Wikipédia:Sélection/Dada et Surréalisme
Joan MiróJoan Miró est un peintre, sculpteur, graveur et céramiste espagnol né à Barcelone le et mort à Palma de Majorque le . Se définissant avant tout comme « Catalan international », il est l'un des principaux représentants du mouvement surréaliste. Son œuvre reflète son attrait pour le subconscient, pour l'« esprit enfantin » et pour son pays. À ses débuts, il montre de fortes influences fauvistes, cubistes et expressionnistes, avant d'évoluer dans de la peinture plane avec un certain côté naïf. Le tableau intitulé La Ferme, peint en 1920, est l'une des toiles les plus connues de cette époque. À partir de son départ pour Paris, son œuvre devient plus onirique, ce qui correspond aux grandes lignes du mouvement surréaliste auquel il adhère. Dans de nombreux entretiens et écrits des années 1930, Miró manifeste son désir d'abandonner les méthodes conventionnelles de la peinture, pour — selon ses propres mots — « les tuer, les assassiner ou les violer », favorisant ainsi une forme d'expression contemporaine. Il ne veut se plier à aucune exigence, ni à celles de l'esthétique et de ses méthodes, ni à celles du surréalisme. En son honneur, la Fondation Joan-Miró a été créée à Barcelone, en 1975. C'est un centre culturel et artistique, dévolu à la présentation des nouvelles tendances de l'art contemporain. Elle est initialement alimentée par un important fonds offert par le maître. D'autres lieux possèdent d'importantes collections d'œuvres de Miró, comme la Fondation Pilar et Joan Miró de Palma de Majorque, le Musée national d'art moderne de Paris, le musée d'art moderne de Lille et le Museum of Modern Art de New York. |
SIC (revue)SIC, sous-titrée Sons Idées Couleurs, Formes, est une revue d'avant-garde parisienne, publiée de à , sous la direction du poète Pierre Albert-Birot. D'abord entièrement rédigée sans nom d'auteur par ce dernier avec l'aide de sa femme, la compositrice Germaine Albert-Birot, la revue bénéficie dès le deuxième numéro de l'impulsion du peintre futuriste Gino Severini puis du patronage de Guillaume Apollinaire. Ouverte grâce à lui aux milieux de l'avant-garde, elle compte ensuite pour collaborateurs réguliers Joan Pérez-Jorba, Pierre Reverdy et Louis Aragon, et découvre de jeunes talents comme Philippe Soupault et Raymond Radiguet. Née pendant la Grande Guerre, qui a interrompu la publication de plusieurs périodiques artistiques, la revue est d'abord vaguement nationaliste et vitaliste, avant de se vouloir le lieu d'une synthèse de tous les arts modernistes, et d'aspirer à un dépassement des frontières. Elle entre ainsi en réseau avec d'autres revues d'avant-garde européennes, en particulier Nord-Sud, Dada et 391. Ouverte à toutes les avant-gardes de son temps, comme le futurisme, le cubisme et Dada, la revue connaît son apogée en 1917, année où elle organise la création des Mamelles de Tirésias d'Apollinaire. Après quatre ans d'activité, sa fin est précipitée pour des raisons économiques et par la rupture du climat de front commun des avant-gardes, à partir du moment où les dadaïstes et les futurs surréalistes affirment leur indépendance. Au terme de sa publication, elle compte cinquante-quatre numéros répartis en quarante-et-une livraisons. Accueillant œuvres originales et textes critiques, la revue se démarque par son souci de la forme, de la typographie, et conçoit souvent ses pages comme des affiches. Elle a également tenté de diversifier son activité à travers l'édition de livres. |
Julien GracqJulien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, né le à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) et mort le à Angers, était un écrivain français. Si Au château d’Argol, son premier roman, fortement influencé par le romantisme noir et par le surréalisme, avait attiré l’attention d’André Breton, c’est avec Le Rivage des Syrtes, et surtout le spectaculaire refus de son auteur de recevoir le prix Goncourt en 1951, que Julien Gracq s’est fait connaître du public. Reconnaissance paradoxale pour cet écrivain discret qui s’est effacé derrière une œuvre protéiforme et originale, en marge des courants dominants de la littérature de son époque (voire en opposition), qu’il s’agisse de l’existentialisme ou du nouveau roman. Après avoir abandonné l’écriture de fiction, Julien Gracq publie à partir de 1970 des livres qui mélangent bribes d’autobiographie, réflexions sur la littérature et méditations géographiques. Traduites dans vingt-six langues, étudiées dans des thèses et des colloques, proposées aux concours de l’agrégation, publiées dans la Bibliothèque de la Pléiade, les œuvres de Julien Gracq ont valu à leur auteur une consécration critique presque sans équivalent à son époque. |
Manifeste Dada 1918Le Manifeste Dada 1918 est un texte de Tristan Tzara. C'est l'un des manifestes majeurs du mouvement Dada, avec le manifeste DaDa de 1916, écrit par Hugo Ball et le Dadaistisches Manifest de Richard Huelsenbeck prononcé quelques mois auparavant la même année. Parmi les très nombreux manifestes dadaïstes, il est le plus élaboré, le plus célèbre et le plus commenté.
