Restitution de biens culturels
La restitution correspond au processus de retour de biens culturels et de dépouilles humaines dans leurs régions ou à leurs propriétaires d'origine. Mise en place dès les annés 1940 pour les œuvres d'art spoliées sous le Troisième Reich, des demandes apparaissent dans les années 1960 pour qu'elle s'étende à la restitution des objets et biens culturels emportés d'Afrique lors de la colonisation du continent.

Conscientisation
modifierLa conscientisation de la restitution des biens pillés par les puissances coloniales commence avec le processus de décolonisation, dès les années 1960[Savoy 1]. Après quelques articles dans la presse congolaise et belge, Paulin Joachim publie en 1965 dans la revue Bingo un grand plaidoyer pour la restitution des arts africains pillés par l'Europe[Savoy 1].
Dans cet article, il dénonce le paternalisme derrière l'idée que l'Europe serait une meilleure gardienne de l'art africain que l'Afrique elle-même ainsi que les conditions de conservation de ces vastes collections[Savoy 1]. Il avance aussi que la question des restitutions n'est pas uniquement un enjeu de justice, mais aussi de construction de l'avenir des nations africaines[Savoy 1]. Il souligne aussi le paradoxe d'organiser le FESMAN, prévu en 1966 à Dakar, pour célébrer l'art africain, avec des pièces destinées à 90 % à ensuite repartir dans des musées occidentaux[Savoy 1].
Ces revendications, dont l'UNESCO se fait l'écho en interne dès 1968, provoquent une réaction de rejet de la part des organisations muséales en Europe ; l'opinion publique occidentale, quant à elle, ne s'empare par de ces questions[Savoy 1].
Consciences populaires et montées des opinions publiques au 21ème siècle
modifierL'opinion publique se mêle de plus en plus de la question de la présence des œuvres emportées d'Afrique et conservées dans les musées occidentaux. La restitution n'est plus une affaire réservée à quelques privilégiés. Internet favorisant la communication, des messages échangés sur des plates-formes de réseaux sociaux, des films, documentaires, chansons... abondent en Afrique et dans ses diasporas[Sarr/Savoy 1]. De l'autre côté, un lobby anti-restitution s'est mis en place pour maintenir la situation actuelle des collections inchangée[1].
Achille Mbembe estime dans Les nouvelles relations Afrique - France en que :
« Les demandes en faveur d’un accès universel aux chefs-d’œuvre de l’humanité et du retour des biens culturels dans leur pays d’origine ne cesseront de se multiplier dans les années qui viennent. Ces demandes et revendications porteront sur les œuvres et objets dont l’acquisition s’est faite d’une manière qui, du point de vue éthique, n’est défendable ni hier, ni aujourd’hui. Leur dimension internationale ira croissante. Il n’est pas certain que sur le plan international, les mécanismes juridiques existants suffisent à les prendre en charge, encore moins à y apporter satisfaction ou à concilier les attentes contradictoires que suscitent ces demandes. »
Des initiatives telles celles du CRAN, de Alter Natives, de Kwame Opuku ou encore du prince Kuma Dumbè à travers l'association AfricAvenir[2], militent pour la restitution[Sarr/Savoy 2]. En 2017, la Documenta, grand rendez-vous de l'art contemporain à Cassel en Allemagne, a donné une place clé au thème de la restitution[Sarr/Savoy 3].
Sous la pression de l'opinion, des musées à Berlin ont reconnu qu'une partie de leurs collections provenait de pillages militaires[Sarr/Savoy 4][réf. souhaitée].
Au Bénin, la fondation de Marie-Cécile Zinsou se mobilise pour la restitution via les jeunes et les réseaux sociaux. À Berlin, l'association No Humboldt 21 fédère les personnes qui réclament la restitution des restes humains et biens culturels africains. À l'université de Cambridge, un groupe de jeunes s'engagent pour la restitution des œuvres faisant partie du patrimoine culturel africain[Sarr/Savoy 5]. La demande de restitution des biens pillés[Quand ?] à Magdala en Éthiopie a permis le retour[Quand ?] de 10 œuvres mais 468 autres objets sont encore réclamés par l'Afromet.
Histoire
modifierVerrouillage légal au moment de la décolonisation
modifierAu début du processus de décolonisation de l'Afrique, de nombreuses institutions culturelles de Belgique, de France et du Royaume-Uni prennent conscience du risque pour elles de perdre leurs collections coloniales et décident de changer le cadre légal afin de s'assurer que les œuvres restent en Europe[Savoy 1].
