Djusqu'au solia
Djusqu'au solia (/dʒy.sk‿o sɔ.lja/[note 1], en français : « Jusqu'au soleil ») est le premier recueil de poésie wallonne de Jean Guillaume. Composé entre 1944 et 1946, il parait en 1947 à Namur, aux éditions Mosanes.
| Titre original |
(wa) Djusqu'au solia |
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| Partie de |
Œuvres poétiques wallonnes (d) |
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| Éditeur |
Éditions Mosanes (d) |
| Nombre de pages |
130 p. |
| Série |
Œuvres poétiques wallonnes (d) |
|---|---|
Inte li vièspréye èt l’ gnût (d) | |
Constitué de 62 poèmes répartis en cinq parties, il explore déjà les grands thèmes qu'on trouve avec constance dans l'œuvre de Guillaume : l'enfance et le souvenir de ses parents, la question des origines et l'interrogation sur soi-même, l'inspiration religieuse. Il est composé en wallon de Fosses-la-Ville, la localité de la province de Namur dont l'auteur est originaire.
Accueilli favorablement par la critique qui loue sa sobriété, couronné lors de l'édition 1949 du Prix biennal de la Ville de Liège, ce recueil amorce une période de grande productivité pour Guillaume en tant que poète ; celle-ci perdure jusqu'à l'édition d'Aurzîye, en 1951.
Tout au long de la deuxième moitié du XXe siècle, des poèmes issus de Djusqu'au solia font l'objet de rééditions dans des anthologies de la littérature wallonne, y compris dans certains ouvrages de grande importance comme Poètes wallons d'aujourd'hui et Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie. Certains ont aussi fait l'objet de traductions en anglais, en italien et en espéranto.
Contexte d'écriture et de sortie
modifierInfluences
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La découverte de la poésie wallonne par Jean Guillaume peut être datée précisément au , lorsque le poème Papilyons (« Papillons ») de Camille Delvigne[note 2] parait dans la rubrique wallonne Tapans one divise (« Faisons un brin de conversation ») du quotidien Vers l'Avenir, créée peu auparavant[note 3],[3]. Ce poème vient alors de remporter le 2e prix ex aequo d'un concours de littérature wallonne organisé par ce journal[4]. Jean Guillaume, qui est âgé de 16 ans et poursuit sa 3e latine, est séduit par la richesse de la langue[5],[6].
Neuf ans plus tard, alors qu'il entame la rédaction de Djusqu'au solia, l'impression laissée par cette longue poésie (qui court sur une centaine de vers) est toujours présente. Guillaume a estimé à postériori que deux poèmes de son premier recueil[note 5] ont été directement — et inconsciemment — influencés par sa lecture de Papilyons[3],[7].
En 1942, Jean Guillaume entre en contact avec le philologue Maurice Piron, avec lequel il entreprend une correspondance. Ses premières lectures wallonnes sont donc orientées par cet interlocuteur[8]. Parmi les auteurs wallons qu'admire Guillaume — et envers lesquels il dit avoir une dette[8] — figurent Jules Claskin, Willy Bal[note 6], Franz Dewandelaer, Gabrielle Bernard et Louis Remacle[A 1], dont il cite des extraits des œuvres en épigraphes de Djusqu'au solia et qui, pour certains, deviendront plus tard ses collaborateurs.
Une première œuvre de poésie wallonne
modifierLe plus ancien poème du recueil, Au pîd d'one crwès (« Au pied d'une croix »), est composé le , jour de Pâques[8],[A 2] ; la variété régionale que son auteur emploie est le wallon de Fosses-la-Ville, la localité dont il est originaire et dont sont originaires ses parents[11],[12],[13]. L'année suivante, Jean Guillaume est admis au sein du cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès[6], basé à une quinzaine de kilomètres de Fosses. Dans une rétrospective, le secrétaire, Lucien Maréchal, explique que les premières œuvres du poète sont d'abord présentées lors des réunions mensuelles du cercle[note 7].
« nous eûmes la primeur d'un bon nombre de poèmes du R. P. Jean Guillaume S.J.[note 8] (entré au Cercle en avril 1945) qui nous déroutèrent tout d'abord, parce qu'ils procédaient délibérément d'une nouvelle conception poétique. Celle-ci se place dans la ligne des directives tracées par E. Lempereur, en 1933[note 9], et suivies déjà ailleurs par les Willy Bal, Louis Remacle, Franz Dewandelaer, Albert Maquet[note 10] et, dans une certaine mesure, par Gabrielle Bernard elle-même.
Poésie spiritualiste, toute en profondeur, où la forme dépouillée, concise, affranchie des cadres traditionnels, conduit la pensée vers le sublime, à l'aide de mots simples, précieusement choisis[16]. »
L'élaboration de Djusqu'au solia est achevée au plus tard en 1946, date à laquelle le recueil est présenté sous forme inédite au Prix biennal de littérature wallonne du Gouvernement[A 2]. Guillaume indique l'avoir composé sur une durée de deux ans et demi, les poèmes ayant été « écrits très vite, avec peu de ratures ou de variantes »[A 2]. Le livre parait en 1947, alors que Guillaume a vingt-neuf ans[A 1] et qu'il est professeur au Collège Saint-Servais de Liège[A 4]. À l'occasion de sa sortie, un « diner de baptême » est organisé, auquel participent notamment Louis Remacle et Maurice Piron[17].
Ce dernier, qui est déjà un philologue influent à cette époque, annonce l'édition du recueil dans le numéro de Forces nouvelles du [8],[note 11]. Il fait aussi la promotion du recueil à paraitre dans La Vie wallonne, en éditant à cette occasion cinq poèmes de Guillaume non repris dans le recueil mais écrits « dans la manière dépouillée et suggestive de Djusqu’au solia »[18].
Le , le président des Rèlîs Namurwès, Joseph Calozet, consacre une causerie à Radio-Namur à la poésie de Jean Guillaume ; durant celle-ci, il lit cinq poèmes à paraitre dans Djusqu'au solia[note 12]. En conclusion de son intervention, Calozet soutient que Guillaume est « notre meilleur poète d'inspiration terrienne et chrétienne, notre grand espoir de demain »[19]. Cette causerie est ensuite reproduite dans la rubrique wallonne « Chîjes èt Pasquéyes » du quotidien Vers l'Avenir[19].
Un seul poème de Djusqu'au solia — Blankeû (« Blancheur ») — est publié dans Les Cahiers wallons, la revue des Rèlîs Namurwès, avant la parution du volume[24]. Le mois suivant, il parait à nouveau — toujours en guise de réclame et cette fois avec sa traduction française — dans « Chîjes èt Pasquéyes »[25].
Le recueil
modifierStructure et paratexte
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Djusqu'au solia s'ouvre sur la mention Patri Matrique Sacrum (« Hommage sacré à mon père et à ma mère »)[A 5] et sur la citation « Qui a mordu la terre, il en conserve le goût entre les dents » (Paul Claudel, « La Muse qui est la Grâce » dans Cinq Grandes Odes, 1911)[26],[A 4].
C'est le recueil de Jean Guillaume qui est le mieux structuré[A 6]. Il est composé de cinq parties, dont les intitulés programmatiques sont rédigés en français ou en latin :
- « Rives vierges », composée de 15 poèmes, que Guillaume associe au rêve[8] et qui est précédée d'une épigraphe de Jules Claskin : « L'êwe è-st-ossi keûte qu'on grand mureû d'acîr » (« L'eau est aussi tranquille qu'un grand miroir d'acier »)[note 13] ;
- « Souvenirs de l'autre vallée », composée de 19 poèmes, que Guillaume associe au passé[8] et qui est précédée d'une épigraphe de Willy Bal : « Pouqwè faut-i qu' vos suchîz-st-èvoye… ? » (« Pourquoi faut-il que vous soyez partis… ? »)[note 14] ;
- « Au carrefour des trois cents routes »[note 15], composée de 6 poèmes, que Guillaume associe à la rupture[8] et qui est précédée d'une épigraphe de Franz Dewandelaer : « Dins l' pieuve qui r'late, dins l' vint qui rit, / qui brét, qui miâwe, qui tchante, qui r'beûle » (« Dans la pluie qui cingle, dans le vent qui rit, / qui pleure, miaule, chante et beugle »)[note 16] ;
- « À l'ombre des oiseaux noirs », composée de 14 poèmes, que Guillaume associe à la mort[8] et qui est précédée d'une épigraphe de Gabrielle Bernard : « Filés d' l'Avièrje à mès timplis… » (« Filandres d'araignées à mes tempes… »)[note 17] ;
- « …paradiso Dei mei[note 18] », composée de 8 poèmes, que Guillaume associe à l'au-delà[8] et qui est précédée d'une épigraphe de Louis Remacle : « Èt lès murs èstint blancs d' loumîre » (« Et les murs étaient pleins de lumière »)[A 7].
