Baptiste Marchais
Baptiste Marchais, né le 4 février 1994 à Paris, est vidéaste web, militant d'extrême droite et pratiquant français de powerlifting. Spécialisé dans le développé couché, Il détient un record français de cette displine.
| Genre | Divertissement, musculation, podcast, politique, chasse |
|---|---|
| Nom de naissance | Baptiste André Sébastien Déodati Marchais |
| Naissance |
Paris (France) |
| Nationalité | Française |
| Vidéos les plus regardées |
🥩Repas de seigneur #1 Feat Tengo |
| Nombre d'abonnés | 269 000 () |
| Années actives | Depuis 2020 |
| Autres activités | musculation, entrepreneur |
| Chaîne | BAPTISTENTX |
Il s'est en particulier fait connaître pour avoir tenté d'intimider des journalistes et des magistrats dans le cadre d'une affaire avec Alice Cordier en 2021.
Biographie
modifierBaptiste Marchais naît le 4 février 1994 à Paris[1] d'une mère professeure de français et d'un père pâtissier. Il grandit dans le Val d'Oise[2]. Avant de se consacrer au sport de haut niveau, il exerce notamment comme agent de sécurité et videur de boîte de nuit[3]. En septembre 2020, il indique avoir cessé cette activité afin de se consacrer pleinement au powerlifting et au développement de sa présence sur Internet.
En 2021, il détient le record de France du World Powerlifting Congress (en) dans la catégorie des moins de 100 kg au développé couché, avec une performance de 235 kg[1],[4].
Carrière sur Internet
modifierCréation de la chaîne Bench & Cigars (2020)
modifierEn été 2020, il créée sa chaîne YouTube Bench & Cigars, consacrée dans un premier temps au développé couché, à la musculation et à des contenus de divertissement[1],[5].
Repas de seigneur et Café cartouche (2021-2022)
modifierSon émission Repas de seigneur, auquel participe le vidéaste Papacito, mêle divertissement et discussions politiques, autour de repas composés de viande en surabondance et de vins. Il y reçoit plusieurs personnalités médiatiques et politiques, parmi lesquelles Jean-Marie Bigard, Johann Duhaupas et Jean Lassalle. L’émission s’inscrit dans un entre-soi décrit par Le Monde comme une « mangeosphère », où se côtoient des militants d’extrême droite, parmi lesquels Jean Messiha et Julien Rochedy, des fans d’armes à feu et des artistes virilistes[2],[6].
En parallèle de ses émissions culinaires, Baptiste Marchais développe des contenus consacrés au tir sportif et aux armes à feu. Après une première vidéo d'initiation au tir publié en avec l'influenceur de la fachosphère Papacito[7], il lance à l'automne 2021 le format Café Cartouche, fondé sur le principe d'une session de tir suivie d'un entretien en tête-à-tête. Le premier épisode est publié le 14 octobre 2021 avec pour invitée la militante identitaire Thaïs d'Escufon[8], avant un second épisode tourné au stand de tir de Gajoubert (Haute-Vienne) en avec l'éditorialiste d'extrême-droite Jean Messiha[7].
Apparition médiatique (2021-2022)
modifierEn , il participe à l'émission Touche pas à mon poste !, où il débat avec la militante antispéciste Solveig Halloin au sujet de la consommation de viande, ce qui contribue à accroître la visibilité de sa chaîne YouTube[1].
En février 2022, dans une séquence consacrée aux critiques de la religion catholique, où il débat notamment avec Benjamin Ledig, un influenceur ayant publié une vidéo où il twerk dans une église[9],[10].
Installation aux États-Unis (2022)
modifierEn 2022, mis en cause par la justice française et intéressé pour des raisons fiscales, Baptiste Marchais fuit la France et s'installe au Texas, aux États-Unis[11], dans le comté de Parker, à proximité de Fort Worth. Il réoriente alors une partie de ses contenus vers la présentation d'un mode de vie rural texan, promouvant la chasse, la possession d'armes à feu, la cuisine et les traditions locales[12],[13].
Le , il annonce l'arrêt de la production de ses vidéos gratuites sur la plateforme YouTube. Il bascule la diffusion de son contenu exclusif sur la plateforme de financement participatif Patreon, rendant l'accès à ses vidéos payant. Il investit également dans le podcast, participant ainsi au mouvement de report des figures de la « virilosphère » vers l'audio pour faire face aux restrictions de modération et de démonétisation des grandes plateformes vidéo[14]. Il coanime notamment l'émission en ligne Radio Dixie et intervient régulièrement dans divers podcasts consacrés à la politique ou à la critique du modèle social[12],[15].
