Organisation des moudjahiddines du peuple iranien
L'Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI) (en persan : سازمان مجاهدين خلق ايران, Sāzmān-e Mojāhedin-e Khalq-e Irān ou Mujaheddin-e-Khalq) (ou MEK) est un mouvement politique iranien d’opposition au régime du chah Mohammad Reza Pahlavi puis à la République islamique d'Iran[10].
| Organisation des moudjahidines du peuple iranien (fa) سازمان مجاهدين خلق ايران | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Fondation | |
| Scission de | Mouvement de libération de l'Iran |
| Siège | Téhéran, Iran (1965-1981) Paris, France (1981-1986) Camp Ashraf, Irak (1986-2013) Paris, France (depuis 2003) Camp Liberty, Irak (2012-2016) Tirana, Albanie (2016-2018) Camp Ashraf 3, Albanie (depuis 2018) |
| Secrétaire générale | Zahra Merrikhi (en) |
| Fondateurs | Mohammad Hanifnejad Saeid Mohsen Mohammad Asgarizadeh Rasoul Meshkinfam Ali-Asghar Badi'zadegan Ahmad Rezaei |
| Religion | Islam chiite duodécimain |
| Slogan | arabe : فَضَّلَ اللَّهُ الْمُجَاهِدِينَ عَلَى الْقَاعِدِينَ أَجْرًا عَظِيمًا Allah préfère les combattants (moudjahidines) aux non-combattants et leur réserve une récompense sans limites. (Coran, sourate IV, verset 95, dernière phrase) |
| Aile paramilitaire | Armée de libération nationale (1987-2003) |
| Positionnement | (Historiquement) |
| Idéologie | (Historiquement)
Islamisme chiite |
| Affiliation nationale | Conseil national de la résistance iranienne |
| Adhérents | 3 000 (en Albanie) |
| Couleurs | Rouge |
| Site web | www.mojahedin.org |
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| Armée de libération nationale NLA | |
| Idéologie | Islamisme chiite Nationalisme iranien Anti-Khomeinisme Anti-monarchisme[1] |
|---|---|
| Positionnement politique | Gauche |
| Objectifs | Renversement de la République islamique d'Iran. Répression de l'Opposition irakienne à Saddam Hussein. |
| Site web | www.mojahedin.org |
| Fondation | |
| Date de dissolution | |
| Actions | |
| Mode opératoire | Opérations extérieures terrestres[3] Attentats à l'intérieur de l'Iran |
| Zone d'opération | Iran et Irak |
| Organisation | |
| Chefs principaux | Massoud Radjavi Maryam Radjavi[4],[5] |
| Allégeance | |
| Branche politique | OMPI/MEK |
| Groupe relié | JundAllah |
| Soutenu par | |
| Répression | |
| Considéré comme terroriste par | |
| * Guerre Iran-Irak | |
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Fondée en 1965 en opposition au chah, l'OMPI demeure active en Iran et à l'extérieur, durant et après la révolution iranienne de 1979 à laquelle elle prit part. Elle est notamment fondée et dirigée par Mohammad Hanifnejad, puis dirigée par Massoud Radjavi, et demeure conduite en exil par son épouse, Maryam Radjavi[11]. L'OMPI boycotte le référendum constitutionnel iranien de décembre 1979, ce qui conduit Khomeini à exclure le chef de l'OMPI, Massoud Radjavi, de l'élection présidentielle iranienne de 1980[12],[13].
Le , l'OMPI organise une manifestation contre Khomeini dans le but de renverser le régime. Une trentaine de manifestants sont tués lors de la répression[14]. L'OMPI combat contre la République islamique d'Iran entre 1980 et 1988 au coté de l'Irak (en participant à l'opération Quarante étoiles et à l'opération Mersad), ce qui en fait la cible prioritaire de la République Islamique[15],[16].
En 1986, l'Iran demande à la France d'expulser l'OMPI de son siège parisien. En réponse, elle rétablit son camp de base d'Achraf en Irak[17],[18],[19]. Elle compte désormais 3 000 membres dans un camp en Albanie après avoir été chassée d’Irak[20].
L'OMPI est décrite par plusieurs sources comme étant le groupe d'opposition politique le plus important et le plus actif d'Iran[21],[22],[20]. Souvent considérée comme une secte, l’organisation est dotée de financements opaques et est impopulaire en Iran, notamment du fait de son alliance avec le régime de Saddam Hussein pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988)[20]. L'OMPI est membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI)[23]. Elle s'est éloignée de la lutte armée dans les années 2000 et mène un intense travail d’influence depuis l’étranger, notamment en France, pour se poser en recours politique en cas de chute du régime iranien[20].
De 1997 à 2013, l'OMPI est classée comme organisation terroriste par les États-Unis, le Canada, l'Union européenne et le Japon[24], et par le Home Office britannique jusqu'en [25]. Elle figure toujours classée comme organisation terroriste par l'Iran et par l'Irak post-Saddam. L’Ompi continue à entretenir de petites cellules clandestines en Iran qui ont avant tout une fonction de renseignement pour le compte de services occidentaux[26].