Ainsi, en France, le musée national des Arts d'Afrique et d'Océanie passe de la tutelle du ministère des Colonies à celui du ministère de la Culture. Par ce changement, ces collections acquièrent ainsi le principe d'inaliénabilité[Savoy 1]. Juste après la signature des accords d'Évian, le gouvernement français ordonne le transfert sous le manteau de trois cent peintures du musée national des Beaux-Arts d'Alger vers la France hexagonale[Savoy 1]. Celle-ci sont restituées, après de longues tractations, en 1969[Savoy 1].
En Belgique, le directeur du ministère de la Culture fait un lobbying intensif pour que les œuvres congolaises soient explicitement exclues du processus de séparation économique entre la Belgique et la république démocratique du Congo[Savoy 1]. Au Royaume-Uni, le parlement vote en 1963 un changement du British Museum Act, qui retire la possibilité à l'institution de donner ou vendre ses œuvres[Savoy 1].
Années 1960 : Premières réclamations
modifierDe 1967 à 1969, le musée royal de l'Afrique centrale organise une exposition itinérante de ses collections en Amérique du Nord, pour laquelle elle prête deux cent de ses pièces venues du Congo belge ; la république démocratique du Congo réclame qu'à l'issu de cette exposition, les pièces lui soient restituées plutôt que de retourner en Belgique[Savoy 1]. Le musée royal préfère participer à la conception du musée national de Kinshasa, dont le premier directeur est Lucien Cahen, ancien directeur du musée royal, considérant que le Congo n'a pas les institutions suffisantes pour récupérer ses œuvres[Savoy 1].
1971 : Reconnaissance internationale de principe, refus en acte par les musées occidentaux
modifierEn 1971, l'archéologue nigérian Ekpo Eyo (ig) porte une mission de lobbying visant à ce que les musées occidentaux accordent des prêts permanents au Nigeria ; son travail aboutit à une résolution du conseil international des musées en septembre de la même année, dans laquelle les musées ayant de « larges collections étrangères » s'engagent, par tous les moyens (dons, prêts, dépôts, échanges, etc), au développement d'institutions culturelles dans les pays d'origine de ces collections[Savoy 2].
Cette demande du Nigeria s'inscrit dans une politique de fierté et de cohésion nationale à travers les institutions culturelles du pays[Savoy 3]. La demande que le Nigeria adresse à la fondation du patrimoine culturel prussien, pourtant au début bien accueillie par l'Allemagne de l'Ouest qui y voit un instrument de soft power et de diplomatie envers les nations nées de la décolonisation, reçoit un accueil très déforable de Hans-Georg Wormit (de) : celui-ci fait remonter la question aux autorités fédérales afin de faire traîner le dossier, avec de nombreux arguments contre les restitutions[Savoy 3]. Il présente les musées de Berlin comme des victimes de la seconde guerre mondiale ne pouvant se permettre de perdre davantage de collections, affirme que les œuvres, pillées lors de l'expédition punitive britannique au royaume du Bénin, ont été légalement achetées par l'Allemagne à Londres et soutient que, dans un contexte de guerre froide, il est primordial que les musées de Berlin-Ouest soient d'envergure internationale et rivalisent avec ceux de Berlin-Est[Savoy 3].
1973 : Discours de Motubu Sese Seko à l'ONU
modifier
Motubu Sese Seko, dictateur du Zaïre, porte dans son pays une politique de zaïrisation, c'est-à-dire de reconnexion avec la culture précoloniale du territoire. Il inclut les restitutions dans cette politique, d'abord lors d'un discours lors du congrès de l'association internationale des critiques d'art à Kinshasa en 1973, puis, la même année, à l'ONU, dans une intervention télévisée[Savoy 4].
Il met au programme de la 28e assemblée générale des Nations unies la question des restitutions, non seulement pour le Zaïre mais pour tous les pays colonisés[Savoy 4]. Cette proposition, soutenue par le Burundi, le Tchad, La république populaire du Congo, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, l'Ouganda, la Tanzanie et la Zambie est rejetée par les anciennes puissances coloniales, trouvant le terme « restitution » trop violent[Savoy 4]. Cela n'empêche pas la résolution 3187 (XXVIII) portant sur la restitution des œuvres d’art aux pays victimes d’expropriation d'être adoptée à 113 voix pour et 17 abstentions (France, Belgique, Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas, Allemagne de l'Ouest, Danemark, Portugal, Italie, Autriche, Luxembourg, Norvège, Suède, États-Unis, Canada, Japon et Afrique du Sud)[Savoy 4]. Cette résolution n'ayant débouché sur rien de concret, elle est réitérée fin 1975, avec les mêmes votes, mais aussi d'autres demandes, notamment de la Biélorussie et de la Pologne concernant les destructions effectuées sur leurs sols par l'Allemagne nazie ou de l'Égypte accusant Israël de destruction de patrimoine dans les territoires palestiniens occupés[Savoy 5].
