère en met dans ses compositions »[37],[38]. Le second quintette est joué la même année, en octobre, à nouveau lors d'un concert organisé par la famille Farrenc, à nouveau aux côtés d'œuvres de Ludwig van Beethoven[38]. Cette fois, c'est la Sonate pour piano no 30 que joue Louise Farrenc ainsi que la Sonate pour violon et piano no 4 avec sa fille et Jean-Baptiste Philémon de Cuvillon au violon[38]. À nouveau, la critique est unanime : « Mr Cuvillon a accompagné avec la sûreté et le style de bon violoniste qui le caractérise la sonate de Beethoven (opéra 23) à [sic] mademoiselle Victorine Farrenc, qui, toute jeune, comprend déjà cette musique compliquée et d'une si difficile exécution. Cette jeune pianiste avait dit précédemment avec sa mère des variations à quatre mains sur la prière d'Otello, d'une manière à s'attirer de justes applaudissements pour son aplomb de bonne musicienne et la netteté surtout des traits de sa main gauche »[39],[40]. Le sucsès de ces deux quintettes font de Louise Farrenc une compositrice au même rang que ses collègues les plus réputés[38]. Elle quitte également le domaine du genre mineur du rondo et de la variation pour aller vers des compositions plus vastes et complexes[41]. La création de son Ouverture no 2 la consacre également comme l'une des meilleures de son temps, puisque peu de compositeurs ont la chance d'être joués par la Société des concerts du Conservatoire[42],[43]. Cette fois, c'est Hector Berlioz qui prend la plume pour la Revue et gazette musicale de Paris : « Madame Farrenc nous a fait connaître une ouverture bien écrite, et instrumentée avec un talent rare chez les femmes, et dont, en France du moins, on n'aurait pas d'exemple sans mademoiselle Bertin »[44],[45]. À trente-six ans, Louise Farrenc est consacrée pour son talent et reconnue comme compositrice à part entière tant par ses pairs que par la critique[46].
En 1841, Fromental Halévy présente Louise Farrenc à la famille d'Orléans, de Ferdinand-Philippe d'Orléans[46]. Ainsi, le deuxième quintette est dédié à « son Altesse Royale Mme la Duchesse d'Orléans »[47]. L'œuvre est jouée dans les appartements de la duchesse en 1842, en présence de Fromental Halévy et Daniel-François-Esprit Auber, là encore avec un grand succès[48]. C'est aussi en 1841 qu'elle compose sa Symphonie no 1, dont le manuscrit porte la date de « juillet 1841 »[49]. Elle aborde ainsi le genre de la symphonie pendant cette période[48]. C'est en 1842 que Louise Farrenc devient professeure de piano au Conservatoire, par arrêté du [48]. Pour cette occasion est créée une classe de piano pour les femmes, tandis que Henri Herz prend la succession de Jean-Louis Adam pour la classe de piano pour les hommes[48]. Elle conserve son poste jusqu'à sa retraite en 1872[48],[50]. En 1843, Victorine Farrenc entre dans la classe de piano de sa mère et reçoit un accessit dès la première année, et un premier prix l'année suivante[48]. En 1843, elle envoie une requête à Daniel-François-Esprit Auber pour faire jouer sa Symphonie no 1[51]. La requête n'aboutit pas et c'est au Conservatoire de Bruxelles en 1845 que l'œuvre est jouée, sous la direction de François-Joseph Fétis[51]. Encore une fois, la critique est élogieuse, tant de la part de la presse belge que de la presse française, après la création parisienne en , sous la direction de Théophile Tilmant[52].
En 1845, elle compose sa Symphonie no 2, exécutée l'année suivante[53]. En 1847, c'est la Symphonie no 3 qui est publiée, et programmée en 1849, cette fois sous la direction de Narcisse Girard[54],[55]. La composition d'œuvres symphoniques n'empêche pas la compositrice de continuer dans la veine chambriste, avec la composition de plusieurs trios et de sonates pour piano et violon[54]. En 1848, Louise Farrenc devient la professeure de piano d'Ernest Reyer, contre l'avis de ses parents. Le jeune homme est son neveu par alliance, puisqu'il est le fils d'Élisabeth-Clarice Farrenc, sœur d'Aristide Farrenc[22].
