Ray Bradbury
Raymond Douglas Bradbury, dit Ray Bradbury, né le à Waukegan, dans l'Illinois, et mort le à Los Angeles, en Californie, est un écrivain américain.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
Ray Douglas Bradbury |
| Nom de naissance |
Raymond Douglas Bradbury |
| Pseudonyme |
William Elliot |
| Nationalité | |
| Domicile | |
| Activités |
Scénariste, écrivain de science-fiction, dramaturge, romancier, poète, écrivain, romancier satirique |
| Période d'activité |
- |
| Père |
Leonard Spaulding Bradbury, Sr. (d) |
| Conjoint |
Marguerite McClure (d) (de à ) |
| Enfant |
Bettina F. Bradbury (en) |
Auteur de plus de six cents nouvelles, d'une dizaine de romans, de pièces de théâtre, de poèmes, d'essais et de scénarios, il doit sa notoriété au recueil Chroniques martiennes (1950), à L'Homme illustré (1951) et surtout à Fahrenheit 451 (1953), roman consacré à un futur où les livres sont brûlés. Bien qu'il ait été très tôt classé parmi les auteurs de science-fiction, il a passé sa vie à contester cette étiquette, ne reconnaissant à ce genre que Fahrenheit 451 et revendiquant pour le reste le fantastique et la fantaisie[1].
Son œuvre mêle la nostalgie d'une enfance passée dans une petite ville du Middle West, transposée sous le nom de Green Town, une méfiance persistante envers la technique et les pouvoirs qui l'emploient, et une défense passionnée de l'exploration spatiale, dont il devint dans les années 1960 l'un des porte-parole les plus écoutés aux États-Unis[2]. Ses livres ont été portés au cinéma par François Truffaut et Jack Clayton, adaptés en bande dessinée par les studios EC Comics et déclinés à la télévision, notamment dans la série Ray Bradbury présente qu'il produisit et écrivit de 1985 à 1992[3].
Biographie
modifierUne enfance dans l'Illinois (1920-1934)
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Ray Douglas Bradbury naît le à Waukegan, ville industrielle de l'Illinois située sur la rive du lac Michigan, au nord de Chicago[4]. Son père, Leonard Spaulding Bradbury, dit Leo, amateur de sport et de plein air, est employé du service municipal de l'électricité, le Bureau of Power and Light, jusqu'à son licenciement pendant la troisième année de la Grande Dépression[N 1],[5]. Le jour de sa naissance, Leo et son fils aîné assistent à un match de baseball à l'autre bout de la ville[6]. Sa mère, Esther Moberg[N 2], est née en Suède[6],[7]. Par son père, Bradbury descend de Mary Bradbury, condamnée à mort lors des procès des sorcières de Salem de 1692, mais qui échappa à l'exécution[8]. L'écrivain s'intéressera à cette ascendance et achètera, à l'automne 1949, The Devil in Massachusetts, l'étude que Marion Starkey avait consacrée à ces procès[9].
Ray a un frère aîné, Leonard junior, surnommé Skip, né quatre ans avant lui, et dont le frère jumeau, Samuel, est mort pendant la grande pandémie de grippe de 1918[6],[10],[N 3]. Une sœur cadette, Elizabeth, naît en 1926[11] et meurt en bas âge, découverte sans vie dans son berceau un matin de [N 4]. Dans la famille, le garçon est surnommé « Shorty »[6],[12]. Toute sa vie, Bradbury soutiendra qu'il garde le souvenir de sa propre naissance ainsi que des films vus à l'âge de trois ans, en particulier de Lon Chaney dans Notre-Dame de Paris et Le Fantôme de l'Opéra[11],[6],[4],[13]. Il partage avec son père la lecture du magazine Argosy : tout au long des années 1930 et jusque pendant la guerre, l'exemplaire acheté par Leo le lundi revient à Ray le vendredi[14].
En 1931 ou 1932, à l'âge de douze ans, Bradbury assiste au numéro d'électrocution d'un artiste de foire connu sous le nom de M. Electrico. Selon le récit qu'en donnera l'écrivain, notamment dans la postface qu'il rédige en 1999 pour une réédition de La Foire des ténèbres, M. Electrico est un ancien pasteur presbytérien qui feint de s'électrocuter et d'électrocuter les spectateurs au moyen d'une chaise électrique. Dans la version la plus connue de l'anecdote, il touche le garçon du bout de son épée chargée d'électricité en lui ordonnant : « Vis pour toujours ! » Bradbury fera par la suite de cette rencontre l'origine de sa vocation littéraire et de sa résolution d'écrire chaque jour ; il attribue le même rôle à un autre personnage croisé dans les spectacles ambulants de Waukegan, le prestidigitateur Blackstone[15],[16],[17],[18].
Dans un entretien accordé en 2002, Bradbury relie cet épisode aux obsèques de son oncle Lester, blessé par balle lors d'un hold-up et mort à l'hôpital trois jours plus tard. Il situe les funérailles le matin de la fête du Travail tout en évoquant un samedi, ce qui rend la chronologie de son récit incertaine[N 5]. Au retour du cimetière, il aurait demandé à son père d'arrêter la voiture en apercevant les drapeaux et les tentes de la fête foraine installée au bord du lac. Malgré la colère de son père et son refus d'assister à la veillée funèbre, il serait descendu vers la foire, un tour de magie composé d'une balle et d'un vase dans la poche, et aurait demandé au forain de lui en montrer l'exécution. M. Electrico lui aurait ensuite fait visiter les baraques de l'homme-squelette, de la femme obèse, de l'homme illustré et des acrobates, avant de s'entretenir avec lui sur la plage et de lui affirmer qu'ils s'étaient déjà rencontrés : Bradbury aurait été son meilleur ami, mort dans ses bras dans la forêt des Ardennes en octobre 1918, puis revenu au monde sous un autre nom et un autre visage. En quittant la foire, l'enfant aurait pleuré devant le carrousel, au son de la chanson Beautiful Ohio, avec le sentiment que quelque chose venait de se produire[19],[20].
L'épisode a retenu l'attention des biographes de Bradbury. Jonathan R. Eller observe que cette scène, qui pourrait passer pour une simple anecdote foraine, est demeurée pleinement réelle aux yeux de l'écrivain, et relève chez lui une réceptivité peu commune à la suggestion, d'où procèdent à la fois sa capacité à restituer les peurs de l'enfance et son habitude d'écrire chaque jour[16]. Avec William F. Touponce, il insiste sur l'ambivalence de l'expérience : l'injonction de vivre éternellement est prononcée au moment même de l'électrocution simulée, de sorte que la fête foraine associe la mort et la renaissance. Cette lecture rend compte, selon eux, du retour de M. Electrico sous une forme inversée dans La Foire des ténèbres, où il maudit au lieu de bénir[15],[21]. Reprenant cette analyse, Weller y voit le point de départ de la « carnavalisation » qui parcourt l'ensemble de l'œuvre[20].
Les difficultés économiques et la recherche d'un emploi conduisent les Bradbury à quitter Waukegan à plusieurs reprises. La famille avait effectué un premier séjour en Arizona en 1926-1927 avant de revenir dans l'Illinois[22],[23]. Entre 1932 et 1934, elle repart vers l'Ouest, à Tucson, revient à Waukegan, puis s'établit à Los Angeles[24]. Pendant ce second séjour en Arizona, ses parents lui offrent une machine à écrire jouet munie d'un cadran. Il entreprend de taper, lettre après lettre, sa propre version du Seigneur de la Guerre de Mars (The Warlord of Mars), troisième volet des aventures martiennes de John Carter dues à Edgar Rice Burroughs. Il fait remonter à cet exercice le lien étroit qu'il établira toute sa vie entre le clavier et l'imagination[16],[25],[26],[N 6].
Los Angeles, les amateurs de science-fiction et l'apprentissage (1934-1941)
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Les Bradbury arrivent à Los Angeles à la fin du printemps 1934[N 7]. Ray n'a pas encore quatorze ans, et la ville et ses environs resteront son lieu de résidence jusqu'à sa mort. Il entre en neuvième année au Berendo Junior High School, puis poursuit ses études au Los Angeles High School[27]. Il partage alors son temps entre l'école, l'écriture et le monde du spectacle. Il se rend chaque semaine devant les studios de Hollywood, notamment ceux de Gower Avenue, photographie les vedettes avec l'appareil de son père et rassemble plus d'un millier d'autographes. Ces excursions deviennent quotidiennes pendant les vacances d'été et se poursuivent jusqu'en 1939. Il assiste également, chaque fois qu'il le peut, à l'enregistrement d'émissions de radio, dont il recopie les scénarios pour en apprendre le métier avant d'en composer lui-même[28],[29].
Au lycée, plusieurs enseignantes remarquent son ardeur au travail, mais aussi les faiblesses techniques d'un jeune auteur encore très porté à imiter ses modèles. À partir de 1935, il suit pendant deux ans les cours d'écriture de nouvelles de Jennet Johnson, qui l'encourage à élargir la gamme de ses modèles littéraires. Durant son avant-dernière année, il assiste également au cours de poésie de Snow Longley Housh. Toutes deux jugent exceptionnelle sa volonté de devenir écrivain, même si ses travaux restent maladroits et si son besoin constant de conseils empiète parfois sur le temps réservé aux autres élèves[30],[31],[N 8]. Ses premiers récits imitent notamment Edgar Rice Burroughs, H. P. Lovecraft, P. G. Wodehouse et Arthur Conan Doyle ; son premier devoir pour Jennet Johnson, en classe de dixième année, reprend même les scènes initiales de King Kong[30]. Le cours d'astronomie qu'il suit à l'automne 1937 le ramène aux thèses de Percival Lowell sur les canaux martiens, découvertes à dix ans, qui nourriront ses premiers récits planétaires[32].
Le jeudi , au début de sa dernière année de lycée, Bradbury assiste pour la première fois à une réunion de la section de Los Angeles de la Science Fiction League. Créée en 1934 sous le patronage du magazine Wonder Stories de Hugo Gernsback, cette organisation relie encore une grande partie des amateurs américains de science-fiction, bien qu'elle ait déjà commencé à se fragmenter. On y présente notamment les dessins originaux réalisés pour Galactic Patrol d'E. E. « Doc » Smith, alors publié en feuilleton dans Astounding[33],[34],[35],[N 9].
