Wikipédia:Sélection/Révolution française

abbé Grégoire

L'abbé Grégoire (1750-1831).

Henri Grégoire, également appelé l’abbé Grégoire, né le 4 décembre 1750 et décédé le 20 mai 1831, est un prêtre français, l'un des chefs de la Révolution française, le premier à avoir aboli l'esclavage en France, et le fondateur du Conservatoire national des arts et métiers et du bureau des longitudes.

Fils d'artisan (son père est un modeste tailleur d'habits), il est né à Vého, près de Lunéville en 1750. Il étudie dans un collège jésuite à Nancy puis devient le curé d' Emberménil. Dans sa cure d'Emberménil, il s'attache à l'instruction de ses paroissiens, crée une bibliothèque accessible à tous et renfermant de nombreux ouvrages d'agronomie. Il aide les agriculteurs à rationaliser leur production et à l'augmenter. Il voyage également beaucoup et rencontre les membres d'autres religions. Il a, notamment, des contacts avec un pasteur protestant et, en 1787, prononce un discours de bienvenue lors de l'inauguration de la synagogue de Lunéville. Il participe à la vie intellectuelle de sa province et devient correspondant de plusieurs académies. En 1783, il est couronné par l'académie de Nancy pour son Éloge de la poésie, et en 1788, par celle de Metz pour son Essai sur la régénération physique et morale des Juifs, qui sera traduit en Angleterre dès l'année suivante. Dans cet ouvrage remarquable il défendait avec chaleur la cause de cette population si longtemps mise à l'écart et réclamait pour elle l'égalité civile.

Élu député en 1789 par le clergé du bailliage de Nancy aux États généraux, Henri Grégoire se fit rapidement connaître en s'efforçant, dès les premières sessions de l’Assemblée, d’entraîner dans le camp des réformistes ses collègues ecclésiastiques et de les amener à s'unir avec le Tiers état.

Lire l’article

Jules Michelet

Jules Michelet représenté par Thomas Couture (1815-1879).

Jules Michelet (21 août 1798 - 9 février 1874) est un historien français.

Il naquit à Paris, d'une famille aux traditions huguenotes. Son père était un maître-imprimeur, ruiné par les ordonnances de Napoleon contre la Presse, et Jules l'assista concrètement aux travaux d'impression. Une place lui fut offerte à l'Imprimerie impériale, mais son père refusa, préférant s'imposer des sacrifices pour l'envoyer étudier au célèbre lycée Charlemagne, où il se distingua. Il réussit l’agrégation des lettres le 21 septembre 1821, et fut bientôt nommé professeur d’histoire au collège Rollin. Peu après, en 1824, il se maria.

C'était une des périodes les plus favorables pour les érudits et les hommes de lettres en France, et Michelet avait de puissants appuis en Abel-François Villemain et Victor Cousin, entre autres. Bien qu'il possédât des idées politiques fermes que lui avait transmises son père (un républicanisme fervent teinté de romantisme libre-penseur), il était d'abord et avant tout un homme de lettres et un enquêteur sur l'histoire du passé.

Lire l'article

Chute de Robespierre

Le 9 thermidor an II.

La chute de Robespierre, le 9 thermidor an II, est le résultat d'une série d'actes politiques, qui commencèrent en mars 1794.

Au printemps 1794, alors que s'annonce une campagne décisive pour la République, le gouvernement révolutionnaire de la Convention, dont la figure de proue est Robespierre, est confronté à la double opposition des Hébertistes à sa gauche et des Indulgents à sa droite.

En mars 1794, devant la menace d'une nouvelle insurrection et d'un nouveau massacre de prisonniers, les comités de salut public et de sûreté générale décident de se débarrasser des Hébertistes (dirigés par Hébert), qui sont les membres les plus radicaux de la Commune de Paris. Dans la nuit du 23 au 24 ventôse (13-14 mars 1794), les principaux chefs du club des Cordeliers sont arrêtés. Ils seront condamnés à mort par le Tribunal révolutionnaire et exécutés.

Fin mars 1794, ils ordonnent l'arrestation des principaux Indulgents, Danton et Desmoulins, qui veulent arrêter la Terreur, signer la paix avec les monarchies coalisées et pactiser avec l'aristocratie. Suite à un long procès, Danton et Desmoulins seront guillotinés avec leurs amis le 5 avril 1794.

Lire l'article

Prise de la Bastille

La Forteresse de la Bastille (gravure du XVIIIe siècle).

La prise de la Bastille est un événement de la Révolution française survenu le 14 juillet 1789. La reddition de la forteresse, symbole du despotisme, fit l'effet d'un séisme, en France comme en Europe, jusque dans le lointain empire de Russie. « Forteresse du secret, et lieu sans justice, la Bastille fut le premier rendez-vous de la Révolution.»

Quelques détails de cet événement : le 14 juillet 1789, la Bastille est prise d'assaut par les Parisiens. De ce jour date la fin de « l'Ancien Régime » et le début de la Révolution française. Depuis lors, le 14 juillet est une fête nationale.

Bien que cette date fut instituée fête nationale française en 1880, parce que c'était par coïncidence celui de la Fête de la Fédération, la prise de la Bastille n'est pas un acte si glorieux qu'il paraît. Le peuple avait pensé que logeaient à la Bastille beaucoup de victimes de l'arbitraire, mais on dut se rendre à l'évidence lors de sa chute, le 14 juillet 1789, qu'elle ne comptait que quatre faussaires, un noble dément, un autre noble accusé par sa famille de " crimes atroces " et d'" action monstrueuse " et Auguste Tavernier, un supposé complice de Robert-François Damiens, auteur d'une tentative d'assassinat sur Louis XV.

Lire l’article

États généraux de 1789

Ouverture des États généraux de 1789
Ouverture des États généraux de 1789

Les États généraux de 1789 sont considérés comme étant le commencement de la Révolution française.

Ce sont les derniers de la Monarchie française. L'ouverture se fait le 5 mai 1789.

Début 1788, tout le monde souhaite la tenue des états généraux, mais pour des objectifs, le plus souvent, incompatibles entre eux :


  • L'aristocratie souhaite en finir avec la monarchie absolue imposée par Louis XIV et incarnée par Louis XVI, et reprendre ainsi ses pouvoirs d'autrefois.
  • Le haut-clergé, qui profite globalement du système, désire (en majorité) le maintien du statu-quo. Aux états généraux la noblesse est représentée par 270 députés (dont 90 libéraux). Le clergé est représenté par 291 députés (dont 220 curés), la plupart acquis aux idées de réforme. Le clergé et la noblesse sont majoritaires en voix aux états généraux (2 contre 1), et toute décision a des chances de leur être favorable. Mais il existe déjà dans ces deux « États », d'ardents réformateurs qui ne sauraient tarder à devenir encore beaucoup plus engagés (cependant, à cette époque personne ne parle encore de révolution).

Le clergé et la noblesse ne forment pas des ordres totalement homogènes ; il faut noter la présence du bas-clergé, traditionnellement favorable au monde paysan, ainsi que l'existence d'une petite noblesse rurale -par exemple en Bretagne -, dont les perspectives sont bien différentes de celles de la Cour.

578 députés, (12 gentilshommes, 18 maires de grandes villes, 162 magistrats de baillages ou sénéchaussées, 110 avocats, 114 médecins, 162 négociants, propriétaires ou cultivateurs, et 110 commerçants, agriculteurs et industriels) forment le tiers état aux états généraux du 5 mai 1789. Concernant son « manque de représentation et de considération » (Beaumarchais), le Tiers est lui-même divisé sur nombre d'autres questions qui sont évoquées dans les cahiers de doléances :

  • La bourgeoisie, plutôt urbaine, enrichie par le commerce ou la finance, ouverte aux Lumières voit sa force économique naissante bloquée par ses origines roturières et réclame une égalité de traitement : les nobles seuls ont accès aux postes d'officiers ou de la haute fonction publique, et sont dispensés de taxes. Ces revendications sont à la fois sociales et économiques.
  • La paysannerie n'est pas représentée, mais s'appuie sur le tiers état. Elle vit de ses maigres récoltes en fonction des aléas du temps, et croule sous la pression fiscale qui lui est infligée : elle demande un rééquilibrage du système fiscal et son extension aux privilégiés mais aussi le droit de chasse… Tout cela pourrait se faire à l'occasion des états généraux, à condition que le tiers état y soit mieux représenté et que le vote s'y fasse par tête plutôt que par Ordre ;

Le roi lui-même, confronté à une dette de l'État sans précédent, doit trouver une solution pour faire rentrer rapidement de l'argent dans les caisses. Dans son idée, la délégation de cette décision aux états généraux lui permet de se dissocier d'une mesure qui sera à coup sûr impopulaire.

Lire la suite de l'article...

