Artisanat marocain
L'artisanat marocain fait référence aux différents produits issus du savoir-faire et de l'héritage culturel marocains. Plus de 660 000 artisans marocains ont été identifiés par le Ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire[1], dont près de 440 000 sont pré-immatriculés avec la Caisse Nationale de Sécurité Sociale[1],[2]. Environ 300 000 artisans sont inscrits au Registre National de l’Artisanat[3],[4].

Les premiers habitants connus du Maroc, les Berbères, ont été les précurseurs dans le domaine de l'artisanat surtout dans le travail de la laine (tapis), le fer et l'argent (bijoux), les ustensiles divers et l'argile (poterie). Après l'islamisation et la venue des Arabes, d'autres formes d'artisanat se sont développées : travail du cuivre (ustensiles divers, tables), du bois, de l'osier, de l'alfa et de l'argile (poterie).
Cet artisanat couvre pratiquement tout le Maroc et chaque région possède ses propres spécialités, tirées des matières premières qui s'y trouvent en abondance. Mais les villes les plus connues pour leur artisanat sont Fès (cuir, cuivre, argent, or, tissus), Marrakech (cuir, cuivre, tapis), Essaouira (bois, tapis, argent) et Rabat-Salé (poterie). Les régions d'Agadir et du Tafilalet possèdent aussi un artisanat de valeur. Meknès est la seule ville où l'on peut rencontrer des artisans pratiquant la damasquinerie (art de la gravure sur acier qui permet de confectionner vases, bijoux...).
Le secteur de l’artisanat représente 7 % du PIB du Maroc et génère environ 15 milliards de dirhams de recettes en devises au total (incluant l’impact touristique)[5]. Les exportations du secteur de l'artisanat sont passées de 792 millions de dirhams en 2019 à 1,232 milliard en 2025. Les États-Unis constituaient le principal marché importateur avec 49 % des exportations, suivis de la France avec 10,5 %. Le secteur contribuerait également à l’emploi à hauteur de 20 % de la population active, avec une participation féminine estimée à 54 %. Par ailleurs, il représenterait environ 7 % du produit intérieur brut (PIB), 7,6 % des exportations nationales et 10 % des recettes du secteur touristique. Selon la même source, le taux d’insertion professionnelle des diplômés atteindrait 85 %[5],[6].
Domaines
modifierL'artisanat marocain est très diversifié, il fait appel à plusieurs matières premières telles la laine, le cuir, le bois, l'osier, l'alfa, l'argile, la pierre, le marbre, le cuivre, le fer, l'argent, l'or.

Une des grandes spécialités artisanales du Maroc est le travail de la céramique. Les artisans potiers, dont beaucoup produisent dans la région de Safi (ouest marocain), utilisent la technique de la "double cuisson" : l'argile est d'abord modelé puis cuit une première fois. Il est ensuite peint et le "biscuit" passe une seconde fois au four, ce qui donne un aspect verni aux couleurs. Le produit le plus connu et le plus vendu est le tajine. Si la plupart des tajines peints sont vendus aux Occidentaux et sont d'un usage purement décoratif, la quasi-totalité des familles marocaines possède et utilise quotidiennement un tajine "beldi", c'est-à-dire non décoré et à usage alimentaire.

Les potiers marocains produisent également cendriers, vases, plats, saladiers...
- Le travail de l'argile
- Le travail de l'or
- La poterie
- Le travail du bois
- L'art du tapis
- Le travail du cuir
- La production de l'argent
- Le travail du métal (cuivre, fer et argent surtout) (toreutique[7])
- Le travail de la terre
- Le travail du textile
- La vannerie
- La broderie
- Soin et beauté
Sculpture sur plâtre
modifierMahmoud Bayrem Ettounsi dit en parlant du Maroc : « L’art de la sculpture sur plâtre, notamment sur les surfaces murales appelées communément “Naqsh Hadida”, est exécuté avec une grande maîtrise dans le Royaume du Maroc ». Cette industrie avait disparu en Tunisie, mais le ministre Khayr al-Din l’a ravivée grâce à un artisan marocain expérimenté qui l'a transmise à des Tunisiens jusqu’à ce qu’ils en maîtrisent parfaitement les techniques.
