Pulvio Zocchi

militant italien

Pulvio Zocchi (parfois orthographié Fulvio Zocchi) , né le à San Giovanni Valdarno, est un militant, journaliste et syndicaliste italien.

Biographie

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Premières années syndicaliste révolutionnaire

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Après avoir terminé ses études dans une école de formation professionnelle, Pulvio Zocchi commença à travailler comme ferrailleur. Affilié à la Fédération jeunesse du Parti socialiste italien (PSI) de Florence, il devint un actif organisateur syndical dans les chemins de fer de Toscane et participa à la vie du journal Il Riscatto[1]. À partir de 1906, il entra au comité exécutif de la Chambre du Travail de Savone et collabora au périodique Il Diritto, au sein duquel il écrivit plusieurs articles antimilitaristes[1].

Au printemps 1906, Zocchi fut nommé secrétaire de la Chambre du Travail de Plaisance puis, vers 1907-1908, participa au congrès syndical de Parme () durant lequel il fut un partisan de la sortie des syndicalistes révolutionnaires de la CGdL et de la constitution d’une nouvelle organisation[1].

En exil à l'étranger : entre France et États-Unis

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Après avoir soutenu l'action de Alceste De Ambris au printemps 1908, Zocchi, pour éviter une condamnation s’établit en France. À Nizas, où il vécut avec Edmondo Rossoni et De Ambris, il participa au congrès national de la CGT à Marseille en [1]. Au début de 1909, il se lia avec Paolo Orano et continua son activité en participant aux protestations contre l’exécution de Francisco Ferrer, action ayant entraîné un ordre d'expulsion par que les autorités françaises. Ses camarades de L'Humanité et Amilcare Cipriani se mobilisèrent pour éviter son expulsion[1].

En , Zocchi quitta les États-Unis après y avoir effectué un voyage de propagande pour la Fédération syndicale italienne et publia un pamphlet anticlérical, Sprazzi di luce. Pennellate di propaganda anticlericale[1]. En , il regagna Paris sans fausse identité, établit une étroite amitié avec Amilcare Cipriani, collabora avec La Bataille syndicaliste et La Guerre sociale de Gustave Hervé, et envoya des articles à des périodiques syndicalistes italiens comme L’Internazionale et Pagine libere de Angelo Oliviero Olivetti, ainsi qu’à des quotidiens[1].

De retour en Italie : grèves, fondation de l'USI

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À la fin de 1911, grâce à une amnistie, il put retourner en Italie. Au début de 1912, il fut l’un des dirigeants de la grève de la FIOM à Turin[2]. Le mois de mars suivant, il fut nommé secrétaire de la Bourse du Travail de Bologne, où il collabora avec Filippo Corridoni pour organiser les ouvriers de la province, activité lui valant une période d'emprisonnement à partir de juin[1]. Durant ces années, il devint très populaire dans le milieu syndical. Un jeune Parmesan s’en souvenait lors d’un de ses discours :

« À Parme, autrefois, tout le monde avait la politique dans la peau. J’étais encore en culottes courtes que j’allais déjà aux comices, avant la guerre de 15. Je me souviens d’un en particulier, dans la grande salle de la Coopérative des Buveurs du Cornocchio, tenu par Pulvio Zocchi. Le public était composé de plusieurs dizaines de personnes : charretiers, journaliers agricoles, ouvriers à la journée, cheminots, et quelques femmes vêtues de sombre, leur petit enfant dans les bras. Au fond de la salle, quelques jeunes couples attendaient avec l’accordéoniste, qui patientait pour prendre la place de l’orateur et lancer les danses dominicales avec la mazurka de Migliavacca ou Le Bal du rossignol. À ce public d’après-midi, Pulvio Zocchi demandait péremptoirement de « jeter les policiers à la mer », ce qui n’était pas une mince affaire à Parme. Il parlait debout sur une table appuyée contre le mur, sur lequel trônait une grande image de Jésus-Christ, vêtu d’une tunique rouge éclatante. Jésus-Christ, le premier socialiste, me disait mon père. »[3]

Promoteur du comité d'action directe créé par Alceste De Ambris, au congrès de Modène d’, il fut l’un des promoteurs de la création de l’Union sindacale italiana (USI), dont il fut élu membre du comité central[1]. Nommé secrétaire à la propagande de sa nouvelle centrale syndicale, depuis mai Zocchi séjourna à Milan, où il assuma la responsabilité de la défaite des cheminots lors de la grève générale de l’été[1].

Pulvio Zocchi en 1913.

Après une brève étape dans le secrétariat du syndicat métallurgique de Turin, en décembre Zocchi dirigea le syndicat des conducteurs de tramways de Milan, participa au II Congrès de l’USI() et s’occupa surtout des revendications du Syndicat des Cheminots (SFI), alors dirigé par Livio Ciardi[1]. Très attaqué par les dirigeants de l’USI, il dut démissionner.

