L'histoire de l'Europe, et surtout de l'Europe méridionale, est une des parties les mieux documentées, étudiées et connues de l’histoire mondiale, pour quatre raisons:
la géologie fait affleurer des roches en de nombreux endroits, ce qui a permis très tôt les constructions en pierre;
les climats permettent la bonne conservation de nombreux sites archéologiques;
l’écriture s’y est tôt imposée et de nombreux documents écrits se sont conservés;
Toutefois, l’histoire européenne connait les mêmes grandes «révolutions techniques» que le reste de l’histoire mondiale, chacune d’elles bouleversant profondément les modes de vie antérieurs:
la «révolution néolithique», intervenue selon les aires géographiques il y a 10 000 à 2 000 ans, marquée par l'adoption de l’agriculture;
Tant l’archéologie que les sources documentaires et artistiques représentent des biais, pour trois raisons:
la conservation de ces sources est différentielle: ce qui est périssable (matières organiques) a statistiquement toutes les chances de disparaître, et par conséquent seule une infime minorité des artéfacts et des supports documentaires ou objets d'art, généralement réalisés en matériaux «nobles» (métal, pierre) se conserve;
l'utilisation de ces matériaux «nobles», le choix des offrandes dans les sépultures, l'écriture lorsqu'elle apparaît et les monuments témoignent surtout de la vie, des préoccupations, des croyances, de la culture ou des langues des classes dominantes (aristocrates, guerriers, religieux, riches marchands), et il est bien plus difficile de retrouver des témoignages fiables sur la majorité des populations;
la transmission, elle aussi, est différentielle: au fil des changements culturels, religieux et linguistiques, certains témoignages du passé ont été conservés, beaucoup ont été recyclés, remaniés, réécrits, réinterprétés, mais la majorité a tout simplement été oubliée, négligée ou détruite, ces témoignages ne représentant plus rien pour les nouvelles populations ou générations.
Toutefois, avec la généralisation de la méthode scientifique, tant en archéologie qu'en paléographie et en histoire de l'art, de plus en plus de découvertes, d'études complémentaires et d'analyses apportent des informations nouvelles sur l'histoire européenne, dont la vision ne cesse de se préciser, tandis que d'anciennes légendes ou points de vue cèdent du terrain, ou bien quittent le terrain scientifique pour subsister uniquement sur le terrain mythologique, politique ou idéologique (voir aussi l'article Protochronisme).
De plus, des sciences naturelles comme l'épidémiologie, la génétique, la géologie, la volcanologie, la paléo-climatologie ou la palynologie, désormais croisées avec les sciences historiques et sociales, apportent elles aussi des éclaircissements et des informations complémentaires, par rapport aux sources archéologiques et écrites. Ainsi, des études géologiques, volcanologiques et climatologiques[1] ont dévoilé les causes souvent naturelles de déplacements de populations, changements de civilisation ou politiques, dépeuplements, guerres, ou repeuplements.
C'est l'apparition de l'écriture qui marque traditionnellement la limite entre Préhistoire et Histoire. L'écriture apparait tardivement en Europe, d'abord en Grèce puis à Rome, et ne se répand vers le reste du continent qu'avec les conquêtes romaines puis la christianisation. Les traces antérieures d'écriture demeurent rares et limitées. Tout ce qui s'est déroulé avant les premiers écrits peut être inclus dans la Préhistoire.
Les humains modernes ont peuplé l'Europe depuis plus de 45 000 ans[2]. Dans le climat froid de la dernière période glaciaire, les habitants de l'Europe sont des chasseurs-cueilleurs qui utilisent des outils de pierre taillée, vivant à la manière dont les peuples de l'Arctique vécurent jusqu'au début du XXesiècle. Ils nous ont laissé sur les parois des cavernes des figurations artistiques, liées à des préoccupations cynégétiques, saisonnières (la plupart des animaux sont représentés tels qu'ils sont à l'époque du rut[3], et il est possible que leur disposition et répétition soit liée à celle des constellations[4]) et peut-être religieuses. La culture aurignacienne, véhiculée par Homo sapiens, ouvre le Paléolithique supérieur en Europe, suivie vers 30 000 ansavant le présent par le Gravettien. Par la suite, dominent le Solutréen et le Magdalénien en France et en Espagne, et l'Épigravettien de l'Italie jusqu'à l'Ukraine.
Une étude génétique publiée en 2016 montre deux changements majeurs dans les populations européennes à la fin du Paléolithique supérieur. Lorsque s'amorce la remontée des températures vers 19 000 ansavant le présent (au Solutréen final), l’Europe de l'Ouest commence à être en partie repeuplée par des chasseurs-cueilleurs venus du sud-ouest de l’Europe, notamment d'Espagne[5]. Vers 14 500 ansavant le présent, à l'issue du Dryas ancien, une nouvelle migration a lieu «qui semble venir de l'est, et non de l'ouest»[5], et qui aurait notamment entrainé la disparition parmi les populations de chasseurs-cueilleurs de l'haplogroupe M[6].
Au nord du continent, la culture de Hambourg prédomine vers 15 000 ans AP. Elle sera suivie par la culture Federmesser du complexe azilien, qui se manifestera un peu plus tard au centre et à l'ouest. Il en sera de même pour le complexe Lyngby (Ahrensbourgien et Brommien) qui succédera au Hambourgien dans la partie septentrionale et, conséquemment au réchauffement, jusque dans le sud de la Scandinavie. La culture swidérienne fait son apparition au nord-est à peu près durant la même période (13emillénaire AP).
Le Mésolithique est la période durant laquelle débute une sédentarisation partielle des populations, après la fin de la dernière période glaciaire. Les industries microlithiques se développent lors du Mésolithique, à travers des cultures telles que le Sauveterrien en France et d'autres cultures similaires dans le sud de l'Europe, alors qu'en Allemagne et les pays adjacents, le Beuronien occupe la majeure partie du territoire. Au nord, on retrouve le Maglemosien qui s'étend d'une partie des pays baltes jusqu'aux Îles Britanniques alors encore reliées au continent par le Doggerland.
Du Ve au IIIe millénaire avant notre ère, la civilisation mégalithique se développe essentiellement de l'ouest vers l'est, d'après la datation des sites. Selon les hypothèses de Marija Gimbutas, au demeurant discutées, cela aurait pu être une civilisation agricole, sédentaire, peu guerrière (les sites ne sont pas fortifiés, il y a peu d'armes et beaucoup d'outils agricoles dans les sépultures), matristique et dont les cultes étaient en relation avec les rythmes de la nature; les calendriers prédictifs, à la fois lieux de culte et observatoires, les labyrinthes et les parcours initiatiques en étaient les axes[7]. Par la suite, durant le Néolithique final, le continent est marqué par la culture de la céramique cordée et la culture campaniforme.
L'Europe vers 5 500 av. J.-C.
L'Europe vers 5 000 av. J.-C.
Carte simplifiée des cultures vers 3 200 av. J.-C.
D'après les travaux de R. Peroni[8], ces civilisations agricoles, dont les sites se multiplient, témoignant d'un accroissement de la population, subissent dans la première moitié du XIIesiècle avant notre ère, une criseenvironnementale qui conduit à l'abandon de la plupart des sites, mais l'on ignore s'il s'agit d'une crise climatique, d'une épidémie ou d'une épizootie, des suites d'éruptions volcaniques, ou de plusieurs de ces causes. La civilisation minoenne pourrait avoir été affaiblie par l'éruption du volcan de Santorin.
