St'at'imcets

langue salish
(Redirigé depuis St’at’imcets)

Le st'at'imcets, st'at'imc ou lillooet (autonyme St̓át̓imcets, [st͡ɬʼæt͡ɬʼjəmxət͡ʃ], ou Ucwalmícwts) est une langue salish parlée dans le sud de la Colombie-Britannique au Canada, autour des fleuves Fraser et Lillooet par la nation St'at'imc. Avec un peu plus de 200 personnes qui le parlent, toutes âgées de plus de 60 ans, le st'at'imcets est une langue en voie de disparition.

St'at'imcets, st'at'imc, lillooet
St̓át̓imcets, Ucwalmícwts
Pays Canada
Région Colombie-Britannique
Nombre de locuteurs 140 (2014)[1]
690 semi-locuteurs (2014)[1]
Classification par famille
Codes de langue
IETF lil
ISO 639-3 lil
Étendue langue individuelle
Type langue vivante
WALS lil
Glottolog lill1248
État de conservation
Éteinte
EXÉteinte
Menacée
CREn situation critique
SESérieusement en danger
DEEn danger
VUVulnérable
Sûre
NE Non menacée
Langue sérieusement en danger (SE) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde

Dialectes régionaux

modifier

Le st'at'imcets a deux principaux dialectes mutuellement intelligibles, avec quelques différences lexicales, phonologiques ou syntaxiques[2],[3],[4] :

  • le « haut st'at'imcets » (ou st'át'imcets) parlé à Fountain (en)), Pavilion, Lillooet, et aux alentours ;
  • le « bas st'at'imcets » (ou ucwalmícwts), parlé à Mount Currie (en) (Líl̓wat) et aux alentours.

Un autre sous-dialecte appelé le Skookumchuck est parlé à l'intérieur de la région du bas st'at'imcets[réf. nécessaire].

Écriture

modifier

Plusieurs orthographes ont été utilisées pour l'écriture du st'at'imcets. Une orthographe pratique a été développée par Randy Bouchard et a été utilisée dans certains ouvrages, par exemple avec la graphie  Stl'atl'imxets [5]. Une autre orthographe pratique a été développée par Jan van Eijk et a été adoptée par la Mount Currie Community School en 1974, par le Lillooet Tribal Council (en)[6] et la Upper St̓át̓imc Language, Culture and Education Society[7]. Celle-ci utilise par exemple la graphie  St̓at̓imcets  (ou  St’at’imcets ). Des variantes de l’alphabet phonétique américaniste sont aussi utilisées dans certains ouvrages, notamment par Dorothy Kennedy et Randy Bouchard, ou par van Eijk , par exemple avec la graphie  Sƛ̓aƛ̓imxǝc [8] (ou  Sƛ’aƛ’imxǝc [9]).

Dans l’orthographe pratique de van Eijk, les lettres avec trait souscrit  t̲s̲  (ou  t͟s ),  t̲s̲’  (ou  t͟s’ ),   ,   ,  ḻ’  sont normalement écrites sans trait souscrit[10]. Pour indiquer la glottalisation, la virgule suscrite et l’apostrophe à droite de la lettre peuvent être utilisée de manière interchangeable dans l’orthographe pratique ou la notation phonétique américaniste[11].

L’accent d’intensité est indiqué avec l’accent aigu sur la lettre de la voyelle dans l’orthographe pratique de Bouchard[12]. Il est aussi indiqué avec l’accent aigu dans l’orthographe pratique de van Eijk mais peut être homis étant fortement prévisible[13].

