Grand Prix automobile de Grande-Bretagne 1969
Le Grand Prix de Grande-Bretagne 1969 (XXIInd British Grand Prix), disputé sur le circuit de Silverstone le , est la cent-soixante-dix-neuvième épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la sixième manche du championnat 1969.
| Nombre de tours | 84 |
|---|---|
| Longueur du circuit | 4,711 km |
| Distance de course | 395,724 km |
| Météo | temps chaud, ciel couvert, piste sèche |
|---|---|
| Affluence | plus de 100000 spectateurs |
| Vainqueur |
Matra-Ford Cosworth, 1 h 55 min 55 s 6 (vitesse moyenne : 204,814 km/h) |
|---|---|
| Pole position |
Lotus-Ford Cosworth, 1 min 20 s 8 (vitesse moyenne : 209,896 km/h) |
| Record du tour en course |
Matra-Ford Cosworth, 1 min 21 s 3 (vitesse moyenne : 208,605 km/h) |
Contexte avant la course
modifierLe championnat du monde
modifierLa saison 1969 est la quatrième disputée sous la réglementation trois litres pour les monoplaces à moteur atmosphérique, avec également possibilité d'utilisation de moteurs suralimentés, un coefficient deux étant alors appliqué pour la cylindrée (soit un maximum de 1 500 cm3 en cas d'utilisation d'un compresseur volumétrique ou d'un turbocompresseur). La réglementation s'appuie sur les points suivants[1] :
- pas de cylindrée minimale
- cylindrée maximale : 3 000 cm3 si moteur atmosphérique ou 1 500 cm3 si moteur suralimenté
- poids minimal : 510 kg (à sec)
- roues non carénées
- double circuit de freinage obligatoire
- arceau de sécurité obligatoire (le haut du cerceau devant dépasser le casque du pilote)
- démarreur de bord obligatoire
- extincteur obligatoire
- carburant commercial obligatoire
- ravitaillement en huile interdit durant la course
- distance minimale d'un Grand Prix : 300 km (à l'exception du GP de Monaco)
- distance maximale d'un Grand Prix : 400 km
- distance minimale pour être classé : 90% de la distance parcourue par le vainqueur
Par rapport à l'année précédente, la section minimale de l'arceau de sécurité a été augmentée et les monoplaces doivent désormais embarquer deux extincteurs automatiques, un à l'avant du cockpit et l'autre à l'arrière[2]. En conséquence, le poids minimal a été porté à 510 kg (contre 500 auparavant[3]). Apparus en 1968, les ailerons montés sur les éléments de suspension sont désormais interdits, à la suite d'une réunion extraordinaire de la Commission Sportive internationale (CSI) tenue après la première séance d'essais du Grand Prix de Monaco. Cependant, les appendices aérodynamiques fixés sur les capots avant ou arrière sont tolérés, aussi les monoplaces sont-elles maintenant équipées de «moustaches» avant et d'ailerons arrière montés au dessus du moteur.
La saison 1969 se déroule sous la domination de Jackie Stewart et de sa Matra, le pilote britannique s'etant imposé dans quatre des cinq premières manches du championnat du monde, ainsi que la Course des Champions à Brands Hatch. Une casse mécanique l'a cependant privé de victoire au Grand Prix de Monaco, remporté par la Lotus du champion en titre Graham Hill. Au classement provisoire, Stewart compte déjà vingt points d'avance sur Hill et semble très bien parti pour lui succéder.
Le circuit
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À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, les autodromes anglais étaient tous inutilisables. Le comité sportif du RAC suggéra d'utiliser un aérodrome désaffecté pour aménager un nouveau circuit. Deux sites furent envisagés, la base de Snitterfield (Warwickshire) et celle de Silverstone (Northamptonshire). C'est cette dernière, située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Londres, qui fut retenue. Le premier tracé, combinant voies d'accès et pistes d'atterrissage, fut inauguré en 1948 à l'occasion du premier Grand Prix de Grande-Bretagne, remporté par la Maserati de Luigi Villoresi à 116 km/h de moyenne[4]. Un nouveau parcours de 4,7 kilomètres, utilisant exclusivement les routes périphériques de la base, fut réalisé dès l'année suivante. C'est ce dernier qui est depuis régulièrement utilisé[5]. Le record officiel de la piste est détenu par Chris Amon, auteur sur sa Ferrari d'un tour à 199,3 km/h de moyenne lors de International Trophy 1968[6].
Monoplaces en lice
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À l'exception de la Scuderia Ferrari et de BRM, qui utilisent leurs propres V12, les écuries présentes à Silverstone font appel au moteur Ford-Cosworth DFV, qui développe 430 chevaux à 9500 tr/min dans sa dernière évolution Mk9, avec collecteurs d'échappement «quatre en un», contre 410 chevaux au même régime pour la précédente version Mk8[2].
- Lotus 49B & 63 "Usine"
Au sein du Team Lotus, la situation est particulièrement tendue entre Colin Chapman et ses principaux pilotes : alors que le créateur de la marque cherche à imposer son modèle 63 à traction intégrale, ses pilotes de pointe Graham Hill et Jochen Rindt refusent de disputer la course à son volant, préférant leurs habituelles 49B, nettement plus performantes sur piste sèche. Depuis son accident en Espagne, Rindt n'adresse d'ailleurs plus la parole à son patron, avec qui il ne communique plus que par l'intermédiaire de son manager Bernie Ecclestone[7] ! À l'usine, plus aucun développement n'est effectué sur les modèles 49, la priorité étant donnée au programme «63». La monoplace de Hill a été proposée à la vente au pilote rhodésien John Love et le mulet, qui vient reconditionné aux spécifications 49B, vient d'être cédé à Joakim Bonnier. Rindt pilotera la 49B avec laquelle il a longuement tourné à Silverstone quelques jours auparavant mais Hill ne dispose plus que d'une des deux 63, la seconde étant confiée à John Miles. Les trois voitures, à structure monocoque, sont dotées d'un V8 Cosworth DFV (version Mk9 pour Rindt et Mk8 pour les autres) et d'une boîte de vitesse Hewland DG300. Sur les 63, des bâtis tubulaires rapportés supportent les éléments de suspension et les freins à disque ventilés, montés «inboard[Note 1]». Le surpoids dû à la transmission aux roues avant est d'environ 40 kg, la masse totale à vide de la 63 étant de 550 kg contre 510 pour le modèle 49. Les Lotus sont chaussées de pneus Firestone[8].