Selon Bernard Thiry, le titre du recueil et la caractérisation de ses cinq parties ont en commun le fait d'être liés à la notion d'« idéal », qui sous-tend donc le projet de Djusqu'au solia[A 1].
Le recueil parait avec un avant-propos de Maurice Piron, daté du [34]. Dans ce texte, le philologue introduit l'œuvre en mettant en évidence son dépouillement et son caractère « spiritualiste »[35]. Il associe la première de ces qualités à la poésie de Jules Claskin, mort en 1926, dont Guillaume pourrait être un héritier sur le plan formel[note 19].
« Cette rupture de la manière discursive au profit d'une manière allusive, nous la voyons se préciser chez un jeune poète qui se lève, vingt ans après la mort du précurseur [Claskin]. L'expérience amorcée par celui-ci était restée sans lendemain. […] Mais nul, je crois, n'avait encore, comme Jean Guillaume, pratiqué avec autant d'assurance, l'art de l'ellipse poétique. […] Il y a, dans le dépouillement de sa technique, une sorte d'ascèse tourmentée par le désir de cerner l'essentiel – l'absolu. Cette poésie toute gonflée des sucs de la terre a beau regarder les êtres et les choses avec les yeux neufs d'un enfant ; son vrai point d'attache est dans l'âme. Dans l'âme que la découverte d'un monde périssable et décevant fait se découvrir à elle-même : assoiffée de Dieu[37]. »
Cet avant-propos s'intègre à un ensemble de textes critiques dans lesquels Piron s'attaque aux « versificateurs de terroir ». Victor George le qualifie de « véritable manifeste pour une poésie qui cesse d'être discours ou épanchement au bénéfice de l'ellipse poétique, de la concision, du pouvoir de suggestion »[38].
Liste des poèmes
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Rives vierges
- C'èst vos, mon Diè, qui mès simpès tchansons[note 4] (« C'est vous, mon Dieu, que mes simples chansons »)
- Blancs tch'fias (« Cheveux blancs »)
- Doû (« Deuil »)
- I r'ligne (« Il dégèle »)
- Djulèt' (« Juillet »)
- Rèsconte (« Rencontre »)
- Éles (« Ailes »)
- Ètur lès stwales (« Parmi les étoiles »)
- Fwace (« Force »)
- Macrale (« Sorcière »)
- Burnot (« Burnot[note 21] »)
- Mirauke (« Miracle »)
- R.I.P. (« R.I.P. »)
- Ta.ûlia (« Gros nuage »)
- I ploût (« Il pleut »)
Souvenirs de l'autre vallée
- Èchone (« Ensemble »)
- Sètimbe (« Septembre »)
- Ayîr (« Hier »)
- Avou zèls (« Avec eux »)
- Twèts di strin (« Toits de chaume »)
- Su l' banc (« Sur le banc »)
- Plandjêre (« Sieste »)
- I djale (« Il gèle »)
- I discrét (« La fin »)
- Lèy (« Elle »)
- Dès fleûrs (« Des fleurs »)
- Sofrance (« Souffrance »)
- Lès-aubes ont r'flori (« Les arbres ont refleuri »)
- Solia (« Soleil »)
- Lumions (« Lumignons »)
- Vîyès mèskènes (« Vieilles servantes »)
- Chîjeléye (« Veillée »)
- Seûve (« Sève »)
- Li grande cwachûre (« La grande blessure »)
Au carrefour des trois cents routes[note 15]
- Toûbion (« Tourbillon »)
- Trop taurd ! (« Trop tard ! »)
- Bribeûs (« Mendiants »)
- Aveûles (« Aveugles »)
- Fîves (« Fièvres »)
- Florjon (« Floraison »)
À l'ombre des oiseaux noirs
- D'ou vint… ? (« D'où vient… ? »)
- Dj'î sondje (« J'y songe »)
- Dimwin (« Demain »)
- Fleûrs (« Fleurs »)
- Pomî (« Pommier »)
- Dé vos (« Près de vous »)
- Nîves (« Neiges »)
- Foûyes (« Feuilles »)
- C'èst tot (« C'est tout »)
- Glwêre (« Gloire »)
- Priyére divant l' grande gnût (« Prière avant la grande nuit »)
- Vièspréyes (« Soirs »)
- Iviêr (« Hiver »)
- Blankeû (« Blancheur »)
…paradiso Dei mei[note 18]
- Adon… (« Alors… »)
- Nos deûs (« Nous deux »)
- Mi p'tit… (« Mon petit… »)
- Au pîd d'one crwès (« Au pied d'une croix »)
- Amoûr (« Amour »)
- Prumêre rèsconte (« Première rencontre »)
- Djwè (« Joie »)
- Lès grands tchaurs ont r'passé[note 4] (« Les grands chars sont repassés »)
Thèmes et lexique
modifierDans sa causerie de , Joseph Calozet décrit comme suit le contenu de Djusqu'au solia :
« Amour des vieux parents, amour des vieux voisins, fièvres ardentes et cris de révolte enfin domptée, peinture délicate de la vie et de la mort avec une note d'espérance, tel est le résumé succinct de ces poèmes qui élèvent “Djusqu'au solia” [jusqu'au soleil] l'inspiration wallonne débordante de sève[19]. »
De fait — et comme l'a analysé Bernard Thiry —, ce premier recueil présente déjà les trois thèmes majeurs qui parcourent l'œuvre de Guillaume : l'enfance et le souvenir de ses parents[note 22], la question des origines et l'interrogation sur soi-même[note 23], l'inspiration religieuse[note 24],[A 5]. Selon Thiry, la structure même du recueil vise à introduire ces trois grands thèmes dès les premières pages : l'exergue Patri Matrique Sacrum annonce la thématique de l'enfance et du souvenir intime des parents, l'épigraphe de Paul Claudel annonce l'inspiration terrienne et le poème C'èst vos, mon Diè, qui mès simpès tchansons[note 4] — qui est précédé de la mention « Liminaire » dans la première édition — annonce l'inspiration religieuse[A 5].
André Goosse, quant à lui, fait cette description de l'univers poétique guillaumien, tel qu'il est illustré par deux œuvres tirées de Djusqu'au solia, dans l'anthologie Poésie de Wallonie en langue picarde, wallonne et lorraine :
« La ferme paternelle, les activités rurales occupent une grande place, apparemment, mais non comme prétexte à des descriptions réalistes. Ce sont les êtres humains, c'est l'âme qui est le thème profond ; ce sont les inquiétudes personnelles de l'auteur, son itinéraire, lequel trouve son épanouissement […], son achèvement, son aboutissement dans la vie religieuse. Pas de bondieuserie dans ces poèmes, qui valent aussi par la perfection de la forme, volontiers elliptique : à la fois recherche d'absolu et une sorte de resserement[44]. »
Par ailleurs, l'œuvre de Guillaume a fait l'objet d'une analyse visant à mettre en lumière les mots dont la fréquence est jugée significative. Dans Djusqu'au solia, les termes qui sont employés le plus fréquemment par le poète sont vî (« vieux »), djoû (« jour »), oûy (« œil »), p(i)tit (« petit ») et tièsse (« tête »). Hormis celle de p(i)tit, leurs fréquences diminuent dans la suite de l'œuvre poétique, ce qui les rend plus spécifiquement liés à ce recueil[A 43].