Terreur (Révolution française)

Estampe de la Guillotine, « Et la garde qui veille aux Barrières du Louvre n'en défend pas les rois... », durant la Terreur.
Estampe de la Guillotine, « Et la garde qui veille aux Barrières du Louvre n'en défend pas les rois... », durant la Terreur.

La Terreur est une période de la Révolution française caractérisée par le règne de l'arbitraire et des exécutions de masse perpétrés par les révolutionnaires. Son instigation ayant été progressive, la date de son commencement varie selon les historiens, de la naissance du tribunal révolutionnaire en mars 1793, aux massacres de Septembre de 1792, voire aux premières têtes tranchées de juillet 1789. Elle voit le point culminant des massacres suivant la prise de pouvoir des députés montagnards en 1793, et s'achève le 28 juillet 1794, avec la chute de Robespierre.

À la suite de la chute de la monarchie, le et de l’arrestation des députés girondins lors des journées d’émeute des 31 mai et 2 juin 1793, les montagnards prennent le pouvoir.

La République française, alors engagée dans une guerre révolutionnaire contre une coalition européenne et une guerre civile contre les royalistes et les fédéralistes, est gouvernée par un pouvoir d’exception reposant sur la force, l’illégalité et la répression à l'encontre des opposants politiques qualifiés de « contre-révolutionnaires ». La répression touche les royalistes, les girondins, les modérés, avant que les montagnards ne se déchirent entre eux et que ne soient à leur tour frappés les Hébertistes, partisans d'une radicalisation de la Terreur et de la déchristianisation, puis les dantonistes et indulgents. À la suite de la victoire des armées républicaines, les députés de la Plaine, les anciens dantonistes et hébertistes et une partie des Jacobins s'unissent contre Robespierre et ses alliés qui sont exécutés le , mettant ainsi fin de fait à la Terreur.

Pendant cette période, environ 500 000 personnes sont emprisonnées et approximativement 100 000 sont exécutées ou victimes de massacres ; dont environ 17 000 guillotinés, 20 000 à 30 000 fusillés, et des dizaines de milliers de prisonniers et de civils vendéens, hommes, femmes, et enfants, victimes notamment des massacres du Mans, de Savenay, des colonnes infernales, et des noyades de Nantes.

Guerre de Vendée

Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, Musée d’histoire de Cholet
Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, Musée d’histoire de Cholet

La guerre de Vendée est le nom donné à la guerre civile qui opposa partisans et adversaires du mouvement révolutionnaire, entre l’An I et l’An IV (1793 et 1796) au cours de la Révolution française, et plus particulièrement pendant la Première République.

Comme partout en France, la Vendée a connu des manifestations paysannes, entre 1789 et 1792. Mais c’est au moment de la levée en masse, en 1793, que la révolte ou rébellion vendéenne, aussi appelée insurrection vendéenne, s’est déclenchée dans un premier temps comme une jacquerie paysanne classique, avant de prendre la forme d’un mouvement contre-révolutionnaire.

Étalée sur trois années, la guerre a connu plusieurs phases, avec une brève période de paix, au printemps 1795. Elle ne s’est arrêtée qu’au début de 1796, après bien des combats, bien des morts et bien des destructions.

Jean-Paul Marat

Jean-Paul Marat
Jean-Paul Marat

Jean-Paul Marat, est un révolutionnaire français né à Boudry (principauté de Neuchâtel, aujourd'hui canton de Neuchâtel, en Suisse), le 24 mai 1743, mort assassiné à Paris, le 14 juillet 1793 par Charlotte Corday.

Jean-Paul Marat quitte sa famille après ses études secondaires, fin 1759 ou début 1760. Il est à Bordeaux en 1760-1762 ; il séjourne à Paris en 1762-1765 où il entreprend en autodidacte des études de médecine ; en 1765, il est à Londres où il commence la pratique de la médecine. En 1770, il est médecin et vétérinaire à Newcastle. Il écrit un roman : Les Aventures du conte Potowsky, et un essai : Essay on the human soul (Essai sur l’âme humaine).< Il est de retour à Londres en 1772 ; il y écrit, en 1773, A philosophical Essai on Man (Essai philosophique sur l’homme) et, en 1774, un ouvrage politique The Chains of Slavery (Les chaînes de l’esclavage), dans lequel, s’appuyant sur une documentation historique abondante, il ramène l’histoire aux volontés de puissance des chefs et des princes, et montre comment on devient despote. Après un examen des moyens et des auxiliaires du despotisme, il prône l’insurrection, la révolution par la violence, comme étant les moyens de le vaincre. Il appartient à la franc-maçonnerie londonienne, où il est reçu à la maîtrise le 15 juillet 1774 (loge King Head Gerrad Street Soho).

En 1775, il est reçu docteur en médecine à l’université de Saint-Andrew, en Écosse. Pendant son séjour en Grande Bretagne, il change son nom en Marat pour le distinguer des ressemblants O'Mara et McMara, d'origine écossaise.

Vincent-Marie de Vaublanc

Profil de Vincent-Marie Viénot, comte de Vaublanc.
Profil de Vincent-Marie Viénot, comte de Vaublanc.

Vincent-Marie Viénot, comte de Vaublanc (né le 2 mars 1756 à Fort Dauphin à Saint-Domingue, aujourd’hui Fort-Liberté à Haïti, et mort le 21 août 1845 à Paris) est un homme politique, écrivain français, catholique et de tendance royaliste.

Sa carrière politique l’amène à côtoyer successivement Louis XVI, Barras, Napoléon Ier, le comte d’Artois, futur Charles X, et enfin Louis XVIII. Proscrit et recherché par quatre fois par les différents régimes politiques, jamais arrêté, il parvient à chaque fois à rentrer en grâce. Dans une carrière longue et mouvementée, il est successivement député monarchiste sous la Révolution et pendant le Directoire, proscrit sous la Terreur, préfet de Napoléon, ministre de l’Intérieur de Louis XVIII et pour finir sa vie politique, député ultra-royaliste. Il est notamment connu pour l’éloquence fougueuse de ses discours et sa réorganisation controversée de l’Académie française en 1816 en tant que ministre de l’Intérieur.

Il fait partie de ces personnages secondaires qui traversent et marquent cette période de l’histoire de France. Homme d’ordre au caractère affirmé, partisan modéré des « évolutions » de 1789, il finit sa vie politique sous la Restauration dans une position d’extrémiste contre-révolutionnaire.

Le Père Duchesne

Le père Duchesne

Le père Duchesne est le titre d’un journal qui a paru sous plusieurs plumes durant la Révolution française. Le plus populaire était celui de Jacques René Hébert qui en a fait paraître 385 numéros de septembre 1790 jusqu’à onze jours avant sa mort à la guillotine survenue le 4 germinal An II.

Être signalé comme ennemi de la république dans le père Duchesne se soldait souvent par une fin à la guillotine. Il n’hésitait jamais à demander, selon ses termes, que le « carrosse à trente-six portières » emmène tel ou tel « crapaud du Marais » « éternuer dans le sac », « demander l’heure au vasistas », « essayer la cravate à Capet ».

Né dans les foires du XVIIIe siècle, le père Duchesne était un personnage type représentant l’homme du peuple toujours empressé à dénoncer les abus et les injustices. En 1789, plusieurs pamphlets avaient été publiés sous ce nom. En 1790, un employé de la poste aux lettres du nom d’Antoine Lemaire et l’abbé Jean-Charles Jumel avaient lancé des journaux ayant recours au pseudonyme fictif du père Duchesne, mais celui d’Hébert, que les colporteurs de rue vendaient en criant : « Il est bougrement en colère aujourd’hui le père Duchesne ! », s’est distingué par la violence qui a caractérisé son style.

À l’origine, la publication, effectuée chez l’imprimeur Tremblay, se faisait sur huit pages non-numérotées dans le format in-8°, paraissant quatre fois par décade et coûtant cinquante sous par mois. La première page de chaque numéro était surmontée d’une vignette représentant le père Duchesne une pipe à la main et une carotte de tabac à la main avec cette épigraphe : « Je suis le véritable père Duchesne, foutre ! »

Destinés à être criés dans les rues, les sommaires qui précédaient les numéros du père Duchesne étaient conçus en termes propres à piquer la curiosité publique. Ainsi, on criait : « La grande colère du père Duchesne contre le ci-devant comte de Mirabeau, qui a foutu au nez de l’Assemblée nationale une motion contraire aux intérêts du peuple. » — « Les bons avis du père Duchesne à la femme du roi, et sa grande colère contre les jean-foutre qui lui conseillent de partir et d’enlever le dauphin. »

Lire l'article...

Aimé Picquet du Boisguy

Aimé Casimir Marie Picquet, chevalier du Boisguy, né le 15 mars 1776 à Fougères, et mort le 25 octobre 1839 à Paris, était un général chouan pendant la Révolution française.