Les produits artisanaux nationaux furent ensuite la principale contribution du Maroc à plusieurs expositions internationales en France, à commencer par la deuxième Exposition de Paris en 1285 H / 1867. Le pavillon marocain présentait toutes sortes d’objets rares propres au pays : selles dorées, ceintures ornées, étoffes raffinées, et bien d’autres choses, du plus précieux au plus simple, y compris les zelliges de Fès et les maîtres artisans qui les incrustaient sur place.
Ces produits exposés allient l’art à l’économie industrielle. Mohamed Bayram al-Tunisi dit : « Les Marocains ont une grande maîtrise du commerce, au point que le commerce intérieur du royaume – en dehors des ports maritimes – est entre les mains des autochtones. Ils envoient leurs hommes jusqu’aux confins des royaumes pour y exercer le négoce et maintenir les liens commerciaux avec leur patrie, si bien qu’il est rare de trouver une ville célèbre pour le commerce – en Europe, en Asie ou en Afrique – sans qu’un de leurs marchands n’y soit présent, jouissant de prospérité et de richesse. Ils possèdent un savoir-faire remarquable dans la gestion du commerce, rivalisant avec les Européens. »
Tazouaqt
modifierÉgalement connu sous le nom de (Zouaq) désigne la pratique traditionnelle de peinture sur bois au Maroc. Cette technique est particulièrement valorisée dans des villes comme Fès, Marrakech et Chefchaouen, où les ouvrages en bois ne sont considérés comme achevés que lorsqu'ils sont peints. Le Tazouaqt reste l'un des caractères les plus affirmés de l'artisanat architectural au Maroc[8].


Motifs géométriques de tazouaqt
modifier
Les zawwaqa (en marocain : artisans peintres) réalisent des motifs géométriques ou floraux. Ils suivent la "Ḥasba" et la "Qasma", des règles de tracés géométriques[9] nommées d'une façon générale Tastīr. Certains zouaq ont une composition seulement géométrique qui obéit comme chaque technique aux règles des tracés régulateurs[10]. La Ḥasba et la Qasma construisent des méthodes de construction de motifs géométriques purement marocains[11]. Ces méthodes ne sont pas utilisées seulement pour le Zouaq, mais elles sont utilisées pour tracer des motifs géométriques pour tous les autres arts traditionnels : bois, plâtre, pierre ou marbre sculpté, métal ciselé ou gravé, zellige, etc.[11],[12]
Selon la surface que l'on veut peindre, le type de motif géométrique a un coefficient qui peut être un nombre entier ou un nombre rationnel. Il est déterminé par un calcul propre à ces méthodes[11],[13].
Nomenclature des motifs géométriques
modifierLes méthodes de tracé géométrique permettent la construction des motifs simples ainsi que des motifs complexes. Pour des valeurs élevées des coefficients, les motifs deviennent de plus en plus complexes. Certains motifs géométriques ont une forme de système planétaire[14]; grandes étoiles au centre entourées d'autres petites étoiles. La partie centrale de la grande étoile est nommée " Naa'ora " (ناعورة)[11],[15]. Le nom de chaque motif dépend du nombre de branches de chaque étoile. Si, par exemple, l'étoile centrale est à 16 branches, entourée d'étoiles à 8, le motif s'appelle alors «Stachri Bel Mtammen» signifiant «étoile à 16 avec étoiles à 8».

Composants de la peinture du Zouaq : Pigments et liants
modifierÀ l’origine, la peinture minérale en poudre était souvent employée. En la mélangeant avec de la colle de peau et en faisant chauffer le tout sur un brasero. Quelques peintures sont à base de jaune d'œuf, surtout celles qui sont destinées à décorer un fond ocre[1].
Les origines des pigments différaient d'une ville à l'autre. Dans chacune, le m’allem (artisan) utilisait des matériaux locaux disponibles dans sa ville ou dans ses régions.

Dans la figure ci-contre :
- Laine de mouton carbonisée qui se mélange avec la colle de peau.
- Substance crayeuse qui ressemble au gypse.
- Bleu indigo " Nila ".
- Jaune de curcuma.
- Henné mélangé avec des pelures de grenade.
- Paprika.
- Feuille de grenadier.
- Poudre de coquelicot " ‘ekar fāssi " mélangée avec des pelures de grenade.
- Colle de peau utilisée comme liant.
- Sulfate de cuivre " Ḥedida zarqa ".
La peinture rouge, en bas à droite de la figure, est obtenue par un mélange de paprika, de feuilles de grenadier, de poudre de coquelicot et de pelure de grenade.
