Montpelliérais
Le Montpelliérais[1] est une région naturelle de France située dans l'est du département de l'Hérault, autour de la ville de Montpellier. Il s'agit d'une région constituée d'une importante plaine côtière et d'un paysage de collines et de piémont, à l'extrémité méridionale du massif central. Territoire viticole et de garrigue, il est délimité essentiellement par la vallée de l'Hérault à l'ouest, la mer Méditerranée au sud et le Vidourle et la Camargue à l'est. Ce territoire correspond à peu près à celui du sous-dialecte occitan local, le montpelliérain, à la jonction entre le languedocien et le provençal. Ce sous-dialecte était un des plus employés depuis la fin du XIXe siècle par des auteurs importants, parmi lesquels Jean-Baptiste Fabre, Pierre Azéma, François Dezeuze, Max Rouquette et Jean-Frédéric Brun.
| Montpelliérais | |
| Pays | France |
|---|---|
| Région française | Occitanie |
| Département | Hérault |
| Villes principales | Montpellier Castelnau-le-Lez Lattes Villeneuve-lès-Maguelone Mauguio |
| Coordonnées | 43° 37′ 59″ nord, 3° 50′ 24″ est |
| Cours d'eau | Hérault Lez Étangs palavasiens |
| Flore remarquable | Flore méditerranéenne (garrigue, pinède) |
| Production | Viticulture |
| Régions naturelles voisines |
Biterrois Pays de Thau Petite Camargue Costières Garrigues Larzac |
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|
Localisation
modifierLe Montpelliérais est traditionnellement opposé au Biterrois, faisant naître une opposition entre l'Est et l'Ouest du département de l'Hérault, entre Montpellier et Béziers. Cette différence s'exprime par exemple au niveau des pratiques sportives : le Biterrois est une terre de rugby à XV, tandis qu'à l'est du département le football est plus largement pratiqué. Le Montpelliérais jouit du dynamisme de l'ancienne capitale régionale, donnant une image de Biterrois délaissé par comparaison. Entre ces deux entités géographiques, le fleuve Hérault joue approximativement le rôle de frontière.
Géographie
modifierAu sud, le Montpelliérais est constitué des étangs palavasiens, une série d'étangs côtiers liés entre eux constituant un complexe lagunaire. Ils s'étendent depuis les communes de Pérols (au nord) jusqu'à Frontignan (au sud) ; le site tire son nom de la commune de Palavas-les-Flots située entre les deux principaux étangs. Ce complexe lagunaire de plus de 5 000 hectares, présente une mosaïque de milieux naturels doux, saumâtres et salés, d'une grande richesse écologique. Il est constitué de 7 étangs principaux traversés par le canal du Rhône à Sète ainsi que d'autres petits étangs faisant partie d'une vaste zone humide. À l'origine, il n'existait qu'une seule lagune qui s'est progressivement divisée en raison du comblement sédimentaire naturel ainsi que des aménagements anthropiques.
Histoire
modifierSi l'histoire du Montpelliérais est évidemment dominée par l'expansion de la ville de Montpellier depuis sa naissance à la fin du Xe siècle, elle fut auparavant liée à celle de petites villes voisines qui étaient les lieux de peuplement principaux : Murviel-lès-Montpellier à l'époque romaine, Castelnau-le-Lez qui fut un temps capitale politique au haut Moyen Âge, Villeneuve-lès-Maguelone qui fut ensuite la capitale locale en tant que ville de l'évêque, enfin Mauguio qui fut capitale du comté. Cependant, aucune de ces villes n'eut une importance considérable, contrairement à Montpellier[2].
Avant Montpellier
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Vers 700 av. J.-C., une première population s'installe sur le plateau dominant le Lez. À partir d'un relais sur la route de l'Italie à l'Espagne[Quoi ?], les Romains en font la cité de Sextantio sur la via Domitia. Avec le temps, son nom devient Substantion et la ville accueille pendant trois siècles les évêques de Maguelone. Un château domine alors la rive gauche du Lez : le Castellum Novum. Au cours du XIIe siècle, la cité perd de son influence en devenant une possession des seigneurs de Montpellier.

La colline du Castellas est occupée au moins depuis le IIe siècle av. J.-C. (oppidum d'Altimurium). À la fin du Ier siècle av. J.-C., la localité s'étendait sur 30 hectares. En face se trouvait un sanctuaire gallo-romain récemment découvert[3].