| Terme wallon | Traduction française[45] | Fréquence dans l'œuvre poétique[note 25] | Fréquence dans Djusqu'au solia[note 26] |
|---|---|---|---|
| vî | « vieux » | 96 | 58 |
| dîre | « dire » | 58 | 14 |
| djoû | « jour » | 54 | 29 |
| oûy | « œil » | 54 | 27 |
| p(i)tit | « petit » | 53 | 21 |
| voûy | « voir » | 50 | 17 |
| blanc | « blanc » | 42 | 20 |
| sawè | « savoir » | 37 | 6 |
| mwârt[note 27] | « mort » | 35 | 14 |
| tins | « temps » | 34 | 15 |
| èfant | « enfant » | 33 | 17 |
| mwin | « main » | 31 | 15 |
| tièsse | « tête » | 31 | 21 |
| poûve | « pauvre » | 29 | 7 |
| braire/tchoûler | « pleurer/pleurer bruyamment » | 28 | 9 |
| solia | « soleil » | 28 | 17 |
| moman/mame/man/mére | « maman/mère » | 26 | 11 |
| maujo/maujone | « maison » | 25 | 11 |
| cœûr | « cœur » | 24 | 11 |
| viker | « vivre » | 24 | 6 |
| fleûr | « fleur » | 22 | 8 |
| nîve | « neige » | 22 | 18 |
| èvoûye/rèvoûye | « en route/parti » | 21 | 11 |
| vièspréye | « soirée » | 20 | 14 |
| Diè | « Dieu » | 18 | 7 |
| r(i)voûy | « revoir » | 17 | 10 |
| boneûr | « bonheur » | 16 | 4 |
| gnût | « nuit/soir » | 16 | 5 |
| doû | « deuil » | 15 | 13 |
| èsté | « été » | 13 | 4 |
| iviêr/uviêr | « hiver » | 13 | 7 |
| voûye | « chemin » | 13 | 6 |
| moru | « mourir » | 12 | 5 |
| bribeû | « mendiant » | 10 | 8 |
| voûy voltî | « aimer » | 10 | 3 |
| pougn | « poing » | 9 | 1 |
| chîje | « soirée/veillée » | 9 | 2 |
| nôvimbe | « novembre » | 4 | 2 |
La poésie de Jean Guillaume est une œuvre « où prédomine le dialogue et la rencontre de l'autre » ; les pronoms personnels interviennent donc de manière significative dans un certain nombre de poèmes. Dans Djusqu'au solia, c'est notamment le cas dans Avou zèls, Lèy, Dé vos et Nos deûs[note 28],[A 46].
Aspects formels
modifierDjusqu'au solia est le recueil de Jean Guillaume qui recourt le plus fréquemment au vers libre (une quarantaine de poèmes l'emploient, sur un total de 62)[A 47].
Deux poèmes du recueil sont formés exclusivement de tercets[note 29] et cinq exclusivement de distiques[note 30],[A 48]. Djusqu'au solia comprend également l'unique sonnet connu de Guillaume ; il s'agit de Pomî (« Pommier »), qui est composé en alexandrins[A 49].
Contrairement à l'usage qu'il observe dans ses recueils suivants, il arrive que Guillaume pratique dans Djusqu'au solia l'élision de la voyelle initiale dans le mot one (« une »), suivant un phénomène observé à Arsimont, distant de six kilomètres de Fosses-la-Ville, sa localité natale dont il respecte autrement scrupuleusement la variété linguistique[11].
Sur le plan du style, Bernard Thiry observe que Guillaume a recours — ainsi qu'il le fait dans ses autres recueils — au « langage de l'enfant » dans les poèmes consacrés à l'amour de sa mère et à sa vocation religieuse[note 31]. D'autre part, il peut manifester « une révolte farouche, exprimée en images puissantes, sauvages jusqu'à la brutalité, la cruauté », notamment lorsqu'il prend la défense des gens du peuple[note 32].
Il recourt également à l'anaphore, qui donne une cadence marquée à certains poèmes, ainsi qu'à l'ellipse[48]. Cette dernière étant, selon Thiry, « une “marque” de l'écriture guillaumienne » et la figure de style la plus souvent observée dans son œuvre, constitutive de sa poétique concise et allusive[A 51].
Enfin, Guillaume déploie dans plusieurs poèmes de Djusqu'au solia une forme d'« indétermination des pronoms personnels » qui contribue à l'opacité de son style, le lecteur n'étant pas en mesure de déterminer précisément l'identité des personnes qu'il évoque ou interpelle[A 52]. L'emploi de la majuscule de déférence pour les pronoms et adjectifs se rapportant à Dieu est aussi irrégulier[A 53].
Éditions
modifierLa première édition de Djusqu'au solia parait en 1947[note 33] aux éditions Mosanes, basées à Namur[50],[note 34]. Elle est dotée d'un avant-propos de Maurice Piron, d'une adaptation française de l'auteur[note 35] et d'un dessin de couverture de Luc Perot[51],[52].
Cette première édition est in-octavo de 130 pages, vendu à l'origine 65 francs[note 36]. Le premier tirage atteint 1 340 exemplaires[52], dont 40 exemplaires hors commerce sur papier vergé Regina Mill, numérotés, 200 exemplaires sur pur vélin et 1 100 exemplaires sur papier ordinaire[51]. L'édition sur vélin, plus luxueuse, est vendue au prix de 100 francs[55].
Le recueil reparait intégralement en 1989, dans l'édition alors complète[note 37] des Œuvres poétiques wallonnes de Jean Guillaume coéditée par la Société de langue et de littérature wallonnes et le cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès (sous sa marque éditoriale Les Cahiers wallons)[56],[57]. Cette édition est tirée à 600 exemplaires[58].
En 2003, un enregistrement intégral de Djusqu'au solia est compris dans l'édition audio des Œuvres poétiques wallonnes produite par Jean-Louis Préat et Léon Wuillaume pour les éditions Fidélité, alors propriété de la Province belge méridionale de la Compagnie de Jésus. L'enregistrement a été effectué par Jean Guillaume lui-même, antérieurement à son décès en 2001[57],[note 38].

En 2021, une portion du recueil parait en version bilingue wallon-italien dans I grandi carri, une anthologie des meilleurs poèmes de Jean Guillaume. Dix des 62 poèmes de Djusqu'au solia y sont sélectionnés par le traducteur, Jean Robaey[61],[note 39].
Réception critique
modifierRéception par la presse
modifierDjusqu'au solia est un ouvrage « très remarqué »[64] et ses premières recensions journalistiques sont unanimement positives[65],[note 40] : Jules Hennuy parle d'un livre « magistral »[53], un critique du Pourquoi pas ? évoque « un sommet — sinon le sommet — de la poésie wallonne contemporaine »[66], Élisée Legros juge que Djusqu'au solia est « peut-être […] ce qu'a produit jusqu'ici de meilleur la littérature namuroise »[67].
Les critiques mettent en exergue l'inspiration religieuse de l'œuvre[68], la simplicité apparente de la langue et la familiarité des images au service d'un propos ambitieux[69],[70],[71]. Pour Willy Bal, à travers cette première œuvre, « Jean Guillaume se révèle un maître dans la suggestion »[72].
La richesse de la langue wallonne utilisée est aussi mise en avant[19]. Des critiques négatives ont en revanche visé les traductions françaises fournies dans la première édition, qui s'écartent trop souvent du texte wallon sans profit réel[8],[67],[note 41].
Dès cette réception immédiate, Djusqu'au solia est analysé sous le prisme de la « querelle » des anciens et des modernes amorcée par la prise de position d'Émile Lempereur, en 1933[note 9],[74]. Selon Élisée Legros, le recueil conforte la position des modernes ; en effet, même lorsque Jean Guillaume recourt au vers strict, « il surclasse encore sur leur terrain les tenants de la poésie traditionnelle »[67]. Dans une conférence qui suit de peu la parution de Djusqu'au solia, et dont la presse se fait l'écho, Albert Maquet cite ainsi Jean Guillaume parmi les meilleurs représentants de la « jeune poésie » wallonne, qui se caractérise notamment par « un accent de sincérité, un engagement absolu »[75],[76].
La parution du livre — et plus encore son couronnement par le Prix biennal de la Ville de Liège — est perçue par ailleurs comme une confirmation du fait que la région de Namur est alors devenue le haut lieu de la poésie wallonne, comme l'a été celle de Liège auparavant, puis celle de Charleroi de 1933 à 1943[77].
