Wikipédia:Sélection/Musique classique

L'Anneau du Nibelung (Wagner)

La Walkyrie

Inspiré de la mythologie germanique et nordique, L'Anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen), appelé encore le Ring ou la Tétralogie, est un cycle de quatre drames lyriques de Richard Wagner, inspiré de la mythologie germanique et nordique, et particulièrement du Nibelungenlied ou Chanson des Nibelungen, un poème épique allemand du Moyen Âge.

Passionné par le théâtre grec antique, Richard Wagner emprunte la structure en quatre parties des spectacles antiques. Il en tire aussi ce qu'il appelle le Gesamtkunstwerk, l'« art total » où tout est lié : théâtre, musique, poésie et peinture. Il ira jusqu'à construire un théâtre consacré à son œuvre, le Palais des festivals de Bayreuth.

Fruit de près de trente ans de gestation au cours desquels l'œuvre s'est transformée progressivement en une gigantesque allégorie sur la société, la politique, l'économie et le pouvoir, le Ring est qualifié par son auteur de « festival scénique en un prologue et trois journées ». Selon les interprétations, il peut en effet durer de treize à seize heures. Le poème compte plus de huit mille lignes et met en scène plus de trente personnages. La musique est construite autour de plus de quatre-vingts leitmotive - ou « thèmes conducteurs » - musicaux différents, sans compter les dérivés.

Les quatre opéras composant le cycle sont L'Or du Rhin (1869), La Walkyrie (1870), Siegfried et Le Crépuscule des dieux (1876).

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Boléro (Ravel)

Imperturbable, la caisse claire donne le rythme tout au long de l'œuvre.

Le Boléro de Maurice Ravel est une musique de ballet pour orchestre en do majeur composée en 1928 pour les ballets d'Ida Rubinstein.

Mouvement de danse au rythme et au tempo invariables, à la mélodie uniforme et répétitive, le Boléro de Ravel tire ses seuls éléments de variation des effets d'orchestration, d'un crescendo progressif et in extremis d'une courte modulation en mi majeur. Cette œuvre singulière, que Ravel disait considérer comme une simple étude d'orchestration, a suscité dès sa création une très large diffusion jusqu'à devenir, de nos jours encore, une des œuvres musicales les plus jouées dans le monde. Mais la popularité du Boléro tend à masquer l'ampleur de son originalité et les véritables desseins de son auteur.

Chant grégorien

Grégoire Ier dictant un chant Illustration d'un antiphonaire du XIe siècle.

Le chant grégorien est le chant liturgique officiel de l'Église catholique romaine. Remontant au Moyen Âge, il reste utilisé régulièrement dans certaines communautés religieuses ou traditionnelles, et à titre plus exceptionnel, dans les cérémonies particulièrement solennelles de la liturgie du rite romain.

Le chant grégorien est indissociable de la langue latine (et des quelques termes grecs ou hébreux qui apparaissent dans la liturgie latine). Il n'existe pas de pièce grégorienne "traduite" en langue vernaculaire. Ce lien au latin explique qu'il ne soit plus guère utilisé dans la pratique liturgique courante, bien qu'il reste, aux termes du concile Vatican II "le chant propre de la liturgie romaine" (constitution Sacrosanctum concilium, 116).

Indépendamment de la liturgie, le chant grégorien est aujourd'hui apprécié pour sa qualité esthétique. C'est un genre musical qui appelle au calme, au recueillement, à la contemplation intérieure.

Dans la musique occidentale médiévale, le chant grégorien est un genre musical sacré, essentiellement vocal et monodique, et appartenant au courant du plain-chant.

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Clarinette

Clarinette
Clarinette

La clarinette est un instrument à vent de la famille des bois à anche simple. Elle a été créée vers 1700 par Johann Christoph Denner (1655-1707) à Nuremberg sur la base d'un instrument à anche simple plus ancien : le « chalumeau ». La clarinette en si (ou B en anglais) en est le modèle le plus commun.

La clarinette est à perce cylindrique, ce qui la distingue du hautbois et du saxophone, tous deux à perce conique, et lui confère une aptitude au quintoiement. Son timbre chaud dans le registre grave, peut s'avérer extrêmement brillant voire agressif dans l'aigu.

De tous les instruments à vent, elle est celui qui possède le plus grand ambitus avec 3 octaves plus une sixte mineure soit 45 notes en tout. Elle se décline en une famille d'instruments presque tous transpositeurs, depuis la clarinette contrebasse, jusqu'à la clarinette sopranino, couvrant ainsi toute l'étendue d'un orchestre symphonique. À l'exception des percussions, la clarinette est l'instrument qui possède la plus grande famille.

Clavecin

Clavecin
Clavecin

Un clavecin est un instrument de musique à cordes muni d'un ou plusieurs claviers dont chacune des cordes est « pincée » par un dispositif nommé sautereau.

Terme générique, il désigne différents instruments d'une même famille, distincts par leur structure, leur forme, leurs dimensions ou leur timbre, chacun d'entre eux ayant souvent un nom spécifique. Le mot « clavecin », au sens restrictif, désigne alors le plus grand, le plus complet et le plus techniquement développé d'entre eux, généralement appelé « grand clavecin ».

Instruments spécifiques de la musique européenne, les clavecins ont connu leur apogée et suscité un très large répertoire au cours des XVIIe et XVIIIe siècles avant de connaître une longue éclipse pendant tout le XIXe. Ils ont retrouvé la faveur des musiciens et du public depuis le début du XXe.

Comme pour l'orgue, la puissance des sons émis ne dépend pas de la force avec laquelle le claveciniste frappe les touches, c'est la présence de registres affectés à chacun des claviers qui permet de varier les timbres. Pendant toute la période « baroque », c'était l'instrument de musique favori de la grande bourgeoisie, de la noblesse, de la monarchie. Il a été un des instruments privilégiés de l'écriture en contrepoint et de la réalisation de la basse continue. Mais ses possibilités expressives se sont révélées moins appropriées au style du classicisme naissant, et surtout par la suite, à la sensibilité du romantisme. Les compositeurs lui ont préféré le piano-forte, puis le piano nouvellement inventés. Le clavecin fut relégué au musée et disparut de la scène musicale alors qu'il avait inspiré les plus grands musiciens de l'époque baroque et notamment Bach, Scarlatti, Rameau. Redécouvert par quelques passionnés instrumentistes, musicologues et facteurs, il a aujourd'hui retrouvé toute sa place dans l'interprétation de la musique ancienne.

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Festival de Bayreuth

Le Festspielhaus

Le Festival de Bayreuth (Bayreuther Festspiele) est un festival d'opéra fondé en 1876 par Richard Wagner et consacré à l'exécution de ses dix principaux opéras. Il se tient chaque été au Palais des festivals de Bayreuth, un théâtre conçu par Wagner pour pouvoir réaliser sa conception particulière de l'ouvrage lyrique comme « œuvre d'art totale » (« Gesamtkunstwerk »).