La préparation de ces pigments naturels consiste en un broyage, traditionnellement au mortier et pilon.
Quant aux noms de couleurs, les m’allems (artisans) avaient leur propre jargon. Ils ont utilisé pour chaque couleur plusieurs noms en fonction de son degré, par exemple: " qalb lbanana ", qui signifie " cœur de banane ", était utilisé pour désigner le jaune clair, et " zraq Ellīl ", qui signifie " bleu de la nuit ", était utilisé pour désigner le bleu foncé. La couleur obtenue du mélange de deux couleurs était appelée " Mūssekh " qui signifie sale (car il ne s'agit pas d'une seule couleur pure)[1].
Étapes de réalisation
modifier
La technique du zouaq et ses motifs sont généralement codifiés et les règles d'application sont connues chez les M'allems, cependant, la finesse et la beauté de chaque œuvre réalisée dépend et diffère selon le talent de chaque M'allem. D'ailleurs, si deux artisans travaillent, par exemple, sur le même plafond, distinguer le zouaq exécuté par chaque M'allem n'est pas très difficile si l'on y regarde de près[16].
D'une façon générale, le menuisier ou le charpentier prépare le bois, puis le Tazouaqt se fait sur les trois étapes suivantes :
Impression du motif
modifierL'empreinte du motif sur la surface qui est déjà peinte avec une couleur de fond unie, qui est souvent la couleur ocre rouge. Pour imprimer les traces du motif, l'artisan utilise un tampon de poudre fabriqué à la main[11].
Ṭriḥ
modifierAvec les couleurs déjà sélectionnées et préparées, et à l'aide du pinceau traditionnel, le motif tracé est peint (où la surface est exempte de poudre) avec précision et sans trembler, en posant la main portant le pinceau sur la paume de l'autre.
Tazyīn
modifierUne fois la peinture appliquée à l'étape «Ṭriḥ» séchée, la poudre devient inutile, elle est par la suite jetée. Étape suivante, un trait plus petit est tracé sur les bords du motif avec un autre pinceau plus fin, avec la couleur blanche ou noire.
Maroquin
modifierLe maroquin (ou cuir marocain) est une peau de chèvre épaisse tannée au sumac ou à la noix de galle, le nom dérive du terme Maroc[17],[18],[19]. Elle a un grain apparent, large et irrégulier. Elle est utilisée en reliure pour les ouvrages qui ont vocation à être souvent manipulés, car elle est très résistante, à l’inverse de la peau de chagrin, à grain plus petit et fragile ou de la peau d’agneau, fine et facilement déchirable.
Les termes de « chèvre maroquinée » sont couramment utilisés en reliure.
Il existe un maroquin à grain long, qui semble étiré ou strié de petites hachures parallèles. Rare et prisé, il se rencontre surtout au XIXe siècle, sur des reliures de grande qualité.
Le cuir de Russie ne doit pas être confondu avec le maroquin. Il s'agit d'un cuir de bovin ou, plus rarement de renne, tanné aux écorces de bouleau et de saule ce qui le rend résistant à la moisissure et aux insectes[20].
Le maroquin peut également être écrasé par un passage à la calandre. Son grain, moins visible, prend alors un aspect un peu glacé.
Certains meubles de la Renaissance ont été entièrement recouverts de maroquin[21].
Zellige
modifierLe zellige, zliz, zellij, zellidj ou encore jellizsuivant les régions, (de l'arabe : زليج, « petite pierre polie ») est un type de mosaïque ornementale dans le domaine de l'architecture islamique. Les éléments unitaires, appelés « tesselles », sont des morceaux de carreaux de faïence colorés monochrome artisanaux. Ces morceaux de terre cuite émaillées sont découpés un à un et assemblés sur un lit de mortier pour former un assemblage géométrique polychrome. Il décore aussi bien les monuments religieux que les palais et certaines habitations privées.
Le zellige est un composant caractéristique des arts décoratifs de l'architecture mauresque. Ses origines restent obscures et la technique semble avoir été développée simultanément au Maghreb et dans la péninsule Ibérique à partir de racines qui remontent à la mosaïque romaine et byzantine. Des décorations architecturales en céramique sont employées entre les VIIIe et Xe siècle et le zellige dans sa forme typique connait une vaste diffusion aux XIIIe et XIVe siècle.