À partir du Ier millénaire avant notre ère, l'Europe entre dans l'Âge du fer. Une civilisation patriarcale et guerrière remplace progressivement la précédente. Dans les sépultures, chars, armes et boucliers dominent désormais. C'est pendant cette période protohistorique, et grâce aux écrits des auteurs grecs puis romains, que l'on commence à identifier des peuples: les Ibères en Espagne, les Ligures du Rhône au Pô, les Étrusques et les Italiques en Italie, les Illyriens en Italie et de l'Adriatique au Danube, les Celtes en Europe centrale, qui de là, se répandent aux VeetIVesiècles avant notre ère dans toute l'Europe, les Thraces et les Grecs en Europe du Sud-Est, les Scythes en Europe orientale.
La question de savoir si l'agriculture s'est répandue au gré des migrations humaines ou par la diffusion des idées et des techniques agricoles est encore débattue, mais une récente étude de la diversité génétique des populations modernes a quelque peu éclairci la situation. En effet, en janvier 2010, des chercheurs de l'université de Leicester au Royaume-Uni ont établi que la plupart des hommes européens du Néolithique étaient issus d'agriculteurs arrivés du Proche-Orient à partir d'environ 8 500 ansavant le présent. Le professeur Mark Jobling, qui a conduit l'équipe de recherche, déclarait ainsi: «Nous avons étudié la lignée la plus répandue du chromosome Y en Europe, qui correspond à environ 110 millions d'hommes: elle montre un gradient régulier du sud-est vers le nord-ouest, atteignant presque les 100% en Irlande. Nous avons étudié la répartition de cette lignée, sa diversité dans les différentes régions d'Europe, et son ancienneté». Les résultats suggèrent que cette lignée, l'haplogroupe R1b, s'est répandue avec l'agriculture, depuis le Proche-Orient. Le Dr Patricia Balaresque, auteure principale, déclarait: «Au total, plus de 80% des chromosomes Y des européens viennent de ces agriculteurs. Par opposition, la plupart des lignées génétiques maternelles semblent venir des chasseurs-cueilleurs. Ceci suggère un avantage reproductif des agriculteurs sur les hommes locaux, lors de l'abandon des pratiques de chasse et de cueillette»[9],[10].
Plusieurs études publiées depuis 2012 montrent enfin une migration massive de populations des steppes d'Europe orientale, il y a environ 4 500 ans, qui aurait pu propager, selon ses auteurs, une forme précoce des langues indo-européennes[11]. Ces populations ont remplacé dans une large mesure les populations d'agriculteurs du Néolithique, dont les traces génétiques subsistent principalement parmi les populations actuelles du sud-ouest de l'Europe et en particulier en Sardaigne et en Corse, qui semblent avoir été un refuge pour ces populations[12]. Ainsi, en Grande-Bretagne, cette migration massive survenue il y a environ 4 500 ans depuis le continent introduit la culture campaniforme dans l'île. La propagation du complexe campaniforme est associée au remplacement d'environ 90% du patrimoine génétique existant en quelques centaines d'années. Cette migration se produit dans le prolongement de l'expansion vers l'ouest qui avait amené les porteurs de gènes de la steppe pontique en Europe centrale et du nord au cours des siècles précédents[13],[14].
Langues en Europe à l'époque de l'expansion celtique au IVesiècle avant notre ère.
Dans l'Antiquité, les auteurs grecs et romains s'accordent pour opposer à leur civilisation méditerranéenne, appelée imperium à partir d'Auguste, un barbaricum peuplé de Celtes, de Germains, d'Illyres, de Thraces, de divers peuples iraniens tels que les Scythes ou les Sarmates, et dans l'Antiquité tardive, de Slaves. Les cultures de ces peuples étaient initialement moins urbaines, juridiques et scripturaires que celle des Grecs et des Romains, mais non moins complexes religieusement, socialement et artistiquement.
Au-delà de la Grèce ou de Rome étaient présents des peuples nommés Kelt, en latin Celtus (pl. Celti ou Celtae), en grec Κeltoί. Ce nom pourrait provenir de l'indo-européen keleto, «rapide» car se déplaçant à cheval, ou de kel-kol, «colon, envahisseur»[15]. Le mot Celte est aussi à rapprocher de «sel» (en grec ancienhals, grec modernealáti, latin sal) qui était au centre de l'activité économique de la riche civilisation de Hallstatt. Il n'existe pas d'unanimité entre les spécialistes concernant ces étymologies[16].
Les Celtes occupaient une grande partie de l'Europe, des Carpates à l'Atlantique. Les auteurs latins utilisent le mot Galli pour désigner les Celtes installés en Gaule, en hommage à leur animal fétiche, le coq (Gallus en latin), mais le mot Galatoi utilisé par les auteurs grecs pour les celtes, semble plutôt renvoyer à la couleur claire des peuples nordiques (Galaktos signifiant «laiteux» en grec). Plusieurs étymologies ont été proposées. Les Celtes, artisans et agriculteurs, savaient fondre et travailler de nombreux métaux et utiliser la roue; le bois et le fer leur étant plus accessibles que l'argile, ils utilisaient des tonneaux à la place de dolia ou d'amphores. Leurs bateaux n'étaient pas moins élaborés que ceux de la Méditerranée, et leur ont permis de peupler les îles Britanniques.
Le commerce celtique est prospère et, en temps de paix, les Celtes entretiennent de bonnes relations avec les peuples qui vivent autour du bassin méditerranéen, où ils s'installent à leur tour comme sauniers (les Salyens par exemple), artisans, jardiniers ou mercenaires.
À la fin de l'âge du bronze survient une période plus sèche, la productivité agricole baisse et les vieux royaumes achéens s'effondrent. Le climat rétabli (et même plus arrosé que de nos jours[17]), la productivité augmente et une brillante civilisation voit le jour: sur le pourtour de la Mer Égée, la civilisation grecque prend la forme de plusieurs cités États (les plus importantes étant Sparte et Athènes), qui ont des formes de gouvernement et de culture très différentes. L'art, la musique, la philosophie, les sciences, le théâtre se développent. Les cités grecques connaissent un «boom démographique» et, grâce au surplus de population, fondent un grand nombre de colonies sur la rive nord de la mer Méditerranée, en Cyrénaïque et autour de la mer Noire, notamment en Asie mineure, en Sicile et dans le sud de l'Italie. Par exemple, Massalia (Marseille) est fondée vers 600 avant notre ère. Avec Clisthène, la cité d'Athènes expérimente les premières formes de droit du sol et de démocratie, encore réservées aux seuls hommes libres, citoyens de la ville.
La Grèce antique a légué les principes de la démocratie athénienne, bien analysée par ses philosophes, tels Socrate, Platon, Aristote ou Héraclite, qui tentent également d'expliquer l'inconnu par le connu, selon une démarche logique. À la littérature épique d'Homère s'ajoutent la poésie lyrique avec Sappho et Pindare, et le théâtre (qui préexistait rustiquement, mais acquiert ses rites et ses règles). Ainsi émerge l'idée d'un idéal esthétique, que reflètent les arts de l'architecture et de la sculpture (polychrome à l'origine). Une somme de connaissances en mathématiques est née du contact des Grecs avec les civilisations plus anciennes d'Égypte ou de Mésopotamie. En outre, la Grèce a permis l'éclosion de la science expérimentale et a créé la monnaie. La Grèce antique était composée de multiples cités-États ayant conscience de leur identité commune, mais constamment rivales.
Art romain: détail de la «mégalographie» de la «villa des mystères», Pompéi, Italie.