Opposition au chah et à la révolution islamique d'Iran
Fondements idéologiques
L'Organisation des moudjahidines du peuple iranien est fondée en 1965 par un groupe de jeunes intellectuels iraniens se réclamant d'un islam libéral, teinté d'idéologie de gauche. L'OMPI est la première organisation iranienne à développer systématiquement une interprétation révolutionnaire moderne de l'islam[27]. Cette interprétation contraste avec l'islam conservateur du clergé traditionnel de l'ayatollah Rouhollah Khomeini[28]. L'organisation est qualifiée d'« islamo-marxiste » par la Savak (police politique du chah). Selon l'intellectuel Afchine Matine-Asgari (2004), il s'agissait toutefois là d'« une étiquette polémique ingénieuse » pour stigmatiser les opposants au chah[29]. Le CNRI lui-même affirme que Massoud Radjavi rejetait le matérialisme historique dès 1979, tandis qu'il s'était opposé dès les années 1970 à l'ayatollah Khomeini[30]. En , l'ex-sous-secrétaire d'État américain George Ball (en) écrit :
« Cette habitude de la presse de condamner les moudjahiddines du peuple en tant que « gauchistes » a aggravé sérieusement le problème. Massoud Radjavi est le chef de file du mouvement. Son intention est de remplacer l’actuel régime islamique rétrograde par un islam chiite moderne tirant ses principes égalitaires des sources coraniques, et non de Marx[31]. »
Pour Henry Sorg, le Parti des moudjahidines du peuple se fonde sur « une synthèse entre islamisme, gauche radicale et nationalisme anti-impérialiste »[32]. À l'origine, le mouvement revendique l'inspiration du Front national de Mohammad Mossadegh, Premier ministre de 1951 à 1953 renversé par un coup d’État organisé par la CIA et le MI6, et est fortement influencé par les écrits d''Alî Sharî'atî, sociologue des religions et militant politique de l'opposition à la monarchie pahlavie. Les moudjahidines conjuguent tout à la fois la pensée d'un islam chiite politique, une approche socio-économique marxiste et la revendication d'une société sans classe, ainsi qu'une critique de la domination occidentale et un nationalisme révolutionnaire proche des mouvements de libération nationale du Tiers-monde[32],[33]. Même si les membres fondateurs de l'OMPI s'appuient sur les influences sociologiques de Marx, ils rejettent l'idéologie politique de ce dernier. D’un autre côté, les membres du groupe Peykar, qui se sépare de l’OMPI au début et au milieu des années 1970, se disent marxistes[34],[35]. L'OMPI projette l'image d'une « force islamique tournée vers l'avenir, radicale et progressiste ». Tout au long de la révolution, l'OMPI joue un rôle majeur dans le développement de la « femme musulmane révolutionnaire », présentée comme « l'exemple vivant du nouvel idéal de la féminité »[36].
Sociologie
Une des caractéristiques de l'organisation à ses débuts est que sa base militante est extrêmement jeune. Elle mobilise une nombreuse population étudiante et lycéenne issue de la classe moyenne non fortunée, mais qui a eu accès à l'éducation[32]. Ses membres appartenaient principalement aux cercles intellectuels iraniens, en particulier la classe moyenne salariée, les étudiants, les enseignants, les fonctionnaires et autres professionnels. Selon Ervand Abrahamian, « l'interprétation moderniste de l'islam par l'OMPI a séduit les jeunes instruits qui, tout en restant culturellement attachés à l'islam, ont rejeté ses interprétations cléricales démodées ». Contrairement au gouvernement de Khomeini, l'OMPI a accepté les concepts occidentaux (en particulier dans les sciences sociales)[37].
Les premières années
Les moudjahidines du peuple sont créés en 1965 par trois anciens membres du Mouvement de Libération de l'Iran après l'arrestation des principaux dirigeants du parti[38]. Hanifnejad, Mohsen et Badizadegan ont étudié à l'université de Téhéran, avant d'adhérer au Front National iranien puis au MLI[38].
La brutale répression des manifestations par le régime pousse l'OMPI à se tourner vers la lutte armée. Il s'agit d'un tournant dans l’histoire contemporaine de l’Iran. Avant cette date, il n’y avait jamais eu d’affrontements armés. Les manifestations contre le régime dictatorial du chah étaient toutes pacifiques. Certains militants reçoivent un entrainement militaire dans des camps de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban et en Syrie[26].
Quatre « groupes » spécialisés sont constitués : le « groupe des renseignements »; chargé de recueillir des informations sur des personnalités du régime et les membres de la Savak ; le « groupe d’approvisionnement », qui collecte armes et munitions ; le « groupe des artificiers », chargé de la préparation et du maniement des explosifs ; et enfin le groupe de la « formation militaire », qui assure l’entraînement des membres à la guérilla urbaine. Les moudjahidines doivent être des « révolutionnaires professionnels » et des guerriers polyvalents : « Chaque combattant doit être à lui seul une organisation »[26].
En 1971, elle planifie, lors de la commémoration, en grande pompe, du 2 500e anniversaire de la monarchie, des attaques contre des centrales et des barrages. 35 de ses membres sont arrêtés avant d'avoir pu passer à l'action, et sont jugés en [39]. En août-, 90 % de ses membres sont exécutés, puis trois de ses fondateurs en , à la veille de la visite du président Nixon à Téhéran[30][source insuffisante]. L'organisation avait fait sauter, à l'occasion de la visite du président américain, des bombes contre une dizaine de sites partout en Iran, notamment contre les sièges de multinationales américaines, l’ambassade britannique et le mausolée de Rezâ Khân.