Il était surnommé « le petit général » par ses hommes, en raison de son jeune âge. Encore enfant lors du début de la Révolution française, il se distingua par un engagement royaliste précoce, à 15 ans, il rejoignit l'Association bretonne et devint aide de camp de Armand Tuffin de La Rouërie. Dés lors son influence grandit, à 17 ans il prit la tête des chouans du pays de Fougères et de Vitré, et à 19 ans, il fut reconnu général.

Chef actif et excellent tacticien, Boisguy fit des pays de Fougères et de Vitré la zone la plus importante de la chouannerie d'Ille-et-Vilaine et l'une des principales de Bretagne. Il commandait des troupes disciplinées, bien organisées, souvent en uniforme mais manquant de cavalerie et surtout d'artillerie.

Aussi bien à la pacification de 1796, qu'à celle de 1800, Boisguy fut le dernier général chouan à déposer les armes, ce qui en fit une des figures majeure de la chouannerie.

Armand Tuffin de La Rouërie

Armand-Charles Tuffin, marquis de La Rouërie, gentilhomme breton, né le à Fougères, mort le au château de la Guyomarais à Saint-Denoual, est un héros de la guerre d’indépendance américaine et l’organisateur de l'Association bretonne.

Parti en Amérique après une jeunesse orageuse, La Rouërie participa à la guerre d’indépendance américaine au sein de l'armée continentale. Connu sous le nom de Colonel Armand, il se distingua à la tête de la 1re légion de dragons et participa activement à la bataille de Yorktown. Admirateur de la Révolution américaine, ami de George Washington, La Rouërie revint en France avec le grade de brigadier-général, la croix de Saint-Louis et l'ordre de Cincinnatus.

De retour en Bretagne, La Rouërie défendit le parlement de Bretagne contre les édits de Versailles, ce qui lui valut d'être enfermé à la Bastille le .

Opposé à l'absolutisme, il vit d'abord avec joie les signes de la Révolution française mais le refus de la noblesse bretonne de députer à Versailles l'empêcha de jouer un rôle aux États généraux. Royaliste, libéral et franc-maçon, La Rouërie devint contre-révolutionnaire suite à la suppression des lois et coutumes particulières de la Bretagne. Il créa l'Association bretonne afin de lever une armée contre les révolutionnaires. Trahi, La Rouërie mourut avant de pouvoir terminer son entreprise mais le mouvement organisé par le marquis devait par la suite être précurseur de la Chouannerie.

Virée de Galerne

La déroute de Cholet, octobre 1793
La déroute de Cholet, octobre 1793

La Virée de Galerne est une campagne militaire de la Guerre de Vendée pendant la Révolution française qui s’est déroulée dans le Maine, en Bretagne et en Normandie. Elle tire son nom de gwalarn, mot breton qui désigne le vent de noroît (nord-ouest).

Il s’agit de l’expédition effectuée par l’armée vendéenne qui, ayant traversé la Loire après la défaite de Cholet le , se rend à Granville dans l’espoir d’y trouver des renforts en provenance d’Angleterre.

N’ayant pu prendre Granville le , elle se replie vers Savenay où elle est anéantie par l’armée républicaine le . La bataille de Savenay marque la fin de ce qui sera appelé la première guerre de Vendée.

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Talleyrand, par Pierre-Paul Prud'hon (détail).
Talleyrand, par Pierre-Paul Prud'hon (détail).

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément nommé Talleyrand, est un homme d'État et diplomate français, né le à Paris, mort dans cette même ville le .

Issu d'une famille de la haute noblesse, souffrant d'un pied bot, il est orienté par sa famille vers la carrière ecclésiastique en vue de lui permettre de succéder à son oncle, l'archevêque de Reims : ordonné prêtre en 1779, il est nommé en 1788 évêque d'Autun. Il renonce à la prêtrise et quitte le clergé pendant la Révolution pour mener une vie laïque.

Talleyrand occupe des postes de pouvoir politique durant la majeure partie de sa vie et sous la plupart des régimes successifs que la France connaît à l'époque : il est notamment agent général du clergé puis député aux États généraux sous l'Ancien Régime, président de l'Assemblée nationale et ambassadeur pendant la Révolution française, ministre des Relations extérieures sous le Directoire, le Consulat puis sous le Premier Empire, président du gouvernement provisoire, ambassadeur, ministre des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres sous la Restauration, ambassadeur sous la Monarchie de Juillet. Il assiste aux couronnements de Louis XVI (1775), Napoléon Ier (1804) et Charles X (1825).

Il intervient fréquemment dans les questions économiques et financières, pour lesquelles son acte le plus fameux est la proposition de nationalisation des biens du clergé. Toutefois, sa renommée provient surtout de sa carrière diplomatique exceptionnelle, dont l'apogée est le congrès de Vienne. Homme des Lumières, libéral convaincu, tant du point de vue politique et institutionnel que social et économique, Talleyrand théorise et cherche à appliquer un « équilibre européen » entre les grandes puissances.

Réputé pour sa conversation, son esprit et son intelligence, il mène une vie entre l'Ancien Régime et le XIXe siècle. Surnommé le « diable boiteux », et décrit comme un traître cynique plein de vices et de corruption, ou au contraire comme un dirigeant pragmatique et visionnaire, soucieux d'harmonie et de raison, admiré ou détesté par ses contemporains, il suscite de nombreuses études historiques et artistiques.

Jacques-Louis David

Autoportrait (1794) — Musée du Louvre, Paris, France.
Autoportrait (1794) — Musée du Louvre, Paris, France.

Jacques-Louis David, peintre français né le à Paris et mort le à Bruxelles, est considéré comme le chef de file de l’École néoclassique, dont il incarne le style pictural et l’option intellectuelle. Il opère une rupture avec le style galant et libertin de la peinture du XVIIIe siècle représentée à l'époque par François Boucher et Carl Van Loo, et revendique l’héritage du classicisme de Nicolas Poussin et des idéaux esthétiques grecs et romains, en cherchant, selon sa propre formule, à « régénérer les arts en développant une peinture que les classiques grecs et romains auraient sans hésiter pu prendre pour la leur ».

Formé à l'Académie royale de peinture et de sculpture, il devient en 1785 un peintre renommé avec le Serment des Horaces. Membre de l'Académie des beaux-arts, il combat cette institution sous la Révolution et entame en parallèle à sa carrière artistique une activité politique en devenant député à la Convention et ordonnateur des fêtes révolutionnaires. Son engagement l'amène à voter la mort du roi Louis XVI, et son amitié pour Maximilien de Robespierre lui vaudra, à la chute de celui-ci, d'être emprisonné lors de la réaction thermidorienne. Ses activités politiques prennent fin sous le Directoire, il devient membre de l'Institut et se prend d'admiration pour Napoléon Bonaparte. Il se met à son service quand celui-ci accède au pouvoir impérial, et il réalise pour lui sa plus grande composition Le Sacre de Napoléon...

Colonnes infernales

Vitrail représentant André Ripoché défendant un calvaire devant les soldats de l'armée républicaine.
André Ripoché, tué en défendant un calvaire lors de l'incendie du Landreau, vitrail de l'église de Sainte-Gemme-la-Plaine par Fournier.

Les colonnes infernales sont les opérations menées par les armées républicaines du général Turreau lors de la guerre de Vendée (1793 - 1796), en France, afin de détruire les dernières troupes vendéennes.

Après l'anéantissement de l'Armée catholique et royale lors de la Virée de Galerne, le général Turreau met au point un plan visant à quadriller la Vendée militaire par douze colonnes incendiaires avec pour ordres d'exterminer tous les « brigands » ayant participé à la révolte, femmes et enfants inclus, de faire évacuer les populations neutres ou patriotes, de saisir les récoltes et les bestiaux et d'incendier les villages et les forêts, de faire enfin de la Vendée un « cimetière national » avant de la faire repeupler par des réfugiés républicains. De janvier à mai 1794 les colonnes quadrillent les territoires insurgés dans le Maine-et-Loire, la Loire-inférieure, la Vendée et les Deux-Sèvres. Certaines se livrent aux pires exactions, tels que : incendies, viols, tortures, pillages et massacres des populations, souvent sans distinction d'âge, de sexe ou d'opinion politique. Ces atrocités coûtent la vie à des dizaines de milliers de personnes et valent aux colonnes incendiaires d'être surnommées « colonnes infernales ». Loin de mettre fin à la guerre, ces exactions provoquent de nouveaux soulèvements des paysans menés par les généraux Charette, Stofflet, Sapinaud et Marigny. Ne parvenant pas à vaincre les insurgés, dénoncé par les patriotes locaux et certains représentants en mission, Turreau finit par perdre la confiance du Comité de salut public, sa destitution mettant fin aux colonnes mais pas à la guerre.

Maximilien de Robespierre

Portrait en buste de Maximilien de Robespierre
Maximilien de Robespierre

Maximilien Marie Isidore de Robespierre, ou Maximilien Robespierre, né le à Arras (Artois) et mort guillotiné le à Paris, place de la Révolution, était un avocat et un homme politique français.