Wagner cherchait également à assurer son indépendance financière et artistique. Une brouille avec son protecteur et mécène, le roi Louis II de Bavière, provoqua sa disgrâce et son départ de Munich, où il avait d'abord songé à installer son festival. Il envisagea de le fixer à Nuremberg, ville qu'il avait honorée dans son opéra Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg. Cependant, sur le conseil du chef d'orchestre Hans Richter, il s'intéressa à la ville de Bayreuth, en Franconie, qui réunissait trois grands avantages :

  • Un théâtre réputé, l'Opéra des Margraves (Markgräfliches Opernhaus), construit entre 1745 et 1748, dont la taille et la bonne acoustique étaient supposées pouvoir convenir à ses projets.
  • Une localisation hors des régions dans lesquels il avait cédé ses droits sur les représentations de ses œuvres en 1864 en raison de difficultés financières.
  • L'absence de réelle vie culturelle susceptible de faire concurrence à la maîtrise artistique qu'il recherchait, ce qui l'assurait que son festival serait le principal événement culturel de la ville.

Il s'agit de l'un des festivals de musique classique les plus prestigieux du monde. Il attire chaque année sur la « Colline sacrée » des mélomanes dont certains ont dû attendre des années pour obtenir une place, la demande étant plus de huit fois supérieure à l'offre malgré un répertoire ne comprenant qu'une dizaine d'opéras.

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Festival de Salzbourg

Le Festival de Salzbourg (Salzburger Festspiele) est un festival d'opéra, de théâtre et de musique classique créé en 1920 par Max Reinhardt et Hugo von Hofmannsthal, et qui a lieu chaque été à Salzbourg (Autriche). C'est l'un des festivals les plus célèbres du monde, en particulier pour la musique et l'opéra, et il attire chaque année près de 240 000 visiteurs, dont deux tiers d'étrangers.

Le Festival est connu pour le chic de ses habitués, qui portent très majoritairement des tenues de soirée, même pendant les grandes chaleurs ou pour les représentations en matinée.

Le Festival de Pâques de Salzbourg, créé en 1967 par Herbert von Karajan, est totalement indépendant du festival d'été, avec lequel il réalise cependant des coproductions.

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Histoire du clavecin

Le facteur anglais Burkat Shudi, en famille, accorde un clavecin vers 1742.
Le facteur anglais Burkat Shudi, en famille, accorde un clavecin vers 1742.

Instrument spécifique à la musique européenne, le clavecin apparaît au cours du XIVe siècle dans les pays bourguignons et italiens. Sous ses différentes formes (épinette, virginal, grand clavecin, clavicythérium, etc.), il connaît un développement technique et une diffusion géographique rapides dans les pays d’Europe occidentale, gagnant la faveur des princes, des nobles puis de la bourgeoisie par ses possibilités musicales étendues et par son caractère d’objet de luxe et de prestige.

Il devient un des instruments les plus en vue dans le domaine de la musique profane ; les progrès de la facture suscitent ou accompagnent le développement du large répertoire qui lui est consacré dès le XVe siècle et qu’il partage tout d’abord avec l’orgue avant de trouver son indépendance et son caractère propre pendant la période baroque : il est tout à la fois concertant, soliste et vecteur principal de la basse continue.

Intimement lié à l’esthétique baroque et à la primauté du contrepoint, symbole musical de l’Ancien Régime, il est pratiquement abandonné vers la fin du XVIIIe siècle pour laisser la place au piano. Cette éclipse dure plus d’un siècle.

Il suscite à nouveau l’intérêt, de façon progressive, à partir de la fin du XIXe siècle, à la faveur de la redécouverte de la musique ancienne. De nombreuses évolutions techniques lui sont alors appliquées avant un retour marqué aux principes et méthodes de la facture traditionnelle dans la seconde moitié du XXe siècle. Il a dorénavant retrouvé une place significative dans l’interprétation d’œuvres anciennes ou contemporaines.

L’histoire du clavecin est, en tant que telle, une science récente car aucun traité d’ensemble sur ce sujet n’a été rédigé avant la période moderne. Elle s’appuie sur une iconographie et des documents écrits épars et disparates et sur l’étude des instruments anciens, souvent profondément altérés au cours de leur existence et aujourd’hui conservés dans les musées et les collections privées ; si nombre d’entre eux sont signés, datés et susceptibles d’un suivi dans les archives, beaucoup d’autres sont anonymes et ouvrent encore un vaste champ d’investigation aux experts.

Mstislav Rostropovitch

Mstislav Rostropovitch
Mstislav Rostropovitch

Mstislav Leopoldovitch Rostropovitch est un violoncelliste, chef d'orchestre et pianiste russe, né le à Bakou (RSS d'Azerbaïdjan, URSS) et mort le à Moscou (Russie). Il restera dans l'histoire comme un défenseur de la liberté et un virtuose qui a marqué le paysage musical international de la seconde moitié du XXe siècle.

En tant que violoncelliste, il a suscité un nombre considérable d'œuvres (plusieurs centaines) et a poursuivi sa vie durant l'objectif avoué de constituer à son instrument un répertoire dont il jugeait qu'il était jusqu'alors insuffisant (en comparaison de celui du violon par exemple).

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Orchestre philharmonique de Vienne

Le Musikverein, résidence de l'Orchestre philharmonique de Vienne
Le Musikverein, résidence de l'Orchestre philharmonique de Vienne

L'Orchestre philharmonique de Vienne est un orchestre symphonique autrichien considéré comme l'un des plus prestigieux au monde. Il est un symbole de la culture et de l'histoire viennoises. Le « son » de l'orchestre est raffiné, soyeux et coloré avec une tendance à la prédominance des sonorités graves, une sonorité unique et facilement discernable.

Il est fondé en 1842 et, après des débuts difficiles, devient l'un des meilleurs orchestres de Vienne. Les chefs les plus illustres vont en perfectionner l'excellence. L'orchestre a compté dans son effectif des membres prestigieux comme Hans Richter, Arthur Nikisch, Franz Schmidt, Willi Boskovsky. Ses membres sont recrutés exclusivement parmi ceux de l'Orchestre de l'Opéra d'État de Vienne.

La résidence principale de l'orchestre est le Musikverein, une salle de concert rectangulaire magnifique, aux tons ivoires et dorés et à l'acoustique exceptionnelle. Il se produit chaque été au Festival de Salzbourg. Depuis 1941, l'orchestre donne chaque 1er janvier un concert dédié à la musique de la famille Strauss : le célèbre concert du Nouvel An.

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Orgue

Orgue
Orgue

Le mot orgue désigne, jusqu’au XXe siècle, un type d’instrument de musique multiforme dont les caractéristiques communes sont :

  • d’être joué à l’aide d’un ou de plusieurs claviers, et d’un pédalier (le plus souvent) ;
  • de produire les sons à l’aide d’ensembles de tuyaux sonores alimentés par une soufflerie, appelés « jeux » ou « registres ».

On s’accorde à dire que le premier orgue a été inventé par un grec, Ktésibios, au IIIe siècle av. J.-C. Utilisant déjà une mécanique assimilable à un clavier, et une soufflerie dont la pression était donnée par l’eau, cet ancêtre a tout naturellement reçu le nom « hydraule ».