Réception par des jurys de prix
modifierDjusqu'au solia est l'une des quatre œuvres retenues pour le Prix biennal de littérature wallonne du Gouvernement (édition 1940-1945 consacrée à la poésie), auquel il est soumis préalablement à son édition, en 1946[A 2]. Dans son rapport, le jury[note 42] relève et illustre les principaux thèmes qu'il aborde : le souvenir des vieux parents, des vieux voisins, des humbles[79], le regret du temps qui passe, l'espérance chrétienne[80].
« C'est de la poésie d'un prêtre chrétien ; elle n'exalte ni l'amour (dans le sens habituel du mot), ni la beauté physique ; elle se concentre sur la candeur des âmes simples, la ferveur familiale, la pitié pour les déshérités[81]. »
En dépit de la « délicatesse » et de la « profondeur » du recueil[81], de ses qualités formelles[82] et de son caractère humble déjà relevé par les critiques de presse[83], il est finalement écarté « en considération d'une certaine monotonie »[84]. Le prix revient cette année à Gabrielle Bernard, membre comme Guillaume des Rèlîs Namurwès[78].
Djusqu'au solia vaut en revanche à son auteur le Prix biennal de la Ville de Liège pour l'année 1949, qui lui est remis le [12]. Le recueil obtient alors le suffrage de six des neuf membres du jury[85],[86],[87],[note 43]. Maurice Denis, qui lui remet le prix en qualité d'échevin de l'Instruction publique, insiste dans son intervention sur le caractère humaniste de l'œuvre primée et sur le rôle de Guillaume en tant que rénovateur de la poésie wallonne[89].
En 1952, il est à nouveau examiné par le jury[note 44] du Prix du Gouvernement (pour l'édition 1946-1951 consacrée à la poésie, à laquelle Guillaume est candidat pour l'ensemble de son œuvre). Avant d'octroyer le prix à Guillaume pour son dernier recueil en date[90] — Aurzîye, paru en 1951 —, ce jury confirme le jugement déjà réservé six ans plus tôt à Djusqu'au solia :
« Souvenirs et regrets tournés vers l'enfance du poète, son village, ses vieux, ses voisins, le tout exprimé avec une délicatesse infinie, souvent à demi-mots. Langue parfaite, sens admirable de l'harmonie, tant dans le vers classique que dans le vers libre[91]. »
Jugements postérieurs
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« I gn-a dès-oûy qui n'ont nin ratindu d' blamerPo s' distinde.Gn-a dès crayas qu' n'ont jamais stî qu' dès cindes[92],[note 45]. »
En 1979, Jean Lechanteur, chargé de rédiger le chapitre de La Wallonie, le Pays et les Hommes consacré à la poésie wallonne du XXe siècle, y confirme les jugements exprimés antérieurement sur l'ancrage et la capacité de suggestion déployés dans Djusqu'au solia.
« Le souci de partir des réalités les plus concrètes, mais aussi la faculté de les transfigurer, la sobriété dans le choix des détails et des mots, la densité, déjà, sont présentes dans ce premier volume. […] Autobiographique toujours, mais avec une extrême réserve, et de la part la plus profonde de l'être, Djusqu'au solia dessine l'itinéraire mental et spirituel qui conduit le poète, ébranlé par la mort d'une mère trop tôt partie[note 46] jusqu'à un Dieu maternel sur le giron duquel il fait bon se serrer[94]. »
Il estime toutefois que ce premier recueil ne manifeste pas la maturité des œuvres suivantes. Dans ce livre, en effet, Guillaume « se cherche encore à travers des influences diverses »[94]. Antérieurement, Georges Smal a déjà exprimé un jugement similaire[95]. De même, Albert Henry pointe aussi, dans une recension d'Aurzîye — le quatrième recueil de Guillaume —, le caractère immature de cette première œuvre :
« Djusqu'au solia, c’était un peu le romantique et très adolescent « rouler jusqu'aux étoiles » : une adolescence trop riche de sang et de sève, des vers plus qu'on n'en voulait parfois, et du panache aussi, parce que cette jeunesse se sentait — parce qu’elle était — pleine de promesses[96]. »
En 1998, Victor George qualifie Djusqu'au solia de « détachement déchirant, d'inspiration terrienne et chrétienne »[38].
Dans une analyse qui accompagne son anthologie italienne de la poésie de Jean Guillaume, Jean Robaey décèle l'influence de plusieurs poètes francophones dans des textes parus dans Djusqu'au solia. Il estime que D'ou vint… ? (« D'où vient… ? ») est inspiré du poème Et s’il revenait un jour de Maurice Maeterlinck[note 47], qu'Aveûles (« Aveugles ») imite Les Aveugles de Charles Baudelaire[note 48] et que Trop taurd ! (« Trop tard ! ») fait écho à Brise marine de Stéphane Mallarmé[99].
Postérité
modifierEn 1961, le philologie Maurice Piron sélectionne trois poèmes de Djusqu'au solia [note 49] pour l'anthologie Poètes wallons d'aujourd'hui qu'il compose pour la Collection UNESCO d'œuvres représentatives et qui parait aux éditions Gallimard[100]. En 1979, le même choisit encore quatre poèmes de Djusqu'au solia[note 50] pour son Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie[101].
Par suite de l'obtention du prix de la Ville de Liège, en 1950, plusieurs poèmes de Djusqu'au solia sont republiés dans l'Anthologie du Prix biennal de littérature wallonne[note 51]. Deux poèmes figurent aussi dans l'anthologie Poésie de Wallonie en langue picarde, wallonne et lorraine (1994)[note 52] et le poème Trop taurd ! est repris dans l'anthologie Qué bia bouquèt ! (2023), accompagné de sa traduction française originale, intitulée Déclassé ![104].
Trois poèmes de Djusqu'au solia ont été traduits en langue anglaise par Yann Lovelock (en)[105] :
- Fwace (« Force ») a paru sous le titre Strength dans l'anthologie The Colour of the Weather[106] ;
- Lès grands tchaurs ont r'passé[note 4] (« Les grands chars sont repassés ») a paru sous le titre The large wagons have gone by… dans la revue écossaise Trends[note 53] et dans une anthologie intitulée Luminous Candle[note 54] ;
- Djulèt' (« Juillet ») a paru sous le titre July dans un Festschrift dédié à un professeur de l'université de Salzbourg[107].
Le poème Iviêr (« Hiver ») a aussi été traduit en espéranto, sous le titre La Vintro[108].
Les deux derniers vers du poème Trop taurd ! (« Trop tard ! ») sont affichés sur une plaque au Jardin des poètes, situé à l'arrière de la Maison de la poésie et de la langue française de Namur. Cette installation date de la création du jardin, qui est inauguré le [109].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Prononciation retranscrite selon la norme API.
- ↑ Camille Delvigne nait en 1887 à Spy. Comptable de profession, il est employé dans une verrerie de la Basse-Sambre. Il est l'auteur de poésies et de pièces de théâtre en langue wallonne, parmi lesquelles Li Cinquinme Vwès (« La Cinquième Voix »), la pièce en un acte imposée aux troupes finalistes de la Coupe du Roi en 1935. Il meurt à Namur en 1955[1].
- ↑ Fondée vers le début de l'année 1935, cette rubrique est gérée par Jules Rivière, un membre des Rèlîs Namurwès. De nombreuses œuvres issues de ce cercle y sont donc publiées[2].
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Le premier et le dernier poèmes du recueil ne comportent pas de titre. Nous indiquons ici leur premier vers, suivant l'usage en vigueur dans l'édition de référence[39]. Dans le livret accompagnant l'édition audio, ces deux poèmes sont désignés par des titres écourtés : C'èst vos, mon Diè et Lès grands tchaurs[41].
- ↑ I r'ligne (« Il dégèle ») et Lès grands tchaurs ont r'passé[note 4] (« Les grands chars sont repassés »)[3],[7].
- ↑ Jean Robaey estime notamment qu'un poème de Djusqu'au solia — Avou zèls — comporte une allusion ou citation « plus ou moins cach[ée] et plus ou moins conscien[te] » au poème de Bal intitulé Èl tchant dès tayons (« Le chant des ancêtres »), paru dans le recueil Oupias d'âvri (« Rameaux d'avril ») en 1934-1935[9],[10].