Il a été lu par son auteur le au cours d’un spectacle au Zuntfhaus in der Meise à Zurich, faisant alors de Tzara le porte-parole du mouvement, puis publié en décembre de la même année dans le troisième numéro de la revue DADA. Il est également repris, dans une version remaniée, parmi les Sept Manifestes Dada parus en 1924 chez l'éditeur Jean Budry. Ce manifeste marque la rupture de Dada avec les différentes écoles d'avant-garde sur lesquelles il s’était jusque-là appuyé, et le tournant révolutionnaire du mouvement. Dans un contexte où la Grande Guerre et ses atrocités provoquent une crise des valeurs, Tzara refuse tout sens, toute logique, tout esprit de système, et affiche une volonté de destruction de toutes les valeurs en cours, de toutes les institutions, et l'art lui apparait comme faisant partie de ces institutions à rejeter en bloc. Contre elles, il exalte la « spontanéité dadaïste » et « la vie ». Le polémiste est conscient des contradictions dans lesquelles le nihilisme destructeur dont on pourrait l'accuser l'enferme. Mettant en spectacle son caractère auto-contradictoire avec humour, le manifeste unit alors affirmation et négation, exalte la vie et l'art émancipé, comme des forces qui embrassent les contradictions. Il se présente autant comme un discours que comme un texte poétique. |
Robert DelaunayRobert Delaunay, né le à Paris dans le 16e arrondissement et mort le à Montpellier, est un peintre français. Avec sa femme Sonia Delaunay et quelques autres, il est le fondateur et le principal artisan du mouvement orphique, branche du cubisme et important mouvement d'avant-garde du début du XXe siècle. Ses travaux sur la couleur prennent pour origine plusieurs théories de la loi du contraste simultané des couleurs, formulées par Eugène Chevreul. Par un travail concentré sur l'agencement des couleurs sur la toile, il cherche l'harmonie picturale. Delaunay fait partie d'une génération d'avant-garde, particulièrement prolifique sur le plan artistique entre 1912 et 1914. Il est très lié (en correspondance, en art, voire en amitié) avec les poètes Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars, les peintres russes Vassili Kandinsky et Michel Larionov, les peintres allemands August Macke ou Franz Marc. Il est considéré à cette époque comme le peintre le plus influent, avec Pablo Picasso. Après la guerre, il se lie d'amitié avec les artistes du mouvement surréaliste, dont il réalise plusieurs portraits, sans pour autant adopter leurs points de vue et leurs visions artistiques. Il aura notamment une amitié forte et durable avec le poète Tristan Tzara. Son nom est également associé à la tour Eiffel, dont il a vu l'érection alors qu'il avait quatre ans, et qu'il a peinte de nombreuses fois dans sa carrière, en utilisant des méthodes différentes, d'abord néo-impressionniste, puis cubiste, et ensuite avec sa méthode simultaniste. |
Salvador DalíSalvador Felipe Jacinto Dalí i Domènech, premier marquis de Dalí y de Púbol, dit Salvador Dalí, né à Figueras le et mort dans la même ville le , est un peintre, sculpteur, graveur, scénariste et écrivain catalan de nationalité espagnole. Il est considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme et comme l'un des plus célèbres peintres du XXe siècle. Influencé très jeune par l'impressionnisme, il quitta Figueres pour recevoir une éducation artistique académique à Madrid où il se lia d'amitié avec Federico García Lorca et Luis Buñuel et chercha son style entre différents mouvements artistiques. Sur les conseils de Joan Miró, il rejoignit Paris à l'issue de ses études et intégra le groupe des surréalistes où il rencontra sa femme Gala. Il trouva son propre style à partir de 1929, année où il devint surréaliste à part entière et inventa la méthode paranoïaque-critique. Exclu de ce groupe quelques années après, il vécut la guerre d'Espagne en exil en Europe avant de quitter la France en guerre pour New York où il fit fortune et résida huit ans. À son retour en Catalogne en 1949, il opéra un virage vers le catholicisme, se rapprocha de la peinture de la Renaissance et s’inspira des évolutions scientifiques de son temps pour faire évoluer son style vers ce qu'il nomma « mysticisme corpusculaire »… |