D'autres types d'instruments qualifiés d'orgue sont :

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Salle Pleyel

La salle Pleyel est une salle de concerts symphoniques située dans le VIIIe arrondissement de Paris et inaugurée en 1927. Depuis septembre 2006, elle accueille en résidence l’Orchestre de Paris et l’Orchestre philharmonique de Radio France.

De style art déco, elle est généralement considérée comme l’une des grandes salles du XXe siècle. C'est avec la salle Olivier-Messiaen de la maison de Radio France le seul auditorium spécifiquement construit pour la musique symphonique à Paris. Elle a contribué à l’animation de la vie musicale de la capitale en accueillant depuis son ouverture environ vingt-cinq millions de spectateurs lors de vingt mille concerts. Plusieurs fois rénovée, elle a rouvert en septembre 2006 après quatre années d’interruption.

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Sonate pour piano nº 32 de Beethoven

La Sonate pour piano no 32 en ut mineur, opus 111, a été composée par Ludwig van Beethoven entre 1820 et 1822. Dernière sonate du compositeur, elle est, avec les Variations Diabelli op. 120 (1823) et les deux recueils de Bagatelles op. 119 (1822) et 126 (1824), une des dernières œuvres pour piano de Beethoven. Son second mouvement, une Arietta à variations, est parfois surnommé « l'adieu à la sonate ».

Beethoven a conçu le plan de ses trois dernières sonates pour piano (op. 109, 110 et 111) au cours de l'été 1820, tandis qu'il travaillait à la Missa Solemnis. La composition de la sonate opus 111 a représenté un travail long et complexe. Bien que l'œuvre n'ait été sérieusement ébauchée qu'à partir de 1819, le fameux premier thème de l’allegro ed appassionato a été retrouvé dans un cahier d'esquisses de 1801, contemporain de la Deuxième Symphonie. L’Arietta résulte, elle aussi, d'un travail de recherche thématique considérable. Les esquisses retrouvées semblent indiquer que c'est à partir du moment où le second mouvement prend véritablement forme que Beethoven abandonne l'idée d'un troisième, la sonate lui apparaissant alors construite de façon idéale.

Maestoso – Allegro con brio ed appassionato
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Arietta – Adagio molto, semplice e cantabile
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Musique minimaliste

Quelques compositeurs du courant minimaliste (de gauche à droite) : Steve Reich, Philip Glass, John Adams, Terry Riley, Michael Nyman, et Arvo Pärt.
Quelques compositeurs du courant minimaliste (de gauche à droite) : Steve Reich, Philip Glass, John Adams, Terry Riley, Michael Nyman, et Arvo Pärt.

La musique minimaliste est un courant de musique contemporaine apparu dans les années 1960 aux États-Unis, qui représente une part importante de la musique classique de ce pays. En France, le courant est fréquemment appelé musique répétitive, et désigne plus spécifiquement l’ensemble des œuvres utilisant la répétition comme technique de composition. Les principaux compositeurs de musique minimaliste sont La Monte Young, Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass, et John Adams. L’œuvre considérée comme fondatrice du minimalisme est In C de Terry Riley, composée en 1964. La musique minimaliste est parfois désignée sous l’étiquette plus large de musique post-moderne.

Plus qu’un retour à la tonalité, le courant est surtout caractérisé par l’utilisation d’une pulsation régulière et la répétition de courts motifs évoluant lentement. Au-delà d’un mouvement de réaction au sérialisme, alors dominant en Europe, la musique minimaliste marque l’émergence d’une musique américaine novatrice, déliée de ses attaches européennes. Les compositeurs minimalistes ont aussi opéré un retour vers plus d’émotivité musicale, au lieu de l’approche essentiellement intellectuelle de la musique sérielle, ou l’approche conceptuelle de la musique expérimentale telle que la pratique John Cage. Après des débuts difficiles hors des circuits traditionnels de la musique classique, la musique minimaliste a acquis l’adhésion d’un certain public, venant parfois d’univers différents comme le jazz, le rock, les musiques improvisées ou la musique électronique. La télévision et le cinéma ont utilisé abondamment cette musique, en particulier les œuvres de Philip Glass, contribuant à sa diffusion jusque dans le grand public. De violentes critiques se sont aussi exprimées de la part du monde musical envers le courant minimaliste, l’accusant de produire une musique de consommation, superficielle, et sans âme.

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Autoportrait d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann
Autoportrait d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann, né le à Königsberg, en province de Prusse-Orientale, et mort le à Berlin (à l'âge de 46 ans), est un écrivain romantique et un compositeur, également dessinateur et juriste prussien.

Juriste de formation, Hoffmann sert dans l'administration prussienne de 1796 à 1806, puis de 1814 à sa mort. Également dessinateur et peintre, son indépendance d'esprit et son goût de la satire lui valent à plusieurs reprises de sérieux ennuis auprès de ses supérieurs hiérarchiques, qu'il n'hésite pas à caricaturer. C'est surtout en raison de son activité littéraire que Hoffmann est célèbre. Connu sous le nom d'« E. T. A. Hoffmann », il est l'auteur de nombreux contes (Märchen en allemand) comme : L'Homme au sable, Les Mines de Falun ou Casse-noisette et le roi des souris et de plusieurs romans, dont son œuvre principale Le Chat Murr. Il devient alors, dès les années 1820, l'une des illustres figures du romantisme allemand et il inspire de nombreux artistes, en Europe comme dans le reste du monde. Par exemple, Jacques Offenbach écrit l'opéra fantastique en cinq actes Les Contes d'Hoffmann en s'inspirant de l'univers du romantique allemand...

L'Amour de loin

La mort de Jaufré Rudel dans les bras de la comtesse de Tripoli, enluminure du XIIIe siècle.
La mort de Jaufré Rudel dans les bras de la comtesse de Tripoli, enluminure du XIIIe siècle.

L'Amour de loin est un opéra de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho sur un livret de l'écrivain franco-libanais Amin Maalouf, créé en 2000 à Salzbourg et inspiré par l'œuvre du troubadour du xiiie siècle Jaufré Rudel.

Le récit se déroule sur cinq actes écrits en français, bien que le livret intègre des passages en langue d'oc, langue du troubadour, lorsque le librettiste reprend des passages des chansons du poète. Vantant les vertus d'un amour de loin et épris sans l'avoir vue de Clémence, la comtesse de Tripoli, charmé par la description qu'en fait Pèlerin — intermédiaire outremer entre les deux — Jaufré Rudel entreprend une traversée de la mer Méditerranée pour la rejoindre. Au terme d'un voyage empli de doutes et d'interrogations, le poète meurt dans les bras de son aimée.

Premier opéra de la compositrice, le succès de celui-ci la propulse définitivement sur la scène internationale et cristallise le départ d'une carrière dans la composition d'ouvrages lyriques pour la scène. L'Amour de loin est également la première collaboration de Kaija Saariaho avec l'écrivain Amin Maalouf ainsi que le metteur en scène américain Peter Sellars, créateur scénique de cet opéra et de plusieurs autres suivants de la compositrice. La nouvelle production que connaît L'Amour de loin en 2016 au Metropolitan Opera de New York remporte un succès notable et démontre l'intérêt que suscitent cette œuvre et sa compositrice sur le plan international.