À partir du IIIesiècleav. J.-C., supplantant les Grecs des colonies d'Italie du Sud puis s'opposant à Carthage, Rome conquiert l'Italie puis tout le pourtour de la Méditerranée. À partir du Iersiècle, la frontière de l'Empire romain est fixée sur le Rhin et le Danube et à la limite de l'Écosse. L'Empire, défendu par un réseau de fortifications appelé le Limes, est divisé en provinces. Au début de l'Empire, le droit du sang domine et les habitants ne sont citoyens que de leur cité ou nation d'origine, mais en 212, le droit du sol est introduit et tous les habitants de l'empire reçoivent la citoyenneté romaine. Le latin devient la langue commune à toutes les régions du nord-ouest de l'empire, le grec restant la langue commune des régions du sud-est.
Sur fond d'émergence progressive des liens entre places commerciales européennes, via le système des villes de la Hanse et les empires maritimes, les différentes périodes du Moyen Âge restent marquées par un relatif émiettement politique et culturel.
La fin de l'Antiquité tardive et le haut Moyen Âge correspondent à une péjoration climatique (forte nébulosité, hivers longs et froids, étés pluvieux[18]) qui met à mal les équilibres économiques, notamment dans le nord et le centre de l'Eurasie dont les peuples, affamés, vont déferler vers le sud et l'ouest, vers le bassin méditerranéen relativement épargné. En envahisseurs, en mercenaires ou en «foederati», les peuples germaniques, slaves et asiatiques bouleversent l'ordre romain: des royaumes «barbares» s'établissent sur les ruines de l'Empire romain d'Occident, ainsi que dans la partie danubienne de celui d'Orient. Mais le souvenir impérial subsiste et s'affirme comme un modèle de gouvernement pour les souverains du Moyen Âge. Ainsi, Charlemagne ressuscite le titre impérial en 800; les Ottoniens s'en emparent par la suite. Les slaves, eux, créent le titre de Tzar (César).
Après la chute de l'Empire romain d'Occident au Vesiècle, les royaumes «barbares» établis à sa place en Europe de l'Ouest font une synthèse entre le legs de Rome et les coutumes germaniques, ce qui, après plusieurs siècles de mauvaises récoltes, de décroissance démographique et d'oubli de connaissances, aboutira, avec l'amélioration climatique et agricole du XIesiècle, au «renouveau de l'an mil» et à l'émergence d'une civilisation distincte, surnommée à l'époque moderne «Occident chrétien».
La partie orientale de l'Empire romain survit pendant un millénaire et opère une synthèse entre le legs romain et l'hellénisme: depuis Hieronymus Wolf, nous l'appelons «Empire byzantin». Il transmet son héritage scientifique et technologique aux Arabes et aux Turcs: par l'intermédiaire des Arabes, l'Occident récupérera progressivement ce savoir.
Dans le courant du Vesiècle, l'Empire d'Occident se voit progressivement remplacé par une série de royaumes germaniques dont les chefs s'affirment d'abord légats de l'empereur (d'abord de Rome, ensuite de Constantinople): après de nombreuses vicissitudes et résistances romaines (par exemple, celle de Syagrius en Gaule), le partage s'établit ainsi:
Au VIIesiècle, les Lombards passent en Italie d'où les Romains (d'Orient) avaient chassé les Ostrogoths, tandis qu'au VIIIesiècle, dans le bassin du bas-Danube, les Bulgares créent un royaume qui intègre les latins d'Orient ainsi que les slavons dont la langue devient officielle en Bulgarie: une écriture glagolitique, puis cyrillique dérivée du grec est adoptée.
Au VIIIesiècle également, dans le centre de la péninsule italienne, apparaît le «Patrimonium Petri» («patrimoine de Pierre»), État temporel de l'évêque de Rome placé sous la protection des Carolingiens, à l'origine des États de l'Église[19].
En Occident, le système de vassalité et comtal remplace progressivement la notion romaine de Res Publica. Une des rares institutions antiques qui survit à l'effondrement de l'Empire romain d'Occident est l'Église chrétienne d'obédience romaine et de langue latine, qui préserve une part de l'héritage impérial (notamment la tenue d'archives, la viticulture, l'irrigation). Le Moyen Âge a exagérément été perçu comme une période sombre où beaucoup de connaissances de l'Antiquité ont été perdues. Ce n'est pas le cas, notamment en Orient, où lettrés grecs et arabes ont compilé, étudié et transmis les connaissances de l'Antiquité, et où le système de la Res Publica et du droit (Code de Justinien) ont perduré plus longtemps et se sont transmis aux Arabes et aux Turcs, chez lesquels il n'y avait ni titres ni propriété aristocratique (héritées des coutumes germaniques) mais seulement des offices (révocables) et des domaines alloués au mérite.
Aux IXeetXesiècles, la Scandinavie, qui subit encore la péjoration climatique, voit partir en nombre les bateaux des Vikings dont les Varèguessuédois. L'Europe occidentale subit les incursions dévastatrices des premiers, le long des côtes de la mer du Nord. Ces invasions sont accompagnées de massacres et de pillages mais le pillage permet la remise en circulation des métaux précieux que recélaient églises et monastères, et dont la carence pose un problème au développement des marchés. À la fin du Xesiècle et au début du XIesiècle, le féodalisme se développe d'autant plus vite que les États ne peuvent guère assurer la protection de leurs populations. En Europe orientale au contraire, les Varègues commercent pacifiquement avec l'Empire byzantin (dont la supériorité navale et militaire les empêche de s'adonner au pillage) et contribuent à la mise en place de l'État russe.
L'Europe en l'an mil.Le martyre de Sainte Ursule, art allemand du XVIesiècle.
Le «tournant de l'an mil»: vers le milieu du Xesiècle, la population européenne commence à s'accroître du fait d'une amélioration climatique et de quelques progrès techniques qui trouvent leur application dans l'agriculture, comme le collier d'épaule pour le cheval. Commence alors une période de deux siècles, celle des grands défrichements. En même temps qu'«un blanc manteau d'églises» couvre le continent, les pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle et vers Jérusalem sont les expressions de la vive piété médiévale, «qui, du monde extérieur à son lieu de vie, ne connaît que Dieu».
L'Europe au temps des croisades.Les religions en Europe au XIesiècle.
Les contacts entre les civilisations occidentale, byzantine et arabe
On observe les premiers signes d'une renaissance de l'économie d'échanges en Europe de l'Ouest quand le commerce reprend en Italie grâce à la croissance économique et culturelle de puissantes cités États comme Gênes, Florence ou Venise ainsi qu'en Flandre où les manufactures de draps se développent avec Bruges et Anvers. L'économie bénéficie de ces liens entre places commerciales européennes.
À mi-parcours de ces deux pôles économiques médiévaux, les foires de Champagne sont à leur apogée vers 1250 jusqu'à leur déclin du fait de l'ouverture de la route du Saint-Gothard et d'une liaison maritime directe entre l'Italie et la Flandre (1298), ce qui permet d'échapper aux taxes mises en place par les capétiens en France. Venise, dont les galères vont elles-mêmes chercher les épices et les marchandises au Levant, surpasse ses rivales et domine l'économie européenne de 1380 à 1500 environ, les musulmans ayant cessé de pratiquer le commerce en Méditerranée occidentale.
À la même époque, des royaumes commencent à prendre forme en France, en Angleterre et au Portugal, mais leur formation prend plusieurs décennies à cause des rivalités entre l'Église, la monarchie et les nobles.
Elles prennent effet au cours du XIVesiècle du fait de la guerre de Cent Ans, interminable conflit entre la France et l'Angleterre, du fait de la pandémie de peste noire de 1347 et de ses récurrences, et du grand schisme d'Occident.
La crise est d'abord démographique. La population européenne va passer de 73 à 45 millions d'habitants entre 1300 et 1400, l'espérance de vie recule de 25 ans à 17 ans en Angleterre.