Au cours des années 1972-1980, l’organisation revendique d’autres attaques à l’explosif contre les immeubles de nombreuses sociétés américaines, britanniques et israéliennes, ainsi que des postes de police et des prisons iraniens.
1973 - 1979 : conflits internes et actes de violence du Peykar
En 1973, des membres du l'OMPI devenus marxistes (et qui ont ensuite formé le Peykar) lancent une lutte idéologique interne. Les membres qui ne se convertissent pas au marxisme sont expulsés ou signalés au SAVAK[40]. Ce nouveau groupe marxiste adopte une identité laïque et extrémiste et s'approprie le nom de l'OMPI, tandis que de 1973 à 1979, l'OMPI musulmane survit en partie dans les provinces mais principalement dans les prisons[41],[42].
Quelques mois avant la révolution iranienne, le groupe se nomme Peykar (Organisation de lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière) le [43]. Le , le lieutenant-colonel Louis Lee Hawkins est abattu devant son domicile à Téhéran par deux hommes à moto. En 1975, un officier de l'armée de l'Air iranienne impériale est tué[44]. En , une voiture transportant trois cadres américains de Rockwell International est attaquée et William Cottrell, Donald Smith et Robert Krongard sont tués[45],[46].
Vahid Afrakhteh, membre fondateur de Peykar, avoue les meurtres d'américains et est ensuite exécuté[47],[48],[49]. Bahram Aram et Vahid Afrakhteh appartiennent tous deux au groupe rival (marxiste) Peykar qui a émergé en 1972, et non à l'OMPI (musulmane)[50]. Malgré cela, certaines sources attribuent ces assassinats à l'OMPI. En 2005, le département d'État des États-Unis attribue également à Peykar les assassinats d'américains en Iran. Les Country Reports publiés en indiquent qu'un élément marxiste de l'OMPI a assassiné plusieurs conseillers à la sécurité américains du chah avant la Révolution islamique[51].
Les moudjahidines du peuple participent activement au renversement de la monarchie en 1979. En 1978, l'ayatollah Khomeini revient de son exil français en 1978, mais l'OMPI s'opposent au principe du gouvernement du docteur de la loi islamique et soutiennent le président de la République laïque Bani Sadr[32].
Après la révolution, l'OMPI refuse de laisser le pouvoir à l'ayatollah Khomeini, qui s'empare du pouvoir avec l'aide du clergé chiite. Bien que leur liberté d'action soit de plus en plus restreinte par le gouvernement de la République islamique d'Iran, l'OMPI continue à mener une intense activité politique, dénonçant la réduction de l'espace démocratique et tentant de s'opposer à la mainmise exclusive du clergé chiite sur l'État. Mobilisant d'importantes manifestations d'opposition dans les principales villes, les moudjahidines sont un des seuls partis politiques à présenter des candidats dans tout le pays en vue des élections législatives de 1981[32].
Massoud Radjavi, chef de l'OMPI, fonde à Téhéran avec d'autres figures de l'opposition le Conseil national de la résistance d'Iran (CNRI), qui regroupe les forces d'opposition qui se sont opposées à la dictature du chah mais qui rejettent la théocratie de Khomeini. En , Radjavi quitte Téhéran et s'installe en France[52].
Après 1981
Le , l'OMPI organise une manifestation rassemblant un demi-million de personnes à Téhéran. Cette manifestation est sévèrement réprimée par le gouvernement et le mouvement est déclaré hors-la-loi. Le 28 juin 1981 une bombe explose au siège du Parti de la République islamique à Téhéran, tuant l'ayatollah Mohammad Beheshti ainsi que quatre ministres, six ministres adjoints et un quart du groupe parlementaire du PRI (en tout 74 morts)[26]. La République islamique d'Iran blâme d'abord la SAVAK et le régime irakien. Deux jours plus tard, Khomeini accuse l'OMPI[53],[54]. L'implication de l'OMPI sera également confirmée par un rapport du département d’État des États-Unis[55]. Parmi leurs victimes de haut rang dans les attentats, on retrouve de hauts responsables iraniens, dont le président Mohammad Ali Rajai et le Premier ministre Mohammad Javad Bahonar en 1981 et Mohammad Beheshti, secrétaire général du Parti de la République islamique et chef du système judiciaire de la République islamique. Selon Ervand Abrahamian, la République islamique se sert de l'incident pour cibler l'opposition de gauche et l'OMPI en particulier[56]. Cet attentat marque le tournant à partir duquel le Parti républicain islamique s'approprie exclusivement le pouvoir. L'OMPI, elle, est violemment écartée de la vie publique ainsi que ses membres. Une fatwa est alors énoncée par Khomeini qui déclare les moudjahidines illégaux et les identifie à des monafeghins, « hypocrites en matière de religion »[32].
En , il y a un attentat contre la personne de l'ayatollah Khamenei à la mosquée d'Abouzar à Téhéran[7]. Le 30 août 1981, l'Organisation des moudjahidines du peuple iranien fait exploser une bombe dans le bureau du Premier ministre. Le président Mohammad Ali Rajai, le Premier ministre Mohammad Javad Bahonar et le colonel Vahid Dastgherdi, chef de la police iranienne, sont tués dans cet attentat[26].