Aîné de quatre enfants, il perd sa mère à l'âge de six ans. Puis son père abandonne ses enfants, et il est pris en charge par son grand-père maternel. Après d'excellentes études au collège d'Arras et au collège Louis-le-grand de Paris, licencié en droit, il devient avocat et s'inscrit en 1781 au Conseil provincial d'Artois, occupant même un temps la charge de juge au tribunal épiscopal.

Élu député du Tiers état aux États généraux de 1789, il devient bientôt l'une des principales figures des « démocrates » à l'Assemblée constituante, défendant l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort, le droit de vote des gens de couleur, des juifs ou des comédiens, ainsi que le suffrage universel et l'égalité des droits, contre le marc d'argent. Son intransigeance lui vaut bientôt d'être surnommé « l'Incorruptible ». Membre du club des Jacobins dès ses origines, il en est le plus illustre membre et l'une des figures de proue. Après la scission des Feuillants, il contribue à sa réorganisation et lui permet grandement de conserver le soutien de la plupart des sociétés affiliées de province...

Charles-Louis Huguet de Sémonville

Représentation de Charles-Louis Huguet de Sémonville.
Représentation de Charles-Louis Huguet de Sémonville.

Charles-Louis de Sémonville est un homme politique et diplomate français. Il est né à Paris le et y est mort le .

Devenu conseiller au Parlement de Paris très jeune, Sémonville fait partie des aristocrates éclairés favorables aux idées portées par les Lumières, comme le marquis de La Fayette, le comte de Mirabeau ou l'évêque d'Autun Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, avec lesquels il se lie.

Sous la Révolution, il obtient plusieurs postes diplomatiques. Arrêté en Suisse alors qu'il se rend à Constantinople, il passe deux années et demi dans les geôles autrichiennes. Grâce à l'appui de Talleyrand, Sémonville est nommé en 1799 ambassadeur de la République française à La Haye, puis sénateur de l'Empire en 1805. En 1814, il rejoint la cause royaliste et devient grand référendaire de la Chambre des Pairs sous la Restauration. Sémonville conserve cette fonction jusqu'en 1834 et se retire de la vie politique…

Napoléon Ier

Napoléon Bonaparte
Napoléon Bonaparte

Napoléon Bonaparte (15 août 1769 – 5 mai 1821), général de la Révolution, dirigea la France à partir de la fin 1799 et fut Empereur des Français de 1804 à 1815 sous le nom de Napoléon Ier. En tant que général en chef et chef d'état, Napoléon tente de briser les coalitions montées et financées par le Royaume de Grande-Bretagne et qui rassemblent depuis 1792 les monarchies européennes contre la France et son régime né de la Révolution. Il conduit pour cela les armées françaises d'Italie au Nil et d'Autriche à la Prusse et à la Pologne : ses nombreuses et brillantes victoires (Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland), dans des campagnes militaires rapides, disloquent les quatre premières coalitions. Les paix successives, qui mettent un terme à chacune de ces coalitions, renforcent la France et donnent à son chef, Napoléon, un degré de puissance jusqu'alors rarement égalé en Europe lors de la paix de Tilsit (1807).

Il conquit et gouverna la plus grande partie de l'Europe continentale hors Scandinavie et plaça des membres de sa nombreuse famille sur les trônes de plusieurs royaumes.

Charles Théveneau de Morande

Portrait de Charles Théveneau de Morande, d'après une gravure reproduite en frontispice de l'ouvrage de Paul Robiquet, Théveneau de Morande. Étude sur le XVIIIe siècle, Quantin, 1882
Portrait de Charles Théveneau de Morande, d'après une gravure reproduite en frontispice de l'ouvrage de Paul Robiquet, Théveneau de Morande. Étude sur le XVIIIe siècle, Quantin, 1882

Charles Théveneau, (dit) de Morande ou chevalier de Morande, né le à Arnay-le-Duc où il est mort le , est un libelliste, espion et polémiste français. Son parcours est représentatif de celui d'un « aventurier des Lumières » ou d'un « Rousseau des ruisseaux » : de l'armée il passe à la littérature clandestine, puis à l'espionnage et enfin au journalisme. « Mandrin littéraire », folliculaire, il se fait connaître par son activité de maître chanteur et par le succès considérable de son libelle clandestin, Le Gazetier Cuirassé. Il est par la suite, après avoir mis à contribution la cour de Louis XV, retourné par le gouvernement français, dont il devient l'un des informateurs en Angleterre. Il joue un rôle dans la prérévolution française comme rédacteur puis directeur du Courier de l'Europe avant de regagner Paris lors de la Révolution, où il poursuit son activité de gazetier.

Massacre de la Glacière

Illustration du massacre de la Glacière, gravure sur bois
Illustration du massacre de la Glacière, gravure sur bois

Le massacre de la Glacière a eu lieu au palais des papes d'Avignon dans la nuit du 16 octobre au .

L'assassinant de Lescuyer, le secrétaire-greffier de la commune, par une foule de « papistes » en colère au couvent des Cordeliers pensant avoir été volé par les « patriotes », entrainera des arrestations douteuses, un jugement bâclé et l'exécution de la sentence par de fanatiques bourreaux inexpérimentés provoquant ainsi un véritable bain de sang.

Dernier épisode marquant d'une lutte entre partisans et adversaires de la réunion des États pontificaux à la France, il fait suite à un enchainement de rivalités, de privations et de jalousies.

Naufrage du Droits de l'Homme

Combat du Droits de l'Homme 13 et 14 janvier 1797, huile sur toile de Léopold Le Guen.
Combat du Droits de l'Homme 13 et 14 janvier 1797, huile sur toile de Léopold Le Guen.

Le naufrage du Droits de l'Homme (en anglais : action of 13 January 1797) est la conclusion d'une bataille navale opposant un vaisseau de ligne français à deux frégates britanniques au large des côtes de Bretagne pendant les guerres de la Révolution française. Pendant le combat, les deux frégates britanniques parviennent à manœuvrer de sorte à contraindre le vaisseau français à aller s'abîmer sur des hauts-fonds par gros temps, conduisant à la mort de 900 marins parmi les 1 300 embarqués. Une des frégates anglaises est également perdue au cours du combat, s'échouant sur un banc de sable.

Le Droits de l'Homme, vaisseau de 74 canons, avait pris part à l'Expédition d'Irlande, une tentative avortée d'envoyer un corps expéditionnaire français envahir l'Irlande. Pendant cette expédition, la flotte française, qui doit faire face à un manque de coordination de ses chefs et à des conditions météorologiques défavorables, est finalement contrainte de rentrer en France sans avoir pu débarquer un seul soldat. Deux frégates britanniques, le HMS Indefatigable, de 44 canons, et le HMS Amazon, 36 canons, reçoivent l'ordre de patrouiller dans la Manche au large d'Ouessant avec pour mission d'intercepter la flotte française rentrant d'Irlande. Elles aperçoivent le Droits de l'Homme dans l'après-midi du 13 janvier…

Jean Chanorier

Jean Chanorier, né le à Lyon et mort le à Croissy-sur-Seine, est un agronome et homme politique français. Seigneur, puis maire, de Croissy-sur-Seine, il fut député, puis conseiller général de Seine-et-Oise, et membre associé de l'Institut.

Il est connu pour avoir introduit en France la race ovine des mérinos. Inquiété durant la Terreur malgré ses idées patriotes, son amitié avec Joséphine de Beauharnais lui vaut ensuite, sous le Consulat, la protection du gouvernement et sa nomination à l'Institut.

Jean-Baptiste Bernard de Vaublanc

Blason de la famille Vaublanc.
Blason de la famille Vaublanc.

Jean-Baptiste Bernard Viénot, chevalier de Vaublanc, est un militaire français, né le à Ouanaminthe à Saint-Domingue au Cap-Français (Cap-Haïtien de nos jours) et mort le à Gumbinnen (aujourd'hui Gusev dans l’oblast de Kaliningrad). Engagé volontaire à dix-sept ans, il prend part à la guerre d'indépendance américaine, de 1779 à 1782.

Pendant la Révolution française, il participe à la campagne du Rhin, puis devient président de la société populaire de Besançon, où il se fait remarquer par son calme et sa modération, tout en affichant clairement ses convictions républicaines.

Sous l'Empire, il participe à la guerre d’Espagne et est brièvement membre du Conseil du Portugal présidé par Junot lors de l'occupation française de ce pays en 1808. Il est successivement inspecteur en chef aux revues à l’armée d’Espagne puis à la Grande Armée. Il meurt d'épuisement fin 1812, lors de la retraite de Russie, non loin de Vilnius, en Lituanie.

Il est le deuxième frère cadet de l'homme politique Vincent-Marie de Vaublanc.