Amers (Saariaho)

Amers est une œuvre concertante en deux mouvements de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, pour violoncelle solo et un ensemble comprenant un piccolo, un hautbois, une clarinette, une clarinette basse, un cor, deux percussionnistes, une harpe, deux claviers, auxquels s'ajoutent des sons électroniques synthétisés par ordinateur.

L'œuvre, composée en 1992, constitue une synthèse des techniques de la musique spectrale au début des années 1990.

Mel Bonis

Mel Bonis à 27 ans, par Charles-Auguste Corbineau (1885).
Mel Bonis à 27 ans, par Charles-Auguste Corbineau (1885).

Mel Bonis (ou parfois Mélanie Bonis, née Mélanie-Hélène Bonis le à Paris et morte le à Sarcelles) est une compositrice post-romantique française.

Élève notamment de César Franck et de Charles Koechlin, elle fait partie, à partir du début du xxe siècle, des artistes les plus avant-gardistes en France. Même si elle ne côtoie pas beaucoup de compositeurs contemporains, son style s'apparente à celui de l'un de ses maîtres, Gabriel Fauré, ainsi qu'à d'autres compositeurs comme Franck et Debussy. Elle a aussi un rôle de pédagogue, notamment auprès des enfants.

Compositrice prolifique, elle compose environ deux cents œuvres tout au long de sa vie, favorisant le piano, mais composant aussi pour de petits ensembles instrumentaux et quelques œuvres pour orchestre. Faisant partie de la vie mondaine parisienne, elle est coutumière des salons et pioche dans les œuvres littéraires de ses proches la matière de ses mélodies.

Dans les années 1990, elle est redécouverte par les musicologues allemands Eberhard et Ingrid Mayer. Son arrière-petite-fille, Christine Géliot, tâche de faire revivre, avec l'aide de l'Ensemble Mel Bonis, l'œuvre de son aïeule.

Augusta Holmès

Augusta Holmès photographiée par L. Taponier au cours des années 1880.
Augusta Holmès photographiée par L. Taponier au cours des années 1880.

Augusta Mary Anne Holmès, née Holmes le à Paris et morte le dans la même ville, est une compositrice française aux origines britannique et irlandaise, et une poétesse. Elle grandit à Versailles, où elle côtoie les salons et sociétés artistiques de son époque, fréquentant des personnalités comme Charles Gounod ou Camille Saint-Saëns. En 1879, elle prend la nationalité française et ajoute un accent grave à son nom de famille.

Grande mélodiste, élève de César Franck, amie de Franz Liszt et émule de Richard Wagner, elle compose avec un grand succès plusieurs symphonies et poèmes symphoniques, à l'image des Argonautes qui fit sa renommée, ainsi que quatre opéras, dont le plus célèbre, La Montagne noire, est représenté à l'opéra de Paris en 1895. Dans un autre genre, elle est l'autrice du noël Trois anges sont venus ce soir, popularisé par Tino Rossi.

À l'image de son idole Richard Wagner, dont elle possédait un portrait dans son salon de travail, elle écrit elle-même les textes de ses œuvres, qu'il s'agisse de ses très nombreuses mélodies, du texte de ses poèmes symphoniques avec voix ou même des livrets de ses opéras. Elle a été pendant un temps la compagne de l'écrivain Catulle Mendès, avec qui elle a eu plusieurs enfants.

Sarabandes (Satie)

Manuscrit de la Première sarabande pour piano.
Manuscrit de la Première sarabande pour piano.

Sarabandes est un recueil de trois pièces pour piano d'Erik Satie composées en 1887.

Elles sont parmi les premières œuvres du compositeur à avoir été publiées après le concert de la Société musicale indépendante donné en 1911 dans lequel Maurice Ravel, dédicataire de la Deuxième Sarabande, a interprété la pièce. C'est notamment par ce concert qu'Erik Satie commence à voir sa notoriété s'installer dans le milieu musical parisien. Les Sarabandes s'inscrivent dans une logique de pièce pour piano dont la symbolique trinitaire importe autant que le côté railleur voire « phonométrique » comme le compositeur le dit de ses propres pièces, cherchant à étudier le son pour ce qu'il est et non plus pour ce qu'il porte comme éventuel message.

Les Sarabandes s'inspirent pour une grande part du compositeur Emmanuel Chabrier, mais elles ont influencé à leur suite beaucoup de compositeurs comme Claude Debussy, qui écrira ainsi une Sarabande dans Pour le piano. La symbolique de ces pièces est plus obscure et moins étudiée que les célèbres Gymnopédies, mais elles ont eu une forte influence sur les compositeurs de la génération suivante comme Maurice Ravel, Francis Poulenc et Darius Milhaud.

Leo Ornstein

Leo Ornstein.
Leo Ornstein.

Leo Ornstein, né Lev Ornchteïn (en russe : Лев Орнштейн) vers à Krementchouk en Ukraine, dans l'Empire russe, et mort le à Green Bay, dans le Wisconsin aux États-Unis, est un pianiste et compositeur de musique moderne américaine du début du XXe siècle. Ses interprétations d'œuvres de compositeurs d'avant-garde et ses propres pièces novatrices, voire choquantes, comme Wild Men's Dance (1913-1914) ou Suicide in an Airplane (1918-1919) ont fait de lui une cause célèbre des deux côtés de l'Atlantique. La plupart de ses œuvres expérimentales ont été écrites pour le piano.

Ornstein est le premier compositeur important à utiliser massivement le cluster. En tant que pianiste, il est considéré comme un talent de classe mondiale. Au milieu des années 1920, il s'éloigne de la célébrité et disparaît de la sphère publique. Bien qu'il ait donné son dernier concert public avant l'âge de quarante ans, il continue d'écrire de la musique pendant plus d'un demi-siècle. Largement oublié pendant plusieurs décennies, il est redécouvert au milieu des années 1970. Ornstein achève sa huitième et dernière sonate pour piano en , à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, devenant ainsi le compositeur publié le plus âgé de l'histoire (titre dépassé depuis par Elliott Carter).

Elsa Barraine

La compositrice Elsa Barraine au piano en 1940.
La compositrice Elsa Barraine au piano en 1940.

Elsa Barraine, née le à Paris 18e et morte le à Strasbourg, est une compositrice, professeure de musique et résistante française.

Née dans une famille de musiciens et révélant très jeune des facultés pour la musique, elle intègre à neuf ans le Conservatoire de Paris où elle obtient plusieurs premiers prix. Élève dans la classe de composition de Paul Dukas, avec qui elle se lie d’amitié, elle devient en 1929 la quatrième femme à remporter le Premier Grand Prix de Rome. À la suite des accords de Munich, Elsa Barraine intègre le parti communiste. En 1941, elle fonde le Front national des musiciens qui lutte contre la propagande nazie dans le domaine de la musique. Après la guerre, elle participe à la fondation de l'Association française des musiciens progressistes, laquelle s'inspire des idées du Manifeste de Prague en réaction au formalisme et à l'abstraction de « l'art bourgeois ». De 1952 à 1974, la compositrice enseigne comme professeur au Conservatoire de Paris, où elle devient titulaire de la classe d'analyse en 1969. En 1972, elle est nommée inspectrice des théâtres lyriques nationaux à la Direction de la Musique du ministère de la Culture.