Étymologie
modifierLe terme zallīd̲j̲ employé au Maghreb et dans la documentation textuelle dérive de la racine « z.l.d̲j̲ » qui signifie « briller, glisser » ; d’après l’orientaliste néerlandais Reinhart Dozy, il viendrait de l'arabo-persan lāzuward (lapis-lazuli), à cause de l'importance du bleu dans les motifs. Tandis que le terme espagnol alicatado est attesté, dans le même sens, et dérive d'une racine signifiant « couper »[22]. Le terme zellige serait d'origine espagnole ou issu de l'arabe andalou[23]. Les « zelliges » seraient ainsi nommés car à l’origine de leur fabrication les ornements étaient peints d’une seule couleur : le bleu, qui se traduit en arabe par « azul », ce que nous désignons communément du mot composé « bleu d’outremer »[24].
Tadelakt
modifierLe tadelakt ou tadellakt(de l'arabe دلك « masser, frotter, polir, aplanir » ; son déverbal est تدلاكت)[25] est un enduit-stuc traditionnel de la culture du Maroc, et de l'artisanat marocain, lisse, doux, imperméable, fongicide, et brillant, à base de chaux de Marrakech, d'eau de chaux, et de savon noir, teinté de pigments colorés, traditionnellement utilisé pour étanchéifier les citernes d'eau, ou en artisanat d'art et arts décoratifs, pour enduire et étanchéifier des fontaines, bassins, piscines, vasques, éviers, hammams, salles de bains (douche, baignoire, lavabo...), des sols, murs, toits, et des façades, de riads, ou de palais marocain[26]...
Babouches
modifierLa babouche est une chaussure en cuir traditionnelle provenant du monde arabo-musulman.
Les babouches des Bédouins sont avec ou sans quartiers et oreilles pour les attacher à la façon de nos souliers, n'ont qu'une semelle mince et sont sans talons. Von Richter (de) mentionne les babouches sous la forme Paputschen[27] et explique le mot par « pantoufles ».
Les babouches des citadins diffèrent de celles dont font usage les Bédouins, car elles n'ont ni quartiers ni oreilles et, en conséquence, elles ne s'attachent pas.
La babouche actuelle est plate, légère et comportant un bout pointu, elle ne comporte ni quartier ni talon. Entre une allure authentique et une silhouette travaillée, il s'agit aussi d'un modèle répondant à une envie de confort et de retour aux sources dans l'univers de la mode.



Du fait de son bout pointu et de ses couleurs chatoyantes, la babouche, au XXIe siècle, est régulièrement revisitée par des couturiers contemporains de la mode.
On en trouve plusieurs types :
Caftan
modifierLe caftan au Maroc, fruit d'un métissage culturel, fait l'objet de multiples débats historiques voire politiques. Selon les historiens, il trouve ses « racines en Mésopotamie, puis sous les Abbassides et chez les Ottomans qui l'introduisent en Afrique du Nord ». La rivalité politique entre le Maroc et l'Algérie se traduit aussi par une appropriation culturelle du caftan, chacun en revendicant son origine[28].
Selon l'l'Encyclopédie de l'Islam, le caftan a été introduit dans les États barbaresques par les Ottomans et répandu par la mode jusqu'au Maroc[29].
De même, pour El Khatib Boujibar, une archéologue et historienne de l'art marocaine, il est probable que le caftan soit arrivé au Maroc à travers l'Empire ottoman, en passant par l'Algérie[30]. Cela aurait été grâce au sultan saadien Abd al-Malik, qui avait vécu à Alger et Istanbul[30]. Durant toute sa période de règne au Maroc, Abd al-Malik avait officiellement reconnu la suzeraineté ottomane. Il s'habillait à la mode ottomane, parlait turc, réorganisait son armée et son administration en imitant les pratiques ottomanes, et attribuait des titres turcs ottomans à ses fonctionnaires[31]. La seconde moitié du XVIe siècle fut une période marquée par l'influence ottomane au Maroc, durant laquelle Ahmad al-Mansur, grandement influencé par la culture ottomane, adopta des costumes et des coutumes turques. Il introduisit les modes vestimentaires ottomanes, son armée adopta des costumes et des titres turcs, et les ambassadeurs notèrent même l'utilisation de poteries turques et de tapis turcs dans le palais Badi[32],[33],[34].
L'historienne de l'art, Rachida Alaouiet, associe aussi le caftan marocain à l’héritage andalou au XVe siècle[28].