Histoire de la Suisse sous domination française

L'Acte de médiation de Bonaparte.
L'Acte de médiation de Bonaparte.

L'histoire de la Suisse sous domination française est l'étape de la formation de la Confédération suisse qui suit la Confédération des XIII cantons. Elle est comprise entre le début des manifestations provoquées par la Révolution française de 1789 et la création de la Confédération des XXII cantons le .

Les premières réactions en Suisse face aux événements de la Révolution française sont négatives : l'annonce du massacre des gardes suisses au Palais des Tuileries, la tentative d'invasion française de Genève en 1792 et la prise, la même année, de l'évêché de Bâle rattaché à la France sont autant d’événements qui sont mal perçus localement. À la suite de l'échec d'un soulèvement en Suisse romande contre Berne, les meneurs se réfugient à Paris où ils poussent à la fin 1797 le gouvernement français à envahir la Suisse, qui capitule une année plus tard. Le gouvernement français met alors en place le nouveau régime de la République helvétique, état centralisé et unitaire dont les limites administratives internes sont largement redessinées. Pendant cette période, la Suisse est touchée à la fois par les conflits européens et par des révoltes intérieures.

Le , Napoléon Bonaparte impose l'Acte de médiation qui définit une nouvelle Constitution pour le pays ainsi qu'un nouveau découpage des frontières cantonales. Le Valais devient brièvement indépendant sous le nom de République rhodanienne avant d'être annexé par l'Empire français en 1810 tout comme Genève qui devient le chef-lieu du département du Léman et Neuchâtel qui est transformée en principauté. Pendant cette période, la Suisse est un protectorat français qui connaît une période de stabilité et de paix bien que son industrie soit durement touchée par les effets du blocus continental et de la mobilisation pour la Grande Armée.

Invasion anglo-russe de la Hollande

Débarquement des troupes britanniques à Callantsoog.
Débarquement des troupes britanniques à Callantsoog.

L'invasion anglo-russe de la Hollande (également connue sous le nom de campagne de Hollande, d'expédition anglo-russe en Hollande et d'expédition du Helder) est une campagne militaire de la Deuxième Coalition qui s'est déroulée du 27 août au 19 novembre 1799, et qui fut marquée par l'invasion de la région de Hollande (République batave) par une coalition composée de forces britanniques et russes. La campagne avait pour double objectif de neutraliser la flotte batave et de favoriser un soulèvement des partisans de l'ancien stathouder Guillaume V contre le gouvernement batave, favorable aux Français. Une coalition entre des armées française et batave de puissance équivalente s'opposa à cette invasion.

D'un point de vue tactique, le conflit fut dans un premier temps favorable aux Anglo-Russes, vainqueurs lors de la bataille de Callantsoog puis du combat du Zyp. Les batailles suivantes furent cependant favorables aux Franco-Bataves, qui remportèrent un succès stratégique à Bergen malgré leur infériorité numérique, et parvinrent à affaiblir les forces anglo-russes en tirant profit du terrain malgré la défaite d'Alkmaar. La dernière bataille, livrée à Castricum, infligea de lourdes pertes aux deux camps, mais constitua une victoire décisive pour le camp républicain. À la suite de cette dernière, le chef de l'état-major britannique, Frederick d'York, comte d'Ulster et duc d'York et Albany ordonna un repli de ses troupes au niveau de la tête de pont initiale, située à l'extrême nord de la péninsule. La convention d'Alkmaar, négociée le 18 octobre avec le général en chef des troupes franco-bataves, le général Guillaume Brune, mit fin aux hostilités, en permettant aux troupes britanniques et russes de quitter la zone sans violence.

Louis-François-Sébastien Fauvel

Louis-François-Sébastien Fauvel devant l'Acropole par Louis Dupré, 1819.
Louis-François-Sébastien Fauvel devant l'Acropole par Louis Dupré, 1819.

Louis-François-Sébastien Fauvel (né le 14 septembre 1753 à Clermont-en-Beauvaisis – mort le 12 mars 1838 à Smyrne) est un peintre, diplomate et archéologue français qui fut longtemps en poste à Athènes.

Louis-François-Sébastien Fauvel fit un premier séjour en Grèce en 1780-1782 au service du comte de Choiseul-Gouffier. Son travail archéologique était destiné à compléter le Voyage pittoresque de la Grèce de son patron. Lorsque le comte fut nommé ambassadeur de France auprès de la Sublime Porte en 1784, il engagea à nouveau Fauvel. Ce dernier supporta mal la vie de l'ambassade dans la capitale ottomane et effectua nombre de voyages archéologiques destinés à récolter le matériau pour les futures publications et la collection d'antiquités de son patron, à travers la Grèce ou à l'été 1789 en Égypte. Ce fut alors qu'il exprima sa lassitude de travailler pour quelqu'un qui reconnaissait mal ses qualités.

Fauvel s'installa définitivement à Athènes à l'été 1793, après l'émigration de Choiseul-Gouffier en Russie. En février 1796, il finit par être reconnu pour son travail archéologique et nommé « associé non résidant » de l'Institut de France. Cela lui assurait un financement pour la poursuite de ses recherches. Il réussit par exemple à faire parvenir au musée du Louvre une métope et une plaque de la frise du Parthénon.

La campagne d'Égypte entraîna son incarcération puis son expulsion de l'Empire ottoman. Il arriva dans le dénuement le plus complet à Paris en décembre 1801, seize ans après avoir quitté la France. Il participa alors aux travaux de l'Institut. Cherchant à retourner en Grèce, il obtint le poste de vice-consul de France à Athènes. Il y était de retour en janvier 1803. Il s'y trouva en concurrence avec les agents de Lord Elgin, dont Giovanni Battista Lusieri, pour les marbres du Parthénon. Profitant du renversement des alliances, le vice-consul français réussit à les faire chasser. Cependant, il ne put réaliser les travaux archéologiques qu'il envisageait : il ne pouvait s'éloigner d'Athènes où ses activités consulaires, rares pourtant, le retenaient. Surtout, il ne disposait pas des moyens financiers pour ouvrir de grands chantiers.

Il se contenta alors de recherches limitées qu'il ne publia jamais. De même, il vendait les objets qu'il découvrait, laissant donc les voyageurs qui en devenaient les propriétaires publier leurs travaux sur ses découvertes. Il joua cependant un rôle essentiel dans le développement de la connaissance archéologique d'Athènes et de l'Attique en faisant le « cicérone » (guide) auprès des « touristes » qui lui rendaient visite.

Durant la guerre d'indépendance grecque, Fauvel se montra très mishellène. Il fuit les combats et se réfugia à Smyrne où il mourut.

Jean Mathieu Philibert Sérurier

Jean Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819), maréchal de France, Jean-Louis Laneuville, vers 1804-1808, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.
Jean Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819), maréchal de France, Jean-Louis Laneuville, vers 1804-1808, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

Jean Mathieu Philibert Sérurier, né le à Laon dans la province de Champagne et mort le à Paris, est un officier général français, maréchal d'Empire. Ayant commencé sa carrière sous l'Ancien Régime, il participe à la guerre de Sept Ans. Sa carrière est très lente, et il n'est que lieutenant-colonel lorsque éclate la Révolution française. Il est alors nommé général de brigade, puis général de division à l'armée d'Italie. Sous les ordres de Bonaparte, il se distingue à la bataille de Mondovi et reçoit la reddition de Mantoue. Apprécié du général en chef pour son intégrité et sa droiture morale, il n'est pas de la campagne d'Égypte ; il est fait prisonnier par les Autrichiens à Verderio en 1799. Napoléon, de retour, ne lui en tient pas rancune, et Sérurier assiste passivement au Coup d'État du 18 brumaire.

Le Premier consul, puis l'Empereur le récompense en le nommant gouverneur des Invalides en 1803 et maréchal d'Empire honoraire l'année suivante. Trop âgé pour faire campagne, Sérurier ne participe à aucune des campagnes de l'Empire et continue d'administrer l'hôtel des Invalides jusqu'à la chute de Napoléon. Le , lors de la bataille de Paris, il ordonne la destruction des drapeaux conquis par la France dans la cour des Invalides. Le maréchal, déjà nommé comte de l'Empire par l'Empereur, devient pair de France à la Restauration. Il meurt discrètement rue Duphot, à Paris, en 1819. Dans ses Mémoires, le maréchal Marmont le décrit comme « aimant bien, probe, désintéressé, homme de devoir et de conscience ». Bon divisionnaire, les performances de Sérurier sur le champ de bataille font l'objet d'évaluations mitigées, mais il est surnommé « La Vierge d'Italie » pour ses vertus morales et sa répugnance à participer au pillage des territoires conquis.

Bataille de Fougères

Le bataillon carré, Affaire de Fougères, huile sur toile de Julien Le Blant, 1880.
Le bataillon carré, Affaire de Fougères, huile sur toile de Julien Le Blant, 1880.

