Gure Herria
Gure Herria (« Notre Pays » en langue basque) est une revue en langue basque créée en à Bayonne par plusieurs prêtres attachés à la cause basque, et de jeunes rédacteurs issus du journal Eskualduna[1],[2]. Elle est l'une des principales revues consacrées à la culture et aux études basques au Pays basque nord[1],[3].
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Jean Barbier Jules Moulier Pierre Lafitte Ithurralde Pierre Lhande Pablo Fermin Irigarai (d) Jean Saint-Pierre Francis Jammes Pierre Iturbide (d) Jean Élissalde Edmond Blazy (d) Georges Hérelle Louis Dassance Christoph Dufau (d) Julien Vinson |
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Histoire
modifierFondation
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La fondation de Gure Herria s'inscrit dans le mouvement de renaissance culturelle basque du début du XXe siècle, marqué par la défense de la langue basque, la publication d'œuvres littéraires en euskara et la constitution de réseaux d'intellectuels et d'érudits basques. La revue devient rapidement l'un des principaux organes de diffusion de la littérature basque au Pays basque nord[4]. Elle joue également un rôle important dans la conservation et la diffusion du patrimoine historique, linguistique et ethnographique basque[4],[2].
De 1921 à 1926, Gure Herria est une revue mensuelle et à partir de 1927, elle est publiée aux deux mois. La revue inclut dans son contenu, outre les diverses matières basques, des pièces littéraires et théâtrales[5]. Chaque fascicule se termine avec un supplément musical[6],[2].
Dans son premier numéro, Gure Herria résume sa première déclaration d'intention ainsi : « On nous a demandé un organe de vulgarisation, vivant et accessible, qui s'alimente de la vie du peuple basque dans ses manifestations passées et présentes, et dans lequel la rédaction réservera une large place à l'euskara, véhicule naturel et expression vivante de l'âme et de la race[7],[8] »
Vient ensuite la présentation des objectifs : « Nous avons particulièrement entrepris des recherches historiques, orientées dans diverses directions et destinées à constituer une collection documentaire dont l'intérêt n'échappera à personne et que tout Basque se devra de posséder... Car nous voulons que notre pays vive ; nous le voulons passionnément... Aujourd'hui, c'est la marée montante qui s'infiltre silencieusement dans les fissures du rocher basque afin d'attaquer les traits de sa physionomie millénaire[8]. » »
Suspension et reprise
modifierSuspendu pendant la guerre en 1939, Gure Herria réapparaît de nouveau en 1950 grâce à l'effort de Jean Saint-Pierre, tout en étant publié de nouveau avec le même rythme que précédemment. Parmi ses collaborateurs, on souligne la collaboration de Pierre Lhande, Francis Jammes, Julien Vinson, le chanoine Dibildos, Georges Hérelle, Albert Léon, Georges Lacombe, Pierre Lafitte, Pierre Yturbide[6].
Après la Seconde Guerre mondiale, la reprise de Gure Herria participe au renouveau des études basques et accompagne l'émergence d'une nouvelle génération d'écrivains et de chercheurs, notamment autour de la littérature en langue basque et de la normalisation culturelle[9].
Fin de publication
modifierGure Herria a cessé d'être publié en 1976[6]. Malgré sa disparition en 1976, Gure Herria demeure une source essentielle pour l'étude de la littérature basque du XXe siècle. Ses collections constituent aujourd'hui un fonds documentaire majeur pour les chercheurs travaillant sur l'histoire culturelle du Pays basque nord[10].
Publication
modifierSous la direction de ses premiers responsables, Gure Herria cherche à concilier érudition, création littéraire et défense de la langue basque. La revue accueille des études historiques, linguistiques, ethnographiques et littéraires, contribuant à fixer une tradition intellectuelle basque au nord des Pyrénées[11],[12]. De nos jours, Gure Herria est utilisée comme une source patrimoniale et littéraire. Par exemple elle permet de retrouver des textes en souletin publiés entre les deux guerres et démontre l'existence d'une tradition de prose basque souvent méconnue[13].