Forrest J. Ackerman, qui dirige la lettre d'information du groupe, Imagination!, prend rapidement Bradbury sous sa protection et lui confie des tâches de rédaction et d'illustration. Le jeune homme trouve dans la ligue un second foyer et partage pendant quelque temps l'intérêt d'Ackerman pour l'espéranto et la technocratie. Sa première fiction connue, « Hollerbochen's Dilemma », paraît dans le numéro de janvier 1938 d'Imagination!. Le récit irrite plusieurs abonnés éloignés, mais Bradbury continue de fournir à la revue des poèmes humoristiques, des articles, des dessins et une courte esquisse autobiographique, parfois sous des noms d'emprunt[33],[36],[37]. Il rencontre dans ce milieu des amateurs et de jeunes professionnels qui compteront dans sa formation, parmi lesquels Henry Kuttner, l'illustrateur Hannes Bok, découvert au milieu de sa dernière année de lycée, et le futur spécialiste des effets spéciaux Ray Harryhausen[38],[39].
Bradbury obtient son diplôme du Los Angeles High School en 1938 et s'offre pour l'occasion The Summing Up de Somerset Maugham, qui ouvre la série de ses lectures sur le métier d'écrire[40]. Il ne suivra aucun cursus universitaire et choisit de poursuivre sa formation par ses lectures, son travail personnel et la fréquentation des bibliothèques. Après plusieurs emplois d'été abandonnés au bout de quelques jours, il vend pendant environ quatre ans l'édition de l'après-midi du Los Angeles Herald and Express à un kiosque situé à l'angle d'Olympic Boulevard et de Norton Avenue, les jours de semaine, approximativement de 15 h 30 à 18 h, pour un revenu d'environ dix dollars par semaine. Cet horaire lui laisse les matinées et le début de l'après-midi pour écrire : son relevé de juillet 1938 fait état de onze récits dont le premier jet est achevé, auxquels il en ajoute au moins cinq au cours de l'été[41],[42],[N 10]. Au printemps 1940, il s'inscrit brièvement à des cours d'art dramatique au City College, mais les abandonne après quelques jours, préférant apprendre au contact du monde extérieur plutôt que dans une salle de classe[43].
En 1939, plusieurs membres de la section de Los Angeles se préparent à assister à la première Convention mondiale de science-fiction, organisée à New York les 2 et , en même temps que l'Exposition universelle de 1939. Ackerman prête à Bradbury les cinquante dollars nécessaires au voyage. Le jeune homme traverse seul le pays en autocar pendant quatre jours, en emportant sept dessins que Hannes Bok lui a envoyés de Seattle et qu'il espère présenter aux directeurs des revues fantastiques, ainsi que ses propres manuscrits[44],[45],[N 11].
À New York, Bradbury rencontre des directeurs de revue, des agents, des illustrateurs et des écrivains, parmi lesquels John W. Campbell, Frederik Pohl, Donald A. Wollheim, Julius Schwartz, Jack Williamson, Ross Rocklynne, Mort Weisinger, Frank R. Paul, Virgil Finlay et A. Merritt. Ses propres récits ne sont pas encore jugés publiables : Schwartz, qui deviendra plus tard son premier agent, estime qu'ils ne sont pas prêts pour le marché des pulps, et lorsque Charles D. Hornig et Ross Rocklynne lisent le reste de ses manuscrits avec lui à Central Park, le 10 juillet, ils n'y trouvent rien de vendable. Le voyage lui permet cependant de se faire connaître dans les milieux éditoriaux new-yorkais et de nouer des relations durables. Il contribue aussi à lancer la carrière de Hannes Bok en présentant ses dessins, le , à Farnsworth Wright, directeur de Weird Tales, qui accepte de lui confier un texte à illustrer[46],[47].
Peu avant son départ pour New York, Bradbury avait préparé le premier numéro de son propre fanzine, Futuria Fantasia, avec le soutien de la section de Los Angeles et l'aide d'Ackerman. Quatre numéros paraissent entre l'été 1939 et 1940. Hannes Bok en réalise les couvertures et une partie des illustrations intérieures, tandis que Bradbury publie des récits, des poèmes et des éditoriaux sous son nom ou sous divers pseudonymes. Les premiers numéros reflètent son engagement dans le mouvement technocratique : il y adhère officiellement le et y voit alors un moyen de mettre fin à la pauvreté et d'éviter une nouvelle guerre[48],[49],[50].

Bradbury apprend peu à peu à solliciter des auteurs plus expérimentés et à organiser un débat sur l'état de la science-fiction, débat que les revues professionnelles n'accueillaient guère. Futuria Fantasia publie ainsi des textes critiques de Henry Hasse et de Henry Kuttner, ainsi qu'un long article de Ross Rocklynne sur les modes de propulsion spatiale. Le deuxième numéro contient « The Pendulum », retenu à la dernière minute pour remplacer un texte de Hasse : c'est le premier récit dans lequel Bradbury construit son intrigue autour d'une métaphore centrale[51],[52]. Le quatrième et dernier numéro publie des textes de Kuttner, de Damon Knight et de Robert A. Heinlein, dont la nouvelle « Heil! » paraît sous le pseudonyme de Lyle Monroe. Bradbury y donne également « The Piper », signé Ron Reynolds, qui deviendra, après réécriture, sa première nouvelle vendue sous sa seule signature à une revue professionnelle de science-fiction. La publication s'arrête là, faute de financement et parce que son auteur se tourne désormais vers les pulps ; c'est aussi le moment où il se détache de la technocratie, après avoir vu Howard Scott haranguer des partisans en uniforme au Shriner Auditorium[53],[54].
En 1940 et 1941, Bradbury poursuit parallèlement son apprentissage par le théâtre et la musique. Il participe aux revues comiques amateurs du Wilshire Player's Guild de Laraine Day, travaille comme ouvreur au Hollywood Bowl pendant les étés 1940 et 1941, et assiste à des concerts, à des ballets et à des opéras. Il se passionne pour les compositeurs romantiques ainsi que pour Dmitri Chostakovitch, Sigmund Romberg, Bernard Herrmann, Miklós Rózsa et Max Steiner. Quelques semaines de répétitions dans un premier rôle, en 1941, le convainquent de son incapacité à retenir un texte et il renonce à devenir acteur, mais ces expériences renforcent son intérêt pour le rythme, la mise en scène et les formes spectaculaires[43],[55],[N 12].
À la même époque, Robert et Leslyn Heinlein l'invitent occasionnellement aux réunions du cercle informel d'écrivains qu'ils accueillent chez eux, connu sous le nom de Mañana Literary Society. Bradbury peut ainsi mieux connaître Heinlein, Henry Kuttner, Cleve Cartmill, Leigh Brackett, Edmond Hamilton et, plus tard, Jack Williamson. Son enthousiasme paraît encore excessif à certains de ses aînés, mais Heinlein remarque la constance de son travail et lui conseille d'envoyer un texte à Rob Wagner's Script, revue littéraire régionale que les lecteurs de la côte Ouest comparaient volontiers au New Yorker. La revue ne rémunère pas ses collaborateurs, mais elle a déjà publié des auteurs tels que William Saroyan[56],[57].
Pendant l'été 1940, Bradbury soumet à Script un court récit humoristique intitulé « It's Not the Heat, It's the Hu— », né d'une conversation sur les expressions toutes faites avec Charles D. Hornig, alors installé à Los Angeles où il dirige ses trois revues de science-fiction new-yorkaises. Le texte paraît dans le numéro du . Bradbury n'est payé qu'en recevant trois exemplaires de la revue, mais il apparaît pour la première fois dans une publication professionnelle. Entre mars et juillet 1941, Script accueille encore deux de ses articles et deux courts récits humoristiques. Ces textes restent mineurs, mais ils témoignent d'une maîtrise croissante du rythme, de la construction et de l'écriture comique[56],[58],[N 13].
Les années des pulps (1941-1947)
modifierLa première vente professionnelle rémunérée de Bradbury résulte de la reprise d'un texte paru dans Futuria Fantasia. Au tournant de 1940 et 1941, Henry Hasse, qui vient de s'installer à Los Angeles, lui propose d'écrire à quatre mains et de commencer par « The Pendulum », que Donald A. Wollheim et d'autres directeurs de revues de la côte Est refusaient de considérer comme un inédit. Hasse, dont la force est la construction, ajoute un récit enchâssé et quelques éléments techniques à la machine à explorer le temps et à la prison-pendule imaginées par Bradbury. La nouvelle, dont le titre est abrégé en « Pendulum », est confiée à Julius Schwartz, qui accepte désormais de représenter son auteur auprès des revues professionnelles[59],[54],[60].
Tout change en , pour son vingt-et-unième anniversaire. Schwartz, venu passer l'été à Los Angeles avec Edmond Hamilton après une convention à Denver, tombe sur Bradbury à son kiosque à journaux et lui remet le chèque de « Pendulum », vendue au pulp Super Science Stories. La revue paie trente dollars ; après commission de l'agent, les vingt-sept dollars cinquante restants sont partagés entre les deux auteurs. Le texte paraît dans le numéro de , avec une illustration de titre due à leur ami Hannes Bok. Ses collaborations à Rob Wagner's Script ne lui ayant rien rapporté, « Pendulum » constitue sa première vente[59],[61],[62],[N 14].
Après l'attaque de Pearl Harbor et l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, Bradbury est déclaré inapte au service militaire en raison de sa vue, une myopie qui n'a cessé de s'aggraver de sa onzième à sa vingt-quatrième année[63],[64],[N 15]. Il participe à l'effort civil en rédigeant des textes pour les campagnes de don du sang de la Croix-Rouge américaine et pour la défense passive[65],[66].
Il installe alors son bureau de jour dans un immeuble de rapport du centre de Los Angeles, au 413 North Figueroa, que possède la mère de son ami Grant Beach, et y travaille jusqu'à huit heures par jour. Il adopte un rythme presque invariable : écrire ou réviser une nouvelle par semaine, puis l'envoyer à Schwartz, qui la fait circuler auprès des directeurs new-yorkais[65],[67],[N 16]. Ses ventes se multipliant, il abandonne son kiosque à journaux au tournant de 1942 et 1943[68],[69].
