Ours à lunettes

espèce de mammifères

Tremarctos ornatus

Tremarctos ornatus
Description de cette image, également commentée ci-après
Un ours à lunettes au Zoo de Schönbrunn, en Autriche.
0.02–0 Ma
1 collection
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Infra-classe Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ursidae
Sous-famille Tremarctinae
Genre Tremarctos

Espèce

Tremarctos ornatus
(F. G. Cuvier, 1825)

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 04/02/1977

Statut de conservation UICN

( VU )( VU )
VU A3c+4c : Vulnérable

Répartition géographique

Description de l'image Tremarctos ornatus distribution.svg.

Tremarctos ornatus, l’Ours orné, mais plus communément désigné sous le nom d’Ours à lunettes, et moins communément sous ceux d’Ours de la cordillère ou Ours des Andes, est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Ursidés. Il s’agit du seul représentant actuel du genre Tremarctos, ainsi que de sa sous-famille des Tremarctinae, et du seul de sa famille qui est indigène d'Amérique du Sud.

C'est un ursidé de taille moyenne au pelage généralement noir à brun foncé, caractérisé par des marques faciales beiges ou blanchâtres très variables qui entourent souvent les yeux et le museau sous la forme de « lunettes ». L'espèce présente un fort dimorphisme sexuel, les mâles pesant en moyenne le double des femelles. Son anatomie est marquée par un crâne court et haut, une denture adaptée au broyage de végétaux coriaces, ainsi que des membres antérieurs allongés dotés d'un « faux-pouce » sésamoïde et de griffes non rétractiles facilitant la locomotion arboricole.

Endémique de la cordillère des Andes et de ses piémonts, son aire de répartition s'étend du Venezuela à la Bolivie en passant par la Colombie, l'Équateur et le Pérou. Il fréquente une grande variété d'habitats, depuis les zones côtières semi-arides jusqu'aux steppes de haute altitude (páramo et puna) à plus de 4 700 m, avec une préférence pour les forêts de nuages humides de montagne. Non hibernant, solitaire et principalement diurne, il grimpe avec agilité et construit souvent des plateformes de branches dans les arbres pour s'abriter et s'alimenter.

Après le panda géant, il est l'ursidé actuel au régime le plus herbivore, la viande ne représentant que 5 à 7 % de son alimentation. Il consomme principalement des cœurs de broméliacées, des fruits, des feuilles et noix de palmiers et des bambous, tout en complétant son bol alimentaire avec de petits invertébrés, des rongeurs, des charognes ou occasionnellement des vertébrés plus grands. Ce comportement lui confère un rôle écologique d'espèce clé de voûte en tant que disperseur majeur de graines. L'espèce est polyœstrienne et présente une implantation différée, donnant naissance dans une tanière à un ou deux oursons qui restent avec la femelle pendant près de deux ans.

L'ours à lunettes est classé comme « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l'UICN et figure en annexe I de la CITES. Ses populations sauvages, estimées entre 13 000 et 18 000 individus, sont menacées par la déforestation, l'expansion agricole et minière qui fragmente son habitat, ainsi que par le braconnage et les conflits avec les éleveurs. Des programmes de conservation régionaux œuvrent à la protection des massifs résiduels et à la mise en place de corridors biologiques pour assurer le déplacement fluide de ses populations dans son habitat naturel.

Dénominations

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Étymologie

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Tremarctos ornatus est communément appelé « ours à lunettes », en raison des marques claires sur son poitrail, son cou et sa face qui peuvent évoquer des lunettes chez certains individus ; il est également nommé « ours de la cordillère » ou « ours des Andes » en raison de sa répartition le long de la cordillère des Andes.

Sur le plan taxinomique, le nom scientifique se décompose ainsi :

  • Le nom de genre Tremarctos est composé du grec ancien τρῆμα (trēma), « trou » ou « orifice », et de ἄρκτος (arktos), « ours »[20], en référence à une perforation caractéristique (le foramen entépicondylaire) présente sur la palette distale de son humérus.
  • L'épithète spécifique « orné » (ornatus) est un participe passé latin signifiant « orné », « décoré », « paré » ou « magnifique » (dérivé du verbe ornare, « orner »)[21], faisant référence aux motifs faciaux distinctifs qui lui valent son nom vernaculaire[22].

Localement, l'espèce est désignée sous les noms indigènes de jukumari (aymara et quechua), ukumari ou ukuku (quechua), signifiant littéralement « ours troué » ; les marques faciales beiges couvrent la face mais contournent généralement le pourtour immédiat des yeux, donnant l'illusion visuelle que l'ours a des trous à la place des yeux[23],[24],[25].