Jusqu’à la fin de la guerre Irak-Iran en 1988, des membres du Majles (Parlement), des religieux, des juges ainsi que de simples citoyens accusés de soutenir le régime sont assassinés par les moudjahidines. Ces derniers affirment en avoir tué ou blessé 7 500 « agents du régime » de à [57].
Guerre Iran-Irak
En , Radjavi part pour l'Irak[58]. En effet, l'OMPI développe aussi sa lutte à partir de l'Irak en 1986, où l'organisation crée l'armée de libération nationale d'Iran (ALNI). Disposant un temps d'une réelle capacité militaire, elle mène des opérations d'envergure pour ensuite privilégier l'action subversive. Pendant la guerre Iran-Irak, les forces de l'OMPI attaquent régulièrement les troupes iraniennes le long de la frontière et opèrent plusieurs incursions en Iran[59].
En 1988 après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, l'ALNI tente d'envahir l'Iran, lors de l'opération baptisée « Illumination éternelle » (en persan : Foruq-i Javidan), qui se solde par échec : le groupe est pris dans une embuscade. L'OMPI admettra en 1998 avoir eu 1 304 combattants tués et 1 100 blessés lors de l'opération. Cette offensive déclenche une vague de répression interne de l'OMPI en Iran[60].
L'OMPI a activement participé à la répression du soulèvement des kurdes et des chiites d'Irak en 1991[61],[62],[30],[63],[64].
Au sein des MEK, les plus hautes fonctions militaires sont souvent confiées à des femmes[65].
Lutte armée et répression en Iran
À la fin de la guerre entre l'Iran et l'Irak en 1988, à l'été 1988, Khomeini émet une fatwa visant à l'élimination des moudjahidines du peuple et plus généralement à purger les prisons en supprimant les opposants politiques. Des tribunaux iraniens d'exception ordonnent l'exécution de milliers de prisonniers politiques, dont de nombreux membres des moudjahidines du peuple[32].
Le , les autorités ont isolé certaines prisons et mis les tribunaux en vacances pour empêcher les proches de s'enquérir des nouvelles des détenus, et comme le note Ervand Abrahamian, « ainsi commença un acte de violence sans précédent dans l'histoire iranienne ». Selon le département d'État américain, les « commissions de la mort » responsables des exécutions de prisonniers politiques iraniens en 1988 ont débuté le [66],[67]. Il a été demandé aux prisonniers s'ils étaient prêts à dénoncer l'OMPI devant les caméras, à aider le gouvernement à trouver des membres de l'OMPI et à nommer des sympathisants secrets. Ceux qui donnaient des réponses insatisfaisantes ont été pendus[68]. En 2018, Amnesty International déclare qu'après les exécutions, « la République islamique mène également une campagne continue visant à diaboliser les victimes, à déformer les faits et à réprimer les familles des survivants et les défenseurs des droits humains »[69]. Selon Mohammad Mohaddessin, 30 000 moudjahidines seront exécutés dans les mois qui suivent[70]. Selon l'OMPI, depuis 1981, plus de 120 000 opposants ou sympathisants de l'OMPI ont été exécutés en Iran[70]. Parmi les personnes exécutées figuraient des femmes et des enfants[71],[72]. Amnesty International estime pour sa part le nombre des exécutions à 2 500 à 5 000 pour l'ensemble des factions d'opposition confondues[69]. On peut dire que la présence de l'OMPI en Irak pendant la guerre a minimisé le soutien de la population à l'organisation. Cette affirmation est difficile à prouver en raison de la nature du gouvernement iranien[73]. La République islamique d'Iran est connue pour kidnapper et torturer des membres de l'OMPI et leurs familles[74],[75],[76],[77],[78].
Les services secrets du gouvernement iranien procèdent à l'élimination physique de plusieurs membres du mouvement à l'étranger[79], tandis que l'aviation iranienne bombarde des bases de l'OMPI en Irak en 1997[80].
Des tirs d'artillerie et de missiles balistiques Scud ont également lieu contre le mouvement. L'Iran tira 4 missiles en 1991, 3 en 1994, et une vague de 66 missiles tirés à partir de 17 véhicules de transport et de lancement entre 4 h 15 et 7 h 30 causant des dégâts importants aux localités de Jalula, Al Mansuriyah, Al Khalis, Bagdad, Kut, Amara et Bassora, entraînant la mort de nombreux civils[81].
Malgré cela, l'OMPI parvient à réaliser quelques opérations spectaculaires en Iran, notamment les assassinats d'un responsable provincial chargé de l'éducation, Ali Iranmanesh en février 1987, de l'ancien procureur en chef des tribunaux révolutionnaires Assadollâh Lâjevardi en , de l'ancien chef d'État-major Ali Sayad Shirazi en 1999 est assassiné et des tirs de roquettes sporadiques sur la capitale[26].
Le , l'OMPI lance une vague d’attaques coordonnées contre les missions diplomatiques iraniennes en Allemagne, en Australie, au Canada, au Danemark, aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Norvège, en Suisse et en Suède. À New York, cinq hommes armés de couteaux investissent la mission iranienne aux Nations unies et prennent trois otages[26]. La destruction de 11 oléoducs en Iran a été attribuée à l'OMPI[26]. Le , les moudjahidines tuent à Bagdad deux officiels turcs qu’ils ont pris pour des diplomates iraniens[26].
