Gouvernement Bayrou

gouvernement de la République française

Le gouvernement Bayrou est le quarante-sixième gouvernement de la Ve République française et le septième sous la présidence d'Emmanuel Macron, en fonction du au .

Gouvernement Bayrou

Ve République

Description de cette image, également commentée ci-après
Président Emmanuel Macron
Premier ministre François Bayrou
Législature XVIIe (Cinquième République)
Nomination
Formation
Fin
Durée 8 mois et 17 jours
Remplacement
Composition initiale
Coalition Socle commun :
EPR (RE-MoDem-HOR-UDI-FP-PRV)LR
Ministres 35 (4 ministres d'État, 10 ministres, 21 ministres auprès de ministres et ministres délégués)
Secrétaires d'État 0
Femmes 18
Hommes 17
Représentation
Assemblée nationale (décembre 2024)
210  /  577
(vote de confiance, septembre 2025)
194  /  574
Drapeau de la France

François Bayrou est nommé Premier ministre le , neuf jours après la motion de censure renversant le gouvernement Barnier, qui avait engagé sa responsabilité sur le budget de la Sécurité sociale trois mois après sa prise de fonction, dans un contexte de crise politique.

Renversé par un vote de confiance négatif le , Bayrou présente sa démission le lendemain[a]. Sébastien Lecornu lui succède le jour même. Il s'agit du premier gouvernement de la Cinquième République contraint à démissionner sur la base de l'article 49, alinéa 1er de la Constitution.

Formation

modifier

Contexte

modifier

Le , après l'engagement de la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 en vertu de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, une motion de censure déposée par le Nouveau Front populaire est adoptée, faisant tomber le gouvernement de Michel Barnier, trois mois jour pour jour après sa nomination. Ce vote marque la première fois depuis 1962 qu'un gouvernement français est renversé par une motion de censure, plongeant le pays dans une crise politique sans précédent[1].

Le lendemain, le Premier ministre présente la démission de son gouvernement au président de la République qui en prend acte[2],[3]. Des négociations s'engagent alors entre Emmanuel Macron et divers groupes parlementaires, à l'exception des groupes LFI, RN et UDR. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, propose un accord de non-censure pour stabiliser le futur gouvernement, à condition que le Premier ministre soit issu de la gauche[4]. Cette condition n'est toutefois pas respectée.

Formation du gouvernement

modifier

Le , après des négociations marquées par des tensions, Emmanuel Macron nomme François Bayrou comme nouveau Premier ministre. Bayrou, figure centriste et président du MoDem, est choisi pour sa loyauté envers Macron et son expérience politique, bien que le président ait initialement envisagé d'autres candidats comme Bernard Cazeneuve ou Sébastien Lecornu[5],[6],[7]. À 73 ans, Bayrou devient le deuxième Premier ministre le plus âgé à entrer en fonction, après Michel Barnier.

La composition du gouvernement est annoncée le à 18 h 30 par le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler. Cette annonce suscite une polémique, car elle coïncide avec le jour du deuil national dédié à Mayotte, provoquant des critiques pour « indécence » et « mépris », notamment de la part de la députée Estelle Youssouffa[8]. Le gouvernement compte 35 membres, respectant la parité hommes-femmes, comme tous les gouvernements depuis 2012, et ne comprend aucun secrétaire d'État. Il réunit des personnalités de divers horizons politiques, incluant des membres de RE, LR, MoDem, et d'autres formations, dans une tentative de coalition large pour stabiliser la situation politique.

Le premier Conseil des ministres est prévu pour le . Ce gouvernement, formé dans un contexte d'instabilité politique, a pour mission prioritaire de stabiliser la situation et d'assurer l'adoption du budget 2025, un enjeu crucial pour respecter les règles budgétaires européennes[9].

Déclaration de politique générale

modifier

Le , le Premier ministre François Bayrou prononce sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale[10]. Cette déclaration, encadrée par l'article 50-1 de la Constitution, ne donne pas lieu à un vote de confiance, à l’image des gouvernements Borne, Attal et Barnier[11]. Cette stratégie s’explique par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale, rendant un vote de confiance politiquement risqué dans un contexte d’instabilité marquée par la chute du gouvernement Barnier le après une motion de censure.