Taxonomie

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Illustration de l’« Ours de la cordillère du Chili » (Ursus ornatus) dans le cinquième tome de Histoire naturelle des mammifères avec des figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivans, 1824.

La description scientifique de l’espèce intervient dans un contexte où la communauté naturaliste débattait encore de la présence réelle d’ours sur le continent sud-américain. Le zoologiste français Frédéric Cuvier officialise cette découverte en juin 1825 en lui attribuant uniquement l'épithète spécifique Ornatus, sans préciser de nom générique latin[26][3], tout en soulignant qu'elle possède des caractères morphologiques fixes, distincts de ceux des ours connus en Europe ou en Asie[19]. L'espèce est initialement décrite sous le nom vernaculaire d’« Ours de la cordillère du Chili » à partir d'un jeune mâle rapporté du même pays[note 6],[27]. Cuvier note des traits distinctifs singuliers, notamment un pelage brun « fauve sale », contrastant avec des marques claires caractéristiques sur les joues, la gorge, le poitrail et autour des yeux, ainsi qu'un crâne court marqué par une dépression frontale[19]. Il propose le nom spécifique ornatus en référence à ces motifs ornant la tête[2].

En 1827, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire rectifie l'omission du genre et reclasse l'animal dans le genre Ursus (Ursus ornatus)[4], qui regroupe la plupart des ours actuels comme l'ours brun, l'ours polaire ou l'ours noir[28]. En 1855, dans son Histoire naturelle des Mammifères, Paul Gervais place l'ours orné dans les Tremarctos, mais au rang de sous-genre d'Ursus[18], avant que le genre indépendant Tremarctos ne finisse par s'imposer.

L'ours à lunettes n'appartient pas à la sous-famille principale des Ursidés (Ursinae) qui regroupe les genres des Ours proprement dits (Ursus), le Mélours (Melursus) et l’Hélarcte (Helarctos), mais constitue l'unique représentant actuel de la sous-famille des Termarctinés (Tremarctinae) et le membre le plus récent de la famille des Ursidés[8],[29]. Cette lignée comptait autrefois de grands prédateurs disparus, comme l'ours à face courte (Arctodus simus), qui peuplait l'Amérique du Nord jusqu'à son extinction il y a environ 20 000 ans et atteignait près de 800 kg, ou encore l’Ours à lunettes de Floride (Tremarctos floridanus), une espèce fossile du Pléistocène d'Amérique du Nord environ 50 % plus grande que l'ours à lunettes moderne. D'autres genres fossiles de la sous-famille, tels qu'Arctotherium et Pararctotherium, ont également colonisé l'Amérique du Sud jusqu'au sud du Chili au début du Pléistocène[29].

Phylogénie

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Phylogénie des espèces actuelles d'Ursidés, d'après Yu et al. (2007)[30], Servheen et al. (1999)[31] et Kumar et al. (2017)[32] :

 Ursidae 
 Ailuropodinae 

 Ailuropoda melanoleuca



 Tremarctinae 

 Tremarctos ornatus


 Ursinae 



 Melursus ursinus



 Helarctos malayanus




 Ursus thibetanus





 Ursus americanus




 Ursus maritimus



 Ursus arctos







Spécimen type et sous-espèces

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En 1959, le mammalogiste et paléontologue Ángel Cabrera a restreint la localité type aux « montagnes situées à l'est de Trujillo, dans le département de La Libertad, au Pérou »[33]. L'holotype est un jeune individu qui pourrait être le spécimen MNHN-ZM-MO-2001-356, une dépouille naturalisée d'un jeune mâle est conservé dans les collections du Muséum national d'histoire naturelle à Paris[4],[34].

Aucune sous-espèce n'est actuellement reconnue chez l'ours à lunettes, en dépit d'une variabilité individuelle et géographique notable dans les motifs du pelage. Les études génétiques révèlent un flux génique historiquement très restreint entre les différentes populations isolées, une structure génétique fragmentée qui préexistait déjà aux perturbations environnementales majeures induites par les activités humaines en Amérique du Sud[27].