Maladie et mort de Victorine Farrenc dans les années 1850
modifierLes années 1850 sont beaucoup plus sombres pour la famille Farrenc : Victorine contracte une maladie incurable en 1849[56]. La jeune fille se doit de limiter ses activités autant d'interprète que de compositrice[56]. Louise Farrenc ne quitte pas la plume pour autant, et elle continue de composer[57] : en 1850, elle compose son Nonette, op. 38, créé d'abord chez Érard[57]. À la création joue Joseph Joachim alors jeune prodige, ainsi qu'Adolphe Blanc, Louis Dorus, Achille Gouffé, Charles Lebouc, Henri Leroy, Joseph-François Rousselot, Stanislas Verroust et son frère Charles Verroust [57]. La presse est alors dithyrambique[57]. La même année, la Symphonie no 3 est jouée au Conservatoire de Genève sur demande du directeur[57]. Succédant au Nonette, elle compose un Sextuor pour piano et vents[58]. La création se fera deux ans plus tard, et son succès ne faiblira pas[58].
En 1856, Aristide Farrenc part en voyage pour l'Allemagne, d'une part pour aider Mlle Bianchi, mais aussi pour faire connaître dans ce pays l'œuvre de sa femme[59]. Cependant, les efforts d'Aristide Farrenc se soldent par des échecs[60]. Pour autant, Louise Farrenc continue de composer, et en 1857 ce sont les op. 44 et 45, un Trio pour clarinette, violon et piano et un Trio pour flûte, violon et piano, qui naissent[60]. Peu après, c'est la Sonate pour violoncelle et piano, op. 46 qui est achevée[60]. Ces trois pièces seront publiées en 1861 et 1862[60]. Enfin, un Quatuor à cordes, dernière œuvre de musique de chambre, est écrit[60]. À l'exception du Nonette, il s'agit de la seule pièce de musique de chambre qui ne comporte pas de piano[60]. En 1859, Victorine Farrenc meurt[61]. Louise Farrenc ne composera presque plus après cela[61].
La consécration et les années 1860
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Le , Ambroise Thomas propose que le prix Chartier soit partagé entre trois candidats : Adolphe Blanc, Eugène Sauzay ainsi que Louise Farrenc[62]. Or, les membres de l'Institut s'opposent à cette tripartition du prix, et le choix est fait de le décerner à Louise Farrenc seule[62],[63]. En 1869, le prix est de nouveau proposé pour trois candidats : Eugène Sauzay, Georges Mathias et Louise Farrenc ; encore une fois les membres de l'Institut choisissent de décerner le prix seulement à Louise Farrenc[64],[65]. Cependant, si la compositrice reçoit ces deux prix dans les années 1860, elle ne compose plus vraiment, et s'occupe d'une autre manière : la rédaction d'une anthologie de la musique pour piano, Le Trésor des pianistes[64]. Construit avec Aristide Farrenc, projet qu'elle poursuivra après la mort de son époux, le répertoire couvre des œuvres allant du xvie siècle au xixe siècle[64],[66]. François-Joseph Fétis parle du Trésor des pianistes comme d'une « collection précieuse par le choix des ouvrages qu'elle renferme, dont la plupart sont aujourd'hui d'une rareté excessive, ainsi que par les notices explicatives dont ils sont accompagnés, et la beauté de l'exécution matérielle »[67],[68]. En parallèle de la publication, le couple organise des concerts dont les programmes sont constitués d'œuvres provenant de cette anthologie[69]. Cet ouvrage compte vingt-trois volumes dont la publication débute en 1861 et s'achève bien après la mort d'Aristide Farrenc en 1865[69].
Les années 1870 et la fin de vie
modifierAlors que se déroulent les événements de la Commune de Paris, l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés réclame l'égalité salariale entre hommes et femmes et l'obtiendra partiellement pour les institutrices. Louise Farrenc finit même par obtenir un salaire égal à celui de ses collègues masculins à ce poste au bout de huit années de lutte[70]. Il reste qu'elle n'était pas la première femme à instruire le piano au sein de l'école ; avant elle, Hélène de Montgeroult y avait enseigné de 1795 à 1798. Seulement, depuis le départ d'Hélène de Montgeroult aucune femme n'avait eu un poste de professeure au Conservatoire de Paris. Louise Farrenc se voit donc attribuer une classe de piano pour femmes. Les classes, celle de piano entre autres, étaient séparées selon le sexe des élèves et ne devinrent mixtes qu'en 1915 sous le directorat de Gabriel Fauré[71].
Louise Farrenc meurt le en son domicile au no 10 rue Taitbout dans le 9e arrondissement[72], et est inhumée au cimetière du Montparnasse (10e division)[73],[74]. Lors de son décès, la Revue et gazette musicale de Paris lui consacre une longue nécrologie [75].