Dans son discours, Bayrou détaille les priorités de son gouvernement, centrées sur trois axes : la consolidation budgétaire pour répondre aux exigences de l’Union européenne, la relance économique via des mesures de soutien aux entreprises et à l’emploi, et le renforcement de la cohésion sociale à travers des réformes dans l’éducation et la santé. Il propose un « contrat de législature » visant à rassembler une coalition élargie, incluant RE, LR et le MoDem, pour éviter une nouvelle motion de censure[12]. Il insiste également sur des projets de décentralisation, visant à renforcer l’autonomie des collectivités territoriales, et sur la transition écologique, avec des engagements pour accélérer la réduction des émissions de carbone.

Cette déclaration suscite des réactions contrastées. Les groupes d’opposition, notamment le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national, critiquent l’absence de vote de confiance, y voyant un signe de faiblesse et un manque de légitimité démocratique. Ils reprochent également au gouvernement un programme jugé trop vague face aux crises économique et sociale[13]. En revanche, les alliés de la majorité saluent la volonté de Bayrou de privilégier le dialogue et la recherche de compromis dans un Parlement fragmenté. Le discours, retransmis en direct, attire une attention médiatique significative, marquant un tournant dans la tentative de stabilisation politique après plusieurs mois de turbulences[14].

Vote de confiance et chute du gouvernement

modifier

Lors d’une conférence de presse le , François Bayrou annonce qu’il convoquera une session extraordinaire de l’Assemblée nationale le afin de soumettre son gouvernement à un vote de confiance, selon les dispositions de l’article 49 alinéa 1 de la Constitution, sur l’adoption de son plan budgétaire. Si le gouvernement ne reçoit pas la confiance de la majorité des suffrages exprimés, il devra démissionner[15].

Les principales formations d’opposition (RN, LFI, PS, et PCF) annoncent aussitôt qu’elles voteront contre la confiance. Le Rassemblement national et La France insoumise se prononcent pour la dissolution de l'Assemblée nationale[16] et des personnalités politiques de droite, comme l’ancien président Nicolas Sarkozy et l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, la jugent inévitable[17],[18]. François Ruffin[19] ou Jean-François Copé[20], entre autres, ajoutent que le président de la République devrait démissionner en cas d’échec du vote de confiance. Le Parti socialiste, par la voie de son premier secrétaire, annonce être prêt à gouverner tout en excluant l'éventualité de ministres insoumis[21].

Le , l’Assemblée nationale rejette la confiance au gouvernement Bayrou, qui est renversé par 364 voix contre et 194 pour, et devient alors le premier gouvernement de la Ve République contraint à démissionner après un vote de confiance défavorable[22], le précédent gouvernement tombé sur un vote de confiance négatif fut le gouvernement de Félix Gaillard en 1958.

Le président de la République Emmanuel Macron prend acte du résultat du vote des députés[23] et reçoit le lendemain, , le Premier ministre François Bayrou pour accepter la démission de son gouvernement[24]. Selon l'usage républicain[25], le gouvernement démissionnaire assurera les affaires courantes jusqu'au , date de nomination du gouvernement Lecornu.

Composition initiale

modifier

Premier ministre

modifier

Ministres d'État

modifier

Ministres

modifier

Ministres auprès d'un ministre

modifier

Ministres délégués auprès d'un ministre

modifier

Organisation fonctionnelle

modifier

Organisation fonctionnelle du 23 décembre 2024 au 9 septembre 2025 (Affaires courantes du 9 septembre au 5 octobre 2025) :

Premier ministre

  • François Bayrou, Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique
  • Patrick Mignola, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement
  • Aurore Bergé, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations
  • Sophie Primas, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement

Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

  • Élisabeth Borne, ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
  • Philippe Baptiste, ministre auprès de la ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

Ministère des Outre-mer

Ministère de la Justice

Ministère de l'Intérieur

Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles

  • Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles
  • Astrid Panosyan-Bouvet, ministre auprès de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, chargée du Travail et de l'Emploi
  • Yannick Neuder, ministre auprès de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, chargé de la Santé et de l'Accès aux soins
  • Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée auprès de la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, chargée de l'Autonomie et du Handicap

Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique

  • Éric Lombard, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique
  • Amélie de Montchalin, ministre auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargée des Comptes publics
  • Marc Ferracci, ministre auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargée de l'Industrie et de l'Énergie
  • Véronique Louwagie, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargée du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises et de l'Économie sociale et solidaire
  • Clara Chappaz, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique
  • Nathalie Delattre, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargée du Tourisme