- Lotus 49B privées
La Lotus 49B du Rob Walker Racing Team, confiée à Joseph Siffert, ainsi que celle nouvellement acquise par Joakim Bonnier sont techniquement identiques à celle de Jochen Rindt et sont également équipées de pneus Firestone[3].
- McLaren M7A, M7C & M9A "Usine"

Bruce McLaren a jugé que sa nouvelle M9A à traction intégrale était maintenant prête à courir mais ne la pilotera pas lui-même, préférant dans l'optique du championnat prendre le départ au volant de son habituelle M7C. C'est Derek Bell qui étrennera la nouveauté en course, le Britannique, en contrat avec la Scuderia Ferrari, ayant obtenu l'accord de son employeur pour ce Grand Prix. Denny Hulme sera quant à lui au volant d'une M7A, techniquement identique à la M7C du «patron» mais dépourvue de réservoirs latéraux. Les trois voitures sont dotées d'un moteur V8 Cosworth DFV version Mk9. La boîte de vitesses de la M9A a été réalisée en interne, avec des pignons Hewland, tandis que McLaren et Hulme ont une boîte Hewland DG300. Sur la M9A, la répartition de puissance est de 35% sur le train avant et de 65% sur le train arrière[9]. Elle pèse plus de 570 kg à vide, 30 de plus que les M7, qui sont désormais équipées d'un aileron arrière rapporté (il était auparavant intégré au capot moteur). Les McLaren utilisent des pneus Goodyear[10].
- McLaren M7B privée
La McLaren M7B du mécène Colin Crabbe est une nouvelle fois confiée à Vic Elford. Elle se distingue techniquement de la M7A de Hulme par ses réservoirs latéraux externes remplaçant le réservoir transversal avant et par son capot arrière formant aileron. Elford utilise des pneus Goodyear[8].
- Matra MS80 & MS84 "Usine"
L'équipe Matra International a effectué de longues séances d'essais à Silverstone en préparation de l'épreuve et ses deux MS80 (à moteur Cosworth DFV Mk9 de 430 chevaux et boîte Hewland DG300) sont parfaitement au point. Elles sont confiées à Jackie Stewart et Jean-Pierre Beltoise. Les seules modifications apportées depuis le Grand prix de France portent sur les ailerons arrière, auxquels ont été ajoutées de petites dérives verticales[9]. Le modèle expérimental MS84, à quatre roues motrices, sert de voiture de réserve. Son apparence est proche de celle des MS80, moteur et boîte sont de même type, mais il possède un châssis tubulaire et non une structure monocoque. Un différentiel central Ferguson répartit la puissance entre trains avant (40%) et arrière (60%). La MS84 pèse 595 kg à vide, contre 540 pour les MS80. Les Matra utilisent des pneus Dunlop[11].
- Ferrari 312/69 "Usine"
Depuis le début de saison, Chris Amon était seul à défendre les couleurs de la Scuderia Ferrari en championnat du monde. Il est désormais épaulé par Pedro Rodríguez, dont le contrat avec l'équipe italienne se limitait jusqu'alors aux épreuves d'endurance[12]. Trois 312/69 ont été amenées, Amon ayant le choix entre les deux châssis les plus récents, son coéquipier devant se contenter d'une monoplace de 1968 remise à niveau[9]. Les trois voitures sont équipées d'un V12 avec distribution à 48 soupapes alimenté par système d'injection Lucas, développant 435 chevaux à 11000 tr/min. Elles pèsent 530 kg à vide et utilisent des pneus Firestone[8].
- BRM P133 & P139 "Usine"
Le constructeur de Bourne a mis à profit son forfait au Grand Prix de France pour modifier en profondeur sa P139. L'avant a été affiné et les flancs élargis, permettant une meilleure contenance des réservoirs. La puissance du moteur V12 (qui avoisinait 450 chevaux à 10750 tr/min) a été réduite à 420 chevaux, au profit d'une plus grande souplesse d'utilisation[13]. L'usine ne dispose pour l'instant que d'une seule P139, confiée à John Surtees, son coéquipier Jackie Oliver pilotant son habituelle P133 utilisant le même moteur mais dotée d'une boîte de vitesses Hewland DG300 au lieu d'une boîte réalisée en interne. La P133 pèse 550 kg à vide, contre 540 pour la P139. Les BRM utilisent des pneus Dunlop[14].

- Brabham BT26A "Usine"
Toujours convalescent après s'être blessé quelques semaines plus tôt lors d'une séance d'essais privés à Silverstone, Jack Brabham avait fait appel à Dan Gurney pour le remplacer mais l'Américain est retenu pour une course dans son pays. Il fut un moment envisagé de faire courir Tim Schenken mais finalement Jacky Ickx restera sans coéquipier pour cette course. Il dispose des deux BT26A de l'équipe, à moteur Cosworth DFV, associé à une boîte de vitesses Hewland DG300. Dotées d'une structure multitubulaire, ces monoplaces de 530 kg sont chaussées de pneus Goodyear[15].
- Brabham BT26A privée
La BT26A engagée par Frank Williams, confiée à Piers Courage, est semblable aux Brabham officielles mais elle est équipée d'une version Mk8 (410 chevaux) du V8 Cosworth et d'une boîte de vitesses Hewland FG400, ainsi que d'un aileron arrière plus petit. Courage utilise des pneus Dunlop[8].