Antimilitarisme durant la Grande guerre

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Avec la semaine rouge, il s’éloigna de Corridoni et De Ambris et opta pour un rapprochement avec le PSI. Critiqué durement par ses ex-compagnons de l’USI, Zocchi s’occupa, dès le printemps 1914, d’une grande campagne contre la guerre[1].

Fidèle à ses idées antimilitaristes, Zocchi fonda avec Nicola Vecchi, en , le périodique Coerenza : hebdomadaire antimilitariste, antipatriotique et pacifiste, imprimé à Milan du au (11 numéros), qui rassembla des syndicalistes révolutionnaires et des groupes anarchistes de toute la péninsule. Zocchi plaida également pour l'organisation d'un congrès contre la guerre et la formation d'une Fédération anti-interventionniste[1]. Il insulta personnellement Mussolini dans les colonnes de L'Internazionale :

« Le fait remonte à avant la Grande Guerre, à l’époque où faisait rage la polémique entre syndicalistes et socialistes. Du terrain politico-syndical, la polémique avait glissé sur le terrain personnel contre Mussolini, et Pulvio Zocchi, dans les colonnes de L’Internazionale de Parme, si je ne me trompe, avec une vulgarité toute toscane, écrivait la plus vulgaire des offenses qu’un homme puisse recevoir : « né des lombes adultères d’une grande putain. » »[4]

Activité syndicale sous le fascisme

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Avec l’entrée de l’Italie dans la guerre, Zocchi abandonna la politique active et participa à la vie de la municipalité socialiste de Milan, dirigée par Emilio Caldara. Après la guerre, Zocchi devint commerçant dans la vente de bois et de charbon et se désintéressa de la politique[1]. En 1927, il s’affilia à la Fédération syndicale fasciste des commerçants [1] et, à la même période, participa à la création de l’Associazione Nazionale Studi - Problemi del Lavoro avec Rinaldo Rigola.

Bien que peu d'informations subsistent sur son activité dans les années suivantes, il semble ne pas avoir activement participé aux organisations syndicales fascistes[1]. La seule chose que l’on sache est que Zocchi maintint une amitié avec Nicola Vecchi, à qui il prêta de l’argent en 1931, selon un rapport de la police politique du , et accompagna Edmondo Rossini lors d’une manifestation syndicale à Milan[1].

Durant la République sociale italienne (RSI)

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Après la chute du régime, selon ce qu’il raconte lui-même dans un livre publié au printemps 1945, il s’intéressa à nouveau à l’activité politique dans le cadre de la République sociale italienne (RSI). Disposé à fonder une nouvelle organisation destinée à collaborer à la diffusion des principes de la RSI, le 4 décembre 1944, Zocchi prit la parole lors d'une réunion, à laquelle participèrent Edmondo Cione et Gastone Gorrieri ainsi que deux espions de la GNR qui avaient réussi à se faire accepter[5]. L'historien Massimiliano Griner explique que, durant la réunion :

« Le vieux syndicaliste expliqua quels étaient selon lui les présupposés incontournables sur lesquels fonder le nouveau parti : tout d'abord une condamnation explicite du 8 septembre, indiscutable tragédie nationale qui avait touché tous les Italiens, indépendamment de leurs convictions politiques. Ensuite, que les adversaires du fascisme reconnaissent la légitimité politique de la République sociale, laquelle devait au fond être conçue comme l'union de tous les citoyens dans le seul but d'éviter la guerre civile – qui en réalité faisait désormais rage – ; et encore, la constitution d'un front unitaire contre l'étranger envahisseur, c'est-à-dire les Alliés anglo-américains ; la proclamation de l'autonomie politique et économique de l'Italie et, enfin, que soit accordée à tous les citoyens la liberté de critique à l'égard du gouvernement […] Sur le plan des intentions, [le parti] aurait prôné le retour du travail comme élément fondamental de la civilisation italienne. »[5]

Dans une lettre envoyée à Mussolini par le groupe, intitulée « Per una rinascita » et signée par Zocchi lui-même, le groupe se déclarait composé de non-fascistes, parlait d'une « révolution dans la révolution » et faisait des références positives à la Russie soviétique. Intéressante est la phrase : « Il est vrai que tous les pays démocratiques sont organisés sur un mode totalitaire, y compris le plus démocratique d'entre tous : la Russie »[1].