Le caftan est à la base porté par de hauts fonctionnaires et des lettrés. C'est un héritage de l'Orient, une longue robe de drap, sans col et à manches larges[35]. Bien que le Maroc n'ait jamais été une province ottomane, on retrouve une influence turque dans certains vêtement masculin, dont le caftan, introduit par la corporation des barcassiers de Salé, probablement influencé par les corsaires de Tunis[36]. Le caftan devient l’icône vestimentaire du Maroc au XI et XIIe siècle. Il est porté par des sultans réputé comme Ahmed al-Mansour ou Ismaïl ben Chérif. À partir du XIVe siècle le caftan devient aussi un vêtement féminin.
Caftan marocain contemporain
modifierHaute couture
modifierLe styliste marocain Amine Mrani évoque l'évolution nécécessaire de ce vêtement traditionnel : « les clientes marocaines veulent néanmoins du changement avec un caftan plus léger qui suit les dernières tendances de la mode internationale ». Même si les techniques ont des origines étrangères (soit balkaniques, soit ottomanes, soit européennes) et qu'elles sont introduites dans la mode marocaine qu'à la moitié du XXe siècle, elles sont présentées comme des « traditions millénaires ». Pour approcher cette clientèle internationale, des manifestations sont organisées dans les « grandes capitales de la mode ». Amine Mrani souhaite ainsi développer cet « artisanat haut de gamme marocain » maintenu avec le travail des multiples mâalems (maîtres-artisans)[37],[38].
Le caftan est entré dans la catégorie de la Haute-Couture dite « marocaine » en France. Des défilés internationaux de créateurs y sont organisés, avec l'emergence de stylistes locaux, d'origine marocaine[39]. À titre d'exemple, il est aujourd'hui possible de voir des Parisiennes adopter le caftan comme robe de soirée[40].
Lors de la fashion week 2020 à Paris, plusieurs défilés de caftans marocains sont organisés sous le thème « Les merveilles de la route de la soie », avec la participation de designers et stylistes marocaines telles que Samira Haddouchi, Houda Serbouti et Fatima-Zahra El Filali Idrissi[41],[42].
Aspects économiques
modifierSelon Liberté, en Algérie, malgré le fait que le caftan marocain se vend cher, son succès peut s'expliquer par sa vente en prêt-à-porter, contrairement aux costumes traditionnels proposés sur commande, et son assimilation plus facile à un costume traditionnel local[43].
Selon El Hiwar, le caftan marocain est populaire en Algérie, en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient[44].
Expositions
modifier- En 2008, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé exposent, au sein de leur fondation, 36 caftans du XVIIIe au XXe siècle, accompagnés de broderies, de ceintures d'apparat et de bijoux, « chef-d'oeuvres » de l'artisanat marocain[45],[46].
Différents types et styles de caftans
modifierChaque région du Maroc possède son propre style de caftans[28].
Les artisans participant à la création d'un caftan sont nombreux. Ainsi tisserands, brodeurs, maîtres couturiers, orfèvres… interviennent en utilisant une technique souvent transmise au sein de la cellule familliale. Les coupes variaient entre celle de Fès, long et droit, et celle de Tétouan, court et ample. Les caftans sont souvent associés avec une mdamma (ceinture). De nos jours il n'existe plus de frontières entre les différentes « capitales » du caftan au Maroc[47],[48].
Les caftans sont souvent associés avec une mdamma (ceinture). Celle-ci est fréquemment décorée de métaux précieux et de pierres[28],[48].
Les caftans de Fès étaient principalement ornés de riches broderies et tresses de fils d'or, utilisant essentiellement des motifs floraux stylisés. Les couleurs sombres, comme le noir, le vert foncé, le bleu foncé et le violet, étaient initialement privilégiées puis ces couleurs deviennent plus vives. La technique pratiquée pour la broderie au fil métallique est le point de couchage[N 1]. Les caftans de velours décorés de broderies de fils d'or sont toujours en vogue pour les mariages et les évênements importants, à la fin du XXe siècle[50],[51].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 « Registre national de l’artisanat : 660.000 artisans identifiés », sur Médias24, (consulté le ).
- ↑ « Registre national de l’artisanat : 660.000 artisans identifiés, dont 440.000 pré-immatriculés à la CNSS », sur TelQuel.ma (consulté le ).
- ↑ « Plus de 300.000 inscrits au Registre national de l’Artisanat », sur L'Economiste, (consulté le ).