Publications et activités commerciales
modifierEn 2022, il publie l'ouvrage Instinct primaire, consacré à sa vision de la masculinité, de la discipline physique et du mode de vie qu'il défend[16]. Il développe également plusieurs activités commerciales liées à son image publique, notamment des programmes d'entraînement sportif, des collaborations avec des marques et l'organisation de séjours autour de la chasse au Texas[12].
Engagements et prises de positions
modifierPassé militant et proximité avec des réseaux d'extrême droite
modifierVidéaste et militant d'extrême droite, Baptiste Marchais est considéré par la presse et les politologues comme l'une des figures centrales de la « virilosphère » et de la « fachosphère » en ligne en France. Ses contenus et ses prises de position s'opposent notamment au féminisme, au multiculturalisme, à l'immigration et à la gauche politique[1],[17]. Il s'est notamment fait connaître par ses collaborations régulières avec d'autres influenceurs et figures de la droite radicale et identitaire, tels que Papacito, Julien Rochedy ou Thaïs d'Escufon[15],[18].
Dans une enquête publiée en novembre 2021, StreetPress affirme que Baptiste Marchais apparaît, sous son identité civile, dans un document des services de renseignement recensant des membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), organisation fondée par Serge Ayoub. Selon le média, il fréquente ensuite les Praetorians, un club de motards créé par Serge Ayoub en 2014, avant d'évoluer, à partir de 2015, dans des cercles proches du GUD. Le média indique par ailleurs qu'il est sponsorisé en 2016 par la marque Babtou Solide, fondée par Loïk Le Priol, ancien membre du GUD[1].
Positionnement religieux
modifierBaptiste Marchais se revendique catholique et explique tirer une partie de ses positions politiques de sa vision du christianisme. En 2021 et 2022, il participe à plusieurs opérations organisées par SOS Calvaires, dans l'Isère à la chartreuse de Currière et dans le Loiret[19],[20]. Il prend également part au « camp des Hussards », organisé par le Mouvement de la jeunesse catholique de France (MJCF), proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, en novembre 2021[12],[21]. Il intervient par ailleurs dans le média d'extrême-droite TV Libertés aux côtés de Matthieu Raffray, prêtre catholique traditionaliste de l'Institut du Bon Pasteur[22].
Soutien à Éric Zemmour en 2022
modifierPour l'élection présidentielle française de 2022, Baptiste Marchais soutient Éric Zemmour[23],[24]. Dans une vidéo rediffusant son live en juin 2022, Marchais explique qu'une collaboration avec le candidat était prévue, mais que son équipe politique (qui l'avait plébiscité) l'a écarté par la suite en raison de sa radicalité trop importante[25].
Baptiste Marchais est extrêmement déçu de sa défaite, et comme d'autres personnalités d'extrême-droite qui le soutenaient, il « appelle les vrais Français à partir, tout simplement à quitter ce pays. Ou […] essayez de vivre au maximum en autarcie » en attendant le Grand Soir[18].
« Mangeosphère »
modifierEn 2022, Le Monde le décrit également comme l'une des figures d'une « mangeosphère » proche de l'extrême droite, associant la promotion de la gastronomie française, de la consommation de viande et des produits du terroir à un discours identitaire et nationaliste[2].
Surveillance bénévole chevaux
modifierEn septembre 2020, à la suite des rumeurs de mutilations de chevaux survenues en France, Baptiste Marchais participe à l'organisation de rondes citoyennes dans le sud de l'Oise et le nord du Val-d'Oise afin d'aider les propriétaires d'équidés à surveiller leurs pâturages. Ancien agent de sécurité et propriétaire de chevaux, il indique mettre en place, avec plusieurs bénévoles, un dispositif de surveillance gratuit consistant à effectuer des passages réguliers, relever les anomalies constatées et prévenir les propriétaires concernés[3].
Analyse sociologique et stratégie métapolitique
modifierEn complément de ses contenus axés sur la force athlétique, les armes à feu et la gastronomie, Baptiste Marchais fait la promotion de marques dites « patriotes » ou identitaires afin de pallier la démonétisation de ses vidéos[26].
Selon le sociologue Samuel Bouron, la démarche de Baptiste Marchais s'inscrit dans une stratégie métapolitique visant à normaliser une idéologie à travers le divertissement et les modes de consommation. En mettant en scène des repas gargantuesques et très carnés, la consommation de cigares ou la pratique de la musculation, il promeut un style de vie en opposition directe avec les valeurs progressistes ou écologistes, participant à la création d'un écosystème de consommation en « vase clos » au sein de la réinformation et de la droite radicale[26].
