Mode 2
Mode 2, né en 1967 à l'île Maurice (Maurice britannique), est un graffeur et illustrateur britannique. Il se fait connaître à Paris à partir du milieu des années 1980 pour ses lettrages et ses personnages, et devient parmi les figures importantes du graffiti parisien. Il signe plusieurs pochettes et logos de la scène rap française.
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Britannique |
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Biographie
modifierMode 2 naît à l'île Maurice en 1967[1],[2]. Sa langue maternelle est le français, et il apprend l'anglais à l'école[2]. Après l'indépendance de Maurice, ses parents conservent leur passeport britannique ; son père s'installe en Angleterre en 1973, sa mère en 1975[2], et lui-même les rejoint dans le sud de Londres en 1976[1],[2].
Influencé par le film Star Wars, le film Le Seigneur des anneaux de Ralph Bakshi et les jeux de rôle, il se forme par la lecture de bandes dessinées et de science-fiction[1],[2]. À la fin du secondaire, il découvre la scène hip-hop de Covent Garden et, grâce à son habileté au dessin, peint des toiles et personnalise les vestes de ses amis[1].
Fin 1983, après la lecture d'un article dans Sounds, il se lance dans le graffiti[2]. Il prend rapidement sa place dans ce monde naissant, passe à la bombe aérosol et au marqueur, et rejoint l'un des premiers crews du Royaume-Uni[1]. Il se fait remarquer par le graffeur parisien Bando, venu défier à Londres les tagueurs locaux. Mode 2 fait ensuite son premier voyage pour peindre en France en mai 1985[2].
Il devient alors parmi les graffeurs les plus importants du monde du graffiti parisien, aux côtés de Skki, Spirit, Psyckoze, Lokiss ou Boxer[2],[3]. Il cofonde les Chrome Angelz en 1985[1], dont il est membre aux côtés de Bando, Pride, Zaki et Scribla[4]. Après quelques allers-retours entre la France et l'Angleterre, il s'établit à Paris en 1987[5],[2]. La même année, une de ses œuvres figure sur la couverture du second livre de Henry Chalfant, Spraycan Art[1]. Il est membre du crew 93 NTM[6]. Amateur de musique comme de danse hip-hop, il nourrit son inspiration en suivant les artistes de ce mouvement et participe graphiquement à des battles et autres rassemblements à travers l'Europe et au-delà jusqu'en 1989. Il accepte alors de nombreuses commandes pour subvenir à ses besoins, ce qui est l'occasion pour lui d'expérimenter de nouvelles techniques de peinture[1]. Présenté à Pierre Buffin, spécialiste des images de synthèse, il est embauché dans sa société Buf Compagnie[2].
En 1990, il signe avec Jean-Baptiste Mondino la pochette de la première compilation de rap français Rapattitude[7],[2]. Il dessine également le logo du groupe Suprême NTM, celui des Nèg' Marrons, puis celui du Saïan Supa Crew[2]. Il réalise plusieurs commandes pour ce dernier groupe[5]. En 2001, il conçoit la campagne graphique de presse et de point de vente des saisons printemps-été pour Carhartt[5]. Il participe par ailleurs au Battle of the Year, événement international annuel de breakdance, dont il réalise l'ensemble des visuels promotionnels et au comité duquel il siège, menant des recherches sur l'évolution de cette discipline[5]. Durant les années 2020, il vit à Berlin[2].
Œuvre
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Il puise son inspiration dans le hip-hop et le graffiti[5]. Les personnages, présents dès ses premières fresques, parcourent l'ensemble de son travail ; il est connu pour régulièrement représenter des femmes dans ses œuvres[1]. Durant les années 2000, il emploie le crayon, la peinture acrylique et, de plus en plus, l'ordinateur pour réaliser des illustrations plus détaillées[5].
Durant les années 2010, il crée moins dans la rue qu'auparavant, mais ses graffs, comme ses personnages emblématiques, s'étendent sur des formats de plus en plus grands dans les villes et les galeries[1]. Certaines de ses œuvres sont exposées dans des musées[1]. Il cherche à transmettre la dynamique du lettrage des tagueurs, celle des danseurs et des artistes hip-hop dont il se réclame[1]. Le plus souvent réalisées sur toile, papier ou carton, ses œuvres conservent l'esprit de ses débuts, mais, pour des raisons de santé, il recourt de moins en moins à la peinture aérosol[1].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Catz 2014, p. 226.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Stéphanie Binet, « Mode 2, le virtuose du graffiti », sur Le Monde,
- ↑ Blondeau 2016, p. 21.
- ↑ Ben Yakhlef et Doriath 1991, p. 124.
- 1 2 3 4 5 6 Hyland et Bell 2003, p. 50.
- ↑ Ben Yakhlef et Doriath 1991, p. 122.
- ↑ Blondeau 2016, p. 39.
Voir aussi
modifierBibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Tarek Ben Yakhlef et Sylvain Doriath, Paris tonkar, Florent Massot, (ISBN 978-2-908382-09-9).
. - Thomas Blondeau, Hip-hop : Une histoire française, Tana, , 191 p. (ISBN 979-10-30101-39-3).
. - (en) Jérome Catz (trad. du français), Talk About Street Art, Flammarion, (1re éd. 2013), 256 p. (ISBN 978-2-08-020196-6).

- (en) Henry Chalfant et James Prigoff, Spraycan Art, Londres, Thames & Hudson, , 96 p. (ISBN 978-0-500-27469-9).
- (en) Angus Hyland et Roanne Bell, Hand to Eye : A Survey of Contemporary Illustration, Laurence King Publishing, (ISBN 9781856693394).

Liens externes
modifier- (en) Site officiel
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à l'audiovisuel :