Ulrich III de Ferrette
Ulrich III de Ferrette, né après 1278 et avant 1281 et mort le , est comte de Ferrette de 1310 à sa mort.
| Comte de Ferrette | |
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Avant |
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Jeanne de Ferrette Ursule de Ferrette (d) |
Époux de Jeanne de Montbéliard, Ulrich III devient comte de Ferrette en succédant à son père Thibaut de Ferrette à la mort de celui-ci. Contrairement à ses ancêtres, il choisit de soutenir les Habsbourg dans leur lutte pour l'empire. Frédéric le Beau le favorise en le nommant avoué provincial et lui inféodant Delle. Il sert également le roi de France Philippe V le Long.
À sa mort sans fils en 1324, sa femme Jeanne de Montbéliard donne leur fille aînée Jeanne en mariage à Albert II d'Autriche. Le comté de Ferrette passe aux Habsbourg.
Biographie
modifierFamille
modifierUlrich III de Ferrette est né après 1278[1] et avant 1281[1],[2]. Il est le fils aîné de Thibaut de Ferrette et de Catherine de Klingen, mariés en 1275[3],[4],[5]. Ulrich III de Ferrette a deux frères cadets et trois sœurs :
- Thibaut, mort en 1311, époux de Jeanne de Blâmont, sœur de Marguerite de Blâmont, seconde épouse de Thibaut[6] ;
- Jean, mort après 1309[6] ;
- Herzelaude[7], morte en 1317[8], qui renonce à l'héritage de ses parents en 1311, épouse d'Otton V d'Ochsenstein[9],[6],[10] ;
- Sophie, morte en 1344, épouse d'Ulrich III de Wurtemberg[11].
Mariage
modifierLe , Thibaut conclut le mariage de son fils aîné Ulrich III avec Jeanne de Montbéliard, fille du comte de Montbéliard Renaud de Bourgogne. Ce dernier promet de donner sa fille dès qu'elle sera nubile[12],[13], avec une dot constituée du village de Delle et d'une somme de 2 850 livres d'estevenans, partiellement assise sur des droits de Renaud de Bourgogne dans des villages proches du comté de Ferrette. Jeanne reçoit en douaire la châtellenie de Rougemont. En réalité, le village de Delle n'appartient pas vraiment à Renaud de Bourgogne, mais est possédé par les Habsbourg. Thibaut et Renaud profitent de la faiblesse momentanée d'Albert d'Autriche, malade et donné pour mort[12],[14].
Le mariage effectif a lieu en 1302[6] ou 1303[13]. Après ce mariage Ulrich et Jeanne de Montbéliard s'installent dans le château de Bas-Rougemont et Ulrich porte le titre de seigneur de Rougemont[15],[6],[13],[16].
Au service des Habsbourg
modifierUlrich III devient comte de Ferrette en succédant à son père Thibaut à la mort de celui-ci, entre le , dernier acte où il est cité, et le [17],[18].
En 1311, il refuse de délivrer la dot de sa sœur Sophie au mari de celle-ci, Ulrich III de Wurtemberg, alors en guerre contre l'empereur germanique Henri VII. Ce dernier soutient Ulrich[19],[20]. La même année, il négocie avec Jean II de Montfaucon, qui renonce à ses prétentions sur Rougemont en échange de 1 000 livres[21],[22]. En 1312, l'affaiblissement de l'abbaye de Murbach permet à Ulrich de prendre le contrôle de la vallée de Saint-Amarin, en assumant la protection de Pierre de Bollwiller, seigneur de Wildenstein où il a construit un château et en donnant en fief le rocher de Herrenfluh — situé entre Wattwiller et Uffholtz — à Jean de Saint-Amarin, pour qu'il y construise un château[23],[24]. La femme d'Ulrich, Jeanne de Montbéliard, est associée à cette dernière décision : elle a reçu Uffholtz en viager[25],[26].