Ministère des Armées

Ministère de la Culture

Ministère de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation

  • François Rebsamen, ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation
  • Valérie Létard, ministre auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargée du Logement
  • Philippe Tabarot, ministre auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargé des Transports
  • Françoise Gatel, ministre déléguée auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargée de la Ruralité
  • Juliette Méadel, ministre déléguée auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargée de la Ville

Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères

  • Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
  • Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé de l'Europe
  • Laurent Saint-Martin, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et des Français de l'étranger
  • Thani Mohamed Soilihi, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux

Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche

  • Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche

Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

  • Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

Ministère de l'Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification

  • Laurent Marcangeli, ministre de l'Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification

Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative

  • Marie Barsacq, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative

Galerie du gouvernement

modifier

Premier ministre

modifier
Portrait Fonction Nom Parti
François Bayrou Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique François Bayrou MoDem

Ministres d'État

modifier

Ministres

modifier

Ministres auprès d'un ministre

modifier

Ministres délégués

modifier
Portrait Fonction Ministre de tutelle Nom Parti ou nuance
Patrick Mignola Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement Premier ministre Patrick Mignola MoDem
Aurore Bergé Ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé RE
Sophie Primas Ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement Sophie Primas LR-
Charlotte Parmentier-Lecocq Ministre déléguée chargée de l'Autonomie et du Handicap Ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles Charlotte Parmentier-Lecocq HOR
Véronique Louwagie Ministre déléguée chargée du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises et de l'Économie sociale et solidaire Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Véronique Louwagie LR
Clara Chappaz Ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique Clara Chappaz SE
Nathalie Delattre Ministre déléguée chargée du Tourisme Nathalie Delattre PRV
Patricia Mirallès Ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Ministre des Armées Patricia Mirallès RE
Françoise Gatel Ministre déléguée chargée de la Ruralité Ministre de l'Aménagement des territoires et de la Décentralisation Françoise Gatel UDI
Juliette Méadel Ministre déléguée chargée de la Ville Juliette Méadel DVG
Benjamin Haddad Ministre délégué chargé de l'Europe Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Benjamin Haddad RE
Laurent Saint-Martin Ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l'étranger Laurent Saint-Martin RE
Thani Mohamed Soilihi Ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux Thani Mohamed Soilihi RE

Représentativité

modifier

Parité

modifier

Au moment de sa nomination, le gouvernement respecte la parité comme l'ensemble des gouvernements depuis 2012 avec, pour 36 membres, 18 hommes et 18 femmes. Tout comme les précédents gouvernements, la parité n'est pas présente parmi les seuls ministres de plein exercice, le gouvernement comporte ainsi 3 hommes ministres d'Etat pour une femme, la parité étant cependant respectée pour les autres ministres de plein exercice (cinq hommes et cinq femmes). Le gouvernement compte ainsi plus de femmes ministres déléguées que d'hommes.

Fonction Nombre Nombre Pourcentage de parité
Hommes Femmes Hommes Femmes
Premier ministre 1 1 100 0
Ministre d'État 4 3 1 75 25
Ministre 10 5 5 50 50
Ministre délégué 21 9 12 43 57
Ensemble 36 18 18 50 50

Répartition partisane

modifier
Parti Premier
ministre
Ministres
d'État
Ministres Ministres
délégués
Total
Répartition le 1 4 10 21 36
Mouvement démocrate 1 1 1 3
Renaissance 3 3 8 14
Les Républicains 1 2 5 8
Sans étiquette 1 2 3
Horizons 1 1 2
Divers gauche 1 1 2
Union des démocrates et indépendants 2 2
Fédération progressiste 1 1
Parti radical 1 1
Moyenne d'âge
Hommes Femmes Ensemble
53 ans 53 ans 53 ans
Le plus jeune 38 ans La plus jeune 35 ans
Le plus âgé 73 ans La plus âgée 71 ans

Relations avec le Parlement

modifier

Le Premier ministre a annoncé que sa déclaration de politique générale aura lieu le , tout comme les trois précédents gouvernements, la confiance n'est pas sollicitée à l'assemblée nationale. Peu après la nomination des membres du gouvernement, les députés LFI annoncent déposer une motion de censure, celle ci est votée le et est rejetée en raison du refus de censure a priori des députés RN et UDR et de l'abstention de la majorité des députés socialistes conformément aux consignes du parti.