Diagnose de l’espèce

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L'ours à lunettes se distingue morphologiquement des représentants de la sous-famille des Ursinés. Bien qu'il soit couramment qualifié d’ « ours à face courte », cette apparence résulte de la hauteur et de la compacité de son crâne plutôt que d'un raccourcissement réel du museau[35]. Ses condyles mandibulaires sont alignés sur le plan occlusal des dents, conférant une grande amplitude d'ouverture buccale[36]. Sa denture présente des molaires proportionnellement plus courtes et un nombre fréquemment supérieur de prémolaires par rapport aux autres genres d’Ursidés[37]. Son squelette appendiculaire se compose d'os plus graciles avec des membres antérieurs plus longs que les membres postérieurs, résultant d’une adaptation à des habitudes arboricoles marquées, et sa tête présente une posture habituelle inclinée à 29°[38].

Évolution

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Squelette d'ours à lunettes découvert dans le gouffre de Chaquil au Pérou.

La sous-famille des Tremarctinae trouve son origine dans le centre-ouest de l'Amérique du Nord. C'est là qu'au Miocène moyen, il y a environ 13 millions d'années, la lignée du genre Plionarctos diverge du genre basal Ursavus[8]. Contrairement aux autres lignées d'ursidés qui ont également colonisé l'Eurasie et l'Afrique, les Tremarctinae sont restés strictement inféodés au continent américain, s'étendant de l'Alaska jusqu'à la Patagonie[8],[29]. Le clade basal de cette sous-famille comprend le genre éteint Plionarctos et le genre Tremarctos, ce dernier étant représenté dès le début du Pliocène par l'espèce nord-américaine Tremarctos floridanus[8].

L'ours à lunettes moderne s'est individualisé tardivement, à la fin du Pléistocène ou au début de l'Holocène, ce qui en fait le plus jeune représentant actuel de la famille des Ursidés et le seul survivant de la radiation des Tremarctinés après l'extinction des formes géantes comme Arctodus ou Arctotherium[8],[29].

L'ours à lunettes n'apparaît dans le registre fossile sud-américain qu'à l'Holocène[39]. Cela suggère que l'espèce actuelle descend d'un événement de dispersion indépendant et plus tardif depuis l'Amérique du Nord, distinct de celui des Arctotherium, possiblement après l'extinction de Arctotherium wingei à la fin du Pléistocène, il y a 12 800 ans[40]. Comme T. floridanus a vécu en Amérique du Nord d'il y a 2,7 millions d'années jusqu'à au moins 23 000 ans avant le présent, il est possible qu'il ait évolué par cladogenèse en T. ornatus en Amérique du Sud, soit au Pléistocène supérieur, soit à l'Holocène[41].

Cependant, les données paléontologiques suggèrent que A. wingei a pu bloquer l'expansion de T. floridanus vers l'Amérique centrale et du Sud jusqu'à sa disparition, moment à partir duquel le genre Tremarctos apparaît dans les registres fossiles sud-américains[40]. L'analyse génomique de l'ours à lunettes révèle en outre des traces d'hybridation ancienne avec Arctotherium, survenue lors de contacts en Amérique centrale au cours du Pléistocène ou lors de son entrée en Amérique du Sud[42].

Si l'ours à lunettes côtoyait les derniers Arctotherium à la fin du Pléistocène, la compétition écologique était atténuée par une nette ségrégation entre les différentes altitudes des milieux : l'ours à lunettes privilégiait les forêts de montagnes entre 1 800 et 3 100 m d'altitude, tandis qu'Arctotherium occupait principalement les plaines et vallées les plus basses, les fossiles de A. tarijense et A. wingei n'excédant pas 1 860 m à Tarija[43].

L'histoire démographique de T. ornatus sur le dernier million d'années montre une baisse continue de sa population, ponctuée d'un pic d'effectif reproducteur il y a 450 000 ans à la fin d'une glaciation, passant de 30 000 à 25 000, puis remontant à 40 000 individus. Un déclin prononcé a suivi sous l'effet des fluctuations climatiques interglaciaires réduisant la surface forestière, pour atteindre seulement environ 2 000 individus pouvant se reproduire à l'Holocène[44].

La divergence génétique entre les populations modernes de Colombie, d'Équateur et du Venezuela remonte à une période comprise entre 15 000 et 25 000 ans. Les plus anciens restes fossiles identifiés sont ceux d'un mâle découvert dans la grotte de Chaquil au Pérou, daté d'environ 6 000 ans au carbone 14 ; l'usure de sa dentition témoigne d'un régime alors nettement plus carnassier[45]. D'autres vestiges archéologiques de l’holocène ont été mis au jour en Colombie, il y a entre 4 030 et 2 725 ans, au Pérou il y a 1 500 ans, et en Équateur, il y a 2 650 à 1 700 ans[46],[47].