- ↑ Lès Rèlîs Namurwès pratiquent l'examen en commun de toute production des membres. En séance, chacun lit donc l'ouvrage qu'il souhaite soumettre au jugement de ses pairs, et seules les œuvres approuvées peuvent être publiées avec la mention « R.N. » (Rèlî Namurwès) suivant le nom de son auteur[14].
- ↑ Ce texte, rédigé en 1958, tient compte de l'ordination de Jean Guillaume, survenue le [A 3].
- 1 2 Le , Émile Lempereur présente un rapport intitulé Du renouvellement des sources d'inspiration dans la poésie wallonne à l'occasion du 15e Congrès de Littérature et d'Art dramatique wallon organisé par l'Union nationale des Fédérations wallonnes. Lors de cette communication, qui a un grand retentissement, il se dit simultanément favorable au renouvellement des thèmes et à la fidélité à la langue[15].
- ↑ En 1948, Jean Guillaume collabore avec ces quatre derniers auteurs en vue de la publication du recueil collectif Poèmes wallons.
- ↑ Le recueil n'est alors pas encore achevé. Guillaume écrit en effet le poème Fîves (« Fièvres ») en date du [8].
- ↑ Les cinq poèmes de Djusqu'au solia lus par Joseph Calozet à Radio-Namur sont R.I.P., Vîyès mèskènes, Bribeûs, Adon… et Mi p'tit…[19]. Plusieurs autres émissions radiophoniques sont consacrées à l'œuvre poétique de Guillaume sur la même antenne, vers la même période : elle fait l'objet d'une présentation de 10 minutes par une certaine Mlle Willemart le [20], d'une présentation de 15 minutes par André Dubien le [21], d'une séance d'une heure avec commentaires et lectures d'Odette Wérotte, Jean-Claude Michel, Fernand Bombeek et David Gérald (et décor musical de Roger Dessart) le [22] et d'une séance de 10 minutes avec lectures de Camille Croté et commentaires de David Gérald le [23].
- ↑ Incipit de son poème Ås-êres dè djoû[27].
- ↑ Incipit de son poème Ène ér qu'on mûse[28].
- 1 2 Ce sous-titre est une citation d'Émile Verhaeren[29], issue du poème « Le Vent » (Les Villages illusoires, 1895).
- ↑ Vers 4 et 5 de son poème L'Aveûle[30].
- ↑ Vers 20 de son poème Filés d' l'Avièrje[31]. L'expression Filés d' l'Avièrje se traduit littéralement par « fils de la Vierge Marie »[32].
- 1 2 Ce sous-titre, qui fait référence au Livre de l'Apocalypse[33], peut être traduit par « le paradis de Dieu » (Apocalypse 2,7).
- ↑ Le même rapprochement est fait lors de la remise du Prix biennal de la Ville de Liège à Jean Guillaume[36]. Bernard Thiry le renouvèle également dans son étude « L'Œuvre poétique wallonne de Jean Guillaume »[A 8].
- ↑ Les traductions françaises accompagnant l'édition définitive, qui ont été remaniées par l'auteur, diffèrent sensiblement de celles figurant dans l'édition originale.
- ↑ Personnage populaire mythique : Burnot est le nom d'un voleur que les gens de la campagne wallonne situent dans la lune[42],[43].
- ↑ Bernard Thiry décèle ce thème — et des thématiques apparentées comme la famille proche, la maison d'enfance, la nostalgie, la vieillesse et la mort — dans les poèmes suivants : Blancs tch'fias[A 9], Doû[A 10], Rèsconte[A 11], Ètur lès stwales[A 10], Mirauke[A 12], R.I.P.[A 10], Ta.ûlia[A 13], Èchone, Sètimbe[A 14], Ayîr[A 15], Avou zèls[A 13], Twèts di strin[A 16], Su l' banc[A 17], Plandjêre[A 18], I djale[A 19], Sofrance[A 20], Lès-aubes ont r'flori[A 21], Solia[A 22], Lumions[A 23], Vîyès mèskènes[A 24], Li grande cwachûre[A 13], Chîjeléye[A 17] , Aveûles[A 25], Fîves[A 26], D'ou vint… ?[A 10], Dj'î sondje[A 27], Dimwin[A 19], Fleûrs[A 11], Pomî[A 28], Nîves[A 29], Priyére divant l' grande gnût[A 30], Vièspréyes[A 31], Iviêr[A 32], Blankeû[A 33], Adon…, Lès grands tchaurs ont r'passé[A 10].
- ↑ Bernard Thiry décèle ce thème dans les poèmes suivants : Fwace[A 34], Ta.ûlia[A 35], I discrét, Lèy, Sofrance, Solia, Lumions, Vîyès mèskènes[A 36], Chîjeléye[A 37], Trop taurd ![A 38], Bribeûs[A 37], Aveûles[A 39], Fîves[A 37], Glwêre[A 40].
- ↑ Bernard Thiry décèle ce thème dans les poèmes suivants : C'èst vos, mon Diè, qui mès simpès tchansons[A 40], Aveûles[A 41], Fîves[A 42], Priyére divant l' grande gnût[A 41], Vièspréyes[A 2], Adon…, Nos deûs, Mi p'tit…, Au pîd d'one crwès, Amoûr, Prumêre rèsconte, Djwè[A 42].
- ↑ Cette analyse ne tient pas compte du recueil Tchôtès cindes, qui était perdu à l'époque de sa réalisation. Elle se base donc sur les textes repris dans Œuvres poétiques wallonnes[46] et dans le recueil posthume Pa-drî l's-uréyes[47], soit un total de 166 poèmes[A 44] (contre 62 pour Djusqu'au solia[A 2]).
- ↑ En gras, les données comptant pour 50 % ou plus des occurrences dans l'œuvre poétique complète.
- ↑ Cette entrée inclut les emplois du mot mwârt comme adjectif et comme substantif, qu'ils désignent l'acte de mourir ou le défunt lui-même[A 45].
- ↑ En français, « Avec eux », « Elle », « Près de vous » et « Nous deux ».
- ↑ Les poèmes formés exclusivement de tercets sont R.I.P. et Dé vos[A 48].
- ↑ Les poèmes formés exclusivement de distiques sont Èchone, Toûbion, D'ou vint… ?, Mi p'tit… et Lès grands tchaurs ont r'passé[note 4].
- ↑ Par exemple dans Blancs tch'fias, Sofrance, Fîves et Mi p'tit…[A 50].
- ↑ Par exemple dans Fîves[A 37].
- ↑ L'achevé d'imprimer est daté du [49].
- ↑ L'achevé d'imprimer identifie l'ensemble du personnel impliqué dans la réalisation du livre. Il s'agit des dénommés Bruyère, Christophe, Goffaux, Kockelkorn, Noël, Thiry et Tonneau, qui ont travaillé sous la direction de Jean Servais, à l'imprimerie Servais à Namur[49].
- ↑ Dans un article de 1999, Jean Guillaume évoque une contribution de Maurice Piron à cette adaptation[3].
- ↑ Plusieurs sources font état d'un prix de vente initial de 60 francs[53],[54],[55]. Nous avons suivi ici l'information donnée par la Bibliographie de Belgique[51], jugée la plus fiable.
- ↑ Les recueils d'inédits Pa-drî l's-uréyes et Tchôtès cindes ont paru postérieurement à cette édition.
- ↑ Bernard Thiry estime que 15 poèmes, parmi tous ceux figurant dans l'édition audio, constituent l'« anthologie essentielle » de Jean Guillaume ; il s'agit d'« une sorte d'anthologie idéale choisie par l'auteur lui-même, poèmes de la synthèse et condensé du message de son œuvre »[A 54]. Quatre poèmes issus de Djusqu'au solia sont repris dans cette sélection des textes les plus importants, qui constitue une « splendide clé d'accès à l'œuvre »[A 55]. Ces poèmes sont C'èst vos, mon Diè, qui mès simpès tchansons, Blancs tch'fias, Priyére divant l' grande gnût et Iviêr. Les trois premiers sont insérés dans la conversation « À bâtons rompus avec le Père Guillaume ». Le quatrième est le premier des neuf poèmes utilisés en préliminaire de cette édition audio ; il constitue, avec un poème tiré d'Aurzîye et un autre tiré de Grègnes d'awous', un ensemble sous-titré « Racines »[59],[A 56].