Considérée comme une compositrice « visionnaire », Elsa Barraine inscrit dans son œuvre ses idéologies politiques humanistes et religieuses, comme dans Pogromes, Song-Koï ou sa Symphonie no 2. Ses compositions s'intègrent dans la lignée du néo-classicisme, mais avec un travail prononcé pour le timbre et la couleur instrumentale. Bien qu'elle soit considérée comme « l'une des compositrices françaises les plus remarquables du milieu du XXe siècle », la musique d'Elsa Barraine est encore rarement jouée aujourd'hui.

Les Nuits d'été

Page de titre de l'édition originale pour chant et piano (Catelin, 1841).
Page de titre de l'édition originale pour chant et piano (Catelin, 1841).

Les Nuits d'été constituent un ensemble de six mélodies d'Hector Berlioz, sur des poèmes de Théophile Gautier extraits du recueil La Comédie de la mort paru en 1838. Composées vers 1840, publiées en septembre 1841, ces mélodies sont d'abord destinées à une voix de mezzo-soprano ou de ténor, et accompagnées au piano.

La première audition de la quatrième mélodie, Absence, a lieu le dans la salle du Conservatoire, lors d'un concert organisé par le pianiste Henri-Louis-Stanislas Mortier de Fontaine et son épouse Marie-Josine Vanderperren.

Berlioz orchestre Absence en 1843, et l'ensemble des Nuits d'été en 1856. Certaines mélodies sont transposées pour différentes voix : mezzo-soprano, ténor, contralto et baryton. La majorité des interprétations modernes est assurée par un seul artiste lyrique.

Le compositeur ne présente que deux des mélodies en concert, toujours sous sa direction : Absence, le à Leipzig, interprétée par sa compagne Marie Recio et Le Spectre de la rose, le à Gotha, interprétée par Anna Bochkoltz-Falconi.

Avec La Captive et le cycle des Nuits d'été, Berlioz crée le genre de la mélodie avec ensemble instrumental qui se développe dès la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, en France — où s'illustrent notamment Duparc, Chausson, Ravel, Maurice Delage et André Jolivet — et en Europe, avec les cycles de Wagner, Mahler, Berg, Schönberg, Richard Strauss et Benjamin Britten.

Depuis le premier enregistrement des Nuits d'été dans leur intégralité, réalisé en 1951 par Suzanne Danco et l'orchestre symphonique de Cincinnati dirigé par Thor Johnson, les mélodies ont été chantées par de nombreux artistes, dont Régine Crespin, Janet Baker, Véronique Gens, Ian Bostridge, Michael Spyres et Benjamin Bernheim.

Berlioz considère Les Nuits d'été comme son « œuvre 7 », dans le catalogue établi pour les éditions Richault en 1852. Le recueil porte la référence H 81 dans le catalogue de ses œuvres établi par le musicologue Dallas Kern Holoman.

Sept haï-kaïs

Rencontre de poètes et de musiciens, scène du Genji Monogatari (XIIe siècle), Musée Gotoh, Tokyo.
Rencontre de poètes et de musiciens, scène du Genji Monogatari (XIIe siècle), Musée Gotoh, Tokyo.

Sept haï-kaïs est un cycle de mélodies de Maurice Delage pour soprano et ensemble de musique de chambre avec flûte, hautbois, clarinette en sibémol, piano et quatuor à cordes.

Composée en 1924 sur des tankas et des haïkus classiques, traduits du japonais par le compositeur, l'œuvre a été créée le par Jane Bathori, sous la direction de Darius Milhaud, lors d’un concert de la Société musicale indépendante (SMI). Cette société de concerts avait été fondée en 1909 par Maurice Ravel et d'autres amis de Delage, pour s'affranchir des restrictions liées aux formes et aux styles des œuvres programmées par la Société nationale de musique (SNM).

Plus brèves et plus complexes que les Quatre poèmes hindous créés en 1914, ces mélodies en prolongent l'esthétique « de la plus haute exigence intellectuelle et d'un souci poussé à l'extrême de la litote ».

Moins célèbres que les Trois poésies de la lyrique japonaise de Stravinsky (1913), dont la traduction en français était déjà de Maurice Delage, les Sept haï-kaïs représentent un trait d'union culturel entre la musique japonaise et la musique française contemporaine, et sont considérés comme le chef-d'œuvre de la maturité de leur auteur.

Études de Debussy

Manuscrit du compositeur pour la première étude, pour les cinq doigts.
Manuscrit du compositeur pour la première étude, pour les cinq doigts.

Les Études (CD 143) constituent le dernier recueil pour piano de Claude Debussy, comprenant douze pièces composées entre le et le . Réparties en deux « livres » et dédiées à la mémoire de Frédéric Chopin, elles ont fait l'objet de créations partielles par les pianistes George Copeland, le à New York, Walter Rummel, le dans le cadre des concerts au profit de « l'aide affectueuse aux musiciens », à Paris, et Marguerite Long, le à la Société nationale de musique.

Composée dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, cette œuvre est caractéristique de la « dernière manière » de Debussy — dure, concentrée, visionnaire — qu'illustrent également les deux premières Sonates et la suite pour deux pianos En blanc et noir, qui en sont exactement contemporaines.

Dans le prolongement des Études de Chopin et des Études d'exécution transcendante de Liszt, l'ouvrage aborde différents aspects de la technique pianistique, des intervalles (tierce, quarte, sixte, octave) au mécanisme digital, dans le premier cahier, jusqu'à des recherches de sonorités nouvelles dans le second.

Moins célèbres que les Préludes du même auteur, mais non moins représentatives de ses recherches dans le domaine des structures harmoniques, de la liberté de la forme et des timbres pour le piano, les Études ont longtemps souffert d'une réputation de « froideur » et de « sécheresse », avant d'être admises parmi les chefs-d'œuvre du répertoire des pianistes. Le compositeur et musicologue Guy Sacre estime que « ceux qui n'y appliquent, tout bonnement, que leurs oreilles, les aiment chaque jour davantage ».

À partir des années 1950, une nouvelle génération de compositeurs, dont Olivier Messiaen, Maurice Ohana, André Boucourechliev et Pierre Boulez, s'inspire du langage développé dans les Études de Debussy. Le musicologue Harry Halbreich considère que l'« on trouve ici ses intuitions les plus génialement révolutionnaires, les plus lourdes d'avenir. L'évolution ultérieure de la musique de piano est impensable sans leur exemple ».

Agrippina

Représentation de l’empereur Claude.
Représentation de l’empereur Claude.