Description

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Apparence générale et dimensions

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L'ours à lunettes est un ursidé de taille moyenne[8]. La longueur tête-corps est généralement comprise entre 1,3 m et 1, 9 m, avec des extrêmes relevés de 1,12 à 2,22 m[27],[8]. La hauteur au garrot varie de 70 à 90 cm[48], tandis que la queue, très courte comme chez la plupart des ursidés, mesure moins de 10 cm de long[27],[29].

L'espèce présente un dimorphisme sexuel marqué, rivalisant avec celui de l'ours polaire : les mâles sont en moyenne un tiers plus grands que les femelles et pèsent fréquemment le double de leur poids[49],[50], pensant en moyenne 115 kg, avec des écarts généraux meusurés entre 100 et 175 kg, atteignant parfois les 200 kg, tandis que les femelles ont un poids moyen de 65 kg, variant de 35 à 80 kg[27],[51],[52]. En captivité, un individu obèse a atteint un record de 222,5 kg[53].

Pelage et marques faciales

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La fourrure est constituée de poils longs et épais[8]. Le pelage est uniformément noir, tirant parfois sur le brun foncé, voire le châtain ou un roux très foncé[27],[8].

L'espèce tire ses noms vernaculaires des marques faciales contrastées, blanc crème, chamois ou jaune pâle, qui ornent ses yeux et son museau sous forme de « lunettes » plus ou moins complètes, et s'étendent fréquemment à la gorge, au menton et à la poitrine[27],[8]. Ces motifs sont très variés et uniques à chaque individu : certains présentent une face presque entièrement blanche ou jaunâtre, tandis que d'autres ont une face totalement foncée er unie, dépourvus de marques[27],[54].

Anatomie

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Ostéologie de l'Ours orné (Ursus ornatus) par Henri-Marie Ducrotay de Blainville dans Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des mammifères récents et fossiles (1839-1842).
Crâne.
Squelette complet.

Crâne et denture

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 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 4 1 3 3 1 4 2
3 4 1 3 3 1 4 3
mâchoire inférieure
Total : 42
Dentition de l'Ours à lunettes.

La tête se caractérise par des yeux orientés vers l'avant, des oreilles courtes et arrondies, des lèvres mobiles développées, un museau court et l'absence totale de vibrisses[8]. L'odorat est extrêmement développé, permettant de détecter les fruits mûrs à longue distance, tandis que la vue et l'ouïe sont plus modestes[55]. Le cou, court et trapu, loge des poches épipharyngiennes qui facilitent l'émission de vocalisations particulières[8].

Le crâne est massif, haut, bombé et remarquablement court, le plus court de tous les ursidés actuels, un trait typique des Tremarctinés[8]. La fosse prémassétérique et le muscle masséter superficiel sont réduits[8], la fosse prémassétérique ne terminant son développement complet qu'à l'âge adulte[56].

La denture compte 42 dents[8] : Les canines sont petites et la force de morsure est modérée et les prémolaires sont réduites et les dernières prémolaires ainsi que les molaires sont émoussées, adaptées à l'écrasement et au broyage de fibres végétales très dures, comme des broméliacées, des écorces, ou du bambou)[8][57].

Membres et squelette

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Le squelette appendiculaire présente des adaptations marquées au grimper et à la locomotion arboricole :

  • Les membres antérieurs sont plus longs que les membres postérieurs ;
  • L'humérus possède un épicondyle médial très saillant et un foramen entépicondylaire caractéristique[8] ;
  • L'animal est plantigrade et possède cinq doigts à chaque extrémité[8] ;
  • Les pattes antérieures présentent un « faux-pouce » ou pseudopollex constitué par l'hypertrophie d'un os sésamoïde radial, bien que moins perfectionné que celui du panda géant[8][57] ;
  • Les griffes sont courtes, incurvées et non rétractiles[27],[8] ;
  • La face plantaire des pattes est couverte de poils entre les coussinets digitaux et palmaires, mais la zone située entre les coussinets palmaires et carpiens est glabre, comme chez l'ours-lune[27].

Chez le mâle, le baculum est relativement rectiligne, légèrement recourbé vers le haut et élargi à son extrémité distale, ressemblant à celui de l'ours noir d'Amérique[8].

Écologie et comportement

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Répartition et habitat

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Forêt de nuages andine, habitat de prédilection de l'ours à lunettes.
Ours à lunettes dans le département de Cochabamba en Bolivie.