La crise est aussi économique et sociale. Faute de main d'œuvre, l'agriculture est insuffisante, les marchés des manufactures textiles de Flandre sont à un bas niveau mais celles du Brabant se développent. Les villes ont augmenté leur population du fait de l'insécurité des campagnes mais n'offrent guère de travail alors que les prix des loyers et des denrées augmentent plus vite que les salaires. Les «jacqueries» sont fréquentes, les troubles sont nombreux, d'abord en France puis dans toute l'Europe. Cependant, dès le milieu du XVesiècle, débute un essor généralisé de la population et une reprise économique.
Enfin, la crise est morale. Le grand schisme d'Occident provoque de vives inquiétudes parmi les fidèles. Le concile de Constance (1414-1418), qui se pose comme au-dessus du pape et de l'antipape, se compose des futures grandes nations européennes qui peuvent examiner séparément les différentes questions. Alors que les hérésies de Wyclif en Angleterre et de Jean Hus en Bohême proposent de rejeter tous les écrits postérieurs à la Bible, l'unité de la chrétienté occidentale est menacée. De ceci va naître la Réforme.
Pendant ce temps, de nouvelles puissances émergent en Orient: au nord, la Russie se réunifie et se libère des Tatars et Mongols de la Horde d'or, puis devient un empire; au centre, l'union de Lublin crée un puissant et vaste royaume de Pologne-Lituanie qui accueille les Juifs chassés d'Occident, tandis que Bohême et Hongrie prospèrent (y compris culturellement) sous Mathias Corvin; au sud enfin, l'Empire ottoman, musulman, devient à son tour un État européen et accueille de son côté les juifs chassés d'Espagne. Initialement, la tolérance religieuse est de mise dans ces États multi-culturels, et le restera jusqu'au début du XIXesiècle.
Au XIVesiècle, les monarchies occidentales se renforcent, construites par des monarques qui centralisent le pouvoir (France, Angleterre, Espagne).
Née en Italie au XVesiècle (Quattrocento), sous l'influence des échanges avec l'Orient (notamment par Gênes et Venise) et de lettrés byzantins tels Bessarion ou Lascaris, la Renaissance est un mouvement intellectuel et scientifique (l'Humanisme) et un nouveau courant artistique (peinture, sculpture, architecture, musique) qui marque l'Europe. On notera la prolifération d'œuvres ayant pour thème l'Antiquité.
La diffusion de la Réforme protestante inspirée par les moines Luther et Calvin, favorisée par le développement de l’imprimerie, est un bouleversement encore plus important dans l'Europe occidentale. Elle fait éclater l’unité des catholiques, et aboutit à des guerres de religion en Allemagne, en France et, plus tard, en Angleterre.
C'est également à cette époque que les Portugais et les Espagnols commencent à être capables de naviguer sur tous les océans. Ce sont les Grandes découvertes: installation de comptoirs le long des côtes africaines, route des Indes par le contournement de l'Afrique découverte par les Portugais en 1498, et Amérique découverte par les Espagnols en 1492. Le traité de Tordesillas (1494) partage le monde, encore largement inconnu, entre un hémisphère portugais et un hémisphère espagnol.
Les Espagnols et les Portugais sont rejoints dans cette expansion coloniale au XVIIesiècle par les Hollandais, les Anglais et les Français. Les Hollandais s'installent sur tous les continents, avec notamment les Indes orientales néerlandaises (future Indonésie). La France explore et occupe un vaste territoire qui s'étend du Québec à La Nouvelle-Orléans (Louisiane), mais n'aura jamais la volonté de le peupler. Enfin, les Anglais créent des colonies sur la façade atlantique de l'Amérique du Nord, évinçant les Hollandais de la future New York en 1664.
L'Europe de l'Ouest profite à partir de ce moment, non seulement du développement du commerce mondial, la «protomondialisation», mais elle commence avec la colonisation à établir sa domination directe sur d'autres continents, principalement en Amérique et dans l'océan Indien au XVIesiècle. Les Églises d'Europe commencent à répandre les religions chrétiennes parmi les indigènes des colonies. Mais la colonisation s'accompagne de la traite des noirs et de l'utilisation d'esclaves dans les plantations d'Amérique. Les Amérindiens sont décimés par les maladies, le travail forcé, ou exterminés. L'Espagne s'enrichit considérablement au XVIesiècle par la découverte des métaux précieux d'Amérique (or et argent), dont l'énorme quantité transférée en Europe crée une forte inflation durant le XVIesiècle. La France et la Grande-Bretagne profitent du commerce triangulaire au XVIIesiècle et surtout au XVIIIesiècle.
La Russie s'étend en Sibérie et atteint l'océan Pacifique en 1641, date de la fondation d'Okhotsk. Elle ne cessera de s'étendre, aux XVIIIesiècle et XIXesiècle, aux dépens de la Chine et des émirats musulmans d'Asie centrale. En revanche, contrairement aux occidentaux, elle n'y pratique pas l'esclavage mais favorise le peuplement de son nouvel espace par des trappeurs, éleveurs et agriculteurs slaves. En 1799, elle prend pied en Amérique du Nord en s'implantant en Alaska.
Les progrès de la navigation et de l'artillerie ont permis aux Européens d'étendre leur influence à travers le monde tout en s'affrontant entre eux (ici la Bataille de Trafalgar, d'Auguste Mayer).L'Europe à la fin du XVIIIesiècle.
La plupart des monarques européens des XVIIeetXVIIIesiècles sont des rois absolus qui s'affrontent très souvent dans des guerres de prestige, même si les considérations religieuses, économiques et d'équilibre des puissances n'en sont pas absentes. La rivalité entre le roi de France et les Habsbourgs d'Espagne et d'Autriche est constante. C'est Louis XIV qui parvient à supprimer la menace espagnole en plaçant son petit-fils Philippe V sur le trône après la mort du dernier Habsbourg d'Espagne. Le traité des Pyrénées (1659) consacre la suprématie de la France sur la scène européenne.
L'Europe centrale est ravagée par la guerre de Trente Ans (1618-1648). Le roi de France Louis XIV, modèle du souverain absolu, provoque quatre guerres. Les renversements d'alliance sont fréquents au XVIIIesiècle, marqué par l'essor de la Prusse comme puissance militaire, et la domination maritime, coloniale et économique du Royaume-Uni, à la suite du traité de Paris qui clôt la guerre de Sept Ans (1756-1763).
Le mouvement des Lumières émerge dans la seconde moitié du XVIIesiècle avec des philosophes comme Spinoza, Locke, Bayle et Newton, avant de se développer dans toute l'Europe, notamment en France, au XVIIIesiècle avec des philosophes comme Montesquieu, Voltaire et Rousseau. Tous ces intellectuels s'engagent contre les oppressions religieuses et politiques, combattant l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la «superstition» des siècles passés.
La Révolution française de 1789 marque traditionnellement le début de l'époque contemporaine, car elle entraîne, avec les guerres qui s'ensuivent, la destruction des régimes monarchiques chrétiens dans une partie de l'Europe, ainsi que la naissance d'une nouvelle société bâtie sur les valeurs de liberté et d'égalité, idéologies qui assurent le triomphe du capitalisme et de la bourgeoisie au 19e siècle[21].
La révolution qui éclate en France en 1789 trouve ses ferments dans la philosophie des Lumières qui exaltait l'individualisme et la raison. Sa cause immédiate est la crise économique qui sévit alors, sur les plans structurel (la dette nationale) et conjoncturel (mauvaises récoltes). La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, inaugure une période de violences qui dureront tout le long de la Révolution. La société d'ordres est rayée d'un trait de plume lors de la nuit du 4 août (1789)[21]. Le 21 septembre 1792, les députés de la Convention votent l'abolition de la monarchie constitutionnelle, et le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné.
