François de Lens
François de Lens, né le à Gand (Pays-Bas autrichiens) et mort dans la même ville, alors en Belgique, le , est un militaire néerlandais, membre de la famille de Lens et de la noblesse belge avec le titre de Comte de Lens.
| François de Lens Franciscus Ferdinandus Maria Gislenus van Lens | |
| Nom de naissance | François Ferdinand Marie Ghislain de Lens |
|---|---|
| Naissance | Gand |
| Décès | (à 65 ans) Gand |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Arme | Infanterie |
| Grade | Général-Major |
| Années de service | – |
| Commandement | 15e afdeeling |
| Conflits | Guerres napoléoniennes Révolution belge |
| Faits d'armes | Quatre Jours de Bruxelles Bataille de Lierre |
| Distinctions | |
| Famille | Famille de Lens Robert de Lens de Meulebeke (père) Philippe de Lens(frère) |
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|
Il est colonel dans les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas et l'un des rares officiers d'origine belge à rester fidèle au roi Guillaume lors de la révolution belge et de la guerre belgo-néerlandaise qui s'ensuit, conduisant à la déclaration d'indépendance de la Belgique, le .
Biographie
modifierOrigines et vie privée
modifierFrançois Ferdinand Marie Ghislain de Lens, né le à Gand, est l'un des huit enfants du comte Robert de Lens de Meulebeke et de la baronne Maria van Zinzerling. Son frère ainé, Philippe de Lens fait une carrière politique remarquée en étant nommé membre de la Première Chambre des États généraux puis gouverneur de la province de Flandre-Orientale.
Carrière militaire
modifierLe , François de Lens commence sa carrière militaire [1] dans l'armée du Saint-Empire en tant que cadet dans le régiment de Clairfayt, nommé en l'honneur de François Sébastien de Croix de Clerfayt. Il est promu lieutenant le , capitaine le , puis major le .
Après la fin des guerres napoléoniennes, il rejoint l'armée de la Principauté souveraine des Pays-Bas unis le et y est nommé lieutenant-colonel le de la même année. Avec la création du Royaume uni des Pays-Bas par le congrès de Vienne en 1815, il rejoint la nouvelle armée néerlandaise au 1er bataillon de la 6e afdeeling, puis rejoint la 15e afdeeling le , où il est nommé colonel le .
Lors de la révolution belge, il participe notamment aux Journées de Septembre en commandant les différents bataillons de son unité lorsqu'ils attaquent Bruxelles le [2]. Après la débâcle de l'armée du prince Frédéric, la 2e brigade tente de se reformer aux alentours de Lierre en rassemblant les restes des trois bataillons de la 15e afdeeling du colonel Pieter Reuter et deux escadrons de hussards dès le [3]. François de Lens prend le commandement de ces unités et établit son état-major en ville mais ses troupes fomentent une insurrection. Il écrit une lettre au nouveau commandant en chef de l'armée, le duc Bernard de Saxe-Weimar-Eisenach, dans laquelle il dit vouloir quitter la ville et envisage de démissionner[4].
« Anvers le 8 Octobre 1830.
Monseigneur !
Mon honneur et mon devoir m'ont ordonné ce matin de me rendre a Anvers pour, par un rapport verbal, faire connailre la situation de la division. Je me suis rendu deux fois chez votre Altesse sérénissime pour lui le faire. Ayant point eu le bonheur de le trouver je le communiquerai ici par écrit.
Lors de mon départ de Lisp, près de Lierre, une agitation sérieuse s'est propagée dans la division. Un cri général s'esl répandu chez les soldats que le gouvernement et moi les trompaient. Cet agitation était si violente que je m'attendais à une révolte. Volre Altesse sérénissime en a été le témoin occulaire par les décharges continuelles qu'elle a enlendue. Il n'y a que mon calme et vigueur qui les ont retenus de la révolte. Cet agitation continue encore ; il n'y a que ma parole sacré de la séparation qui les a retenu. Le moindre mouvement pourrait les mettre en émeute. Ils ont même déjà parlé de se mettre en colonne mobile. J'ai soumis lont cela a S. A. R. le Prince D'ORANGE. J'eus même l'audace d'insister prés d'elle de vouloir bien faire commencer l'organisation par ma division. On peut encore former avec les Hollandais et Suisses un bon bataillon.
J'ai aussi soumis à S. A. R., que d'après sa proclamation je ne servirai plus contre les Belges, ce que j'ai l'honneur de soumettre par ceci à votre Altesse sérénissime ; il serait douloureux qu'après avoir conduit depuis cinq ans la 15e avec honneur, de finir ma carrière par un déshonneur. J'ai pris la ferme résolution de ne l'amener à l'ennemi.
Veuillez, monseigneur, me faire la dernière grâce de vouloir s'occuper de ce point et prévenir les malheurs.