Agrippina (HWV 6) est un opera seria en trois actes composé par Georg Friedrich Haendel, d’après un livret de Vincenzo Grimani. Composé pour la saison 1709-1710 du Carnaval de Venise, l’opéra raconte l’histoire d’Agrippine la Jeune, la mère de Néron, complotant contre l’empereur romain Claude pour mettre son fils sur le trône. Le livret de Grimani, qui compte parmi l’un des mieux mis en scène par Haendel, est décrit comme une comédie satirique antihéroïque parsemée d’allusions à la vie politique de l’époque. En outre, plusieurs spécialistes pensent que ces allusions font écho à la rivalité qui opposa Grimani et le pape Clément XI.

Haendel composa Aggripina au terme d’un voyage, qui dura trois années, en Italie. La première fut donnée à Venise, au théâtre San Giovanni Grisostomo, le , et l’opéra remporta un succès immédiat. À compter de cette soirée, 27 représentations eurent lieu, ce qui ne s’était jusqu’alors jamais produit ; le public ne tarit pas d’éloges. Partout, l’on pouvait lire dans les critiques, très élogieuses, combien la musique de Haendel était de qualité : tout en respectant les usages musicaux de l’époque, cette même musique doit beaucoup à d’autres œuvres, voire d’autres compositeurs, desquelles elle fut partiellement adaptée. Cependant, malgré le succès évident de l’opéra, Haendel n’offrit plus d’autres représentations. Quelques fois encore, on put voir Agrippina dans les années qui vinrent, mais, tout comme ses autres œuvres dramatiques, cet opéra tomba dans l’oubli quand, au XVIIIe siècle, le répertoire d’Haendel devint démodé…

La Musica Notturna delle strade di Madrid

La noche de Reyes en la Puerta del Sol par José Castelaro, 1839, huile sur toile, Musée d'histoire de Madrid.
La noche de Reyes en la Puerta del Sol par José Castelaro, 1839, huile sur toile, Musée d'histoire de Madrid.

La Musica Notturna delle strade di Madrid (Musique nocturne des rues de Madrid) est une composition pour quintette à cordes à deux violoncelles de Luigi Boccherini faisant partie intégrante du recueil de six quintettini opus 30 (G.319-324).

Composé en 1780 en Arenas de San Pedro alors que le compositeur est au service de don Luis, prince de la maison de Bourbon, ce quintettino évoque l'atmosphère des rues de Madrid à la nuit tombée. Il s'agit de son second essai de musique descriptive après celui du quintette en ré majeur opus 11 no 6 (G.276) L'Uccelleria de 1771.

Luisa Miller

Page de couverture de la réduction pour piano et chant (Ricordi, 1849).
Page de couverture de la réduction pour piano et chant (Ricordi, 1849).

Luisa Miller est un opéra en trois actes, le quatorzième de Giuseppe Verdi, alors âgé de 36 ans, présenté pour la première fois au Teatro San Carlo de Naples le . Il est considéré comme un tournant dans le style verdien.

Prélude et fugue en mi bémol mineur (BWV 853)

Mi bémol mineur.
Mi bémol mineur.

Le prélude et fugue en mi bémol mineur (BWV 853) est le huitième couple de préludes et fugues du premier livre du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach, compilé vers 1722.

Après la légèreté riante du mi bémol majeur, Bach réserve au mi bémol mineur le premier rendez-vous tragique de son parcours harmonique.

L'émouvant prélude, à la gravité romantique et méditative, introduit une fugue savante et contemplative, dont la complexité est digne de L'Art de la fugue. Bach y fait usage notamment de canons et du procédé d'augmentation. La fugue est également présentée dans l'enharmonique ré dièse mineur — certaines éditions donnent les deux versions.

Les deux cahiers du Clavier bien tempéré sont considérés comme une référence par nombre de compositeurs et pédagogues. D'abord recopiés par les musiciens, puis édités au début du XIXe siècle, outre le plaisir musical du mélomane, ils servent depuis l'époque de leur composition à l'étude de la pratique du clavier et à l'art de la composition.

Prélude et fugue en si bémol mineur (BWV 867)

Si bémol mineur.
Si bémol mineur.

Le prélude et fugue en si bémol mineur (BWV 867) est le 22e couple de préludes et fugues du premier livre du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach, compilé vers 1722.

Après la clarté du si bémol majeur, Bach entraîne son auditeur vers un diptyque d'intense douleur et difficile à réaliser au clavier. Le pathétique prélude, dans un rythme typique et lancinant de dactyle, prépare la fugue à cinq voix, dans le genre du stile antico. Le sujet est traité en strettes jusqu'aux dernières mesures, où Bach fait entendre une dernière strette magistrale sous la forme rarissime d'un canon à cinq voix.

Les deux cahiers du Clavier bien tempéré sont considérés comme une référence par nombre de compositeurs et pédagogues. D'abord recopiés par les musiciens, puis édités au début du XIXe siècle, outre le plaisir musical du mélomane, ils servent depuis l'époque de leur composition à l'étude de la pratique du clavier et à l'art de la composition.

Prélude et fugue en si mineur (BWV 869)

Si mineur.
Si mineur.

Le prélude et fugue en si mineur (BWV 869) est le 24e et dernier couple de préludes et fugues du premier livre du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach, compilé vers 1722.

Pour couronner son ouvrage le compositeur place un diptyque de grande ampleur à même de déployer son art contrapuntique et démontrer musicalement que toutes les tonalités peuvent être jouées sur un clavier, grâce à un accord tempéré.

Le prélude est un mouvement de sonate en trio à trois voix de facture coréllienne, évoquant une prière. La fugue à quatre voix est une sorte d'immense méditation à la gravité d'autres œuvres, telles les Passions. L'œuvre entière est citée en exemple par Kirnberger dans son traité de l'harmonie publié en 1773. Elle est l'objet de transcriptions diverses pour quatuor et quintette à cordes ou pour orchestre.

Les deux cahiers du Clavier bien tempéré sont considérés comme une référence par nombre de compositeurs et de pédagogues. D'abord recopiés par les musiciens, puis édités au début du XIXe siècle, outre le plaisir musical du mélomane, ils servent depuis le XVIIIe siècle à l'étude de la pratique du clavier et à l'art de la composition.

Quatre poèmes hindous

Couverture de l'édition originale (1914).
Couverture de l'édition originale (1914).

Les Quatre Poèmes hindous sont une œuvre de Maurice Delage pour soprano et ensemble de musique de chambre à deux flûtes, hautbois, deux clarinettes, harpe et quatuor à cordes.

Composés en 1912, au cours d'un voyage du compositeur en Inde britannique, ils furent créés le , interprétés par Rose Féart sous la direction de D.-E. Inghelbrecht, au concert inaugural de la SMI de la saison 1913-1914.

Moins célèbres que les trois poèmes de Mallarmé de Maurice Ravel, ils soutiennent d'autant mieux la comparaison que les deux œuvres furent créées lors du même concert. Premier chef-d'œuvre d'un jeune musicien autodidacte, cet ensemble de mélodies a suscité l'intérêt des plus grands compositeurs de son époque. Il reste son ouvrage le plus représenté en concert, et le plus enregistré au disque.