L'ours à lunettes est l'unique représentant actuel de la famille des Ursidés sur le continent sud-américain[29]. Sa distribution géographique forme une bande allongée et étroite couvrant environ 260 000 km2, large de 200 à 650 km pour une longueur de plus de 4 600 km le long de la cordillère des Andes et de ses piémonts[58][57]. On le rencontre dans les régions humides et montagneuses de Bolivie, de Colombie, d'Équateur, du Pérou et de l'ouest du Venezuela[33],[27]. Sa présence dans l'extrême nord-ouest de l'Argentine fait l'objet de discussions car il pourrait s'agir d'individus erratiques, tandis que sa présence au Panama, notamment dans la région du Darién, bien que mentionnée par le passé, n'est pas confirmée par l'UICN à la suite d'études de terrain infructueuses[57][27]. Il est en revanche totalement absent du Chili, en dépit de la mention historique erronée de son spécimen type[27].

L'espèce exploite une grande variété d'écosystèmes répartis sur plusieurs étages, descendant jusqu'aux fourrés et déserts côtiers du Pacifique à 200 m d'altitude dans l'ouest du Pérou, et s'élevant jusqu'à 4 700–4 750 m d'altitude dans le parc national Carrasco en Bolivie, voire jusqu'à la limite des neiges éternelles[59][57]. Les habitats optimaux restent les forêts de montagne humides à très humides comme les forêts de brume, généralement situées entre 1 000 et 2 700 m d'altitude, riches en plantes épiphytes[60]. Il fréquente également les forêts de montagnes intermédiaires de 2 000 à 3 000 m, les forêts sèches épineuses de basse altitude, ainsi que les hautes steppes de puna et de páramo au-dessus de 3 000 m, ces dernières servant de régulateurs hydriques majeurs pour les bassins versants[61]. La densité de population globale est estimée entre 3 et 8 individus pour 100 km2[57].

Activité et comportement

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Ours à lunettes perché à Chaparri au Pérou.

L'ours à lunettes vit généralement en solitaire ou en petits groupes familiaux et ne présente pas de territorialité stricte[62][57]. Le domaine vital individuel est très variable, oscillant entre 10 et 150 km2, avec des territoires pouvant atteindre 16 000 ha[63],[27]. Les territoires des mâles, compris entre 23 et 27 km², sont nettement plus étendus que ceux des femelles qui oscillent entre 7 et 10 km², et de larges chevauchements spatiaux sont fréquemment constatés entre individus de sexes différents[64],[27]. Des rassemblements temporaires et pacifiques surviennent régulièrement autour des points d'eau en zone aride, de carcasses volumineuses ou de champs de maïs en cours de maturation[27].

Disposant de ressources alimentaires accessibles tout au long de l'année, l'ours à lunettes n'hiberne pas[29][57]. Son rythme d'activité est principalement diurne, bien qu'il présente une composante nocturne et crépusculaire variable selon les régions et les saisons. En captivité, il dort habituellement 9 à 12 heures par nuit, s'éveille à l'aube et marque de courtes pauses diurnes, tandis que dans les déserts côtiers péruviens, il préfère s'abriter sous le couvert végétal pendant les heures les plus chaudes de la journée[27][57][65].

Aux côtés de l'ours malais, c'est l'espèce d’Ursidé actuelle la plus arboricole[27],[29]. Ses griffes courtes et courbées lui permettent de grimper avec agilité jusqu'à plus de 15 m de hauteur[63]. Il a pour habitude de concevoir des plateformes et des nids de branches cassées au sein des arbres, en particulier dans les arbres fruitiers ou à proximité de sources de nourriture, afin de s'y reposer, de se camoufler ou d'y consommer ses aliments sans bouger, bien qu'il puisse également établir des nids à même le sol[66],[27].

Face aux humains ou à d'autres prédateurs, l'animal fait preuve de prudence et privilégie la fuite vers la cime des arbres[66]. Les mères défendent néanmoins activement leur progéniture en cas de menace. Les seuls prédateurs connus des jeunes oursons sont le puma et potentiellement les mâles adultes de sa propre espèce[57]. Le jaguar, dont les préférences d'habitat sont très différentes, ne présente qu'un faible chevauchement d'environ 900 m d’altitude avec l'ours à lunettes[57]. L'espérance de vie dans la nature atteint couramment une vingtaine d'années en l'absence de persécution humaine[67][59], tandis qu'un individu captif a atteint une longévité record de 37 ans et 11 mois au zoo de Salisbury[68].

Alimentation et rôle écologique

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L'ours à lunettes recherche activement les matières végétales fibreuses et les broméliacées dans les broussailles d'altitude.