La bataille de Fougères est un combat survenant le , pendant la virée de Galerne, lors de la guerre de Vendée, entre les Vendéens de l'Armée catholique et royale et l'armée républicaine.

Après avoir traversé la Loire et occupé Laval, l'état-major vendéen hésite entre regagner la Vendée, marcher sur Rennes pour provoquer une insurrection de la Bretagne ou bien se rapprocher des côtes et prendre un port dans l'espoir de recevoir des secours de la part des Britanniques et des émigrés à Jersey. L'armée vendéenne finit par prendre le chemin de Fougères, qui a l'avantage de la rapprocher à la fois de la mer et de la capitale bretonne.

L'assaut de Fougères se termine par une victoire facile des Vendéens : inférieurs en nombre et mal commandés, les patriotes sont totalement battus et laissent derrière eux des centaines de morts et de prisonniers.

L'armée vendéenne occupe la ville pendant cinq jours pendant lesquels elle s'emploie à se ravitailler et à recruter des partisans. Elle reçoit également deux émissaires émigrés porteurs de dépêches du gouvernement britannique qui incitent le conseil militaire vendéen à se détourner de Rennes et à suivre le plan anglais. L'armée reprend sa route le en direction de Dol-de-Bretagne, toujours indécise quant à une attaque de Saint-Malo ou plutôt de Granville.

Après une brève réoccupation à la mi-novembre, Fougères repasse définitivement sous le contrôle des républicains le . Cependant la paix ne revient pas dans la région, qui devient un des foyers de la chouannerie.

Bataille de Bouin

Église Notre-Dame-de-l'Assomption, lithographie de Thomas Drake, album vendéen, vers 1850.
Église Notre-Dame-de-l'Assomption, lithographie de Thomas Drake, album vendéen, vers 1850.

La bataille de Bouin se déroule le lors de la guerre de Vendée. Elle oppose sur l'île de Bouin les troupes républicaines de l'Armée de l'Ouest et les forces vendéennes du général Charette.

Les combats ont lieu dans le cadre d'une offensive républicaine lancée en novembre depuis Nantes et Les Sables-d'Olonne en vue de reconquérir l'île de Noirmoutier, tombée en octobre aux mains des Vendéens. Après plusieurs défaites contre les colonnes des généraux Haxo et Dutruy, Charette tente sans succès de se replier sur Noirmoutier et se retrouve cerné sur l'île de Bouin.

L'assaut est lancé le matin du par trois colonnes républicaines qui enfoncent les défenses royalistes et se rendent maîtresses en quelques heures de toute l'île, libérant des centaines de prisonniers patriotes et capturant tous les canons et tous les chevaux des insurgés. Cependant, malgré de lourdes pertes, l'armée de Charette échappe à la destruction et parvient à s'enfuir à travers les marais. À peine quelques jours plus tard, elle reprend ses attaques dans le bocage et le Charette est élu généralissime de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou.

Bataille de Noirmoutier (1794)

La mort du général D'Elbée, huile sur toile de Julien Le Blant, 1878, Musée de Noirmoutier.
La mort du général D'Elbée, huile sur toile de Julien Le Blant, 1878, Musée de Noirmoutier.

La bataille de Noirmoutier est un affrontement de la guerre de Vendée qui oppose le les républicains et les Vendéens pour le contrôle de l'île de Noirmoutier.

Située dans la baie de Bourgneuf et reliée au continent par le passage du Gois, l'île est occupée le par les troupes vendéennes du général Charette. Cette prise alarme aussitôt le Comité de salut public, qui redoute une intervention des Britanniques en faveur des royalistes. Cependant, Charette ne tente qu'en décembre d'envoyer une goélette vers la Grande-Bretagne pour prendre contact avec le gouvernement de Londres et il ne recevra aucune réponse avant plusieurs mois.

Les républicains débarquent sur l'île de Noirmoutier le matin du et s'emparent de toute sa partie sud après des combats à la pointe de la Fosse et au bourg de Barbâtre. Ils marchent ensuite dans l'après-midi vers la ville de Noirmoutier, où ils reçoivent la capitulation des Vendéens qui déposent les armes contre la promesse d'avoir la vie sauve.

Acceptée par le général Haxo, la capitulation n'est pas respectée par les représentants en mission Prieur de la Marne, Turreau et Bourbotte, qui font fusiller 1 200 à 1 500 prisonniers en quelques jours, dont Maurice d'Elbée, l'ancien généralissime de l'Armée catholique et royale.

La reprise de Noirmoutier suit de quelques jours la bataille de Savenay, qui voit la destruction des forces vendéennes engagées dans la virée de Galerne. Après ces deux victoires, considérées comme décisives, les commandants républicains estiment que la guerre de Vendée est en passe de s'achever. Les Vendéens ne contrôlent alors plus aucun territoire et les dernières bandes insurgées ne comptent que quelques centaines ou quelques milliers d'hommes, traqués dans les bois et dans les campagnes. À la mi-janvier, le général Turreau lance ses « colonnes infernales » avec l'intention de porter le dernier coup à l'insurrection vendéenne.

Bataille de la Roche de Mûrs

L'épisode de la Roche de Murs, dans Les guerres de Vendée, par Eugène Bonnemère, 1884.
L'épisode de la Roche de Murs, dans Les guerres de Vendée, par Eugène Bonnemère, 1884.

La bataille de la Roche de Mûrs, aussi appelée bataille des buttes d'Erigné, se déroule le lors de la guerre de Vendée. Elle oppose les forces républicaines de l'Armée des côtes de La Rochelle commandées par le général Charles Duhoux d'Hauterive aux Vendéens de l'Armée d'Anjou, menés par Charles de Beaumont d'Autichamp.

L'attaque est lancée par l'armée vendéenne avec pour objectif de s'emparer du pont sur le Louet à Erigné, puis des ponts sur la Loire aux Ponts-de-Cé, pour ensuite prendre Angers et provoquer de nouvelles insurrections dans le nord de l'Anjou, le Maine et la Bretagne.

La bataille s'achève par la victoire des Vendéens, qui prennent d'assaut le camp de la Roche de Mûrs et les redoutes de la Roche d'Erigné, près des bourgs de Mûrs et d'Erigné, puis qui investissent la ville des Ponts-de-Cé, abandonnée par les républicains après un mouvement de panique. Leur progression n'est arrêtée qu'en fin de journée, aux abords d'Angers.

À partir du XIXe siècle, le récit de la bataille est mythifié par différents auteurs qui transforment la retraite républicaine à la Roche de Mûrs en une résistance héroïque s'achevant par la destruction complète d'un bataillon et le suicide de l'épouse du commandant Bourgeois, préférant se jeter dans la rivière avec son enfant plutôt que de se rendre aux Vendéens.

En 1891, peu après le centenaire de la Révolution, dans un contexte de lutte politique et mémorielle opposant droite royaliste et catholique à gauche républicaine et anticléricale, un monument est érigé à la Roche de Mûrs, en hommage aux soldats du 8e bataillon de volontaires de Paris tués lors des combats.

Mourad Bey

Portrait de Mourad Bey. Huile sur toile anonyme, vers 1800.
Portrait de Mourad Bey. Huile sur toile anonyme, vers 1800.

Mourad Bey, né vers 1750 et mort le à Beni Suef, est un chef mamelouk et bey égyptien. Vendu dans sa jeunesse au chef Muhammad Bey, il prend le commandement de la cavalerie mamelouke et entre en guerre contre Ismail Bey, qui dirige alors l'Égypte. Il s'allie avec le mamelouk Ibrahim Bey et, après avoir chassé Ismail du pays, Mourad prend le pouvoir en Égypte en 1784 et le partage avec Ibrahim dès l'année suivante. Les deux dirigeants font allégeance à l'Empire ottoman, mais gèrent le pays à leur guise en dépit des consignes des Turcs. Ces derniers envoient finalement une armée qui les chasse du Caire en 1786. Mourad Bey se réfugie alors en Haute-Égypte avant de reprendre la tête du pays en 1791, aux côtés d'Ibrahim.

En 1798, il est l'un des principaux adversaires du général Napoléon Bonaparte qui entreprend la conquête de l'Égypte à la tête de l'armée française. Vaincu à Chebreiss et aux Pyramides, Mourad Bey s'enfuit vers la Haute-Égypte et affronte le général Desaix qui le poursuit. En 1800, il signe finalement la paix avec le général Kléber et reste fidèle à cette alliance avec le général Menou, son successeur. Il meurt peu après de la peste bubonique à Beni Suef, le 22 avril 1801.

Chasseurs à cheval de la Jeune Garde

Trompette du 2e régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale, 1815. Illustration d'Ernest Fort, établie d'après les archives du ministère de la Guerre.
Trompette du 2e régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale, 1815. Illustration d'Ernest Fort, établie d'après les archives du ministère de la Guerre.