- ↑ Il s'agit des poèmes suivants : C'èst vos, mon Diè, qui mès simpès tchansons ; Doû ; R.I.P. ; Avou zèls ; Priyére divant l' grande gnût ; Iviêr ; Amoûr ; Prumêre rèsconte ; Djwè ; Lès grands tchaurs ont r'passé[61]. Le titre de l'anthologie, I grandi carri, est issu des premiers mots de ce dernier poème[62]. Deux de ces traductions — Prumêre rèsconte et Lès grands tchaurs ont r'passé — ont paru dès 2018 dans la revue Soglie[63].
- ↑ La critique la plus réservée est probablement celle de La Libre Belgique, qui évoque « une poésie familiale et naïve »[54].
- ↑ Les traductions de Djusqu'au solia incluses en 2003 dans l'adaptation française des Œuvres poétiques wallonnes[73] ont dès lors été remaniées.
- ↑ Composé de Gabriel Blot, Joseph Calozet, Marcel Fabry, Oscar Grojean et Henri Van Cutsem[78].
- ↑ Le juré est présidé par Maurice Denis — alors échevin de l'Instruction publique — et inclut les personnalités suivantes : Maurice Delbouille, Olympe Gilbart, Léon Marique, Louis Remacle, Octave Servais (ancien rédacteur en chef de Noss' Pèron), ainsi que trois autres membres titulaires de la Société de langue et de littérature wallonnes – Michel Duchatto, Marcel Fabry et Georges Remy[86],[87]. Deux voix vont à Gabrielle Bernard et la dernière à Marcel Hicter[85],[87]. Bien que le prix soit déjà repris par la Ville de Liège en 1949[88], certaines sources le désignent encore sous l'intitulé « Prix “Noss' Pèron” de littérature wallonne », d'après le titre de l'hebdomadaire qui l'a fondé en 1926.
- ↑ Cette fois composé de Roger Bodart, Joseph Calozet, Joseph Coppens, Marcel Fabry, Jean Fauconnier (absent lors de la délibération pour cause de maladie) et Joseph Houziaux[90].
- ↑ Ce qui signifie, en français : « Il y a des yeux qui n'ont pas attendu de briller pour s'éteindre. Il y a des escarbilles qui n'ont jamais été que des cendres[93]. »
- ↑ Bernard Thiry corrige cette appréciation de Lechanteur dans son étude, notant que la mère de Guillaume ne décède qu'en 1962. Selon lui, les références au deuil de la mère dans Djusqu'au solia ne sont donc pas autobiographiques, étant entendu qu'elles se rapportent à une figure de la fiction poétique, ou « figure tutélaire », et non à la personne de Rosa Kaisin, la mère de l'auteur[A 57].
- ↑ Issu du recueil Douze Chansons (1896). Un extrait de Et s’il revenait un jour est cité dans Djusqu'au solia, en épigraphe du poème I r'ligne[97],[98].
- ↑ Bernard Thiry postule également une influence de Charles Baudelaire sur l'œuvre poétique de Jean Guillaume[A 58]. Quant au poème Aveûles, il le pense aussi influencé par L'Aveûle de Franz Dewandelaer (tout comme Bribeûs serait influencé par Èl bribeû de ce dernier). Thiry fait d'ailleurs observer que « Au carrefour des trois cents routes », la troisième section de Djusqu'au solia où figurent tant Aveûles que Bribeûs, est précédée d'une épigraphe empruntée au poème L'Aveûle de Dewandelaer[A 36].
- ↑ Les trois poèmes de Djusqu'au solia repris dans Poètes wallons d'aujourd'hui sont Fwace (« Force »), Trop taurd ! (« Trop tard ! ») et Lès grands tchaurs ont r'passé[note 4] (« Les grands chars sont repassés »)[100]. Le poème Fwace présente quelques variantes par rapport à l'édition principale[11].
- ↑ Les quatre poèmes de Djusqu'au solia repris dans l'Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie sont Doû (« Deuil »), Fwace (« Force »), Glwêre (« Gloire ») et Iviêr (« Hiver »)[101]. Le poème Fwace présente quelques variantes par rapport à l'édition principale[11].
- ↑ Ces poèmes sont au nombre de quatre : I r'ligne (« Il dégèle »), Djulèt' (« Juillet »), R.I.P. (« R.I.P. ») et Fleûrs (« Fleurs »)[102].
- ↑ Les deux poèmes de Djusqu'au solia repris dans Poésie de Wallonie en langue picarde, wallonne et lorraine sont Iviêr (« Hiver ») et Fîves (« Fièvres ») ; cette anthologie n'exploite pas les recueils postérieurs[103].
- ↑ Trends, 3e année, 1983, no 6[105].
- ↑ Luminous Candle, Madras, International Socio-Literary Foundation, [105].
Références
modifier- Bernard Thiry, « L'Œuvre poétique wallonne de Jean Guillaume », dans Baptiste Frankinet et al., Hommage à Jean Guillaume (1918-2001), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Mémoire wallonne » (no 24), (ISBN 978-2-930505-33-6), p. 7-70.
- 1 2 3 Thiry 2021, p. 38.
- 1 2 3 4 5 6 Thiry 2021, p. 37.
- ↑ Thiry 2021, p. 41.
- 1 2 Thiry 2021, p. 16.
- 1 2 3 Thiry 2021, p. 17.
- ↑ Thiry 2021, p. 37, 39.
- ↑ Thiry 2021, p. 38-39.
- ↑ Thiry 2021, p. 39 :
« ils [Jules Claskin et Jean Guillaume] ont en commun un même souci de sobriété, de densité et un style de concision, allusif et dépouillé. »
- ↑ Thiry 2021, p. 20, 25.
- 1 2 3 4 5 Thiry 2021, p. 29.
- 1 2 Thiry 2021, p. 28.
- ↑ Thiry 2021, p. 24, 25.
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- ↑ Thiry 2021, p. 23, 24, 25, 29.
- ↑ Thiry 2021, p. 23, 25.
- 1 2 Thiry 2021, p. 24.
- ↑ Thiry 2021, p. 23, 26.
- 1 2 Thiry 2021, p. 27, 28.
- ↑ Thiry 2021, p. 20.
- ↑ Thiry 2021, p. 26.
- ↑ Thiry 2021, p. 26, 29.
- ↑ Thiry 2021, p. 22, 26.
- ↑ Thiry 2021, p. 22, 26, 29.
- ↑ Thiry 2021, p. 19, 26.
- ↑ Thiry 2021, p. 20, 24.
- ↑ Thiry 2021, p. 22.
- ↑ Thiry 2021, p. 23, 27.
- ↑ Thiry 2021, p. 26, 28.
- ↑ Thiry 2021, p. 23, 26, 27.
- ↑ Thiry 2021, p. 26, 27.
- ↑ Thiry 2021, p. 18, 28.
- ↑ Thiry 2021, p. 28, 29.
- ↑ Thiry 2021, p. 30, 31.
- ↑ Thiry 2021, p. 30.
- 1 2 Thiry 2021, p. 33.
- 1 2 3 4 Thiry 2021, p. 32.
- ↑ Thiry 2021, p. 31.
- ↑ Thiry 2021, p. 32, 34.
- 1 2 Thiry 2021, p. 35.
- 1 2 Thiry 2021, p. 36.
- 1 2 Thiry 2021, p. 35, 36.
- 1 2 Thiry 2021, p. 68-69.
- ↑ Thiry 2021, p. 9.
- ↑ Thiry 2021, p. 68.
- ↑ Thiry 2021, p. 58.
- ↑ Thiry 2021, p. 51.
- 1 2 Thiry 2021, p. 48.
- ↑ Thiry 2021, p. 49.
- ↑ Thiry 2021, p. 20, 35.
- ↑ Thiry 2021, p. 56-57.
- ↑ Thiry 2021, p. 58-59.
- ↑ Thiry 2021, p. 59.
- ↑ Thiry 2021, p. 66.
