Unione Italiana del Lavoro
L'Unione Italiana del Lavoro (UIL) est une organisation syndicale italienne fondée par Edmondo Rossoni et Alceste De Ambris en 1918.
| Fondation |
14 avril 1918 (officialisation le 9 juin 1918) |
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| Dissolution |
1925 |
| Prédécesseur |
Unione Sindacale Milanese, Comitato sindacale italiano |
| Scission de |
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| Idéologie |
Histoire
modifierFondé le 14 avril 1918 par Alceste De Ambris et Edmondo Rossoni, ce syndicat rassembla l'aile interventionniste qui fut expulsée de l'Unione Sindacale Italiana (USI) d'inspiration syndicaliste révolutionnaire.
Lors du congrès constitutif du 9 au 10 juillet 1918, tenu à Milan, furent esquissées les grandes lignes de l'orientation de l'UIL. Dans son livre Le origini dei sindacati fascisti (1974) l'historien Ferdinando Cordova écrit :
« La lutte des classes, donc, bien qu’elle ne fût pas, du moins formellement, niée, se voyait néanmoins assigner une limite précise : les deux catégories opposées des employeurs et des travailleurs, soustraites à toute interprétation politique, devaient concilier leurs conflits chaque fois que leur prolongation aurait porté atteinte à l’intérêt suprême de la nation. De ces conceptions, qui avaient le tort d’ignorer les lois implacables de l’intérêt économique à la base du développement capitaliste, découlaient, d’une part, une polémique ouverte contre le Parti socialiste, qui avait condamné et condamnait encore la guerre au nom de l’internationalisme prolétarien, et, d’autre part, la nécessité d’une organisation capable de faire contrepoids à la Confédération générale du travail ou, à tout le moins, de la détacher de ses liens avec le PSU »[1].
Le congrès fit ainsi apparaître que la préoccupation principale des syndicalistes de l’UIL était de « souligner l’originalité supposée de leurs théories, fondées sur le partage des valeurs nationales et sur l’autonomie à l’égard des partis politiques ». À cette fin, Edmondo Rossoni présenta la classe ouvrière italienne comme des « embusqués » et s’en prit à la petite bourgeoisie « dans des termes fortement antiparlementaires »[1]. Le discours de Rossoni s'articulait autour de plusieurs points :
« la nécessité de l’unité syndicale ; l’autonomie vis-à-vis des partis, le syndicat devant être le principal instrument d’émancipation des travailleurs ; la nécessité d’un mouvement fondé sur l’industrie ; enfin, l’importance de la patrie, valorisée par les classes productrices. Ces principes constituèrent les fondements du statut de l’UIL, qui prônait la nationalisation du prolétariat »[1].
Un autre aspect résidait dans la nécessité, pour le syndicat, d’acquérir des compétences administratives « susceptibles d’être mises en œuvre dans la perspective d’un « État syndical », ultime ambition d’une organisation qui déclarait révolue l’époque du libéralisme économique »[1].
Les revues et journaux attachés ou liés à l'UIL étaient : L'Italia nostra, Il Rinnovamento de De Ambris, Battaglie dell'Unione Italiana del Lavoro (1919), Il Piccolo di Parma de Tullio Masotti, Cultura sindacale (1920-21) de Rossoni, Il Sindacato operaio (1920-22), Pagine libere et La Patria del popolo (1920-1923) d'Angelo Oliviero Olivetti.
Angelo Oliviero Olivetti en était l'éminence grise. Attaqué à partir de 1920 par les bandes du fascisme agraire auquel il faisait concurrence, ce syndicat, qui perdit beaucoup de militants subjugués par les sirènes du fascisme (dont Rossoni qui devint un chef du syndicalisme fasciste), subit le même destin que les autres syndicats italiens et finit par disparaitre en 1925 avec l'instauration de la dictature fasciste.
Il n'y a pas de lien de continuité avec le syndicat homonyme né après la Seconde Guerre mondiale.
Programme
modifier« NOUS VOULONS :
- Constituante nationale, comprise comme section italienne de la Constituante Internationale des Peuples, pour procéder à la transformation radicale des bases politiques et économiques de la vie sociale, par des méthodes et des moyens qui assurent, sans piétinements ou arrêts, la continuation et le développement de la civilisation.
- Proclamation de la République Italienne. Décentralisation du pouvoir exécutif; autonomie administrative des Régions et des Communes au moyen d'organes législatifs propres. Souveraineté populaire exercée par le suffrage universel égal et direct des citoyens des deux sexes, avec pour le peuple droit d'initiative, de référendum et de veto. Extirpation de la bureaucratie irresponsable et réorganisation ex novo de l'administration des organismes étatiques. Limitation des fonctions de l'Etat à la direction civile et politique de la vie nationale.
- Abolition du Sénat et de toute forme artificieuse et arbitraire de limitation de la souveraineté populaire. Abolition de la police politique; constitution d'une Garde civique communale et nationale. Magistrature élective, indépendante du pouvoir exécutif.