Ses récits paraissent dans des revues de science-fiction, de fantastique et de littérature policière. Sa science-fiction, peu attentive aux justifications techniques que réclame John W. Campbell, trouve difficilement sa place dans Astounding Science-Fiction. Ses textes fantastiques rencontrent davantage de succès à Weird Tales, où Dorothy McIlwraith, qui a succédé à Farnsworth Wright, en accepte à peu près autant qu'elle en refuse, tout en le prévenant régulièrement que le suivant devra se plier à la formule maison[70],[71]. Sa relation avec les directeurs des revues policières est plus chaleureuse : entre 1944 et 1948, il y publie seize nouvelles, dont cinq dans Detective Tales, que dirige Mike Tilden à partir de 1943, et trois dans New Detective. Ces revues paient une fois et demie le tarif de Weird Tales et ne lui imposent pas d'écrire à la commande[70],[72].

Écrite en 1942 et publiée dans le numéro de de Weird Tales, « The Lake » marque un tournant. Bradbury la tiendra pour la première nouvelle véritablement réussie de sa carrière[21],[73]. Au lieu de reprendre les intrigues convenues des revues fantastiques, il y transforme ses souvenirs d'enfance en un récit de perte et de culpabilité : un homme revient sur la plage où s'était noyée, des années plus tôt, la petite fille qu'il aimait. Il découvre ainsi que ses peurs et sa nostalgie de l'Illinois fournissent une matière plus originale que l'imitation de Poe ou de Lovecraft[74],[73].
Ses aînés jouent un rôle déterminant dans cet apprentissage. Henry Kuttner corrige ses manuscrits, lui apprend à resserrer ses intrigues et lui fait découvrir Sherwood Anderson, Eudora Welty, Katherine Anne Porter, Willa Cather et les nouvelles de William Faulkner[75],[76]. Edmond Hamilton lui fait lire les classiques, Leigh Brackett lui enseigne les règles élémentaires du métier : « Edmond Hamilton était mon professeur, Leigh Brackett était mon institutrice », résumera-t-il[77],[78].

Bradbury peut leur rendre service à l'automne 1944. Engagée fin août par Howard Hawks pour collaborer avec William Faulkner et Jules Furthman au scénario du Grand Sommeil, Leigh Brackett se retrouve dès septembre sur le plateau de la Warner et demande à son ami de terminer à sa place une novella de vingt-et-un mille mots promise à Planet Stories. Il en écrit la seconde moitié, y introduit des retournements imprévus et deux armées de morts vivants surgies de l'océan, et achève le texte en . Publiée à l'été 1946 sous le titre « Lorelei of the Red Mist », la novella est si homogène que le point de jonction serait resté indétectable si Brackett ne l'avait elle-même révélé[79],[80],[81].
À l'automne 1945, Bradbury part pour le Mexique avec Grant Beach, pour un voyage de neuf semaines. Après Mexico, les deux hommes gagnent Morelia le 30 octobre puis Pátzcuaro le 31, où ils assistent aux célébrations du jour des Morts. Pendant la traversée nocturne du lac vers l'île de Janitzio, Bradbury fait la connaissance de Man'Ha Garreau-Dombasle, épouse de l'ambassadeur de France, qui lui conseille le lendemain de pousser jusqu'à Guanajuato pour y voir les momies. Les deux voyageurs y arrivent le et visitent le lendemain les catacombes où sont exposés les corps desséchés[82],[83]. Bradbury rentre seul en autocar et retrouve Los Angeles le [84].
Le spectacle des momies, dont certaines sont celles d'enfants, provoque chez lui une terreur durable et nourrit « The Next in Line », achevée dans les mois qui suivent. Il y ajoute une panne de voiture qui contraint un couple américain à passer une nuit de plus à Guanajuato ; son carnet de route montre que la panne s'était en réalité produite quelques jours plus tôt à Guadalajara. La confusion des deux épisodes a fini par s'imposer dans tous les récits que Bradbury donnera ensuite de ce voyage[85],[86]. La nouvelle fermera son premier recueil.
Ce premier livre connaît une longue gestation. Le projet naît en 1944-1945 sous le titre A Child's Garden of Terror, ensemble de récits inspirés des peurs de l'enfance, avant de se stabiliser sous la métaphore de Dark Carnival, assez large pour absorber les remaniements continuels. August Derleth l'annonce d'abord pour l'automne 1946, mais les révisions de l'auteur repoussent la parution à [87],[88],[N 17]. Le volume, publié par Arkham House, rassemble vingt-sept nouvelles ; l'édition britannique, amputée par les restrictions de papier de l'après-guerre, devait en supprimer dix, mais Bradbury obtient d'en rétablir trois[89],[90]. Le faible tirage d'Arkham House limite l'audience du recueil, mais celui-ci fera rayonner le projet initial jusque dans la trilogie de Green Town et dans les récits de la famille Elliott[91],[N 18].
La relation avec Don Congdon commence avant ce livre. Ancien collaborateur de l'agence de Lurton Blassingame puis rédacteur adjoint à Collier's, Congdon rejoint Simon & Schuster en . Un mois plus tard, ses anciens confrères lui signalent un nouveau venu prometteur, un certain William Elliott : Bradbury avait signé de ce pseudonyme, forgé à partir des noms de William Carlos Williams et de T. S. Eliot, ses trois premières ventes aux magazines de grande diffusion. Le , Congdon écrit à « M. Elliott » pour lui demander s'il a un roman à proposer ; Bradbury lui révèle son identité le 11 septembre[92],[93],[N 19].
Consulté à l'été 1947 sur le choix d'un agent, Congdon recommande d'abord plusieurs maisons établies, puis annonce dans la même lettre qu'il quitte Simon & Schuster le 1er septembre pour l'agence Harold Matson et demande à représenter lui-même Bradbury sur tous les marchés. L'écrivain accepte aussitôt[89],[94]. Leur collaboration durera plus de soixante ans et portera notamment Chroniques martiennes, L'Homme illustré et Fahrenheit 451.
Sur le plan personnel, Bradbury rencontre Marguerite Susan McClure, dite Maggie, le à la librairie Fowler's de Los Angeles. Employée du magasin, elle surveille d'abord ce jeune homme au manteau trop grand et à la sacoche pleine de livres ; il lui demande un exemplaire de Who Knocks?, l'anthologie que vient de publier Derleth, pour lui montrer « The Lake ». Ils se fiancent au plus tard le , date à laquelle Bradbury inscrit sur un livre : « Maggie and Ray engaged »[95],[96].
Ils se marient le , Ray Harryhausen étant le témoin du marié. La mère de Bradbury a trouvé pour les jeunes mariés un bungalow de location au 33 Venice Boulevard, à un pâté de maisons du front de mer, à quelques centaines de mètres de la maison familiale : à vingt-sept ans, l'écrivain quitte le lit qu'il partageait depuis toujours avec son frère[97],[98],[N 20]. Entre 1949 et 1958 naîtront leurs quatre filles, Susan Marguerite, Ramona Anne, Bettina Francion et Alexandra Allison[66].
Chroniques martiennes et Fahrenheit 451 (1948-1953)
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Au printemps 1949, Congdon suggère à Bradbury de venir à New York présenter aux éditeurs les projets qu'ils ont préparés ensemble. Le voyage n'aurait pas été possible sans son ami et mentor Norman Corwin, qui s'y rendait pour ses émissions et proposa de prendre les repas à sa charge. Bradbury passe du 8 au à Manhattan, logé au YMCA de Sloan House, avec un programme de rendez-vous éditoriaux organisé par son agent. Les maisons sollicitées refusent aussi bien son roman inachevé sur l'Illinois que ses projets de recueils, au motif que les collections de nouvelles ne se vendent pas. Congdon organise alors un dîner au Luchow's, restaurant allemand de la 14e Rue, avec Walter Bradbury, directeur littéraire chez Doubleday et homonyme sans lien de parenté : celui-ci suggère de tisser les récits martiens en une « tapisserie », un « demi-cousin » du roman, pour la nouvelle collection de science-fiction de la maison[99],[100].
La proposition renvoie Bradbury à Winesburg-en-Ohio de Sherwood Anderson, lu en 1944, et à un projet abandonné intitulé Earthport, Mars. Le lendemain, il apporte deux synopsis, The Martian Chronicles et Frost and Fire, développement envisagé de sa novella « The Creatures That Time Forgot ». Doubleday lui accorde pour les deux livres une avance globale de 1 500 dollars[99],[101],[N 21]. De retour à Los Angeles, il organise ses récits selon une chronologie continue : au début d'octobre 1949, le manuscrit compte dix-sept nouvelles formant chapitres et treize textes de liaison, dont la fonction est empruntée aux intermèdes que John Steinbeck avait ménagés dans Les Raisins de la colère. Il retire deux récits et deux transitions dans les semaines qui suivent la remise du tapuscrit et continuera d'ajuster le sommaire pendant quarante-six ans, d'où six états différents du livre[102].
Publié en , Chroniques martiennes n'est donc pas un roman mais un cycle de nouvelles retraçant les expéditions terrestres, la colonisation de Mars, la disparition des Martiens et l'effondrement nucléaire de la Terre[103]. Son succès critique établit la réputation de l'auteur au-delà du public de la science-fiction. L'Homme illustré, son deuxième livre chez Doubleday, paraît en : les nouvelles y sont encadrées par l'histoire d'un vagabond dont les tatouages s'animent et révèlent des avenirs possibles[104],[105].
En , l'avance versée par Bantam pour l'édition de poche des Chroniques lui permet d'acheter une maison de trois chambres sur Clarkson Road, entre Westwood et Pico Boulevard, à quelques kilomètres au sud du campus de l'UCLA. Le garage indépendant, pourvu de placards et assez vaste pour ses archives, ferait un cabinet de travail idéal, mais il reste encombré par le déménagement et le mois est brûlant. Bradbury se replie alors, neuf jours de suite, sur la salle de machines à écrire du sous-sol de la bibliothèque universitaire, où dix cents donnent droit à une demi-heure de frappe[106],[107],[N 22].