Activité de compositrice
modifierSi Louise Farrenc couvre les trois quarts du xixe siècle, sa période compositionnelle est plus restreinte, et va de 1825 à 1864[76]. Elle compose donc pendant quasiment quarante ans sur une période de vie de soixante-et-onze ans[76]. Louise Farrenc a eu la chance de vivre à Paris, considéré comme un centre névralgique de la vie musicale européenne au xixe siècle, et ce malgré les bouleversements politiques[76]. Liszt écrit même à Wagner que « pour tout et avant tout, un séjour à Paris s'impose »[77]. Et il faut souligner que beaucoup de compositeurs étrangers viennent à Paris, que ce soit pour une partie de leur carrière ou définitivement[77]. Chez Louise Farrenc, l'activité musicale peut se partitionner en trois : d'une part la composition, d'autre part l'enseignement, et pour une troisième partie, la recherche[78]. De même, son œuvre musicale peut se diviser en trois parties : la musique pour piano, la musique de chambre et la musique symphonique[77]. Le tout peut se diviser en trois périodes temporelles : une première période de composition d'œuvre majoritairement pour le piano allant de 1825 à 1839, une deuxième période d'œuvres de musique de chambre et de musique symphonique s'étalant de 1840 à 1858, et enfin un retour aux œuvres exclusivement pour le piano de 1858 à 1864[79].
Musique pour piano
modifierParmi les cinquante-et-un numéros d'opus répertoriés par Catherine Legras, trente-deux comprennent une partie de piano[80]. Quasiment toute sa musique de chambre comporte une partie de piano, et un concerto pour piano avait été ébauché[80]. Cet intérêt pour le piano est porté par une vogue sous la Monarchie de Juillet et va de concert avec la croissance économique du pays et l'embourgeoisement des familles d'industriels, de commerçants et de banquiers[80]. Érard et Pleyel rivalisent d'inventivité et d'originalité dans les brevets[80]. En 1822, l'invention du double échappement apporte un coup de tonnerre dans les possibilités de jeu qu'offre le piano[81]. S'il est évident que Louise Farrenc apprend le piano, elle le fait de façon poussée et hors du commun, devenant une interprète virtuose à la technique remarquable[82]. De fait, l'apprentissage de la composition débute naturellement par la composition pour le piano[83]. Cependant, l'étude de l'œuvre pour piano de la compositrice fait apparaître des genres de prédilection : la variation, le rondo et l'étude[84]. Ainsi, les premières compositions de Louise Farrenc sont soit des variations, soit des rondos, sur des thèmes préexistant, genres à la mode dans la première moitié du xixe siècle[85]. De fait, hormis les fugues qu'elle compose en 1833, toutes les pièces composées entre 1825 et 1839 reposent sur des thèmes préexistants[85]. C'est pourtant l'Air russe varié qui va mettre le premier pavé sur le chemin de la renommée de la compositrice[86].
La vocation pédagogique la pousse à composer des études, à partir de 1839[85]. Elle commence son travail de pédagogie avec les Trente Études dans tous les tons majeurs et mineurs bien que la musicologue Catherine Legras fasse commencer cette période en 1833 avec la composition des Fugues, op. 22[87]. C'est dans les années 1840 à 1860 qu'elle compose ses ouvrages à but didactique, période qui correspond également à une baisse de l'intérêt du public pour la virtuosité au piano[87]. Si rien ne laisse supposer de relation entre la compositrice et Frédéric Chopin, il est probable qu'elle ait eu vent des œuvres du compositeur polonais[88]. De plus, avec le corpus des études pour le piano, le langage musical de Louise Farrenc s'élabore et se complexifie, passant d'harmonie simple dans les variations et les rondos, aux études aux harmonies bien plus complexes[89]. Il faut ajouter à cela que dans les variations, les phrases sont régulières et les carrures simples, avec des mélodies qui se prêtent à un traitement thématique[89]. L'évolution du style de la compositrice peut se comprendre de deux façons différentes : la première, le traitement de la variation, à la mode, ne doit pas laisser de place à la complexité mais plutôt à la virtuosité ; la seconde est celle de l'évolution du style propre à la compositrice[89]. Cependant, à son retour au piano à la fin de sa vie, c'est pour une expression beaucoup plus personnelle, et il n'y a plus de variations ou de rondos, mais des mélodies, des scherzo, des valses ou des nocturnes[85]. Dans ce retour à la musique pour piano, Louise Farrenc écrit des pièces brèves, de caractère, après avoir longuement travaillé la thématique symphonique, cherchant peut-être à contrebalancer par la poétique la rationalité précédente[90]. Si, en 2003, il n'y avait que peu de partitions, la musicologue Catherine Legras souligne cependant l'existence de l'enregistrement du Nocturne, op. 49[90]. Dans cette œuvre, la compositrice retrouve une simplicité qu'elle allie à la poésie pour un rendu expressif[91]. Catherine Legras parle à ce sujet d'« un temps d'éternité (de méditation ?), un hors temps »[91].