- Cosworth CA "Usine"
Bien que spécialisée dans les moteurs, la société Cosworth a en parallèle développé sa propre monoplace, à quatre roues motrices. Équipée d'un V8 DFV Mk9 et d'une boîte de vitesses à carter sec, elle pèse 550 kg à vide[16]. Brian Redman avait été choisi pour la piloter mais Porsche, employeur du pilote britannique en endurance, a opposé son veto et c'est finalement Trevor Taylor qui a été retenu. Cependant les essais préliminaires menés par le directeur technique Mike Costin puis par Taylor quelques jours auparavant n'ont pas donné satisfaction et la marque a déclaré forfait[17].
Coureurs inscrits
modifier- Les voitures de réserve de Jackie Stewart et de Chris Amon portent respectivement les numéros 30 et 32.
Essais libres et qualifications
modifierTrois séances qualificatives ont été prévues par les organisateurs, le jeudi matin, le jeudi après-midi et le vendredi après-midi précédant la course[3]. Deux séances non chronométrées d'une heure ont été également planifiées, le vendredi matin et le samedi matin[9].
Première séance qualificative - jeudi 17 juillet (matin)
modifierIl fait chaud et le soleil brille le jeudi matin, pour la première séance officielle. Les Lotus officielles ne sont pas encore arrivées. En leur absence, la session va être largement dominée par la Matra de Jackie Stewart, parfaitement au point après les séances d'entraînement organisées par la plupart des équipes sur le circuit quelques jours auparavant. Il porte le record officieux de la piste à 208 km/h avant de tester la Matra à quatre roues motrices. Graham Hill est très mécontent de l'attitude de son employeur Colin Chapman, qui a vendu l'habituelle Lotus 49 du champion du monde à Joakim Bonnier, voulant imposer l'utilisation des nouvelles Lotus 63 à traction intégrale à ses pilotes. Celles-ci n'etant pas arrivées, Hill accepte la proposition de Jack Brabham (qui estime que Jacky Ickx ne s'investit pas au maximum) d'essayer la BT26 du pilote belge. En seulement quelques tours, le remplaçant va faire mieux que le titulaire, le battant de quatre dixièmes de secondes. Hill félicitera alors l'ingénieur Ron Tauranac, lui disant qu'il avait conçu « une voiture rapide, saine et très amusante[9]. » Sur la MS84 de réserve, Stewart a réalisé une performance honorable, à deux secondes et demie toutefois du meilleur temps obtenu avec la MS80. Pour son retour au sein d'une équipe d'usine, Pedro Rodríguez s'est mis en évidence, réalisant au volant de sa Ferrari le deuxième meilleur temps de la séance juste devant son coéquipier Chris Amon et la Matra de Jean-Pierre Beltoise.
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 1 min 21 s 5 | ||
| 2 | Ferrari | 1 min 22 s 6 | + 1 s 1 | |
| 3 | Ferrari | 1 min 22 s 7 | + 1 s 2 | |
| 4 | Matra-Ford | 1 min 23 s 0 | + 1 s 5 | |
| 5 | Lotus-Ford | 1 min 23 s 6 | + 2 s 1 | |
| 6 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 9 | + 2 s 4 | |
| 7 | McLaren-Ford | 1 min 24 s 0 | + 2 s 5 | |
| 8 | Brabham-Ford | 1 min 24 s 1 | + 2 s 6 | |
| 9 | BRM | 1 min 24 s 4 | + 2 s 9 | |
| 10 | Brabham-Ford | 1 min 24 s 5 | + 3 s 0 | |
| 11 | BRM | 1 min 26 s 2 | + 4 s 7 | |
| 12 | McLaren-Ford | 1 min 26 s 9 | + 5 s 4 | |
| 13 | McLaren-Ford | 1 min 29 s 3 | + 7 s 8 | |
| 14 | Brabham-Ford | 1 min 31 s 8 | + 10 s 3 |
Deuxième séance qualificative - jeudi 17 juillet (après-midi)
modifierLes conditions météorologiques restent parfaites l'après-midi. Les Lotus d'usine sont présentes, deux modèles 63 destinés à Hill et à John Miles tandis que Rindt, qui refuse catégoriquement de piloter une monoplace à traction intégrale, retrouve son habituelle 49B. Cependant, alors que sa voiture était parfaitement point après les essais privés en début de semaine, les réglages s'avèrent inadaptés aux nouveaux pneus proposés par Firestone[8]. Ce n'est qu'en fin de séance, après de nombreux ajustements, que sa monoplace retrouvera un comportement correct. Bien qu'ayant peu tourné, le pilote autrichien réalise le troisième temps, presque à égalité avec Denny Hulme, tous deux échouant à une seconde de Stewart, une nouvelle fois le plus rapide. Ickx a nettement amélioré ses temps et occupe le quatrième rang, devançant la Matra de Beltoise et les deux Ferrari. Le moteur de Miles a cassé lors de son premier tour lancé et le Britannique est resté immobilisé le reste de la session. Sur l'autre Lotus 63, Hill n'a pu tourner beaucoup plus longtemps, l'huile de transmission chauffant exagérément.