- ↑ Thiry 2021, p. 11, 40.
- ↑ Thiry 2021, p. 66-67.
- ↑ Thiry 2021, p. 21-22.
- ↑ Thiry 2021, p. 34.
- Autres références
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- ↑ Piron 1947, p. 10.
- 1 2 (wa + fr) Jean Guillaume, Djusqu'au solia, Namur, éditions Mosanes, , 130 p. (BNF 33035032), colophon.
- ↑ Émile Lempereur, Essai de catalogue d'une bibliothèque de littérature et de folklore wallons : 1890-1947, Bruxelles, Labor, , p. 49.
- 1 2 3 Bibliographie de Belgique 1947, p. 299.
- 1 2 Œuvres poétiques wallonnes 1989, « Bibliographie », p. 207.
- 1 2 Hennuy 1947, p. 15.
- 1 2 « Djusqu'au solia, poèmes wallons, par Jean Guillaume », La Libre Belgique, 64e année no 299, , p. 4 (lire en ligne
). - 1 2 Bs d'Hule (pseud. Jules Rivière), « À l'honneur » (rubrique « Chîjes èt Pasquéyes », no 194), Vers l'Avenir, 33e année no 25, , p. 5 (lire en ligne
). - ↑ Œuvres poétiques wallonnes 1989, p. 5-103.
- 1 2 Victor George, « Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, nos 4/2003, 4e trimestre 2003, p. 12-13 (ISSN 1374-9412).
- ↑ Œuvres poétiques wallonnes 1989, achevé d'imprimer.
- ↑ Œuvres poétiques wallonnes 2003, p. 20.
- ↑ Bernard Thiry, « Traduction de la poésie wallonne », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, nos 3/2023, 3e trimestre 2023, p. 2-3 (ISSN 1374-9412) :
« j'ai relevé, en effet, dans l'œuvre entier, pas moins de treize occurrences du mot “tchaur” [char], l'un des ingrédients les plus révélateurs de l'inspiration terrienne et élément thématique majeur observé dans l'œuvre de Jean Guillaume. »
- 1 2 (it) « Indice : I. da Djusqu'au solia / Fino al sole », dans Jean Guillaume, I grandi carri (trad. Jean Robaey), Bologne, Bohumil edizioni, (ISBN 9788895074566), p. 115.
- ↑ Robaey 2021, p. 109.
- ↑ (it) Jean Robaey, « Due poeti valloni », Soglie, vol. XX, nos 2-3, , p. 16-19 (ISSN 2283-3218).
- ↑ Maurice Piron, « Lettres wallonnes », La Vie wallonne, t. XXIV, , p. 240 (lire en ligne
). - ↑ Maréchal 1958, p. 128.
- ↑ H. 1947.
- 1 2 3 Legros 1948, p. 423.
- ↑ Legros 1948, p. 423 :
« J. G. a des accents profondément humains et chrétiens pour chanter les humbles et mélancoliques souvenirs comme les aspirations supraterrestres […]. »
- ↑ Hennuy 1947, p. 15 :
« Donc, pas de verbiage : d'humbles mots de tous les jours au service d'une pensée intensément humaine, d'une âme tout entière tendue vers le mystère de Dieu. »
- ↑ Bal 1947, p. 232 :
« Poésie qui se joue, avant tout, dans l’âme. Mais elle me touche particulièrement par le contact étroit qu’elle garde avec l’humble réalité. […] Le poète ne se livre pas à des jeux tarabiscotés […] ; il reste simple […]. »
- ↑ H. 1947 :
« la simplicité verbale conduit et soutient magistralement une pensée, qui en dépit de sujets d’inspiration terrestre ne trouve son origine que dans le spirituel, et dont les mouvements s’accomplissent au gré de rythmes d’une élégance naturelle et sûre. »
- ↑ Bal 1947, p. 231.
- ↑ Adaptation française 2003.
- ↑ Hennuy 1947, p. 15 :
« Et c'est un réconfort de voir se grossir les rangs des jeunes intellectuels qui, depuis le coup de clairon d'Emile Lempereur, se penchent sur le parler ancestral avec la volonté bien arrêtée de le sortir de l'ornière… de cette ornière qui a déjà fait couler beaucoup d'encre… »
- ↑ T. P., « À la section d'Art et Folklore de l'A. I. Lg : M. Albert Maquet parle de la jeune poésie wallonne », La Meuse : Journal de Liège et de la Province, 92e année no 228, , p. 5 (ISSN 2736-755X, lire en ligne
). - ↑ G. Q., « Sous les auspices d'Art et Folklore : Albert Maquet parle de la jeune poésie dialectale », La Wallonie, 28e année no 227, , p. 5 (lire en ligne
). - ↑ L. W., « Le prix biennal de la ville de Liège », Journal de Charleroi, 113e année no 32, , p. 3 (lire en ligne
) - 1 2 Fabry et Grojean 1947, p. 131.
- ↑ Fabry et Grojean 1947, p. 125.
- ↑ Fabry et Grojean 1947, p. 126.
- 1 2 Fabry et Grojean 1947, p. 124.
- ↑ Fabry et Grojean 1947, p. 127 :
« l'auteur écrit une langue parfaite [et] possède (dans le vers classique comme dans le vers libre) un sens admirable de l'harmonie »
- ↑ Fabry et Grojean 1947, p. 124 :
« Ces sentiments, il les exprime sans grandiloquence, sans phrases pompeuses, à demi-mots, comme le font les gens de nos campagnes. »
- ↑ Fabry et Grojean 1947, p. 130.
- 1 2 « Le R. P. Guillaume emporte le prix de “Nos Peron” », La Meuse : Journal de Liège et de la Province, , p. 2 (ISSN 2736-755X, lire en ligne
). - 1 2 H., « L'attribution du Prix biennal de Littérature wallonne », La Wallonie, 31e année no 18, , p. 7 (lire en ligne
). - 1 2 3 Bs d'Hule (pseud. Jules Rivière), « Informations : 1. Prix Biennal de littérature wallonne - Fondation “Noss' Pèron” » (rubrique « Chîjes èt Pasquéyes », no 198), Vers l'Avenir, 33e année no 53, , p. 8 (lire en ligne
). - ↑ « Les lettres wallonnes : Le « Prix Biennal » de la Ville de Liège », La Wallonie, 30e année no 168, , p. 6 (lire en ligne
). - ↑ P. W., « Le R. P. Guillaume, poète qui cherche l'homme, est le 8e lauréat du “Biennal de Littérature wallonne” », La Meuse : Journal de Liège et de la Province, 95e année no 222, , p. 2 (ISSN 2736-755X, lire en ligne
). - 1 2 Fabry et Calozet 1953, p. 121.
- ↑ Fabry et Calozet 1953, p. 120.
- ↑ Djusqu'au solia 1989, p. 63.
- ↑ Adaptation française 2003, p. 8.
- 1 2 Lechanteur 1979, p. 204.
- ↑ Smal 1992, p. 136 :
« Œuvre de jeunesse. Le poète cherche sa voie, il s'engage dans chacune des trois cents routes […]. »
- ↑ Albert Henry, « Lettres wallonnes : Poésie », La Vie wallonne, t. XXVI, , p. 230 (lire en ligne
). - ↑ Djusqu'au solia 1989, p. 19.
- ↑ Robaey 2021, p. 102.
- ↑ Robaey 2021, p. 102-103.
- 1 2 (wa + fr) Maurice Piron, Poètes wallons d'aujourd'hui, Bruxelles, Labor, coll. « Espace Nord » (no 198), (ISBN 2-8040-1973-X), p. 100-105.
- 1 2 Piron 1979, p. 586-590.
- ↑ Servais 1963, p. 66-69.
- ↑ Bal, Fauconnier et Maquet 1994, p. 46-51.
- ↑ Paul Gilles et Lès Rèlîs Namurwès, Qué bia bouquèt ! : Anthologie sonore du wallon namurois, Namur, Lès Rèlîs Namurwès, (ISBN 978-2-96033-400-5, présentation en ligne), p. 100-101.
- 1 2 3 Albert Maquet, « Bibliographie des textes en langues régionales de Wallonie traduits par Yann Lovelock », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, no 16, , p. 5-6 (ISSN 1374-9412).