Après la mort de l'empereur Henri VII en 1313, deux concurrents sont en lice pour la couronne impériale. Ulrich ne prend pas parti pour le duc de Bavière Louis IV, mais pour le duc d'Autriche Frédéric le Beau. Cette alliance avec la famille des Habsbourg, pourtant combattue par les ancêtres d'Ulrich, s'explique par la pression exercée par les Habsbourg, notamment par le frère de Frédéric le Beau, Léopold Ier d'Autriche. Ils sont puissants en Alsace, alors que Louis IV n'offrirait qu'une protection lointaine. Grâce à cette alliance, les villes de Vieux-Brisach, Neuenburg et Mulhouse se mettent sous la protection d'Ulrich[27]. En 1315, Frédéric le Beau nomme Ulrich III de Ferrette et son beau-frère Otton V d'Ochsenstein avoués provinciaux d'Alsace[28].
En 1318, Ulrich III réaffirme sa protection sur l'abbaye de Pairis, où ses ancêtres ne sont plus intervenus depuis 1236[29],[30]. En 1320, pour récompenser Ulrich III de son soutien militaire dans la guerre contre Louis IV, Frédéric Le Beau lui inféode la ville et le château de Delle[31].
Le le comte de Montbéliard Renaud de Bourgogne promet à Ulrich III de lui donner la châtellenie de Granges, au sud de Belfort, et le château de Fesches, en paiement de la dot de sa fille Jeanne de Montbéliard, toujours pas versée. Renaud de Bourgogne a un fils handicapé mental, Othenin, et quatre filles : Jeanne, l'épouse d'Ulrich, Agnès, épouse d'Henri de Montfaucon, Alice, épouse de Jean II de Chalon-Auxerre et Marguerite, épouse de Guillaume d'Antigny. La succession de Renaud de Bourgogne est à régler[31],[32].
Comme le comté de Montbéliard est fief d'Empire, Frédéric le Beau promet à Ulrich de lui abandonner les droits de l'empereur à la mort de Renaud, ce qui donne un avantage à Ulrich dans les négociations[31]. Juste avant de mourir, le , Renaud passe un accord avec les maris de ses deux filles aînées, Ulrich III de Ferrette et Henri de Montfaucon : Hugues de Bourgogne, frère de Renaud sera le gardien du comté de Montbéliard au nom de son neveu Othenin, sauf la châtellenie de Granges qui ira à Ulrich, ainsi que les droits de l'Empire sur le comté de Montbéliard et Belfort. Le suivant, Renaud de Bourgogne meurt. Ulrich de Ferrette reçoit la châtellenie de Granges et Frédéric le Beau donne le fief de l'Empire non pas à Ulrich III mais à sa femme, Jeanne de Montbéliard. L'alliance d'Ulrich avec les Habsbourg lui est donc profitable[33],[34].
Autres alliances
modifierEn , Ulrich participe à une expédition victorieuse qu'il mène avec le margrave Henri III de Bade-Hachberg, le comte Conrad III de Fribourg et d'autres seigneurs pour défendre la ville de Fribourg contre le chevalier Henri Colmann, finalement capturé[35],[36].
Le , Ulrich conclut une alliance avec l'évêque de Metz Renaud de Bar, à qui il rend foi et hommage, reprenant de lui en fief Cernay, House et Deckwiller, en échange de la somme de 2 000 livres, effectivement versée en 1316. Cette alliance a pour but de faire la guerre au duc de Lorraine Thiébaut II, mais l'expédition prévue n'a pas lieu, parce que Renaud de Bar meurt le [37],[38]. À leur demande, Ulrich promet aux chanoines du chapitre de Saint-Dié ne pas attaquer leurs biens[39],[40].
Ulrich III est aussi l'allié et le vassal de Jeanne de Bourgogne, comtesse palatine de Bourgogne et de son mari Philippe V le Long. Après l'accession de celui-ci au trône de France, il donne à Ulrich, en une rente de 300 livres tournois. En , il répond à la convocation de l'ost royal par Philippe V en venant avec un contingent important de 200 hommes armés. Cet effectif, qui dépasse largement celui fourni par Charles de Valois, le comte de Montbéliard ou le comte de Genève, sans atteindre le niveau de celui du comte de Bourgogne ou du dauphin de Viennois, place Ulrich III de Ferrette au niveau des grands barons de son temps[41],[42].
