Quand faut y aller, faut y aller

film sorti en 1983

Quand faut y aller, faut y aller (titre original: Nati con la camicia) est un film américano-italien réalisé par E.B. Clucher, sorti en 1983.

Quand faut y aller, faut y aller
Titre original Nati con la camicia
Réalisation Enzo Barboni (crédité E.B Clucher)
Scénario Marco Barboni
Acteurs principaux Terence Hill
Bud Spencer
David Huddleston
Pays de production Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie
Film d'aventure
Film d'action
Durée 104 minutes
Sortie 1983

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Rosco Frazer, un charmant aventurier, et Doug O’Riordan, un détenu récemment libéré et emprisonné pour avoir coulé un yacht qui l’avait contrarié, se rencontrent lors d’une violente bagarre dans un relais routier. Ils s’enfuient en camion, chacun pensant que l’autre est le chauffeur. Peu après, une patrouille routière les arrête pour excès de vitesse et, faute de papiers en règle, on les prend pour des braqueurs. Grâce aux talents de ventriloque de Rosco, ils parviennent à s’enfuir.

Doug préférerait s’enfuir seul, mais il ne parvient pas à se débarrasser de Rosco, qui s’est pris d’affection pour lui. Ensemble, ils se rendent à l’aéroport pour se cacher dans un autre État. Le vol pour Miami étant déjà complet, ils se font passer pour les passagers Steinberg et Mason, qui n’ont pas récupéré leurs billets, ignorant qu’ils sont tous deux des agents de la CIA en mission. Ils sont donc interceptés par un agent juste avant le décollage et reçoivent une valise contenant un million de dollars. Après divers incidents et embrouilles, ils sont conduits au siège de la CIA pour rencontrer « Tigre », leur nouveau patron, et sont priés à plusieurs reprises d'omettre dans leur rapport final des incidents embarrassants qui pourraient jeter une mauvaise image du personnel de la CIA impliqué.

Afin de traquer une mystérieuse organisation secrète qui se cache à Miami Beach, Rosco et Doug sont chargés de se faire passer pour de riches Texans. Ils y parviennent avec brio et parviennent finalement à traquer K1, un criminel mégalomane qui veut anéantir l'humanité avec sa « Bombe K », plongeant le monde dans le chaos. Ils déjouent son plan, mais ne peuvent finalement pas bénéficier de leurs avantages et du million de dollars, car un « Tigre » trop zélé a déjà restitué l'argent au gouvernement ; une simple visite au président est tout ce qu'ils obtiennent.

Fiche technique

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Distribution

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Production

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Genèse et développement

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Pour son quatrième film avec Terence Hill et Bud Spencer, Enzo Barboni décide de confier l'écriture du scénario à son fils, Marco Tullio Barboni, fort de leur première collaboration sur le film Le Pont, sorti un an auparavant. Ses consignes sont de reprendre à peu près le concept de Deux super-flics : Deux aventuriers sympathisent lors d'une bagarre générale dans un bar puis, suite à un concours de circonstance, sont pris pour d'autres personnages. Toutefois, le concept est poussé bien plus loin car l'histoire est une succession d'erreurs sur la personne : Rosco et Doug s'embarquent dans un camion, chacun pensant que l'autre en est le propriétaire, un malentendu qui conduit deux policiers à les considérer comme des fugitifs ; Par la suite, pour pouvoir prendre un avion pour Miami, les deux hommes usurpent les identités de deux passagers sans savoir que ces derniers sont de redoutables agents de la CIA destinés à poursuivre une mission secrète. Par ailleurs, Rosco et Doug n'ont pas la moindre attache (tout comme Deux super-flics) ni de lien familial (contrairement aux Trinita, à Pair et impair puis Cul et chemise).

En somme, le film est une parodie de James Bond. Cette franchise est considérée, et ce depuis ses débuts en 1962, comme un sous-genre en Italie, notamment en raison de la série de films interprétée par le duo comique Franco Franchi et Ciccio Ingrassia. Citons par exemple 002 Agents secrets (1964) ou encore Deux Mafiosi contre Goldginger (1965). De même, Neil Connery, le frère de Sean, était venu tourner Opération frère cadet à Rome en 1967[1].

Le film impose tout de même bon nombre de clins d'œil à la saga de 007. Ainsi, le chef de la CIA est surnommé le "Tigre" (comme le chef des services secrets japonais dans On ne vit que deux fois) ; le méchant K-1 n'apparaît que par le bas du corps de tout le film, à l'instar d'Ernst Stavro Blofeld mais aussi du Dr Gang dans Inspecteur Gadget, et ne révèle son visage qu'à la fin de l'histoire, lorsque les deux héros se retrouvent face à lui. De même, il suit sur un écran le lancement d'une navette à Cap Canaveral (comme le Dr No) pour pouvoir la saboter. De son côté, Terence Hill conduit le même modèle de Jet-Ski que Roger Moore dans L'Espion qui m'aimait (1977), soit un Wetbike de la marque Spirit Marine. Cependant, Enzo et Marco Tullio Barboni s'amusent à détourner les gimmicks habituellement présents dans James Bond : Rosco et Doug, alias les agents Steinberg et Mason, se retrouvent munis de gadgets plus farfelus les uns que les autres (un rouleau de papier hygiénique ultra-résistant au point de supporter un poids énorme ou encore un vaporisateur d'essences aphrodisiaques) et d'une Lincoln Continental toute équipée et dans un style très « texan ». En ce qui concerne les antagonistes, ils possèdent des gadgets plus simplistes mais non moins sophistiqués comme un pot de moutarde faisant talkie-walkie ou encore une cerise explosive (des accessoires se révélant peu coûteux à la production). Enfin, K-1 arbore un basset hound (contrairement à Blofeld qui arbore un chat Angora blanc).

Choix des acteurs

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Terence Hill et Bud Spencer retrouvent David Huddleston, six ans après Deux super-flics, engagé pour le rôle du chef de la CIA.

Révélée par son rôle de catcheuse dans le film Rosy la Bourrasque (1980) de Mario Monicelli, Faith Minton est choisie pour interpréter la femme de M. Spider, surnommée la "Vampe". Quant à M. Spider, le cascadeur vétéran Riccardo Pizzuti assure le rôle avec une apparence très soignée (les cheveux tirés à quatre épingles et une barbe bien taillée).

Le cascadeur Jeff Moldovan, expert en arts martiaux et acrobate des couteaux rétractables, incarne le chef des gangsters chinois. Il est également apparu la même année dans Escroc, Macho et Gigolo, avec Bud Spencer et Tomás Milián.

Tournage

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Une partie du film est tournée au Fontainebleau, hôtel cinq étoiles de Miami Beach situé sur Collins Avenue. Celui-ci était déjà aperçu dans le générique de Deux super-flics ainsi que dans une scène de Pair et impair. Entretemps, le palace a changé de propriétaire qui a fait d'importants travaux de rénovation et de modernisation. Des palmiers y ont été ajoutés et la piscine a changé de forme, s'articulant autour d'un rocher en haut duquel Terence Hill se dresse avant de descendre puis de longer le bord de l'eau.

Alors qu'il était lui aussi apparent dans les deux mêmes films précédents, le Miami Seaquarium est cette fois utilisé pour une autre scène du film nécessitant une longue bagarre et une séquence au bassin d'où jaillit une orque baptisée Lolita, ayant vécu en captivité au Seaquarium pendant 50 ans.

La séquence finale du paquebot est filmée à bord du Topaz, navire de croisière de la compagnie Carnival[2], alors en pleine activité. Selon les dires de Terence Hill, les scènes ont été tournées lors d'une croisière entre Miami et les Caraïbes. Des passagers se seraient même demandés ce que faisaient des italiens à se bagarrer entre eux (il s'agît de la scène du règlement de compte entre les deux héros et les hommes de K-1, lesquels sont masqués et portent des t-shirts I Love K1).

Bande originale

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La musique du film est composée par Franco Micalizzi. C'est sa seconde collaboration avec Enzo Barboni et le duo Hill-Spencer après On l'appelle Trinita (1970).