- ↑ (en) « Strength », dans Yann Lovelock, The Colour of the Weather : An Anthology of Walloon Poetry Edited and Translated by Yann Lovelock, Londres, The Menard Press, (ISBN 0-903400-47-2), p. 43.
- ↑ (en) Yann Lovelock, « Do vèt, do nwâr : Movements of Renewal in Belgian Dialect Poetry in the 19th and 20th Centuries », dans Wolfgang Görtschacher et Glyn Pursglove, Summoning the sea: An anthology of contemporary poetry and prose : A literary festschrift for James Hogg, Salzbourg, Université de Salzbourg, (ISBN 370520050X), p. 274.
- ↑ (wa + eo) Maurice Boulanger (dir.), Esperanto-Grupo de Gembloux, Poètes wallons - Petite Anthologie : Valonaj Poetoj - Antologieto, éditions du Furet, 66 p.
- ↑ « Namur a son jardin des poètes », sur L'Avenir, (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
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Éditions de références
modifier- [Œuvres poétiques wallonnes 1989] (wa) Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes, Liège et Namur, Société de langue et de littérature wallonnes et Les Cahiers wallons, coll. « Collection littéraire wallonne » (no 6), , 222 p.
- [Djusqu'au solia 1989] « Djusqu'au solia », dans Œuvres poétiques wallonnes, , p. 5-103.

- [Piron 1947] Maurice Piron, « Avant-propos (préface de la première édition, datée du ) », dans Œuvres poétiques wallonnes, , p. 9-11.

- [Perspectives 1989] Jean Guillaume, « Perspectives », dans Œuvres poétiques wallonnes, , p. 203-204.

- [Djusqu'au solia 1989] « Djusqu'au solia », dans Œuvres poétiques wallonnes, , p. 5-103.
- [Œuvres poétiques wallonnes 2003] (wa) Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes, Namur, éditions Fidélité, .
Édition audio de référence, incluant 3 disques compacts et un livret de 26 p. ; Djusqu'au solia est enregistré sur le disque 2 ; le disque 1 comprend (en piste 2) « À bâtons rompus avec le Père Guillaume » (interview avec Pierre Dufaux, RTBF, 1999, 30 minutes). - [Adaptation française 2003] Jean Guillaume, Œuvres poétiques wallonnes : Adaptation française (brochure publiée à l'occasion de la sortie du coffret de disques compacts Œuvres poétiques wallonnes), s.l., éditions Fidélité, , 24 p.

Annonces de parution et recensions
modifier- [Calozet 1947] Joseph Calozet, « Le poète de Fosses : le R. P. J. Guillaume S. J. par M. J. Calozet de l'Académie Royale de Belgique » (texte d'une causerie faite le à Radio-Namur), Vers l'Avenir, 30e année no 39, , p. 6 (lire en ligne
). 
- [Hennuy 1947] J.[ules] Hennuy, « Chronique des nouveaux livres : Suite », Les Cahiers wallons, 2e série no 7, , p. 15-16 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
).
Recension de trois parutions en langue wallonne, dont Djusqu'au solia. - [Bal 1947] Willy Bal, « Jean Guillaume, Djusqu’au solia », La Vie wallonne, t. XXI, , p. 231-232 (lire en ligne
). 
- [H. 1947] H., « A L'corne du bos », Pourquoi pas ?, 37e année no 1511, , p. 30 (ISSN 1783-3507, lire en ligne
).
Recension de quatre parutions en langue wallonne, dont Djusqu'au solia. - [Legros 1948] Élisée Legros, « La Philologie wallonne en 1947 », Bulletin de la Commission royale de Toponymie & Dialectologie, vol. 22, no 1, , p. 399–471 (lire en ligne
).
Djusqu'au solia y fait l'objet d'une recension à la p. 423.
Études
modifier- [Lechanteur 1979] Jean Lechanteur, « La Poésie wallonne au XXe siècle », dans Rita Lejeune & Jacques Stiennon (dir.), La Wallonie, le Pays et les Hommes, t. 3, La Renaissance du livre, (lire en ligne
), p. 191-210. 
- Véronique Lenoble, Jean Guillaume, Djusqu’au solia (1947) : Analyse littéraire (mémoire de fin d'étude), Louvain-la-Neuve, Université catholique de Louvain, .
- [Smal 1992] Georges Smal, « Renouveau de la poésie wallonne dans l'œuvre du R.P. Jean Guillaume, S.J.-R.N. » (texte d'une communication dispensée aux Rèlîs Namurwès le ), Les Cahiers wallons, 55e année no 9, , p. 133-152 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
). 
- Baptiste Frankinet et al., Hommage à Jean Guillaume (1918-2001), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Mémoire wallonne » (no 24), , 101 p. (ISBN 978-2-930505-33-6).
- [Thiry 2021] Bernard Thiry, « L'Œuvre poétique wallonne de Jean Guillaume », dans Hommage à Jean Guillaume, , p. 7-70.

- [Frankinet 2021] Baptiste Frankinet, « Le travail de philologue wallon de Jean Guillaume », dans Hommage à Jean Guillaume, , p. 71-82.

- [George 2021] Victor George, « Jean Guillaume, l'homme », dans Hommage à Jean Guillaume, , p. 91-96.

- [Thiry 2021] Bernard Thiry, « L'Œuvre poétique wallonne de Jean Guillaume », dans Hommage à Jean Guillaume, , p. 7-70.
- [Robaey 2021] (it) « “Una lingua volentieri segreta” : Jean Guillaume, un poeta in lingua wallona », dans Jean Guillaume, I grandi carri (trad. Jean Robaey), Bologne, Bohumil edizioni, (ISBN 9788895074566), p. 99-110.

Autres ouvrages
modifier- [Bibliographie de Belgique 1947] (fr + nl) « GUILLAUME (Jean) : Djusqu'au solia », Bibliographie de Belgique : Liste mensuelle des publications belges ou relatives à la Belgique acquises par la Bibliothèque royale, Bruxelles, Bibliothèque royale, 73e année, , p. 299 (lire en ligne
). 
- [Fabry et Grojean 1947] Marcel Fabry et Oscar Grojean, « Prix biennal de littérature wallonne (Poésie, 1940-1945) : Rapport du jury (extraits) », Bulletin de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, t. XXV, no 2, , p. 118-131 (lire en ligne
[PDF]). 
- [Fabry et Calozet 1953] Marcel Fabry et Joseph Calozet, « Prix de Poésie wallonne (Période 1946-1951) : Rapport du Jury », Bulletin de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, t. XXXI, no 3, , p. 113-121 (lire en ligne
[PDF]). 
- [Maréchal 1958] Lucien Maréchal, « Cinquante années d'activité wallonne du Cercle Royal Littéraire “Les Rèlis Namurwès” », Les Cahiers wallons, , p. 107-149 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
). 
- [Servais 1963] (wa + fr) Octave Servais (dir.), Anthologie du Prix biennal de littérature wallonne : XXXVe anniversaire, Liège, Ville de Liège, , 109 p.

- [Piron 1979] (wa + fr) « Jean Guillaume », dans Maurice Piron (préf. Jean Remiche), Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie : Poètes et prosateurs, Liège, Mardaga, (ISBN 2-87009-556-2), p. 586-595.

- [Bal, Fauconnier et Maquet 1994] (pcd + wa + fr) Willy Bal (dir.), Jean-Luc Fauconnier (dir.) et Albert Maquet (dir.) (préf. Valmy Féaux), Poésie de Wallonie en langue picarde, wallonne et lorraine, Nivelles, Traditions et Parlers populaires Wallonie-Bruxelles asbl, coll. « micRomania » (no 2), , 88 p.

- [Gilliard 2007] Émile Gilliard, Dictionnaire wallon : Niyau d' ratoûrnûres èt d' mots walons d'après Moustî èt avaur la (payis d' Nameur), Liège, Dîre èt scrîre è walon, , 690 p.
Ce dictionnaire, qui décrit à titre principal le parler du village de Moustier-sur-Sambre, situé à 8 kilomètres de Fosses-la-Ville, est l'ouvrage offrant la description la plus proche de la langue employée dans Djusqu'au solia.