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 1 min 21 s 3 | ||
| 2 | McLaren-Ford | 1 min 22 s 394 | + 1 s 094 | |
| 3 | Lotus-Ford | 1 min 22 s 397 | + 1 s 097 | |
| 4 | Brabham-Ford | 1 min 22 s 5 | + 1 s 2 | |
| 5 | Matra-Ford | 1 min 22 s 6 | + 1 s 3 | |
| 6 | Ferrari | 1 min 22 s 8 | + 1 s 5 | |
| 7 | Ferrari | 1 min 23 s 0 | + 1 s 7 | |
| 8 | BRM | 1 min 23 s 2 | + 1 s 9 | |
| 9 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 5 | + 2 s 2 | |
| 10 | Brabham-Ford | 1 min 24 s 3 | + 3 s 0 | |
| 11 | Lotus-Ford | 1 min 24 s 7 | + 3 s 4 | |
| 12 | McLaren-Ford | 1 min 26 s 1 | + 4 s 8 | |
| 13 | McLaren-Ford | 1 min 26 s 7 | + 5 s 4 | |
| 14 | Lotus-Ford | 1 min 26 s 9 | + 5 s 6 | |
| 15 | BRM | 1 min 27 s 3 | + 6 s 0 | |
| 16 | Lotus-Ford | 3 min 18 s 0 | + 1 min 56 s 7 |
Troisième séance qualificative - vendredi 18 juillet (après-midi)
modifierLe temps reste chaud et ensoleillé le vendredi. Bonnier, qui vient enfin de recevoir sa Lotus 49, a accepté de la prêter à Hill et de piloter en échange une des deux Lotus 63. Hill a commencé à «dégrossir» sa nouvelle monture en fin de matinée, au cours de la séance d'essais libres, mais des ennuis de roulement ont perturbé ce premier roulage et il n'a pu effectuer qu'un seul tour à son volant, les mécaniciens aller chercher en urgence les pièces de rechange à l'usine, située à environ deux cents kilomètres du circuit, afin que le champion du monde puisse participer à la dernière session officielle, l'après-midi. Les organisateurs ont alloué une prime de cent livres au pilote le plus rapide à l'issue de chaque demi-heure, la séance durant deux heures. L'après-midi sera de nouveau dominée par Stewart, qui s'attribue la première prime en tournant à 209,1 km/h, puis la deuxième en portant le record officieux à 210,4 km/h. Stewart réalise encore un temps correct (à sept dixièmes de seconde toutefois de son record) au début de la deuxième heure avant de prendre le volant de la Matra à quatre roues motrices. Mais Rindt, qui a affiné les réglages de sa Lotus, se rapproche des performances de l'Écossais et semble en passe de s'attribuer la troisième prime de la journée. L'Ecossais reprend alors sa monoplace habituelle pour essayer d'empocher cent livres supplémentaires mais au cours de sa tentative, au point de corde du virage de Woodcote, un éclat dans la bordure perfore son pneu arrière droit, qui éclate aussitôt ; hors de contrôle, la Matra atterrit en contrebas de la piste. Stewart est indemne mais sa voiture est sérieusement endommagée et ne pourra être réparée à temps pour la course[13]. L'équipe Tyrrell lui attribue la monoplace de Beltoise, qui doit dès lors se rabattre sur la voiture à traction intégrale. Bien que détenant toujours le meilleur temps, Stewart doit se requalifier. En quelques tours, il parvient à s'approcher à un peu plus d'une demi-seconde de son meilleur chrono mais Rindt, pour quatre dixièmes de secondes, s'attribue la quatrième prime ainsi que la pole position. Stewart s'élancera à ses côtés, Hulme et Ickx se partageant la deuxième ligne de la grille de départ, devant Amon et John Surtees, la BRM de ce dernier s'avérant en net progrès. Beltoise, qui a également dû se requalifier, n'a pu régler la MS84 à sa convenance et, ralenti en outre par des problèmes d'échappement, partira en dernière ligne. Hill n'a quant à lui pu effectuer que quelques tours à cause d'un moteur défaillant et n'occupera que le douzième rang sur la grille.
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 1 min 20 s 6 | ||
| 2 | Lotus-Ford | 1 min 20 s 8 | + 0 s 2 | |
| 3 | McLaren-Ford | 1 min 21 s 5 | + 0 s 9 | |
| 4 | Brabham-Ford | 1 min 21 s 6 | + 1 s 0 | |
| 5 | Ferrari | 1 min 21 s 9 | + 1 s 3 | |
| 6 | Matra-Ford | 1 min 22 s 1 | + 1 s 5 | |
| 7 | BRM | 1 min 22 s 1 | + 1 s 5 | |
| 8 | McLaren-Ford | 1 min 22 s 6 | + 2 s 0 | |
| 9 | Ferrari | 1 min 22 s 6 | + 2 s 0 | |
| 10 | Lotus-Ford | 1 min 22 s 7 | + 2 s 1 | |
| 11 | Brabham-Ford | 1 min 22 s 9 | + 2 s 3 | |
| 12 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 3 | + 2 s 7 | |
| 13 | Lotus-Ford | 1 min 23 s 6 | + 3 s 0 | |
| 14 | BRM | 1 min 23 s 7 | + 3 s 1 | |
| 15 | Lotus-Ford | 1 min 25 s 1 | + 4 s 5 | |
| 16 | Lotus-Ford | 1 min 28 s 2 | + 7 s 6 | |
| 17 | McLaren-Ford | 3 min 01 s 3 | + 1 min 40 s 7 |
Tableau final des qualifications
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| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 1 min 20 s 6 | temps réalisé le vendredi après-midi | ||
| 2 | Lotus-Ford | 1 min 20 s 8 | + 0 s 2 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 3 | McLaren-Ford | 1 min 21 s 5 | + 0 s 9 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 4 | Brabham-Ford | 1 min 21 s 6 | + 1 s 0 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 5 | Ferrari | 1 min 21 s 9 | + 1 s 3 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 6 | Matra-Ford | 1 min 22 s 1 | + 1 s 5 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 7 | BRM | 1 min 22 s 1 | + 1 s 5 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 8 | McLaren-Ford | 1 min 22 s 6 | + 2 s 0 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 9 | Ferrari | 1 min 22 s 6 | + 2 s 0 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 10 | Lotus-Ford | 1 min 22 s 7 | + 2 s 1 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 11 | Brabham-Ford | 1 min 22 s 9 | + 2 s 3 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 12 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 3 | + 2 s 7 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 13 | Lotus-Ford | 1 min 23 s 6 | + 3 s 0 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 14 | BRM | 1 min 23 s 7 | + 3 s 1 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 15 | Lotus-Ford | 1 min 25 s 1 | + 4 s 5 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 16 | McLaren-Ford | 1 min 26 s 1 | + 5 s 5 | temps réalisé le jeudi après-midi | |
| 17 | Lotus-Ford | 1 min 28 s 2 | + 7 s 6 | temps réalisé le vendredi après-midi |
- Note : Jackie Stewart a accidenté sa Matra lors de la dernière séance qualificative ; sa monoplace n'est pas réparable pour la course et il prendra le départ sur la monoplace de son coéquipier Jean-Pierre Beltoise. Stewart a dû se requalifier au volant de cette voiture, avec un meilleur tour de 1 min 21 s 2 (contre 1 min 20 s 6 réalisé auparavant), retenu pour déterminer sa place sur la grille de départ. Il perd ainsi le bénéfice de sa pole position, reculant d'une place au profit de Jochen Rindt. Beltoise a quant à lui dû se requalifier au volant de la Matra expérimentale à quatre roues motrices ; la voiture n'étant pas adaptée pour lui, il n'a pu faire mieux que 1 min 31 s 2 et occupera la dix-septième et dernière place sur la grille alors qu'il avait initialement obtenu le sixième meilleur temps.