Musique orchestrale
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Les œuvres symphoniques de Louise Farrenc sont au nombre de cinq : deux ouvertures et trois symphonies[92]. Si les ouvertures datent de la première période de la compositrice, alors axée sur la musique pour piano, les symphonies appartiennent à la deuxième période, où elle se tourne alors vers l'orchestre et la musique de chambre[92]. La première symphonie suit les quintettes nos 1 et 2, tandis que les deuxième et troisième symphonies suivent les trios nos 1 et 2[93]. Selon le musicographe Julien Tiersot, la musique instrumentale « n'existait pas en France en ce temps-là »[94]. Cette affirmation est sujette à caution, mais cela montre aussi qu'il y a eu une période d'invisibilisation des compositeurs et compositrices françaises, parmi lesquels Louise Farrenc[94]. De fait, la musique instrumentale française est assez peu jouée, et les compositeurs et compositrices lui préfèrent l'art lyrique, genre auquel Louise Farrenc ne touche pas[95].
Les Ouvertures
modifierElles sont composées à quelques mois de distance l'une de l'autre et sont les premiers essais de la compositrice dans un genre qui ne fait pas intervenir le piano[96]. De même, en 2003, les partitions n'avaient pas encore été retrouvées[96]. Les deux contiennent une introduction lente, et suivent le plan de la forme sonate[96]. Selon la musicologue américaine Bea Friedland, la seconde est plus dramatique, et accorde une place importante aux instruments à vent[96].
Les Symphonies
modifierLorsque Louise Farrenc compose sa première symphonie, elle est âgée de trente-sept ans, et il est possible qu'elle se soit lancée dans cette entreprise, assurée par la renommée qu'elle commençait à avoir[97]. Les trois symphonies qu'elle a écrite ont été jouées du vivant de la compositrice[98]. Ces symphonies de la compositrice sont en quatre mouvements, à l'image de la majorité des symphonies de cette époque[98]. Elles débutent par une introduction lente qui précède l'allegro[98]. Catherine Legras fait le constat qu'entre la première et la troisième symphonie, plusieurs points sont semblables : le choix d'une tonalité mineure, le même rapport entre tonalité mineure et relative majeure dans les premiers mouvements, le même rapport de la tonique mineure à son homonyme majeure dans la réexposition ainsi que le choix de la tonalité du VIe degré pour l'Andante[99]. Cependant, quelques points sont pour le moins originaux dans le traitement de la symphonie que fait Louise Farrenc : le choix de la tonalité de si majeur dans le second thème du final de la 1re symphonie, le choix de l'organisation thématique du finale de la 3e symphonie ainsi que l'omniprésence de l'homonyme majeur à la tonalité de départ dans les réexpositions[100].
Musique de chambre
modifierLe corpus d'œuvres de musique de chambre de Louise Farrenc atteint onze numéros d'opus, chaque œuvre de grande proportion (trois à quatre mouvements) et s'étalant sur une période allant de 1840 à 1858[101]. Si elle a composé pour le piano avant 1840 avec un succès notable, le Quintette pour piano et cordes no 1 est un jalon important, puisqu'il représente un premier pas dans le domaine de la musique « sérieuse » et non plus mondaine[101]. En 2003, seuls les quintettes et les trios étaient enregistrés, laissant de côté les sonates, le Nonette et le Sextuor[102]. Pour la musicologue Catherine Legras, le fait de composer des quintettes serait une exploration musicale visant à sortir du quatuor et d'explorer de nouvelles voies[102]. Cela lui permet aussi de composer tout en gardant le piano, instrument qui lui est propre[102]. Les graves du quintette sont alors augmentés par l'ajout d'une contrebasse et le retrait d'un des deux violons[102]. Dans les deux quintettes, on trouve une présentation de la forme sonate identique à celle que l'on trouve dans les symphonies : une tonalité de départ mineure, un second thème au relatif majeur et une réexposition reprenant le second thème dans l'homonyme majeur de la tonalité principale[103]. De plus, les deux thèmes du premier mouvement ne sont pas fortement contrastés[103]. Du côté des trios, Louise Farrenc en écrit quatre en deux temps : les deux premiers datent de 1844 et 1845, tandis que les deux seconds sont écrits en 1857[104]. Les deux groupes sont séparés notamment par les symphonies, mais aussi par la quasi-totalité de sa musique de chambre[105]. Certaines de ses œuvres de musiques de chambre sont adressées à des instrumentistes en particulier, souvent leurs dédicataires, comme pour le quatrième trio, dédiée à Louis Dorus[106]. Le Nonette et le Sextuor font figure d'exception dans le corpus de la compositrice, notamment par le nombre important d'instrumentistes que demande l'exécution[107].