La contre-révolution s'organise parmi les nobles émigrés et les monarques européens, qui forment une première coalition militaire en 1793. Tandis que la guerre éclate aux portes de la France, la Convention nationale réprime durement à l'intérieur le clergé réfractaire et les populations séditieuses (guerres de Vendée notamment). Cette première vague de violences révolutionnaires prend fin en 1795 avec l'établissement du Directoire.
Représentation de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 par Le Barbier.
La révolution française s'accompagne d'un vaste conflit européen, qui culmine sous les guerres napoléoniennes, et ne prend fin qu'à la défaite de Waterloo en 1815. Contrôlant une partie de l'Europe, avec la France des 132 départements et ses États satellites, Napoléon Ier dirige un sévère blocus continental contre l'Angleterre.
Il conçoit l'Europe comme une fédération d’États vassalisés à la France, appelée «système continental», qui partagent les idéaux républicains. Les révolutions sont menées par les princes qui octroient des constitutions, imposent le Code civil français, abolissent les privilèges et le servage, vendent les biens ecclésiastiques et seigneuriaux, cette dernière mesure renforçant le pouvoir de l'aristocratie foncière. L'abolition des douanes intérieures et du régime corporatif permet l'éclosion du capitalisme industriel qui dominera tout le long du 19e siècle[22].
L'Europe non napoléonienne (Angleterre, Russie, Autriche, Prusse), par réaction aux idéaux révolutionnaires, consolide son assise monarchique. Par l'acte d'Union, l'Angleterre intègre l'Irlande dans son État. Seule la Prusse abolit le servage et le régime seigneurial, afin de mobiliser la population contre l'expansionnisme français. Dans le Tyrol (1809) et l'Espagne (1808-1813), les guérillas populaires prennent la forme de mouvements nationalistes et non révolutionnaires[22].
La situation politique de cette période favorise l'émergence courant romantique dans les arts, qui chasse le classicisme.David est peintre officiel du régime napoléonien et forme des centaines d'artistes qui répandent le style Empire en Europe. En Allemagne, le romantisme prend une tournure nationaliste (les frères Schlegel par exemple). L'Angleterre apporte également sa contribution aux arts (les lakistes en poésie, Walter Scott dans le roman)[22].
Le gâteau des rois, caricature du Congrès de Vienne en 1815
Après la victoire sur la France, les puissances européennes se réunissent à Vienne en 1815 pour dessiner la nouvelle carte de l'ordre continental, guidées par l'idée de rééquilibrer les rapports de force entre grandes puissances et de faire obstacle aux volontés nationalistes. Le congrès entraîne de nombreuses modifications territoriales: l'Angleterre se voit reconnaître la possession de Malte et des îles ioniennes; l'Autriche gagne le Tyrol, la Galicie et la côte dalmate, et assume la présidence de la Confédération germanique; la Russie obtient la Finlande, la plus grande partie de la Pologne et se voit confirmer la possession de la Bessarabie; la maison de Savoie récupère Nice et la Savoie et annexe la république de Gênes; la Suède reçoit la Norvège; la Belgique intègre le royaume des Pays-Bas; la France y perd quelques villes de la frontière nord, mais confirme sa possession d'Avignon et du Comtat Venaissin, au dépens du pape[23].
Dans chaque Etat l'absolutisme des régimes monarchiques sort renforcé, au détriment de l'héritage révolutionnaire et des aspirations indépendantistes. Y échappent quelques Etats comme la Bade, la Bavière, la Saxe-Weimar et la Norvège qui fonctionnent selon des constitutions libérales. La France de la Restauration ne revient pas, toutefois, sur les acquis de la Révolution française. L'Eglise confirme également son orientation réactionnaire, en se faisant l'alliée des monarques et de la bourgeoisie. Deux écrivains français, Louis de Bonald et Joseph de Maistre, répandent dans l'Europe leur idéologie contre révolutionnaire[23].
Le Traité de la Sainte Alliance, signé en 1815, est avant tout symbolique et manifeste l'union quasi mystique des monarchies européennes. Le traité de la Quadruple Alliance, conclu la même année entre l'Autriche, l'Angleterre, la Russie et la Prusse, prévoit cependant la défense commune du nouvel ordre continental[23].
Alors que l'Europe comptait 140 millions d'habitants vers 1750, elle en enregistre 190 millions en 1815, selon le classement suivant: Russie: 40 millions; France: 30 millions; Autriche: 29 millions; Royaume-Uni: 20 millions; Prusse: 10 millions[23].
En même temps se produit la révolution agricole qui permet de nourrir une population en augmentation rapide (la population européenne double pendant le XIXesiècle, sauf en France). L'exode rural alimente une forte croissance urbaine. La classe ouvrière se développe, pendant longtemps misérable et exploitée, et les idées socialistes apparaissent. Néanmoins, la condition ouvrière s'améliore très lentement, avec les progrès du syndicalisme.
Les progrès de l'hygiène se font également sentir: ils permettent d'éradiquer la peste (dès 1720) puis le choléra (vers 1900) en Europe. La tuberculose continue ses ravages jusqu'à la fin des années 1940, finalement circonscrite par l'usage de la pénicilline.
Le XIXesiècle, de 1815 à 1914 est un long siècle sans guerre majeure: les conflits sont localisés. 1815 voit le triomphe de la réaction, conduite par la Russie, la Prusse et surtout l'Autriche de Metternich, qui forment la «Sainte-Alliance». Mais ce triomphe ne parvient pas à empêcher la diffusion des idées issues de la Révolution française qui se répandent parmi les gradés des armées, les lettrés et dans la bourgeoisie, de sorte qu’une profonde mutation affecte, selon Georges Duby, les identités collectives d’Europe: encore définies par la religion et la sujétion à un monarque au début du siècle, elles évoluent rapidement en appartenance à un ensemble linguistique, culturel et historique appelé «nation», et l’on s’affirme dès lors comme membre d’une «nation allemande», «italienne» ou «française», plutôt que comme sujets prussiens, bavarois, autrichiens, piémontais, toscans ou du roi de France.
Des mouvements libéraux se manifestent de 1820 et 1821 à Naples, en Allemagne, en Espagne, en Moldavie et Valachie, mais ils sont écrasés par la «Sainte-Alliance»; seul le soulèvement des Grecs aboutit à leur indépendance vis-à-vis de l'Empire ottoman en 1829. En 1830, une révolution libérale à Paris renverse le roi Charles X. Le soulèvement s'étend chez les Belges qui obtiennent leur indépendance, mais les révolutions polonaise et romagne sont écrasées par les Russes et les Autrichiens.
Révolution populaire de 1848 en France qui aboutit à la Deuxième République.
Après la terrible famine irlandaise de 1846-1847, une nouvelle vague révolutionnaire, se répand en Europe depuis Paris. Le «Printemps des Peuples» de 1848 soulèvent les Allemands, les Italiens, les Hongrois et les Roumains mais les années suivantes les armées autrichiennes et russes rétablissent l'ordre ancien. En France, Louis-Napoléon Bonaparte renverse la République par un coup d'Etat. A l'issue de ces défaites révolutionnaires, toutefois, la plupart des Etats conservent des constitutions, octroyées ou votées.