Alphabets st'at'imcets[14],[15]
Orthographe
pratique
(van Eijk)[13]
Orthographe
pratique
(Bouchard)[12]
APA API
aaa [æ]
aoaạ, a̱ [ɑ]
eeə, e [ə]
veə̣, e̱ [ʌ]
iii [i], [e]
iiiị, i̱ [ɛ]
uuu [u], [o]
ooụ, u̱ [ɔ]
ppp [p]
ttt [t̪]
tstsc [tʃ]
t̲s̲c̣, c̱ [ts̙]
kkk [k]
kwkw [kʷ]
qq [q]
qwḵw [qʷ]
p'p’ [pʼ]
t'tl’ƛ̓ [tɬʼ]
ts'ts’ [tʼʃ]
t̲s̲'c̱̓ [tʼs̙]
k'k’ [kʼ]
k'wkw’k̓ʷ [kʼʷ]
q'ḵ’ [qʼ]
q'wḵw’q̓ʷ [qʼʷ]
lhlhɬ [ɬ]
sss [ʃ]
[s̙]
cxx [x]
cwxw [xʷ]
x [χ]
xwx̱wx̌ʷ [χʷ]
mmm [m]
nnn [n]
m' [mʼ]
n' [nʼ]
lll [l]
[l̜˞]
l' [lʼ]
ḻ'ḻ̓ [l̙ʼ]
zzz [z], [ᶞs̪]
yyy [y]
rgɣ [ɣ]
gʕ [ʕ]
gwg̱wʕʷ [ʕʷ]
hhh [h]
www [w]
z' [zʼ], [ᶞs̪]
y' [yʼ]
r'ɣ̓ [ɣʼ]
g'g̱̓ʕ̓ [ʕʼ]
g'wg̱̓wʕ̓ʷ [ʕʼʷ]
77ʔ [ʔ]
w' [wʼ]

Notes et références

modifier
  1. 1 2 Ethnologue [lil].
  2. van Eijk 1997, p. xxi.
  3. van Eijk 2014, p. viii.
  4. Kennedy et Bouchard 1998, p. 174.
  5. (en) « Fraser River Lillooet: An Ethnographic Summary », dans A. H. Stryd & S. Lawhead, Reports of the Lillooet Archaeological Project, No. 1: Introduction and Setting, Ottawa, National Museum of Man, Canada, coll. « Mercury Series. Archaeological Survey Paper 73 », 22-55 p.
  6. van Eijk 1997, p. 251.
  7. van Eijk 2013, p. xi-xii.
  8. van Eijk 2013.
  9. van Eijk 1997.
  10. van Eijk 1997, p. 252.
  11. van Eijk 2014, p. xxi.
  12. 1 2 Hayden 2007, p. 35-36.
  13. 1 2 van Eijk 1997, p. 251-252.
  14. Namdaran 2006, p. 162.
  15. (en) « Other Spellings of St'át'imc » [archive du ], sur The Upper St'át'imc Language, Culture and Education Society (USLCES)

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

modifier
  • (en) Henry Davis, « Kayám: an early St'át'imcets text (practical orthography version) », dans Gillon, C., N. Sawai, R. Wojdak, Papers for ICSNL 37, vol. 9, UBCWPL, , 77–132 p. (lire en ligne)
  • (en) Brian Hayden, A Complex Culture of the British Columbia Plateau: Traditional Stl'atl'imx Resource Use, UBC Press, (lire en ligne), p. 35-36
  • (en) Dorothy Kennedy et Randall T. Bouchard, « Lillooet », dans Deward E. Walker Jr., Handbook of North American Indians, vol. 12 : Plateau, Washington, Smithsonian Institution (ISBN 9780160495144), p. 174-190
  • (en) Nahal Namdaran, Retraction in St'át'imcets : an ultrasonic investigation (thèse), University of British Columbia, (lire en ligne)
  • (en) Taylor Roberts, « Grammatical relations and ergativity in St'át'imcets (Lillooet Salish) », International Journal of American Linguistics (IJAL), vol. 65, no 3, , p. 275-302
  • (en) Jan van Eijk, The Lillooet Language : Phonology, Morphology, Syntax, UBC Press, , 300 p. (ISBN 0-7748-0625-7, présentation en ligne, lire en ligne)
  • (en) Jan van Eijk, Lillooet-English Dictionary, University of British Columbia, coll. « Occasional Papers in Linguistics » (no 2), (présentation en ligne, lire en ligne)
  • (en) Jan van Eijk, « On the Language of the Lillooet », dans Nilh Izá Sptákwlhkalh = niɬ ʔizá sptákʷɬaɬ = These Are Our Legends, (ISBN 9780889773974, lire en ligne Accès libre)
  • (en) « Other Spellings of St̓át̓imc », sur The Upper St̓át̓imc Language, Culture and Education Society(USLCES) Lillooet, British Columbia, Canada (consulté le )

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier