Bdeogale omnivora, Bdeogale crassicauda omnivora

Mangouste de Sokoke
Bdeogale omnivora
Description de l'image Defaut 2.svg.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Bdeogale

Espèce

Bdeogale omnivora
(Heller, 1913)

Statut de conservation UICN

( VU )( VU )
VU  : Vulnérable

Synonymes

La Mangouste de Sokoke (Bdeogale omnivora syn. Bdeogale crassicauda omnivora), est une espèce de mammifères carnivores, de la famille des Herpestidés (sous-famille des Herpestinés). Longtemps considérée comme une sous-espèce du Bdéogale à queue épaisse (Bdeogale crassicauda), elle est aujourd'hui reconnue comme une espèce à part entière par les taxonomistes et l'UICN. Endémique des forêts côtières d'Afrique de l'Est, du Kenya à la Tanzanie, c'est l'espèce de Bdéogales la plus menacée, ce qui lui vaut le statut d'espèce vulnérable (VU)[2].

Dénominations

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Taxonomie

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L'espèce a initialement été décrite en 1913 par Edmund Heller sous le protonyme de sous-espèce *Bdeogale crassicauda omnivora* (avec comme localité type Mazeras, en Afrique orientale britannique, d'après un spécimen femelle adulte collecté le 21 décembre 1911) [5]. Des analyses taxonomiques ultérieures, appuyées par les travaux de Taylor (2013), l'ont élevée au rang d'espèce à part entière sous le nom de Bdeogale omnivora [2].

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[6], Barycka (2005)[7] et Patou et al. (2009)[8] :

Herpestinae
(Herpestinés)



Genre Bdeogale (Bdéogales)
Sous-genre Galeriscus
(Galériscus)

Bdeogale jacksoni (Galériscus de Jackson)



Bdeogale nigripes (Bdéogale nigripède)



Sous-genre Bdeogale
(Bdéogales proprement dits)

Bdeogale crassicauda (Bdéogale à queue épaisse)



Bdeogale omnivora (Mangouste de Sokoke)





Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[8] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)





Caractéristiques

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Avec une longueur tête-corps de 34 à 45 cm, une queue de 18 à 24 cm et un poids oscillant entre 0,7 et 1,6 kg, cette espèce est l'un des plus petits Bdéogales [9]. Son poil est majoritairement clair, particulièrement sur la tête et les épaules qui tirent presque sur le blanc, tandis que la queue et les membres sont bruns [9]. La partie postérieure et la queue arborent quelques poils plus longs aux pointes noires, et la dernière molaire des mandibule sont particulièrements développées [9].

Elle se différencie du bdéogale à queue épaisse par une taille et des nuances de pelage plus réduites. Son corps est recouvert d'un sous-poil jaune à orange et de poils de garde brun foncé grisonnants avec des annulations plus claires [10]. Sa tête est petite, pourvue d'oreilles arrondies, et sa queue est touffue et courte [10].

Écologie et comportement

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Répartition et habitat

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L'espèce est principalement restreinte aux forêts côtières du Kenya et de la Tanzanie, s'élevant du niveau de la mer jusqu'à potentiellement 1 700 mètres d'altitude dans les zones montagneuses proches de la côte [2]. Au Kenya, la majorité des observations confirmées proviennent de Gede (au sud de Malindi), de Diani Beach, de la réserve nationale de Shimba Hills, de Tiwi, de Kwale, de Mazeras et de la forêt d'Arabuko Sokoke, avec des signalements sporadiques jusqu'à la frontière somalienne [2].

En Tanzanie, les mentions historiques dans les monts Usambara et Uluguru font l'objet de réserves, car elles résultent probablement d'une confusion avec des formes mélaniques de la bdéogale à queue épaisse (*Bdeogale crassicauda*), de nombreuses prospections par pièges photographiques menées entre 2002 et 2014 dans ces régions n'ayant pas permis de détecter la mangouste de Sokoke [2].

L'espèce a été observée pour la première fois dans la réserve naturelle d'Amani en Tanzanie en 1939, avant d'être redécouverte en juillet 2003 par des ornithologues [11]. En 2019, des campagnes de piégeage photographique l'ont également formellement identifiée dans les forêts kényanes de Boni-Dodori et d'Arabuko Sokoke [12].

Activité et alimentation

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Strictement nocturnes, les individus fréquentent principalement les habitats forestiers pour chasser [2]. Il leur arrive de fourrager la nuit sur les routes à la recherche d'insectes, ce qui les expose parfois à un risque de collision avec des véhicules [2]. Leur régime alimentaire est principalement insectivore [9].

Menaces et conservation

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La principale menace pesant sur la survie de la mangouste de Sokoke est la perte continue et extensive de son habitat forestier dans les régions côtières d'Afrique de l'Est [2]. L'UICN estime la population totale entre 7 000 et 9 400 individus matures et évalue un déclin démographique supérieur à 10 % sur une période de dix ans (soit environ trois générations), ce qui la conduit à classer l'espèce comme « vulnérable » (VU) [2]. Plusieurs populations bénéficient d'une protection au sein de zones aménagées telles que la réserve nationale de Shimba Hills et la forêt d'Arabuko Sokoke [2].

Notes et références

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  1. 1 2 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 UICN, consulté le .
  3. ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  4. ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  5. ↑ Heller 1913, p. 12.
  6. ↑ G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3,‎ , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  7. ↑ E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5,‎ , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  8. 1 2 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1,‎ , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  9. 1 2 3 4 Kingdon 2015, p. 442.
  10. 1 2 Mammals of Africa 2013.
  11. ↑ Göller 2005.
  12. ↑ Amin et et al. 2019.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Edmund Heller, « New antelopes and carnivores from British East Africa », Smithsonian Miscellaneous Collections, vol. 61, no 13,‎ , p. 1-15 (ISSN 0096-8749, lire en ligne)
  • (en) Ole Z. Göller, « Potential sighting of the Sokoke dog mongoose Bdeogale in the East Usambara Mountains, Tanzania », Journal of East African Natural History, vol. 94, no 1,‎ , p. 235-238 (ISSN 0012-8317, DOI 10.2982/0012-8317(2005)94[235:PSOTSD]2.0.CO;2, S2CID 85700864)
  • (en) Rajan Amin, Tim Wacher, Josef Clifford, Bernard Ogwoka et Bernard Risky Agwanda, « Abundance, distribution, habitat, activity and conservation of Sokoke bushy-tailed mongoose Bdeogale omnivora in central and north coast forests of Kenya », Journal of East African Natural History, vol. 108, no 1,‎ , p. 37-48 (ISSN 0012-8317, DOI 10.2982/028.108.0103, S2CID 202759620, lire en ligne)
  • (en) Bdeogale omnivora Sokoke Bushy-tailed Mongoose Fr. Mangouste de Sokoke; Ger. Sokokeichneumon (Swahili Kitu ya Sokoke), Bloomsbury, (lire en ligne)
  • (en) Jonathan Kingdon, Kingdon Field Guide to African Mammals, Bloomsbury Publishing, , 442 p. (ISBN 978-1-4729-2531-2, lire en ligne)

Liens externes

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