Napoléon III est néanmoins un partisan affirmé des nationalités, qu'il soutient jusqu'à la guerre contre la Prusse. Cinq conflits vont bouleverser la carte de l'Europe: la guerre de Crimée (1854-1856), qui, à l'issue de l'intervention franco-anglo-italienne contre la Russie, conduit à l'indépendance de la Roumanie en 1859; la guerre d'Italie de 1859, au cours de laquelle les Français combattent les Autrichiens, à la demande du Piémont de Cavour, qui gagne le Milanais, pour commencer l'unité italienne; la guerre des duchés en 1864: Prusse et Autriche enlèvent au roi du Danemark le Schleswig-Holstein et le Lauenbourg; enfin la guerre de la Prusse contre l'Autriche (victoire de Sadowa en 1866), suivi d'une victoire contre la France (1871) qui permet à Bismarck de fonder l'Empire allemand.
Dès 1912, à la suite de la première guerre balkanique, l'Empire ottoman ne conserve que les alentours d'Istanbul en Europe. Les quatre États balkaniques ne peuvent pas faire coïncider leurs frontières avec l'extension de leurs nations, car celles-ci se mélangent sur de vastes territoires. De plus ils sont instrumentalisés par les jeux d'influence des grandes puissances. Il en découle la deuxième guerre balkanique, qui règle la question, tout en laissant des frustrations qui s'ajoutent à celles des peuples de l'Autriche-Hongrie. La Russie soutient les Slaves du Sud, que la Serbie souhaite réunir dans un même État. L'Autriche-Hongrie qui est bloquée dans ses ambitions territoriales ne peut que s'étendre vers le Sud: elle occupe la Bosnie-Herzégovine (1878), finit par l'annexer (1908), et soutient les Albanais et la Bulgarie, qui revendique la Macédoine à la Serbie.
Après l'indépendance des États-Unis en 1783 à la suite de la guerre contre l'Angleterre et des colonies espagnoles et portugaises d'Amérique vers 1820, les Européens n'avaient plus beaucoup de colonies sauf les Britanniques qui contrôlent une grande partie des Indes, le Canada, l'Australie et l'Afrique du Sud et les Hollandais qui possèdent les Indes néerlandaises. La France se lance dans la conquête de l'Algérie en 1830, ce qui relance la conquête coloniale.
Ainsi, la fin du XIXesiècle voit l'impérialisme européen se lancer dans l'établissement d'un second empire colonial, en Afrique, en Asie et en Océanie. En 1885, lors de la conférence de Berlin sur la colonisation, «pour le bien être moral et matériel des populations indigènes», des règles sont mises en place par les métropoles. Comme toute nouvelle conquête doit être soumise à l’approbation des autres puissances, la compétition est lancée et la colonisation s’accélère: c'est la «course au clocher» qui provoque des frictions entre les puissances européennes: Fachoda (1898) entre la France et le Royaume-Uni, Tanger (1905) et Agadir (1911) entre la France et l'Allemagne.
En 1914, l'Europe à son apogée domine alors le monde et les territoires cumulés que contrôlent les pays européens (y compris la Russie en Sibérie) correspondent à 66% de l’espace mondial et 60% de la population mondiale. Lénine écrira que l'impérialisme est le «stade suprême du capitalisme», ce qui fait que les Partis communistes européens se rangeront dans la lutte anticoloniale au moins avant la Seconde Guerre mondiale.
Après la Première Guerre mondiale alors que les mouvements d'indépendance tentent de se faire reconnaître, la France, le Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, la Belgique et le Japon se partagent les colonies allemandes et les territoires arabes de l'Empire ottoman. Seule l'Égypte parvient à une certaine indépendance en 1922, comme conséquence de sa révolution de 1919.
La crise de 1929 entraîne un repli des Européens sur leurs Empires coloniaux par le système de la «préférence impériale». Les mouvements d'indépendance sont de plus en plus pressants, notamment aux Indes et au Maghreb.
Les terribles guerres de la première moitié du 20e siècle ont, au regard du phénomène civilisationnel, un double effet paradoxal: celui d'avoir marqué un recul moral épouvantable de l'Occident, tout en «suscitant des découvertes matérielles ou intellectuelles qui éclairent les années suivantes d'un jour neuf» (Jean-Baptiste Duroselle)[27].
Au début du 20e siècle, nationalisme et impérialisme des grandes puissances européennes les poussent à une course aux armements et à la constitution de deux grandes alliances militaires opposées, la Triple-Alliance, formée de l'Allemagne, de l'Autriche-Hongrie et de l'Italie, et la Triple-Entente, constituée de la France, du Royaume-Uni et de la Russie. Avant 1914, les relations internationales sont émaillées d'une série d'incidents (comme la crise d'Agadir en 1911) qui manquent à chaque fois de déclencher la guerre. Les rivalités économiques contribuent à nourrir les tensions, bien qu'on ne puisse soupçonner les puissances financières d'avoir provoqué le conflit[27].
La guerre accouche à la suite de l'attentat de Sarajevo (). L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, mais le conflit s'étend à presque toute l'Europe (à l'exception des pays scandinaves, Suisse, Espagne et Pays-Bas, restés neutres) par le jeu des alliances. Chaque puissance imagine la guerre courte en raison de la conviction intime qu'elles ont de leur supériorité mécanique. Quoique ce soient les puissances centrales qui aient pris l'initiatives des hostilités militaires, il est inutile de chercher un responsable unique à la catastrophe tant l'ensemble des pays européens nourrissaient des sentiments bellicistes avant la guerre[27].
Sur le front occidental, après l'échec des plans militaires prévus de longue date par les belligérants, les combattants s'enterrent tout le long d'une ligne de front qui s'étend des Vosges à la mer du Nord. Les soldats mènent une guerre d'usure contre l'adversaire dans l'espoir d'épuiser ses effectifs. Toutes les offensives visant à percer le front d'automne 1914 à hiver 1918 échouent. De nouveaux fronts apparaissent: fronts oriental, italien, balkanique, proche-oriental, mais cet éparpillement tactique reste au profit de la stratégie occidentale. Les conditions de vie des soldats dans les tranchées sont épouvantables[27].
C'est une guerre de masse: 8 millions d'hommes sont mobilisés en Russie, 4 millions en Allemagne, 3,5 en France. Toutes les forces nationales sont mises au service de cette «guerre totale». Les Etats font appels aux femmes et aux travailleurs immigrés pour remplacer les hommes dans les usines. La propagande mobilise la population en faveur de l'effort de guerre et de la formation des «unions sacrés» des camps politiques[27].
Incapables de subvenir seuls à leurs besoins économiques et militaires, les Etats s'endettent auprès des puissances neutres (Etats-Unis notamment) et épuisent leur empire colonial. L'incapacité de l'Allemagne à contourner le blocus allié pour nourrir sa population explique en grande partie l'effondrement du moral de sa population. Face aux nécessités, Les Etats amorcent également une mutation de leur fonctionnement: le dogmatisme libéral cède la place au dirigisme qui conduit les puissances publiques à prendre de plus en plus de place dans l'économie, au moyen des rationnements, réquisitions, nationalisations, contrôle des prix et des salaires, comités d'organisation[27]...
La quatrième année du conflit est marquée par une vague de grèves et de mutineries. Mais les efforts de paix des socialistes sont contrecarrés par la propagande des «jusqu'au-boutistes» qui parviennent aux gouvernements (Clémenceau en France). Le retrait de la Russie du conflit à la suite de la révolution bolchévique de 1917, ainsi que l'entrée en guerre des Etats-Unis au côté de l'Entente la même année, précipitent les puissances vers une confrontation finale qui se solde par la victoire des Alliés en 1918[27].