Activité pédagogique
modifierLouise Farrenc est engagée au Conservatoire à la fin du directorat de Luigi Cherubini, en 1842[108]. Si elle n'est pas la seule femme à travailler dans cette institution, les femmes n'y sont pas nombreuses, notamment dans les postes d'importance[108]. Elle est la seconde femme à prendre la place de professeur de piano, à la suite d'Hélène de Montgeroult, quarante-cinq années après elle[108]. Lors de son engagement en 1842, le Conservatoire est sous l'égide du Ministère de l'Intérieur[109], et elle est choisie par le ministre de l'époque sur une proposition de trois noms par Luigi Cherubini[110]. Cela montre qu'à l'époque, ses talents d'interprète sont reconnus jusqu'aux plus hautes instances de l'État[110]. Cependant, c'est aussi pour ses qualités de pédagogue, et non uniquement d'interprète, qu'elle semble avoir été recrutée : il est fort possible que Louise Farrenc ait eu une activité de professeure particulière à Paris pour établir sa renommée en tant qu'enseignante[110]. Au sein du Conservatoire, elle fait figure d'exception : élève d'Ignaz Moscheles et de Johann Nepomuk Hummel, elle n'y a jamais étudié elle-même[111]. Louise Farrenc obtient désormais la classe de piano pour femmes, grâce au départ à la retraite de Jean-Louis Adam, permettant la nomination d'Henri Herz et de la sienne[112]. En effet, les classes de piano sont surchargées et Luigi Cherubini envisageait de baisser les effectifs en embauchant davantage de professeurs[112].
À l'arrivée de Louise Farrenc, les classes de piano ont environ quarante ans d'existence, le piano étant alors un instrument récent, qui supplante complètement la pratique du clavecin[113]. Par conséquent, les méthodes et la pédagogie qui vont de pair avec l'instrument sont tout aussi récentes[113]. Antoine-François Marmontel fait cependant un constat au xixe siècle déjà : « Malheureusement pour l'Art, la plupart des jeunes filles qui se vouent à la virtuosité y renoncent un peu plus tard pour les devoirs austères de la famille »[114],[113]. De fait, les femmes qui achèvent leur cursus au Conservatoire sont d'années en année moins nombreuses, montrant ainsi une certaine inégalité avec ses collègues enseignant aux classes d'hommes[115]. Cependant, une autre inégalité s'ajoute à l'équation : la misogynie subie de la part des parents qui ne veulent pas d'une femme professeure pour leur fille[115]. De plus, le salaire qu'elle obtient (1 000 francs) n'est pas identique à celui d'Henri Herz (1 200 francs), engagé comme elle en 1842, et il faudra attendre 1855 pour qu'ils aient le même salaire (1 200 francs)[116]. En revanche, Félix Le Couppey, engagé en 1855 touche directement un salaire de 1 500 francs, montrant donc une inégalité flagrante en termes de salaire[116]. C'est dans une lettre, datée du , qu'elle adresse à la direction du Conservatoire qu'elle demande à être traitée au même rang que ses collègues masculins, et d'obtenir un salaire identique aux leurs, chose qui a lieu cinq ans plus tard[117].
Parmi les élèves de Louise Farrenc, la Revue et gazette musicale de Paris mentionne, outre sa fille Victorine, Marie Mongin, Hermance Lévy et sa sœur Caroline Lévy, Marie Colin, Sophie-Maria Sabatier-Blot, Mlle Maurice, Louise Béguin-Salomon[118].
Postérité
modifierReconnaissance tardive
modifierL'œuvre de Louise Farrenc reste largement méconnue de nos jours. Le guide des Sources pour l'histoire des femmes avance qu'elle était pourtant ovationnée par ses contemporains, puis fut oubliée et négligée comme tant d'autres compositrices et compositeurs[119]. Dans son Dictionnaire de la musique, Marc Vignal ne la mentionne que dans l'article de son époux Aristide Farrenc, ne faisant état que de ses trois symphonies et d'œuvres pour piano[120].