Direction et objectifs
modifierLa revue Gure Herria publie des articles sur la littérature et les études basques. En 1924 son comité directeur est composé des messieurs Laurent Apesteguy, Jean Barbier, Edmond Blazy, Louis Dassance, Dominique Dufau, Jean Élissalde, Jules Moulier, Jean Saint-Pierre et Emmanuel Souberbielle. Jules Moulier assume une grande partie du travail au journal durant les premières années de mise en marche[2],[14],[15]. Elle publie également des travaux consacrés à l'histoire, à la linguistique, au folklore, aux traditions populaires et à la toponymie basques[4].
Collaborateurs
modifierDurant les années suivantes, le nombre de collaborateurs de qualité a incessamment augmenté avec des personnalités telles que Jean Barbier, Jules Moulier (Oxobi), Jean Élissalde, Pablo Fermin Irigarai (Larreko), Louis Dassance, Mayi Ariztia, Etxahun, Piarres Larzabal, Minaberry, Telesforo Monzón, Emmanuel Souberbielle, Francis Jammes, Salaberry, Julien Vinson...etc[4],[16].
Notes et références
modifier- 1 2 (eu) Piarres Xarriton, « ESKUALDUNA-ren mendeurrena Baionan 1887-1987 », Euskera, vol. 32, no 2, (ISSN 0210-1564, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4
- ↑ (es) Enciclopedia general ilustrada del País Vasco : Diccionario enciclopédico vasco. Vol. IV, Balzola-Bi, vol. 4, San Sebastián, Editorial Auñamendi, (ISBN 84-7025-148-1), article « Gure Herria », p. xx-xx
- 1 2 3 4 (eu) Pierre Xarriton, « Gure Herria, euskal kulturaren zerbitzuko aldizkaria », Euskera, vol. 54, no 2, , p. 991-1026 (ISSN 0210-1564, lire en ligne)
- ↑ (en) Basque Literary History (trad. du basque par Amaia Gabantxo, préf. Mari Jose Olaziregi, ill. Juan Azpeitia), Reno, Nevada, Center for Basque Studies, University of Nevada, Reno (no 21), (présentation en ligne, lire en ligne)
- 1 2 3 « Gure Herria », Bilketa – Bibliothèque numérique du Pays basque (consulté le )
- ↑ Le terme espagnol « raza » signifie littéralement « race ». Dans le contexte de ce texte des années 1920, il renvoie au vocabulaire nationaliste de l'époque et ne correspond pas nécessairement au sens scientifique ou contemporain du terme. J'ai conservé la traduction littérale afin de rester fidèle au document.
- 1 2 (es) Jokin Apalategi, Los vascos de la nación al Estado : P.N.V., E.T.A., ENBATA..., Donostia-San Sebastián, Elkar, , 442 p.
- ↑ (eu) Jesús María Lasagabaster, « Euskal literaturaren historia eta historiografia », Euskera, vol. 55, no 2, , p. 761-765 (ISSN 0210-1564, lire en ligne)
- ↑ (es) « Mugarik gabeko liburutegia », El País, 21 febrero 2005 (ISSN 1134-6582, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pierre Lafitte, Grammaire basque : Navarro-labourdine littéraire, Bayonne, Éditions des Amis du Musée Basque,
- ↑ (eu) « Pastorala: "Maddiren Trajeria" », El Diario Vasco, 25 marzo 2023 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Marcel Bedaxagar, « Lire et rire grâce à la littérature souletine », Sud Ouest, (consulté le )
- ↑ (eu) « Gure Herriaren sortzea », Gure Herria, vol. 39, no 1, , p. 3-9 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (eu) Pierre Xarriton, Oxobi, Donostia, Eusko Ikaskuntza,
- ↑ (eu + fr + es + en) Antoine d'Abbadie 1897-1997 : Congrès international = Ezohiko kongresua, Donostia-San Sebastián ; Bilbao, Eusko Ikaskuntza ; Euskaltzaindia, , 705 p. (ISBN 84-89516-71-5, lire en ligne)