Il y reprend les inquiétudes que lui inspirent les restrictions pesant sur la culture littéraire et la liberté d'expression dans une Amérique d'après-guerre gagnée par la paranoïa. Le Zéro et l'Infini d'Arthur Koestler lui offre un modèle de récit d'avertissement sur le totalitarisme, et sa nouvelle récente « The Pedestrian » lui fournit son point de départ : le promeneur solitaire tenu pour un déviant dangereux dans une société où les divertissements de synthèse ont remplacé la promenade du soir devient Guy Montag, pompier chargé de brûler les livres. En neuf jours, le récit atteint cent pages dactylographiées sous le titre Long after Midnight et conduit Montag jusqu'aux hommes-livres, qui sauvent par la mémoire le contenu des bibliothèques incendiées[106],[108].
Congdon fait retaper le texte et le met en circulation sous le titre « The Fireman ». Refusé par une série de magazines de grande diffusion, il est finalement acheté par Horace Gold pour Galaxy Science Fiction à la mi-octobre 1950, aussitôt après le refus de Town & Country. Bradbury révise la première moitié en novembre mais écarte la suggestion de Gold, qui voulait que la mémoire des hommes-livres soit corrompue par des collages publicitaires irréparables : une telle noirceur aurait ruiné la conclusion de guérison à laquelle il tenait. La novella de 25 000 mots paraît sans changement notable dans le numéro de [109],[105],[N 23].
« The Fireman » ne vise pas le seul maccarthysme. Le texte rassemble des inquiétudes plus anciennes sur les régimes totalitaires, les autodafés, l'abandon volontaire de la lecture et l'emprise des divertissements de masse, que le climat de la Seconde Peur rouge et les campagnes contre les livres jugés subversifs viennent renforcer. Au début de 1953, Bradbury prend publiquement la défense des bibliothèques et de la liberté intellectuelle dans des discours, des lettres et des articles, réflexion qui le conduit à reprendre sa novella[110],[111].
Le projet éditorial naît d'un dîner du entre Congdon et Stanley Kauffmann, qui vient de suivre Ian Ballantine dans une maison d'un genre nouveau, capable de publier sous un même toit en relié et en poche. Congdon y ressuscite sa vieille idée d'un volume réunissant trois novellas de science-fiction[112],[113],[114]. À la mi-janvier 1953, le contrat définitif substitue « The Fireman », à développer, à l'une des trois. Bradbury veut un titre qui renvoie à la température d'inflammation du papier des livres, mais aucun département scientifique des universités de Los Angeles ne sait la lui donner : les premières aquarelles de Joseph Mugnaini portent les titres Fahrenheit 204 puis Fahrenheit 205. Le 22 janvier, un appel aux pompiers de Los Angeles lui apprend que le seuil d'auto-inflammation est de 451 degrés Fahrenheit[115],[116].
La rédaction est plus laborieuse que ne le laisseront entendre les récits ultérieurs de l'auteur. Bloqué, Bradbury manque l'échéance du , puis celle du , ce qui met Ballantine en difficulté avec ses maquettistes et son partenaire Houghton Mifflin[117]. Il travaille sérieusement à partir du printemps, mais l'essentiel de la transformation se joue au début de juin, lors d'un nouveau séjour de neuf jours aux machines payantes de l'UCLA. Le 15 juin, il envoie les 126 premières pages, obtient un sursis jusqu'au 7 juillet et expédie ensuite le reste par livraisons successives jusqu'à la fin du mois[118].
L'agrandissement passe par les trois interlocuteurs de Montag : la jeune Clarisse McClellan, le professeur Faber et le capitaine des pompiers, appelé Leahy dans les deux premières versions et rebaptisé Beatty[119]. Kauffmann vient corriger les épreuves à Los Angeles au début d'août 1953 et profite d'un dîner avec les Bradbury et les Mugnaini pour demander à l'auteur si le moment est bien choisi pour un tel livre ; rassuré, il dépose les épreuves corrigées à l'imprimerie de Chicago sur le chemin du retour, ce qui remet la fabrication dans les temps[120],[121]. Fahrenheit 451, illustré par Mugnaini, paraît chez Ballantine en , simultanément en relié et en poche[122].
La rencontre avec Joseph Mugnaini, qui donnera les couvertures et les illustrations de plusieurs livres de Bradbury pendant quarante ans, remonte à une exposition de peinture de 1952 : l'écrivain achète deux toiles à tempérament, et l'artiste retire les tableaux de la vente pour les lui réserver[123],[124].
Les premières adaptations en bande dessinée datent des mêmes années. Au printemps 1952, William Gaines et Al Feldstein, d'EC Comics, ont publié des planches qui ressemblent de loin à « The Handler » et « The Man Upstairs », une adaptation plus proche de « The Emissary » et un récit combinant « Kaleidoscope » et « The Rocket Man ». Les sommes en jeu étant trop faibles pour justifier un procès, Bradbury choisit une autre voie : le , il leur adresse une lettre où il les félicite pour la qualité de leur travail, se dit dans l'attente des cinquante dollars dus pour les deux récits de science-fiction combinés, et les invite à puiser dans l'ensemble de ses trois livres. Le sous-entendu est compris ; sans jamais reconnaître les emprunts, Gaines et Feldstein acceptent une collaboration en règle[125],[126],[127]. Les adaptations autorisées paraissent jusqu'en 1954, dessinées notamment par Wally Wood, Joe Orlando, Jack Davis et George Evans[128],[N 24] ; Bradbury les laissera ensuite dormir une décennie avant d'en organiser la reprise en volume chez Ballantine, sous les titres The Autumn People (1965) et Tomorrow Midnight (1966)[129].
L'Irlande, Moby Dick et Hollywood (1953-1956)
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Le , Bradbury signe pour Moby Dick un premier contrat de dix-sept semaines, rémunéré 650 dollars par semaine, frais de voyage et de séjour en sus. John Huston, qui prépare pour la Warner Bros. une adaptation du roman d'Herman Melville, lui a proposé le travail quelques semaines plus tôt, alors qu'il n'avait jamais lu Moby-Dick en entier[130],[131],[N 25]. Il quitte Los Angeles le avec son épouse, leurs deux filles et leur gouvernante Regina Ferguson, et écrit la première page du scénario dès le lendemain, dans le train qui les mène à New York[132]. Il achève presque la première de ses neuf lectures intégrales du roman sur le pont arrière du paquebot SS United States, pendant l'une des pires tempêtes que le navire ait essuyées[133],[134].
Le navire accoste au Havre le et la famille passe plusieurs jours à Paris, où Bradbury termine sa lecture et commence à définir avec Huston l'orientation du film : tous deux veulent un scénario qui rende les résonances philosophiques, religieuses et littéraires de l'original[133],[134]. Les Bradbury gagnent Londres le 2 octobre, mais le séjour tourne court, Huston ayant décidé de mener la préparation depuis Courtown, le domaine irlandais qu'il loue afin de profiter de la saison de la chasse au renard. Le 6, la famille s'installe au Royal Hibernian Hotel, dans le centre de Dublin, et l'écrivain entre dans le monde déroutant des horaires et des humeurs de Huston, entre les courses de chevaux, les cartes et les soirées de Courtown, près de Kilcock, à l'ouest de la capitale, dans le comté de Kildare[135],[136],[N 26].
Le travail se révèle beaucoup plus long que prévu. Huston se montre stimulant et imprévisible, parfois cruel dans ses critiques ; il exige de nouvelles structures et pousse son scénariste à reprendre indéfiniment les mêmes scènes. Bradbury lit neuf fois le roman, étudie la Bible, Shakespeare et plusieurs commentateurs de Melville, transfère à Elijah les prophéties de Fedallah, puis à Achab l'enchevêtrement fatal dans les cordages. Il produit en tout plus de trente plans de travail et 1 500 pages de texte, pour un scénario final de cent cinquante pages[137]. Malgré des affrontements répétés, il reconnaîtra que Huston lui a appris à construire une progression dramatique et à dégager l'essentiel d'une œuvre complexe : la fonction du producteur, dira-t-il, est d'être un professeur[138].
Bradbury quitte Dublin à la fin de et achève le scénario à Londres. Il invente pour la fin une image absente du livre : le cadavre du capitaine Achab, sanglé au flanc de la baleine par les cordages des harpons, que le mouvement de la houle semble animer d'un geste d'appel, jusqu'à ce qu'un marin s'écrie qu'il leur fait signe. La trouvaille entrera dans la culture cinématographique comme si elle était de Melville, et Arthur C. Clarke y fera écho en 1968 dans sa novélisation de 2001, l'Odyssée de l'espace[137]. Après quelques dernières révisions, il rend sa copie le , sept mois jour pour jour après avoir commencé[139].
Il rejoint ensuite sa famille, partie devant pour Taormine, en Sicile. Le programme initial prévoyait deux mois de scénario et huit à neuf mois de tourisme européen ; les proportions se sont exactement inversées, et il ne reste qu'un mois, consacré à Rome et à l'Italie du Nord[140]. La rencontre de l'historien de l'art Bernard Berenson, dans sa villa de Toscane, compte parmi les épisodes que Bradbury tiendra pour une renaissance intellectuelle ; leur correspondance se poursuivra jusqu'à la mort du vieil homme[141],[142].
La question du générique provoque ensuite un long conflit. Au printemps 1955, la Warner et la Writers Guild of America West informent Bradbury que le scénario portera le nom de Huston comme coauteur. Il fait appel, et le comité d'arbitrage, estimant que le réalisateur avait tenu le rôle d'un mentor et d'un professeur, lui donne raison le . Huston obtient la réouverture du dossier ; Bradbury dépose le 16 novembre un mémoire détaillé sur sa restructuration du roman, mais la décision est annulée en au motif que Huston était intervenu quotidiennement et avait réécrit des scènes pendant le tournage[143],[144],[N 27]. Le film, avec Gregory Peck dans le rôle d'Achab, sort en 1956 sous une double signature.
L'expérience irlandaise, pour éprouvante qu'elle ait été, lui fournit une matière nouvelle. Les promenades dans Dublin, les habitants de Kilcock, les conversations de pub, le folklore local et les farces de Huston nourriront plus d'une douzaine de nouvelles, plusieurs pièces et des scénarios, avant d'être rassemblés dans La Baleine de Dublin (1992). Cette veine court ainsi sur près de quarante ans[145],[146].
De retour en Californie, Bradbury peine plusieurs semaines à écrire. Sa réputation de scénariste lui vaut pourtant des propositions nombreuses : la Metro-Goldwyn-Mayer pour Planète interdite, William Wyler pour La Loi du Seigneur, Henri-Georges Clouzot pour Les Diaboliques, Otto Preminger pour L'Homme au bras d'or, David O. Selznick pour Guerre et Paix et la 20th Century-Fox pour Bonjour Miss Dove. Encore marqué par Huston et pressé de revenir à ses livres, il ajourne ou refuse pendant environ un an[147],[148].
Il consacre une partie de l'hiver 1954-1955 au Pays d'octobre, qui n'est pas un recueil neuf mais une refonte de Dark Carnival. Bradbury retient quinze des vingt-sept nouvelles de 1947, les révise ou les réécrit, écarte les plus macabres et leur adjoint quatre textes récents, « The Dwarf », « The Watchful Poker Chip of H. Matisse », « Touched with Fire » et « The Wonderful Death of Dudley Stone », soit dix-neuf récits en tout[149],[150],[N 28]. L'édition reliée paraît chez Ballantine Books en , l'édition de poche en . Joseph Mugnaini en signe la couverture et les illustrations intérieures, dont le trait accentue la parenté entre son univers visuel et les métaphores de l'écrivain[151]. Certains critiques, prenant les textes anciens pour des inédits, reprochent à Bradbury un retour à une épouvante qu'il avait largement quittée ; la longue carrière de l'édition de poche assurera néanmoins au recueil une place durable[152].
À la même époque, le producteur Paul Gregory et l'acteur Charles Laughton s'intéressent à plusieurs de ses textes. Après avoir envisagé un film à sketches où Laughton aurait joué l'homme illustré, ils lui demandent une adaptation théâtrale de Fahrenheit 451. Encouragé par la mise en scène que Laughton avait donnée de The Caine Mutiny Court-Martial, Bradbury commence la pièce en et en écrit cinq versions ; il approfondit Montag et Beatty, mais produit des scènes trop longues et trop statiques. En décembre, Gregory et Laughton renoncent[153],[154].
L'échec ne rompt pas leurs relations. Au début de 1956, la collaboration devient une amitié étroite. Grand lecteur de George Bernard Shaw, de Shakespeare et des textes bibliques, Laughton apprend à Bradbury la force dramatique de la langue parlée, l'art de la lecture à voix haute et la nécessité de garder sa propre voix lorsqu'il porte ses récits à la scène. L'écrivain assiste à ses répétitions privées et le tiendra pour son dernier véritable mentor. Leur amitié dure jusqu'à la mort de l'acteur en 1962 et se prolonge dans les liens conservés avec sa veuve, Elsa Lanchester[155],[156].
La télévision lui ouvre simultanément une voie nouvelle. Alfred Hitchcock avait lu « And So Died Riabouchinska », histoire d'un ventriloque dominé par sa poupée, dans un numéro de 1953 du Saint Detective Magazine ; sa société en achète les droits à la fin de pour la première saison d'Alfred Hitchcock présente[157]. Une autre nouvelle, « Shopping for Death », devenue « Touched with Fire » dans Le Pays d'octobre, est également retenue : Bradbury en signe lui-même le scénario, diffusé le , tandis que « Riabouchinska », avec Claude Rains et Charles Bronson, passe à l'antenne le . Ces deux épisodes marquent son entrée durable dans l'écriture télévisuelle[158],[159],[N 29].
Green Town, le théâtre et l'ère spatiale (1957-1966)
modifierEn paraît Le Vin de l'été (Dandelion Wine), consacré à Green Town, transposition de sa ville natale. L'ouvrage provient du vaste ensemble autobiographique sur l'Illinois auquel Bradbury travaille, sous divers titres, depuis les années 1940. Plutôt que d'en garder l'intrigue principale, Bradbury en extrait quinze épisodes relativement autonomes, tous situés pendant l'été 1928 de Douglas Spaulding, et les relie par de nouveaux passages narratifs. La disparition successive des merveilleuses machines de Green Town, le tramway, la voiture électrique, la mémoire du colonel Freeleigh, la machine à bonheur et la sorcière mécanique de la fête foraine, donne au livre son unité et fait de l'entrée dans le temps, la mort et la mémoire son véritable sujet[160].
Le reste du manuscrit, centré sur la révolte des garçons contre les vieillards de la ville et sur le refus de grandir, demeure inachevé. Bradbury le reprend par intermittence, surtout après 1990, et le publie en 2006 sous le titre Farewell Summer. Ce second livre n'est donc pas la simple partie retranchée du Vin de l'été : il a fallu reconstruire une grande part du récit autour de la guerre des générations que conservait le manuscrit des années 1950[161].
La parution coïncide avec un deuil. Rentré d'Europe au même moment, Bradbury apprend que son père a été hospitalisé pour ce que les médecins ont pris pour une appendicite ; il souffrait en réalité d'une péritonite, et une opération immédiate aurait pu le sauver. Transféré à l'hôpital de Santa Monica, Leo Bradbury est victime deux jours plus tard d'un accident vasculaire cérébral massif. Son fils lui rend visite deux fois par jour pendant quinze jours et lui dit chaque fois qu'il l'aime. Il meurt le ; ses obsèques ont lieu deux jours plus tard dans la même ville, devant une foule de collègues que l'écrivain n'avait jamais connus[162].
En , Doubleday publie Un remède à la mélancolie, qui rassemble vingt-deux nouvelles écrites pour l'essentiel dans les années 1950, parmi lesquelles « All Summer in a Day », « The Wonderful Ice Cream Suit », « In a Season of Calm Weather » et « The Dragon »[163]. Le livre est bien accueilli, mais Bradbury et son agent Don Congdon jugent sa promotion insuffisante ; le départ de Walter Bradbury, parti la même année diriger un secteur éditorial chez Henry Holt, prive en outre l'écrivain de son principal appui dans la maison[164].
En 1963, Ray Bradbury écrit sa première pièce, Café irlandais (The Anthem Sprinters and Others Antics), et l'année d'après il publie son roman La Foire des ténèbres (Something Wicked This Way Comes)[165],[166],[N 30].
En 1970, il publie Je chante le corps électrique (I Sing the Body Electric!)[167],[N 31].
En 1972, il publie la pièce Théâtre pour demain… et après (The Wonderful Ice-Cream Suit)[165],[168].
Sa pièce Madrigals for the Space Age, sur une musique de Lalo Schifrin, est montée en 1973 au Dorothy Chandler Pavilion du Los Angeles Music Center[169] et La Colonne de feu (Pillar of Fire and Other Plays) est publiée en 1975[168].
Dernières œuvres
modifierEn 1986, il publie La solitude est un cercueil de verre (Death Is a Lonely Business), en 1990, Fantôme d'Hollywood (A Graveyard for Lunatics) et en 1993, La Baleine de Dublin (Green Shadows, White Whale)[170],[N 32]. Une attaque cérébrale en 1999 ne l'empêche pas de poursuivre son œuvre qu'il dicte à ses filles[165],[171],[N 33].
Réputé pour son franc-parler, il en use jusqu'à la fin de sa vie, s'exprimant sur la nécessité de réformer le mode de gouvernement, ou soutenant la grève des auteurs hollywoodiens en 2007.
Ray Bradbury meurt à Los Angeles, en Californie, le [165] à l'âge de 91 ans, des suites d'une longue maladie[172].
Thèmes
modifierBradbury et la science
modifierRay Bradbury a écrit sur la survie spirituelle de l'humanité s’opposant au matérialisme de la société[165]. Bien qu'il ait souvent été présenté comme un écrivain de science-fiction, lui-même ne s'est jamais enfermé dans un type de narration :
« Avant tout, je n'écris pas de science-fiction. J'ai écrit seulement un livre de science-fiction et c'est Fahrenheit 451, fondé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le fantastique est une description de l'irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c'est du fantastique[173]. »
Bradbury se préoccupe peu de réalité scientifique, et pour cela fut peu reconnu des amateurs[Lesquels ?] américains de science-fiction « purs et durs »[174].
Postérité
modifierLe prix Ray-Bradbury est remis par le regroupement d'auteurs de science-fiction américains Science Fiction and Fantasy Writers of America pour souligner l'excellence d'une œuvre dramatique, présentée au cinéma, à la télévision, sur internet, à la radio ou au théâtre. Il a été remis en 1992, 1999, 2001 et 2008. En 2009, le prix Ray-Bradbury prend officiellement la place du prix Nebula du meilleur scénario, qui existait depuis 1973 et il est dorénavant attribué chaque année.
En 2001, lors d'un discours, Ray Bradbury propose à son audience l'exercice d'écrire une nouvelle par semaine pendant un an, arguant qu'il est impossible d'écrire 52 nouvelles de mauvaise qualité : le Défi, Projet ou Challenge Bradbury était né[175],[176].
En 2002, il reçoit la médaille de la National Book Foundation[167].
Le [177], l'écrivain reçoit une étoile — la 2 193e — sur le Walk of Fame à Hollywood[178].
Le , la NASA nomme en son honneur « Bradbury Landing » (« la zone d’atterrissage Bradbury ») le site d'atterrissage sur Mars du robot Curiosity.
Peu après sa mort, en hommage au roman Fahrenheit 451, le code erreur HTTP 451 est créé pour les pages web effacées à la suite d'une censure gouvernementale.
Œuvres
modifierRomans
modifier- Chroniques martiennes, Denoël, coll. « Présence du futur » no 1, 1954 ((en) The Martian Chronicles, 1950), trad. Henri RobillotIl s'agit en réalité d'un fix-up, un recueil de nouvelles rassemblées de manière à former une histoire cohérente.
- Fahrenheit 451, Denoël, coll. « Présence du futur », 1955 ((en) Fahrenheit 451, 1953), trad. Henri Robillot
- Le Vin de l'été, Denoël, coll. « Jaune », 1959 ((en) Dandelion Wine, 1957), trad. Georges Dupont
- La Foire des ténèbres, Denoël, coll. « Présence du futur », 1964 ((en) Something Wicked This Way Comes, 1962), trad. Richard Walters
- L'Arbre d'Halloween, Le Seuil, 1994 ((en) The Halloween Tree, 1972), trad. Alain Dorémieux
- La solitude est un cercueil de verre, Denoël, coll. « Arc-en-ciel », 1986 ((en) Death Is a Lonely Business, 1985), trad. Emmanuel Jouanne
- Le Fantôme d'Hollywood, Denoël, coll. « Présences », 1992 ((en) A Graveyard for Lunatics, 1990), trad. Alain Dorémieux
- La Baleine de Dublin, Denoël, coll. « Présences », 1993 ((en) Green Shadows, White Whale, 1992), trad. Hélène Collon
- Ahmed et les Prisons du temps, Mille et une nuits, coll. « La Petite collection », 1998 ((en) Ahmed and the Oblivion Machine, 1998), trad. Bernard Hœpffner
- De la poussière à la chair - Souvenirs d'une famille d'immortels, Denoël, coll. « Lunes d'encre », 2002 ((en) From the Dust Returned, 2001), trad. Patrick Marcel
- Il faut tuer Constance, Denoël, coll. « & d'ailleurs », 2004 ((en) Let's All Kill Constance, 2003), trad. Philippe Rouard
- (en) Farewell Summer, 2006
Recueils de nouvelles
modifier- L'Homme illustré, Denoël, coll. « Présence du futur », 1954 ((en) The Illustrated Man, 1951), trad. C. Andronikof
- La Ville, nouvelle parue dans le recueil.
- Les Pommes d'or du soleil, Denoël, coll. « Présence du futur », 1956 ((en) The Golden Apples of the Sun, 1953), trad. Richard Négrou
- Le Promeneur, nouvelle parue dans le recueil.
- Un coup de tonnerre, nouvelle parue dans le recueil.
- La Sirène, nouvelle parue dans le recueil.
- Le Pays d'octobre, Denoël, coll. « Présence du futur », 1957 ((en) The October Country, 1955), trad. Doringe
- Un remède à la mélancolie, Denoël, coll. « Présence du futur », 1961 ((en) A Medicine for Melancholy, 1958), trad. Jacqueline Hardy
- Les Machines à bonheur, Denoël, coll. « Présence du futur », 1965 ((en) The Machineries of Joy, 1964), trad. Jean-Pierre Harrison
- Aux portes de l'épouvante, Marabout, coll. « Bibliothèque Marabout-Fantastique », 1970 ((en) Fever Dream and Other Fantasies, 1969), trad. Gérard HalleuxÉcrit avec Robert Bloch.
- Je chante le corps électrique, Denoël, coll. « Présence du futur », 1970 ((en) I Sing the Body Electric, 1969), trad. Jane Fillion
- (en) Long After Midnight, 1976 :
- Bien après minuit, Denoël, coll. « Présence du futur », 1977
- Un dimanche tant bien que mal, Denoël, coll. « Présence du futur », 1979
- La Grande Roue, Denoël, coll. « Présence du futur », 1981 ((en) The Black Ferris, 1948), trad. Jean Bonnefoynouvelle de 32 pages, inédite jusqu'alors en français, éditée isolément hors commerce.
- Monstrueusement vôtre, Christian Bourgois, 1990 ((en) A Memory of Murder, 1984), trad. Pierre Girard
- À l'ouest d'octobre, Denoël, coll. « Présence du futur », 1990 ((en) The Toynbee Convector, 1988), trad. Jacques Chambon, Alain Dorémieux
- ...mais à part ça, tout va très bien, Denoël, coll. « Présences », 1997 ((en) Quicker Than the Eye, 1996), trad. Hélène Collon
- Train de nuit pour Babylone, Denoël, 1999 ((en) Driving Blind, 1997), trad. Hélène Collon
- Les Garçons de l'été, Flammarion, coll. « Imagine », 2004 ((en) One More for the Road, 2002), trad. Hélène Collon
- Histoires de dinosaures, Gallimard Jeunesse, 2004 ((en) Dinosaur Tales, 2003), trad. Pierre-Paul Durastanti
- Léviathan 99, Denoël, coll. « Lunes d'encre », 2010 ((en) Now and Forever, 2007), trad. Florence Dolisi
Compilations de nouvelles parues précédemment
modifier- Un Coup de tonnerre, Gallimard, coll. « 1000 soleils », 1973édition pour la jeunesse regroupant dix nouvelles parues dans les précédents recueils
- Celui qui attend et autres nouvelles, Librio, coll. « SF-Fantastique », 1995regroupe huit nouvelles parues précédemment dans divers recueils.
- L'Heure H et autres nouvelles, Flammarion, coll. « Étonnants classiques », 1996regroupe deux nouvelles parues dans L'Homme Illustré (Automate, société anonyme et L'Heure H) et une publiée dans Un remède à la mélancolie (Et l'été ne dura qu'un jour)
- Nouvelles, Pocket, coll. « Langues pour tous », 1996édition bilingue, regroupe cinq nouvelles parues précédemment en recueil.
- L'Homme brûlant et autres nouvelles, Flammarion, coll. « Étonnants classiques », 2000regroupe quatre nouvelles déjà parues dans de précédents recueils : L'Homme brûlant, Le Jeu d'octobre, Je ne suis pas si bête et Les Fruits posés au fond de la coupe.
- Trois automnes fantastiques, Denoël, coll. « Lunes d'encre », 2002volume regroupant L'Homme illustré, Le Pays d'octobre et La Foire des ténèbres
- Fahrenheit 451 - Chroniques martiennes - Les Pommes d'or du soleil, Denoël, coll. « Lunes d'encre », 2007volume regroupant les trois livres cités dans le titre.
- La Sorcière d'avril et autres nouvelles, Actes Sud junior, coll. « Les romans », 2008regroupe quatre nouvelles déjà publiées auparavant : La Sirène, Comme on se retrouve, La Brousse et La Sorcière d'avril.
- Meurtres en douceur et autres nouvelles, Gallimard, coll. « Folio 2€ », 2004regroupe cinq nouvelles déjà publiées dans ...mais à part ça, tout va très bien.
- Le Meilleur des mondes possibles et autres nouvelles, Gallimard, coll. « Folio 2€ », 2010regroupe cinq nouvelles publiées précédemment dans le recueil Les Machines à bonheur.
- Léviathan 99, Denoël, coll. « Lunes d'encre », 2010 ((en) The Cat's Pajamas, 2004), trad. Florence Dolisipublication en un seul volume des recueils originaux The Cat's Pajamas et Now and Forever.
Nouvelles publiées hors recueils
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Sont présentées ici seulement les nouvelles traduites en français inédites en recueils et celles qui ont tout d’abord été publiées dans des revues ou des anthologies francophones avant d’être intégrées à un recueil.
- Le Joueur de flûte ((en) The Piper, 1940)in L'âge d'or de la SF (4e série), Fiction-Spécial n° 21, 1973.
- Lazare, approchez ((en) Lazarus, Come Forth, 1944)in Les meilleurs récits de Planet Stories, anthologie composée par Jacques Sadoul, éditions J'ai lu, 1975.
- Le Coquillage ((en) The Sea Shell, 1944)in L'île cannibale, Encrage, coll. « Pulps » n° 4, 1987 - in Le Piano satanique, Encrage, coll. « Pulps » n° 6, 1988 - in Denoël, Présence du Futur, Catalogue analytique, 1992 - in Territoires de l'inquiétude 5, Denoël, coll. « Présence du fantastique » n° 27, 1992 - in 10 nouvelles fantastiques, Anthologie pour la jeunesse sous la responsabilité de Alain Grousset, septembre 2005.
- Il joue à la guerre ((en) Bang! You're Dead, 1944)in Le Piano satanique, Encrage, coll. « Pulps » n° 6, 1988.
- La Nuit ((en) The Night, 1946)in La Présence monstrueuse, Encrage, coll. « Pulps » n° 3, 1987.
- Lorelei de la brume rouge ((en) Lorelei of the Red Mist, 1946)coécrit avec Leigh Brackett, in Océans de Vénus, Temps Futur, Heroic Fantasy, 1982 - in Stark et les Rois des étoiles, éditions Le Bélial', 2014.
- J'appelle le passé ((en) Tomorrow and Tomorrow, 1947)in Chefs-d'œuvre de la SF (2e série), Fiction-Spécial n° 13, 1968 - in Le Temps sauvage, éditions Marabout sous le titre Le Futur antérieur, 1971.
- Oraison pour les vivants ((en) Wake for the Living, 1947)in Chefs-d'œuvre de la SF, Fiction-Spécial n° 11, 1967 - nouvelle incluse ensuite dans le recueil Monstrueusement vôtre sous le titre Un cercueil de verre - in Bifrost n° 72, octobre 2013, sous le titre Le Cercueil.
- Cauchemars en Harmaguédon ((en) Asleep in Armaggedon, 1948)in Histoires de cosmonautes, éditions Livre de poche, 1974.
- La Grande Roue ((en) The Black Ferris, 1948)in Territoires de l'inquiétude 6, Denoël, coll. « Présence du fantastique » n° 30, 1993 - in Bifrost n° 72, octobre 2013 - éditée précédemment hors commerce en 1981 (voir Recueils).
- Jeu d'octobre ((en) The October Game, 1948)in Les chefs-d'œuvre de l'épouvante, Anthologies Planète, 1965 - nouvelle incluse par la suite dans le recueil Bien après minuit.
- La Petite Pyramide bleue ((en) The Shape of Things, 1948)in Histoires de la quatrième dimension, éditions Livre de poche, 1983 - il s'agit en fait de la nouvelle L'Enfant de demain déjà présente dans le recueil Je chante le corps électrique.