L'ours à lunettes est un omnivore à très forte dominante herbivore. Après le panda géant, il est l'ursidé au régime le plus herbivore au monde, la proportion de viande n'excédant pas 5 à 7 % de son régime alimentaire total[59],[65],[29]. La majorité de ses besoins hydriques est directement comblée par la teneur en eau des végétaux qu'il ingère[8].

Son alimentation végétale implique plus de soixante-dix familles de plantes distinctes[8]. Les broméliacées (Bromeliaceae) représentent entre 15 et 90 % de son régime selon les saisons et les localités[27]. Il recherche aussi bien les espèces terrestres comme les puyas (Puya spp.), dont il arrache les feuilles épineuses pour en extraire le cœur tendre du méristème basal, que les espèces épiphytes (Tillandsia, Guzmania) qu'il cueille directement dans la canopée[27],[69]. Les palmiers (Arecaceae) forment un autre pilier de sa subsistance, l'animal consommant les pétioles tendres, les feuilles non ouvertes et les noix de quatorze genres différents[57][27],[8]. Lors des périodes de fructification, il se nourrit abondamment de baies et de fruits d'arbres appartenant notamment aux lauracées (Lauraceae), moracées (Moraceae), éricacées (Ericaceae), myrtacées (Myrtaceae) et euphorbiacées (Euphorbiaceae)[27]. Durant les périodes de pénurie ou dans les zones plus arides, il consomme des pousses de bambous (Poaceae), des bulbes d'orchidées (Orchidaceae), des mousses, la pulpe juteuse de cactées (Cactaceae) ainsi que l'écorce tendre de certains ligneux tels que Bombax discolor[27],[8]. Il n'hésite pas non plus à visiter les cultures humaines de maïs (Zea mays), de canne à sucre (Saccharum spp.) et les nids d'abeilles sauvages pour leur miel[27],[70].

L'apport en protéines animales demeure un complément nutritif précieux[27]. L'ours à lunettes capture de petits invertébrés du sol tels que des lombrics, des coléoptères, des hyménoptères, des orthoptères, des diptères ou encore des termites, ainsi que de petits vertébrés comme des rongeurs, des lapins, des tatous et des oiseaux nichant au sol comme des tinamous ou des vanneaux[8],[69]. À l'occasion, il s'attaque à de grands herbivores sauvages ou domestiques affaiblis ou isolés, comme des cervidés, des lamas, ou des tapirs de montagne, ainsi que des équidés et des bovins en divagation, en les immobilisant sous son poids au sol ou en les poussant dans des ravins[27][57][71]. L'espèce est aussi une consommatrice opportuniste de charogne, guidée par son odorat très fin qui lui permet de localiser des carcasses jusqu'à 1,5 km de distance en quelques heures. En présence d'une grosse carcasse, l'animal peut séjourner plusieurs jours sur place en s'aménageant un nid de branchages protecteur[27].

Cet éclectisme alimentaire confère à l'ursidé un rôle écologique d'espèce clé de voûte au sein des forêts de montagne[72]. En transitant de volumineuses quantités de graines dans son système digestif lent, il assure leur dispersion (zoochorie) et favorise la régénération forestière sur de vastes dénivelés altitudinaux[73],[74]. Par ailleurs, ses déplacements dans la canopée et la coupe de branches pour la confection des nids ouvrent des trouées de lumière bienfaitrices dans le sous-bois, tandis que sa prédation sur les plantes hégémoniques prévient l'étouffement des végétaux pionniers plus vulnérables[75].

Reproduction et cycle de vie

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L'ours à lunettes est une espèce polyœstrienne dont les femelles connaissent plusieurs cycles d'ovulation par an[8],[76]. En captivité, la femelle ovule trois à quatre fois par saison indépendamment de la période de l'année, la fenêtre de réceptivité durant environ une semaine[57][8]. Dans la nature, la reproduction est généralement saisonnière et culmine généralement entre mars et octobre pour coïncider avec la disponibilité des fruits[8][57]. Durant la parade, les partenaires s'adonnent à des simulacres de combat et à des jeux avant de s'accoupler à plusieurs reprises durant une à deux semaines. Chaque copulation dure de 12 à 45 minutes et s'accompagne d'émissions de grognements et de sons aigus de la part des deux individus[8].

La gestation dure entre 5,5 et 8,5 mois, soit 160 à 255 jours[27][57]. Cette importante flexibilité découle d'un mécanisme d'implantation différée durant lequel l'embryon suspend son développement au stade de blastocyste pendant environ trois mois avant de se fixer dans la paroi utérine[27],[29]. En Amérique du Sud, les mises bas ont lieu soit en saison sèche, entre décembre et février, soit de mai à octobre selon les régions, survenant le plus souvent un mois et demi à trois mois avant le pic annuel de fructification pour que la sortie de la tanière coïncide avec la disponibilité de la nourriture[27],[8][57].