Les chasseurs à cheval de la Jeune Garde, créés officiellement en 1815 sous le nom de 2e régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale et surnommés les hussards-éclaireurs, sont une unité de cavalerie légère de la Garde impériale, formée par Napoléon Ier et en service dans l'armée française de 1813 à 1814, ainsi que pendant les Cent-Jours.

Le décret du donne aux 6e, 7e, 8e et 9e escadrons des chasseurs à cheval de la Garde la dénomination de « seconds chasseurs ». Le 17 mars, ces escadrons prennent officiellement le nom de chasseurs à cheval de la Jeune Garde. Ils participent à la campagne d'Allemagne de 1813 avec la Vieille Garde, puis sont détachés en 1814 à l'Armée du Nord du général Maison. Les escadrons sont dissous lors de la Première Restauration, les hommes étant pour la plupart replacés dans la ligne ou mis en demi-solde.

Sous les Cent-Jours, les escadrons de Jeune Garde sont rappelés et forment le 2e régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale. Manquant d'hommes et surtout de chevaux, l'unité reste à Chantilly et ne participe pas à la bataille de Waterloo. Les chasseurs à cheval de la Jeune Garde sont définitivement dissous le , après l'abdication de Napoléon et le retour des Bourbons.

François-Pierre Blin

« M. Blin, médecin, député de Nantes », dessin par Charles Toussaint Labadye.
« M. Blin, médecin, député de Nantes », dessin par Charles Toussaint Labadye.

François-Pierre Blin ou Pierre-François Blin, né à Rennes en 1756, mort en 1834, est un médecin et homme politique français, député aux États généraux de 1789.

Jeune médecin diplômé à Montpellier, il lutte pour faire admettre son droit d'exercer à Nantes. En 1788-1789, il est choisi pour présenter à Versailles les revendications du tiers état de la région, et participe à la rédaction des cahiers de doléances. Il est ainsi élu député de Nantes aux États de Bretagne, puis aux États généraux de 1789 et à l'Assemblée constituante. Il est un des membres fondateurs du club breton qui devient le club des Jacobins.

Jacobin à l'origine, Blin intervient vigoureusement à l'Assemblée. Il propose des motions pour la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, intervient sur la Constitution et les colonies, et en faveur des hommes de couleur. Il s'oppose à Mirabeau en se prononçant pour une véritable séparation des pouvoirs. Il s'élève contre la dictature et la répression. Intervenant contre les établissements religieux, il admet cependant ceux pour l'éducation et les œuvres de charité, et reste favorable à l'exercice du culte. Il modère ensuite sa participation, tempère ses opinions.

Après la session parlementaire, il reprend la médecine, appartient à la faction des Girondins. Prisonnier de l'armée royaliste, libéré par les républicains, il participe l'année suivante aux pourparlers de paix entre les Vendéens et la Convention. Plusieurs fois destitué et arrêté, il est libéré et réintégré en raison du manque de médecins. Il calque ses idées sur les changements politiques, devenant partisan du nouveau régime sous le Consulat et le Premier Empire puis royaliste réactionnaire sous la Restauration.

Médecin réputé, il exerce à Nantes où il bénéficie d'une bonne clientèle. Il devient médecin en chef aux armées sous le Consulat et chef de service en hôpital. Il écrit et traduit des ouvrages de médecine. Il est ensuite professeur puis directeur de l'école de médecine de Nantes, où son passé versatile lui est parfois reproché.

Jean-Baptiste Bessières

Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, maréchal de France (1768-1813). Huile sur toile d'Edmond Hédouin d'après Henri-François Riesener, 1853, château de Versailles.
Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, maréchal de France (1768-1813). Huile sur toile d'Edmond Hédouin d'après Henri-François Riesener, 1853, château de Versailles.

Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, né le à Prayssac dans le Quercy et mort au combat le à Weißenfels, dans le royaume de Saxe, est un officier général français, maréchal d'Empire.

D'origine modeste, il commence sa carrière militaire sous la Révolution française et effectue ses premières armes dans le 22e régiment de chasseurs à cheval, où il gagne ses galons de capitaine. Il combat sur le théâtre d'Italie sous les ordres du général Napoléon Bonaparte, qui le remarque et le nomme commandant du corps des guides à cheval. À sa tête, Bessières participe à la campagne d'Égypte jusqu'en 1799, puis est fait général sous le Consulat pour s'être distingué à la bataille de Marengo. Il est élevé à la dignité de maréchal d'Empire en 1804 et devient colonel-général de la cavalerie de la Garde impériale.

Brillant officier de cavalerie, Bessières dirige les escadrons de la Garde tout au long des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz et à Eylau. Son rôle dans la péninsule Ibérique, affirmé par la nette victoire de Medina de Rioseco, est cependant terni à Fuentes de Oñoro où son attitude ambiguë porte à controverses. Il n'en participe pas moins à la campagne de Russie en 1812 au cours de laquelle il sauve la vie de Napoléon, et reçoit le commandement de toute la cavalerie française au début de la campagne d'Allemagne. Le maréchal est toutefois mortellement blessé par un boulet le à Rippach, près de Weißenfels, la veille de la bataille de Lützen.

« Bessières, dira plus tard Napoléon, était un officier de réserve plein de vigueur, mais prudent et circonspect ». Courageux et capable d'initiatives, il conduit personnellement les charges de ses cavaliers face à l'ennemi. C'est également un homme cultivé, pieux et populaire au sein de la Garde, dont la mort sera vivement ressentie par l'Empereur qui déclarera à son sujet : « Il a vécu comme Bayard, il est mort comme Turenne. »

HMS Speedy (1782)

Combat du Speedy (au premier plan) et du Gamo (par Clarkson Stanfield, 1793–1867).
Combat du Speedy (au premier plan) et du Gamo (par Clarkson Stanfield, 1793–1867).

Le HMS Speedy est un brick de quatorze canons lancé pour la Royal Navy. Construit durant les dernières années de la guerre d'indépendance des États-Unis, il participe avec succès aux guerres de la Révolution française.

Construit à Douvres dans le Kent, le Speedy passe la plupart de son temps de paix au large des côtes britanniques. Transféré en mer Méditerranée après le déclenchement des guerres de la Révolution française, il passe le reste de sa carrière sous les ordres de commandants renommés, participant victorieusement à des engagements parfois déséquilibrés contre des forces supérieures. Son premier commandant dans les eaux méditerranéennes, Charles Cunningham, fait de nombreuses prises, parmi lesquelles les frégates françaises Modeste et Impérieuse qu'il aide à capturer ; son successeur, George Cockburn, impressionne ses supérieurs par son dévouement et son sens du devoir. Le commandant suivant, George Eyre, voit quant à lui son navire capturé par les Français, le .

L'année suivante, le Speedy est recapturé et passe sous les ordres de Hugh Downman, qui capture un certain nombre de navires corsaires de 1795 à 1799, et repousse une attaque du corsaire français Papillon, le . Son successeur, Jahleel Brenton, combat plusieurs fois contre les Espagnols au large de Gibraltar. Enfin, son dernier capitaine britannique, Thomas Cochrane, réalise un coup d'éclat en capturant un navire espagnol bien plus grand que le sien, le Gamo, lors d'un combat naval qui inspirera Patrick O'Brian pour son livre Maître à bord. Le Speedy est finalement capturé par une escadre française en 1801 ; l'année suivante, il est donné à la marine pontificale par Napoléon et y passe quatre ans sous le nom de San Paolo, avant d'être démoli en 1806.

Armand de Caulaincourt

Portrait en habit de Grand écuyer par Féréol Bonnemaison, en 1808.
Portrait en habit de Grand écuyer par Féréol Bonnemaison, en 1808.

Armand Augustin Louis, 5e marquis de Caulaincourt, 1er duc de Vicence, né le à Caulaincourt et mort le à Paris, est un général et diplomate français.

Fils et petit-fils de militaire, issu d'une illustre famille de la noblesse picarde, il entre dans l'armée à l'âge de 14 ans comme cavalier. Aide de camp de son père, Gabriel Louis de Caulaincourt, puis des généraux Aubert du Bayet et d'Harville, il reçoit son premier commandement en 1798 lors de la guerre face à la Deuxième Coalition. Après une première mission diplomatique à Saint-Pétersbourg entre 1801 et 1802, il est nommé successivement aide de camp de Napoléon Bonaparte puis grand écuyer après la proclamation de l'Empire et promu au grade de général de division en 1805. Mêlé indirectement à l'enlèvement du duc d'Enghien, il devient l'ennemi des milieux royalistes qui ne lui pardonneront jamais son implication dans cette affaire.