En 1979, Louise Farrenc fait partie des femmes citées dans l'installation The Dinner Party de l'artiste féministe Judy Chicago. Son nom se trouve dans l'aile III à la table dédiée à Ethel Smyth[121].
En 1995, la fondation allemande pour la recherche a financé un projet de recherche sur l'œuvre de Louise Farrenc à l'université d'Oldenburg afin de rendre ses compositions à nouveau accessibles aux salles de concert et à la recherche musicale[122]. Ce projet a duré jusqu'en l'an 2002[122]. Il a permis l'impression des partitions de la musique d'orchestre et de chambre ainsi qu'une sélection de la musique pour piano de Louise Farrenc en collaboration avec la maison d'édition allemande Florian Noetzel Verlag à Wilhelmshaven[123].
En 2001, Stefan Sanderling enregistre ses symphonies avec l'Orchestre national de Bretagne[30].
Hommages
modifierComme dédicataire :
- Thérèse Wartel, Andante, op. 11, pour piano, 1851 ;
- Stefano Golinelli, Vingt-Quatre Préludes, pour piano, 1852 ;
- Virginie Morel-du Verger, Huit Études mélodiques, pour piano, 1857 ;
- Charles Lecocq, Miettes musicales, pour piano, 1877.
Comme toponyme :
Œuvre
modifier
Catherine Legras distingue chez Louise Farrenc trois périodes de composition : entre 1825 et 1839, des œuvres pour piano majoritairement, puis entre 1840 et 1858 de la musique de chambre et symphonique, enfin des œuvres exclusivement pour piano entre 1858 et 1864[79].
Il existe 49 œuvres dotées d'un numéro d'opus. Son catalogue est ici classé par genre musical et chronologique[130].
Musique symphonique
modifier- Ouverture no 1 en mi mineur, op. 23 (1834)
- Ouverture no 2 en mi bémol majeur, op. 24 (1834)
- Symphonie no 1 en ut mineur, op. 32 (1842)
- Symphonie no 2 en ré majeur, op. 35 (1845)
- Symphonie no 3 en sol mineur, op. 36 (1847)
Musique concertante
modifier- Grandes variations sur l'air « Le premier pas », op. 4, pour piano et orchestre
- Grandes Variations sur un thème du comte Gallenberg, op. 25, pour piano et orchestre
Œuvres vocales
modifier- Voix et piano ou orchestre
- Andréa la folle, ballade
- Je me taisais, romance
- La Tourterelle, romance
- La Madone
- Le Berger fidèle, romance
- Le Prisonnier de guerre, scène dramatique
- Le Suicide, scène et air (composition identique au Prisonnier de guerre)
- Toi que j'appelle
- Musique chorale
- Ô Père qu'adore mon père (Hymne de Lamartine), chœur a cappella
- Ô Père qu'adore mon père (Hymne de Lamartine), chœur et piano
- O Salutaris hostia pour soprano, alto et ténor
Musique de chambre
modifier- Grandes Variations sur l'air « Le premier pas », op. 4, pour piano et cordes
- Variations concertantes sur un air suisse, op. 20, pour piano et violon
- Quintette no 1 en la mineur, op. 30, pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse (1839)
- Quintette no 2 en mi majeur, op. 31, pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse (1840)
- Trio no 1 en mi bémol majeur, op. 33, pour piano, violon et violoncelle (1841–44)
- Trio no 2 en ré mineur, op. 34, pour piano, violon et violoncelle (1844)
- Sonate pour violon et piano no 1 en do mineur, op. 37 (1848)
- Nonette en mi bémol majeur, op. 38, pour flûte, hautbois, clarinette, cor, basson, violon, alto, violoncelle et contrebasse (1849)
- Sonate pour violon et piano no 2 en la majeur, op. 39 (1850)
- Sextuor en do mineur, op. 40, pour piano et quintette à vent (1852)
- Trio no 3 en mi bémol majeur, op. 44, pour piano, clarinette [ou violon] et violoncelle (1854–56)
- Trio no 4 en mi mineur, op. 45, pour piano, flûte [ou violon] et violoncelle (1854–56)
- Sonate pour violoncelle et piano en si bémol majeur, op. 46 (1857)
Musique pour piano
modifier- Variations brillantes sur un thème d'Aristide Farrenc, op. 2