EraserheadEraserhead, initialement distribué en France sous le titre Labyrinth Man, est un film expérimental américain relevant du body horror écrit, réalisé, produit et monté par David Lynch, et sorti le à Los Angeles puis à New York dès l'automne 1977. Tourné en noir et blanc, il s'agit du premier long métrage du cinéaste, après plusieurs courts. Jack Nance, qui deviendra un fidèle collaborateur de Lynch par la suite, y interprète Henry Spencer, un jeune père qui doit s'occuper de son enfant, un bébé monstrueux et malade, dans un appartement au cœur d'un paysage industriel désolé. Pour s'échapper de son quotidien oppressant, il se réfugie dans un monde parallèle où réside la « Dame du radiateur ». Charlotte Stewart, Jeanne Bates, Judith Anna Roberts, Laurel Near et Jack Fisk complètent la distribution. Découlant d’un scénario de 22 pages, Eraserhead est produit avec le soutien de l'American Film Institute (AFI) pendant que Lynch y étudie. Le tournage, principalement réalisé dans les locaux désaffectés de l’AFI, exige près de cinq ans à lui seul, notamment pour des raisons budgétaires. Il ne peut être achevé que grâce aux dons de Fisk et de son épouse Sissy Spacek. Lynch et le designer sonore Alan Splet passent ensuite une année à travailler sur l'atmosphère sonore du film, principalement constituée de bruits de machines. Lynch crée également la bande originale en collaboration avec d'autres musiciens, en particulier Fats Waller pour les partitions à l'orgue, et Peter Ivers pour la chanson In Heaven. Le budget final est estimé à 10 000 dollars. À l'origine distribué à petite échelle, Eraserhead gagne en popularité grâce aux programmations nocturnes de certains cinémas : en tant que « midnight movie », il est rapidement élevé au rang de film culte. S'il reçoit un accueil mitigé de la part de la critique à sa sortie, le film est considéré à partir du XXIe siècle comme un classique du cinéma fantastique, ce qui lui vaut d'être sélectionné pour préservation en 2004 par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des États-Unis en raison de son intérêt « culturel, historique ou esthétique ». Eraserhead est aussi reconnu pour son imagerie fantasmatique proche du surréalisme, ses thématiques sexuelles ainsi que sa conception sonore innovante. |
Mulholland Drive (film)Mulholland Drive est un film à énigme néo-noir américano-français écrit et réalisé par David Lynch et sorti en 2001. Il raconte l'histoire de Betty Elms (Naomi Watts), aspirante actrice fraîchement arrivée à Los Angeles, en Californie ; elle se lie d'amitié avec une femme amnésique (Laura Harring) rescapée d'un accident grâce auquel elle a échappé à un meurtre. Le récit propose d'autres éléments apparemment dépourvus de liens, mais qui finissent par se connecter de diverses manières ; des scènes et images surréalistes se rajoutent également à la narration mystérieuse. Le film, à l'origine destiné à être un pilote de série télévisée, est en grande partie tourné en 1999, Lynch ayant alors la volonté de laisser la fin ouverte dans l'éventualité d'une série. Cependant, après le visionnage de la version, les responsables de l'audiovisuel le rejettent. Lynch dote alors le projet d'une fin, le transformant ainsi en long métrage. Le résultat, hybride entre pilote et long métrage, couplé au style si particulier de Lynch, laisse le sens général des événements dépeints dans l’œuvre sujet à interprétation. Le public, les critiques et même l'équipe de tournage en sont réduits à spéculer sur la signification du film après le refus du réalisateur de définir ses intentions sur son récit. Lynch s'en tient à résumer son œuvre comme « une histoire d'amour dans la cité des rêves ». Classé dans le genre des thrillers psychologiques, Mulholland Drive est salué par de nombreux critiques et offre à son réalisateur le prix de la mise en scène au festival de Cannes 2001 ; Lynch est également nommé pour l'Oscar du meilleur réalisateur lors de la cérémonie de l'année suivante. Ce film propulse les carrières de Naomi