1974-1977 : Résistances des institutions culturelles européennes
modifierLa presse occidentale publicise cette résolution, la présentant sous un jour favorable[Savoy 4]. En particulier, Africa Report y consacre sa une, important ainsi le débat aux États-Unis[Savoy 6]. Si plusieurs ministres des affaires étrangères sont favorables aux restitutions, comme Renaat Van Elsande qui prononce un discours dans ce sens à Kinshasa, cela n'est pas du tout le cas des institutions culturelles, comme le musée royal de l'Afrique centrale, qui sont au contraire énervés des prises de paroles ministérielles[Savoy 4]. En Allemagne, Stephan Waetzoldt (de), alors directeur des musées d'État de Berlin, prend position contre les restitutions, estimant les pays du « Tiers monde » incapables à la fois de conserver leurs œuvres mais aussi à faire un travail de curation, considérant que les Allemands ne s'intéressent aux cultures étrangères que parce qu'elles sont présentes dans leurs musées et préconisant de faire traîner le plus possible chaque demande de restitution[Savoy 6]. Friedrich Kußmaul (de), alors directeur du musée Linden, abonde dans une publication qui reçoit un accueil très positif dans les musées allemands, avançant en plus que les collections coloniales ne proviennent pas de pillages mais ont été librement données par les « peuples indigènes » mais aussi que les demandes de restitution sont la preuve d'un « sentiment exagéré de sa propre dignité, de ses accomplissements, de sa tradition » des élites intellectuelles africaines né lors des indépendances et du mouvement de la négritude[Savoy 6]. Il affirme que le peuple africain ne s'intéresserait pas à ses œuvres et que les musées africains ne pourraient les présenter car leurs personnels seraient trop peu éduqués et trop sujets à corruption[Savoy 6]. Enfin, il soutient que c'est par la réinterprétation des œuvres africaines par les artistes européens que l'art du continent a pu se faire connaître, et qu'il est ainsi dans l'intérêt de l'Afrique de ne pas les récupérer sur son sol[Savoy 6].

En 1974, le Ghana adresse une demande officielle de restauration au Royaume-Uni, devenant ainsi le troisième pays africain à effectuer une telle démarche[Savoy 6]. Dans cette demande, l'accent est mis sur la possibilité matérielle pour le peuple ghanéen de pouvoir se reconnecter avec son histoire et sa culture[Savoy 6]. Susan Blumenthal, journaliste spécialisée dans l'Afrique, note qu'au début des années 1970, il était très difficile pour les musées africains de se constituer des collections, tant le marché de l'art africain était tourné vers les collections privées[Savoy 6].
Fin 1974, le parlement britannique refuse la demande de restauration faite par le Ghana, arguant que l'accepter serait la porte ouverte à d'autres demandes qui videraient les musées britanniques[Savoy 6]. L'archéologiste Peter Shinnie (en) souligne l'absurdité de garder ces artefacts sur le sol britannique où elles sont incorrectement identifiées par les musées en ayant la garde et où elles restent dans les réserves[Savoy 6].
Si l'UNESCO travaille au cadre légal de prêts croisés à long terme d'œuvres entre les musées européens et africains comme solution de compromis, les institutions des pays coloniaux ne souhaitent pas s'y engager : ainsi, en janvier 1976, l'Allemagne de l'Ouest publie un communiqué critiquant cette initiative de l'UNESCO, craignant en particulier que les pays africains ne rendent pas les œuvres une fois celles-ci prêtées[Savoy 5]. Cette mauvaise volonté va jusqu'à l'obstruction : lors de la visite du directeur du département des Antiquités de Lagos et du sous-secrétaire à l'éducation du Nigéria aux musées de Berlin, ceux-ci s'organisent pour qu'ils rencontrent Kurt Krieger (de) afin que ce soit lui qui reçoive les demandes de restitution alors qu'il n'a pas les responsabilités pour y répondre[Savoy 5].

Début 1976, l'Allemagne de l'Ouest envoie Herbert Ganslmayr (de) à une réunion de l'UNESCO chargée d'implémenter la résolution de l'ONU concernant les demandes de restitution, avec la consigne de s'opposer tant à celles des anciennes colonies allemandes que de la Pologne ou de l'Allemagne de l'Est[Savoy 5]. Le dossier transmis à l'ethnologue inclus de nouvelles prises de position de Friedrich Kußmaul, qui affirme que seulement 2% des collections du musée Linden proviennent de pillage, quand dans la réalité elles proviennent quasiment toutes des colonies allemandes au Cameroun et en Namibie ramenées par les Schutztruppe entre 1891 et 1919[Savoy 7],[3]. À la place, Ganslmayr préconise ouvertement la restitution de toutes les collections pillées, non seulement dans le groupe de travail de l'UNESCO, mais aussi à la conférence de l'ICOM en 1976, et enfin à la presse, en particulier Reuters, The Christian Science Monitor, et Jeune Afrique[Savoy 7]. Gert von Paczensky, ami de Ganslmayr, réalise début 1977 un reportage radiophonique pour Radio Bremen au sujet des restitutions, dans lequel il fustige les positions de Kußmaul[Savoy 7].