Le , un attentat contre le mausolée de l'imam Reza fait 25 morts. Il est attribué à l'OMPI et à Ramzi Yousef, membre d'al-Qaïda, par l'Iran, bien que l'OMPI se désolidarise de cet attentat. La revue Middle East International suggère qu'un groupe sunnite pourrait avoir été impliqué[26],[82].
Le , le président iranien Hassan Rohani demande à son homologue français Emmanuel Macron de prendre des mesures contre les activités de l'OMPI basée en France et impliquée selon lui dans les récentes manifestations en Iran[4].
Selon Kenneth Kaltzman et le Telegraph dans les années 2000, c'est le groupe d'opposition politique le plus important et le plus actif d'Iran[83],[84]. En 2021, le Times le qualifie de plus grand groupe d'opposition d'Iran[85].
Assassinat de membres de l'OMPI en dehors de l'Iran
De 1989 à 1993, la République islamique d'Iran commet de nombreux assassinats de membres de l'OMPI. Entre mars et , trois membres de l'OMPI sont assassinés en Turquie. Le , le Dr Kazem Radjavi (membre du Conseil national) est assassiné à Genève. En , un membre du MEK est assassiné à Bagdad[86]. Le régime iranien serait également responsable du meurtre de Kazem Radjavi en 1990[Selon qui ?]. L'OMPI affirme qu'en 1996, une cargaison de mortiers iraniens aurait été destinée à être utilisée par des agents iraniens contre Maryam Radjavi[87].
Camp d'Achraf
Après la chute de Saddam Hussein en 2003, l'armée américaine a d'abord bombardé le camp Ashraf de l'OMPI, en tuant 61 résidents, avant de signer un accord de désarmement avec l'OMPI le . Fondé en 1986[88], le camp d'Achraf est situé à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad et à moins de 80 km de la frontière iranienne. Toutefois, l'armée américaine a pris le contrôle du camp Achraf en , et a ensuite désarmé les moudjahidines du peuple, leur confisquant quelque 2 139 chars, blindés et pièces d'artillerie[89] et les plaçant sous surveillance militaire[90]. Après 16 mois d'enquête, le Pentagone a affirmé qu'aucun des 3 800 membres de l'OMPI situés à Achraf n'était coupable d'infractions aux lois américaines, et les a placés sous le statut de « personne protégée » prévue par la Quatrième convention de Genève (ou Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre)[90].
En , le Conseil de gouvernement de l'Irak (en) a voulu expulser les membres de l'OMPI vers l'Iran, mais a reculé devant l'opposition de Washington[90]. Le Pentagone a officiellement transféré le contrôle du camp de réfugiés au gouvernement irakien le , tout en y conservant une présence militaire[88]. 3 500 Iraniens sont dans ce camp[88], et l'Irak comme les États-Unis ont assuré qu'ils seraient protégés par les Conventions de Genève.
Bien que bénéficiant de certains soutiens parmi les Irakiens (par exemple Saleh al-Mutlaq, chef sunnite du Front national irakien du dialogue[88]), l'OMPI a été critiquée par le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui a déclaré en qu'il ne les expulserait jamais, mais ne permettrait pas pour autant qu'ils utilisent des bases en Irak[88]. Fin , Maryam Radjavi a annoncé que les moudjahidines du peuple étaient prêts à retourner en Iran, en échange de « garanties » de la part de Téhéran concernant leur protection[91]. Al-Maliki a ordonné à l'armée irakienne de prendre de force le contrôle du camp d'Achraf, ce qui a été fait le [92].
Le , 28 personnes ont été massacrées dans le camp Ashraf, puis en 2012, la plupart des personnes ont été déplacées dans le camp Liberty, ne laissant qu'une centaine de personnes sur place, comme « gardiens » des propriétés. Le , de nouveaux combats ont lieu et entre 19 et 52 personnes du camp Ashraf sont tuées, 3 soldats irakiens seraient morts. L'OMPI accuse l'armée irakienne d'être responsable de ces morts ce que le Premier ministre al-Maliki nie[93],[94],[26].
Implication dans le dossier nucléaire iranien
L'OMPI et le CNRI révèlent l'existence du programme nucléaire iranien lors d'une conférence de presse le à Washington. Le représentant de l'OMPI, Alireza Jafarzadeh, déclare que l'Iran mène deux projets top-secrets, l'un dans la ville de Natanz et l'autre dans une installation située à Arak, ce qui est ensuite confirmé par l'Agence internationale de l'énergie atomique[95],[96].
En , NBC News rapporte, sur la base de témoignages de responsables américains, que le Mossad finance, entraîne et arme l'OMPI afin de mener des assassinats ciblés contre des scientifiques nucléaires iraniens. Selon ces sources, cinq scientifiques auraient ainsi été tués depuis 2007, les assaillants utilisant généralement des bombes magnétiques fixées aux véhicules des victimes depuis des motocyclettes. Des membres de l'organisation auraient par ailleurs été formés en Israël. Tandis que l'administration Obama affirme avoir connaissance de la campagne d'assassinats, l'OMPI dément catégoriquement toute participation[97].