Outre les dégâts humains et matériels qu'elle a provoqués - 8,5 millions de morts -, la «Grande Guerre» a radicalisé certains mouvements politiques de droite comme de gauche, et bouleversé l'Europe:
Signature du traité de paix en 1919 dans la galerie des glaces du château de Versailles. Au centre, Clémenceau.la carte de l'Europe a été fortement modifiée par les traités de paix qui ont suivi le conflit (traité de Versailles, 1919): l'Allemagne et la Russie ont perdu des territoires, l'empire austro-hongrois disparaît, et beaucoup de peuples accèdent à l'indépendance (suivant plus ou moins le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et les 14 points du président Woodrow Wilson), avec la formation de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie, des États baltes, de la Finlande;
Benito Mussolini, le Duce de l'Italie qui installe le premier régime fasciste en Europe, en 1922.Exposition internationale de 1937 à Paris: défiant symboliquement l'ordre politique de l'entre-deux-guerres, se font face les pavillons de l'Allemagne nazie (surmonté d'un aigle, à gauche) et de l'URSSstalinienne (surmonté de L'Ouvrier et la Kolkhozienne, à droite). Leurs systèmes à parti unique sont décrits par un terme créé pour le fascisme italien: «totalitarisme»[28],[29].
Si la démocratie prend d'abord la place des monarchies autoritaires vaincues en 1918 (comme la république de Weimar en Allemagne), des dictatures fascistes se mettent ensuite en place dans presque toute l'Europe centrale et orientale. Le fascisme trouve sa source dans les crises morale, économique, social et politique que traversent les pays après la guerre. Les congrès de paix ont déçu l'Italie qui voit ses revendications territoriales non satisfaites et humilié l'Allemagne par leurs conditions drastiques. L'économie de ces deux pays est décimée par l'inflation et la dette. La «Grande dépression» favorise le ressentiment envers les démocraties capitalistes. Le chômage atteint des niveaux records. La peur du «péril rouge» gonfle les rangs des nationalistes, de même que l'immigration nourrit l'antisémitisme.
En octobre 1922, Mussolini arrive au pouvoir en Italie par l'intimidation. Le nouvel Etat fasciste se caractérise par le parti unique, l'embrigadement de la population, la restriction des libertés, la violence et l'assassinat politique, la formation d'une milice, la déportation des opposants... Son exemple inspire d'autres groupes qui prennent le pouvoir, légalement ou par la force, en imposant leur chef: en Pologne en 1926 (Pilsudski), en Yougoslavie en 1931, en Allemagne (nazisme, Adolf Hitler), au Portugal (Salazar) et en Estonie en 1933, en Lettonie en 1934, en Espagne (Franco) et en Grèce (Metaxas) en 1936, en Roumanie (carlisme) en 1938. La seule démocratie subsistante en Europe centrale et orientale est la Tchécoslovaquie. Dans les démocraties occidentales aussi, le fascisme s'infiltre: en France (les ligues), en Belgique (rexisme de Degrelle) et Angleterre (Mosley).
La défaite de l'Allemagne à la fin de la Première Guerre mondiale va être instrumentalisée par le nazisme: Adolf Hitler veut effacer le «diktat» de Versailles et conquérir un «espace vital». Il n'est d'abord qu'un agitateur marginal et pauvre, et fait de la prison après une tentative avortée de coup d'État en 1923. Mais à partir de 1929 il dispose d'appuis et de fonds, et il est élu chancelier en 1933: la démocratie allemande s'effondre en quelques mois, un État totalitaire se met en place[32]. Hitler réalise d'abord une série de coups de force, qui agrandissent l'Allemagne sans qu'elle ait à combattre (annexion de l'Autriche en 1938 et de la partie occidentale de la Tchécoslovaquie en 1938 et 1939), du territoire de Memel aussi en 1939, en l'absence de réaction des démocraties occidentales. Puis le 1erseptembre1939, l'Allemagne et l'URSS alliées[33] envahissent la Pologne: le 3 septembre la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne.
L'armée allemande remporte d'abord une série de victoires fulgurantes, grâce à la «guerre-éclair»: conquête de la Pologne (1939), du Danemark et de la Norvège (avril 1940), des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et de la France (mai-juin 1940), de la Yougoslavie et de la Grèce (avril 1941). Mais, malgré une offensive aérienne d'envergure, la Grande-Bretagne, désormais seule en lice, résiste. Un premier tournant de la guerre se produit lorsqu'Hitler décide d'attaquer son propre partenaire, l'URSS, le (opération Barbarossa): l'Angleterre a désormais un puissant allié à l'est, même si l'Allemagne s'empare de vastes territoires en 1941-1942. Un second tournant est pris lorsque les Japonais décident d'attaquer les États-Unis le : aux ressources de l'empire colonial britannique et aux hommes de l'Union soviétique, s'ajoute désormais la productivité des industries américaines[34].
Mais, en attendant que tout cela puisse être coordonné, toute l'Europe sous domination nazie vit sous la terreur: les allemands réquisitionnent récoltes et productions industrielles et font subir à la population civile des représailles terribles, surtout à l'est où la convention de Genève n'est pas appliquée. Des millions de personnes sont déportées dans les camps de concentration. Les nazis mettent en œuvre une politique d'extermination des «races» que leur doctrine considère comme «inférieures et nuisibles»: slaves (4 200 000Polonais, 1 280 000Serbes, 7 500 000Biélorusses, Russes et Ukrainiens)[35], Roms (entre 50 000 et 220 000)[36] et Juifs (à partir de 1942, les nazis mettent en œuvre le seul génocide industrialisé de l'histoire: la «solution finale» qui fera près de 6 000 000 de victimes). Mais finalement l'Allemagne nazie est vaincue: la marche vers la victoire des alliés est marquée par les triomphes soviétiques de Stalingrad (février 1943, troisième grand tournant de la guerre) et de Koursk (juillet 1943), et par les débarquements anglo-américains en Afrique du Nord (novembre 1942), Italie (1943) et en France (1944). L'Allemagne capitule le , mais la guerre a causé la mort de millions de personnes (une cinquantaine de millions au total), dont beaucoup de civils, à cause de l'étendue des zones des combats, des bombardements aériens et des déportations.
La grande conséquence politique du second conflit mondial est la partition de l'Europe par le «rideau de fer»: dans toute l'Europe de l'Est occupée par l'Armée rouge les communistes imposent leur dictature (appelée «démocratie populaire»). Symbole de cette division, l'Allemagne elle-même est coupée en deux (naissance de la RFA et de la RDA en 1949). Les démocraties pluralistes occidentales s'allient aux États-Unis (OTAN, 1949), face à la menace soviétique (Pacte de Varsovie, 1955). Mais paradoxalement, si l'Europe a vécu dans la peur d'un troisième conflit mondial, sous la menace des fusées à tête nucléaire, l'«équilibre de la terreur» entre les deux blocs a duré pendant presque un demi-siècle de stabilité, avant l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'Est en 1989-1991.
La Seconde Guerre mondiale a ruiné l'Europe, qui a subi des destructions considérables. Mais rapidement l'Europe de l'Ouest se reconstruit grâce à son potentiel industriel et à l'aide économique américaine (plan Marshall, 1947) et connaît durant les «Trente Glorieuses» un essor économique marqué par la hausse du niveau de vie et l'entrée des classes moyennes dans la «société de consommation». Mais ces trois décennies de prospérité et de social-démocratie, durant lesquelles les acquis sociaux furent nombreux, ne concernèrent ni l'Europe du Sud (Italie exceptée), ni surtout celle de l'Est: la première n'accède à la croissance du niveau de vie et à la démocratie qu'à partir de 1970, la seconde qu'à partir de 1990.