- Grandes Variations sur l'air « Le premier pas », op. 4, version pour piano seul
- Variations brillantes sur un thème de La Cenerentola de Rossini, op. 5
- Variations sur l'air « Tendre musette », op. 6
- Air suisse varié, op. 7
- Trois Rondos faciles, op. 8
- Rondo brillant sur un chœur du Pirate de Bellini, op. 9
- Variations brillantes sur un thème du Colporteur de Onslow, op. 10
- Rondo brillant sur des thèmes d'Euryanthe de Weber, op. 11
- Variations sur une galopade favorite, op. 12
- Rondeau brillant sur la cavatine de Zelmire de Rossini op. 13
- Les Italiennes, op. 14
- Variations brillantes sur la cavatine d'Anna Bolena de Donizetti, op. 15
- Les Allemandes, op. 16
- Air russe varié, op. 17
- La Sylphide, op. 18
- Souvenir des Huguenots, op. 19
- Les Jours heureux, op. 21
- Fugues, op. 22
- Trente Études dans tous les tons majeurs et mineurs, op. 26 (1838)[131]
- Hymne russe varié, op. 27
- Variations sur un thème allemand, op. 28
- Variations sur un thème des Capuleti de Bellini, op. 29 (piano à quatre mains, arrangements pour deux ou trois pianos)
- Douze Études brillantes, op. 41 (1853)[131]
- Vingt Études de moyenne difficulté, op. 42 (1854)[131]
- Trois Mélodies, op. 43
- Scherzo, op. 47
- Valse brillante, op. 48
- Nocturne, op. 49
- Vingt-cinq Études faciles, op. 50[131]
- Deuxième Valse brillante, op. 51
Discographie
modifierMusique symphonique
modifier- Louise Farrenc : Symphonies 1 & 3 — Orchestre philharmonique de la NDR, Johannes Goritzki (dir.), CPO 999 603-2, 1998 (OCLC 611337953).
- Louise Farrenc : Symphonie no 2 - Ouvertures 1 & 2 — Orchestre philharmonique de la NDR, Johannes Goritzki (dir.), CPO 999 820-2, 2004. (OCLC 56528998).
- Louise Farrenc : Les 3 Symphonies — Orchestre de Bretagne, Stefan Sanderling (dir.), Disques Pierre Verany PV700030, 2001.
- Louise Farrenc : Symphonies Nos 2 and 3 — Solistes Européens, Luxembourg, Christoph König (dir.), Naxos 8.573706, 2018[132].
- Louise Farrenc : Symphony No. 1, Overtures Nos. 1-2, Grand Variations on a theme by Count Gallenberg — Jean Muller (piano), Solistes Européens, Luxembourg, Christoph König (dir.), Naxos 8.574094, 2020[133].
- Louise Farrenc : Symphonies 1 & 3 — Insula orchestra, Laurence Equilbey (dir.), Erato 0190296698521, 2021[134],[135].
- Louise Farrenc, Symphonies 1-3, Overtures in E minor•E flat — Insula orchestra, Laurence Equilbey (dir.), Erato (2 CD), 2023[136].
Musique de chambre
modifier- Quintettes pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse opus 30 et 31 — Linos-Ensemble : Konstanze Eickhorst, piano ; Winfried Rademacher, violon ; Barbara Westphal, alto ; Mario Blaumer, violoncelle ; Jörg Linowitzki, contrebasse (, CPO) (OCLC 31630180).
- Nonette pour cordes et vents ; Mélodie en la bémol majeur ; Variations concertantes pour violon et piano ; Études op. 26 no 17 et 18* ; Trio pour clarinette, violoncelle et piano op. 44 - Brigitte Engerer et Jean-Frédéric Neuburger*, piano ; Guillaume Sutre, violon ; Romain Guyot, clarinette ; François Salque, violoncelle ; Philippe Bernold, flûte ; François Leleux, hautbois ; André Cazalet, cor ; Gilbert Audin, basson ; Miguel da Silva, alto ; Vincent Pasquier, contrebasse (concert, Paris, auditorium du Louvre, 5-, Naïve V 5033) (OCLC 70139834).
- Sextuor en do mineur, op. 40 (avec diverses œuvres pour vents de Poulenc, Roussel, Caplet, Mozart, Beethoven, Thuille et Rimski-Korsakov) - Les Vents français (Warner Classics, 2014) - Choc de Classica.
Musique pour piano
modifier- Œuvres pour piano : Variations brillantes op. 15, Air russe varié op. 17, Valse brillante op. 48, Nocturne op. 49 et neuf études de l'opus 26 — Konstanze Eickhorst, piano (28-, CPO) (OCLC 54432489).