Grille de départ
modifier| 1re ligne | Pos. 3 | Pos. 2 | Pos. 1 | ||
|---|---|---|---|---|---|
Hulme McLaren 1 min 21 s 5 |
Stewart Matra 1 min 21 s 2 |
Rindt Lotus 1 min 20 s 8 | |||
| 2e ligne | Pos. 5 | Pos. 4 | |||
Amon Ferrari 1 min 21 s 9 |
Ickx Brabham 1 min 21 s 6 |
||||
| 3e ligne | Pos. 8 | Pos. 7 | Pos. 6 | ||
Rodríguez Ferrari 1 min 22 s 6 |
McLaren McLaren 1 min 22 s 6 |
Surtees BRM 1 min 22 s 1 | |||
| 4e ligne | Pos. 10 | Pos. 9 | |||
Courage Brabham 1 min 22 s 9 |
Siffert Lotus 1 min 22 s 7 |
||||
| 5e ligne | Pos. 13 | Pos. 12 | Pos. 11 | ||
Oliver BRM 1 min 23 s 7 |
G. Hill Lotus 1 min 23 s 6 |
Elford McLaren 1 min 23 s 3 | |||
| 6e ligne | Pos. 15 | Pos. 14 | |||
Bell McLaren 1 min 26 s 1 |
Miles Lotus 1 min 25 s 1 |
||||
| 7e ligne | Pos. 17 | Pos. 16 | |||
Beltoise Matra 1 min 31 s 2 |
Bonnier Lotus 1 min 28 s 2 |
Déroulement de la course
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Il fait chaud le samedi après-midi, mais le ciel est couvert et le vent a déposé un peu de poussière sur la piste. Le moteur de la Lotus de Graham Hill a cassé lors de sa mise en marche et a été remplacé en moins de trois heures[13]. Le départ est donné devant plus de cent mille spectateurs[3]. Le préposé au drapeau hésite un instant, semant une certaine confusion parmi les coureurs. Jochen Rindt a dû freiner légèrement pour ne pas dépasser la ligne et Jacky Ickx, placé derrière lui, a bloqué les roues de sa Brabham, calant son moteur. Quand les monoplaces sont enfin libérées, la Lotus de Rindt s'élance en même temps que la Matra de Jackie Stewart et que la McLaren de Denny Hulme, tandis que Ickx, qui a eu du mal à repartir, perd de nombreuses places. Placé à la corde, Rindt vire en tête au virage de Copse, juste devant Stewart, les deux hommes se détachant aussitôt du peloton, Hulme se fait déborder par John Surtees, qui a pris un excellent départ depuis la troisième ligne. Le pilote britannique en perd aussitôt le bénéfice, la suspension avant de sa BRM se rompant brutalement au freinage de la courbe de Stowe ; il se traînera jusqu'au stand pour abandonner. L'incident a semé le trouble dans le peloton et Rindt et Stewart sont repassés devant les tribunes avec déjà plus de trois secondes d'avance sur Hulme, suivi à quelques longueurs de la Ferrari de Pedro Rodríguez, lui-même talonné par Bruce McLaren. Après son départ catastrophique, Ickx a déjà regagné quelques places et occupe le dixième rang. Tandis que Rindt et Stewart bataillent pour la première place et distancent nettement leurs poursuivants, Hulme conforte sa troisième place, creusant l'écart sur Rodríguez et McLaren. Ce dernier parvient à doubler la Ferrari du pilote mexicain au cours du quatrième tour et s'en détache rapidement. Après plusieurs tentatives infructueuses, Stewart parvient à dépasser Rindt au cours du septième tour. Les deux leaders, qui améliorent constamment le record officiel de la piste, comptent alors déjà huit secondes d'avance sur Hulme. McLaren est à plus de cinq secondes de son coéquipier, précédant les deux Ferrari de Rodríguez et de Chris Amon. Ickx est remonté à la septième place, ayant débordé successivement les Lotus de Graham Hill et de Joseph Siffert et la Brabham de Piers Courage. À la fin du dixième tour, le jeune pilote belge a gagné deux places supplémentaires au détriment des deux Ferrari. Toujours roues dans roues, Stewart et Rindt ont porté à treize secondes leur avance sur Hulme, McLaren suivant sept secondes plus loin. La lutte pour la première place est acharnée et, au quinzième tour, Rindt reprend le commandement de la course. Isolé en troisième position, Hulme accuse désormais plus de vingt secondes de retard. Cinquième, Ickx tente de se rapprocher de McLaren. Le moteur de Rodríguez a perdu de sa puissance et le pilote mexicain a rétrogradé en huitième position, derrière Courage et Hill. Hulme a effectué un surrégime lorsque son accélérateur est resté coincé, endommageant un des arbres à cames de son V8[8]. Sa cadence baisse : au quart de la course, il est toujours troisième, à près de trente-cinq secondes du duo Rindt/Stewart, mais s'est fait rattraper par McLaren et Ickx, celui-ci talonnant depuis quelques tours le pilote-constructeur. Hulme leur cède le passage au vingt-deuxième tour, se maintenant un moment en cinquième position avant d'abandonner au tiers de la distance, distribution hors d'usage. Ickx dépasse alors McLaren pour le gain de la troisième place ; son retard sur Rindt et Stewart (qui sont toujours roues dans roues) s'élève à quarante-quatre secondes. Hill et Siffert ont quant à eux doublé Courage : ils sont respectivement cinquième et sixième, à une minute des leaders. Peu après, Siffert doit également effectuer un arrêt au stand pour quelques litres de carburant ; il repart derrière Hill. Totalement dépité par les incidents ayant ruiné sa course, Rindt tourne lentement et se fait rejoindre par Courage, qui le dépossède de la quatrième place au cours de son quatre-vingt-unième tour. Informé par son stand, l'Autrichien réagit et reprendra in extremis la quatrième place.