Le , après l'examen des textes budgétaires par une commission mixte paritaire, le premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement par l'article 49.3 de la Constitution sur les deux textes. Les députés insoumis annoncent dans la foulée le dépôt de deux motions de censures alors que les socialistes annoncent ne pas vouloir voter ces motions pour permettre à la France d'avoir un budget mais annoncent aussi le dépôt d'une motion de censure à l'issue de l'adoption éventuelle des budgets. Le lendemain, le groupe LIOT annonce que ses députés ne voteront pas les motions de censure. Finalement le les deux motions de censures sont rejetées en raison de l'abstention des députés de droite et de la majorité des députés socialistes permettant ainsi aux budgets d'être adoptés, le jour même, le premier ministre engage de nouveau sa responsabilité sur la deuxième partie du budget de la sécurité sociale, dans la foulée le groupe insoumis annonce le dépôt d'une motion de censure qui est rejetée le  ; le jour même, le premier ministre engage sa responsabilité sur la troisième partie de la loi de finances de la sécurité sociale, les députés insoumis annonçant là encore le dépôt d'une motion de censure qui est rejetée le .

Le , dans un contexte de l'affaire des abus sexuels et violences dans l'institution Notre-Dame de Bétharram autour du premier ministre, les députés du groupe socialiste déposent une motion de censure en raison notamment des propos du premier ministre et du ministre de l'intérieur sur les affaires migratoires jugées comme des concessions faites au RN. Cette motion de censure est rejetée le avec 181 voix, les députés de droite n'ayant pas voté le texte.

Une motion de censure spontanée est déposée par les députés du groupe LFI le et est rejetée le avec 116 voix favorables.

Les députés PS déposent une motion de censure à la fin du mois de à la suite de l'échec du "conclave" sur les retraites. Cette motion est votée le et recueille 189 voix, les députés RN et UDR ayant refusé de la soutenir tout en expliquant qu'ils n'hésiteraient pas à voter une future motion de censure si nécessaire.

Le , le Premier ministre annonce qu'il engagera la responsabilité du Gouvernement sur une déclaration de politique générale en application de l'article 49, alinéa 1 de la Constitution lors d'une session extraordinaire du Parlement convoquée le . Dans la foulée de cette annonce, l'ensemble des oppositions (à l'exception notable du groupe LIOT) annoncent qu'elles ne lui accorderont pas la confiance, risquant ainsi de le renverser[30]. Elle est votée le et recueille 194 voix pour une majorité absolue de 280 voix. Le premier ministre François Bayrou remet la démission de son gouvernement le lendemain conformément à l'article 50 de la Constitution[31],[32].

Motions de censure

modifier
Détails des motions de censure déposées à l'encontre du gouvernement Bayrou
Date du vote Outil et contexte Groupe NI Résultats
GDR LFI-NFP EcoS SOC LIOT Dem EPR HOR DR UDR RN
article 49 al. 2[33] 16[b] 71 36[c] 8[d] 0 0 0 0 0 0 0 0 131/288 Rejetée[34]
article 49 al. 3
PLF 2025[35]
15[e] 70[f] 37[g] 6[h] 0 0 0 0 0 0 0 0 128/289 Rejetée[36]
article 49 al. 3
PLFSS 2025[37],[38],[39]
15[e] 71 36[i] 0 0 0 0 0 0 0 0 0 122/289 Rejetée[40]
12[j] 71 31[k] 1[l] 0 0 0 0 0 0 0 0 115/289 Rejetée[41]
15[e] 71 34[m] 1[l] 0 0 0 0 0 0 0 0 121/289 Rejetée[42]
article 49 al. 2[43] 12[n] 68[o] 37[g] 64[p] 0 0 0 0 0 0 0 0 181/289 Rejetée[44]
article 49 al. 2[45] 8[q] 71 36[r] 1[s] 0 0 0 0 0 0 0 0 116/289 Rejetée[46]
article 49 al. 2[47] 13[t] 71 36[r] 66 3[u] 0 0 0 0 0 0 0 189/289 Rejetée[48]
Majorité absolue des membres de l'Assemblée nationale requise.
Le ou les groupes signataires de la motion de censure sont identifiés en souligné.