Mort et succession
modifierUlrich III de Ferrette et Jeanne de Montbéliard ont deux filles[43] :
- Jeanne de Ferrette[43],[13], née entre le et le [13] ;
- Ursule[43],[13], née entre le et le [13], épouse de Hugues de Hohenberg[44].
N'ayant pas de fils, Ulrich demande en 1318 à l'évêque de Bâle Gérard de Vuippens que ses filles puissent lui succéder au comté de Ferrette, en dérogation à la coutume. Gérard de Vuippens, qui ne peut le lui refuser, l'accepte officiellement le et fait confirmer cette décision par le pape Jean XXII en 1320[45],[46],[47]. Ulrich obtient de même de l'abbaye de Murbach la reconnaissance de sa succession par ses filles en 1318[46].
Ulrich tombe malade en , fait rédiger son testament le et meurt le [48],[49]. Il est enterré devant la porte de l'église des franciscains de Thann[50],[51]. Après la mort d'Ulrich, l'évêque de Bâle, reniant sa promesse, essaye de saisir le comté de Ferrette, mais Jeanne de Montbéliard se met d'accord dès le avec Albert II d'Autriche pour lui donner sa fille aînée Jeanne en mariage[52],[51],[53]. Le comté de Ferrette passe aux Habsbourg. La sœur cadette de Jeanne, Ursule, doit renoncer à tout héritage, en échange de 2 000 mars assignés sur le château et la ville de Delle. Leur mère promet aussi que son douaire, Rougemont et les vallées de Traubach et de Soppe, passera à Jeanne de Ferrette et à Albert après sa mort. Celui-ci s'engage à protéger sa belle-mère[54],[53]. Le , le pape Jean XXII demande à Gérard de Wippens d'investir Albert II d'Autriche du comté de Ferrette[55].
Jeanne de Montbéliard se remarie entre le et le avec le margrave de Bade Rodolphe Hesso, mort en 1335. Ensuite, elle épouse, avant le , Guillaume de Katzenelnbogen[56]. Elle meurt entre le et le [57].
Ascendance
modifier| 32. Frédéric Ier de Ferrette | |||||||||||||||||||
| 16. Louis Ier de Ferrette | |||||||||||||||||||
| 33. Étiennette de Vaudémont | |||||||||||||||||||
| 8. Frédéric II de Ferrette | |||||||||||||||||||
| 34. Werner II de Habsbourg | |||||||||||||||||||
| 17. Richenza de Habsbourg | |||||||||||||||||||
| 35. inconnue | |||||||||||||||||||
| 4. Ulrich II de Ferrette | |||||||||||||||||||
| 36. Egon III d'urach | |||||||||||||||||||
| 18. Eginon IV d'Urach | |||||||||||||||||||
| 37. Cunégonde | |||||||||||||||||||
| 9. Hilwidis d'Urach | |||||||||||||||||||
| 38. Berthold IV de Zähringen | |||||||||||||||||||
| 19. Agnès de Zähringen | |||||||||||||||||||
| 39. Heilwig de Froburg | |||||||||||||||||||
| 2. Thibaut de Ferrette | |||||||||||||||||||
| 40. Guy de Vergy | |||||||||||||||||||
| 20. Hugues de Vergy | |||||||||||||||||||
| 41. Adélaïde de Beaumont | |||||||||||||||||||
| 10. Guillaume Ier de Vergy | |||||||||||||||||||
| 42. Garnier II de Traînel | |||||||||||||||||||
| 21. Gisle de Traînel | |||||||||||||||||||
| 43. | |||||||||||||||||||
| 5. Agnès de Vergy | |||||||||||||||||||
| 44. | |||||||||||||||||||
| 22. | |||||||||||||||||||
| 45. | |||||||||||||||||||
| 11. Clémence de Fouvent | |||||||||||||||||||
| 46. | |||||||||||||||||||
| 23. | |||||||||||||||||||
| 47. | |||||||||||||||||||
| 1. Ulrich III de Ferrette | |||||||||||||||||||
| 48. | |||||||||||||||||||
| 24. | |||||||||||||||||||
| 49. | |||||||||||||||||||
| 12. | |||||||||||||||||||
| 50. | |||||||||||||||||||
| 25. | |||||||||||||||||||
| 51. | |||||||||||||||||||
| 6. Gautier de Klingen | |||||||||||||||||||
| 52. | |||||||||||||||||||
| 26. | |||||||||||||||||||
| 53. | |||||||||||||||||||
| 13. | |||||||||||||||||||
| 54. | |||||||||||||||||||
| 27. | |||||||||||||||||||
| 55. | |||||||||||||||||||
| 3. Catherine de Klingen | |||||||||||||||||||
| 56. | |||||||||||||||||||
| 28. | |||||||||||||||||||
| 57. | |||||||||||||||||||
| 14. | |||||||||||||||||||
| 58. | |||||||||||||||||||
| 29. | |||||||||||||||||||
| 59. | |||||||||||||||||||
| 7. Sophie de Froburg | |||||||||||||||||||
| 60. | |||||||||||||||||||
| 30. | |||||||||||||||||||
| 61. | |||||||||||||||||||
| 15. | |||||||||||||||||||