- Abolition de toutes les distinctions et titres de caste des princes, ducs, marquis, comtes, commandeurs, chevaliers, etc. Seuls titres d'honneur et de noblesse : l'intelligence, l'honnêteté, le travail.
- Abolition de la conscription obligatoire. Désarmement général et interdiction dans toutes les nations de fabriquer des armements et des navires de guerre.
- Liberté de pensée, de religion, d'association, de presse, de propagande, d'agitation individuelle et collective.
- Système d'éducation avec des écoles de culture, d'art et de métiers effectivement libres et ouvertes à tous. Bibliothèques gratuites pour la connaissance et l'étude de tout ce qu'on pense et écrit dans chaque domaine de la recherche intellectuelle et scientifique. Enseignement supérieur réservé aux seules capacités manifestes et propres à développer la science et la culture d'autrui. Choix scrupuleux et garanties aux enseignants, en tenant compte de la haute importance sociale de leur tâche.
- Organisation extrême, jusqu'à la perfection, de l'hygiène sociale, par l'assainissement des habitations des villes et des campagnes et la construction de nouvelles maisons modernes. Soutien et assistance inconditionnée aux mutilés, aux orphelins, aux invalides, aux vieillards, aux malades, à la maternité, aux déficients. Elimination de toute manifestation de misère et de mendicité et donc de toute forme de charité dégradante et hypocritement compatissante.
- Dissolution des sociétés anonymes, industrielles et financières; suppression de toute forme de spéculation banquière et boursière; création d'un organisme national avec des sections régionales, qui règle les valeurs, distribue le crédit et soutienne avec les produits du travail établis à cet effet et sans taxes, impôts ou autre les administrations publiques.
- Recensement et réduction des fortunes personnelles. Confiscation des rentes improductives. Et, dans ce but, paiement des dettes du vieil Etat par les possédants qu'il a protégés et qui ont été ses bénéficiaires.
- Interdiction de travailler pour les enfants âgés de moins de 16 ans. Passé 16 ans, obligation pour tous de travailler huit heures par jour. Trêve de parasites qui ne se rendent pas utiles, selon leurs capacités, à la communauté sociale et condamnation de l'oisiveté comme manifestation de criminalité humaine.
- Intensification de la production agricole industrielle, de l'exploitation de la mer et développement de la navigation, non au profit d'un petit nombre, mais pour garantir un haut niveau de vie à ceux qui travaillent, selon l'idée supérieure de la justice distributive de la richesse produite.
- Réorganisation du système de la production sur la base associative et la participation directe de tous les éléments du travail intellectuel, technique et manuel: remise de la terre à cultiver aux paysans associés; la gestion des industries, des transports et des services publics aux Syndicats des techniciens et des travailleurs. Elimination de toute forme de spéculation personnelle sur la production, par l'établissement du principe social que l'on doit produire pour le bien-être commun et pour le parfait fonctionnement des administrations civiles locales, régionales, nationales.
- Abolition de la diplomatie secrète. Politique internationale ouverte, inspirée par l'idée de la solidarité et de la fraternité des peuples, s'engageant au respect réciproque de l'indépendance et des intérêts nationaux de chaque peuple. Contrôle du change pour l'exportation et pour l'importation. Réalisation de la grande idée de la liberté de chaque citoyen dans la Nation et de la Nation dans l'Internationale »[2],[3].
Membres
modifier- Edmondo Rossoni
- Alceste De Ambris
- Amilcare De Ambris
- Michele Bianchi
- Tullio Masotti
- Decio Bacchi
- Michele Bianchi
- Angelo Oliviero Olivetti
- Agostino Lanzillo
- Mario Racheli
- Romualdo Rossi
- Vittorio Picelli
- Romolo Sabbatini
- Livio Ciardi
- Luigi Ciardi
- Assirto Pacchioni
- Ettore Cuzzani (1882-1934)
- Adelmo Pedrini (1888-1947)
- Umberto Pagani (1892-1966)
- Guido Galbiati
- Ciro Corradetti
- Gino Tenerani
- Secondo Nosengo
- Mario Razzini
- Giovanni Mapelli
Notes et références
modifierBibliographie
modifier- Matteo Pasetti, Tra classe e nazione. Rappresentazioni e organizzazione del movimento nazional-sindacalista (1918-1922), Carocci, 2008.
- Sandro Rogari, Le origini dell'Unione Italiana del Lavoro, Nuova Antologia, n°2151, 1984, pp.240-265.
- Pietro Neglie, Sindacalismo rivoluzionario, sindacalismo nazionale e confederalismo laico-socialista. La Uil dal primo al secondo dopoguerra, Il Pensiero Storico, 2021.
- Federico Goddi, Tullio Masotti : L'itinerario di un sindacalista rivoluzionario, Giornale di Storia Contemporanea, no 1. 2011.
- Enrico Serventi Longhi, Alceste De Ambris l’anti-Mussolini. L’utopie concrète d’un révolutionnaire syndicaliste, Presses universitaires de Rennes, 2025.