Celui-ci, outré de la couverture médiatique, décide alors de lancer des rumeurs affirmant que des œuvres restituées au musée national du Mali par le musée Dresden se seraient ensuite retrouvées sur le marché de l'art avec des numéros d'inventaire à peine floutés[Savoy 7]. Kußmaul change ensuite de version, affirmant qu'elles proviennent d'un musée de Leipzig[Savoy 7]. En réalité, aucune restitution n'a alors eu lieu venant d'aucun des musées citées ; pour Bénédicte Savoy, si effectivement Kußmaul a été en contact avec des œuvres africaines portant des numéros d'inventaires, celles-ci provenaient très probablement d'Allemagne de l'Est[Savoy 7]. Kußmaul affirme que l'Afo-A-Kom, réellement restituée contre 30 000 $, se retrouvait aussi sur le marché de l'art, alors qu'elle était alors, et est toujours, en possession du peuple Kom[Savoy 7]. Enfin, il invente une histoire similaire à propos d'un masque du Bénin dans les collections muselles du Nigéria qui seraient à nouveau sur le marché[Savoy 7].
L'immense majorité des professionnels des musées en Allemagne se range du côté de Kußmaul et Ganslmayr se retrouve exclut de tous les processus décisionnels concernant les restitutions[Savoy 7].
Fin 1976, l'UNESCO charge l'ICOM de constituer un comité pour l'élaboration d'un cadre pour les restitutions ; celui-ci voir le jour en 1977, composénotemment de Hubert Landais, Tayeb Moulefera, Pascal Makambila, Geoffrey Lewis, Paul N. Perrot et Herbert Ganslmayr[Savoy 7].
Chronologie au XXIe siècle
modifierDes pays comme l'Éthiopie et le Nigeria réclament depuis le début du XXIe siècle le retour d'objets disparus pendant la colonisation. La plupart de ces réclamations sont passées sous silence en Occident[Sarr/Savoy 6].
- : Aurélien Agbénonci, le ministre béninois des Affaires étrangères et de la Coopération, demande, dans une lettre officielle, la restitution des statues et des insignes emportés lors du sac des palais d'Abomey en 1892 par le colonel français Alfred Amédée Dodds. Cette collection fût par la suite offerte au musée d’ethnographie du Trocadéro, et puis a intégré le musée du quai Branly. Le gouvernement français refuse la rétrocession le au nom du principe d’inaliénabilité[4].
- : le British Museum fait l'objet d'investigation de la part du gendarme de la Communication. Le musée aurait dissimulé des informations autour d’une dizaine de tablettes sacrées, pillées en Éthiopie, lors de la colonisation. L'Éthiopie réclame la restitution de ces objets d'arts[5].
- : le président français Emmanuel Macron s'engage à la restitution de trois crânes sakalava à l'État de Madagascar, jusqu’alors conservés au musée de l'Homme, à Paris, en France[6].
- : le Parlement adopte le retour en Guyane de six dépouilles de personnes amérindiennes exposées au jardin d’acclimatation de Paris en 1892, décédées sur place, et dont les corps étaient restés bloquées en France métropolitaine[7].
Restitutions
modifierProcessus de restitutions
modifierConditions et cadres juridiques
modifierSur le plan juridique, les pays qui possèdent ces biens protègent les collections de leurs musées par les principes d'inaliénabilité de propriété[8] et d'appartenance au patrimoine national[9]. La décision de restitution ne pouvant dès lors être prise que par les gouvernements où les parlements[4]. En 2021, seules quelques lois ont apporté des dérogations à ce principe et ouvert la voie à des restitutions[8]. En Belgique, il n'existe aucun cadre juridique pour la restitution. Des initiatives ont été prises et une commission parlementaire consacrée au passé colonial a été mise en place pour élaborer des critères mais des suites concrètes restent attendues[4]. Des lois sont élaborés dans certains pays (Suisse[10], etc.) et encadrent la restitution des biens[11].
Une convention de l'UNESCO sur « l’importation, l’exportation et le transfert illicites des biens culturels », adoptée en 1970, ouvre la voie à des restitutions d’objets mis récemment en circulation. Vers la fin des années 1970, l'UNESCO réalise un formulaire type de demandes de retour et de restitution[Sarr/Savoy 7].
Il y a alors deux options :
- Les prêts à long terme ou des « restitutions » sous formes numériques[4], décidés par les conservateurs entre musées. Cette option arrange les détenteurs actuels des collections[9].