Suite à l'autorisation de Mussolini de fonder le Regroupement national-républicain socialiste (RNRS) et le journal L'italia del Popolo, Zocchi publia dans ce dernier plusieurs articles, dont l'article introductif dans lequel il écrivait :

« L'entente que nous appelons de nos vœux ne peut avoir lieu qu'avec ces éléments qui véritablement, aujourd'hui, au-dessus des conventions politiques et philosophiques, ressentent intimement et de manière révolutionnaire les trois grandes nécessités : reconstruire l'Italie, chasser définitivement la pègre et la lâche maison de Carignano (la monarchie), et faire sérieusement la "socialisation", sérieusement ; encore plus complète et substantielle que ce qui est spécifié dans la promulgation actuelle […] Or la socialisation, si elle doit être une chose sérieuse et utile, présuppose, comme charnière fondamentale et absolument indispensable, le consentement de la masse ouvrière. Et en ce moment si tragiquement anormal, le consentement n'y est pas […] Il faut redonner à cette masse ouvrière la confiance, ou mieux encore, donner la confiance, puisque de confiance dans le Régime de sa part, il n'y en a jamais eu. »[6]

En raison de ses positions vis-à-vis de la RSI, Zocchi fut durement attaqué par le journal antifasciste Il Progresso qui le traita d'« intrigant » et de « vieille catin syndicaliste »[4] vendu à Mussolini, un homme qu'il avait pourtant combattu durant la Première Guerre mondiale :

« Et c’est ainsi que nous le verrons (Zocchi), opposant amer, exalter Mussolini et son régime, approuver les fusillades et les déportations des patriotes, ainsi que les persécutions contre les antifascistes. Négateur du concept de Patrie, internationaliste et neutraliste pendant l’autre guerre, nous le verrons demain exalter le plus orthodoxe des nationalismes : le national-socialisme. »[4]

Zocchi quitta le RNRS le 20 mars 1945 en raison de divergences politiques avec Edmondo Cione et avec Mussolini lui-même. En juin de la même année, il publia la brochure Cione e la sua morte civile. La nascita osteggiata, la crescita ingloriosa, la morte inonorata del Raggruppamento Nazionale Repubblicano Socialista, Milan, juin 1945. Selon la version de Zocchi, le RNRS se proposait la construction d'une nouvelle Italie (républicaine), la réalisation de la socialisation, la lutte contre les étrangers dans la péninsule, l'union des fascistes critiques et des antifascistes[1].

Après-guerre

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En 1947, avec Bernardino De Dominicis, Amilcare De Ambris et d'autres anciens syndicalistes révolutionnaires aux côtés d'éléments provenant de l'expérience corporative fasciste, Zocchi tenta de reconstituer l'USI, tentative immédiatement dénoncée par Armando Borghi (Umanità Nova, 24 août 1947)[7]. Ce dernier ne se priva pas de d'insulter Zocchi dans son livre Conferma anarchica (1949), le mentionnant comme directeur du journal L'Araldo del Lavoro et le traitant de « résurgence cadavérique du soi-disant syndicalisme libre des catins du Duce ».

Publications

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  • Sprazzi di luce: pennelate di propaganda anticlericale. New York, 1940.
  • Cione e la sua morte civile. La nascita osteggiata la crescita ingloriosa la morte inonorata del Raggruppamento Nazionale Repubblicano Socialista, Milano, giugno 1945.

Notes et références

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(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Pulvio Zocchi » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 Steven Forti, El peso de la nación : Nicola Bombacci, Paul Marion y Óscar Pérez Solís en la Europa de entreguerras, Universidade de Santiago de Compostela, (lire en ligne), p. 41-43
  2. ↑ Willy Gianinazzi, « Le syndicalisme révolutionnaire en Italie (1904-1925) : Les hommes et les luttes », Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle, no 24,‎ , p. 95 à 121 (lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ « ZOCCHI, Pulvio », sur Il Pungolorosso : Il blog della Tendenza Internazionalista Rivoluzionaria
  4. 1 2 3 « Una baldracca », Il Progresso,‎ (lire en ligne)
  5. 1 2 Massimiliano Griner, La pupilla del duce : la Legione autonoma mobile Ettore Muti, Bollati Boringhieri,
  6. ↑ Angelo Del Boca, Mario Giovana, I "figli del sole". Mezzo secolo di nazifascismo nel mondo, Feltrinelli,
  7. ↑ Giorgio Sacchetti, Sovversivi agli atti : gli anarchici nelle carte del Ministero dell'interno : schedatura e controllo poliziesco nell'Italia del Novecento, La fiaccola,

Bibliographie

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  • Steven Forti, El peso de la nación : Nicola Bombacci, Paul Marion y Óscar Pérez Solís en la Europa de entreguerras, Universidade de Santiago de Compostela, 2014, pp.41-43.
  • Franco Andreucci, Tommaso Detti, Il movimento operaio italiano. Dizionario biografico, Roma, Editori Riuniti, 1976, voce Pulvio Zocchi
  • Stefano Fabei, I neri e i rossi : tentativi di conciliazione tra fascisti e socialisti nella repubblica di Mussolini, Mursia, 2011
  • Mauro De Agostini, Franco Schirone, Per la rivoluzione sociale. Gli anarchici nella Resistenza a Milano (1943-1945), Zero in condotta, Milano, 2015, p. 122
  • Edmondo Cione, Tra Croce e Mussolini, Napoli, SEPA, 1946
  • Edmondo Cione, Storia della Repubblica Sociale Italiana, Caserta, Il Cenacolo, 1948, nuova edizione: Latinitas, 1951.