- ↑ Maghreb Arabe Presse, « Mme Ammor : Plus de 300.000 inscrits au Registre national de l'Artisanat », sur Maroc.ma, (consulté le ).
- 1 2 « Les exportations de l’artisanat à plus de 1,2 mmdh en 2025, un record », sur Maroc.ma (consulté le ).
- ↑ https://lopinion.ma/fr/actu-maroc/baitas--lartisanat-marocain-bat-un-record-avec-123-mmdh-dexportations-en-2025-_a76385?articleId=abb2f934-019b-493b-9628-8ec43e74c3cf
- ↑ « Les arts, savoir-faire et pratiques associés à la gravure sur métaux (or, argent et cuivre) », sur ich.unesco.org/, (consulté le ).
- ↑ André Paccard, Le Maroc et l’artisanat traditionnel islamique dans l’architecture, atelier 74,
- ↑ (en) Brigitte Hintzen-Bohlen, Andalusia : art & architecture, Könemann, (ISBN 3-8290-2657-9 et 978-3-8290-2657-4, OCLC 45174157, lire en ligne)
- ↑ (en) Indiana university.; Mathematical association of America.; Mathematical association of Indiana, « The American mathematical monthly : official journal of the Mathematical association of America », Menasha ; Washington : Mathematical association of America,
- 1 2 3 4 5 Youssef Aboufadil, Abdelmalek Thalal et My Ahmed El Idrissi Raghni, « Symmetry groups of Moroccan geometric woodwork patterns », Journal of Applied Crystallography, vol. 46, no 6, , p. 1834–1841 (ISSN 0021-8898, DOI 10.1107/s0021889813027726, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Touri, ‘Abdelaziz, Benaboud, Mhammad, Boujibar El-Khatib, Naïma, Lakhdar, Kamal, Mezzine, Mohamed, Le Maroc andalou: à la découverte d'un art de vivre., ministère des Affaires culturelles du royaume du Maroc & Museum With No Frontiers, (ISBN 978-3902782311)
- ↑ Yahya Abdullahi et Mohamed Rashid Bin Embi, « Evolution of Islamic geometric patterns », Frontiers of Architectural Research, vol. 2, no 2, , p. 243–251 (ISSN 2095-2635, DOI 10.1016/j.foar.2013.03.002, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Stewart Ian, What Shape is a Snowflake? Magical Numbers in Nature, Orion Pub Co, (ISBN 9780297607236)
- ↑ خالد السايب, كتاب التنوير وديوان التحبير في فن التسطير, (ISBN 978-9954-37-649-2)
- ↑ Jean-Marc Castréra, ARABESQUES : ART DECORATIF AU MAROC, Paris, ACR édition internationale, , 486 p. (ISBN 2-86770-096-5)
- ↑ (en) « Goatskin », sur Cambridge University Press (consulté le ).
- ↑ « MAROQUIN : Etymologie de MAROQUIN », sur cnrtl.fr (consulté le ).
- ↑ « maroquin — Wiktionnaire », sur fr.wiktionary.org (consulté le ).
- ↑ Mouquin Sophie, Cuir de Russie, mémoire du tan, Paris, Monelle Hayot, .
- ↑ Musée Renaissance.fr.
- ↑ Bazzana, A., “Zallīd̲j̲”, in: Encyclopédie de l’Islam. Consulted online on 23 April 2022 <http://dx.doi.org/10.1163/9789004206106_eifo_SIM_8103> Première publication en ligne: 2010
- ↑ Mohamed Bargach, Une famille au cœur de l'histoire, Editions maghrébines, (lire en ligne), p. 111
- ↑ Henni Ibtissem Meriem, « L’art du zellige dans l’architecture musulmane « Cas des mosquées Zianides de Tlemcen » », Département des arts Faculté des lettres et des langues de Tlemcen, (lire en ligne)
- ↑ Tadelakt fr.wiktionary.org
- ↑ Stuc & Tadelak www.stucandtadelakt.fr.
- ↑ Wallfahrten im Morgenlande, p. 263.
- 1 2 3 4 Nadia Bouchenni, « Le caftan marocain reconnu patrimoine immatériel mondial à l’UNESCO, un savoir-faire ancestral à l’honneur. », sur TV5 Monde, (consulté le ).