  1. In The Middle Of All That Trouble Again (chantée par A. Douglas Meakin) (3:26)
  2. Caribbeans Women (3:50)
  3. Flying To Miami (3:10)
  4. In The Middle Of All That Trouble Again (3:34)
  5. Spies & Guys (3:00)
  6. Shining Day (3:39)
  7. Fighting At Burger Bar (2:34)
  8. Guys & Spies (1:39)
  9. In The Middle Of All That Trouble Again (3:50)

Accueil

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Le film sort le dans les salles françaises et totalise 1 707 062 entrées. Malgré ce bon score, Quand faut y aller, faut y aller cause un ralentissement dans le succès du duo Hill-Spencer.

Selon un article de François Cognard dans le magazine Starfix[3], cette parodie de James Bond se montre très lourde mais cette lourdeur ne déplairait pas à Mel Brooks. En effet, le serveur aveugle du restaurant de l'hôtel, trimbalant un plateau de verres à champagne vides durant une bagarre, sort tout droit de La Dernière Folie de Mel Brooks (1976). De même, la chaussure-téléphone était déjà présente dans la série Max la Menace, également produite par Brooks.

Par ailleurs, l'idée que la bombe de K-1 « épargnerait les hommes et les choses mais débarrasserait l'esprit du nombre » est considérée comme loufoque et poétique à la fois. De même, le fait que Doug, une brute épaisse sortant de prison, se mette aux commandes d'un hélicoptère (alors qu'il n'en a pas les compétences) pourrait sembler incohérent. Mais Bud Spencer étant un pilote accompli dans la vie, la fiction suggère alors que Doug, se faisant passer pour un expert de la CIA, se contente d'obéir à son chef pour éviter de se faire démasquer.

Les Barboni père et fils partagent le précepte de Gérard Oury et Danièle Thompson : « Croire en la magie du cinéma »[4]. Dans Quand faut y aller, faut y aller, les genres se succèdent (Doug joue du Beethoven au piano, communique avec une orque, ...) au point même d'en arriver à une idée totalement extravagante : Rosco et Doug entrent dans les toilettes d'une modeste pizzeria de Miami pour se retrouver à bord d'un paquebot en pleine mer (des bruitages et des sauts de caméras montrant que la pièce se déplace). Par conséquent, le film dégage un humour absurde et cartoonesque qui n'est pas sans rappeler le comique de Sergio Corbucci.

À noter

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  • Terence Hill et Bud Spencer interprètent ici une parodie de James Bond. Ainsi ils sont recrutés par la CIA au lieu du MI-6, quant au fournisseur de gadgets (Sam), il est un homme un peu distrait contrairement à l'original (Q).
  • Buffy Dee avait déjà joué aux côtés de Terence Hill dans Un drôle de flic, en 1980. Il jouera aussi dans Les Super-flics de Miami en 1985 comme concierge d'hôtel.
  • On peut relever une petite erreur de traduction dans la version française : Dans le restoroute, au début du film, Doug affirme commander au serveur « un plat de fayots » après avoir mangé deux Hamburgers. Or par la suite, le serveur lui prépare en fait un troisième Hamburger.
  • Lors de la course-poursuite entre le Hors-bord et la motomarine (jet-ski), Terence Hill porte une casquette rouge sur les gros plans alors que sur les plans larges, la doublure de l'acteur porte une casquette bleu-noire (ce qui également visible au tout début du film, lorsque Terence Hill manque de se faire écraser par un camion).
  • Terence Hill porte une casquette de l'équipe de base ball des Red Sox de Boston (Massachusetts, USA).
  • Bud Spencer a pour prénom "Doug" ce sera au tour de Terence Hill dans Les Super-flics de Miami en 1985.
  • Un "remake" du film a été réalisé par la chaine YouTube BudTerence studios (d'une durée nettement inférieure : environ 8 minutes comparé aux 104 minutes du film original).

Notes et références

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  1. ↑ Les Aventures de Bud Spencer & Terence Hill par Philippe Lombard, éditions PULSE, janvier 2026.
  2. ↑ [vidéo] « Quand faut y aller, faut y aller (1983) », Films & Séries, , 104:46 min (consulté le )
  3. ↑ « Quand faut y aller, faut y aller », Starfix #11, Décembre 1984.
  4. ↑ Gérard Oury mon père l'As des as par Jean-Pierre Lavoignat et Danièle Thompson, éditions de la Martinière, 2019.

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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