Watts et de Laura Harring alors qu'il marque la fin de celle d'Ann Miller, l'actrice y interprétant son dernier rôle. Mulholland Drive est régulièrement considéré comme l'un des meilleurs films de David Lynch aux côtés d'Eraserhead (1977) et de Blue Velvet (1986). En 2012, la revue britannique Sight & Sound réalise un sondage réunissant plusieurs centaines de critiques au cours duquel Mulholland Drive est cité parmi les plus grands films de l'histoire du cinéma. En France, les Cahiers du cinéma l'élisent meilleur film de la décennie 2000. Le critique du New York Times, A. O. Scott, qualifie l’œuvre de « libération enivrante des sens, avec des instants d'autant plus puissants qu'ils semblent émerger de la nuit obscure du monde de l'inconscient ». |
Lost Highway (film)Lost Highway, ou Route perdue au Québec et au Nouveau-Brunswick, est un thriller psychologique de David Lynch, sorti en 1997. Le film suit un musicien (Bill Pullman) qui commence à recevoir de mystérieuses cassettes VHS de lui et de sa femme (Patricia Arquette) dans leur maison. Il est soudainement condamné pour meurtre, après quoi il disparaît inexplicablement grâce à un homme mystérieux (Robert Blake). Il est remplacé par un jeune mécanicien (Balthazar Getty) menant une vie différente. Mais, peu à peu, des éléments de son passé ressurgissent. Lost Highway est financé par la société de production française Ciby 2000 et est tourné en grande partie à Los Angeles. Le film est monté et produit par Mary Sweeney, tandis que la photographie est de Peter Deming. La bande originale du film, produite par Trent Reznor, comprend une musique originale d'Angelo Badalamenti et Barry Adamson ; elle est complétée par des chansons d'artistes tels que David Bowie, Marilyn Manson, Rammstein, Nine Inch Nails et The Smashing Pumpkins. À sa sortie, Lost Highway reçoit des critiques mitigées qui lui reprochent notamment son manque de cohérence. Il a depuis été réévalué par la presse, et a accédé au statut de film culte. Lost Highway est le premier des trois films de David Lynch situés à Los Angeles, suivi de Mulholland Drive en 2001 et d'Inland Empire en 2006. En 2003, il est adapté en opéra par la compositrice autrichienne Olga Neuwirth. |
Le Surréalisme et l'après-guerreLe Surréalisme et l'après-guerre est une conférence du poète Tristan Tzara, alors membre du Parti communiste français, donnée le à la Sorbonne. L'écrivain, ancien chef de file du mouvement dada et ancien membre du groupe surréaliste, qu'il a quitté en 1935 pour se rapprocher des communistes, propose une mise en perspective historique de ces deux mouvements. L'événement prend place dans le contexte de la guerre froide, d'une aggravation des tensions entre les intellectuels communistes et les autres, ainsi que d'une rivalité entre Tzara et le poète André Breton, chef de file du surréalisme, qui ont chacun connu des trajectoires personnelle et politique divergentes pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans une argumentation étayée par une conception marxiste de l'Histoire, le conférencier dénonce comme vaine toute reprise des activités surréalistes après la Seconde Guerre mondiale, et reproche directement à Breton son exil aux États-Unis pendant les combats. Pour Breton, la conférence de Tzara s'inscrit dans une manœuvre du Parti communiste français pour discréditer le surréalisme et toute critique de gauche du stalinisme. Il s'y rend afin de perturber la séance. Ses amis lancent des invectives contradictoires et il s'amuse même à monter sur la tribune pour boire dans le verre du conférencier, avant de se faire molester et expulser. Les positions de Tzara sont ensuite violemment critiquées dans un tract d'Henri Pastoureau au nom du groupe surréaliste, mais aussi par l'extrême gauche et les anarchistes. Le texte de la conférence est ensuite publié dans un ouvrage homonyme, accompagné de sept notes, dans lesquelles Tzara développe ses réflexions. Cette publication témoigne d'un engagement persistant du conférencier dans ses positions, et exclut l'hypothèse d'un simple règlement de comptes entre deux poètes concurrents. |








