Pavillon de la baleine
Le Pavillon de la baleine est un bâtiment du Muséum national d'histoire naturelle situé dans le jardin des plantes de Paris, ancienne galerie d'anatomie comparée.
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Historique
modifierEn 1795, le Muséum acquiert un dépôt, atelier et office de la compagnie des fiacres de Paris à l'est de l'hôtel de Magny. L'anatomiste Georges Cuvier s'installe dans la maison attenante, qui prend le nom de Maison de Cuvier.
En 1802, à la place de la partie sud-est du dépôt des fiacres, il fait élever une galerie d'Anatomie comparée, en brique et pierre de taille, et deux pavillons d'angle à fronton néoclassique triangulaire. L'architecte est Jacques Molinos. Il en aménage les collections ostéologiques et paléontologiques, et installe des laboratoires de recherche : Alexander von Humboldt en visite à Paris décrit la méthodologie de Cuvier qui alignait une douzaine de paillasses et de bancs différents pour pouvoir mener, avec ses assistants, douze recherches simultanément dans ce laboratoire[1].
Le bâtiment est inauguré en 1806, avec dix salles qui exposent des squelettes de grands animaux comme des baleines, des pachydermes et des carnivores. Des écorchés, statues peintes, permettent de comprendre la structure musculaire des animaux et de l'être humain. Des organes préservés dans l'alcool sont présentés dans des bocaux. En 1817, la galerie triple de taille. Les collections s'agrandissent et quelques années plus tard les squelettes de baleines sont installés à l'extérieur[2],[3].
- Andrew-Best-Leloir, Intérieur du cabinet anatomie comparée, 1842.
- Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'histoire naturelle..., L. Curmer, Paris, 1854, p. 183.
- Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'histoire naturelle..., L. Curmer, Paris, 1854, p. 184.
En 1862 est construit le laboratoire d'anatomie comparée du « campus Buffon », au 55 rue Buffon. En 1898 est inaugurée la nouvelle galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée, à l'autre bout du jardin, du côté de la place Valhubert. Une baleine naturalisée et son squelette, provenant d'un rorqual de 14 m échoué en 1847 au nord de Saint-Vigor (on suppose que, malade ou blessé, il a remonté par erreur les cours de la Seine et de l'Eure) sont conservés sous des verrières devant le bâtiment, d'où le surnom du pavillon[4].
- Henri Larnac, Bassin des Otaries, novembre 1906.
- Frères Séeberger, la baleine naturalisée, vers 1905.
- Frères Séeberger, Squelette de la baleine, vers 1905.
L'ancienne galerie est transformée en laboratoires, bureaux et salles de cours[5] tandis que la façade donnant sur la rue Cuvier est démolie (il en subsiste un mur au no 47) pour construire le pavillon « Henri-Becquerel » abritant divers laboratoires de recherche et des collections scientifiques ; il a été achevé en 1939 par l'architecte René-Félix Berger[6].
Description
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Aujourd'hui, le rez-de-chaussée accueille à l'ouest le restaurant Folia[7], et à l'est la salle du Conseil et quatre salles de cours, dont l'amphithéâtre Rouelle. Au premier étage, se trouvent les bureaux de la direction de la communication et de l'enseignement.
L'édifice est en briques rouges à chaînages de pierre calcaire blanche et toits d'ardoise bleue.

Un cadran solaire est peint sur le pavillon ouest, au-dessus de la porte d'entrée de la maison de Cuvier. Orienté face au sud-ouest, il est déclinant de l'après-midi. La courbe en huit permet de retrouver le temps moyen en fonction de la date, au moment des environs de midi. La locution latine « Transibunt et augebitur scientia » signifie : « [Les heures] passeront et la science progressera ». C'est une variante d'un verset du Livre de Daniel 12, 4 dans la Vulgate, où il est écrit « plurimi pertransibunt, et multiplex erit scientia »[8].
Une inscription donne les coordonnées du lieu, la latitude : 48°50'42.0"N par rapport à l'équateur, et la longitude : 0°01'15''E par rapport au méridien de Paris. Ce dernier étant situé à 2°20'13,82" à l'est du méridien de Greenwich, on peut calculer les coordonnées : 48° 50′ 42″ N, 2° 21′ 28,8″ E . Or, selon les calculs modernes, cette position correspond à l'autre côté du pavillon de la baleine, à cent mètres au nord-est, à 2'' de plus de latitude et de longitude. L'inscription devrait donc être 48°50'40.2"N, 0°01'13.3"E (méridien de Paris).
- Le Pavillon de la Baleine vu de l'enclos des wallabies de Bennett, 2005.
- Emplacement dans le Jardin des plantes de Paris, du pavillon de la Baleine avec l'amphithéâtre Rouelle.
Notes et références
modifier- ↑ Andrea Wulf, (de) Alexander von Humboldt und die Erfindung der Natur, ed. C. Bertelsmann, Munich 2016, (ISBN 978-3-570-10206-0), p. 170.
- ↑ Guide de la Galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée, Editions Grand Public du Muséum, coll. « Le Guide », , 96 p. (ISBN 2856538266), p. 14
- ↑ Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'Histoire naturelle : histoire de la fondation et de ses développements successifs, Paris, L. Curmer, (lire en ligne), partie II, p. 183
- ↑ Les restes du rorqual de St-Vigor étaient autrefois présentés dans la cour intérieure puis sous la verrière sud (Thierry Malvésy, « Georges Cuvier : Montbéliard 1769 - Paris 1832 », Bulletin des Amis du Muséum national d'histoire naturelle no 242, juin 2010, ISSN 1161-9104, p. 18 ; Luc Vivès et Cécile Colin-Fromont (préf. Philippe Taquet, photogr. Bernard Faye), Les Galeries d'Anatomie comparée et de Paléontologie : Muséum d'histoire naturelle, Paris, Ed. Artlys Muséum d'histoire naturelle, (réimpr. 2015), 95 p. (ISBN 978-2-85495-468-5, OCLC 819291781), p. 8-9 et photos DP : (photo n° 202), et .
- ↑ « Histoire de la Galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée », sur www.jardindesplantesdeparis.fr, (consulté le )
- ↑ Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'Histoire naturelle : histoire de la fondation et de ses développements successifs, Paris, L. Curmer, (lire en ligne), partie II, p. 183.
- ↑ M.-A. G., « Le restaurant du Jardin des Plantes s’est refait une beauté », sur Le Parisien, (consulté le )
- ↑ (la) « Vulgata Clementina, Prophetia Danielis », sur la.wikisource.org, (consulté le ) : « Tu autem Daniel, claude sermones, et signa librum usque ad tempus statutum : plurimi pertransibunt, et multiplex erit scientia. »
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Paul-Antoine Cap, Le Muséum d'Histoire naturelle : histoire de la fondation et de ses développements successifs, Paris, L. Curmer, (lire en ligne), partie II, p. 183
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