En Occident
L'OMPI est inscrite sur la liste noire des organisations terroristes du département d'État des États-Unis de 1997 jusqu'à et sur celle de l'Union européenne de 2002 à . À la suite d'une décision de justice, le Royaume-Uni l'avait désinscrite de sa propre liste en [98].
Certains, dont l'OMPI elle-même, ont lié cette inscription à la politique de rapprochement économique et politique modérée des pays occidentaux avec l'Iran à la suite de l'élection du président Mohammad Khatami en Iran en 1997[99] et même de Mahmoud Ahmadinejad. En 1997, un membre de l'administration Clinton affirmait en effet qu'il s'agissait d'un geste vis-à-vis de Khatami[80] et selon les révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks, le gouvernement britannique aurait déclaré en 2007 qu'il s'agissait de ne pas perturber les négociations sur le dossier nucléaire iranien[100].
L'Union européenne est le premier partenaire commercial de l'Iran et, selon le site Bakchich, les tractations économiques et diplomatiques concernant le programme nucléaire iranien auraient fortement influencé la décision de l'UE et de Washington de classer l'OMPI en tant qu'organisation terroriste[101]. En interrogeant le ministre français des Affaires étrangères en à propos de la politique française vis-à-vis de l'OMPI, le sénateur PS Jean-Pierre Michel déclare :
« Le gouvernement est dans une situation assez paradoxale vis-à-vis du régime iranien. Il compte parmi ses rangs une secrétaire d'État chargée des droits de l’homme et rend service à un régime qui, on le sait, ne cesse de bafouer les droits de l’homme. En soutenant un régime qui applique la peine de mort de façon intensive et fait exécuter sur la place publique des femmes, des jeunes gens et des enfants, un régime qui ne reconnaît aucune liberté publique, nous faisons fausse route, même si nous partageons des intérêts commerciaux avec ce pays[102] ! »
L'OMPI et le CNRI ont mené une campagne auprès de l'Europe et les États-Unis pour sortir l'OMPI de la liste des organisations terroristes. Au Congrès à Washington, l'OMPI peut compter sur la campagne très active des lobbyistes en faveur du retrait, moyennant de gros budgets[103].
En , la Commission des Relations extérieures et de la Défense du Sénat belge a adopté une résolution visant le gouvernement belge « à examiner, dans le cadre de l'UE, s'il est justifié, sur la base de toutes les informations pertinentes actualisées, de continuer à mentionner l'OMPI sur la liste des organisations terroristes »[104].
Le , la Cour européenne du Luxembourg a soutenu qu'il n'y avait aucune justification pour inclure le lOMPI dans la liste terroriste de l'UE. L'OMPI a été retirée de la liste des organisations terroristes de l'UE le , devenant la première organisation à en avoir été retirée[105] après une longue bataille juridique et une condamnation des États européens par la Cour de justice des communautés européennes (CJCE). La décision a été prise par les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles[106],[107].
L'organisation bénéficie du soutien de Howard Dean, président du Parti démocrate américain de 2005 à 2009, Louis Freeh, ancien directeur du FBI, James L. Jones, conseiller à la sécurité de Barack Obama, Wesley Clark, ancien des Forces armées américaines, José María Aznar, ancien Premier ministre espagnol, John R. Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Rudy Giuliani, maire de New York et Newt Gingrich, ancien président de la chambre des représentants[103]. Ces personnalités seraient grassement rémunérées pour afficher leur soutien à l'organisation : en , le Wall Street Journal révèle que Wesley Clark et Rudy Giuliani ont reçu entre 25 000 et 40 000 dollars pour soutenir l'OMPI[103],[108].
La secrétaire d'État des États-Unis annonce en que le groupe sera retiré de la liste des organisations terroristes du Département d'État[109],[110]. Le , les États-Unis retirent officiellement l'OMPI de leur liste noire des organisations « terroristes »[111].
En , l'ancien Premier ministre canadien Stephen Harper participe à une conférence de l'OMPI en Albanie[112].
En France également, des députés, sénateurs et anciens ministres soutiennent les moudjahidines du peuple[4]. Une intervention d'environ 15 minutes est rémunérée 12 500 euros[4].
En , une manifestation se déroule à Paris, organisée par le groupe, à laquelle participent 3 500 personnes. L'objectif principal de la manifestation était de se mobiliser contre la répression des protestations en Iran, survenue après le décès de Mahsa Amini[5],[113],[114],[115].
En Espagne, l'organisation attribue d'importants financements au parti espagnol d'extrême droite Vox[110].
L'OMPI possède par ailleurs des liens étroits avec l'Arabie saoudite. Les rassemblements de l'organisation accueillent souvent des intervenants pro-saoudiens et parfois même des responsables saoudiens comme Turki al-Fayçal, membre de la famille royale et ancien chef des services de renseignement du régime[55].
Bien que marxiste à ses débuts, l'organisation insiste aujourd'hui sur le respect de la propriété privée et de l'économie de libre marché, apparemment afin de répondre aux préoccupations des gouvernements occidentaux quant à son idéologie[55]. Elle se déclare apolitique[103].