Tenebræ Responsoria

Frontispice de l'édition originale (1611)
Frontispice de l'édition originale (1611)

Les Tenebrae Responsoria (ou Responsoria et alia ad Officium Hebdomadae Sanctae spectantia selon leur titre original, en français Répons des Ténèbres) forment un recueil de trois répons, regroupant vingt-sept motets à six voix, un psaume et un cantique composés par Carlo Gesualdo et publiés sous sa direction en 1611 dans son château de Gesualdo.

Chef-d'Œuvre de la dernière période créatrice du compositeur, mais peu diffusé, moins commenté que les cinquième et sixième livre de madrigaux parus la même année, cet ouvrage réalise une synthèse entre les techniques polyphoniques exigeantes de la Renaissance et les conceptions personnelles de Gesualdo, s'attachant à exprimer musicalement la Passion du Christ. Ainsi l'écriture en contrepoint rigoureux, propre aux cérémonies religieuses, présente des modulations harmoniques et chromatiques audacieuses.

Cependant, ces audaces caractéristiques du langage musical de Gesualdo allaient à l'encontre des principes édictés lors du Concile de Trente. Elles ne correspondaient plus au goût de son époque, marquée par l'avènement de la musique baroque où s'illustrait déjà Monteverdi. L'ensemble de la musique religieuse du compositeur resta donc largement ignoré au XVIIe siècle.

La redécouverte de la partition complète des Tenebrae Responsoria, à Naples dans les années 1950, et son édition moderne par Wilhelm Weismann et Glenn Watkins ont suscité un grand intérêt auprès des ensembles vocaux professionnels, de la critique et du public. De nombreux compositeurs contemporains s'en sont inspirés pour leurs propres œuvres, ou ont rendu hommage au caractère mélancolique et « ténébreux » de ce vaste cycle vocal.

Quintette pour piano et cordes de Vierne

Manuscrit de la page de titre de la partie de piano.
Manuscrit de la page de titre de la partie de piano.

Le Quintette pour piano et cordes, op. 42, est une œuvre de Louis Vierne en trois mouvements pour piano et quatuor à cordes.

Composée du mois de décembre 1917 au mois de mai 1918, la partition est dédiée « en ex-voto » à la mémoire de son fils Jacques, « mort pour la France à dix-sept ans » le . D'abord présenté en audition privée à Thonon-les-Bains avec le compositeur au piano, en juin 1919, la première audition en public du Quintette a lieu au conservatoire de Genève, le — suivie d'une première audition parisienne, salle Gaveau, le .

Conçu pendant la période la plus tragique de sa vie — presque aveugle depuis son enfance, le musicien entre au sanatorium de Lausanne pour une série d'opérations chirurgicales (glaucome puis cataracte) du mois de janvier 1916 au mois d'août 1918 : cloîtré dans l'obscurité, il apprend la mort de son fils et de son frère René, victimes de la guerre, et connaît la tentation du suicide — le Quintette de Vierne rencontre immédiatement le succès auprès de différents publics. Publié en 1924 par les éditions Sénart, il est redécouvert à partir des années 1980, grâce aux concerts et à de nombreux enregistrements sur disques.

L'œuvre constitue un témoignage poignant et rare — anachronique, pour certains critiques — de musique romantique pendant les années folles, au début de l'entre-deux-guerres. D'une densité instrumentale presque symphonique, avec des harmonies souvent dissonantes et une puissance expressive résolument opposée aux charmes « impressionnistes » de la Belle Époque, le Quintette pour piano et cordes est considéré comme le chef-d'œuvre de la musique de chambre de Vierne, et l'un des quintettes avec piano les plus importants de l'école française du début du XXe siècle, allant de César Franck à Charles Koechlin.

Fase

Motif musical principal de douze notes de Piano Phase (1967) de Steve Reich.
Motif musical principal de douze notes de Piano Phase (1967) de Steve Reich.

Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich est une chorégraphie de danse contemporaine de la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker, créée en 1982 pour deux danseuses sur des compositions de musique de phase de Steve Reich. Fase est la deuxième composition d'Anne Teresa De Keersmaeker, dont l'écriture fut initiée en 1980 lors de son séjour aux États-Unis et terminée à son retour à Bruxelles l'année suivante. La création de la version intégrale a eu lieu le au théâtre de la Bourse de Bruxelles. Cette œuvre est considérée comme une pièce séminale du travail de la chorégraphe.

Cette œuvre est composée de quatre mouvements distincts, constitués de trois pas de deux et un solo, qui reprennent directement les titres de quatre œuvres de Steve Reich — Piano Phase (1967), Violin Phase (1967), Come Out (1966) et Clapping Music (1972) —, pouvant tous être interprétés isolément ou de manière combinatoire. Dansé pendant des années avec sa complice Michèle Anne De Mey, Anne Teresa De Keersmaeker a obtenu en 1999 pour cette chorégraphie un Bessie Award à New York. Fase est régulièrement programmé depuis 30 ans dans le cadre de différents spectacles ou manifestations culturelles à travers le monde cumulant plus de 160 représentations. Cette pièce marque le renouveau du lien étroit entre la danse et la musique que développera Anne Teresa De Keersmaeker tout au long de sa carrière et son succès immédiat fut également l’élément déclenchant pour la fondation de la compagnie Rosas en 1983 à Bruxelles par la chorégraphe belge.

Traité d'instrumentation et d'orchestration

Frontispice de l'édition de 1855.
Frontispice de l'édition de 1855.

Le Traité d'instrumentation et d'orchestration est un ouvrage publié par Hector Berlioz en 1844, traitant de composition musicale, considérée du point de vue des instruments et de l'orchestre. Une seconde édition, revue et augmentée, paraît en 1855 avec Le Chef d'orchestre, théorie de son art, essai consacré à la direction d'orchestre.

Dédié au roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV, illustré de nombreuses citations d'opéras et d'œuvres symphoniques des grands maîtres classiques à partir de Mozart, le Traité aborde la technique des différentes familles d'instruments de musique, leurs tessitures, leurs modes de transposition, leurs dynamiques et leur agilité, mais aussi le caractère particulier de leurs timbres et les possibilités offertes par leur association. Berlioz donne ensuite un aperçu des possibilités d'écriture et d'organisation pour l'orchestre tel qu'il se présentait au XIXe siècle.

Malgré son caractère théorique, l'auteur a intégré cet ouvrage, traduit de son vivant en anglais, en allemand, en espagnol et en italien, comme « œuvre 10 » dans le catalogue de ses œuvres.

« Bon guide pour la connaissance et l'emploi des ressources de l'orchestre », selon François-Joseph Fétis en 1868, devenu une « véritable bible pour les apprentis compositeurs, encore de nos jours », selon Henry Barraud en 1989, le Traité de Berlioz demeure un ouvrage de référence en musicographie et une source d'inspiration majeure pour les compositeurs et musiciens d'orchestre, par son approche nouvelle de la musique, considérée comme « matière sonore » s'exprimant dans l'espace-temps.

Création à Léningrad de la symphonie no 7 de Chostakovitch

Dmitri Chostakovitch en 1950.
Dmitri Chostakovitch en 1950.