| 62. | |||||||||||||||||||
| 31. | |||||||||||||||||||
| 63. | |||||||||||||||||||
Notes et références
modifier- 1 2 Wilsdorf 1991, p. 242.
- ↑ Lacourt et Munch 2024, p. 34.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 207.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 155.
- ↑ Lacourt et Munch 2024, p. 33.
- 1 2 3 4 5 Wilsdorf 1991, p. 209.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 200.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 211.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 229.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°577, p. 142.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 16.
- 1 2 Wilsdorf 1991, p. 185-187.
- 1 2 3 4 5 6 7 Lacourt et Munch 2024, p. 38.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°416, p. 112.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 227.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°518, p. 131.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 199.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°573, p. 141.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 213.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°583, p. 143.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 214.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°581, p. 143.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 214-216.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°601-605, p. 147.
- ↑ Lacourt et Munch 2024, p. 39.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°602, p. 147.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 216-218.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 219.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 221.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°682, p. 162.
- 1 2 3 Wilsdorf 1991, p. 222.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°675, p. 161.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 231-232.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 224-225.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 226-227.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°635, p. 153.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 227.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°654-655, p. 157.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 228.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°661, p. 158.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 228-230.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°673-674, p. 160-161.
- 1 2 3 Wilsdorf 1991, p. 231.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 241.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 232-233.
- 1 2 Wilsdorf 1991, p. 233.
- ↑ Wilsdorf, Metz et Jordan 2022, n°684, p. 162.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 234-235.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 234.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 235.
- 1 2 Wilsdorf 1991, p. 236.
- ↑ Quiquerez 1862-1864, p. 237-239.
- 1 2 Lacourt et Munch 2024, p. 40.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 238.
- ↑ Wilsdorf 1991, p. 241.
- ↑ Lacourt et Munch 2024, p. 41.
- ↑ Lacourt et Munch 2024, p. 42.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Philippe Lacourt et Paul-Bernard Munch, Ferrette et ses comtesses : En marge des 700 ans du mariage de Jeanne de Ferrette et d'Albert II de Habsbourg (1324-2024), Huningue, Presses universitaires Rhin & Danube-Société d'histoire du Sundgau, coll. « Terres rhénanes », , 207 p. (ISBN 978-2-493323-73-6).
- Auguste Quiquerez, « Histoire des comtes de Ferrette », Mémoires de la société d'émulation de Montbéliard, 2e série, vol. 1, 1862-1864, p. 127-264 (lire en ligne).
- Christian Wilsdorf, Histoire des comtes de Ferrette (1105-1324), Altkirch, Société d'histoire sundgauvienne, , 272 p. (ISBN 2-908498-01-4, BNF 35479849).
- Christian Wilsdorf, Bernhard Metz et Benoît Jordan, Regestes des comtes de Ferrette, , 207 p. (HAL hal-04081268, lire en ligne [PDF]).