- L'établissement après inventaire de l'origine africaine de l'œuvre[a]. Cette option - non privilégié par les collectionneurs occidentaux[b] - donne des arguments aux pays africains pour la mise en place d'une demande de restitution.
Le droit[Où ?] ne prend en compte des prises de guerre qu'à partir de 1899 avec la première conférence de La Haye. Tout objet pillé avant cette date est considéré comme inaliénable[9].
En France
modifierEn France, Emmanuel Macron va à l'encontre des décisions de ses prédécesseurs, quand il met en œuvre un programme de restitutions suivant le rapport Sarr et Savoy[12],[13]. Dans les lettres de mission adressée à Felwine Sarr et Bénédicte Savoy[Sarr/Savoy 8], Emmanuel Macron évoque des restitutions temporaires pour augmenter la circulation des œuvres, mais il mentionne aussi une modification pérenne des inventaires pour des restitutions définitives[14]. La lettre reprend le mot restitution trois fois. Excluant ainsi les querelles, doutes et interprétations sur les possibilités désormais ouvertes de transfert de propriété[Sarr/Savoy 9].
En , le Parlement français s'apprête à adopter une loi fixant un cadre pour restituer à des États des « restes humains » présents dans les collections publiques françaises. Cette initiative vise à « apaiser et réconcilier les mémoires » concernant des vestiges « parfois entrés dans nos collections après avoir été acquis de manière illégitime voire violente », notamment lors de conquêtes coloniales, selon la ministre de la Culture Rima Abdul Malak[15].
Cette proposition de loi, initiée par les sénateurs Catherine Morin-Desailly, Pierre Ouzoulias et Max Brisson, crée une dérogation au principe d'inaliénabilité des collections. Elle permettra par décret en Conseil d'État de faire sortir des collections des restes humains « de personnes mortes après l'an 1500 », afin de les restituer à leur pays d'origine. Cette mesure vise à faciliter les démarches de restitution, alignant la France sur les efforts internationaux en matière de justice historique et culturelle. La loi-cadre permettra la restitution prochaine de restes humains, comme le squelette du fils d'un chef amérindien de la communauté Liempichún, réclamé par l'Argentine et sa communauté Mapuche, ainsi que des crânes Sakalaves de Madagascar, tous conservés au musée de l'Homme à Paris.
Une enquête du New York Times publiée le a mis en lumière un aspect des collections coloniales du musée de l’Homme à Paris : la détention de 18 000 crânes d’Africains, d’Australiens et d’Indiens d’Amérique, conservés au sous-sol, place du Trocadéro. Cet article a provoqué un silence, illustrant un tabou persistant autour du néo-colonialisme[16].
La loi française sur les restitutions de biens culturels spoliés pendant la colonisation adoptée en 2026[17] simplifie le processus de restitution des objets acquis entre 1815 (chute de Napoléon) et 1972, en la subordonnant au cas par cas à un décret, plutôt qu'au vote d'une loi spécifique, et à l’avis donné au gouvernement par deux commissions (un comité scientifique qui doit déterminer les conditions dans lesquelles les objets réclamés ont été transférés, et la Commission nationale de restitution des biens culturels)[18].
Restitutions réalisées
modifier- Restitution de la dépouille de Saartjie Baartman, dite Vénus Hottentote, à l'Afrique du Sud en 2002[19].
- L'obélisque d'Aksoum (Éthiopie) en 2008[20].
- En 2015, 26 biens culturels archéologiques restitués par la Suisse à l’ambassade d'Égypte à Berne[12].
- Masque makondé (Tanzanie) restitué / donné[12] par le musée Barbier-Mueller, à Genève le après une plainte de la Tanzanie à l'UNESCO en 2006, plainte désormais retirée[21],[22],[23],[24],[25].
- Les récades du royaume d'Abomey (initiative spontanée de restitution par des collectionneurs privés)[26].
- Le sabre dit d'El Hadj Oumar Tall[8]. En , le Parlement vote une loi autorisant la restitution du sabre et de son fourreau au Sénégal[27], le faisant de fait sortir des collections du musée de l'Armée[28].
- 19 crânes et des ossements des tribus Herero et Nama sont restitués le par l'Allemagne à la Namibie. Ces objets ont été emportés lors du massacre des Héréros et des Namas en 1904, ce que les historiens considèrent comme le premier génocide du XXe siècle. C'est la troisième restitution après celles de 2011 et 2016[29],[30],[31]. Les objets proviennent de la collection anthropologique de la clinique universitaire berlinoise de la Charité[32],[33].
- Le , Sindika Dokolo restitue à travers sa fondation 6 œuvres volées au peuple tchokwé pendant la guerre civile d'Angola, que sa fondation avait racheté.
- La bible et le fouet d'Hendrik Witbooi ont été restitués par l'Allemagne à la Namibie le [34].