Vote de confiance

modifier
Détails du vote de confiance sollicité par le gouvernement Bayrou sur la base de l'article 49 al. 1
Date du vote Positions Groupe NI[v] Résultat
GDR LFI-NFP EcoS SOC LIOT Dem EPR HOR DR UDR RN
POUR 0 0 0 0 4 36 90 34 27 0 0 3 194 Rejeté[49]
CONTRE 17 71 38 66 15 0 0 0 13 15 123 6 364
ABSTENTION 0 0 0 0 4 0 1[w] 0 9 0 0 1[x] 15
Majorité des voix exprimées requise.

Notes et références

modifier
  1. Selon l'usage républicain, jusqu'à la nomination du nouveau gouvernement le , le gouvernement démissionnaire assure les affaires courantes.
  2. Tous sauf Yannick Monnet
  3. Tous sauf Delphine Batho et Sandrine Rousseau
  4. Paul Christophle, Pierrick Courbon, Alain David, Peio Dufau, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua-Hachi, Philippe Naillet et Claudia Rouaux
  5. 1 2 3 Tous sauf Yannick Monnet et Emmanuel Tjibaou
  6. Tous sauf Anaïs Belouassa-Cherifi
  7. 1 2 Tous sauf Delphine Batho
  8. Christian Baptiste, Paul Christophle, Pierrick Courbon, Peio Dufau, Philippe Naillet et Mélanie Thomin
  9. Tous sauf Delphine Batho et Sébastien Peytavie
  10. Tous sauf André Chassaigne, Yannick Monnet, Marcellin Nadeau, Mereana Reid Arbelot et Emmanuel Tjibaou
  11. Tous sauf Clémentine Autain, Delphine Batho, Catherine Hervieu, Jérémie Iordanoff, Sébastien Peytavie, Marie Pochon et Boris Tavernier
  12. 1 2 Peio Dufau
  13. Tous sauf Delphine Batho, Catherine Hervieu, Jérémie Iordanoff et Marie Pochon
  14. Tous sauf Jean-Victor Castor, Yannick Monnet, Marcellin Nadeau, Davy Rimane et Emmanuel Tjibaou
  15. Tous sauf Nadège Abomangoli, Danièle Obono et Paul Vannier
  16. Tous sauf Joël Aviragnet et Sophie Pantel
  17. Soumya Bourouaha, Elsa Faucillon, Jean-Paul Lecoq, Frédéric Maillot, Emmanuel Maurel, Stéphane Peu, Davy Rimane et Nicolas Sansu.
  18. 1 2 Tous sauf Delphine Batho et Catherine Hervieu.
  19. Béatrice Bellay.
  20. Tous sauf Jean-Victor Castor, Marcellin Nadeau, Mereana Reid Arbelot et Emmanuel Tjibaou.
  21. Martine Froger, Max Mathiasin et Olivier Serva.
  22. Daniel Grenon est le seul absent lors du vote
  23. Violette Spillebout
  24. Sophie Errante