La mère met bas au fond d'une tanière où elle reste recluse avec ses petits pendant trois à quatre mois[8]. Une portée moyenne compte un à deux petits, plus exceptionnellement trois ou quatre, la fécondité étant corrélée à l'embonpoint maternel et aux ressources du milieu[27][57]. Les nouveau-nés pèsent entre 275 et 380 g, les mâles étant légèrement plus lourds d'une trentaine de grammes, et exhibent d'emblée les marques faciales caractéristiques de l'adulte[8]. Les oursons ouvrent les yeux entre le 14e et le 40e jour, réalisent leurs premiers pas et percent leurs premières dents vers 35 à 40 jours, puis commencent à ingérer des aliments solides entre 80 et 95 jours[8]. L'allaitement se poursuit durant une année entière, mais la mère conserve ses jeunes auprès d'elle durant 18 à 24 mois avant leur dispersion définitive[8],[62]. La maturité sexuelle survient entre 4 et 7 ans et les femelles peuvent mettre bas tous les deux ans[27],[8]. La durée moyenne d'une génération est évaluée à 10 ans[57].

L’ours à lunettes et l’Homme

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Statut et menaces

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Ours à lunettes au zoo de Quito en Équateur.

Tremarctos ornatus est classé comme « espèce vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l'UICN selon les critères A3c+4c, et figure en Annexe I de la CITES depuis 1975[47][57]. L'UICN s'est penchée sur son statut dès 1965, dans un premier temps classé alors en « données insuffisantes » (DD), avant de lui attribuer le statut d’ « espèce vulnérable »(VU) en 1982, une évaluation reconduite sans interruption en 1986, 1988, 1990, 1992, 1994, 1996, 2008 et 2016[57].

Évaluation des critères de menace de l'UICN[77]
CatégorieÉlémentCritère d'évaluation
VU (Vulnérable) A3 Réduction de la population ≥ 30 % projetée ou suspectée d'ici dix ans ou trois générations.
c Déclin de la zone d'occupation, de l'étendue d'occurrence et/ou de la qualité de l'habitat.
4c Réduction de la population observée, estimée ou suspectée ≥ 30 % sur dix ans ou trois générations.

La population totale est estimée en déclin, avec un effectif global compris entre 13 000 et 18 000 individus, dont seulement 2 500 à 10 000 adultes matures[57]. Par pays, les estimations de populations s'établissent ainsi :

Perte et fragmentation de l'habitat

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Pour assurer sa viabilité à long terme, chaque sous-population nécessite des blocs d'habitat d'au moins 400 km² situés à moins de 15 km d'un autre bloc favorable[57]. Or, l'impact des activités humaines a provoqué la destruction de 70 % de ces blocs au Venezuela, d'environ 30 % en Colombie, en Équateur et au Pérou, et de près de 20 % en Bolivie[57].

Cette régression résulte de l'expansion de la frontière agricole et de l'élevage extensif, de la déforestation massive, de l'exploitation pétrolière et minière — légale comme clandestine (orpaillage) —, ainsi que du développement des cultures illégales de coca[78][57]. L'isolement spatial qui en découle réduit le brassage génétique et expose davantage les animaux aux risques de braconnage[58],[79]. À ces pressions directes s'ajoutent les effets délétères des modifications climatiques globales sur la répartition des strates végétales montagnardes[80][57].

Chasse et braconnage

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Historiquement prisée au XIXe siècle comme chasse au trophée, pratique illustrée dans le roman María de Jorge Isaacs, la capture d'oursons comme animaux de compagnie a également existé au sein de l'aristocratie équatorienne[81].

Le braconnage se maintient de nos jours pour des motifs variés :

  • Des croyances rituelles, superstitieuses ou médicinales : utilisation des griffes, de la graisse et des os en médecine traditionnelle locale, ou croyances associant l'ours à des disparitions humaines[82] ;
  • Le commerce illégal de parties corporelles à forte valeur marchande, en particulier les vésicules biliaires destinées à la médecine traditionnelle chinoise[82] ;
  • Le trafic d'animaux vivants ou la vente de dépouilles entières, sachant que les animaux capturés et confisqués s'adaptent exceptionnellement à une réintroduction sauvage et doivent demeurer en captivité[83],[27].