Opérations de l'Iran contre l'OMPI en Europe
Le , la police belge arrête Amir Saadouni et Nasimeh Naami pour « tentative d'assassinat terroriste et préparation d'un acte terroriste » contre un rassemblement de l'OMPI en France. Le couple est retrouvé avec un demi-kilo d'explosifs TATP et un détonateur. La police arrête également Asadollah Asadi, un diplomate iranien en poste à Vienne. Les procureurs allemands (juridiction où Assadi est arrêté) accusent Assadi « d'activité en tant qu'agent étranger et de complot en vue de commettre un meurtre en contactant le couple et en leur donnant un appareil contenant 500 grammes de TATP ». Les procureurs déclarent qu'Asadi est membre du service du ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité, une organisation qui se concentre sur « la lutte contre les groupes d'opposition à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iran »[116],[117],[118]. En , Assadi est condamné en Belgique à 20 ans de prison, Nasimeh Naami, à 18 ans et Amir Saadouni à 15 ans de prison[119],[120],[121].
Fonctionnement de l'OMPI
Basée en France, l'OMPI est dirigée depuis 1989 par Maryam Radjavi qui se fait appeler « Soleil de la révolution » par les membres de l'organisation[122],[123]. À la suite des perquisitions effectuées au QG de l'OMPI en France, par la justice française le 17 juin 2003, plusieurs membres de l'OMPI se sont immolés en guise de protestation[124].
Iraj Mesdaghi, ancien membre de l'OMPI, la décrit comme une secte. Selon lui, les membres sont tenus de subordonner toute affection personnelle — envers un conjoint, une mère ou des enfants — à la figure du dirigeant Massoud Radjavi. Il décrit une obéissance absolue exigée des membres : le membre doit transmettre ce qu'on lui donne sans rien ajouter ni retrancher, sans possibilité de questionnement. Il attire également l'attention sur la situation des membres confinés dans un complexe en Albanie, où leur absence de statut de réfugié les place sous la dépendance totale de la direction[125].
Dans un rapport de [126], Human Rights Watch a souligné les mauvais traitements que l'OMPI aurait fait subir à ses membres dissidents, allant "de la détention prolongée au secret et de l'isolement cellulaire à des passages à tabac, des abus verbaux et psychologiques, des aveux obtenus par la force, des menaces d'exécution et des tortures qui dans certains cas ont entrainé la mort"[110]. En , deux parlementaires européens André Brie et Paulo Casaca[127] du groupe « Friends of a Free Iran »[128] se rendent sur la base d'Achraf de l'OMPI en Irak et publie un rapport qui rejette les accusations de HRW[129].
Dans un nouveau rapport publié en 2006[128], HRW rejette les critiques des Moudjahidines du peuple et de « Friends of a Free Iran », qui accusaient ses témoins d’être « manipulés par les gardiens de la révolution ».
L'OMPI dépense de fortes sommes d'argent en lobbying, que ce soit pour se payer des services d'entreprises spécialisées aux États-Unis, pour obtenir le soutien de personnalités politiques ou pour mettre en place d'autres actions de communication. L'OMPI déclare être financé uniquement par des dons d'Iraniens, vivant en Iran ou en exil. Cette affirmation est mise en doute par de nombreux experts. Ainsi, Bernard Hourcade met en avant les fonds versés par l'État irakien sous Saddam Hussein (quand l'Irak était en conflit avec l'Iran) et le réseau d'espionnage de l'Iran par l'OMPI dont bénéficierait les pays occidentaux et Israël[103].
Campagnes de renseignement contre l'OMPI
Le régime du chah a mené une campagne de propagande contre l'OMPI, l'accusant « de mener des actes subversifs à la demande de leurs clients étrangers » et affirmant que « les fusillades et les attentats à la bombe ont causé de lourdes pertes parmi les passants et les civils innocents, en particulier des femmes et des enfants ». Il a également obtenu des « aveux publics » accusant d'anciens collègues de crimes, notamment de promiscuité sexuelle. Le régime a affirmé que les MEK étaient des « incroyants se faisant passer pour des musulmans » et a utilisé le terme coranique « monafeqin » (hypocrites) pour les décrire. [130]
Le Parti de la république islamique a ensuite utilisé bon nombre des mêmes tactiques, qualifiant l'OMPI d'« hypocrites marxistes et d'« électeurs » contaminés par l'Occident, et de « terroristes contre-révolutionnaires » collaborant avec les baathistes irakiens et les impérialistes ».[130] Après l'explosion d'une bombe au sanctuaire de l'Imam Reza à Mashhad en 1994, qui a tué 25 personnes et blessé au moins 70 personnes, le régime iranien a immédiatement blâmé l'OMPI. Un mois après l'attaque, un groupe sunnite se faisant appeler Al-haraka al-islamiya al-iraniya a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Malgré cela, le gouvernement iranien a continué de tenir l'OMPI pour responsable des deux attaques[131].
La République islamique d'Iran a kidnappé et torturé des membres de l'OMPI et leurs familles[132],[133]. Un rapport de la bibliothèque américaine de la Division fédérale de recherche du Congrès décrit comment le Vevak recrute d'anciens membres de l'OMPI et « les utilise pour lancer une campagne de désinformation contre l'OMPI »[134]. Un rapport du Service général du renseignement et de la sécurité déclare qu'une des tâches du ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité est d'identifier ceux qui sont en contact avec des groupes d'opposition à l'étranger. Les partisans du plus grand groupe d'opposition, l'OMPI, sont particulièrement surveillés. Le rapport indique également que les responsables du régime iranien font pression sur les pays occidentaux pour qu'ils interdisent l'OMPI afin de « déstabiliser l'organisation et diaboliser l'OMPI dans le pays hôte et ainsi mettre un terme à ses activités politiques et sociales »[135],[136].