La création à Léningrad de la symphonie no 7 de Chostakovitch a lieu le , pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la ville de Léningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) est assiégée par les forces armées de l'Allemagne nazie.

Dmitri Chostakovitch prévoyait de faire créer la symphonie par le Philharmonique de Léningrad, mais, en raison du siège, l'ensemble est évacué de la ville, ainsi que le compositeur lui-même. La première mondiale de la Septième symphonie se déroule à Kouïbychev avec l'Orchestre du Théâtre Bolchoï. La première à Léningrad est interprétée par les musiciens survivants de l'Orchestre de la radio de Léningrad, renforcés par des militaires. Les conditions des répétitions sont difficiles : les musiciens souffrent de la faim, et leurs effectifs sont réduits. Trois d'entre eux meurent avant la répétition générale. De fait, l'orchestre n'est en mesure de jouer la symphonie en entier qu'une seule fois avant le concert.

Malgré la piètre condition des instrumentistes et de nombreux membres du public, le concert remporte un immense succès, suscitant une ovation d'une heure. Le concert est accompagné par une offensive militaire soviétique, qui porte le nom de code « bourrasque », destinée à réduire au silence les forces allemandes pendant l'exécution. La symphonie est diffusée par haut-parleurs pour les lignes allemandes, sous forme de guerre psychologique. La création à Léningrad est considérée par la critique musicale comme l'une des plus importantes représentations artistiques de la guerre, en raison de ses effets tant psychologiques que politiques. Le chef d'orchestre conclut qu'« en ce moment, nous avons triomphé de l'inhumaine machine de guerre nazie ». Des réunions des musiciens survivants sont organisées en 1964 et en 1992 pour commémorer l'événement.

Canzone

Deux Garçons jouant et chantant, v.1625, huile sur toile de Frans Hals, Château Wilhelmshöhe, Cassel).
Deux Garçons jouant et chantant, v.1625, huile sur toile de Frans Hals, Château Wilhelmshöhe, Cassel).

Une canzone ou canzona (littéralement en italien « chanson » ; pl. canzone ou canzoni) désigne une composition musicale polyphonique de structure strophique qui s'est diversifiée selon deux genres (vocal, puis instrumental à partir du XVIe siècle) et diverses formes suivant l'époque. L'apogée du genre instrumental se situe en Italie entre le XVIe et le milieu du XVIIe siècle. Le terme peut s'appliquer à des contenus très différents, pas nécessairement à une pièce vocale, mais ayant toujours un caractère mélodique, qui rappelle l'art vocal.

Les musiciens qui se sont illustrés dans la canzone instrumentale des XVIe et XVIIe siècles sont Vincenzo Capirola et Francesco da Milano au luth, Claudio Merulo, Giovanni Maria Trabaci et Andrea Gabrieli à l'orgue, Giovanni de Macque, Girolamo Frescobaldi, Johann Jakob Froberger et Matthias Weckmann à l'orgue ou au clavecin et Giovanni Gabrieli pour ensemble d'instruments aux dimensions majestueuses.

La canzone est partiellement à l'origine d'autres formes instrumentales, comme la sonate baroque. En raison des entrées décalées des voix en imitation, elle devient synonyme de fugue au XVIIe siècle.

Sillages…

Couverture de l'édition originale (Durand, 1913).
Couverture de l'édition originale (Durand, 1913).

Sillages… op. 27, est une suite de trois pièces pour piano composée par Louis Aubert de 1908 à 1912. L'œuvre est créée par le pianiste Lucien Wurmser, le dans la salle Érard. La partition, publiée aux Éditions Durand la même année, est dédiée à Jacques Durand.

Pièces de virtuosité — après la toccata des Lutins, op. 11, de 1903 — les Sillages… expriment l'appel de la mer, les charmes nocturnes du rêve, la fuite inexorable des heures et la nostalgie de pays lointains, colorés d'une inspiration explicitement basque dans son mouvement central, où apparaît le rythme caractéristique de la habanera qui culminera dans son œuvre avec la Habanera pour orchestre, composée à la fin de la première Guerre mondiale.

Bien accueillie par la critique et le public, cette œuvre tombe dans l'oubli après la mort du compositeur, en 1968, dans l'indifférence de ses contemporains. Élève de Fauré, Louis Aubert et sa musique semblaient avoir survécu à leur époque. Les Sillages… sont redécouverts au début des années 1990, grâce à des pianistes comme Marie-Catherine Girod.

Le compositeur et musicologue Guy Sacre considère cette suite comme « le chef-d'œuvre pianistique d'Aubert », un triptyque comparable à Gaspard de la nuit de Ravel, et l'une des plus importantes partitions impressionnistes françaises du début du XXe siècle, pour le piano, avec La Maison dans les dunes de Gabriel Dupont, Le Chant de la mer de Gustave Samazeuilh et les Clairs de lune d'Abel Decaux.

Le philosophe et musicologue Vladimir Jankélévitch estime que cette partition, avec le cycle de mélodies des Six Poèmes arabes de 1917 et la Sonate pour violon et piano de 1926, porte la marque de « l'un des plus grands musiciens français ».

Sonate pour piano no 1 de Weber

Manuscrit autographe de la partition pour piano,
Musée Carl Maria von Weber (Dresde).
Manuscrit autographe de la partition pour piano, Musée Carl Maria von Weber (Dresde).

La Sonate pour piano no 1 en ut majeur, op. 24, est une œuvre pour piano-forte de Carl Maria von Weber composée à Berlin, en 1812. Dédiée à Marie Pavlovna de Russie, sœur du tsar Alexandre Ier et grande-duchesse de Weimar, la partition porte la référence J. 138 dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par Friedrich Wilhelm Jähns.

La célébrité de l'œuvre a longtemps été associée au rondo de son quatrième et dernier mouvement, renommé Mouvement perpétuel ou Perpetuum mobile par les pianistes, qui le jouent souvent à part. Le compositeur surnommait lui-même ce rondo « l'Infatigable », en raison de son trait ininterrompu en doubles croches à la main droite. En 1852, Johannes Brahms réalise un arrangement de cette pièce en inversant le travail des mains, offrant une étude virtuose où ce mouvement perpétuel de doubles croches est confié à la main gauche.

La composition des quatre mouvements de la Sonate pour piano no 1 a été critiquée, dans la mesure où elle ne répondait pas aux canons de la forme sonate classique mais ne soutenait pas la comparaison avec les audaces des sonates contemporaines de Beethoven. Le tempérament de Weber l'entraîne plutôt du côté du théâtre et de la danse, et lui fait briser le cadre traditionnel établi depuis Jean-Sébastien Bach et le classicisme viennois, dans une esthétique qui annonce celle d'un Berlioz, d'un Liszt et d'un Wagner.

Caractéristique, par son expression fantastique, de la musique romantique allemande des années 1810 — et par son influence sur des compositeurs aussi divers que Mendelssohn, Chopin, Schumann et Grieg — et suivie de trois autres sonates, jusqu'à la Quatrième achevée en 1822, cette Première Sonate pour piano de Weber représente, pour le musicologue Guy Sacre, « mieux qu'un faire-valoir » ou « un piédestal au célèbre rondo ».