Devant, Stewart reste soudé aux échappements de la Lotus de Rindt mais ne parvient pas à se porter à sa hauteur. Un des ailerons avant de Hill a été mal fixé et le champion du monde, déjà gêné par une boîte de vitesses récalcitrante, commence à avoir des problèmes de tenue de route[9]. Au trente-deuxième tour, il est contraint de céder le passage à Siffert et Courage, puis à Amon, rétrogradant en huitième position. Peu après, les hommes de tête rattrapent Rodríguez, en queue de peloton. Le dépassement des attardés va permettre à Rindt de prendre un peu de champ sur Stewart, l'écart grimpant à deux secondes. Siffert perd alors l'usage de son quatrième rapport et se fait successivement doubler par Hill, Amon et Courage. À la mi-course, Rindt conserve près de deux secondes d'avance sur Stewart. Respectivement troisième et quatrième, Ickx et McLaren accusent plus d'une minute de retard. Hill est parvenu à reprendre la cinquième place à Amon, également en difficulté avec son sélecteur de vitesses. Tous deux accusent maintenant un tour de retard. Courage et Siffert sont dans leur sillage. Amon renonce quelques boucles plus tard, boîte définitivement hors d'usage. Rindt creuse légèrement l'écart sur Stewart ; son avance va culminer à trois secondes, au cinquantième tour. L'Écossais hausse alors le rythme. Il va battre à plusieurs reprises le record de la piste, se rapprochant progressivement de la Lotus de tête. La dérive droite de l'aileron arrière de Rindt commence à se détacher, venant frotter sur le pneu. Stewart en profite pour rattraper la Lotus, avant de prendre la tête au soixante-deuxième tour, alors que Rodríguez abandonne, moteur explosé. Rindt est contraint d'effectuer un bref arrêt au stand où l'on arrache la pièce abîmée. Le pilote autrichien conserve la deuxième place, loin devant Ickx et McLaren, mais accuse désormais plus d'une demi-minute de retard sur la Matra. La course semble jouée : après soixante-dix boucles, l'écart entre les deux premiers est toujours de trente-quatre secondes. Ickx, troisième, est à plus d'un tour du leader. Il a alors une vingtaine de secondes d'avance sur McLaren. Nettement plus loin, Hill et Courage se disputent toujours la cinquième place, tandis que Siffert, septième, a nettement ralenti, handicapé par une baisse de puissance de son moteur se grevant à ses problèmes de boîte de vitesses. Pratiquement assuré de la victoire, Stewart baisse légèrement sa cadence afin de ménager son moteur et limiter sa consommation d'essence. Il conserve néanmoins une bonne marge de sécurité sur Rindt. Vingt-neuf secondes séparent encore les deux premiers lorsque les deux Lotus officielles s'arrêtent successivement au stand, à la limite de la panne sèche. Ickx hérite de la deuxième place, devant McLaren, Rindt rétrogradant au quatrième rang juste devant Courage et la McLaren privée de Vic Elford, qui vient de déborder Siffert. Hill, quant à lui, est reparti en dernière position. Peu après, Siffert s'arrête à son tour pour faire remettre quelques litres de carburant ; il repart derrière Hill. Totalement dépité après les déboires ayant ruiné sa course, Rindt tourne lentement et se fait bientôt rattraper par Courage, qui le double au cours de son quatre-vingt-unième tour. Alerté par son stand, l'Autrichien va se ressaisir et parviendra à récupérer in extremis la quatrième place. Grâce aux arrêts des Lotus, Elford termine sixième derrière Courage. Avec plus d'un tour d'avance sur Ickx et McLaren, Stewart remporte sa troisième victoire consécutive. Il s'est imposé dans cinq des six manches du championnat déjà disputées et son avance est telle qu'il est presque assuré de conquérir son premier titre mondial.
Classements intermédiaires
modifierClassements intermédiaires des monoplaces aux premier, troisième, cinquième, septième, huitième, dixième, treizième, quinzième, vingtième, vingt-cinquième, trentième, trente-cinquième, quarantième, cinquantième, soixantième, soixante-dixième et quatre-vingtième tours[4],[13].