- La Longue attente ((en) The One Who Waits, 1949)in Fiction no 33, 1956 - nouvelle incluse ensuite dans le recueil Les Machines à bonheur sous le titre Celui qui attend.
- Le Veldt dans la nursery ((en) The World the Children Made, 1950)in France Dimanche 288, 2-8 mars 1952, trad. Boris Vian - traduction de la première version de The Veldt (La Brousse) intégrée au recueil L'Homme illustré.
- À travers les airs ((en) Way in the Middle of the Air, 1950)in Mensonges et vérités de nos anticipations/Esprit [deuxième série] 202, mai 1953 - Nouvelle incluse dans Chroniques martiennes.
- Dans la ville endormie ((en) The Whole Town Sleeping, 1950)in Mystère magazine 116, septembre 1957 - nouvelle ensuite incorporée au livre Le Vin de l'été (avec modification de la chute finale).
- Pour toujours de par la Terre ((en) Forever and the Earth, 1950)in Après-demain, la Terre, anthologie composée par Alain Dorémieux, éditions Casterman, 1971 - incluse dans Bien après minuit sous le titre À jamais la Terre.
- Châtiment sans crime ((en) Punishment Without Crime, 1950)in Histoires de robots, éditions Livre de poche, 1974 - incluse dans Un Dimanche tant bien que mal.
- Pour solde de tous comptes ((en) Payment in Full, 1950)in Les meilleurs récits de Thrilling Wonder Stories, anthologie composée par Jacques Sadoul, éditions J'AI LU, 1978.
- Ylla ((en) I'll Not Look for Wine, 1950)in Histoires parapsychiques, éditions Livre de poche, avril 1983 - traduction de la première version de Ylla (Chroniques martiennes.)
- L'Arriéré ((en) The Pedestrian, 1951)in Fiction no 3, 1954 - incluse dans Les Pommes d'or du soleil sous le titre Le Promeneur.
- Le Grand Voyage ((en) A Little Journey, 1951)
- Les Six pierres blanches ((en) Here There Be Tygers, 1951)in Histoires fantastiques de demain, Casterman, Anthologie de Alain Dorémieux, 1966 - in La Montagne sans nom, et autres récits sur la nature, Gallimard, coll. « Folio Junior » n° 171, 1981 - in Histoires de mondes étranges, Livre de Poche, La Grande Anthologie de la SF n° 3812, 1984, sous le titre Icy, il doit y avoir des tigres.
- Le Désert d'étoiles ((en) The Wilderness, 1952)in Fiction no 28, 1956 - incluse dans Les Pommes d'or du soleil sous le titre Le Désert semé d'étoiles.
- Soleil et ombre 1&2 ((en) Sun and Shadow, 1953)in L’Express 155 et 157, 18 et 19 novembre 1955 - incluse dans Les Pommes d'or du soleil.
- L'odeur de la salsepareille ((en) A Scent of Sarsaparilla, 1953)in Fiction no 90, 1961 - incluse dans Un remède à la mélancolie.
- Tout l'été en un jour ((en) All Summer in a day, 1954)in Fiction no 26, 1956 - incluse dans Un remède à la mélancolie sous le titre Et l'été ne dura qu'un jour.
- Icare Montgolfier Wright ((en) Icarus Montgolfier Wright, 1956)in Fiction no 57, 1958 - incluse dans Un remède à la mélancolie.
- La Mort et la vieille fille ((en) Death and the Maiden, 1960)in Fiction no 100, 1962 - incluse dans Les Machines à bonheur sous le titre La Mort et la jeune femme.
- Le Manège ((en) Nightmare Carousel, 1962)in Fiction no 110, 1963
- Les Mécaniques du Bonheur ((en) The Machineries of Joy, 1962)in Les 20 meilleurs récits de science-fiction, Editions Gérard & C°, Marabout Géant n° 207, 1964 - incluse sous le titre Les Machines à bonheur dans le recueil du même titre.
- Viens dans la cave ((en) Come Into my Cellar, 1962)in Galaxie no 17, 1965 - incluse dans Les Machines à bonheur sous le titre Jeunes amis, faites pousser des champignons dans votre cave.
- Phénix ((en) Bright Phoenix, 1963)in Fiction n° 123, 1964 - cette nouvelle sera ajoutée à la réédition de 1995 du roman Fahrenheit 451 sous le titre L'éclat du phénix.
- L'abîme de Chicago ((en) To the Chicago Abyss, 1963)in Fiction n° 123, 1964 - incluse dans Les Machines à Bonheur.
- Une larme dans la mer in Elle, no 1036 du 28 octobre 1965, p. 144 (+ 8 colonnes).
- Le jeune tambour de Shiloh (condensé et adapté de The Drummer Boy of Shiloe, The Saturday Evening Post du 30 avril 1960) dans L'album des jeunes, Sélection du Reader's Digest, 1966 p. 169-170.
- Sceptre ultime, durable couronne ((en) A Final Sceptre, a Lasting Crown, 1969)Fiction no 199, 1970 - incluse dans Je chante le corps électrique sous le titre Henri IX.
- L'éternel bébé ((en) McGillahee's Brat, 1972)in Fiction no 225, 1972 - nouvelle incorporée au roman La Baleine de Dublin.
- J'te tiens ! ((en) Gotcha!, 1978)
- En haut de l'escalier ((en) The Thing at the top of the Stairs, 1988)in Fiction n°407, 1989 - incluse dans À l'ouest d'octobre sous le titre La Bête de l'escalier.
- Adieu Lafayette ((en) Lafayette Farewell, 1988)in Fiction no 411, 1989 - incluse dans À l'ouest d'octobre.
Théâtre
modifier- Café irlandais, Denoël, 1965 ((en) The Anthem Sprinters and Others Antics, 1963), trad. Jacques Legris
- Théâtre pour demain... et après, Denoël, coll. « Présence du futur », 1973 ((en) The Wonderful Ice-Cream Suit, 1972), trad. Jacques Legris
- La Colonne de feu, Denoël, coll. « Présence du futur », 1979 ((en) Pillar of Fire and Other Plays, 1975), trad. Jacques Legris
Poésie
modifier- Pour les chiens c'est tous les jours Noël, Gallimard, coll. « Folio Benjamin », 1998 ((en) Dogs Think That Every Day is Christmas, 1997)illustrations de Louise Reinoehl Max.
- Avec un chat pour édredon, Gallimard, coll. « Folio Benjamin », 1998 ((en) With Cat for Comforter, 1997)illustrations de Louise Reinoehl Max.
Essais
modifier- Le Zen dans l'art de l'écriture, ANTIGONE14 Editions, 2016 ((en) Zen in the Art of Writing, 1990), trad. Bertrand Augier, 206 p. (ISBN 978-2-37233-036-7)Recueil de douze essais initialement publiés entre 1961 et 1990
Cinéma et télévision
modifier- 2018 : Fahrenheit 451 de Ramin Bahrani
- 2008 : Ray Bradbury’s Chrysalis de Tony Baez Milan
- 2007 : The Small Assassin court métrage de 35 min de Chris Charles
- 2005 : A Piece of Wood court métrage de 12 min de Tony Baez Milan
- 2005 : A Sound of Thunder de Peter Hyams
- 1993 : The Halloween Tree (dessin animé télévisé) de Mario Piluso
- 1986 : Alfred Hitchcock présente (série télévisée), épisode Le Bocal (The jar) réalisé par Tim Burton
- 1985 : La Cinquième Dimension (The Twilight Zone) (série télévisée) 2 épisodes Le Mal génétique et L’Ascenseur
- 1985 : Ray Bradbury présente (série télévisée) 1985-1992 (58 épisodes)
- 1984 : There Will Come Soft Rains (court métrage d’animation) de Nazim Tulyakhodzayev
- 1983 : Savannen (téléfilm) de Tord Pååg
- 1983 : La Foire des ténèbres (Something Wicked This Way Comes) de Jack Clayton
- 1982 : The Electric Grandmother (téléfilm) de Noel Black
- 1980 : Chroniques martiennes (The Martian Chronicles) (série télévisée) de Michael Anderson, scénarisée par Richard Matheson
- 1976 : The Murderer (court métrage) de Andrew Silver
- 1974 : Chroniques martiennes (téléfilm) de Renée Kammerscheit
- 1972 : L’Enterrée vive (The Screaming Woman) (téléfilm) de Jack Smight
- 1969 : L’Homme tatoué (The Illustrated Man) de Jack Smight
- 1969 : The Picasso Summer de Robert Sallin
- 1966 : Fahrenheit 451 de François Truffaut
- 1965 : Out of the Unknow (en) (série télévisée), épisode The Fox and the Forest
- 1964 : Suspicion (The Alfred Hitchcock Hour) (série télévisée), 2 épisodes The Life Work of Juan Diaz et The Jar
- 1962 : La Quatrième Dimension (The Twilight Zone) (série télévisée), épisode La Fée électrique
- 1962 : Icarus Montgolfier Wright (court métrage d’animation) de Osmond Evans[179], produit par Jules Engel, illustrations de Joe Mugnaini, illustrateur de plusieurs éditions américaines d’ouvrages de Ray Bradbury. Nommé pour l’Oscar du meilleur court métrage d’animation en 1963.
- 1956 : Moby Dick de John Huston avec Gregory Peck et Orson Welles
- 1956 à 1959 : Alfred Hitchcock présente (série télévisée), épisodes Shopping For Death, And So Died Riabouchinska, Design For Loving et Special Delivery
- 1955 : Star Tonight (série télévisée), épisode Zero Hour
- 1953 : Le Monstre des temps perdus (The Beast from 20,000 Fathoms) d’Eugène Lourié
- 1953 : Le Météore de la nuit (It Came from Outer Space) de Jack Arnold
- 1953 : Tales of Tomorrow, (série télévisée) (saison 2, épisode 31) Homecoming
- 1952 : CBS Television Workshop (série télévisée), épisode Rocket
- 1952 : Suspense (série télévisée), épisode Summer Night
- 1951 : Out There (série télévisée), (saison 1, épisode 9) The Man
- 1951 : Lights Out (série télévisée), épisode Zero Hour
Adaptation en chanson et en musique
modifierLa Brousse ou dans sa version originale en anglais The World the Children Made a été adapté en chanson par Deadmau5 avec sa musique The Veldt sortie en 2012 en featuring avec le chanteur Chris James.