- En 2014 et 2019[35], Mark Walker, un héritier du butin de l'expédition militaire de 1897 à Benin City au Nigéria[36], restitue des biens saisis par son grand père Herbert[37],[38].
- En 2020, La France restitue les crânes de résistants commandés par Ahmed Bouziane, décapités en Algérie en 1849 et exposés à Paris[39]

- Le , l'Allemagne accepte de restituer des bronzes du Bénin pillés en 1897[40]. En , Annalena Baerbock et Claudia Roth, ministres allemandes, respectivement, des Affaires étrangères et de la Culture, se rendent à Abuja, capitale du Nigéria, pour remettre 23 des bronzes, étant entendu qu'ils seraient exposés dans un nouveau musée[41]. L'Allemagne a également officiellement transféré la propriété de plus d'un millier d'autres trésors du Bénin à l'État nigérian, même si certains resteront en prêt et d'autres voyageront dans des expositions. Or, au lieu de placer les bronzes dans un musée, le président Muhammadu Buhari les a transmis à Ewuaré II, l'Oba, ou roi du Bénin, qui déterminera désormais leur sort[41]. Ainsi, le groupe de bronzes du Bénin que l'Allemagne a restitués au Nigeria a disparu dans une collection privée au lieu d'être exposé dans un musée comme promis, incitant certains observateurs à qualifier la restitution de « fiasco »[41]. Brigitta Hauser-Schäublin, professeur émérite d'anthropologie à l'université de Göttingen, remarque dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Ce que les politiciens considéraient comme le retour du patrimoine culturel à la "nation nigériane" s'est plutôt transformé en un cadeau à une seule famille royale ». Le British Museum et d'autres institutions de Londres ont jusqu'à présent résisté aux pressions pour renoncer à leurs bronzes béninois sont susceptibles de prendre note de ce précédent[41]. En 2019, la chaîne de télévision allemande Deutsche Welle accompagne une délégation d'officiels allemands en visite africaine, à la suite de quoi elle produit le documentaire The stolen soul - looted art from Africa, qui revient sur certains projets de restitution par l'Allemagne, notamment au Nigéria d'objets appartenant au royaume du Bénin[42].
- Récades, sceptre originaires du royaume du Bénin dont des spécimens sont restitués lors d'une initiative de collectionneurs privés[43].
- En 2021, le trésor de Béhanzin, pillé à Abomey en 1891 est restitué au Bénin[44]
- En 2026, le Djidji Ayôkwé (tambour parleur), volé en 1916 au village d’Adjamé, est rendu à la Côte d'Ivoire[45].
Restitutions (partiellement) réalisées
modifier- 10 œuvres sont restituées mais 468 autres objets pillés en 1868 en Éthiopie par les forces britanniques sont encore réclamées par l'Afromet.
- Jan Baptist Bedaux, collectionneur néerlandais, (lié à Rogier Michiel Alphons Bedaux) propose de restituer 650 pièces d'objets Tellem et Dogon au musée de Bamako au Mali[Sarr/Savoy 10].
Restitution en cours
modifierRestitution des biens culturels et historiques à l'Algérie
modifierLa restitution des biens culturels et historiques à l’Algérie désigne l’ensemble des œuvres et objets du patrimoine algérien qui ont été emportés hors de leurs lieux d’origine, qu’ils aient été volés, pillés, illicitement exportés, disparus ou encore retrouvés puis restitués. Ces biens culturels ont connu divers modes de déplacement, notamment par des acquisitions, dons, legs ou échanges, mais surtout à la suite de spoliations, de pillages, de vols et de butins de guerre. Cette histoire a conduit à une forte dispersion des biens patrimoniaux algériens, aujourd’hui conservés en grande partie dans des collections étrangères, principalement occidentales.
Restitutions au Bénin
modifierpar la Finlande
modifierpar la France
modifierLa restitution des biens culturels du Bénin par la France est un processus démarré par la demande officielle effectuée en par le président béninois Patrice Talon au sujet des biens saisis au Bénin lors du sac effectué par les soldats français à Abomey en 1892[c].
Initialement refusée par le gouvernement français sous la présidence de François Hollande[47], la demande est acceptée sous la présidence d'Emmanuel Macron sous la forme d'une loi qui reste limitée à 26 œuvres — ce que conteste le gouvernement béninois. Dans ce contexte, le Bénin aménage un musée pour accueillir ces 26 œuvres, qui lui sont restituées le .
En 7 jours, 15 000 personnes - plus qu'en un an - visitent la collection d'objets qui quittera la France pour être restituée[48].