C'est en demandant cette grâce que je suis avec le plus profond respect, Monseigneur, Votre très-humble serviteur,
(signé) CTE DE LENS. »
De plus, une révolte interne éclate dès le , menée par Ferdinand Cools[5]. En parallèle, le 1er corps d'armée des patriotes belges, mené par Charles Niellon, arrive depuis Heist-op-den-Berg et s'apprête à prendre d'assaut la cité. François de Lens décide alors de capituler « afin d'éviter l'effusion inutile de sang, attendu qu'il ne croit pas pouvoir défendre utilement la place avec le peu de forces dont il dispose contre un corps aussi considérable que celui qui se présente pour l'attaquer »[6]. Il négocie sa reddition avec Niellon, qui lui demande d'autoriser les soldats d'origine belge à sortir des rangs, ce à quoi le Comte lui répond qu'il « ne peut accorder pareille autorisation, mais qu'il ne s'opposerait pas au départ de ceux qui manifesteraient le désir de se retirer ». Il évacue ensuite la ville avec le reste de ses troupes, laissant près de 400 déserteurs rejoindre les rangs des patriotes. Cela marque le début de la bataille de Lierre, à laquelle il participe en prenant la tête de la première des quatre colonnes qui contre-attaquent le [7]. La tentative échoue après plusieurs jours de combats mais le duc de Saxe-Weimar-Eisenach, qui dirige la manœuvre, fait les éloges du comte de Lens dans son rapport[8] :
« (...) Ik moet mijne troepen en vooral het bataillon kolonialen zeer roemen ; zelfs de korpsen, waarop ik dacht het minst te kunnen rekenen, hebben zich voor den vijand braaf gehouden. De kolonel, graaf de Lens, de eenige Belgische officier, die bij de 15e. afdeeling gebleven is, heeft door zijn voorbeeld het geheel uit Belgen zamengestelde korps medegesleept. In de moeijelijkste positie, waarin een man van eer komen kan, heeft hij, enkel geleid door het gevoel van pligt, eene groote standvastigheid en het edelste karakter ten toon gespreid. »
Sa loyauté vis-à-vis de La Haye lui vaut de recevoir le titre de chevalier de l'Ordre militaire de Guillaume le [9]. Le , il est détaché à la 2e division d'infanterie. Il prend sa pension le avec le grade de général-major.
Décorations
modifier- Chevalier de l'Ordre de Malte (Malthezer Orde, ) ;
Chevalier de l'ordre militaire de Guillaume ().
Notes et références
modifier- ↑ (nl) « Lens, Franciscus Ferdinandus Maria Gislenus graaf de », sur Ridders Militaire Willems-Orde
- ↑ Camille Buffin, Extraits du journal du Lieutenant-Général Baron de Constant Rebecque, chef de l'état-major général de l'armée néerlandaise., t. 2, Bruxelles, Librairie Kiessling et Compagnie, coll. « La révolution belge et la campagne des Dix-Jours », (lire en ligne), p. 33
- ↑ Camille Buffin, Extraits du journal du Lieutenant-Général Baron de Constant Rebecque, chef de l'état-major général de l'armée néerlandaise., t. 2, Bruxelles, Librairie Kiessling et Compagnie, coll. « La révolution belge et la campagne des Dix-Jours », , 1-174 p. (lire en ligne), p. 51
- ↑ (nl) Militaire Spectator, Dagverhaal betrekking hebbende op de gebeurtenissen in Belgie in 1830 en 1831., vol. 3, Breda, Broese & Comp., (lire en ligne), chap. 3, p. 123
- ↑ Comité administratif de la Société centrale des décorés de la Croix de fer, Liste nominative des citoyens décorés de la Croix de fer, Bruxelles, Imprimerie et lithographie de P-M Michelli, (lire en ligne), p. 27
- ↑ Charles Niellon, Histoire des événements militaires et des conspirations orangistes de la révolution en Belgique de 1830 à 1833, Bruxelles, Alliance typographique M-J Poot et compagnie, (lire en ligne), p. 78
- ↑ (nl) W. Goudriaan, Geschiedenis van het 5e Regiment Infanterie, 's-Hertogenbosch, Gebroeders Muller, (lire en ligne), p. 80
- ↑ (nl) Militaire Spectator, Dagverhaal betrekking hebbende op de gebeurtenissen in Belgie in 1830 en 1831., vol. 3, Breda, Broese & Comp., (lire en ligne), chap. 3 ;
- ↑ (nl) « Prix le 16 novembre 1830 », sur openarchieven.nl (consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Isidore de Stein d'Altenstein, Généalogie de Lens, Bruxelles, coll. « Annuaire de la noblesse de Belgique », (lire en ligne), p. 165.
; - Gilles de Kerchove d'Ousselghem, Une famille présumée éteinte: de Lens, coll. « Le Parchemin », ;