Homme de confiance de l'Empereur, Caulaincourt est nommé ambassadeur en Russie de 1807 à 1811, période pendant laquelle il noue une amitié sincère avec le tsar Alexandre Ier malgré les tensions entre les deux pays. Diplomate habile, il est chargé de mener les négociations de paix lors de l'armistice de Pleiswitz et du congrès de Prague en 1813, puis lors de la campagne de France en 1814. Ministre des Relations extérieures de à la première abdication de Napoléon Ier, il occupe de nouveau ce poste pendant les Cent-Jours. Partisan de la paix et fervent défenseur de l'alliance avec la Russie, ce qui lui vaut des accusations de trahison envers l'Empire, il est néanmoins l'un des plus fidèles serviteurs de Napoléon Ier, qui voit en lui « un homme de cœur et de droiture ». Il devient son confident pendant la campagne de Russie. Reconnu pour sa loyauté, Caulaincourt achève sa carrière politique en même temps que celle de l'Empereur après la seconde abdication.

Charles Van Hulthem

Portrait de Charles van Hulthem.
Portrait de Charles van Hulthem.

Charles Van Hulthem, né le à Gand (Belgique) et mort le dans la même ville, est un bibliophile belge et un homme politique français, parlementaire sous le Consulat et le Premier Empire. Sa bibliothèque, composée de plusieurs dizaines de milliers d'ouvrages, est acquise, après sa mort, par le gouvernement belge pour former une partie de la collection de la Bibliothèque royale de Belgique, qui voit le jour en 1837.

Après des études de droit et une jeunesse tournée vers la littérature et les livres, Charles Van Hulthem entre en politique dans sa ville natale comme échevin. La période est marquée par une instabilité politique, notamment la révolution brabançonne, la restauration des Pays-Bas autrichiens, suivie par la reprise de Gand par la France en 1794. Charles Van Hulthem est nommé secrétaire général de la ville l'année suivante et devient membre du jury temporaire des arts et sciences et du jury d'instruction publique du département de l'Escaut. Il occupe alors le poste de bibliothécaire de l'école centrale du département. Il contribue largement à la mise en avant des artistes flamands et à la création d'un musée et d'un jardin botanique qui, au fil des ans, deviendra l'un des plus beaux de France après celui de Paris.

En 1797, il est élu député et rejoint le conseil des Cinq-Cents, poste qu'il occupe jusqu'en 1799. Il y prend principalement la parole à propos des élections, de diverses taxes et l'imposition de la noblesse belge. S'il reprend son rôle de bibliothécaire en 1800, il est rappelé à Paris en 1802, étant nommé membre, contre sa volonté, du Tribunat. Il occupe ce poste jusqu'en 1808, avant, l'année suivante, de devenir recteur de l'académie et école de droit de Bruxelles. Durant sa vie à Paris, il ne manque pas de célébrer les savants et artistes belges.

En 1815, il accueille favorablement la création du royaume des Pays-Bas, étant proche des milieux artistiques et scientifiques hollandais. Il devient greffier de la Seconde Chambre des États généraux et secrétaire provisoire, et puis perpétuel, de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, jusqu'en 1821. Il est alors élu à la Seconde Chambre des États généraux.

Lors de la révolution belge, ses appartements situés non loin du parc de Bruxelles sont saccagés et une grande partie de sa collection, comprenant des dizaines de milliers d'ouvrages, est détruite par les balles et les boulets de canon. Il retourne alors à Gand avec le reste de la bibliothèque et s'isole totalement de la vie publique. Il meurt peu après, laissant un héritage colossal, ayant accumulé d'innombrables ouvrages dont de nombreux incunables.

Christophe-Michel Ruffelet

Christophe-Michel Ruffelet, né le à Saint-Brieuc et mort le dans la même ville, est un chanoine et historien breton.

Membre de la bourgeoisie de Saint-Brieuc, issu de deux familles qui occupent des fonctions municipales et cléricales de premier plan, il fait carrière en tant que chanoine, d'abord dans la collégiale Saint-Guillaume de Saint-Brieuc pendant plus de vingt ans, avant d'intégrer le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc en 1789. Quand les chapitres sont supprimés en 1790, il perd sa prébende, comme tous les autres chanoines. Prêtre réfractaire parce qu'il refuse la constitution civile du clergé, il est emprisonné et libéré en 1795. Il redevient chanoine de Saint-Brieuc après le Concordat de 1801.

Le chanoine Ruffelet publie plusieurs ouvrages historiques, dont le principal est les Annales briochines, où il raconte l'histoire du diocèse de Saint-Brieuc, dont la fondation, selon lui, remonte à Brieuc. La composition du livre est un compromis entre la volonté de simplicité manifestée par l'utilisation de la forme des annales et l'utilisation de méthodes critiques proches de l'érudition mauriste. Il cherche à promouvoir l'identité de ce diocèse et le particularisme breton en général, qu'il conjugue avec une fidélité affirmée à la monarchie et à la papauté, en un emboîtement de fidélités. Comme les autres historiens de son époque, il traite principalement de sujets politiques et religieux. Historien reconnu, en relation avec d'autres historiens bretons, il est un des acteurs de la vie culturelle de Saint-Brieuc.

Il réunit une bibliothèque considérable, plus de 4 000 volumes, pour beaucoup publiés récemment et traitant de matières diverses, ce qui manifeste des curiosités multiples l'insérant dans la modernité. Il la réserve de son vivant à son usage personnel, mais la lègue à sa mort à son diocèse.

Bataille de Pont-Charrault

Vue en 2015 de la croix commémorative élevée par le Souvenir vendéen à L'Oie en 1949.
Vue en 2015 de la croix commémorative élevée par le Souvenir vendéen à L'Oie en 1949.

La bataille de Pont-Charrault, aussi appelée bataille du pont de Gravereau ou bataille de la Guérinière, a lieu le , au début de la guerre de Vendée. Elle oppose les insurgés vendéens menés par Charles de Royrand à une colonne républicaine commandée par le général Louis de Marcé.

Retenu par l'historiographie sous le nom de « bataille de Pont-Charrault » à cause d'imprécisions dans les comptes rendus républicains initiaux, le combat se déroule en réalité dans le vallon de la Guérinière, près des ponts de Gravereau et de Basse-Rivière, entre les communes de L'Oie et de Saint-Vincent-Sterlanges.

Venues de Rochefort et La Rochelle pour réprimer l'insurrection, les troupes républicaines sont ralenties à cet endroit par la destruction des deux ponts et se laissent surprendre à la tombée de la nuit par l'attaque des insurgés. Après trois heures de combats, les patriotes cèdent à la panique et refluent en désordre sur La Rochelle en laissant plusieurs centaines d'hommes sur le terrain.

Lors de cette journée, les paysans insurgés contre la levée en masse infligent aux républicains leur plus lourde défaite depuis le début de la révolte. La nouvelle porte jusqu'à Paris et provoque la stupéfaction des députés de la Convention nationale, qui pensent être confrontés à un vaste complot. Accusé de trahison, le général Marcé est condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et guillotiné à Paris.

Le retentissement est tel qu'après cette bataille, livrée en plein cœur du département de la Vendée, l'insurrection dans l'Ouest prend la dénomination de « guerre de la Vendée » et les révoltés des différents départements insurgés commencent à être désignés génériquement par le nom de « Vendéens ».

Bataille du pont du Loc'h

Pont de Loc, dessin de Thomas Drake et lithographie d'Henri Daniaud, 1860.
Pont de Loc, dessin de Thomas Drake et lithographie d'Henri Daniaud, 1860.

La bataille du pont du Loc'h, aussi appelée bataille de Grand-Champ, se déroule le pendant la Chouannerie. Elle oppose les troupes républicaines du général Olivier Harty aux chouans de Georges Cadoudal.

Les combats ont lieu dans le cadre d'une expédition lancée depuis Vannes par le général Harty avec une partie des 22e et 52e demi-brigades de l'Armée de l'Ouest. Celui-ci se rend maître le des bourgs de Grand-Champ, Locmaria et Locqueltas, où il réquisitionne toutes les têtes de bétail et les réserves de grains et de blé disponibles.

Trois jours plus tard, les républicains sont attaqués par quatre légions de l'Armée catholique et royale du Morbihan, commandée par Cadoudal. Largement supérieurs en nombre, les chouans coupent la retraite de l'armée de Harty en l'encerclant au cours de la nuit. Les combats débutent avant le lever du jour mais, en raison de l'obscurité, du brouillard et de la désobéissance d'une partie des troupes, les chouans ne parviennent pas à coordonner efficacement leurs attaques. Malgré sa situation critique, l'armée républicaine évite sa destruction en réalisant une percée à travers les lignes royalistes et se réfugie dans la ville de Vannes à la tombée de la nuit.

La bataille s'achève sans véritable vainqueur et sans issue décisive. Informé quelques jours après de l'arrivée de renforts républicains et de la soumission de plusieurs autres armées royalistes de l'Ouest, Cadoudal engage des pourparlers le auprès du général Guillaume Brune et signe sa reddition le , lors du traité de Beauregard.