- Variations pour piano : Variations op. 10, Variations brillantes op. 15, Air russe varié op. 17, Grandes Variations op. 25 — Biliana Tzinlikova, piano (27-, Paladino Music).
- Études & Variations : Variations op. 14, 17, 19 et 13 Études de l'op. 26 — Joanne Polk, piano (15-, Steinway & Sons 30133) (OCLC 1152173611).
- Intégrale des œuvres pour piano :
- vol. 1 : Études, op. 26, 41, 42 et 50 — Maria Stratigou, piano (2017–2020, 2 CD Grand piano GP912-13) (OCLC 1346995212) — Premiers enregistrements mondiaux.
- vol. 2 : Thème et Variations, partie 1 — Maria Stratigou, piano (2022, CD Grand piano GP934) (OCLC 1396453843) — Premiers enregistrements mondiaux.
- vol. 3 : Rondeaux — Maria Stratigou, piano (2023, CD Grand piano GP942) (OCLC 1455223768) — Premiers enregistrements mondiaux.
- vol. 4 : Thème et Variations, partie 2 — Maria Stratigou, piano (2024, CD Grand piano GP965) — Premiers enregistrements mondiaux.
- vol. 5 : Fugues, mélodies, valses — Maria Stratigou, piano (2024–2025, CD Grand piano GP966) — Premiers enregistrements mondiaux.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Legras 2003, p. 17.
- ↑ Legras 2003, p. 17-18.
- 1 2 Legras 2003, p. 18.
- 1 2 3 4 Legras 2003, p. 19.
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- ↑ Pierre Carrive, « Les symphonies de Louise Farrenc deviennent des classiques », sur Crescendo Magazine, .
- ↑ Jean-Luc Caron, « Laurence Equilbey et l’Insula Orchestra magnifient deux symphonies de Louise Farrenc », sur ResMusica, .
- ↑ Stéphane Renard, « Les symphonies de Louise Farrenc enfin gravées dans une intégrale », L'Écho, (lire en ligne).
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages généraux
modifier- Antoine-François Marmontel, Les Pianistes célèbres, Paris, (lire sur Wikisource), « Madame Farrenc », p. 168-169-174-175.
- Guillaume Kosmicki, Compositrices: l'histoire oubliée de la musique, le Mot et le reste, (ISBN 978-2-38431-022-7).
Monographies
modifier- Agnès Boucher, Le compositeur est une compositrice, Paris, Éditions Maïa, (ISBN 978-2-38441-032-3).
- Florence Launay, Les compositrices en France au XIXe siècle, Paris, Fayard, , 544 p. (ISBN 2-213-62458-5).

- Catherine Legras, Louise Farrenc, compositrice du XIXe siècle : musique au féminin, Paris/Budapest/Turin, L'Harmattan, , 225 p. (ISBN 2-7475-5021-4 et 978-2-7475-5021-5, OCLC 53096533).

- (en) Maria Stratigou (thèse de doctorat), Performance aspects of Louise Farrenc's Études for piano, Royal Northern College of Music/Manchester Metropolitan University, (OCLC 1295123875).
Articles de presse
modifier- Anonyme, « Matinée musicale », Revue et gazette musicale de Paris, .

- Hector Berlioz, « Septième concert du Conservatoire », Revue et gazette musicale de Paris, .

- Henri-Louis Blanchard, « Matinée musicale », Revue et gazette de Paris, .

- Marie Bobillier, « Quatre femmes musiciennes », L'Art, vol. IV, , p. 183-187.

- Alain Cochard, « Louise Farrenc. Redécouverte d'une romantique », Diapason, , p. 40-41.
- Antoine Elwart, « Matinée musicale », Revue et gazette musicale de Paris, .

- François-Joseph Fétis, « Nouvelles de Paris », La Revue musicale, , p. 376.

- François-Joseph Fétis, « Le Trésor des pianistes », La Revue et gazette musicale de Paris, .

Notes discographiques
modifier- (de + fr + en) Beatrix Borchard, « Louise Farrenc ou Un talent extraordinaire pour une femme », p. 10–14, Paris, DIVOX (CDX 29205), 2004 .
Liens externes
modifier- « Les compositrices... empêchées, effacées, oubliées », épisode 16 de 15 min [audio], sur France Culture, (consulté le ).
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Biographie sur Musica et Memoria
- Nécrologie par Ernest Reyer dans le Journal des débats politiques et littéraires
- Le Trésor des Pianistes.
- Louise Farrenc, Classical Composer: A Biography for Young Readers