Le poème Christus Apollo a été adapté sous forme de cantate par le compositeur Jerry Goldsmith en 1969, sur une commande de l'orchestre de chambre de Californie. L’œuvre a été enregistrée en 1999 à Londres pour le label Telarc, sous la direction du compositeur, avec le London symphony orchestra et Anthony Hopkins comme narrateur, en présence de Bradbury.
Adaptations en bandes dessinées
modifierAdaptation au théâtre
modifierLe Merveilleux Complet couleur glace à la noix de coco, Centre de rencontres de Châteauvallon 1981, mise en scène de Georges Vitaly, Adaptation de Jacques Legris, décors d’Andréou.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Robin Anne Reid indique pour sa part que le père était monteur de lignes téléphoniques (Reid 2000, p. 1).
- ↑ Reid lui donne le nom complet d'Esther Marie Moberg Bradbury (Reid 2000, p. 1). Weller la nomme Esther Marie Moberg et situe sa naissance à Stockholm en 1888, la famille ayant émigré aux États-Unis en 1890 (Weller 2005, p. 23).
- ↑ Weller date la naissance des jumeaux du 17 juillet 1916 et la mort de Samuel du 30 septembre 1918 (Weller 2005, p. 24).
- ↑ La date varie selon les sources : Reid situe ce décès en 1927 (Reid 2000, p. 1), Jonathan R. Eller en février 1928 (Eller 2014, p. 250). Weller, qui s'appuie sur les registres de Waukegan, donne le 8 février 1928 et place la naissance d'Elizabeth Jane le 27 mars 1927 à Tucson, quelques mois après l'installation de la famille en Arizona (Weller 2005, p. 37 et 40).
- ↑ Weller a comparé le récit de l'écrivain aux pièces d'archives. Le certificat de décès, l'enquête du coroner et le Waukegan News-Sun situent la mort de Lester Moberg le 24 octobre 1932, soit sept semaines après la fête du Travail, la blessure remontant au 17 octobre. Le frère, la cousine et la fille de la victime confirmaient pourtant tous la version de Bradbury. L'écrivain aurait donc fondu en un seul souvenir deux événements distincts, le meurtre de son oncle et le passage du Dill Brothers Combined Shows (Weller 2005, p. 57-59).
- ↑ Weller et Weist situent tous deux ce cadeau à Noël 1932 et parlent d'une suite aux romans martiens de Burroughs plutôt que d'une transcription du Seigneur de la Guerre de Mars (Weller 2005, p. 64, Weist 2002, p. 5).
- ↑ Weller situe l'arrivée à la mi-avril 1934 (Weller 2005, p. 70).
- ↑ Weller rappelle que Bradbury dédiera La Foire des ténèbres à ces deux enseignantes et que Snow Longley Housh fit paraître son poème « Death's Voice » dans l'anthologie du lycée en mars 1937 (Weller 2005, p. 82-83).
- ↑ Weller précise que le groupe se réunissait le jeudi au troisième étage de la Clifton's Cafeteria, dans le centre de Los Angeles (Weller 2005, p. 85). Weist, qui parle de la Los Angeles Science Fantasy Society, la présente comme une section de la Science Fiction League fondée en 1935 (Weist 2002, p. 15).
- ↑ Selon Weller, Bradbury rachète le kiosque à un ancien camarade de classe en août 1938 pour quatre-vingts dollars, empruntés à son père et à son frère, et y travaille cinq jours par semaine, à peu près de 16 h à 18 h 30 (Weller 2005, p. 88-89).
- ↑ Weller note que le montant du prêt varie selon les témoins : cinquante dollars pour Ackerman, quatre-vingt-dix pour Bradbury ; il précise que le trajet dura quatre jours et quatre nuits (Weller 2005, p. 93-94).
- ↑ Weller situe l'entrée de Bradbury dans la troupe de Laraine Day en 1939 et rappelle que le groupe se réunissait le jeudi soir, le même jour que la section de Los Angeles de la ligue de science-fiction ; l'actrice y mit fin lorsque sa carrière prit de l'ampleur (Weller 2005, p. 99-100 et 110).
- ↑ Weller attribue l'envoi du texte à Heinlein lui-même, qui connaissait le directeur de la revue (Weller 2005, p. 102).
- ↑ Le récit de Weller diffère sur plusieurs points : Schwartz aurait vendu la nouvelle de 5 500 mots le 18 juillet 1941 pour un demi-cent le mot, soit vingt-sept dollars cinquante avant la commission de dix pour cent, et c'est le numéro de Super Science Stories contenant « Pendulum » qui serait arrivé dans les kiosques de Los Angeles le 22 août 1941, jour du vingt-et-unième anniversaire de l'auteur (Weller 2005, p. 104-105).
- ↑ Weller indique que Bradbury s'inscrit auprès de la commission de conscription le 15 février 1942, passe la visite médicale le 16 juillet suivant et se voit classer 4-F après avoir échoué à distinguer le tableau d'acuité visuelle (Weller 2005, p. 110 et 114).
- ↑ Weller situe la maison des Beach à l'angle de Temple et de Figueroa (Weller 2005, p. 111).
- ↑ Weller indique que le livre était encore annoncé pour avril 1947 au stade des épreuves et que Derleth accepta plus de corrections tardives que pour tous les titres précédents d'Arkham House réunis (Weller 2005, p. 143).
- ↑ Weller précise que le premier tirage, d'un peu plus de trois mille exemplaires, ne fut épuisé qu'au bout de près de dix ans (Weller 2005, p. 236).
- ↑ Weller précise que la lettre parvint à Bradbury alors qu'il se trouvait à Mexico, réexpédiée par ses parents, et que le texte à l'origine de la curiosité de Congdon était « One Timeless Spring », acheté par Collier's (Weller 2005, p. 129).
- ↑ Weller donne l'adresse du 33 South Venice Boulevard et rapporte que le pasteur, faute de baptême antérieur, baptisa Bradbury quelques jours avant la cérémonie, puis lui rendit ses honoraires (Weller 2005, p. 147-148).
- ↑ Le contrat conservé dans les papiers de Bradbury répartit l'avance en deux fois sept cent cinquante dollars et décrit le second projet comme un roman de 50 000 mots tiré de « The Creatures That Time Forgot » ; Weller relève par ailleurs que le titre The Martian Chronicles figurait déjà dans les papiers de l'auteur avant le dîner (Weller 2005, p. 156).
- ↑ Weller situe l'emménagement au 10750 Clarkson Road le 3 août 1950, pour un prix de douze mille dollars, l'apport ayant été emprunté aux parents des deux époux. Il chiffre par ailleurs le coût total des neuf jours de frappe à 9,80 dollars, soit quarante-neuf heures de machine (Weller 2005, p. 169 et 201).
- ↑ Weller chiffre la vente à trois cents dollars et rappelle que Walter Bradbury jugea le texte trop long pour L'Homme illustré comme pour Les Pommes d'or du soleil, ce qui retarda de deux ans le développement du roman (Weller 2005, p. 202).
- ↑ Les lettres de Bradbury à Gaines reproduites par Weist remercient nommément Jack Davis et Joe Orlando pour « The Coffin » et « The Long Years », puis George Evans pour « The Small Assassin » (Weist 2002, p. 97 et 99). Weller cite pour sa part Wally Wood, Jack Kamen, Joe Orlando et Al Williamson (Weller 2005, p. 187) ; aucun des deux ne mentionne John Severin.
- ↑ Weller détaille autrement les termes du contrat, daté lui aussi du 2 septembre 1953 : 12 500 dollars pour le scénario, soit six cents dollars par semaine pendant dix-sept semaines, plus deux cents dollars hebdomadaires de frais et le logement de la famille dans un hôtel dublinois (Weller 2005, p. 212). Il rappelle aussi que c'est la lecture de « The Fog Horn », dans Les Pommes d'or du soleil, qui décida Huston (Weller 2005, p. 212).
- ↑ Weller signale que les douaniers irlandais faillirent saisir l'exemplaire de Moby-Dick de Bradbury, le roman figurant alors parmi les livres interdits, et que la famille occupa deux chambres de l'hôtel, dont la 77 où fut écrit l'essentiel du scénario (Weller 2005, p. 219).
- ↑ Bradbury a raconté à Weller avoir remis au syndicat la totalité de son travail préparatoire, soit 1 200 pages, et avoir obtenu communication des lettres des arbitres, dont plusieurs reconnaissaient que les seuls éléments matériels lui auraient donné gain de cause (Weller 2005, p. 231).
- ↑ Selon Weller, c'est Stanley Kauffmann qui, jugeant le livre trop différent de Dark Carnival pour n'en être qu'un retirage, suggéra de lui donner un titre neuf (Weller 2005, p. 236).
- ↑ Weller indique que Bradbury reçut 2 250 dollars pour ce scénario et qu'il écrivit sept textes pour la série entre 1955 et 1964, ce qui lui fit refuser l'adaptation des Oiseaux que Hitchcock lui proposait (Weller 2005, p. 237-238).
- ↑ Weller date la parution de Something Wicked This Way Comes de septembre 1962, chez Simon & Schuster (Weller 2005, p. 261), et signale que « The Anthem Sprinters » figurait déjà, sous forme de nouvelle, dans le recueil The Machineries of Joy publié en février 1964 (Weller 2005, p. 268).
- ↑ Weller situe la parution chez Alfred A. Knopf en octobre 1969 et compte dix-sept nouvelles, pour la plupart écrites entre 1964 et 1969 (Weller 2005, p. 283).
- ↑ Weller donne pour les éditions originales américaines les dates d'octobre 1985, de juillet 1990 et de mai 1992 (Weller 2005, p. 313, 315 et 316).
- ↑ Weller date l'attaque du 4 novembre 1999, dans la maison de Palm Springs, et rapporte que Bradbury, immobilisé un mois durant, fit venir à son chevet sa fille cadette Alexandra, son assistante depuis 1988, pour achever Let's All Kill Constance (Weller 2005, p. 321-322 et 326).
Références
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Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
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