Polémiques et controverses
modifierStand de tir genevois
modifierLe 14 octobre 2021, Baptiste Marchais publie le premier épisode de son émission Café Cartouche, tourné au Swiss Gun Center de Genève avec la militante identitaire Thaïs d'Escufon. À la suite de la diffusion de la vidéo, qui cumule environ 350 000 vues, la direction du centre de tir affirme avoir commis une « erreur d'appréciation » sur le positionnement politique du vidéaste et indique avoir demandé en vain la non-diffusion de la séquence[8],[27].
Menaces envers des journalistes
modifierEn 2022, les journalistes Pierre Plottu et Maxime Macé évoquent, lors d'une émission sur France Inter consacrée à l'extrême droite en ligne, les menaces qu'ils déclarent recevoir dans le cadre de leurs enquêtes sur les mouvements identitaires. Pierre Plottu cite notamment Baptiste Marchais parmi les principaux influenceurs de cette mouvance et évoque des campagnes de harcèlement visant plusieurs journalistes spécialisés dans ces sujets[28].
Affaires judiciaires
modifierAgression d'Alice Cordier
modifierLe 4 décembre 2021, Baptiste Marchais est accusé d'avoir giflé Alice Cordier, présidente du collectif Némésis, lors d'une altercation survenue dans un établissement parisien. Alice Cordier dépose plainte pour violences volontaires. Le parquet de Paris ouvre une enquête, confiée au Service de l'accueil et de l'investigation de proximité de la préfecture de police. Plusieurs témoins rapportent une gifle violente, tandis que Baptiste Marchais reconnaît avoir porté une gifle mais affirme qu'il s'agissait d'une « petite claque », tout en qualifiant son geste de « malheureux »[18],[29].
Enquête pour de possibles intimidations envers des magistrats
modifierLe 12 novembre 2025, lors de la diffusion d'une radio-podcast, Baptiste Marchais tient des propos vifs à l'encontre de plusieurs juges, notamment les juges d'application des peines de Roanne (Loire). Il leur reproche des décisions de libération dans le cadre d'affaires criminelles à retentissement national, les qualifie d'« assassins » et appelle à ce qu'ils fassent face à des « représailles »[30],[31].
Dans cette même séquence vidéo, il invite ses abonnés du milieu juridique à lui transmettre l'identité et les informations personnelles de ces magistrats pour les rendre publiques, affirmant vouloir que « la peur change de camp »[32],[15].
À la suite de cette diffusion et après un signalement du ministère de la Justice, le parquet de Paris annonce le 18 novembre 2025 l'ouverture d'une enquête préliminaire. Les investigations portent notamment sur des qualifications potentielles d'« intimidation envers un magistrat » (délit passible de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende) et de « doxxing » visant une personne dépositaire de l'autorité publique (passible de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende)[15]. Le procureur du tribunal judiciaire de Roanne réagit également en dénonçant une volonté d'exercer des pressions « incompatibles avec le respect de l'état de droit »[33].
Ouvrage
modifier- Baptiste Marchais, Instinct primaire, Hétairie, , 188 p. (ISBN 978-2-492-57105-3)
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Maxime Macé, Pierre Plottu et Yann Castanier, « Baptiste Marchais, le youtubeur faf vu chez Hanouna »
, sur StreetPress, (consulté le ) - 1 2 3 Marie Aline et Nicolas Santolaria, « Viande, digestif et extrême droite : bienvenue dans la « mangeosphère » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Nicolas Aubouin, « Chevaux mutilés : ils organisent des rondes nocturnes pour aider les propriétaires autour de Chantilly », sur Actu.fr, (consulté le )
- ↑ « Baptiste Marchais », sur www.openpowerlifting.org (consulté le )
- ↑ « BAPTISTENTX », sur YouTube (consulté le )
- ↑ (en) Philippe Baqué, « In rural France, the far right is prospering », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
- 1 2 Alix Garcia et Lucas Sarafian, « Municipales : en Charente, un ancien socialiste intègre dans sa liste un armurier vu avec Papacito et Jean Messiha »
, sur Politis, (consulté le ) - 1 2 Marc Renfer, « Des youtubeurs nationalistes français tirent à Genève », sur Tribune de Genève, (consulté le )
- ↑ Pierre Plottu et Maxime Macé, « Twerk dans une église: Hanouna invite le catho intégriste qui a organisé une prière de rue », Libération, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ) - ↑ Aurélien Gaucher, « "Ton père devrait te mettre une tarte" : grosse tension dans TPMP entre le Youtubeur Baptiste Marchais et le TikTokeur Benjamin Ledig (VIDEO) », sur Télé 7 Jours, (consulté le )
- ↑ Maxime Macé et Pierre Plottu, « «J’ai l’impression que la justice a voulu marquer le coup» : les youtubeurs d’extrême droite Papacito et Georges Matharan condamnés pour avoir ciblé une journaliste de «Mediapart» », Libération, (lire en ligne
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