Pyramide de l'Ouest
La pyramide de l'Ouest est l'une des pyramides découvertes à côté de la pyramide de Pépi Ier à Saqqarah-Sud[1].
Informations essentielles
| Commanditaire |
Reine de Pépi Ier |
|---|---|
| Type | |
| Base |
21 m |
| Coordonnées |
Découverte et fouilles
modifierLa pyramide a été découverte par la Mission archéologique française de Saqqâra (MAFS) et a été fouillée entre 1991 et 1996[1].
Description
modifierLe complexe anonyme, désigné par la MAFS sous le nom de « SW », est situé à l'angle sud-ouest du mur d'enceinte du complexe funéraire de Pépi Ier. Son plan général, relativement atypique, résulte de plusieurs phases de construction successives, que l'on peut distinguer de la manière suivante[1] :
- Phase 1 – Construction de la pyramide, seule partie du complexe réalisée en pierre : cette première phase semble avoir été interrompue avant son achèvement, comme l'indique la disposition inhabituelle des appartements funéraires ; en effet, le serdab s'ouvre au sud de la chambre funéraire, contrairement à la disposition canonique qui le place habituellement à l'est ; la pyramide mesure environ 21 mètres de côté (soit 40 coudées)[1] ;
- Phase 2 – Réutilisation du complexe après une période d'abandon : celui-ci sert alors de sépulture à une nouvelle occupante. On y construit un ensemble funéraire en brique crue, vraisemblablement postérieur au complexe de la reine Inenek Inti et celui de la reine Méhaa ainsi que le tombeau de son fils Horneterikhet ; cette seconde phase se distingue par l'emploi de la brique crue et par la construction d'un temple funéraire réduit, dont le temple intime est établi au nord de la pyramide, sans doute en raison de contraintes d'espace ;
- Phase 3 – Agrandissement du complexe : de nouvelles pièces sont ajoutées vers le nord, ce qui étend la zone dédiée au culte[1] ;
- Phase 4 – Dernières modifications du plan : de nouvelles annexes sont construites au nord et l'ouverture donnant sur la rue principale est condamnée, remplacée par un accès à l'ouest, débouchant sur une ruelle perpendiculaire à l'artère principale[1].
La datation précise de ces différentes phases demeure incertaine, de même que la durée écoulée entre chacune d'elles :
- Phase 1 : début du règne de Pépi Ier[2] ;
- Phases 2 et 3 : la chronologie relative entre ces deux étapes est proche, bien que l'intervalle séparant la phase 1 de la phase 2 reste inconnu[1] ;
- Phase 4 : postérieure aux aménagements associés à l'accès du complexe d'Ânkhésenpépi II (sous le règne de Pépi II) ; cette dernière phase pourrait être relativement tardive, peut-être au début du Moyen Empire, comme le suggère la fermeture de l'accès à la rue principale[1].
Propriétaire
modifierLes éléments issus de la fouille du complexe semble indiqué qu'une reine du début du règne de Pépi Ier a eu un complexe funéraire en son honneur, mais que, pour une raison inconnue, il lui a été retiré. Il est possible que cette reine soit tombée en disgrâce, peut-être après une conspiration comme le laisserait entendre une inscription retrouvé dans la tombe du haut fonctionnaire Ouni. Cependant, ceci est loin d'être certain, car la conspiration pourrait très bien concerner une tout autre personne[3].
Il est à noter qu'une « fille aînée du roi » et « épouse du roi de la pyramide de Pépi Ier », attestée uniquement par un fragment d'obélisque retrouvé dans le complexe funéraire de la pyramide de Mérititès II[4]. Si Audran Labrousse pense qu'il ne peut s'agir de la reine de la pyramide de l'Ouest[5], Vivenne Gae Callener n'est pas aussi catégorique, pour la simple et bonne raison que la stèle fausse porte de Mérititès II, bien plus massive que l'obélisque, a été usurpée et provenait du complexe de Noubounet, située encore plus loin que la pyramide de l'Ouest[4].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Pyramides découvertes par la MAFS »
- ↑ Gourdon 2016, p. 299.
- ↑ Gourdon 2016, p. 76-77 et 295.
- 1 2 Callender 2011, p. 249.
- ↑ Labrousse 2010, p. 303.
Bibliographie
modifier- Audran Labrousse, « Huit épouses de Pépy Ier », dans Alexandra Woods, Ann McFerlaine et Susanne Binder, Egyptian Culture and Society. Studies in Honour of Naguib Kanawati, vol. I, Le Caire, Conseil Suprême des Antiquités, coll. « Supplément aux Annales du Service des Antiquités de L'Egypte » (no 38), , 314 p. (ISBN 978-9774798450), p. 297-314 ;
- (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6) ;
- Yannis Gourdon, Pépy Ier et la VIe dynastie, Paris, Pygmalion, , 429 p. (ISBN 978-2-7564-0558-2).