Face au site antique d’Altimurium, le castrum (village fortifié) de Murviel est édifié autour d’un château fort datant du XIe et XIIe siècles mais vraisemblablement établi sur des vestiges antérieurs (présence de tombes) peut-être du haut Moyen Âge. Appartenant à un certain Aeneas mentionné dans le cartulaire de Gellone en 1107, le château passe ensuite aux mains d’une famille seigneuriale, les Aton (ou Athon), vassale des Guilhem, seigneurs de Montpellier qui cherchaient alors à exercer leur pouvoir sur tous les territoires à l’ouest de Montpellier afin d’étendre leur seigneurie et garantir leur sécurité jusqu’à la vallée de l’Hérault.
La ville de Melgueil a eu, pendant plusieurs siècles, une importance politique et économique non négligeable, possédant une monnaie qui avait cours dans tout le Languedoc : le denier melgorien. Elle était au Moyen Âge le chef-lieu d'une puissante famille de comtes et était bâti sur une motte castrale (encore visible dans le centre-ville de nos jours)[4]. Les comtes de Melgueil débuteraient avec un homme germanique Malgeriu[5], ils étaient suzerains du territoire de la région de Montpellier, dont le chef-lieu était à l'origine Maguelone. Ils se fondirent dans les familles des comte de Provence. L'un des plus éminents membres de cette famille est Pons de Melgueil, septième abbé de Cluny, successeur de saint Hugues de Semur. Son abbatiat (1109-1126) marque l'apogée de la puissance de Cluny. Il construit les parties hautes de l'abbatiale Cluny III, développe une intense activité diplomatique auprès des papes Pascal II, Gélase II (mort à Cluny) et Calixte II (élu à Cluny et bourguignon). Il jouera notamment un rôle important dans la conclusion du Concordat de Worms, de l'instauration du pèlerinage de Compostelle.
Dans les années 2010, des fouilles archéologiques ont permis de mieux connaître la vie des paysans du haut Moyen Âge sur ce site; a notamment été mise au jour une grande zone d'ensilage, comptant environ 550 silos permettant le stockage de céréales, notamment. Les terres agricoles servaient à la culture, l'élevage ou l'ensilage ; parmi le réseau de celles-ci, des espaces accueillent des sépultures. Les habitations du haut Moyen Âge étaient groupées en hameaux. Le déclin du hameau situé près du site de Lallemand coïncide avec le développement du bourg de Mauguio, au Xe siècle[4].
De ce passé médiéval, il ne reste que la motte castrale[6], la plus grande du Sud de la France conservée en l'état, inscrite au titre des monuments historiques[7],[8] et la maison de la Galinière du XIVe siècle.
Maguelone est un lieu d'origine gauloise[9], des vestiges romains et étrusques ont été mis au jour lors des fouilles.

Ce fut une ancienne cité occupée par les Wisigoths à partir du Ve siècle. En raison de sa position sur un cordon sableux, entre une lagune et la mer, facile à défendre contre les attaques terrestres, l'île devint le siège d'un évêché. Après avoir été la proie des Sarrasins au début du VIIIe siècle, ce dernier fut ruiné lors de la reconquête des Francs en 737. La ville actuelle de Villeneuve-lès-Maguelone a débuté à la même époque sur le continent. Les évêques se réfugièrent sur le site de Substantion qui a aujourd’hui disparu. Maguelone fut relevée par l’évêque Arnaud (1030-1060). En 1172, le comté de Melgueil passa aux mains de la maison de Toulouse. Le privilège de frappe de monnaie (appelée sou melgorien) appartenait aux comtes de Melgueil qui, ruinés, cédèrent leurs droits au pape Innocent III, qui les inféoda à l’évêque Guillaume III d’Autignac (1204-1216) le . Dès lors, le comté de Melgueil fut aux mains des évêques de Maguelone. Ces évêques durent faire face à la montée de la maison d’Aragon qui venait d’entrer en possession de Montpellier. À partir de 1293, Philippe le Bel installa un atelier à Sommières, qui sera déplacé à Montpellier en 1356. La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style roman, fortifiée, est classée Monument historique. Le siège épiscopal fut transféré en 1536 à Montpellier.
L'essor de Montpellier
modifierLes origines
modifierLe site de Montpellier est constitué de quelques collines dans la plaine languedocienne, qui n'ont rien de particulier si ce n'est leur situation : sur la route entre Castelnau et Maguelone, à proximité du Lez, à proximité des principales routes terrestres régionales depuis la romanisation, elles occupent une position assez centrale. Mais à la fin du Xe s., il n'y avait là qu'une exploitation agricole sans importance particulière[10].