Restitution à la Côte d’Ivoire
modifierpar la France
modifierLe , les sénateurs français se prononcent sur une proposition de loi devant permettre le retour en Côte d’Ivoire d’un objet saisi en 1916, le Djidji Ayokwe[49]. Le projet de loi est adopté à l'unanimité en première lecture, au Sénat[50]. L'Assemblée nationale se saisit ensuite du projet de loi[51]. Le , l’Assemblée nationale adopte à l'unanimité une loi portant sur la déclassification du tambour parleur « Djidji Ayokwe » des collections publiques françaises, dans le but de le restituer à la Côte d’Ivoire[52].
par le Japon
modifierEn , le Japon restitue à la Côte d'Ivoire six biens culturels appartenant au groupe Akan. À l’origine, ces objets culturels avaient été offerts en 1993 par le président Félix Houphouët-Boigny à la cour impériale du Japon. Plus de trente ans plus tard, la princesse Takamado a décidé de les rétrocéder, pour notamment des raisons spirituelles. Selon une source proche du dossier, « dans la tradition japonaise, le masque est considéré comme un esprit : il doit revenir dans ses terres »[53].
Restitution à la Grèce par l'Angleterre
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Le gouvernement grec exige la restitution des marbres d'Elgin en invoquant deux arguments. D'une part, l'imprécision du firman ottoman qui n'autorisait pas explicitement Lord Elgin à emporter les marbres. De l'autre, le droit inaliénable du gouvernement grec de récupérer ces marbres, élément essentiel de son patrimoine historique, cédé par une autorité qui ne représentait pas le peuple grec.
Pour le gouvernement britannique répond que l'acquisition des marbres s'est faite selon les règles de droit en vigueur à l'époque :
- c'est-à-dire un premier firman émis en 1803, même si celles-ci manquaient de précision, comme cela était souvent le cas s'agissant de règles de droit non occidentales ;
- un deuxième firman, émis en 1809, déjà plus précis, demandant à Giovanni Battista Lusieri, peintre italien attaché au service de Lord Elgin, d'emporter les caisses contenant les marbres.
Le gouvernement britannique s'attache à cette position pour éviter d'ouvrir une boîte de Pandore qui provoquerait une cascade de demandes de restitution pour d'autres antiquités, elles aussi acquises dans des conditions contestables, en vertu du principe de non-rétroactivité des lois.
Plusieurs célébrités telles que l'acteur britannique Stephen Fry, se sont déclarées en faveur du retour des marbres à Athènes, ainsi que des intellectuels comme Christopher Hitchens[54] et Catharine Titi[55],[56].
Demande de restitution d'œuvres d'art par le Mozambique
modifierEn , le Mozambique entame une demande de restitution de ses œuvres d'art pillées lors de l'époque coloniale. D’après la ministre mozambicaine de la Culture, au moins 800 œuvres d’art ou objets patrimoniaux ont été pillés durant la colonisation. Un certain nombre ont été exposés dans des musées au Portugal, mais aussi dans le reste de l’Europe[57].
Demande de restitution par le Niger à la France
modifierLe , plusieurs journaux révèlent que, d'après une lettre du représentant permanent de la France à l’ONU datée du , la France a fait part aux autorités nigériennes de sa volonté de restituer des objets culturels pillés lors de l'époque coloniale[58],[59]. Dans cette lettre, il déclare également que Paris est « ouvert au dialogue bilatéral avec les autorités nigériennes, ainsi qu’à toute collaboration en matière de recherche de provenance ou de coopération patrimoniale »[58].
Restitution d'oeuvre d'art au Nigeria par le Pays-Bas
modifierEn , les Pays-Bas restituent officiellement 119 sculptures de la collection de bronzes du Bénin, pillées dans le royaume éponyme, dans l'actuel État d'Edo, au Nigéria, par les forces coloniales britanniques[60].
Restitutions par la Belgique
modifierLe , le conseil de direction de l'AfricaMuseum à Bruxelles communique sur le fait qu'il adopte une approche ouverte et constructive sur la restitution du patrimoine culturel africain[4]. Il affirme qu'« il n'est pas normal qu'une partie aussi importante du patrimoine culturel africain se trouve en Occident, alors que les pays d'origine en sont en fait les propriétaires moraux » et reconnaît que ces « collections ont été en partie acquises au cours de la période coloniale dans le contexte d’une politique d’inégalité légale : les gens étaient forcés ou mis sous pression pour abandonner des objets, ils étaient trop faibles pour négocier le prix quand ils voulaient vendre des objets »[4].