L'Europe a beaucoup perdu de son prestige auprès des peuples colonisés (qui ont participé aux côtés des Britanniques et des Français aux deux guerres mondiales, mais n'en ont guère retiré plus de droits au sein du système colonial). Entre 1945 et 1965 principalement, la décolonisation, fortement soutenue par les États-Unis et l'URSS, est surtout politique: sur le plan économique, les anciennes colonies, minées par leurs divisions internes, restent très inféodées à leurs anciennes métropoles, qui continuent à capter l'essentiel des ressources notamment minières et pétrolières[37].
À l'Ouest, l'Union européenne commence à se construire par l'union économique de six États: création de la CECA en 1951 et surtout création de la CEE par le traité de Rome en 1957.
Mais bien avant cette réconciliation franco-allemande, trois autres pays (Belgique, Pays-Bas et Grand-Duché du Luxembourg) avaient déjà élaboré un projet d'association, et ce dès 1946. Le Benelux est la toute première association de pays sur le Vieux Continent. Il a été suivi ensuite par la CECA (1951), avec pour objectif de créer des solidarités de fait, puis par l'intégration économique (CEE, 1957) à la suite de l'échec de l'intégration politique (CED, 1954). La CEE s'élargit par adhésions successives en 1973, 1981, 1986 et 1995.
La Yougoslavie se fragmente dans la violence à partir de 1991: les guerres marquées par l'épuration ethnique voient s'affronter pour leur indépendance et/ou leur unité les peuples qui la composaient, instrumentalisés par des politiciens ex-communistes devenus nationalistes (tels Slobodan Milošević), et parfois par les intérêts divergents des pays occidentaux et de la Russie. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo sont les plus lourdement touchés.
En 1992, le traité de Maastricht crée l'Union européenne, institue la citoyenneté européenne et décide de l'introduction d'une monnaie unique dans la plupart des États à l'horizon du changement de millénaire, après une longue politique de convergence (serpent monétaire européen (SME)).
L'Union s'élargit en 1995 (Autriche, Suède, Finlande), puis une nouvelle fois en 2004 et 2007 dans une grande vague d'élargissement qui double quasiment le nombre d'États membres. La Turquie entame également en 2004 les négociations d'entrée dans l'Union européenne, gelées en décembre 2006.
Parallèlement, le processus de réforme de l'Union, qui visait à simplifier son fonctionnement et à l'orienter vers un mode de gouvernance plus démocratique se heurte à la méfiance des citoyens quant à l'orientation des décisions européennes, jugées soit trop politiques (souverainisme au Royaume-Uni, en Tchéquie, au Danemark; attachement au libéralisme et à la neutralité militaire en Irlande) soit pas assez (demande d'Europe sociale en France): le projet de constitution européenne est rejeté en 2005 par référendum en France puis aux Pays-Bas, et le traité de Lisbonne, pourtant moins ambitieux, est bloqué par un pays, la Tchéquie.
En ce début de millénaire mondialisé, les questions identitaires et les souverainismes locaux reprennent de l'ampleur et conduisent à des tensions dans les États les plus fragiles: le Monténégro se détache de la Serbie en 2006 et le Kosovo déclare son indépendance en 2008; en Belgique les partis politiques flamands se radicalisent et les élections de 2007 provoquent une crise politique grave; en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni les partis régionalistes (Pays basque, Catalogne, Padanie, Écosse) obtiennent des scores importants aux élections et des concessions de la part du pouvoir central.
Cet Atlas est une synthèse du Grosser Atlas zur Weltgeschichte, Westermann 1985, (ISBN3-14-100919-8), du Atlas zur Weltgeschichte, DTV 1987 traduit chez Perrin, (ISBN2-7242-3596-7), du Putzger historischer Weltatlas, Cornelsen 1990, (ISBN3-464-00176-8), de Georges Duby, Atlas historique, Larousse 1987, (ISBN2-03-503009-9), de la série des «Atlas des Peuples» d'André et Jean Sellier à La Découverte: Europe occidentale, 1995, (ISBN2-7071-2505-9), Europe centrale, 1992, (ISBN2-7071-2032-4), Orient, 1993, (ISBN2-7071-2222-X), avec des détails pris dans Történelmi atlasz, Académie hongroise 1991, (ISBN963-351-422-3) CM et dans Atlas istorico-geografic, Académie roumaine 1995, (ISBN973-27-0500-0), et dans Atlas des religions, hors-série du «Monde» 2007, 194 pp.
↑Jérôme Gaillardet, Monica Rotaru, Michel Steinberg et Jean Trichet: Les climats passés de la terre, Vuibert 2006, (ISBN2-7117-5394-8); Elisa Brune et Monica Rotaru: Séismes et volcans: mais qu'est-ce qui fait palpiter la Terre?, Le Pommier 2007, (ISBN978-2-7465-0355-7)
↑Jean-Joseph Julaud, L'Histoire de France Pour les Nuls, First Editions, , p.25
↑Philippe Jouët, L'Aurore celtique dans la mythologie, l'épopée et les traditions, Yoran embanner, Fouesnant, 2007, p.409(ISBN978-2-914855-33-4)
↑Monica Rotaru, Jerôme Gaillardet, Michel Steinberg, Jean Trichet: Les climats passés de la terre, Vuibert, 2007, (ISBN978-2-7117-5394-9), 195 pp.
↑M. Rotaru, J. Gaillardet, M. Steinberg, J. Trichet: Les climats passés de la terre, op. cit.
↑«Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte», 1985, (ISBN3-14-100919-8), «DTV Atlas zur Weltgeschichte», 1987 traduit chez Perrin, (ISBN2-7242-3596-7), «Putzger historischer Weltatlas Cornelsen» 1990, (ISBN3-464-00176-8), et «Atlas historique Georges Duby» Larousse 1987, (ISBN2-03-503009-9).
↑Geneviève Esnos, «L'humanisme médiéval dans les littératures romanes du XIIe au XIVe siècle» in: Anthime Fourrier (dir.), Actes du colloque du Centre de Philologie et de Littérature romanes de l'Université de Strasbourg du 29 janvier au 2 février 1962 Klincksieck, 1964, publiés par la Bibliothèque de l'École des chartes, 1967, n° 125-2, pp. 475-478 - .
12sous la dir. de Jean-Baptiste Duroselle, Civilisations, peuples et mondes. Volume: le dix-neuvième siècle et l'époque contemporaine, Paris, LIDIS, , 499p., p.9-23
123sous la dir. de Jean-Baptiste Duroselle, Civilisations, peuples et mondes, Paris, Lidis, , 499p., p.25-71
1234sous la dir. de Jean-Baptiste Duroselle, Civilisations, peuples et mondes, Paris, Lidis, , 499p., p.73-83
↑Alexis Troude, "Géopolitique de la Serbie", éditions Ellipses (ISBN2-7298-2749-8) page 32
↑(fr) [PDF] «Victor Hugo, Pour la Serbie, 1876», sur franceurope.org, La France et l’Europe (consulté le ) - Texte du discours de Victor Hugo
↑(en) Enzo Traverso, «Totalitarianism Between History and Theory», History and Theory, vol.56, no4, , p.97–118 (DOI10.1111/hith.12040, lire en ligne).
↑(en) Jacques Vallin, France Mesle, Serguei Adamets, Serhii Pyrozhkov, A New Estimate of Ukrainian Population Losses During the Crises of the 1930s and 1940s, Population Studies, Vol. 56, No. 3, novembre 2002, p.249-264.
123L'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie sont des pays associés à l'Europe, mais existent aussi dans la portion continentale asiatique du Caucase.
↑Le Groenland est politiquement européen (car faisant partie du Danemark), il est peuplé essentiellement par les Inuits. D'un point de vue géographique, il peut être classé en Amérique du Nord. Le Groenland ne fait plus partie de la CEE depuis 1982.