- ↑ (en) Cl Huart, « Ḳaftān », dans Encyclopaedia of Islam, First Edition (1913-1936), Brill, (lire en ligne)
- 1 2 Naima El Khatib-Boujibar, « Découvrir l'art islamique », sur Musée sans frontières, (consulté le )
- ↑ (en) Stephen Cory, Reviving the Islamic Caliphate in Early Modern Morocco, Routledge, (ISBN 978-1-317-06343-8, lire en ligne)
- ↑ (en) Venetia Porter et Mariam Rosser-Owen, Metalwork and Material Culture in the Islamic World: Art, Craft and Text, Bloomsbury Publishing, (ISBN 978-0-85773-343-6, lire en ligne)
- ↑ Narjess Ghachem-Benkirane et Philippe Saharoff, Marrakech, demeures et jardins secrets, www.acr-edition.com, (ISBN 978-2-86770-043-9, lire en ligne)
- ↑ Bulletin de la Société de géographie du Maroc, Société de géographie du Maroc, (lire en ligne)
- ↑ Jean Besancenot 1942, p. 16.
- ↑ Ivo Grammet, Min Dewachter et Els de Palmenaer, Maroc: les artisans de la mémoire, Quo Vadis, (ISBN 978-90-5349-577-3, lire en ligne), p. 178
- ↑ Collectif, Le Maroc au présent: D'une époque à l'autre, une société en mutation, Centre Jacques-Berque, (ISBN 979-10-92046-30-4, lire en ligne), page 352
- ↑ Roger Maveau, « Mode : à Paris, le caftan dans tous ses états. En marge de la Fashion Week parisienne, un défilé de caftans a mis en valeur toute la haute couture marocaine. », sur Le Point, (consulté le ).
- ↑ La styliste au rendez-vous de la haute-couture marocaine, Journal leparisien
- ↑ L’enseignement supérieur dans la mondialisation libérale: Une comparaison, Sylvie Mazzella
- ↑ Mounira Tyal, « Le Caftan marocain à la Fashion week de Paris 2020. », sur VH magazine, (consulté le ).
- ↑ Katia Dansoko Touré, « Avec l’Oriental Fashion Show, Hind Joudar fait rayonner le caftan à travers le monde. », sur Jeune Afrique, (consulté le ).
- ↑ Le caftan marocain en passe de détrôner la légendaire gandoura
- ↑ « Le caftan marocain séduit les Algériennes », sur Libération, (consulté le )
- ↑ « Yves Saint Laurent et Pierre Bergé font partager leur passion marocaine. », sur La Dépêche du Midi, (consulté le ).
- ↑ « Une passion marocaine : Caftans, broderies, bijoux. 14.03 au 31.08.2008. », sur Fondation Yves Saint Laurent, (consulté le ).
- ↑ ATLASINFO, « Le Caftan, un voyage dans les dédales d'une histoire millénaire », sur Atlasinfo, (consulté le )
- 1 2 « Le caftan marocain entre dans l’Histoire mondiale ! », sur Beur FM, (consulté le )
- ↑ (en) « Couching », sur Textile Research Centre (en) (Leiden), (consulté le ).
- ↑ (en) « Fes Gold Embroidery (Morocco) », sur Textile Research Centre (en) (Leiden), (consulté le )
- ↑ Houda El Fatimi, « Le métier de broderie a le vent en poupe », sur Aujourd'hui le Maroc, (consulté le )
- ↑ (en) « Caftan », sur Smithsonian Institution (consulté le )
- ↑ (en) « Man's robe (kaftan) », sur Rhode Island School of Design Museum (consulté le )
- ↑ (en) « Caftan, mid 20th century », sur Minneapolis Institute of Art (consulté le )
- ↑ (nl) « Bruidsjurk van brokaatweefsel (Robe de mariée en brocart) », sur Wereldmuseum Rotterdam (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Marie-Rose Rabaté, Parures, bijoux des juifs du Maroc, éd. Mahj, Paris, 1999.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire, « L'artisanat marocain : un héritage vivant en constante évolution », sur mtaess.gov.ma (consulté le ).
- Muriel Girard, « Invention de la tradition et authenticité sous le Protectorat au Maroc : l’action du Service des Arts indigènes et de son directeur Prosper Ricard », sur journals.openedition.org, (consulté le ).
- Baptiste Buob, « Les artisans du patrimoine : regard ethnologique sur les dinandiers de Fès et la patrimonialisation au Maroc », sur hal.science (consulté le ).
- Paul Ricard (dir.), « Les Arts Indigènes », sur cemaroc.com (consulté le ).