Restitution des œuvres d'art spoliées sous le Troisième Reich
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La restitution des œuvres d'art spoliées sous le Troisième Reich est la tentative de retrouver les œuvres d'art pillées par les nazis dans toute l'Europe, depuis l'instauration de leur régime en 1933 (spoliation des Juifs dans l'Allemagne nazie) jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale (spoliation dans les pays occupés), et de les restituer à leurs propriétaires. Elle s'inscrit dans le cadre de la politique allemande de réparation des crimes du régime national-socialiste.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les forces alliées en Allemagne découvrent un grand nombre d'œuvres d'art pillées, les mettent en sécurité et les restituent à leur pays d'origine. Si certaines œuvres sont vite restituées (les 21 903 objets d'art du château de Neuschwanstein sont retrouvés avec leurs archives formant un véritable catalogue de spoliation[61]), beaucoup d'objets d'origine indéterminée sont parvenus sur le marché international de l'art et dans des collections publiques. Le nombre des œuvres d'art non restituées à leur propriétaire légal, pouvant être identifiées, et dispersées dans le monde dans des collections publiques ou privées, est estimé à 10 000[62].
En , le United States House Committee on Financial Services (en) de la Chambre des représentants des États-Unis évalue qu'entre 1933 et 1945, 600 000 œuvres ont été volées, expropriées, saisies ou pillées : 200 000 en Allemagne et en Autriche, 100 000 en Europe de l'Ouest et 300 000 en Europe de l'Est[63].
Représentations culturelles
modifierLe film Les statues meurent aussi, réalisé en 1953 et censuré pendant onze ans par les autorités françaises, explore le colonialisme à travers les collections africaines en France[Savoy 2]. Dans les années 1970, les gouvernements du Ghana et du Nigeria encouragent la production du cinéma africain[Savoy 2]. En 1971, Nii Kwate Owoo réalise Tu me caches, le premier film africain sur les restitutions[Savoy 2]. Des représentants du British Museum sont présents à la première et quittent la salle avant la fin du film[Savoy 2]. En 1979, Eddie Ugbomah réalise The Mask, lui aussi sur les collections du British Museum[Savoy 2].
L'une des premières scènes de Black Panther, film sorti en 2018, représente Erik Killmonger volant une arme du Wakanda dans les collections d'un musée britannique et justifiant son geste comme une forme de restitution[64]. Pour Mathilde Serrell, Hollywood enferme ainsi le débat entre deux « méchants », la conservatrice voulant conserver les œuvres et l'anti-héros, qui prétexte la justice pour en réalité servir ses intérêts personnels[64].
En 2026 sort Relooted, un jeu vidéo sud-africain où le joueur doit récupérer des œuvres africaines conservées dans des musées occidentaux, avec dans la bande annonce la question « Est-ce du vol de récupérer des objets volés ? »[65].
Critique
modifierLes supposées très mauvaises conditions de conservation dans certains musées africains sont enfin pointées du doigt, tout comme le précédent du musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren en Belgique, qui avait restitué 114 œuvres au Congo dans les années 1970-1980[66], dont il ne reste que 21 exemplaires en 2018, la plupart ayant été depuis volées ou revendues dans l'illégalité[67].
Notes
modifier- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Objets et biens culturels emportés d'Afrique » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Le MRAC a mis en place des programmes et des équipes comprenant des scientifiques africains pour établir provenance de ses collections.
- ↑ Le MRAC circonscrit fortement les possibilités de restitution :
- aux objets ayant une grande valeur symbolique pour les pays concernés.
- aux demandes de restitutions pertinentes et formelles, venant d'autorités reconnues
- à une étude approfondie sur le processus d'acquisition des œuvres
- au un groupe de travail composé d'experts
- au rapport et conseils de ce groupe de travail au ministre compétent et sur la demande spécifique
- ↑ Ce processus de restitution ne doit pas être confondu avec le retour au Bénin d'objets faisant partie de collections privées en France.
Références
modifier- Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, « Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain.Vers une nouvelle éthique relationnelle », -, (lire en ligne).

- (en) Bénédicte Savoy, Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731).

- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (en) Bénédicte Savoy, « 1965 - Bingo », dans Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731), p. 4-10
- 1 2 3 4 5 6 (en) Bénédicte Savoy, « 1971 - You hide me », dans Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731), p. 11-15
- 1 2 3 (en) Bénédicte Savoy, « 1972 - Prussian Cultural Property », dans Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731), p. 16-28
- 1 2 3 4 5 6 (en) Bénédicte Savoy, « 1973 - Zero », dans Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731), p. 29-34
- 1 2 3 4 (en) Bénédicte Savoy, « 1975 - Pause », dans Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731), p. 44-46
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Bénédicte Savoy, « 1974 - Increasingly Global », dans Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731), p. 35-43
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Bénédicte Savoy, « 1976 - "German Debate" », dans Africa's struggle for its art, (ISBN 9780691234731), p. 47-57
- Autres références
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Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Générale
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Afrique
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` - Jolanda Van Nijen, « La restitution du patrimoine culturel africain. L’Afrique au musée, les musées en Afrique : solutions et impasses; », Mémoire rédigé pour l’obtention du Certificat Cours de base en muséologie ICOM 2019-2020, (lire en ligne).