Références

modifier
  1. « French government felled in no-confidence vote, deepening political crisis » Accès libre, sur Reuters, (consulté le ).
  2. « Le Premier ministre a remis ce jour la démission de son Gouvernement au Président de la République qui en a pris acte. » Accès libre, sur elysee.fr, (consulté le ).
  3. Guillaume Jacquot, « Emmanuel Macron « a pris acte » de la démission de Michel Barnier, le gouvernement assure les affaires courantes » Accès libre, sur Public Sénat, (consulté le ).
  4. Etienne Baldit, « Le PS prévient que «l’accord de non-censure» ne vaut que pour un Premier ministre de gauche (et pas pour Bayrou) » Accès libre, sur Libération, (consulté le ).
  5. « Le Président de la République a nommé M. François Bayrou Premier ministre, et l’a chargé de former un Gouvernement. » Accès libre, sur elysee.fr, (consulté le ).
  6. Grégoire Poussielgue, « François Bayrou s'impose à Matignon » Accès payant, sur Les Echos, (consulté le ).
  7. Nathalie Segaunes, « François Bayrou nommé premier ministre : l’éternel recours appelé aux responsabilités », Le Monde, (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  8. Romain Rouillard, AFP, « «Indécence», «mépris»... La députée de Mayotte Estelle Youssouffa fustige l'annonce d'un gouvernement ce lundi » Accès libre, sur Europe 1, (consulté le ).
  9. (en) « French government collapse deepens political and budgetary uncertainty » Accès libre, sur Fitch Ratings, (consulté le ).
  10. AFP, « François Bayrou prononcera sa déclaration de politique générale le 14 janvier » Accès libre, sur L’Écho Républicain, (consulté le ).
  11. Camille Cado, « François Bayrou : une déclaration de politique générale sans vote de confiance » Accès payant, sur Le Figaro, (consulté le ).
  12. Marie-Pierre Bourgeois, « Bayrou à l'Assemblée : un discours pour fédérer sans vote de confiance » Accès libre, sur Libération, (consulté le ).
  13. Julien Lecot, « Déclaration de Bayrou : l’opposition dénonce une « fuite en avant » » Accès payant, sur Le Monde, (consulté le ).
  14. Clément Pétreault, « Bayrou face à l'Assemblée : un exercice d'équilibre dans un climat de défiance » Accès payant, sur Le Point, (consulté le ).
  15. « Vote de confiance le 8 septembre : François Bayrou va engager la responsabilité du gouvernement ; les partis d’opposition prévoient de ne pas voter pour. Retrouvez les informations des 25 et 26 août », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  16. « A Matignon, Le Pen et Bardella demandent une « dissolution ultrarapide » », sur 20 Minutes, (consulté le )
  17. « Nicolas Sarkozy au Figaro : «Il n’y aura pas d’autre solution que la dissolution» », sur Le Figaro, (consulté le )
  18. « Emmanuel Macron apporte son « soutien total » à la « démarche » de François Bayrou ; Edouard Philippe juge « assez inéluctable » une dissolution en cas de blocage », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  19. Jean-Francois Monier, « François Ruffin demande la démission d'Emmanuel Macron | TV5MONDE - Informations », sur information.tv5monde.com, (consulté le )
  20. Claire Conruyt, « Jean-François Copé (LR) : «Emmanuel Macron doit accepter d’anticiper sa démission» », sur Le Figaro, (consulté le )
  21. « Le PS se dit « prêt à gouverner » et réclame Matignon pour la gauche et les écologistes », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  22. « DIRECT. Le gouvernement de François Bayrou est contraint à la démission après un vote de confiance défavorable à l'Assemblée nationale », sur Franceinfo, (consulté le )
  23. « Communiqué de presse suite au résultat du vote des députés aux termes de l’article 49-1 de la Constitution. », sur elysee.fr, (consulté le )
  24. Mehdi Abirez, « Chute du gouvernement Bayrou : le Premier ministre a remis sa démission à Emmanuel Macron », sur Ouest-France, (consulté le )
  25. Secrétariat général du gouvernement, « L’expédition des affaires courantes » [PDF],
  26. Isabelle Chaperon et Olivier Pinaud, « Eric Lombard, un banquier « de gauche » à l’économie », lemonde.fr, 24 décembre 2024.
  27. Francis Brochet, « De gauche, passé par le privé, miraculé : qui est Éric Lombard, l’inconnu de Bercy ? », leprogres.fr, 27 décembre 2024.
  28. Mariama Darame et Nathalie Segaunes, « Eric Lombard, le ministre qui a amadoué le Parti socialiste », llemonde.fr, 17 février 2025.
  29. Par Alexandre Sulzer Le 2 avril 2025 à 10h02, « Rachida Dati a repris sa carte aux Républicains », sur leparisien.fr, (consulté le )
  30. « LFI, le PS et le RN indiquent qu'ils ne voteront pas la confiance demandée par François Bayrou », sur www.rtl.fr, (consulté le )
  31. Thibaud Le Meneec, Fabien Jannic-Cherbonnel et Paolo Philippe, « Le gouvernement de François Bayrou est contraint à la démission après un vote de confiance défavorable à l'Assemblée nationale », sur franceinfo.fr, (consulté le )
  32. « François Bayrou remet officiellement la démission de son gouvernement au président de la République »
  33. « Motion de censure », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  34. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°526 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  35. « Motion de censure », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  36. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°693 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  37. « Motion de censure », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  38. « Motion de censure », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  39. « Motion de censure », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  40. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°694 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  41. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°739 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  42. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°791 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  43. « Motion de censure » (consulté le )
  44. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°842 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  45. « Motion de censure » (consulté le )
  46. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°2222 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  47. « Motion de censure » (consulté le )
  48. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°2876 », sur Assemblée nationale (consulté le )
  49. Assemblée nationale, « Analyse du scrutin n°3054 », sur Assemblée nationale (consulté le )

Voir aussi

modifier