Victor Lagye
Victor Lagye, né le à Gand et mort le à Anvers, est un peintre et illustrateur belge surtout connu pour ses peintures de genre et ses scènes historiques. Il participe à divers programmes décoratifs commandés par le gouvernement belge. Dans ses dernières années, il se consacre activement à l'éducation artistique.
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Biographie
modifierFamille
modifierVictor Lagye, né Struifstraat à Gand le , est le fils de Benoît Jean Lagye (1790-1859), tailleur d'habits et jadis musicien régimentaire sous le Premier Empire, et de Catherine Joséphine Lausnay (1789-1876), modiste. Il épouse en 1857 Cécile Lambin (1828-1864), puis il se remarie en 1866 avec la sœur de sa première femme, Hortense Lambin (1834-1911). Il est le père de six enfants, dont Raphaël Lagye (1862-1952), artiste peintre. Son frère, Benoît Lagye (1818-1892) est un musicien, professeur de violon au Conservatoire royal de Gand[1],[2].
Formation
modifierVictor Lagye étudie à l'Académie royale des beaux-arts de Gand, où ses professeurs sont Joseph De Cauwer, Hendrik Van der Haert et Théodore Canneel. En 1842, à Gand, il obtient le premier prix de la classe d'après la bosse[3]. Grâce à ce prix, le peintre Jean Baptiste Louis Maes-Canini l'emmène, en , afin qu'il puisse parfaire sa formation en Italie[4]. En , Victor Lagye remporte à Rome le prix du concours de peinture et dessin, ouvert par la Congrégation artistique du Panthéon, dont le sujet est Jésus Christ ressuscitant la fille de Jaïre[5].
À l’époque, l’Italie est en pleine tourmente. Il se passionne pour les idées nouvelles et devient membre du « bataillon universitaire » sous le commandement du roi Charles Albert de Sardaigne. Surnommé le Fiamingo, il se porte volontaire dans l'armée de Garibaldi lors de la révolte de Rome à la fin de 1848, qui conduit à la fondation de la République romaine et où il acquiert le grade de capitaine. Lorsque les Français reprennent Rome, il est emprisonné à Venise, mais réussit s'échapper, grâce à un carbonari, évitant une condamnation à mort[6],[7],[1],[8].

Carrière
modifierDe retour en Belgique, l'artiste se rend d'abord à Bruxelles en 1849, où le gouvernement Rogier lui commande des compositions allégoriques. L'année suivante, il s'établit définitivement à Anvers, où il se lie d'amitié avec Henri Leys. Ce dernier est un représentant éminent de l'école historique ou romantique et un pionnier du mouvement réaliste en Belgique. Lagye devient un disciple enthousiaste et dévoué de Leys et commence à peindre les mêmes sujets que lui. Cependant, il a le mérite de s'affranchir des préceptes reçus en les adaptant à son propre tempérament et en se ménageant une individualité durable[7],[9].
En 1871, il devient professeur à l'Institut supérieur des beaux-arts d'Anvers, puis il est promu directeur de cette institution en 1895. Ses élèves comprennent notamment Albrecht De Vriendt[7].
Victor Lagye remporte au cours de sa carrière plusieurs distinctions : une médaille d'or au salon de Bruxelles de 1860, où il a envoyé Les Funérailles de la fière Marguerite de Louvain, une médaille à l'Exposition universelle de 1873 à Vienne pour les trois tableaux intitulés La Sorcière médecin, Les Bohémiens et Trop de science[10], une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1876 à Philadelphie pour La Rue du Steen[11],[7],[9].
Victor Lagye, malade depuis longtemps, meurt le , rue Provinciale no 75 à Anvers. Ses funérailles civiles, accompagnées par les honneurs militaires, ont lieu trois jours plus tard, en présence des autorités académiques et politiques. Il est inhumé au Schoonselhof[1],[12].
Œuvre
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Musée des Beaux-Arts de Gand
L'œuvre de Victor Lagye comprend trois phases : Il est d'abord romantique, puis, en disciple de Leys, il rassemble tous les éléments du réalisme néo-gothique dans Scène de famille à l'époque de la Ligue catholique, qui est une vraie reconstitution historique. Ce tableau, acquis au Salon de Gand de 1871, est conservé au Musée des Beaux-Arts de Gand[13]. Toutefois Victor Lagye s'affranchit des préceptes de Leys en les adaptant à son tempérament personnel et en se ménageant une individualité durable. Ses œuvres ultérieures sont puisées dans l’étude du costume historique et peintes avec des préoccupations luministes contemporaines[14]. Son caractère s'affirme dans des œuvres telles que La Sorcière, une de ses toiles les plus caractéristiques, à l'instar de L'Abandonnée[1].
En 1855, il collabore avec Lucas Victor Schaefels à la décoration de l’église Saint-Antoine d’Anvers. Les artistes utilisent l'aquarelle. Eugène Verboeckhoven complète certains de ses tableaux, car il ne dédaigne pas le travail collectif[6]. Lagye travaille également sur des projets décoratifs pour diverses fêtes nationales, comme celles de 1856, marquant les vingt-cinq ans du règne de Léopold Ier. En 1859, il décore le château de Gaesbeek, où il représente divers épisodes de l’histoire belge, comme L'Incendie de Gaasbeek par les Français. En 1861, conformément à l'accord passé entre l'état belge et la fabrique d'église, il peint des panneaux offrant versions « décentes » d'Adam et Ève pour la cathédrale Saint-Bavon de Gand[1].
Au cours de ses dernières années, il se consacre à une œuvre d'envergure : la décoration en six fresques de la salle des mariages de l'Hôtel de ville d'Anvers qui constitue le couronnement de sa carrière lorsqu'elles sont présentées à l'Exposition universelle de 1885[1].
Distinctions
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 Rédaction, « Victor Lagye », L'Indépendance belge, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « État-civil de Gand », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
- ↑ Rédaction, « Académie royale de Gand », Le Messager de Gand, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Rédaction, « Académie royale de Gand », Le Messager de Gand, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Rédaction, « Nouvelles », Le Messager de Gand, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Herman De Vilder et Kris Van de Ven, Le peintre animalier Eugène-Joseph Verboeckhoven (1798-1881) et ses peintres collaborateurs, Château d'Huyenoven - Vilvoorde, Van de Ven, (ISBN 978-90-810195-1-4)
- 1 2 3 4 (en) « Lagye, Victor », sur Benezit Dictionary of Artists (DOI 10.1093/benz/9780199773787.article.b00103094, consulté le )
- ↑ Jules Du Jardin 1899, p. 135-136.
- 1 2 « Dictionnaire des Peintres belges: 3210 LAGYE, Victor », sur peintres.kikirpa.be (consulté le )
- ↑ Commission organisatrice, Exposition universelle de Vienne en 1873 : Belgique, Catalogue des produits industriels et des œuvres d'art, Bruxelles, Guyot, , 373 p. (lire en ligne)
- ↑ Commission de l'Exposition internationale de Philadelphie, Catalogue des produits industriels et des œuvres d'art, Bruxelles, Parent, , 414 p. (lire en ligne), p. 133.
- 1 2 « État-civil d'Anvers », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
- ↑ Robert Hooze|, Musée des Beaux Arts de Gand, Musea Nostra, , 127 p., p. 83;87
- ↑ Jules Du Jardin 1899, p. 137.
- ↑ Moniteur, « Nominations », Moniteur belge, no 315, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Jules Du Jardin, L'Art flamand : Les Artistes contemporains, t. 5, Bruxelles, Arthur Boitte, , 206 p. (lire en ligne).
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à plusieurs domaines :