Après 1 tour
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Après 3 tours
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Après 5 tours
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Après 7 tours
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Après 8 tours
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Après 10 tours
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Après 13 tours
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Après 15 tours
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Après 20 tours
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Après 25 tours
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Après 30 tours
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Après 35 tours
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Après 40 tours
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Après 50 tours
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Après 60 tours
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Après 70 tours
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Après 80 tours
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Classement de la course
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| Pos | N° | Pilote | Écurie | Tours | Temps/Abandon | Grille | Points |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 3 | Matra-Ford | 84 | 1 h 55 min 55 s 6 | 2 | 9 | |
| 2 | 7 | Brabham-Ford | 83 | 1 h 56 min 36 s 1 (+ 1 tour) | 4 | 6 | |
| 3 | 6 | McLaren-Ford | 83 | 1 h 56 min 42 s 5 (+ 1 tour) | 7 | 4 | |
| 4 | 2 | Lotus-Ford | 83 | 1 h 57 min 04 s 0 (+ 1 tour) | 1 | 3 | |
| 5 | 16 | Brabham-Ford | 83 | 1 h 57 min 04 s 8 (+ 1 tour) | 10 | 2 | |
| 6 | 19 | McLaren-Ford | 82 | 1 h 56 min 39 s 4 (+ 2 tours) | 11 | 1 | |
| 7 | 2 | Lotus-Ford | 82 | 1 h 56 min 53 s 7 (+ 2 tours) | 12 | ||
| 8 | 10 | Lotus-Ford | 81 | 1 h 56 min 25 s 6 (+ 3 tours) | 9 | ||
| 9 | 4 | Matra-Ford | 78 | 1 h 57 min 24 s 1 (+ 6 tours) | 17 | ||
| 10 | 9 | Lotus-Ford | 75 | 1 h 56 min 34 s 7 (+ 9 tours) | 14 | ||
| Abd. | 12 | Ferrari | 61 | Moteur | 8 | ||
| Abd. | 11 | Ferrari | 45 | Boîte de vitesses | 5 | ||
| Abd. | 5 | McLaren-Ford | 27 | Distribution | 3 | ||
| Abd. | 15 | BRM | 19 | Transmission | 13 | ||
| Abd. | 18 | Lotus-Ford | 6 | Moteur | 16 | ||
| Abd. | 20 | McLaren-Ford | 5 | Suspension arrière | 15 | ||
| Abd. | 14 | BRM | 1 | Suspension avant | 6 |
Légende :
- Abd.=Abandon
Pole position et record du tour
modifier- Pole position :
Jochen Rindt (Lotus) en 1 min 20 s 8 (vitesse moyenne : 209,896 km/h). Temps réalisé lors de la troisième séance qualificative, le vendredi [20]. Le meilleur temps des essais qualificatifs a été réalisé par Jackie Stewart en 1 min 20 s 6 (210,417 km/h) lors de cette même séance, temps cependant non retenu car la voiture qualifiée avec ce chrono n'a pu être alignée en course à la suite d'une sortie de route provoquée par le déchapage du pneu arrière droit[21]. Selon la règle en vigueur en 1969, Stewart a dû se requalifier sur la voiture utilisée pour la course[9]. - Tour le plus rapide :
Jackie Stewart (Matra) en 1 min 21 s 3 (vitesse moyenne : 208,605 km/h) au cinquante-septième tour.
Évolution du meilleur tour en course
modifierLe meilleur tour fut amélioré treize fois au cours de l'épreuve[13].
- deuxième tour : Jochen Rindt en 1 min 23 s 4 (vitesse moyenne : 203,353 km/h)
- troisième tour : Jochen Rindt en 1 min 23 s 1 (vitesse moyenne : 204,087 km/h)
- troisième tour : Jackie Stewart en 1 min 22 s 9 (vitesse moyenne : 204,579 km/h) - temps égalé au quatrième tour par Jochen Rindt
- quatrième tour : Jackie Stewart en 1 min 22 s 8 (vitesse moyenne : 204,826 km/h) - temps égalé au cinquième tour par Jochen Rindt
- sixième tour : Jackie Stewart en 1 min 22 s 5 (vitesse moyenne : 205,571 km/h)
- huitième tour : Jackie Stewart en 1 min 22 s 3 (vitesse moyenne : 206,070 km/h) - temps égalé au neuvième tour
- neuvième tour : Jochen Rindt en 1 min 22 s 2 (vitesse moyenne : 206,321 km/h) - temps égalé au dixième tour par Jackie Stewart
- dixième tour : Jochen Rindt en 1 min 21 s 9 (vitesse moyenne : 207,077 km/h) - temps égalé au trente-septième tour par Jackie Stewart
- quarante-et-unième tour : Jackie Stewart en 1 min 21 s 8 (vitesse moyenne : 207,330 km/h) - temps égalé au cinquante-cinquième tour par Jochen Rindt
- cinquante-cinquième tour : Jackie Stewart en 1 min 21 s 7 (vitesse moyenne : 207,584 km/h) - temps égalé au cinquante-sixième tour par Jochen Rindt
- cinquante-sixième tour : Jackie Stewart en 1 min 21 s 6 (vitesse moyenne : 207,838 km/h)
- cinquante-septième tour : Jochen Rindt en 1 min 21 s 4 (vitesse moyenne : 208,349 km/h)
- cinquante-septième tour : Jackie Stewart en 1 min 21 s 3 (vitesse moyenne : 208,605 km/h) - temps égalé au soixantième tour
Tours en tête
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Jochen Rindt : 52 tours (1-6 / 16-61)
Jackie Stewart : 32 tours (7-15 / 62-84)
Classement général à l'issue de la course
modifier- Attribution des points : 9, 6, 4, 3, 2, 1 respectivement aux six premiers de chaque épreuve.
- Pour la coupe des constructeurs, même barème et seule la voiture la mieux classée de chaque équipe inscrit des points.
- Le championnat est divisé en deux demi-saisons, seuls les cinq meilleurs résultats (sur six épreuves) étant retenus pour chaque partie
- Sur douze manches qualificatives initialement prévues pour le championnat du monde 1969, onze seront effectivement courues : programmé le , le Grand Prix de Belgique a été annulé, le GPDA ayant en avril voté le boycott de l'épreuve pour raisons de sécurité[22].

| Pos. | Pilote | Écurie | Points | AFS |
ESP |
MON |
NL |
FRA |
GBR |
1re ½ saison |
ALL |
ITA |
CAN |
USA |
MEX |
2e ½ saison |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra | 45 | 9 | 9 | - | 9 | 9 | 9 | 45 | |||||||
| 2 | McLaren | 17 | 2 | 6 | 2 | - | 3 | 4 | 17 | |||||||
| 3 | Lotus | 16 | 6 | - | 9 | - | 1 | - | 16 | |||||||
| 4 | Lotus | 13 | 3 | - | 4 | 6 | - | - | 13 | |||||||
| Brabham | 13 | - | 1 | - | 2 | 4 | 6 | 13 | ||||||||
| 6 | Matra | 11 | 1 | 4 | - | - | 6 | - | 11 | |||||||
| McLaren | 11 | 4 | 3 | 1 | 3 | - | - | 11 | ||||||||
| 8 | Brabham | 8 | - | - | 6 | - | - | 2 | 8 | |||||||
| 9 | Ferrari | 4 | - | - | - | 4 | - | - | 4 | |||||||
| 10 | Lotus | 3 | - | - | 3 | - | - | - | 3 | |||||||
| Lotus | 3 | - | - | - | - | - | 3 | 3 | ||||||||
| McLaren | 3 | - | - | - | - | 2 | 1 | 3 | ||||||||
| 13 | BRM | 2 | - | 2 | - | - | - | - | 2 | |||||||
| 14 | Brabham | 1 | - | - | - | 1 | - | - | 1 |
| Pos. | Écurie | Points | AFS |
ESP |
MON |
NL |
FRA |
GBR |
1re ½ saison |
ALL |
ITA |
CAN |
USA |
MEX |
2e ½ saison |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 45 | 9 | 9 | - | 9 | 9 | 9 | 45 | ||||||
| 2 | Lotus-Ford | 25 | 6 | - | 9 | 6 | 1 | 3 | 25 | ||||||
| 3 | McLaren-Ford | 20 (22) | 4 | 6 | (2) | 3 | 3 | 4 | 20 (22) | ||||||
| 4 | Brabham-Ford | 19 | - | 1 | 6 | 2 | 4 | 6 | 19 | ||||||
| 5 | Ferrari | 4 | - | - | - | 4 | - | - | 4 | ||||||
| 6 | BRM | 2 | - | 2 | - | - | - | - | 2 |
À noter
modifier- 10e victoire en championnat du monde pour Jackie Stewart.