Conflits

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Les conflits directs avec les populations rurales constituent la cause prépondérante d'abattage de l'espèce[82]. La réduction de la couverture végétale naturelle pousse certains individus à exploiter les ressources agricoles (maïs) ou à consommer des carcasses de bétail. Bien que des prédations réelles sur le bétail surviennent parfois, beaucoup d'attaques attribuées à l'ours sont en réalité imputables à des canidés féraux ou à d'autres carnivores, l'ours n'agissant que comme charognard secondaire[58],[27].

Perception sociale

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Deux perceptions antagonistes de l'ours à lunettes coexistent dans la société[84] :

  • Une vision ex situ, portée par les populations citadines ou internationales, qui perçoivent l'ours comme un emblème charismatique, inoffensif et végétarien de la faune andine ;
  • Une vision in situ, prévalant chez les éleveurs riverains, qui l'assimilent à un déprédateur nuisible responsable de toutes les pertes de troupeaux, justifiant à leurs yeux des tirs d'élimination préventifs ou de représailles.

Programmes et stratégies de conservation

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Bien que l'espèce soit protégée par les législations nationales de l'ensemble des pays de son aire de répartition, l'application concrète des lois demeure lacunaire en raison du manque récurrent de moyens financiers et d'agents de surveillance sur le terrain[82],[85],[27].

Aires protégées et corridors biologiques

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L'aire de répartition compte 58 zones protégées officielles, mais leur gestion effective reste fréquemment précaire et insuffisante en regard des besoins territoriaux des ours[57][27]. En 1998, il a été mesuré que seules 18,5 % des surfaces convenables étaient intégrées dans des réserves, avec une superficie médiane souvent trop exiguë (1 250 km² en Colombie, Équateur et Venezuela)[58].

Certains parcs jouent néanmoins un rôle refuge de premier ordre, à l'image du parc national Los Nevados et de la réserve de La Planada en Colombie[80]. Les organismes internationaux (tels que le WWF ou la Wildlife Conservation Society) concentrent désormais leurs financements sur la création de corridors écologiques transfrontaliers, en particulier dans la partie nord de la cordillère, afin de relier les lambeaux forestiers et les páramos isolés[58],[80],[27].

Sensibilisation et suivi scientifique

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En Équateur et au Pérou, des projets pilotes associent les riverains par des formations à la pose de clôtures électriques pour sécuriser les troupeaux, le développement de l'écotourisme et la promotion de pratiques agroécologiques durables[80]. Au Pérou, la Spectacled Bear Conservation Society mène des actions de recherche et de terrain depuis 2006[86]. Le suivi scientifique s'appuie désormais sur le piégeage photographique, la télémétrie par colliers GPS et l'analyse génétique pour cartographier les corridors prioritaires[87].

Situation en captivité

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L'espèce est reproduite et élevée en captivité depuis 1903. En 2017, environ 255 individus étaient recensés dans les structures zoologiques à travers le monde, bénéficiant de plans d'élevage internationaux et d'une gestion nutritionnelle adaptée[47].

Dans la culture populaire

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  • Le personnage pour enfants l'ours Paddington est originaire du « fin fond du Pérou », ce qui tend à le lier à l'ours à lunettes[88], même si aucune déclaration de la part des auteurs font mention de cette espèce en particulier.
  • L'auteur et comédien britannique Stephen Fry a documenté le sauvetage d'oursons orphelins au Pérou dans son ouvrage Rescuing the Spectacled Bear: A Peruvian Diary (2002)[89].

Notes et références

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  1. Nomen nudum ; étymologie : latin fructus « fruit » et legere « cueillir, ramasser ».
  2. Nomen nudum ; localité type : Pérou.
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  5. Localité type : probablement province d'Azuay, Équateur. Holotype : mâle adulte BMNH:Mamm:1878.8.31.11 collecté par Clarence Buckley. Étymologie : latin maior, comparatif de magnus « grand », dédié au Dr C. I. Forsyth Major.
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Références

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  88. (en) Alice Vincent, « Paddington Bear: 13 things you didn't know », sur The Telegraph,
  89. (en) Stephen Fry, Rescuing the Spectacled Bear: A Peruvian Diary, Hutchinson, (ISBN 978-0-8129-6819-4)

Bibliographie

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Document original

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  • Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des mammifères : avec des figures originales, coloriées, dessinées d'après des animaux vivans, Paris, Chez A. Belin, 1824-1842 (OCLC 10593591, DOI 10.5962/bhl.title.78766, lire en ligne), « Ours de la cordillère du Chili »

Liens externes

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