En , le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSCOC) a diffusé un rapport faisant état de certaines déclarations inexactes, en particulier d'allégations selon lesquelles l'OMPI aurait collaboré avec les Forces armées du gouvernement irakien afin de participer à des attaques contre le peuple kurde en 1991[137] Toujours selon le PDK (Parti démocratique kurde) et l'IPC (Iran Policy Committee), l'OMPI n'a pas été impliquée dans la répression des Kurdes[138],[139].
Perception de l'OMPI en Iran
En Iran, l'organisation est largement impopulaire et discréditée du fait de son soutien à l'offensive irakienne sur l'Iran dans les années 1980 et ses méthodes terroristes[26],[20],[140],[141].
Le chercheur français Bernard Hourcade indique que l'OMPI ne dispose plus d'aucune base de soutien au sein de la société iranienne : « C'est une force virtuelle qui fascine les Occidentaux mais sans aucune place dans le jeu politique iranien actuel. Leur alliance avec l'ennemi irakien, les Iraniens ne l'ont pas oubliée. Le problème c'est que leur action discrédite les forces démocratiques du pays »[103].
Selon Raymond Tanter, un universitaire et ancien membre de l’administration Reagan proche de l'OMPI[55],[142], la popularité de l'OMPI peut être mesurée à travers les déclarations du gouvernement iranien. Citant des recherches menées par ses étudiants à l'Université de Georgetown, Tanter a déclaré que le gouvernement iranien mentionnait sans cesse l'OMPI[143],[103].
Dérives
Culte de la personnalité
L'OMPI observe un culte de la personnalité envers ses dirigeants. Massoud Radjavi doit être appelé officiellement « Guide » mais peut aussi être nommé « l'Imam du temps », par référence au sauveur attendu du chiisme. Son épouse et successeure, Maryam Radjavi, déclare : « Ceux qui doutent de l'existence de Dieu peuvent être pardonnés car Dieu n'est pas tangible, mais ceux qui doutent du fait que Massoud Rajavi est un être exceptionnel ne seront pas pardonnés, car Rajavi est présent et on peut le rencontrer »[26].
Après l'arrestation de Maryam Radjavi en 2003 certains de ses sympathisants ont tenté de s’immoler à Paris, Londres et Berne[65].
Purges internes
Des purges sont menées au sein de l’organisation entre 1994 et 1995 à l’encontre des membres « soupçonnés de nourrir des opinions divergentes »[65].
Sectarisme
En 1989, Maryam Radjavi est officiellement nommée « première autorité » de l’organisation. Selon divers témoignages, c’est à ce moment que commence la « transformation » du mouvement, qui se met à exercer « toutes sortes de pressions psychologiques » sur la cellule familiale. Les couples sont contraints de divorcer - les liens familiaux desserviraient la lutte - et les combattants doivent se livrer à des séances publiques d’autocritique. À partir du début des années 2000, une fois par semaine, chacun doit décrire ses fantasmes sexuels. Les liens d'amitié sont presque interdits[65].
L'organisation recrute aussi des enfants soldats pour combattre le régime iranien. Les recrues, souvent les enfants de moudjahidines, sont séparées de leurs parents et soumis à un endoctrinement[65].
Pierre de Bousquet de Florian, chef de la direction de la surveillance du territoire (DST) dans les années 2000, parle d'une organisation de type « terroriste », « sectaire » et au fonctionnement « autocratique », qui « s’est toujours apparentée à des mouvements du type Khmers rouges »[65].
Une étude de 2009 menée par le groupe de réflexion proche de l’armée américaine RAND Corporation qualifie le mouvement de « sectaire », dont « la plupart des “recrues” ont été introduites illégalement en Irak ». « Prises au piège » dans ce pays après la confiscation de leurs papiers d’identité, elles sont soumises à une discipline de type militaire, à une stricte séparation des sexes, et doivent observer une « dévotion quasi religieuse envers les Radjavi »[26].
Films et séries documentaires
- Un culte qui serait une armée: Culte du caméléon, documentaire de 2007 d'Al Jazeera réalisé par Maziar Bahari
- Le Monde étrange des moudjahiddines du peuple, documentaire de 2012 du BBC World Service réalisé par Owen Bennett-Jones et produit par la société Wisebuddah. Il a remporté le prix du meilleur rapport d'enquête de New York en 2013.
- Camarades en armes (Le camp d'Achraf en Irak est devenu un harem pour le leader), 2014 documentaire télévisé.
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Voir aussi
Bibliographie
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- Mehdi Abrichamtchi, Iran. Moudjahidines du peuple : la résistance aux ayatollahs, Jean Picollec, (ISBN 2-86477-200-0)
Articles connexes
Liens externes
- (fa + en + ar) Site officiel de l'OMPI
- (fr + ar + de + en + it) Site officiel du Conseil national de la Résistance iranienne