- 8e victoire en championnat du monde pour Matra en tant que constructeur.
- 21e victoire en championnat du monde pour Ford Cosworth en tant que motoriste.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ freins montés sur les arbres et non dans les roues.
- ↑ Voiture utilisée aux essais, confiée à Joakim Bonnier pour les essais du vendredi et pour la course, sous le n°18.
- ↑ Voiture de Joakim Bonnier, cédée à Graham Hill pour les essais du vendredi et pour la course.
- ↑ Châssis 49 R6, accidenté par Jackie Oliver lors des essais du Grand-Prix de France 1968 et reconstruit par l'usine ; tout d'abord numéroté 49-R8 en fin de saison 1968, avant construction du 8e châssis 49.
- ↑ Voiture accidentée lors des essais du vendredi, non réparable pour la course.
- ↑ Voiture utilisée aux essais par Jean-Pierre Beltoise (avec n°4), utilisée par Stewart lors des essais du vendredi et pour la course.
- ↑ Voiture utilisée par Jean-Pierre Beltoise aux essais, cédée à Jackie Stewart les derniers et pour la course (avec n°3).
- ↑ Voiture également utilisée par Jackie Stewart aux essais (avec n°30).
- ↑ Parfois officieusement identifié M7A/4, le quatrième châssis M7 est à la base un châssis M10A (conçu pour Indianapolis), modifié pour recevoir un moteur Cosworth DFV et une boîte de vitesses Hewland.
- ↑ Voiture initialement prévue pour Dan Gurney, utilisée comme mulet par Jacky Ickx.
- ↑ Voiture vendue à Joakim Bonnier par l'usine, mais finalement utilisée par Graham Hill avec le n°1.
- ↑ Voiture prêtée à Joakim Bonnier par l'usine, en échange de la 49 R8.
- ↑ Mulet de Jackie Stewart, utilisé par Jean-Pierre Beltoise pour les derniers essais et pour la course (sous le n°4).
Références
modifier- ↑ Johnny Rives, Gérard Flocon et Christian Moity, La fabuleuse histoire de la formule 1, Éditions Nathan, , 707 p. (ISBN 2-09-286450-5)
- 1 2 L'année automobile no 17 1969-1970, Lausanne, Edita S.A., , 256 p.
- 1 2 3 4 Michel Hubin, Championnat du monde 69 des conducteurs, Verviers, Éditions GERARD & Co (collection Marabout Service), , 288 p.
- 1 2 Edmond Cohin, L'historique de la course automobile, Editions Larivière, , 882 p.
- ↑ (en) Ray Hutton, Silverstone 40 years, Motor racing Publications, , 144 p. (ISBN 0-947981-29-2)
- ↑ Gérard Crombac (trad. de l'anglais), Colin Chapman : L'épopée Lotus en formule 1, Paris, Presses Universitaires de France, , 381 p. (ISBN 2-13-040012-4)
- 1 2 3 4 5 6 Revue Sport Auto no 91 -
- 1 2 3 4 5 6 7 Revue L'Automobile no 280 - septembre 1969
- ↑ Doug Nye, McLaren : Formule 1, Can-Am, Indy, Editions ACLA, , 270 p. (ISBN 1-85960-655-5)
- ↑ Christian Moity et Serge Bellu, « La galerie des championnes - 1969 : Matra MS80-Cosworth », Revue L'Automobile, no 391,
- ↑ Alan Henry, Ferrari : Les monoplaces de Grand Prix, Editions ACLA, , 319 p. (ISBN 2-86519-043-9)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Autocourse 1969-1970 : A detailed record of the 1969 season, Haymarket Press Ltd, , 215 p.
- ↑ Christian Moity, « F1 : déjà du nouveau », Revue L'Automobile, no 275,
- ↑ Alan Henry, Brabham : Les monoplaces de Grand Prix, Editions ACLA, , 285 p. (ISBN 2-86519-058-7)
- ↑ Pierre Ménard, « Et Mike Costin créa le Cos... », Automobile historique, no 20,
- ↑ (en) Denis Jenkinson, « British Grand Prix », Magazine MotorSport, no 8 Vol.XLV,
- ↑ (en) Bruce Jones, The complete Encyclopedia of Formula One, Colour Library Direct, , 647 p. (ISBN 1-84100-064-7)
- ↑ Gérard Gamand et Christophe Hubert, Tous les châssis des Grands Prix de Formule 1 en championnat du monde : Tome 2 1961-1970, Saint Cyr au Mont d'Or, Les Éditions de l'Aubois, , 296 p. (ISBN 978-2-9580859-3-3)
- 1 2 (en) Mike Lang, Grand Prix volume 2, Haynes Publishing Group, , 260 p. (ISBN 0-85429-321-3)
- ↑ Revue Moteurs no 75 - octobre 1969
- ↑ Revue Sport Auto no 88 -