Comment, en à peine 200 ans, est née une ville majeure à cet endroit ? Les détails resteront toujours inconnus, mais les dynamiques nous les connaissons : un chevalier, membre d'une famille seigneuriale originaire probablement du Lodévois, acquiert l'espace entre le Lez et la Mosson en 985. Lui et ses descendants ne ménagent pas leurs efforts pour attirer des populations : conditions fiscales avantageuses, développement maximal du commerce, soutien à l'artisanat, ouverture à toutes les populations quelles que soient leurs origines... L'essor du pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, l'essor du commerce du sel ont joué un rôle important également. Peu à peu, des gens s'installent, les activités se diversifient, la ville grandit[2].
L'ampleur du développement de la ville est surprenant. Il ne lui a fallu que 300 ans pour naitre et grandir jusqu'à devenir la 2e plus grande ville du territoire français actuel. Un tel essor n'a peut être d'égal, à l'époque, que celui de Venise[10].
Montpellier, ville majeure en France
modifierA partir de 1190 environ, Montpellier est une ville majeure en France, comptant environ 10 000 habitants, et son essor est loin d'être terminé. Elle prospère grâce au grand commerce méditerranéen via son port de Lattes et son port fluvial sur le Lez (épices...), à son artisanat d'importance locale ou internationale (draperie rouge), sa vie culturelle (présence de communautés de toutes les religions du Livre, écoles de droit et de médecine, troubadours...). Montpellier à cette époque devient une possession aragonaise et ses dynamiques sont davantage tournées vers le sud que vers le nord[10].
Dans les années 1300, avec 35 000 à 40 000 habitants, Montpellier est probablement la 2e ville de France en taille, peut être de taille équivalente à Rouen. Son grand commerce est à son apogée[11].
Depuis cette époque, la ville a une forte influence sur la région.
Économie
modifierCatégorie associée : Économie dans l'Hérault.
Agriculture
modifierViticulture
modifierLe vignoble est très ancien et date d'avant la fondation de la Gaule narbonnaise. Après avoir privilégié la productivité au cours du XIXe et au début du XXe siècle, les vignerons héraultais ont réalisé que leur salut viendrait de la qualité. Les rendements ont donc été réduits, l'encépagement modifié et un fort investissement dans du matériel de pointe a été effectué. Désormais, leurs vins rivalisent avec les plus grands crus français[12],[13].
Oléiculture
modifierLa Violette de Montpellier est une variété d'olive du Languedoc, localisée plus spécialement dans le bassin de Montpellier. C'était une variété en voie de disparition reconnue par Marc Rozier[14].
Notes et références
modifier- ↑ Frédéric Zégierman, Le guide des Pays de France : Sud, Fayard,
- 1 2 Rémy Pech, Histoire de Montpellier, Privat, Toulouse, 2014
- ↑ Découverte d’un sanctuaire gallo-romain à Murviel-lès-Montpellier, Inrap, 5-13 avril 2017.
- 1 2 « Actualité | À Mauguio, une fouille archéologique fait ressurgir la vie des paysans du haut Moyen Âge », Inrap, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ D'après Franck Hamlin
- ↑ Claude Raynaud, « Une fortification de terre languedocienne d’ampleur exceptionnelle, la motte du castrum de Mauguio (Hérault) », Patrimoines du Sud, no 10, (ISSN 2494-2782, DOI 10.4000/pds.2918, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Notice no Inscription de la motte féodale et du jardin de la Motte, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Le jardin de la Motte sur le site officiel de la mairie
- ↑ magalona = grand prince, selon le Dictionnaire de la langue gauloise de Xavier Delamarre (ed. Errance (ISBN 978-2-87772-369-5))
- 1 2 3 Sous la direction de Christian Amalvi et Rémy Pech, Histoire de Montpellier, Toulouse, Privat, , 925 p. (ISBN 978-2-7089-8363-2)
- ↑ Michel Zink (dir.), Claude Gauvard, Dictionnaire du Moyen Age, Paris, PUF, , 1598 p.
- ↑ ADT Hérault., « Transformation qualitative de la viticulture dans l’Hérault. » [archive du ], sur www.adt-herault.fr (consulté le )
- ↑ Département de l'Hérault, « Le soutien aux filières », sur herault.fr (consulté le )
- ↑ Rozier 2002, p. 215-216, auteur de la découverte et de la description, oliveraie Roucaute de Villeveyrac